Six jours se sont écoulés depuis que Nathan et Angela m'ont privé de Peter. Les cours par correspondance occupent tout mon temps. Disons que j'ai réinventé l'expression « se noyer dans le travail ». J'apprends et me bourre le crâne de tas de choses, ce qui m'évite de penser à lui.
Je ne sais même pas où il est, ce qu'il fait, comment il va et ça me rend dingue. Cependant, je n'ose pas demander de nouvelles à Nathan ou à Angela. D'ailleurs, cette dernière est retournée vivre chez elle.
J'apprends également à profiter de Simon et Monty qui sont trop craquants mais un peu trop jeunes pour que je me lance dans un autre inceste. Ah ah ah ! Mon Dieu, Claire ! L'humour n'est plus ton fort on dirait. Bref, je passe du temps à jouer avec eux et entre ces petits choux et mes devoirs, il ne me reste quasiment plus de temps.
Quand à Heidi, elle fait tout son possible pour que je me sente intégrée à la famille et à l'aise. Aussi étrange que cela puisse paraître, je commence à apprécier cette famille et n'arrive pas à en vouloir à Nathan pour ce qu'il a fait. Il a juste agit au mieux selon lui.
L'après midi du sixième jour, je me consacre totalement à mes demi-frères et décide de les emmener dans une aire de jeu non loin de la demeure de Petrelli. Nathan a toute confiance en moi en ce qui concerne de surveiller ses garçons.
- Simon ! Arrête de faire manger du sable à Monty ! crié-je.
Finalement, il n'aurait pas du avoir confiance. Je sépare les deux petits et les aide à monter sur un toboggan.
- Je vous trouve bien un peu jeune pour être mère, dit une voix derrière moi.
Je me retourne pour découvrir un jeune homme, sûrement à peine plus âgé que moi. Je rattrape Simon qui descend un peu trop vite et lui dit :
- Fais attention ! Ceux sont mes frères, répondé-je à l'inconnu.
En le regardant avec plus d'attention, je me rends compte qu'il est plutôt craquant. Il est grand, brun, avec des yeux verts et possède une carrure qui tout en n'étant pas très impressionnante, en impose quand même.
- David Finners, se présente t-il en me tendant une main.
- Claire Bennet, répondé-je en lui serrant la main.
- Vous êtes nouvelle dans le coin ? demande David, sur le ton de la conversation.
- Oui. D'ordinaire, je ne vis pas avec mes frères. Enfin, c'est une histoire assez compliquée.
Monty et Simon quittent le toboggan en courrant pour s'installer sur des balançoires.
- Je n'en doute pas, m'approuve David. Et vous allez rester longtemps ?
- Je n'en ai pas la moindre idée.
- Oh ! Moi je vis à quelques pâtés de maisons d'ici.
Je m'avance pour pousser Monty qui a un peu de mal et David ne me quitte pas d'une semelle. Sans le regarder, je sens qu'il ne détache pas son regard de moi. Le jeune homme me propose même :
- Ce serait chouette si on se revoyait, ailleurs je veux dire. Que tout les deux.
Son avance a pour effet de me braquer littéralement :
- Je suis désolée, je ne suis pas libre.
- Oh ! Je vois. Enfin, d'un côté, j'aurais du m'en douter. Je vais m'en aller alors. C'était un plaisir de vous rencontrer Mademoiselle Bennet.
David me quitte dans un sourire et je trouve ça classe. Il n'a même pas insisté et est resté poli. C'est chouette. J'aurais peut-être du accepter … Non, Claire ! De toute façon, Nathan ne me laissera jamais sortir seule. Simon arrête de se balancer et scande :
- Ma sœur, c'est la plus belle ! Tous les garçons sont amoureux d'elle !
Oui, tous. Mais jamais les bons. Des deux seuls que j'ai aimé, un a essayé de me violer puis m'a tué et l'autre … ben, l'autre, c'est mon oncle. Je vais me faire nonne.
Le soir, une nouvelle me tombe dessus. Heidi lance tout naturellement :
- Demain midi, j'ai décidé d'organiser une sorte de repas de famille. Il y aura nous, Angela et Peter.
- Chouette, oncle Peter ! s'exclame Monty, le plus jeune.
Tout semble se figer autour de moi. Nathan me surveille du regard tandis que sa femme poursuit :
- J'avais dans l'idée de faire ça bien avant mais Nathan m'a dit que Peter était très occupé en ce moment. Mais c'est bon, tout est arrangé. Demain midi, nous formerons une véritable famille.
Véritable ?
Après le dîner, je fais irruption dans le bureau de mon père biologique sans même toquer à la porte et lui demande un peu trop agressivement à mon goût :
- C'est quoi cette mauvaise blague ?!
- Une idée de Heidi. J'ai tenté de l'en dissuader mais elle a insisté. Cela tombe bien que tu viennes m'en parler car j'ai des choses à te dire à ce sujet, me répond Nathan tranquillement assit dans son colossal fauteuil en cuir.
- Des choses ? Ce ne serait pas plutôt des ordres ? Ou encore des directives ?
- Peut-être bien. Quoiqu'il en soit, je te déconseille de t'approcher de Peter et de lui parler.
- Carrément ! m'exclamé-je.
- Oui et je te suggère de t'y tenir.
- Sinon quoi ? voulé-je savoir.
- Je ne veux pas de coup d'éclat familial. Si Heidi n'apprend ou ne serait-ce que soupçonne ce qu'il a entre vous, elle ne s'en remettrait pas. Elle n'a pas mon ouverture d'esprit.
- Ton ouverture d'esprit ?! me moqué-je exagérément.
- Oui, j'aurais pu détester mon frère pour ce qu'il a fait. Mais ce n'est pas le cas, je l'aime et il restera à jamais mon frère même s'il a posé ses mains sur ma fille.
Sa phrase me dérange plus qu'elle ne le devrait et je repense aux paroles de Heidi :
- Pourquoi Heidi a t-elle dit que Peter était très occupé ?
- Peter a continué à mettre en sécurité les personnes comme nous.
- Tout seul ? Et est-ce qu'il a récupéré ses pouvoirs ? m'excité-je.
- Claire, m'interrompt Nathan d'un geste la main. Ca suffit. Il va bien, c'est tout ce que tu as besoin de savoir.
Je quitte le bureau en bourrasque et claque la porte derrière moi. Je me contrefous de ces directives, je vais le voir et c'est ce qu'il y a de plus important !
Le lendemain aux alentours de midi, je finis de me préparer. Il faut dire que j'ai fait un effort sur ma tenue. J'aborde un chemisier et un pantalon très classe achetés avec Heidi, il y a deux jours. Je laisse mes boucles blondes détachées et n'abuse pas trop sur le maquillage.
Au creux de mon estomac, une boule de nervosité s'est formée depuis le matin et je suis stressée à l'idée de me retrouver devant lui. Comment va-t-il réagir ? Il ne pourra rien faire, j'en suis persuadée. Il a du recevoir les mêmes directives que moi, si ce n'est pire.
La sonnette de l'entrée retentit et je me précipite hors de ma chambre. C'est en descendant l'escalier que je l'aperçois. Immédiatement, je cesse de bouger pour le regarder.
Peter, qui porte une chemise blanche et un pantalon noir qui lui vont à la perfection, vient d'entrer dans le hall en compagnie d'Angela et toute la famille Petrelli y est réunie. A cet instant, il porte Monty dans ses bras et l'embrasse en faisant beaucoup de bruit. Mais ses yeux me découvrent et il repose alors doucement son neveu au sol.
Je me décide à descendre le reste des escaliers tandis qu'il me dévore des yeux. Après un moment qui m'a parut une éternité, j'arrive enfin en bas et me retrouve face à lui. Je sais que tous les regards sont braqués sur nous et que Nathan et Angela doivent avoir le poil qui se hérisse.
- Bonjour Claire.
Mon Dieu ! Cette voix ! Comme elle m'a manqué ! Peter se penche alors vers moi pour me faire la bise et je frissonne lorsque ses joues touchent les miennes. Je suis tentée de dévier ma bouche vers la sienne mais ce ne serait pas discret.
- Bonjour Peter, répondé-je simplement.
Nous passons tous dans la salle à manger et je découvre que Nathan a pris soin de m'éloigner au maximum de Peter. Si je me trouve au bout de la table d'un côté, lui est à l'autre bout, de l'autre côté. Si j'ai dans l'idée de l'observer, je dois d'abord passer par Nathan et Angela.
En gros, rien ne m'est permit. Encore moins un moment seul avec lui. Pourtant j'en ai besoin et je dois avouer que j'ai bien l'intention de l'obtenir, qu'importent les moyens que j'utiliserais.
Le repas est d'une banalité à faire peur. Des sujets bidons et j'ai même l'impression que Peter cherche à m'éviter du regard. Lorsque je le scrute avec trop d'attention, Nathan ou Angela me fusille du regard et je retourne à mon assiette.
Je reconnais quand même que j'ai connu Peter plus joyeux. Il se contente de répondre ou de lancer des idées mais il ne rit pas franchement et n'a pas l'air tellement à son aise. Seulement à un moment, ses yeux se posent sur moi et je soutiens son regard. Il est simplement sublime. J'ai envie de lui crier mes sentiments mais c'est tout bonnement impossible.
Soudain, Heidi me lance sur un sujet qui me prend par surprise :
- Est-ce que tu as un petit copain, Claire ?
J'aillai répondre négativement lorsque une idée folle traverse mon esprit. Oui, j'ai envie de faire chier le monde. D'où ma réponse :
- Oui.
Peter tique et lève sa tête vers moi. En réalité, tout le monde porte son attention sur moi et Heidi qui poursuit :
- C'est vrai ? Et comment s'appelle-t-il ?
- Peter, lâché-je, tout naturellement.
Nathan avale difficilement sa feuille de salade et Angela tripote nerveusement son verre de vin de ses ongles vernis.
- Quel hasard ! s'étonne Heidi qui ne se doute de rien.
Peter me lance un sourire que je lui renvoie. Nathan semble sur le point d'exploser tandis que Heidi continue de plus belle :
- Il est dans ton lycée ?
- Non, il est plus âgé que moi, répondé-je avec facilité.
Peter boit une gorgée à son verre et la situation semble l'amuser particulièrement.
- Ah, dit Heidi. Je ne sais si c'est une bonne chose. Pas trop âgé tout de même ?
Une petite dizaine d'année. Suis-je capable de le dire ? Mais c'est alors que Peter intervient, l'air malicieux :
- L'âge n'importe pas. De toute manière, avec un prénom pareil, il ne peut être qu'exceptionnel.
Nathan pose violement son couteau dans l'assiette, faisant sursauté Heidi. Angela fusille Peter du regard mais je rétorque :
- Evidemment !
- Je suis certain qu'il est fou de toi et ne doit pas supporter d'être séparé de toi, continue Peter.
- Au début, il ne voulait pas être avec moi, il se trouvait trop âgé et avait trop de responsabilité, ajouté-je.
- Je parie qu'au fil du temps, il a changé de point de vue et a fini par craquer, termine Peter avec son plus magnifique sourire en coin.
Angela et Nathan sont au bord de la crise de nerf mais sont totalement incapables d'agir étant donné que Heidi et les enfants boivent innocemment nos paroles.
- Exactement ! approuvé-je avec enthousiasme.
C'est si bon de le regarder et de lui sourire comme si de rien n'était. Depuis le début de notre conversation, Peter paraît beaucoup heureux et enthousiasme. C'est alors que Simon choisit de lancer :
- De toute façon, tous les garçons sont amoureux de Claire ! Même au parc, y'en a un qui est venu lui dire qu'il l'aimait.
Le résultat que produit cette phrase est surprenant. D'abord, Nathan croit qu'il s'agit de Peter dont Simon parle et il devient cramoisi. De son côté, Peter se rembrunit en sachant parfaitement qu'il s'agit d'un autre homme que lui. Je clarifie rapidement :
- Juste un garçon qui voulait avoir un rendez-vous avec moi. Mais j'ai refusé. Je suis déjà prise.
Ma dernière phrase apaise Peter à vue d'œil mais Nathan explose en lâchant avec un peu trop de férocité :
- Et si nous changions de sujet ? Je n'ai pas tellement envie d'entendre les frasques amoureuses de ma fille.
Heidi hoche la tête, surprise par le coup de gueule de son mari, et Peter me fait un semi clin d'œil qui me transporte au paradis. Il n'a pas abandonné. Il ne renoncera pas. Mon Dieu, faîtes qu'il me veuille toujours, quoiqu'en pense sa famille !
Peter se lève subitement en posant sa serviette de table et déclare :
- Excusez-moi.
Maintenant ou jamais. Je m'apprête à me lever à mon tour en prétextant :
- Je vais me chercher un coca.
- Claire, nous avons des domestiques, ce n'est pas pour rien.
Je me rassoie à contre cœur tandis que le coca arrive tout seul à moi. Je n'ai même pas envie de le boire. Peter revient quelques secondes plus tard et je laisse glisser mon regard sur son corps alors qu'il rejoint sa place.
Mon Dieu, ce corps. Fantasme mode on. Une bouffée de chaleur s'empare de moi et je bois une gorgée de mon coca glacé. Je me rends alors compte à quel point je le désire. C'est cette chemise qui lui donne un air si … Hum. Faut que tu te calmes, Claire. Fantasme mode off.
Apparemment, Angela a remarqué mon regard et secoue la tête de gauche à droite pour marquer son accablement. Qu'est-ce que t'as, mamie ? Tôt ou tard, je me ferais ton fils et c'est pas toi qui va m'en empêcher.
D'un coup, Peter recrache la gorgée de vin qu'il est en train d'avaler dans son verre. Il tousse plusieurs fois avant de pouvoir respirer normalement. Ca veut dire quoi ça ? Angela se retrouve obligée de taper sur l'épaule de son fils pour l'aider.
Finalement, Peter retrouve son souffle, pose son verre et explique :
- J'ai avalé de travers.
Et si … Je ne rêve que de lui ôter cette chemise, bouton par bouton. Et pourquoi pas le plaquer contre un mur, comme la dernière fois ? Je me souviens avec quelle ardeur j'avais tenté de lui défaire sa ceinture. Est-ce que, si il y a une deuxième fois, il aura autant de volonté pour me résister ?
A l'autre bout de la table, Peter se trémousse sur sa chaise en jouant avec son verre, sans me regarder. Je commence à avoir très chaud et le coca ne suffit pas à me calmer. Je suis persuadée que mes joues sont devenues roses.
Peter glisse alors vers moi un regard au moment où je détourne mon regard de lui. Je calle une mèche de mes cheveux derrière mon oreille et continue de siroter mon coca. Vas-y, matte moi. Comprend que je te désire.
Il plaque alors ses cheveux en arrière en regardant devant lui. Hum … Ses cheveux, je n'ai passé la main qu'une fois dedans mais j'ai déjà envie de recommencer. D'une main je lui caresse les cheveux, de l'autre, je lui ouvre son pantalon. Pourquoi je fais une fixette sur son pantalon ? Peut-être parce qu'il lui fait de ces fesses …
Dans un bruit métallique, la fourchette de Peter tombe dans son assiette et il s'empresse de la récupérer en grommelant un « pardon » quasiment inaudible.
Je pourrais ouvrir son pantalon, tout en l'embrassant sur son torse, à chaque fois descendant un peu plus bas. Est-ce qu'il chatouilleux ? Hum, je parie que oui. Il pourrait m'arrêter dans ma descente. Nan. Je suis certaine qu'il n'aura pas ce cran. Et tiens, maintenant que j'y pense, qu'est-ce qu'il porte comme sous-vêtements ?
Je lance un regard pour voir où en est Peter et constate qu'il rougit à son tour. Qu'il est trognon. Non, en fait, il est carrément sexy. Soudain, une idée lumineuse frappe mon esprit. Aussi naturellement que possible, je renverse mon coca sur mon chemisier. Je suis dingue de faire une telle chose, ce chemisier est sublime. Pourvu que je puisse le récupérer.
Je pousse un cri aigu et tout le monde se tourne vers moi, y compris Peter. Je lance :
- Quelle maladroite ! Je vais me nettoyer. Enfin, me changer.
Je quitte ma place, sans que Nathan et Angela ne puissent protester, mon excuse étant bien trop crédible. Tu sais ce qu'il te reste à faire, Peter.
Je monte à l'étage, pour aller dans ma chambre lorsque des pas rapides derrière moi se font entendre. Je ne me retourne pas, exprès. Soudain, des bras puissants me plaquent contre le mur et une bouche vient se loger dans mon cou en même temps qu'un corps se colle contre le mien. Tu vas salir ta chemise Peter.
- M'en fous, murmure-t-il en dévorant mon cou avec une passion sans précédent.
Une de ses mains soulève ma cuisse droite et se met à la caresser tandis que son autre bras est appuyé contre le mur. Je passe mes deux mains dans ses cheveux et frémis sous ses baisers.
La bouche de Peter descend dans mon décolleté et j'ai l'impression de devenir folle tellement que je ressens de désir à ce moment. Si jamais on nous découvre dans cette position …
- Tant pis, fallait pas me provoquer, arrive-t-il à me répondre, le souffle court.
Je descends une de mes dans son dos jusqu'à ses fesses. Ce contact le fait vibrer et sa bouche remonte le long de mon cou. Je colle ma tête au mur, le laissant m'embrasser sous le menton. Peter …
Brutalement, venant de nulle de part, un poing s'abat sur la tempe droite de Peter qui me lâche et s'écarte immédiatement. Ma jambe droite retombe à terre et je me décolle rapidement du mur en découvrant Nathan, le visage déformé par la colère.
Peter se tourne vers son frère et à voir son expression, je devine que jamais une telle chose s'est produite entre eux deux auparavant. Nathan crache :
- Tu poses encore une fois les mains sur ma fille et je te jure que je cesserais d'être correct Peter !
Peter reste muet et je constate alors que ma tâche de coca s'est répandue sur sa chemise blanche.
- Pour l'instant, contentons-nous de sauver les apparences. Suis moi, je vais te prêter une chemise, déclare Nathan.
Il pose son regard froid sur moi et m'ordonne :
- Va te changer.
Nathan passe devant pour se rendre à sa chambre avec Peter. Ce dernier me lance un dernier regard avant de suivre son frère. Ils ne doivent pas nous arrêter Peter ! Pas de réponse, à mon grand désespoir.
Je pénètre donc dans ma chambre et ôte mon chemisier. Peter m'a totalement retourné. Il a été tellement sensuel, je n'avais jamais connu cela. Je me rend dans ma salle de bain pour nettoyer le coca qui est devenu collant sur ma peau puis enfile un pull.
Lorsque je redescends dans la salle à manger, Peter et Nathan sont déjà à table. Peter porte une autre chemise puisqu'elle n'est plus tâchée mais on ne voit pas la différence. Pourtant, ils ne sont pas fait pareil. Je cesse de m'interroger et regagne ma place. Si tout cela n'éveille pas les soupçons de Heidi, c'est un miracle.
Le repas se termine plus calmement et Nathan s'enferme dans son bureau avec Peter et Angela. Ca sent le nouveau sermon à plein nez mais je ne peux, une fois de plus, rien y faire. Heidi remarque ma réflexion lorsqu'ils disparaissent et elle me lance :
- Des affaires familiales, encore et toujours.
- Oui, la famille, murmuré-je.
Heidi propose que nous allions faire un tour et je la suis après avoir mis mon manteau. Dans le parc, elle me lance :
- J'ai remarqué à quel point tu semblais proche de Peter.
- Oui, répondé-je, prudemment.
- Je sais bien que Nathan me cache des choses. Toutes ces heures passées dans son bureau à négocier je ne sais quoi. Et je trouve très étrange que tu sois venue ici simplement pour le plaisir de nous rencontrer. Oui, c'est ce que Nathan m'a dit. Je sais que ce n'est qu'une excuse.
- Heidi, je ne crois pas que …, commençé-je.
- Laisse moi continuer, s'il te plait Claire. Lorsque Peter est arrivé à midi, j'ai bien vu ces étincelles entre vous. Et pendant ce repas, j'ai voulu te lancer sur le sujet du petit copain. Je ne m'attendais pas à autant de sincérité de ta part. Puis, il y a eu la première fois où tu as voulu quitter la table. Nathan t'en a empêché. Et tu as renversé volontairement du coca sur toi. Une excuse en or pour t'éclipser. Ne voudrais-tu pas savoir qu'elle excuse a trouvé Peter ? Je hoche la tête, curieuse de savoir où ma belle-mère veut en venir. Elle m'apprend :
- Je lui ai dit d'aller te rejoindre.
Je reste bouché bée devant cette aveu. Au bout de quelques pas dans l'allée entre deux arbres, j'arrive à demander :
- Pourquoi ?
- Parce que vous en mourriez d'envie depuis le début. Quand j'ai prononcé cette phrase, Peter n'a pas cherché à comprendre, il y est allé. Bien sûr, sur le coup, j'ai choqué Nathan et Angela. Tous deux m'ont demandé pourquoi je faisais une telle chose. Les enfants étant présents, j'ai simplement répondu que vous aviez besoin de vous voir. Nathan n'a pas tenu plus d'une minute avant de partir vous rejoindre.
- Mais, mais, bégayé-je, mais vous ne trouvez pas ça … répugnant ?
- Je ne sais pas quelle image t'a donné Nathan de moi mais je suis pas totalement insensible à l'amour, où qu'il apparaisse. Mon mari ne peut comprendre une telle chose et je sais qu'il te retient ici contre ton gré, pour te séparer de Peter. Non, je ne trouve pas cela répugnant, certaines histoires d'amour sont très compliquées mais valent la peine d'être vécues. Donnez vous cette peine. Je sais pour avoir passé du temps avec toi, Claire, que tu es une adolescente très mature pour ton âge et que tu n'es pas attirée par Peter simplement pour un fantasme.
Je rougis un peu sur le coup, en pensant à ce qu'il s'est passé quelques minutes auparavant. Heidi continue :
- Je bataillerais à tes côtés. Si tu aimes Peter, je tenterais de convaincre Nathan de te laisser partir. Je voudrais seulement te l'entendre dire.
Je réfléchis un instant en contemplant les plantations de bégonias puis avoue :
- Oui, j'aime Peter.
- Dans ce cas, je n'ai qu'un conseil à te donner. Ce monde est rempli de préjugés et de lois créées dans le simple but d'asservir les hommes à des croyances. La plupart d'entre eux ont peur de ce qu'ils ne comprennent pas. C'est pour cela que l'inceste est punissable par la loi car personne ne le comprend. Penche-toi sur la mythologie, Claire, ou même sur la tradition judéo-chrétienne, tu y verras que ce n'est pas si horrible.
J'écarquille les yeux en découvrant cette nouvelle vision.
- Il devient horrible lorsqu'un père abuse de sa fille. Mais s'il part de sentiments vrais et profonds, je ne vois pourquoi nous devrions avoir honte. Je connais Peter depuis un bon moment déjà. C'est quelqu'un de sérieux et raisonnable, c'est pour cela que votre histoire m'a étonné au début. Je sais que si Peter se donne autant de mal, c'est qu'il t'aime et tient réellement à toi.
- Merci Heidi. De me réconforter et de me dire tout ça, confié-je.
- Je t'en prie Claire. Ne les laissons pas gâcher votre histoire. Je pense qu'il est temps de rentrer maintenant.
J'approuve d'un mouvement, cogitant à tout ce que Heidi vient de me dire. Je n'imaginais pas cette femme aussi réfléchie et compatissante. Alors que nous pénétrons dans le hall, des éclats de voix se font entendre et je m'inquiète aussitôt sur la tournure que prennent les évènements dans le bureau de Nathan. Je jette un regard paniqué à Heidi qui me dit :
- Fais-toi entendre, Claire.
Je m'élance en courant vers le bureau de Nathan et y pénètre en ouvrant en grand la porte. Peter, Nathan et Angela y discutent, ou plutôt s'y disputent au centre de la pièce. Je m'approche en courant vers Peter et me jette dans ses bras.
Sans comprendre, celui-ci me prend contre lui sous les yeux horrifiés de Nathan et Angela. Je crois qu'à cet instant nous devons invisibles car Nathan sursaute tandis qu'Angela pousse un cri d'exclamation.
Peter marche à reculons, m'entraînant avec lui, pour nous placer dans un coin où il peut me murmurer en toute sécurité :
- Qu'est-ce que tu m'as manqué, Claire.
- Toi aussi. Nous ne pouvons pas rester ici. Nous devons penser à nous, quitte à partir pour avoir la paix !
Peter reste silencieux à me dévorer des yeux puis finit par dire :
- On ne peut pas Claire. Et fuir n'est pas une solution.
Ses paroles me rappellent brutalement celles de Nathan tandis que Peter continue :
- Je ne suis pas du genre à fuir devant mes responsabilités, encore moins à laisser ma famille en plan.
- Mais il va falloir choisir Peter. C'est moi ou ta famille, annonçé-je fermement.
- Et comment suis-je censé choisir puisque tu fais partie de ma famille ?
Je me rends alors compte de l'idiotie de ma remarque et baisse la tête. Plus loin, Nathan et Angela quittent la pièce en scandant nos noms.
- Tous les problèmes que nous avons actuellement ne proviennent que de ma famille. Mais pense à ce qui va se produire lorsque ta famille va s'en mêler, dit Peter avec gravité. Tu n'imagines pas les choses que Nathan et ma mère m'ont dites. Je prends alors cette décision pour nous deux malgré ce que je ressens pour toi.
Je relève la tête vers lui et découvre un visage triste mais décidé.
- Peter ?
Il me repousse avec fermeté et quitte la pièce. Peter ! Mon Dieu, qu'est-ce qu'il fait ? Je sors du bureau, regarde à gauche et à droite mais je ne le vois nulle part.
- PETER ! hurlé-je.
Je ne comprends rien. Absolument rien ! A quoi rime l'épisode de toute à l'heure s'il vient à l'instant de tout plaquer ?
