Hey',

désolé du retard... vous pouvez remecier Edas44 sans sa relecture extra rapide vous ne l'auriez pas eu ce wkend.

Un chapitre un peu plus calme que le précédent

Bonne lecture


Lexa avait le cœur lourd. Elle n'avait que très peu dormi cette nuit se sentant coupable d'avoir provoqué une dispute entre le jeune médecin et elle. Clarke avait été honnête depuis le début. C'était elle qui n'avait pas respecté sa part du marché. Si seulement elle pouvait revenir à ses vieux démons. Aucune attache, et plusieurs filles. Simple. Efficace. Elle n'était pas habituée aux sentiments, et aux disputes. Encore moins à la frustration. Depuis qu'elle avait perdu sa virginité pendant son année de première au lycée, elle n'avait jamais passé autant de temps sans rapport. Surtout depuis qu'elle avait commencé la fac où elle n'avait eu aucun problème pour séduire la gente féminine. Elle était en manque, pourtant, elle ne pouvait se résoudre à coucher avec Clarke qu'une seule fois. Elle ne pouvait supporter l'idée que cela ne compte pas. Elle avait passé la nuit à réfléchir à un moyen de résoudre cette impasse, et se réconcilier avec Clarke. Elle s'était levée déterminée. Et, elle avait trouvé Raven blottie contre sa déesse blonde sous les couvertures. Et ça faisait mal. Très mal. Surtout, qu'elle ne doutait pas que son amie était au courant de ses sentiments. Elle les avait dissimulés sans grande conviction. Raven la connaissait mieux que personne. Elle n'avait pas pu être si aveugle.

Assise dans son lit, les bras croisés derrière sa tête, elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Anya et Luna étaient toutes les deux chez elles et ne rentreraient qu'en soirée. Elle allait avoir à faire à Raven plus tôt qu'elle l'aurait voulu.

L'ingénieure entra dans la chambre en vitesse. Elle salua son amie de la main avant d'aller à sa commande sortir des affaires propres.

« Tu devrais être fière de ta marche de la honte, non ? » marmonna Lexa

« Quoi »

« Oublie »

Raven referma son tiroir et passa devant le lit de l'escrimeuse.

« Tu n'as pas l'air en forme pour quelqu'un qui vient de s'envoyer en l'air, tu n'as pas géré ? »

« Mais qu'est-ce que tu racontes ? »

« Rien. »

« Si tu as envie de faire ta relou, assume ce que tu dis que je puisse comprendre.»

« Je demandais juste si tu avais été à la hauteur hier soir, vu ta mauvaise humeur, j'en déduis que non. »

« Je n'ai pas le temps pour ces conneries, on se voit plus tard. »

Et c'était vrai. Raven s'était réveillée avec la ferme attention de parler à Octavia. Réellement lui parler. Sa discussion avec Clarke lui avait fait réaliser que ne pas essayer était la pire chose qu'il pouvait leur arriver. Si Octavia lui permettait, elle allait tout faire pour être la personne qu'elle mérite. Elle ne pouvait plus continuer à se mentir à elle-même, ou ne pas savoir. Si elles voulaient pouvoir être amies malgré tout, elles devaient jouer cartes sur table. Raven sauta dans la douche et se dépêcha de se changer pour rejoindre sa future petite amie. Wahoo... petite amie, cela sonnait bizarre dans sa tête. Jamais, elle n'avait référé Anya ou quiconque de cette manière. En chemin pour l'appartement, elle acheta une rose à un fleuriste ambulant et se dirigea vers l'immeuble. Arrivée devant la porte, elle prit une seconde pour mettre ses idées et son discours en ordre. Elle allait vraiment le faire. Elle leva le bras pour frapper le poing contre le bois, mais celle-ci s'ouvrit avant qu'elle n'en ait le temps. Lincoln avait la main sur la poignée mais était tourné vers l'arrière pour pouvoir embrasser une dernière fois la jolie brune.

« Hey, Rae ! Comment tu vas ? »

« Pas aussi bien que toi apparemment. »

« Je suis en retard pour le boulot, mais on se fait un truc dans la semaine » lança-t-il avant de partir.

Raven resta silencieuse. Octavia se tenait devant l'ouverture de la porte, les bras croisés. Raven ferma les yeux un instant essayant de refouler une larme. Elle aurait aimé pouvoir rester de marbre, insensible, mais cela lui était impossible.

« Je vois que tu passes vite à autre chose. T'as attendu quoi, 5 minutes après m'avoir embrassé pour sauter sur Lincoln ? »

« Excuse-moi, hypocrite, non ? Tu m'as laissé en plan pour rejoindre le lit de MA MEILLEURE AMIE. Comment va Lexa, pas trop mal j'espère. ? »

La latina ouvrit la bouche et la referma. Octavia savait qu'elle lui avait mentit. Elles n'étaient pas encore ensemble qu'elle merdait déjà.

« Je sais, je n'aurais pas dû mentir. Je suis désolée. J'ai paniqué. Je… je n'avais pas ressenti ce que j'ai ressenti en t'embrassant depuis des lustres. J'ai eu peur. Je ne voulais pas... »

Octavia leva les yeux au ciel, en relâchant la porte. Raven se glissa à l'intérieur de l'appartement avant qu'elle ne se referme. Elle ne pouvait laisser les choses ainsi. Elle était venue pour dire la vérité, et rien ne l'empêcherait.

« Attend O'. Il ne s'est rien passé avec Clarke. Je sais que je n'aurais jamais dû partir comme ça. Ce n'était pas… »

Raven n'arrivait pas à former des phrases cohérentes pour expliquer son erreur. Elle savait que si elle continuait à essayer, elle allait dire le contraire de ce qu'elle pensait. Il valait mieux continuer. Expliquer qu'elle ne voyait pas Clarke de cette manière.

« Il ne sait rien passé avec Clarke. Enfin, si un baiser, mais on a rien ressenti. Je n'ai rien ressenti. J'ai tout stoppé quand j'ai compris que ça ne m'aiderait pas à passer à autre chose parce que, au fond, je n'avais pas envie de passer à autre chose. »

Elle s'approcha d'Octavia pour lui prendre la main du bout des doigts. Elle fit abstraction de ce qui venait de se passer entre la jeune femme et Lincoln. Ce n'est que parce qu'Octavia avait été blessé par son comportement qu'elle s'était réfugiée dans les bras du géant. Elle en voulait à O', mais ne lui en tiendrait pas rigueur. C'était en partie de sa faute si tout cela était arrivé.

« Oublie tout ce que j'ai pu dire. Je n'ai pas envie de refouler mes sentiments. Je n'ai pas envie qu'on redevienne comme avant. Je sais que c'est nouveau pour toi, mais on ira à ton rythme. On prendra notre temps. Octavia. Si tu as ressenti le moindre petit frisson, la moindre émotion, laisse-nous une chance. »

Octavia avala sa salive difficilement en fermant les yeux. Respirer doucement. Prendre son temps pour mettre de l'ordre dans ses pensées. Elle n'avait jamais imaginé voir Raven si… sincère. Elle n'avait jamais imaginé devoir réfléchir sur cette pagaille émotionnelle qui bouillonnait en elle.

« Rae, je… J'ai besoin de temps. Seule. »

Raven se recula un peu en hochant la tête.

« Bien sûr. Bien sûr »

« C'est juste pour faire le point, je… »

« Ne t'inquiète pas. Je comprends totalement. »

Elle s'approcha à nouveau et embrassa délicatement la joue de sa partenaire. Elle s'éloigna à reculons sans quitter la jeune femme des yeux jusqu'à ce que son dos heurte la porte en bois.

Elle avait fait le plus dure. Elle sortit, de l'appartement, fière d'elle. C'était la première fois qu'elle faisait quelque chose d'aussi terrifiant. D'ailleurs, en voyant sortir Lincoln, elle avait hésité à aller jusqu'au bout. Non pas parce qu'ils étaient amis, mais parce que cela lui avait fait si mal qu'elle se demanda si le jeu en valait la chandelle. En tout cas, pour Octavia, oui. Elle n'avait plus aucun doute sur la jeune femme. Et, malgré sa peur de tout faire foirer, elle irait jusqu'au bout. Peu importe le nombre d'erreurs qu'elle allait commettre, le nombre de disputes, de désaccords, cette fois-ci, elle ne fuirait pas.

Ooo

Lexa tournait en rond. Elle avait essayé de se détendre en écoutant de la musique, s'occuper en cuisinant, mais rien n'y faisait. Elle n'arrivait pas à oublier le corps de Raven blotti contre sa… contre Clarke. Elle était si en colère contre Raven de n'en faire qu'à sa tête, contre Clarke de l'avoir rejetée, et surtout contre elle-même. C'était la première fois qu'elle ressentait vraiment quelque chose pour une femme, qu'elle tombait sous le charme, et cette personne n'en avait rien à faire. Raven rentra quand elle se versa une tasse de café.

« Qui aurait cru qu'un weekend de thanksgiving pouvait être si émouvant »

Lexa ne répondit pas. Elle n'était pas d'humeur pour faire la conversation. Elle n'avait qu'une chose à dire à Raven, et elle était sûre qu'elle ne voulait pas l'entendre.

« Ok. Il faut que je t'avoue quelque chose ! » commença Raven. « Je reviens de chez Octavia où… je lui ai avoué que je voulais être plus que son amie. »

« Il te les faut toutes à ce que je vois ! » lança Lexa incapable de se taire plus longtemps.

Comment pouvait-elle passer de l'une à l'autre après avoir passé la nuit dans les bras de Clarke ?

« C'est quoi ton problème aujourd'hui ? »

Lexa leva les yeux au ciel en passant derrière le bar.

« Je dis juste la vérité. Anya, Clarke, Octavia… est-ce que tu es physiquement capable de ne pas te jeter sur tout ce qui bouge amicalement à côté de toi ? »

« Qu'est-ce que tu viens de dire ? » lança Raven surprise.

« Comment était ta nuit avec Clarke ? J'ai oublié de te féliciter. Belle victoire. Tu fais un coup bas à ta meilleure amie, tu t'envoies en l'air et tu passes à autre chose en moins de 24h, du Raven Reyes tout craché. »

« Tu m'expliques ce que j'ai fait pour t'énerver à ce point ? Ou tu fais ta garce sans raison ? Aux dernières nouvelles, c'est toi qui a lancé cette compétition débile. »

Lexa serra les poings. Elle ne savait pas ce qui l'énervait le plus, que Raven fasse semblant de ne pas comprendre pourquoi elle lui en voulait ou qu'elle se pense réellement innocente ?

« Je pensais réellement que ma meilleure amie n'était pas une salope sans cœur. »

Raven ne comprenait pas ce qui était en train de se passer. Elle ne savait pas réellement ce que Lexa pouvait bien lui reprocher. Et, elle s'en fichait. Si elle se permettait de l'attaquer sans raison, elle n'allait pas se gêner.

« Oh, parce que toi tu es si parfaite n'est-ce pas ? La grande Lexa Woods sportive de haut niveau, étudiante brillante, enfant prodige et bourreau des cœurs ? A ce que je sache, c'est toi qui est incapable d'éprouver quoi que ce soit pour quiconque à part ta petite personne. »

« Excuse-moi d'avoir pensé que tu surveillerais mes arrières. Mais, non bien sûr que non. Il a fallu que tu te fasses la seule personne pour qui tu savais que j'éprouvais quelque chose. »

Le déclic se fit enfin. Lexa pensait qu'elle avait couché avec Clarke. Bien… elle en avait eu l'intention, elle ne pouvait le nier. Mais, rien ne s'était passé. Elle était incapable de faire ça à O' ou Lexa, même si elle ignorait ce que son amie ressentait réellement pour le médecin.

« Il ne sait rien passer entre Clarke et moi. Je viens de te dire que je craquais sur Octavia. Clarke est sa meilleure amie, je ne pouvais pas lui faire ça. Tu me prends pour qui au juste ? »

« Toi en tout cas, tu me prends pour une conne. Je vous ai vu. Clarke et toi. Tu peux arrêter de mentir. »

« Et, comment j'étais censé savoir que tu avais des sentiments pour elle ? Tu m'as clairement dit non quand je te l'ai demandé deux jours plus tôt. Je suis devin maintenant, peut-être ? »

Lexa était vraiment à bout de nerfs. Elle ne supportait pas que son amie ne reconnaisse pas son erreur. Elle savait très bien qu'elle ne lui aurait jamais parlé de Clarke dans sa chambre si elle ne soupçonnait rien. C'était censé être sa meilleure amie. Personne ne la perçait à jour mieux qu'elle.

« Joue pas les innocentes. TU SAVAIS TRES bien que je l'aimais bien plus que je le disais. Mais, ça ne t'a pas dérangé de te jeter dans ses bras. Quelle amie tu fais. »

« Je n'ai pas cou… » Raven s'arrêta pour reprendre sa respiration. A quoi bon se défendre. Lexa avait son regard de 'je sais tout' . Peu importe ce qu'elle dirait, elle ne la croirait pas. « Tu sais quoi ? Crois ce que tu veux. Tu penses déjà tout savoir de toute manière. »

« Va te faire foutre Reyes »

« C'est ma spécialité non ? » lança-t-elle avant de disparaitre dans sa chambre.

Lexa attrapa sa veste en cuir et sortit de l'appartement en claquant la porte. Il lui arrivait souvent de se disputer avec sa colocataire mais elle ne lui en avait jamais voulu à ce point. Ce n'était pas la seule personne qui pesait lourd sur le cœur de l'escrimeuse. Elle avait du mal à croire que Clarke ait pu appeler Raven juste après qu'elle lui ait avoué ses sentiments. Qui faisait ça au juste ? Elle avait besoin de lui dire ce qu'elle avait sur le cœur. A quel point, elle s'était trompée sur elle. Elle accéléra le pas en direction du centre de campus. Elle ne doutait pas de trouver la blonde assise à une table de la bibliothèque. Elle marcha déterminée à lui dire tout ce qu'elle pensait. Sa dispute avec Raven n'aidait pas. Elle ne pouvait nier que Clarke avait aussi sa part de responsabilité dedans.

Le paysage désert de la fac défila devant elle jusqu'à arriver devant le pavillon central où se trouvait la bibliothèque. Lexa s'avança dans l'allée en pavés qui menait à la double porte. Arrivé au milieu, elle s'arrêta, toute détermination fuyant son corps. Elle désirait vraiment entrer dans ce bâtiment et dire tout ce qu'elle avait sur le cœur au jeune médecin. Elle voulait se tenir devant elle et lui faire comprendre qu'elle avait merdé. Lexa souhait réellement confronter Clarke sur son comportement qu'elle ne comprenait pas. Elle avait le droit de ne pas vouloir être avec elle. Mais, se reporter sur sa meilleure amie comme si elle se fichait bien de qui allait souffrir ? Ou de comment cela affecterait la vie des autres ? Elle voulait une explication, pourtant, son corps était incapable de bouger. Si elle devait être honnête avec elle-même, elle savait qu'au fond, elle n'y arriverait pas. Dès le moment où elle plongerait son regard dans le bleu parfait de Clarke, elle perdrait toute conviction. Qu'elle le veuille ou non. Et, elle ne voulait pas lui donner cette satisfaction. Lexa resta immobile au milieu de l'allée. Elle était incapable de dire si cela faisait 5 minutes ou une heure, mais, elle n'arrivait toujours pas à bouger. Elle n'arrivait pas à entrer mais refusait de partir.

« Tu dois vraiment avoir peur des livres pour rester bloquée devant l'entrée » lança une voix à côté d'elle.

Lexa tourna la tête vers son interlocuteur. Un jeune homme en fin de vingtaine qu'elle ne connaissait pas se tenait à côté d'elle. Il avait de long cheveux bruns bouclés qui lui retombaient sur le front et les joues.

« Pardon ? »

« Je voulais juste savoir si tu allais bien. Tu es bloquée au milieu depuis 35 minutes ? »

« Oh »

« Les livres t'effraient à ce point-là ? »

Le jeune homme sourit laissant apparaître une fossette au creux de sa joue.

« Plus, celle qui tient le livre. »

« Oh… problème de fille ? On est tous dans le même bateau je vois. Je suis presque sûre que si je passe cette porte la femme de ma vie me renversera une bibliothèque pleine sur la tête »

Lexa rigola à son tour. Elle était sûre que Clarke, elle aussi, en était capable.

« Remplace la femme de ta vie, par la fille de mes rêves et on en est au même point. »

« Bell » lança-t-il en lui tendant la main.

« Lexa » sourit-elle

Bell remit ses mains dans ses poches et s'installa à ses côtés, le regard fixé sur cette porte d'entrée qu'aucun d'eux n'oserait franchir.

« Et sinon, on va boire une bière ? »

Lexa ne put retenir son rire surpris.

« Tu as loupé le moment où je disais que je déprimais à cause d'une femme ou tu es juste ambitieux ? »

« Non, Non. J'ai bien compris que je n'avais aucune chance » rigola-t-il « Je trouve que ça fait moins pathétique si on est deux à boire à tout juste midi que moi seul au comptoir du bar. Allez, je paye les premières tournées ? »

Ooo

Clarke sortit de sa chambre fatiguée. La nuit avait été longue et éprouvante. Depuis le départ de Raven, elle s'était rendormie en espérant que tous ses problèmes disparaitraient à son réveil. Ce n'était pas le cas. Elle pouvait encore entendre Bellamy essayer de se racheter, et voir le regard de déception dans les yeux de Lexa. Lexa. Elle n'avait pas été très gentille avec la jeune femme. Elle ne regrettait pas ce qu'elle avait dit, mais plutôt la manière. Elle n'était pas prête à être avec quiconque. Elle n'avait plus rien à offrir. Elle aimait beaucoup Lexa et était sûre qu'elle ne serait pas comme Bellamy, mais le problème venait d'elle, de sa capacité à s'abandonner et à refaire confiance. Et puis, elle en manquait d'envie. Elle ne voulait plus de compliqué. Elle n'avait que vingt-trois ans et sa vie ressemblait déjà à une télénovéla.

Clarke passa derrière son père pour lui faire un bisou sur le dos de son épaule avant de s'asseoir à l'ilot central sur lequel, il cuisinait des pancakes.

« Comment était ta soirée ? Tu es rentrée tard, je n'ai rien entendu ? »

« Non, mais j'étais lessivé, je suis directement allé me coucher quand j'ai vu que tu avais un invité… »

« C'était une amie, on avait quelques problèmes à régler. »

« Une autre amie à toi est passée ce matin quand tu dormais. Heu... grande brune, yeux verts, et très jolie si tu veux mon avis. »

« Papa… »

« Quoi, excuse-moi de m'intéresser à la vie de ma petite fille. »

Clarke allait lui répondre que ce n'était qu'une amie, mais, elle n'en n'était même plus sûre. Un pincement au cœur la fit frissonner. Elle n'avait jamais voulu ça. Elle n'avait jamais rien demandé. C'était Lexa et Raven qui avait tout commencé. C'était elles qui étaient venues perturber sa petite vie d'étudiante. C'était elles qui étaient venues la séduire. Et malgré tout, malgré le ridicule de la situation, elles étaient devenues amies. Et en l'espace d'une soirée, Clarke avait réussi à tout ruiner, surtout avec Lexa, alors qu'elles étaient les plus proches l'une de l'autre.

« Aucune autre visite inattendu » lui demanda son père en posant une assiette remplit de pancakes devant elle.

« Non… » Clarke reposa sa fourchette et regarda son père. Il avait son expression « sûr de lui ». Comment pouvait-il être au courant de la visite de… .

« Oh mon dieu papa. Dis-moi que tu n'es pas responsable de la visite de Bellamy ? »

« Il est passé alors ? Je n'en étais pas sûr. »

« Papa. » cria-t-elle.

Jake perdit son sourire et se concentra sur le regard de sa fille. Il savait que la mettre en contact avec Bellamy était un coup risqué, mais lorsque le jeune homme était venu le voir, il n'avait pas eu le cœur à lui refermer la porte au nez, il ne comprenait que trop bien ce qu'ils avaient vécus, ayant eu lui-même autant de malchance avec sa femme plusieurs années avant qu'ils n'aient Clarke.

« Le pauvre gars est venu frappé à ma porte à Dallas. Je sais qu'il t'a fait souffrir, mais il m'a promis qu'il voulait te parler pour s'excuser. »

« Je n'en reviens pas. Comment tu as… Je n'ai plus faim » lâcha-t-elle avant de quitter la cuisine pour rejoindre sa chambre.

Elle n'en revenait pas. Trahie par son propre père. Elle ne pouvait pas rester ici. Elle étoufferait. Elle se changea rapidement et ramassa ses affaires.

« Clarke, on était censé passer la journée ensemble, non ? »

« Non, j'ai du boulot. T'as qu'à me prévenir la prochaine fois que tu es en ville. Ou pas. » lança-t-elle avant de claquer la porte derrière elle.

Quand elle arriva chez elle, transpirante à cause du poids de ses affaires, elle se jura de passer son permis dans l'année. Deux bus et un train pour rentrer chez elle était beaucoup trop long. Elle devait être la jeune américaine de 23 ans n'ayant jamais posé ses fesses derrière un volant. Elle claqua la porte de son appartement derrière elle et lâcha ses sacs en soufflant.

« Merde. »

Clarke releva ses mèches de cheveux qui tombaient sur ses yeux et se dépêcha de retirer ses chaussures. Libérée de tout le surplus, elle se jeta sur le canapé. La tête sur l'un des coussins, elle resta immobile. Le weekend n'avait définitivement pas tourné comme elle l'avait imaginé. Il avait pourtant bien commencé. L'anniversaire d'Octavia avait été une réussite. Le repas chez les Woods avait été génial. Elle s'était sentie proche de ses nouvelles amies. Particulièrement de Lexa dont l'expression de peine ne cessait de lui revenir en mémoire. Elle n'avait vraiment pas souhaité lui faire du mal. Lexa était géniale, elle n'en doutait pas. Elle ne ressemblait en rien au mythe LEXA WOODS dont tout le monde parlait à l'université. Elle avait les pieds sur terre, elle était attachante, intelligente et était toujours disponible pour les gens qu'elle aimait. Pourquoi… pourquoi avait-il fallu qu'elle apprenne à la connaître ? Son plan était simple, finir la fac sans problème et si au passage, elle pouvait s'amuser tout irait bien. Et Lexa aurait été parfaite dans ce rôle. Mais, il avait fallu qu'elle s'attache. Si elle devait être honnête, elle aussi s'était attachée à la jeune escrimeuse. Elle savait qu'elle tenait à elle plus qu'elle oserait l'avouer. Mais cela ne changeait rien à ses convictions. Et avoir vu Bellamy n'avait fait que renforcer ce sentiment. Jamais, elle ne donnerait à quiconque la possibilité de lui faire aussi mal.

Clarke ne releva pas la tête quand elle entendit des bruits de pas à côté d'elle. Elle entendit la porte du frigo s'ouvrir, et sentit un poids s'installer à ses pieds.

« Je vois que toi aussi tu as une journée d'enfer ? »

Clarke releva juste le menton du coussin pour pouvoir répondre.

« J'espère que tu m'as pris une cuillère. »

Elle n'avait pas besoin d'en voir plus pour savoir qu'Octavia s'était glissée à côté d'elle avec un pot de glace. Clarke se releva complètement et attrapa la cuillère que lui tendait sa meilleure amie.

« On regarde quoi » demanda-t-elle en prenant une bonne part de la glace.

« Pour les journées de merde, il n'y a qu'un remède. »

« Big Bang Theory » lancèrent-elles en même temps

Elles passèrent l'après-midi à rigoler devant leur télé, espérant oublier ce qui occupait leurs pensées. Sans trop de succès. Dès qu'Octavia éteignit l'écran, le poids des évènements de la veille lui retomba sur leur cœur.

« Si tu partages ta peine, je partage la mienne » sourit Clarke.

Octavia se tourna un peu plus vers son amie. Elle savait que le sourire de Clarke s'accentuerait quand elle lui expliquerait qu'elle avait raison.

« Raven est passée ce matin… »

« Elle t'a avoué ses sentiments ? »

« Comment tu le sais ? »

« Disons qu'on a eu une conversation intéressante hier soir. D'ailleurs, il ne s'est rien passé entre nous. Je te le promets. Et je n'aurais jamais demandé si j'avais été au courant. »

« Ne t'inquiète pas, je sais. Je t'ai dit moi-même que je ne la voyais pas comme ça. Tu avais le droit de coucher avec elle. »

« Mais je ne l'ai pas fait. »

« Mais, tu ne l'as pas fait. J'ai compris. »

« C'est quoi alors le problème ? »

Octavia prit une grande bouchée d'air avant de lancer très rapidement.

« Hier soir, j'ai embrassé Raven. »

« Quoi ? »

« J'ai embrassé Raven, et il se pourrait que j'ai aimé ça plus que je l'aurais pensé. Mais, après, elle est partie pour être avec toi et je me suis sentie seule, trahie et… j'ai couché avec Lincoln. Raven l'a découvert ce matin et s'en fiche. Elle veut quand même qu'on se donne une chance. »

« Tu as embrassé Raven et couché avec Lincoln, dans les 14 dernières heures ? »

« C'est tout ce que tu as retenu ? »

« Pardon. Et alors, lequel des deux gagnent ton cœur ? »

« La facilité serait de dire Lincoln. »

« Tu vas te contenter de la facilité ? » demanda Clarke.

« Je n'en sais rien. Je… Et si on parlait de ton weekend ? »

Clarke leva les yeux au ciel et se rallongea. Elle attrapa le cousin derrière elle et l'appuya sur sa bouche pour étouffer son cri.

« Je commence par quoi ? Lexa qui m'avoue vouloir plus ou… ou ton frère frappant à la porte de chez mon père ? »

« Bellamy est en ville ? » cria Octavia.

Clarke acquiesça d'un signe de tête.

« Ok. Attrape ton manteau, on a clairement besoin de quelque chose de plus fort que la glace. J'offre la première tournée ! »

Ooo

Il y avait quelque chose de surnaturel pour Lexa. Elle avait eu plusieurs longues soirées qui avait commencé tôt en fin de journée et fini tard en fin de matinée. Mais, jamais, Ô grand jamais, elle ne s'était retrouvée toute la journée dans un bar à noyer son malaise avec un inconnu. Depuis qu'il était 16h passées et qu'elle ne comptait plus le nombre de whisky qu'elle avait bu, Lexa se sentait relativement bien. Même penser à Clarke était moins blessant depuis quelques heures. Son nouvel ami, Bell' s'avoua être un excellent compagnon de bar et un bon compétiteur aux fléchettes et au billard. Tout serait parfait s'il passait moins de temps à regarder ses fesses quand elle se penchait pour jouer.

« Et, gagné ! »

« Ça fait quoi ? 5-1 ? On arrête le massacre là ou… ? »

« Si tu veux, on se fait un match en équipe, tu auras ton moment de gloire » rigola-t-elle

« J'ai vraiment aucune chance avec toi ce soir, hein ? »

« Aucune. A part si tu possèdes une poitrine que je n'aurais pas vu ? »

« Nope. 100 % pectoraux. Mais, ce n'est pas le cas de la blonde derrière toi qui ne te lâche plus du regard. »

Lexa se retourna. Près du bar, une jeune femme d'une vingtaine d'années ne la quittait pas des yeux. Elle avait de longs cheveux blonds, et un regard clair qui ne lui rappelait que trop un certain médecin à qui elle ne voulait surtout pas penser.

« Pas mon genre. »

« Pas ton genre ? Pas ton genre ? Tu rigoles. Blonde, yeux gris, courbes parfaites, et décolleté à point. Comment ça ne peut pas être ton genre ? T'es sûre que tu aimes les filles ? »

« Ne fait pas ton abruti. Je commençais à t'apprécier. »

« Et, ça continue si je prends le premier mètre de shooter ? Il est 18h, c'est enfin une heure respectable » rigola-t-il.

« Après toi. »

Le bar se remplit à mesure que Lexa enchaînait les verres. Cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas lâchée à ce point. Elle n'avait pas à penser aux conséquences sur son entraînement vu que sa saison était quasi morte. Elle n'avait pas à se préoccuper d'Anya ou Raven parce qu'elle était enfin libre. Et, elle n'avait surtout pas besoin de garder l'esprit clair pour draguer vu que son cœur était déjà pris. Elle avait juste besoin de boire pour oublier. Ils restèrent quelques heures encore avant que Bell' disparaisse dans les toilettes. Lexa en déduit qu'il était grand temps de retrouver son lit et de mettre son cerveau en pose pour les 15 prochaines heures. Et malgré le froid de cette fin de novembre, Lexa décida de marcher sans réel but. Elle marchait dans le sens opposé de sa chambre. Elle réalisa où elle venait d'arriver quand elle reconnut l'immeuble qui se dressait devant elle. Elle avait marché jusqu'à chez Clarke. Elle s'avança vers l'interphone, et essaye de trouver le bon bouton. Elle effectua plusieurs tentatives avant de sonner au bon appartement. Personne ne répondit. Elle retenta sa chance, évitant soigneusement de composer le numéro de la vielle voisine qui lui avait criait dessus. Toujours personne.

« Merde. »

Elle voulait vraiment parler à la jeune femme. Le courage qui l'avait fui cet après-midi devant la bibliothèque l'avait frappé de nouveau. L'alcool y était surement pour beaucoup, mais Lexa sentait le besoin de vider ce qu'elle avait sur le cœur. Elle s'appuya contre le mur et se laissa glisser doucement. Elle était prête à attendre pour avoir la chance de lui dire ce qu'elle pensait vraiment.

Octavia et Clarke ne rentrèrent pas tard. Elles n'avaient jamais été de celle qui noyaient leurs chagrins dans la vodka. Leur devise était plus de tacos et moins de sentiments. Avant de rentrer pour leur marathon cinématographique de la fin de week-end, elles s'arrêtèrent faire le plein de nourriture dans leur restaurant préféré. C'est les bras chargés de sac de burritos qu'elles s'approchèrent de leur chez elles.

« Heu... est-ce que c'est Lexa qui dort devant notre porte ? »

« Oh mon dieu » pensa Clarke avant de s'avancer un peu plus.

Lexa était repliée sur elle-même, la tête endormie sur ses genoux. Clarke s'approcha doucement et lui secoua l'épaule pour la réveiller. Les yeux verts de la jeune femme mirent un instant avant de reconnaître la personne qui se tenait devant elle.

« Clarke ! »

La sportive essaya de se relever, mais ses jambes ne semblaient plus lui obéir. Elle attrapa la main que la médecin lui tendit pour se remettre sur pieds.

« Il y en a une qui s'est amusée ce soir » lança Octavia.

« Clarke ! »

Clarke ne put s'empêcher de sourire en voyant l'air émerveillé que Lexa abordait.

« Tu te souviens de ce que tu voulais me dire » demanda gentiment Clarke en posant la main sur ses épaules.

Lexa hocha la tête et se redressa le plus possible. Elle se concentra pour garder l'air le plus sérieux.

« Ma meilleure amie ? Sérieusement. Je te dis que je veux être plus qu'une de tes conquêtes et tu me repousses pour coucher avec ma meilleure amie ? »

« Lexa… »

« Qui fait ça au juste ? J'étais loin de me douter que tu avais si peu de cœur ou d'estime. »

« Tu devrais te calmer » lança Octavia.

Lexa repoussa la jeune femme qui essayait de la faire partir pour se pointer entre Clarke et la porte.

« Je croyais vraiment que tu étais différente. Tu refuses d'être avec moi par peur de souffrir, mais au final, c'est toi qui est la source de toute ma douleur. A cause de toi, je me suis disputée avec ma meilleure amie, j'ai liquidé mon loyer en alcool et je vais surement choper une pneumonie. A cause de toi. » Lexa tituba en essayant de la pointer du doigt.

« Tu devrais partir Lexa » continua la meilleure amie du médecin.

« Tu as fini » demanda Clarke.

Lexa fit non de la tête. Elle était loin d'avoir fini. Elle savait qu'elle ne contrôlait plus son flux de paroles, et qu'elle regretterait ses propos au petit matin, mais à cet instant, elle mourait d'envie de lui dire.

« Tout a commencé quand je t'ai rencontré. J'aurais aimé ne jamais poser les yeux sur toi. »

Ce coup-ci Octavia tira plus fort Lexa pour l'éloigner de son amie. Elle voyait que sa sœur luttait pour ne pas craquer devant elle. Ses yeux étaient rouges et gorgés de larmes. Elle savait que ces mots étaient durs, surtout depuis que Bellamy avait utilisé la même expression il n'y a pas si longtemps.

« O', est-ce que tu peux t'assurer qu'elle rentre chez elle sans danger ? »

Sans rien rajouter, elle ouvrit la porte et rentra chez elle.

Le trajet du retour fut plus long que prévu. Octavia ne pouvait accélérer de peur que l'escrimeuse décore l'intérieure de sa voiture. Aucune des deux ne parla durent toute la durée du chemin. Lexa car elle en était physiquement incapable, et O' pour éviter de piquer une crise sur la jeune femme qui n'était clairement pas dans son état normal.

En arrivant devant la porte du dortoir, Octavia tapa plusieurs fois sur la porte en bois. Raven, en pyjama, ouvrit. Elle sourit en voyant la jeune femme qui se trouvait en face d'elle avant de réaliser qu'elle apportait une Lexa entre la vie et la mort avec elle.

« Anya, tu peux t'occuper du déchet, s'il te plait ? » demanda-t-elle alors qu'elle sortait dans le couloir pour avoir un moment seule avec Octavia. Elle poussa Lexa à l'intérieur et referma la porte derrière elle.

« Hey »

« Hey » répondit O' timidement.

« Ecoute » commença Raven nerveuse. « J'ai tout fait à l'envers. Je sais que tu m'as demandé du temps pour réfléchir, et je comprends totalement vu comment j'ai mal géré la situation. »

« Raven, non tu... »

« Je t'ai balancé sans prévenir que j'avais envie d'être avec toi. Qui fait ça au juste ? Une relation ça se travaille. On apprend à se connaitre avant. »

« Tu me connais mieux que beaucoup de mes amis. »

« C'est bien ça le problème, je te connais et tu me connais en amie. Rien qu'en amie. Si on veut ne serait-ce qu'espérer être plus, il faut faire les choses dans le bon ordre. »

« Je… »

« Une soirée. Commençons par une soirée. Laisse-moi te subjuguer par mon talent d'organisatrice de rencard. Demande à Clarke, elle ne s'en est toujours pas remise »

« C'est moi qui ait organisé le rendez-vous avec Clarke. Et pas sûr que de parler de ma meilleure amie avec qui tu as presque couché est la bonne chose à faire quand tu espères que je dise oui."

« Touché. »

Raven attrapa les mains de la jeune fille et s'approcha encore un peu. Elle prit une bonne respiration et chercha sa partenaire du regard.

« Octavia Blake, me ferais tu l'honneur de venir à un rendez-vous avec moi ? »


Well... toujours des problèmes ?

Vous pensez quoi du Lexa/Bellamy ? J'avais envie de les faire devenir amis sans qu'aucun des deux sachent le passé de l'autre. Juste deux personnes malheureuses qui passent un moment ensemble pour oublier leur peine.

Le Clexa a du mal ? Je suis désolée.. mais depuis le début, tout était beau donc fallait remuer un peu tout ça

A la semaine pro' (ou un peu plus tard...)