Bonjour bonjour :D Oui, je sais, ça fait longtemps ! Et vous m'en voyez désolée, c'est à cause d'une montagne de travail assez soudaine et pressante, j'ai du faire passer la fiction en arrière plan. Mais me revoici, toujours fixée à mon plan ! Tout se passe comme prévu, mouahahah. Alors, comme d'habitude, je vous souhaite une bonne lecture et on se retrouve en bas !

Face au miroir, j'inspecte mes cheveux redressés en une couette haute, orientant la tête de gauche à droite pour plaquer les dernières mèches rebelles dans mon élastique, sachant pertinemment qu'elles s'enfuiront de nouveau dès que je mettrai le pied dehors. Je soupire en redressant le menton, exposant mon maquillage à l'éclairage. Ca a l'air d'aller. Refermant palettes et rangeant multiples pinceaux, je soupire et m'étire avant de quitter la salle de bains, éteignant derrière moi. Voyons, de quoi ai-je besoin ? Mon sac, c'est bon, mes clefs, c'est bon… Je sens mon portable vibrer dans ma poche arrière. Je dégaine et déverrouille.

De : Jane

N'oublie pas notre petite soirée demain soir. Je suis assez gentille pour tous vous accueillir chez moi donc ramène de la nourriture et de quoi boire, si c'est dans tes cordes.

Bisous

Je me passe une main sur le front, c'est vrai que j'avais oublié cette histoire de fête renouvelée. Pourtant j'ai appris la nouvelle hier seulement, après le départ d'Emmett de mon appartement. Ca a du s'évader de mon esprit, j'étais mentalement occupée à ce moment là.

Je jette un oeil autour de moi. Ca me frustre de ne pas avoir de photos à accrocher sur mes murs, vraiment. On dirait une pub pour Ikea, ou pire, la chambre d'un gosse sans amis. Je pourrais me risquer aux photos d'adolescence mais ça ferait de trop nombreux dégâts collatéraux, vu nos têtes à l'époque. Je sais pas comment je faisais pour avoir du succès…

Je secoue la tête, il est temps de se mettre en route. Un dernier message pour informer Alice et je quitte cet endroit, toujours pensive sur le chemin jusqu'à ma voiture.

.

Je resserre une dernière fois ma couette haute avant de toquer. Pendant les quelques secondes pesantes de silence, j'admire le perron autour de moi, sautillant à peine sur mes pieds. Finalement, la porte s'ouvre sur une Esmée toujours aussi chaleureuse, les cheveux encore plus caramels qu'avant.

- Rosie !

- Bonjour. Je souris.

Elle m'enlace puis me cède la place, et je m'engage à l'intérieur de quelques pas seulement, décidée à rester dans le périmètre de l'entrée. Je passe légèrement une main dans ma nuque, ça me gêne un peu d'être ici après avoir braillé à qui voulait l'entendre que je trouvais la famille de cette pauvre Esmée trop folle à mon goût, tout ça à cause d'un fichu pare-brise, qu'Emmett a quand même eut la galanterie de rembourser. Je finis par me racler légèrement la gorge.

- Alice est prête ?

- Bientôt, elle m'a dit de te dire qu'elle arrivait dans une minute.

Je lève les yeux au ciel, en langage Licien, ça veut dire une bonne demi-heure au moins. J'entends sa mère rire, ce qui a le don de me faire doucement sourire. Elle fait demi-tour et se dirige vers la cuisine, avant de se figer, me montrant son dos. J'arque légèrement un sourcil. Quelque chose la tracasse ?

- Rosalie ? Elle demande soudainement, d'un ton beaucoup plus bas qu'il y a quelques secondes.

- Oui ? Je tente, murmurant à mon tour.

Elle se tourne de nouveau vers moi, et l'air préoccupé placardé sur son visage me surprend. Ai-je fait quelque chose de mal ? Cette maman est décidément trop gentille pour oser me faire un reproche alors que je ne suis pas sa fille, je ne pense pas que ce soit ça. J'attends, bien qu'un pincement se fasse dans mon coeur pendant qu'elle garde le silence. Finalement, elle ouvre la bouche.

- Alice m'a parlé… D'une fête entre amis… Demain soir.

J'hoche la tête, l'incitant à poursuivre.

- Je sais que Bella y sera aussi, elles ont l'air de bien s'entendre (elle esquisse un sourire timide) alors je me demandais…

- Oui ?

- Non, j'aurais l'air stupide.

- Absolument pas ! Je suis à l'écoute.

Elle a l'air rassurée par ma franchise, et redresse légèrement les épaules avant de se lancer.

- J'aurais aimé que ma fille puisse amener ses frères avec elle ? Puisque… Le groupe a l'air uni et Edward ne sort pas beaucoup… Et puis Emmett qui s'en va, je me dis que… Une fête d'au revoir avec des gens sympathiques…

Elle détourne à peine la tête et baisse les yeux, et je dois tendre les oreilles pour l'entendre marmonner ce qui me semble être :

- Ca pourrait lui donner envie de revenir plus souvent.

J'incline les sourcils. Pauvre Esmée. Je ne sais pas si elle l'a fait exprès, dans ce cas elle mériterait un véritable oscar, mais je suis incapable de lui refuser quoi que ce soit. Et puis en soit, ce n'est pas une mauvaise idée. Je suis sûre que Jane n'en sera pas importunée du moment qu'ils amènent leur part de nourriture et boissons.

- Avec plaisir. Je lui souris. Il faudra juste amener de quoi boire et manger.

- Oh oui bien sûr ! Je comptais déjà régler ça avec Alice à la base, je n'aurais qu'à vous passer un peu plus d'argent, et vous ferez un détour par la supérette du coin pendant votre après-midi shopping !

- Ca me va.

- Oh merci Rosalie, tu es un ange.

J'ai un petit rire.

- Pour si peu.

- Je reviens, je vais chercher du liquide.

Je la suis des yeux pendant qu'elle sautille vers une destination obscure. Quel attendrissement je peux éprouver envers cette femme, ça me surprend moi-même, si peu faible la plupart du temps. Je croise les bras. En parlant de faiblesse, il serait temps que ma grande amie descende ces fichus escaliers pour me rejoindre, parce que je risque de repartir dans une colère noire si elle me fait poireauter plus d'une heure devant la porte…

- Alice ? Je braille pour qu'elle m'entende.

J'arque un sourcil en attendant une réponse. Une tête se faufile soudainement depuis l'étage, sûrement issue d'un corps plié en deux pour m'apercevoir. Je sursaute.

- Elle arrive.

- Salut Emmett. Je réponds automatiquement, prise au dépourvu.

Je grogne intérieurement en sentant une adrénaline un peu trop insolente envahir mes veines. Je dois avouer que, après la nouvelle qu'il m'ait annoncé, son départ dans maintenant deux jours, je me suis faite à l'idée qu'il n'était plus là… Un peu trop, même. Le voir pour de vrai, sa tête dans le mauvais sens et ses bouclettes défiant la gravité, me surprend plus que je ne m'y attendais. Je secoue à peine la tête, pendant que ses orbes noires ne me quittent pas des baskets.

- Salut.

- Je crois que le sang est en train de te monter à la tête. Je raille d'un sourire en coin.

En effet, tenir la tête en bas n'est pas très bon pour le cerveau, la plupart du temps. Un rire lui échappe, puis il disparaît de mon champ de vision. Sans même descendre les escaliers pour venir me voir en personne. J'hausse les épaules, il ne me doit rien après tout.

Enfin, sur une lumière divine, j'aperçois les petits pieds familiers d'une Alice en retard, mais très bien vêtue.

- J'ai cru que j'allais m'enraciner ici ! Je m'exclame soulagée.

- Il faut bien un peu de patience pour un résultat comme celui-ci.

Sur ces mots si hautains, elle saute de la dernière marche et tourne sur elle-même, pour me faire admirer le chef d'oeuvre. Je siffle.

- Pas mal. Tu comptes enlever 5 couches à chaque essayage ?

- Tu t'occupes pas de ça, blondie. Je suis très rapide quand il le faut.

- C'est ça oui.

Les petits pas d'Esmée se rapprochent de nous, et enfin elle réapparaît dans le salon, munie de quelques billets.

- Alice, prends ça, vous irez à la supérette au retour.

- Pourquoi autant d'argent ?! S'exclame cette dernière en faisant les gros yeux.

- Parce que tes frères viennent avec toi.

Elle reste béate, son regard naviguant entre moi et sa mère, avant de secouer la tête, visiblement hallucinée.

- Aucune réponse ne me vient à l'esprit. Elle lâche.

- Tant mieux, sinon on en aurait pour un quart d'heure de plus, et c'est précieux pour du shopping ! Je m'exclame en frappant des mains.

Je m'empare du bras de mon amie et nous dirige vers la sortie, pressée de grimper dans ma voiture.

- M'man, on ira direct à la grande surface des galeries, avec tout ce fric on peut se faire plaisir au lieu d'acheter des vieilles chips surtaxées !

La voix de la mère s'élève dans le fond, mais non n'avons pas le temps d'entendre la réponse, la porte est fermée. Lice compte les billets, des étoiles dans les yeux.

- A ce point ? Je ris.

- Pour de la bouffe ? Tu rigoles ? Bien sûr ! C'est le paradis !

- Si tu le dis. On peut y aller ?

Elle hoche la tête et nous nous dirigeons vers mon bolide, grimpant chacune de notre côté, et posant nos affaires sur la banquette arrière. J'attache ma ceinture et allume le moteur, avant de lever les yeux vers mon rétroviseur qui donne sur l'arrière, pour vérifier qu'il est bien réglé. Quand mon regard se décroche, il tombe sur une fenêtre grande ouverte à l'étage, et un Emmett accoudé pensivement, regardant dans notre direction, et surtout sans rien pour cacher sa pudeur au dessus du balcon qui le coupe au niveau de la taille.

Vite, j'appuie sur l'embrayage et passe la marche arrière, décidée à fuir cet endroit.

.

Je sifflote en poussant le cadis, arpentant les nombreux rayons de nourriture, perdue dans mes pensées. Raviolis, parmesan… Pas besoin de ça pour un apéro, il me semble. J'ai un petit soupir. J'ai la soudaine impression d'avoir la cinquantaine et de faire les courses pour mes gosses, dépressive sur une musique aussi nulle que répétitive que crachent les hauts-parleurs accrochés au plafond. Soudainement, mon cadis est arrêté dans sa course folle par un obstacle, ce qui a le don de m'arracher un sursaut. En me concentrant, j'aperçois Alice, la main gauche agrippée au monstre métallique et la droite tenant fermement une bouteille que je reconnaitrais entre mille.

- Que dis-tu de ça ?

- Du champagne, carrément ? Je siffle en haussant les sourcils.

- Bah ouais. Soyons folles !

Je jette un regard discret aux poches remplies de fringues qui pendent le long de nos bras.

- On en a pas déjà assez fait ?

- Rosie. Elle lève les yeux au ciel. Je suis sûre que Jane sera ravie de l'intention. On a qu'à prendre que ça, c'est toujours mieux que du saucisson !

- Eh, c'est super bon, le saucisson. J'argumente en reprenant mon chemin.

Je pousse doucement le cadis et elle se décale, glissant la bouteille à l'intérieur.

- Ca passe crème ! Elle s'exclame. On a de la bouffe à la maison, on en prendra de là. C'est une occasion pour vider tes restes.

- Miam… Tu penses que les invités aimeraient goûter ma vieille ratatouille qui moisit dans mon frigo depuis deux semaines ?

Elle glousse à mes côtés, pendant qu'un sourire amusé se dessine sur mon visage, toutes deux avançant le long d'une rangée de condiments en tout genres. Soudainement, alors que je regardais droit devant moi, le bras de mon amie se plaque sur mon torse, m'empêchant fermement d'aller plus loin. Je fronce les sourcils.

- Je peux te demander ce que tu fais ?

- Oh mon dieu ! Elle couine sans faire attention à mon indignation.

J'incline la tête en la regardant, mécontente. Pourquoi cette tête de truie ? Je tente d'apercevoir ce qui semble autant la perturber, mais je ne vois rien, à part des gens qui font leurs courses comme la plupart des individus normaux ne possédant pas de champs et fermes pour vivre en autarcie. Elle déglutit, je perds patience.

- Alice, accouche, j'ai l'air d'une conne là !

Elle tourne ses yeux alarmés vers moi, désormais le visage teinté de tâches rouges par-ci par-là, signe de grande gêne chez elle. Je suis prise de panique avant même qu'elle ne réponde.

- Il est là ! Elle glapit.

- Qui ?! Je m'exclame murmurant.

- Shhht !

Je suis attirée très rapidement hors du rayon, perdant la prise que j'avais sur mon tendre cadis, jusqu'à atterrir derrière une pile de sopalins. Je jure entre mes dents. Cette fille ne m'attire que des problèmes.

Enfin, elle pointe fébrilement du doigt bien en face de nous, et, dépassant à peine le nez des rouleaux empilés, j'aperçois l'objet du grand désarroi : un grand blond déchiffrant tant bien que mal l'étiquette d'un paquet de céréales. Je tourne vivement la tête vers la naine brune couverte de tâches pourpres, les sourcils tellement froncés que j'ai sûrement l'air d'un lion.

- Je comprends toujours rien.

- C'est mon banquier ! Elle soupire, à la fois d'agacement, d'admiration et de panique.

J'écarquille les yeux si fort et si vite que j'ai peur qu'il ne se détachent de mes globes oculaires. Ca alors ! Je me jette sur les sopalins qui tremblent sous mon poids, m'aggripant férocement pour mieux y voir.

- Le grand blond là ?

- Oui.

- Cheveux de surfeur, fesses rebondies et polo de marque ?

- Oui !

- Lui là ?

- Oui, nom de dieu combien de fois Rosalie ?

Je tourne la tête vers elle, avant d'exploser le plus silencieusement possible de rire. C'est trop pour moi, notre planque, la situation actuelle, ses joues rouges… Tout est beaucoup trop comique. J'entends qu'elle est agacée, mais je ne peux que me tenir les côtes et pleurer d'allégresse pendant la minute qui suit. Lorsqu'enfin je me redresse, et que j'essuie mes joues humides, elle me tire la manche. Je sens ses mains moites.

- Je fais quoi ?!

- Bah, tes courses. Je réponds d'une nonchalance déconcertante, bien que secouée d'un rire sur le dernier mot.

- Rosie !

- Mais quoi ? T'as pas le choix ! Et puis c'est cool, il va peut-être t'aborder.

- Hah. Hah. Hah. Elle articule.

- Tu es d'un cynisme… Bon, je retourne au cadis moi !

Un coup de cheveux, un redressement d'épaule, et me revoilà partie. Je l'entends paniquer derrière moi, ce qui m'amuse encore plus, car j'adore me délecter de son malheur. Tout aussi sereinement, je reprends possession de mon cadis et continue de longer les rayons, approchant dangereusement du pauvre banquier victime de nombreux fantasmes sûrement loufoques de mon amie, toujours cachée derrière son sopalin. Elle va bien se décider à sortir un jour. Et elle n'a pas le choix, car je m'applique à rester dans le périmètre du blond, qui n'a probablement pas remarqué qu'une fille pas nette le suivait depuis quelques instants.

C'est lorsque nous ne sommes qu'à un mètre l'un de l'autre, lui admirant des conserves et moi fixant un panneau publicitaire depuis une minute, qu'elle émerge de sa cachette, sortant du rayon d'à côté comme si de rien était.

- Rosalie, j'ai pas trouvé de fromage.

Je la considère un instant pendant que dans ses yeux se lit la prière d'une femme en détresse, qui avait seulement besoin d'une excuse pour trouver quoi dire en sortant d'un rayon de produit laitier. Avec un calme olympien et sans même esquisser un sourire moqueur, j'hoche la tête.

- Tant pis, je me doutais qu'on trouverait pas celui que j'avais goûté la dernière fois. J'enchaîne, jouant le jeu.

Ses épaules s'affaissent légèrement et je sens qu'elle est soudainement beaucoup plus détendue, jusqu'à ce qu'une voix rauque et traînante ne retentisse dans mon dos.

- Alice ?

J'écarquille les yeux et, profitant du fait qu'il ne voit pas mon visage de son côté, j'esquisse un gigantesque sourire à mon amie qui est de nouveau prise de panique. Je tente tant bien que mal de lui faire des signes avec mes yeux, lui ordonnant d'aller lui parler, pendant qu'elle reste plantée là à ne rien répondre. Finalement, je me retire d'entre ces deux-là, et pars sans un mot de plus. Hop, jeter son amie dans la fosse aux lions, c'est fait ! Elle me remerciera plus tard.

Guillerette, je sautille vers les caisses, sortant les billets de ma poche. Qu'est-ce que j'adore faire des bonnes actions !

.

- Ridicule. Je soupire verre à la main, avant d'aspirer une gorgée.

- Tu m'étonnes ! Glousse Jane à mes côtés.

Pendant quelques instants, elle n'arrive même pas à boire tant mon récit l'amuse. Puis, elle finit par se ressaisir et arranger ses cheveux, pour reprendre contenance.

- Et comment ça s'est fini ?

- Plutôt bien. J'hausse les épaules. Discussion banale entre deux personnes faisant leurs courses, quoi.

- Nom de dieu. Elle rit légèrement en secouant la tête. Je connais à peine cette fille, mais elle me vend déjà du rêve. Où est-elle, d'ailleurs ?

- Je l'ai déposée chez elle pour qu'elle se prépare (encore) et qu'elle vienne en même temps que ses frères.

- Oh, d'accord.

Je bois légèrement dans mon cocktail tout frais en balayant l'appartement de mon amie du regard. Spacieux, moderne… Et très peu souvent vide, pour être honnête.

- Tu as un copain en ce moment ? Je demande presque aussitôt.

Elle explose de rire, et j'arque un sourcil, loin d'apprécier qu'on se moque de moi de la sorte.

- Pauvre Rosie…

- Quoi ? Je demande sèchement.

- Rien, oublie. Elle hausse les épaules. Enfin, tu sais très bien que je suis pas prête de me mettre aux choses sérieuses…

- Ouais, je sais pour ça. Et, je me permets de te dire que je trouve ça complètement naze. J'ajoute en finissant mon verre.

- Pardon ?! Elle s'indigne. Toi, Rosalie, tu me dis qu'éviter les choses sérieuses, ça craint ?

- Eh ouais. Figure-toi que, contrairement à ce que tu penses, je ne suis pas d'avis qu'il faut absolument éviter les relations juste parce qu'on en a eut une bien pourrie. Bon alors certes, je ne me suis pas jetée dans les bras d'un garçon depuis un an, mais ça ne veut pas dire que je n'ai pas cherché de stabilité… En plus tu es complètement hypocrite, puisque je sais que tu vois quelqu'un.

Ses joues flanchent au rouge.

- Et comment tu sais ça ?

Je la regarde un instant l'air tellement blasé que j'ai peur que mon visage ne se fige comme ça à tout jamais, avant d'inspirer.

- Parce que tu es aussi discrète qu'une femme enceinte.

Elle ouvre la bouche pour répliquer, mais je la devance d'un regard noir avisé, ce qui lui fait baisser la tête. Finalement, elle redresse le menton.

- C'est pas pareil. On est pas ensemble.

- Oui. Je lève les yeux au ciel. Encore un de tes principes étranges, "on est amis voir plus si affinités mais rien de sérieux même si on veut se voir tous les vendredi soir en amoureux", ou, quoi encore, "non mais je l'apprécie pas mais j'aime qu'il m'apprécie donc je vais à des rencards voir plus histoire de me sentir désirée"...

- Rosalie ! Quelle insolence !

- Pardon. Je glousse.

Elle soupire, agacée.

- Je fais ce que je veux, t'es personne pour me catégoriser comme t'aime bien le faire.

- Je ne…

- Tais-toi, tu m'agaces. Rien que pour te prouver que tu as tort, je serais capable de me taper n'importe qui ce soir.

- Comme la fille au lycée, qui couchait avec son frère ?

- Rosie ! Elle grimace. T'es complètement dingue. Et tu évites le problème juste parce que tu sais que tu as tort, et que je peux te le prouver.

- Cause toujours. Je lève les yeux au ciel.

Je dois avouer que ça me manquait un peu, les discussions agitées avec Jane. Je n'ai jamais su si nous étions copines ou amies par pur sarcasme. D'ailleurs, en ce moment même, elle chavire vers l'ignorance, en me boudant la tête tournée ailleurs. J'ai un petit sourire attendri, dans deux minutes, elle me saute dessus avec un nouveau potin…

- Eh !

Oh. Plus rapide que prévu.

Je baisse les yeux vers sa main agrippée à mon bras, avant de la regarder elle, éblouie par quelque chose qui se passe plus loin.

- C'est qui ça ?

Je tourne immédiatement le menton vers où elle désigne de son bras. L'entrée, avec Edward enlaçant déjà Bella, peu intéressant, Alice qui pose sa grosse bouteille achetée en ma compagnie plus tôt dans la journée, pourquoi pas, et un Emmett charmant qui jette des regards autour de lui avec un air plutôt coincé, définitivement intéressant. Mais pas pour Jane.

- C'est qui le grand brun ? Elle insiste en me secouant le bras.

Eh, j'ai dit pas pour Jane ! Vous m'écoutez, là-haut ? Sérieusement, qui gère l'administration du Karma, parce que j'aurais deux trois mots à lui dire. Je lâche un soupir plus bruyant que prévu.

- C'est le frère d'Alice.

Elle plisse les yeux en ma direction. Je sens mon corps se tendre légèrement sous la pression. Pitié...

Elle finit par me lâcher le bras.

- Non mais je rêve !

- Quoi ? Je demande aussitôt.

- Tu m'avais rien dit !

- A propos de quoi ?

Elle croise les bras, et c'est à son tour d'avoir l'air blasée.

- Prends-moi pour une idiote.

- C'est pas ce que t'es ? Je réponds en m'emparant vite fait d'un nouveau verre.

- Rosalie, ma Rosalie, un nouveau béguin !

Je serre les dents et siffle de la manière la plus menaçante qui soit.

- Tais-toi immédiatement avant que ta dernière vision ne soit ma tête enragée et que du verre pilé n'atterrise dans tes yeux.

Eh. Pas mal, on dirait que j'ai retrouvé du poil de la bête. Elle déglutit et lève les mains au ciel, je soupire. Forcément, si je me comporte comme ça, elle va se faire des films. Mais moi, il faut me caresser dans le sens du poil, pas me prendre au dépourvu comme ça. Béguin de rien du tout, je le connais pas ce type. Je le connais pas, et il a pété mon pare-brise ! J'aimerais remonter le temps et revenir à notre séance de boxe, histoire de lui administrer un beau K.O de revanche.

Tout doux, tout doux.

- D'accord je te crois.

Elle aurait pu finir avec "pas" que la phrase aurait eut le même sens. Je lève les yeux au ciel.

- On s'est parlé cinq fois, à tout péter.

- Et alors ?!

- Il part dans une montagne pour s'occuper d'ours dans trois jours ! J'hausse le ton.

- Oh. Elle écarquille les yeux. C'est problématique.

- Un peu, oui !

- Ah-ah ! Tu avoues !

- Je n'avoue rien du tout ! Je ne veux rien ! Alors fiche-moi la paix sinon…

- Coucou les filles !

Oops, Alice aurait pu entendre la phrase de trop, et s'imaginer à son tour que j'aurais des vues sur son frère. Code d'amitié, on ne sort pas avec les frères des amies ! Peu importe si je n'ai moi-même pas respecté ce code durant mon adolescence, peu importe. Laissez-moi me conforter dans mon propre malheur.

J'affiche le sourire le plus grand et le plus hypocrite que mon visage est capable de supporter, avant de reprendre une conversation imaginaire.

- Et je disais donc que mon appartement avait une très belle vue et que c'était une des raisons principales de mon achat.

- Waw. Dit Jane d'un ton pas du tout emballé, hochant la tête très lentement.

Discrètement, je lui fais comprendre d'un regard qu'un seul mot de travers, et elle est achevée. Elle reste soudainement bien sage.

- C'est passionnant en effet ! Jane, je t'ai ramené du champagne.

- Sérieux ? C'est génial, merci ! J'adore ça !

- Qui n'aime pas ?

- Ma mère.

- Ah. Oops, j'essayais d'être rhétorique. Bon bref, Rosie tu viens avec moi deux minutes ? J'aimerais te dire un mot.

Mon sang ne fait qu'un tour. Parler de quoi ? Elle a entendu quelque chose ? Oh mon dieu, pitié, non ! Quel embarras ! Et qu'est-ce que je vais lui dire quand elle va me demander si les rumeurs sont vraies ?!

J'avance lentement derrière elle, quittant Jane qui paraît aussi paniquée que moi. Normalement, en toute logique, Lice ne devrait ne rien avoir entendu… Normalement. Je prie pour que les lois de la physique ne lui aient pas donné d'oreilles supersoniques, sinon, sinon je suis dans le pétrin…

La petite brune m'attire dans un coin et reprends, parlant plus bas.

- Edward est déjà avec Bella et les autres, il s'en sort bien. Mais j'aimerais que tu gardes un oeil sur Emmett, parce que niveau connaissances là, il n'en est pas à son meilleur score… Tu peux m'aider à l'incruster dans les discussions ?

Mon coeur bondit de joie quand, enfin, le destin me réserve une bonne surprise. Elle n'a rien entendu ! C'est parfait ! Et puis, j'ai une excuse pour faire la conversation au grand brun. C'est triste, puisqu'il repart dans deux jours à peine, mais bon… Il va bien revenir un de ces quatre. En tant qu'ami, bien sûr, il serait enrichissant de l'avoir sous la main.

Enrichissant. Non mais regardez-moi ça. Crache ma propre conscience.

Que je décide fermement d'ignorer, reprenant une gorgée d'alcool pendant qu'Alice fait demi-tour. Avant de s'intéresser à d'autres conversations, elle pivote légèrement vers moi, et murmure si bas que j'ai peine à entendre :

- D'ailleurs si Emmett te plaît c'est pas grave, ça lui donnerait peut-être une raison de rester.

Mon coeur explose dans ma poitrine.

Boom. N'hésitez pas à me donner votre avis en commentaire, ça me fait toujours aussi plaisir, et je les ai bien entendu tous lus dans la seconde où ils ont été postés, mais je ne réponds que malheureusement maintenant.

Merci à Gwen Who, encore ! Ca me fait très plaisir de voir que tu continues de lire, et que tu as des critiques constructives. Alors, le but du chapitre était d'être intéressant, donc pour le moment ça va, j'arrive à mes fins ! Pour ce qui est de la "famille de tarés", c'est bien Rosalie et Emmett qui le pensent, Rosalie le crie et Emmett est mentalement d'accord. Je dirais que c'est surtout leurs points de vue personnels, Rosie est très énervé sur le coup et Emmett se sent très souvent étranger par rapport à ses liens du sang, voilà pourquoi j'ai utilisé cet adjectif, si on veut, pour les mettre d'accord sur une chose. Pour autant, le problème des disputes arrive à tout le monde et n'en fait pas une famille de psychopathes, c'est clair !

Ce qui est intéressant dans le chapitre d'aujourd'hui (oui je me fais un peu de pub je suis du genre commerciale) c'est que, si le précédent se finissait sur une touche assez triste, celui-là ne parle absolument pas du problème de Rosalie ni de sa "dépression", alors qu'on est de son point de vue. Et je l'ai fait exprès, puisque ça montre son adaptation selon les moments, ce qu'elle cache aux autres voir à elle-même c'est-à-dire ses problèmes tout ça tout ça. Vous en apprendrez plus... plus tard ;) mais bientôt c'est promis.

Donc j'espère que mon approche te plaît ! Et que tu ne seras pas déçue par les explications du vécu de notre blonde. Merci encore pour tes reviews, elles m'aident à avancer. A très bientôt !

Puis, un grand merci à Une inconnue ! Ne t'en fais pas pour le retard, tu vois moi aussi ça m'arrive :D Une Rosalie au crâne dur, c'est ça qu'on aime. Moi aussi j'ai bien aimé décrire la scène du pare-brise, je trouvais ça à la fois drôle et assez puissant comme image, de quoi faire péter les plombs à notre mécano ;) Ooops, pardon pour ta santé ! (mehehe tu n'as pas fini de souffrir, pauvre victime) En effet, que de solutions, que de théories ! Et bien le jour J se rapproche, tu sauras enfin la réponse ;) avant d'être déchirée par de nouveau dilemme. J'adore mon métier, même si ce n'est pas un métier je l'adore quand même ! Encore merci de suivre ma fiction ! On se revoit au prochain chapitre !