Et enfin, la soirée ! Enfin, une partie. Fuery va encore passer inaperçu. C'est vrai, ça, tout le monde s'en fiche de lui, personne ne le remarque… Je n'y avait pas fait attention… Pardon Fuery…
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-C'est bon je suis prêt !
Fuery sortit de sa chambre. Il portait une chemise gris clair et un pantalon de costar assorti. Mustang ricana.
-Tu es ridicule.
-C'est facile pour vous… toi ! Tu n'as qu'à porter un costume militaire -ce que tu as d'ailleurs fait- et c'est bon !
-Mais moi peu importe, mettre une chemise ne me rends pas ridicule.
-Sauf que tu as préféré mettre un costume militaire. Parce que ça va mieux avec ton caractère de dragueur arrogant ? (Oulà, je viens de m'en rendre compte mais il prend de l'assurance, le petit Fuery ! Trop de temps passé avec Riza, peut-être ?)
-Dragueur arrogant ?! Tu…
-Ça suffit, arrêtez donc de vous disputer, on dirait deux enfants !
Riza venait d'apparaître à l'autre bout du couloir. Les deux hommes restèrent bouche bée. Sa robe à mi-chemin entre le vert impérial et sinople épousait ses formes mais laissait suffisamment de place à l'imagination. Reposant sur ses hanches, une ceinture qu'on aurait dit de lierre. Autour de son cou, une chaîne reliée à un pendentif qui ne la quittait jamais, une pierre aux reflets chatoyants enserrée d'or (Une œil-de-faucon, pour ceux qui connaissent un petit peu. Et c'est pas fait exprès. J'ai vu une pierre comme ça, je me suis dit que ce serait parfait pour Riza et après j'ai regardé son nom. Euh… cette parenthèse est trop longue, en plus c'est pas trop dans mes habitudes d'interrompre l'histoire pour faire des commentaires, comme ça. Je vais me taire…). Elle portait également des boucles d'oreilles et une bague magnifiques, faites d'une aquarelle enfermée dans un globe de verre. Le tout associé à sa blondeur et ses yeux caramel lui faisait ressembler à une déesse de la forêt.
-Euh… Ah… Euh… Enfin… Euh, je… Euh…
Vous l'aurez aisément deviné, c'est Mustang qui vient de parler. Enfin, d'essayer de parler. Il était totalement hypnotisé. Fuery aussi, d'ailleurs. Qui ne le serait pas ?
-Bon, eh bien, je suppose que je n'ai pas besoin de demander si ça vous plaît, se moqua-t-elle. Vous êtes prêts ? Parfait, allons-y.
Elle passa devant les deux militaires médusés et charmés et descendit au rez-de-chaussée.
Arrivés devant l'école, Riza s'arrêta et prit une grande inspiration. Elle sentit une main se poser doucement sur son épaule. Monsieur Mustang était là, il comprenait et la soutenait. Il veillait sur elle. Tout irait bien. Elle lui sourit et passa le portail.
A peine entrée dans le hall, tous les regards se tournèrent vers elle. Elle déglutit. A Komaki, quand elle était le centre de l'attention, cela n'augurait rien de bon.
-Tiens ! Voilà Hawkeye. Tu ne pouvais pas rester chez toi, loin ? C'était très bien comme ça.
Aiko Hayashi. Celle qui avait le plus malmené Riza, après Takiko Maeda. Ses longs cheveux bruns coiffés en chignon pour l'occasion, ses yeux lavande, son maquillage noir, assorti à sa robe, son rictus méprisant, Riza détestait tout chez cette femme. Démangée par l'envie de lui lancer une pique bien sentie, elle dût néanmoins se taire, pour rester dans son rôle. Alors, elle se contenta de baisser les yeux et d'aller se poster à un endroit où elle pourrait facilement surveiller les deux sorties. Mustang tenta de la suivre, mais fut intercepté par les dindes.
-Roy !
-Tu te souviens de moi, n'est-ce pas ?
-C'est moi, Nachi Aoki !
-Rooooooy, pourquoi tu m'as quittée ?!
-Roy !
Submergé, Mustang adressa un regard malheureux à Riza, la faisant sourire. Fuery la rejoignit.
-Wow, il y a encore plus de filles qu'hier ! Je ne savais pas que c'était possible.
-Déjà qu'il était très convoité il y a quinze ans, alors maintenant qu'il est célèbre…
-Oui, c'est sûr…
Kain jeta un coup d'œil autour de lui et remarqua que presque tous les hommes de la salle regardaient Riza. Ceux qui ne venaient pas de Komaki la fixaient ouvertement et ceux qui, au contraire, en venaient lui lançaient des coups d'œil discrets. Ils semblaient ne pas comprendre comment Riza Hawkeye, la fille du cinglé qui habitait dans la forêt, la fille dont ils s'étaient toujours moqués, qu'ils avaient parfois même tabassée, avait pu s'être transformée à ce point pour devenir aussi splendide. Une voix joyeuse retentit soudain derrière les deux militaires.
-Hey, Riza !
Lorsque celle-ci se retourna, Yuuma, puisque c'est lui, se figea.
-W… Waouh, tu es… sublime… murmura-t-il.
-Merci… Ton costume te va très bien.
Yuuma rougit légèrement.
-M… Merci…
Assailli par ses fans, Mustang gardait toutefois un œil sur Riza et voyant s'approcher Yuuma, il grinça des dents et se fraya un chemin vers sa chère subordonnée. Il était sans doute un poil possessif, mais c'était plus fort que lui, il ne supportait pas de la voir sourire à l'autre con qui lui faisait un numéro de charme, il était trop jaloux. Si l'agacement se lut dans les yeux de Yuuma lorsqu'il vit son rival, ce fut du soulagement qui apparut dans ceux de Riza. Parce que Fuery, qui n'a aucune présence dans ma fanfic, ne l'aidait pas beaucoup…
-Yuuma…
-Roy…
Les deux prétendants de la colonelle se toisèrent sans aménité. Ils avaient abandonné les masques. Roy attrapa Riza par la taille et s'éloigna, suivi par le regard haineux de son adversaire et celui, surpris, de Fuery.
-Merci, souffla Hawkeye. Il me met de plus en plus mal à l'aise.
-C'est bien pour ça que je suis là, sourit Mustang. Je ne te laisserais pas entre ses pattes, je suis sûr qu'il est à moitié fou.
-A moitié seulement ?
Ils se sourirent. Ils étaient heureux de pouvoir enfin se parler comme avant, de retrouver leur ancienne complicité, sans tout risquer. Les lois de fraternité n'avaient été abolies que peu de temps auparavant, pendant une mission délicate, alors cela n'avait pas été leur priorité première. Puis ils étaient venus à l'Ouest et étaient tombés sur l'affaire Komaki.
-Eh bien, soupira Riza, j'ai l'impression que le tueur ne sera pas le seul à me prendre pour cible…
Mustang la regarda d'un air interrogatif. Pour toute réponse, elle promena son regard sur ceux, assassins et fixés sur elle, de toutes les soupirantes de Roy. Celui-ci sourit.
-Eh bien quoi ? Il est normal qu'elles soient jalouses d'une femme qui a toutes les qualités qu'elles n'ont pas.
-Toutes les qualités ? Rien que ça…
-Bien sûr ! Tu es superbe, intelligente, forte, drôle -quand tu décides de l'être…
Riza lui envoya un coup de coude dans les côtes. Il ne se perturba pas et continua :
-… gentille, calme, modeste, patiente… Je pourrais continuer comme ça pendant des heures, mais nous n'avons pas des heures, alors je m'arrête là.
Elle fit une moue dubitative.
-Mouais… Dites ce que vous voulez, en attendant, elles sont jalouses parce que vous me tenez par la taille…
-Tant pis pour elles.
Riza lui sourit joyeusement. Un sourire qu'il n'avait pas vu depuis des années, et qu'il était fou de joie de voir à nouveau. Un grand bruit attira leur attention. Itsuki Satô, debout sur une scène entama un ennuyeux discours. Il commença par dire à quel point il était heureux de voir que tant d'anciens élèves avaient répondu à son appel. La colonelle grimaça, se rappelant qu'elle n'était au courant que parce que Yuuma lui avait envoyé une lettre pour la prévenir et la supplier de venir. D'ailleurs, elle n'y pensait que maintenant, mais comment avait-il eu son adresse ? Heureusement qu'elle n'habitait pas dans les quartiers militaires, son ex-petit ami aurait eu un choc… Quand elle était partie, il y a quinze ans, elle ne lui avait pas dit pourquoi elle partait. Elle sortit de ses pensées et se reconcentra sur le discours de l'ancien directeur, qui évoquait l'école telle qu'elle était vingt ans auparavant.
-Le bâtiment était tout aussi beau que maintenant, voire même plus. Sans vouloir vous offenser, M. Ogawa, je ne doute pas de vos capacités.
L'actuel directeur hocha la tête, ne l'ayant pas mal pris. M. Satô reprit :
-Effectivement, je dois avouer qu'il y a un parasite dont nous n'avons pu nous débarrasser que tardivement, mais il est bien parti.
Un ricanement moqueur parcourut la salle à l'évocation de Riza, qui serra les dents et s'empêcha de signaler sa présence et de répliquer. A côté d'elle, Roy fit un effort surhumain pour ne pas bondir et assommer ce stupide vieillard.
-Mais si je vous ai tous conviés aujourd'hui, c'est pour que vous présentiez vos carrières et inspiriez les jeunes élèves. Je vais donc vous appeler un par un et vous laisser parler. Reika Fujii.
Une femme d'une trentaine d'années monta sur la scène. Une longue tresse rousse tombait sur son dos et ses yeux cobalt, maquillés du même vert pomme que sa robe, si moulante qu'on eut dit une seconde peau, brillaient. Riza se souvenait bien d'elle. Son insulte favorite était « plus stupide qu'une pomme de pin ». Hawkeye le savait bien, pour l'avoir si souvent entendue.
-Bonjour à tous ! Comme M. Satô vient de le préciser, je me nomme Reika Fujii. Après avoir terminé ma scolarité ici, je suis restée quelques années puis je suis partie dans le Sud, pour devenir journaliste. Aujourd'hui, je publie régulièrement des articles dans le Sausumagajin…
Les anciens élèves se succédèrent, clamant fièrement leurs métiers, plus ou moins intéressants aux yeux des actuels élèves, puis arriva la dernière.
-Ayumi Hirano.
Une petite femme brune apparut. Ses yeux noisette exprimaient son inquiétude et sa voix n'était pas très sûre.
-Heu… B-bonjour, je suis Ayumi Hirano, je vis actuellement à Central, où je suis… écrivaine de fanfictions… C'est-à-dire que j'écris des nouvelles, qui sont… inspirées de livres. Le Sentorarumagajin publie parfois mes récits…
La pauvre semblait terrifiée devant les cinq-cents personnes amassées devant les tréteaux. Elle n'avait jamais été à l'aise pour parler devant les gens, car elle était très timide. Elle avait été dans la classe de Riza pendant trois ans.
-C'est… C'est un métier qui me permet de vivre et de faire ce qui me passionne, alors je… j'en suis très contente.
-Tu n'as rien d'autre à dire ?
-Heu, n-non…
-Très bien, merci d'avoir partagé ta passion avec nous. Bien, maintenant que tous les élèves sont passés…
-Attendez monsieur !
Tout le monde se tourna vers Kazuki Murata, qui venait de parler. Il arborait un sourire hautain.
-Pourquoi ne pas écouter Hawkeye ? Je suis sûr que sa vie est passionnante…
Le hall fut secoué d'un nouveau ricanement. Riza, dans son rôle, se recroquevilla légèrement sur elle-même.
-Quoi ? Elle… est ici ?
L'exaspération se peignit sur le visage de Satô.
-Eh bien ! Si elle a réussi à faire quelque chose de sa vie… Pourquoi pas ? Riza Hawkeye.
Cette dernière se redressa, inspira profondément et avança vers les planches. Malgré le mal qu'elle se donna pour ressembler à celle qu'elle était autrefois, son regard et sa posture étaient fiers, sa voix ne vacilla pas.
-Bonsoir à tous. Après avoir fini, à mon grand bonheur, ma scolarité à Komaki, je suis restée deux ans, puis je suis partie à New Optain, où j'ai complété mes études. Je suis ensuite venue à East City, où j'habite désormais, et où je tiens un commerce.
Un commerce de friandises. C'est ce qui avait été convenu. Riza avait un peu rechigné mais un ordre de Roy l'avait fait taire. Aaaah, l'abus de pouvoir… C'est plus fréquent qu'on ne le pense… En tout cas, tous restèrent bouche bée. De un, ils la sous estimaient clairement et ne la pensaient pas capable de tenir un commerce, et de deux, son assurance les sidérait. Mustang, lui, était ravi. Même si son aplomb tranchait complètement avec le caractère timide et réservé, limite craintif qu'elle était censée avoir, la voir les remettre à leur place avec sa subtilité coutumière était génial. Il buvait du petit-lait. Riza aussi. En parcourant la salle du regard, elle fut enchantée de voir leurs regards stupéfaits. Elle relégua dans un coin de sa tête le fait qu'elle mettait sa couverture à mal et savoura ce moment.
-Bonne soirée.
Et elle descendit de scène pour rejoindre le général.
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IMPORTANT
Si les boucles d'oreilles et la bague de Riza vous intéressent (et même si ça ne vous intéresse pas), sachez que ça existe et que c'est en vente sur oliviaquarelle. C'est vraiment magnifique, je vous conseille d'aller voir. C'est une amie de mes parents qui fait ça, et je lui fais de la pub parce que son travail le mérite vraiment. Voilà voilà ^^
Sinon, revenons à la fanfic. Oui, la lettre du chapitre 7, celle que Riza montre à Mustang est de Yuuma. Et oui c'est inquiétant qu'il ait eu son adresse…
Sinon, comment vous trouvez l'expression « plus stupide qu'une pomme de pin » ? Moi je trouve ça… stupide… Stupide mais amusant. Parce que c'est ridicule. Hmmm… J'ai bien peur de n'avoir que 5 ans d'âge mental… Bref…
J'oublie toujours de le dire (de l'écrire) mais n'hésitez pas à laisser une review ! Pour me dire que ma fic est une merveille, que je suis un génie, que je suis parfaite… Mais ce ne sont que des exemples ! Il existe des synonymes.
Non, plus sérieusement, moi ça m'encourage beaucoup à continuer, d'avoir votre avis, de savoir si ça plaît, d'écouter (de lire) vos remarques et suggestions pour que la fanfiction s'améliore… Même si vous n'êtes pas doués pour écrire des reviews. Je comprends très bien les trucs pas clairs. Sans doute parce que je ne suis pas si saine d'esprit que je n'aimerais le croire, mais peu importe. Merci si vous laissez une review, merci même si vous n'en laissez pas, vous avez tout de même eu la patience de lire ma fic jusqu'à au moins ce chapitre.
Oh là là, mais je deviens bavarde, moi !
