~ Et on est reparti pour un tour ! Let's go !


L'été.

Et qui disait été, disait obligatoirement soleil, glace, piscine, vacances, grasse-matinée et surtout tranquillité. Positionné sur sa bouée géante, Ryoma se lamentait sur son sort, lunettes de soleil au nez.

Oh monde cruel, pourquoi personne ne lui octroyait donc un moment de paix ?

Ses pointes de pieds battirent faiblement l'eau et ses jambes crémeuses se récoltèrent par la même occasion de minuscules gerbes, rafraîchissant sa chair chaude.

Non, il ne se trouvait pas à la piscine municipale et bien que la multitude de corps entassés, puant la transpiration représentait une perspective dégoûtante et pas hygiénique, il aurait pourtant cent fois opté pour cette option-là !

L'immense piscine dans laquelle il batifolait n'avait rien de commune avec ses consœurs; construite pour accueillir un quota presque illimité de personnes, divers bassins communiquaient avec cette dernière, partageant un solide rebord marbré. Des marches, des rampes finement taillées et des mini-toboggans comptaient parmi les équipements les plus basiques, les autres inventions sophistiquées étalaient et dégageaient un luxe incomparable malgré leurs présences discrètes comme les jets automatiques ou les diffuseurs à gels parfumés.

Foutus riches. Ces gadgets l'indifféraient totalement.

Mais il fallait pas se mentir, le lieu était paradisiaque, cocktails et crèmes glacées à volonté sauf que l'envie d'étrangler le propriétaire de cet endroit le démangeait à un point inimaginable. L'ombre du tableau ?

La cohue de joueurs qui faisait un boucan d'enfer, son pot de colle attitré qui ne cessait de crier des "Koshimae" à tout-va, une ribambelle de pervers qui le comparait à la dernière sucrerie du mois; la liste s'allongeait à vue d'œil et toutes ces nuisances le rendaient excessivement dingue.

Il n'aspirait qu'à s'abriter sous le vieux chêne du temple avec Karupin sur son ventre.

Toute l'équipe de Seigaku s'étaient immergés dans l'eau claire du grand bassin, leur capitaine allongé sur un transat, livre à la main les surveillait par intervalles. Le pantacourt retroussé aux dessus des genoux, il faisait son petit effet et Ryoma se réfrénait à poser ses yeux sur la musculature tonique.

"Tu fais une partie avec nous Ochibi ?" l'invita l'énergique tête rouge, causant un roulement de yeux à Ryoma, affligé que celui-ci revienne toujours à la charge malgré ses piques acérées. C'était bien la dixième fois que Kikumaru-senpai le harcelait pour jouer au football version aquatique, ayant heureusement abandonné l'idée de l'entraîner avec lui afin de chevaucher le dauphin gonflable.

Pris par sa courte rêverie, il ne remarqua pas l'ombre qui le surplombait, ni les remous de l'eau. Désarçonné, il bascula bientôt tête la première, les yeux écarquillés comme des soucoupes quand sa bouée fut violemment secouée afin de l'en déloger. Ecumant de colère, il refit surface, cracha l'eau avalée et toussota faiblement.

"Pas assez dormi cette nuit ?" Les yeux violets et le sourire crétin de celui qui se rapprochait le plus d'un meilleur ami l'hérissèrent prodigieusement. "Mouahaha, je t'ai bien eu Echizen ! Tu devrais voir ta tête, elle est franchement hilarante !" se gaussa Momoshiro, un sourire canaille plaqué sur sa face, fier de sa blague. "La plongée sous-marine ne te branche pas ?" poursuivit-il innocemment. "Le look monstre du Lock Ness est à la mode, paraît-il !"

Les lunettes tombés, la crinière plaquée sur son crâne, le prince avait conscience de sa piètre allure et des rires moqueurs dans son dos. Or son short de bain avait résisté, l'humiliation avait donc été allégée, un bon point pour lui. "J'vais te tuer, sale bâtard !" proféra t-il, venimeux en se hissant sur le bord, ignorant la main du mécréant. Les yeux blagueurs lui filaient des envies de meurtres.

Hélant un serveur, Echizen se retrouva aussitôt avec une cannette de Ponta qui chassa sa mauvaise humeur comme par magie. Il fut à deux doigts de régurgiter sa gorgée de jus par les narines en sentant une caresse insistante sur son postérieur et s'étouffa de rage. L'ordure, il n'allait pas s'en sortir juste en s'excusant !

"Sale conn..." s'attaqua t-il directement à celui qui l'avait honteusement peloté avant que sa voix ne lui fasse défaut et que sa bouche ne s'assèche, confronté à la vision du torse dénudé de son senpai, bâti tout en finesse dont le regard goguenard se verrouilla au sien. "Seiichi n'avait pas proscrit les insultes ? Oh le vilain garçon, une adorable bouche comme la tienne ne devrait se mouvoir que pour embrasser !" lui rappela Fuji, enjôleur, le doigt posé sur sa lèvre inférieur. "Et pas pour balancer des obscénités !"

En un éclair, son corps fut plaqué contre le mur frais et le génie l'emprisonna dans son étreinte, les bras de chaque côté de son crâne. " Oh ? Mon chaton ne sait donc plus boire ?" railla Fuji, les prunelles luisantes d'anticipation. "En tant que senpai, je ne peux décidément pas laisser mon cadet se nettoyer seul !"

"Et qui a eu l'idée de me toucher les fesses ?" Grimaça Ryoma, la mine scandalisée. "Détraqué sexuel ! Et je ne suis pas ton CHATON !" Le sadique répliqua par une approche plus physique.

Faisant fi de sa permission, la chaude langue gomma minutieusement la coulée violette, suçotant le galbe rond de la joue auquel le petit corps réagit par de minuscules spasmes. Tous les poils dressés, le torse de Ryoma se souleva de manière irrégulière sous le nettoyage. "Bouge !" haleta t-il. "Si je veux que mon visage soit rempli de bave, un chien a juste à me faire des papouilles !"

"Sensible hein !" gloussa Fuji après un énième bisou sur sa mâchoire. Léchant les restes de jus sur le menton collant, il pressa son pouce sur les lèvres charnues, forçant l'entrée de la bouche close. "Voilà, mon Ryo-chan est tout propre !" s'écria t-il avec ironie, embrassant ensuite son pouce imbibé de salive dans l'espoir de partager un baiser indirect alors que sa main libre encercla la nuque fragile, la massant tendrement et migra l'air de rien, vers les pointes roses.

Effrayé par l'expression vorace du châtain, Ryoma le repoussa vigoureusement, écarlate. Par ce geste, la partie rationnelle du cerveau de Fuji refit surface et il se recula de lui-même. "Délicieux !" se délecta t-il, radieux. "Le raisin n'est pas mon parfum préféré mais mélangé à ton odeur, c'est succulent !" Il ricana allégrement en voyant sa proie se carapater, furibond.

Les fesses appétissantes, enserrées dans le tissu noir furent son unique consolation pour son ventre amoché. C'est que le plus jeune avait le coude pointu ! Plusieurs joueurs perdirent leur air envieux et essuyèrent leur bave en croisant les prunelles océaniques contenant un implicite avertissement. Pas touche !

Toute à sa précipitation, Ryoma faillit déraper sur les dalles mouillées qui longeaient le bassin à la forme asymétrique et vacilla rapidement à gauche. "Attention !" cria Kenya en le rattrapant grâce à ses réflexes développés et surtout à sa vitesse. Sa spécialité. Le plus jeune se réceptionna au corps robuste du joueur de Shitenhouji, pommettes cramoisies.

"Mer-merci", bégaya Ryoma, l'oreille contre la poitrine avant de s'en décoller. Chiotte, ce n'était pas son jour, pourquoi devait-il toujours se trouver en ridicule posture ? Occupé à pester sur son infortune, il ne se rendit pas compte que Kenya Oishitari le toisait, agréablement surpris par son remerciement inattendu, si éloigné de son attitude grossière et effrontée.

Ayant toujours pensé que le caractère d'Echizen n'était pas en adéquation avec sa frimousse de poupée, sa main s'éleva inconsciemment au dessus des mèches sombres, attendri par sa réaction surprenante. Il avait l'air plus accessible aussi.

Or, Kenya perçut son cousin du coin de l'œil qui le somma de s'écarter pour ensuite se pétrifier d'effroi en découvrant la tête du capitaine de Hyotei. Les yeux gris en fusion le dardaient sinistrement et l'expression enragée le convînt de fuir sur le champ la compagnie du prince.

Il avait déjà été briefé par son cousin, la possessivité de l'aristocrate n'était un sujet à prendre à la légère. Echizen était chasse gardée !

Il rejoignit de nouveau le bassin à bulles avec sa super vitesse après un signe de tête et Ryoma continua à marcher jusqu'aux transats isolés. "Cet endroit regorge de loups ! Si tu ne fais pas plus attention, tu vas être dévoré !" le mit en garde l'enfant de Dieu en le détaillant de bas en haut, une pointe de contrariété dans les orbes violets.

Tube à la main, Sanada rebouchait méticuleusement le produit, ayant terminé d'appliquer la pommade sur le dos de son capitaine. La mine renfrognée, ses sourcils froncés à l'extrême assombrissaient considérablement sa figure déjà très effrayante. Les deux n'avaient visiblement pas appréciés que quelqu'un pose ses mains sur le petit joueur.

Le regard interrogatif du prince permit à Yukimura d'aborder sans encombre son masque. Aucune trace de jalousie ne subsistait. "Genichirou est doué pour les massages !" lui vanta-t-il d'un sourire éthéré. "Et s'il te mettait une deuxième couche de crème solaire ? Viens par là, on discutera aussi de cette sortie à Kyoto qu'on devait organiser !"

Envouté par les accents angéliques de la voix, Ryoma obtempéra et la large main de Sanada se secoua brièvement, lui intimant de s'installer à côté de son compagnon qui avait repris une position assise. En maugréant, Ryoma posa sagement ses fesses au bord du transat.

"Ta peau montre des signes d'échauffements Echizen ! Tu n'aurais pas dû tarder pour remettre de la crème sitôt sorti de la piscine !" l'houspilla gentiment Sanada, les yeux rivés sur les gouttes d'eau dégoulinantes à l'arrière du mince corps. "Le soleil n'est pas connu pour être tendre avec les peaux sensibles ! Et où est ta casquette ? Tu risques d'attraper une migraine !"

Ryoma grogna pendant que Yukimura se divertissait à leur insu, captivé par l'interaction rafraîchissante. Sous ses airs spartiates et durs, Sanada dissimulait en fait un cœur énorme. Son instinct de protection semblait s'activer à chaque fois que le première année était dans les parages.

"Bah, elle est tombé à l'eau !" souffla celui-ci, une moue boudeuse sur son minois en captant un "inconscient" lancé d'un ton bourru. Ses yeux s'élargirent, ébahi quand un poids compressa le tour de son crâne lui signalant que le vice capitaine l'avait affublé de sa propre casquette.

Voulant croiser le regard de Sanada-senpai, deux mains entravèrent sa mobilité. "Le parasol nous protège, ne t'inquiète pas pour lui !" le rassura Yukimura afin de le détendre qui pouffa discrètement à cause du visage de son partenaire empourprée par la timidité. Vraiment, il ne se lassait jamais de voir l'expression troublé de Sanada et de sa manie à rougir facilement.

"Si Gen s'occupe de ton dos, je peux t'aider avec le devant" suggéra t-il, guilleret. Les cuisses fines représentaient un attrait non négligeable. Cette situation était une opportunité en or, il serait fou de ne pas en tirer avantage. Surtout maintenant que le petit prince était tout près, bombe à phéromones à lui tout seul !

Instantanément, Ryoma plissa les yeux, méfiant. Bien qu'il avait permis au vice capitaine qui étalait généreusement la pâte froide sur la cambrure de ses reins de le toucher, le clone de Fuji-senpai ne lui inspirait aucune confiance. "J'ai mes deux mains senpai !" refusa t-il en observant le sourire intact sur le visage d'ange. "Je suis encore capable de m'en mettre sans que l'on m'assiste !"

Yukimura se força à sourire avec l'envie irrésistible de vouloir faire disparaître toute trace de défiance dans les prunelles dorées. Ses paupières se rétrécirent mais ses lèvres formèrent un sourire encore plus éblouissant et son ton se fit doucereux. "J'insiste, si ton senpai se dévoue à t'en passer sur les jambes, tu dois accepter son offre ! Gen, la crème !"

Et il tendit impérieusement la main alors que Echizen s'apprêtait à battre en retraite. Dans quel guêpier s'était-il fourré ? Entre les deux joueurs séduisants, il n'en menait pas large. Des bouffées de chaleurs lui montaient à la tête et des pensées bizarres frappaient son esprit.

Un boulet se jeta sur lui sans crier garde et lui comprima le corps. "J'ai trouvé Koshimae !" clama Kintarou en frottant sa joue contre la sienne. "Il y a un truc super que je voudrais te faire essayer, tu viens ?"


See you later ;)