Titre : Tout Accepter De Toi

Résumé : Shikamaru reçoit enfin sa première déclaration d'amour… de la part d'un garçon.

UA / OOC / Yaoi / Rating M / Lemon

Disclamer : Remercions Kishimoto-sama.

*Kisu*


Pour les couples (certains sont juste reportés): Sai/Shikamaru, Neji/Naruto, Sasuke/Karin, Sasuke/Hinata, Gaara/Sakura, Gaara/Ino, Sai/Kimimaro, Sai/Shikamaru/Genma, Tobi/Deidara, Yoshino/Shikaku, etc.

Je ne tiens pas compte du rapport seme/uke dans la mention des couples ci-dessus.


Coucou tout le monde! Alors juste pour vous dire (à ceux qui ne lisent que cette fic là bien sur) qu'il n'y aura pas de poste de 'Tout Accepter De Toi' avant l'année prochaine, le 07 Janvier 2011. Et oui, le 24 et 31 Décembre 2010 seront dédiés à deux autres fics (OS) pour les fetes. En attendant voilà le chapitre 09! J'espere qu'il vous plaira! ^^ Enjoy et review it! Bizbiz, Nana Nara. (Et bonne fêtes de fin d'années à ceux qui ne me lise que pour cette fic! ^_^)


Merci Saeko pour ta bêta ! :)


-CHAPITRE IX-

J'ai pris ma décision aujourd'hui, je ne dois plus voir Sakon, je ne peux pas rester dans la même ville que Sai et je n'ai nulle part où aller. Rentrer chez moi est la meilleure chose à faire.

Le lendemain vers dix-neuf heures nous nous retrouvons tous dans une suite louée par Gaara spécialement pour la soirée. Nous arrivons les premiers. Je me sens mal, Naruto et Neji rayonnent de bonheur et Hinata trépigne de retrouver son petit ami. J'espère que ma présence ne va pas gâcher la soirée de Sai.

La suite dans l'hôtel est immense, elle doit être à peu près aussi grande que l'appartement de Neji. Nous sommes accueillis par notre ami que nous n'avons pas vu depuis notre diplôme en décembre. Il nous prend chacun notre tour dans ses bras, sauf Hinata qui s'est cachée derrière Neji au moment où il arrivait bras grands ouverts vers elle.

Je suis le dernier qui a droit à un « câlin ». Il est obligé de se hisser un peu sur ses pieds vu que je suis plus grand que lui et il noue ses bras à mon cou. Il en profite pour me parler.

-J'ai appris pour toi et Sai. Tu peux venir chez moi à Konoha quelques jours, ça te fera du bien.

-Merci je vais y réfléchir.

-Bien ! Allez venez je vais vous présenter.

Nous entrons un peu plus et apercevons trois personnes assises sur de grands canapés en cuir noir. Une fille blonde avec de grands yeux verts, ce doit être la sœur ainée de Gaara, Temari. Un garçon brun un peu plus âgé que nous, assez musclé et vraiment pas mal, ils ont des traits commun de visage avec Gaara, ce doit être Kankuro sont grand-frère. Et il y a aussi un… ? Une ? Je pencherais pour un homme vu les vêtements que la personne porte mais son visage est très féminin. Gaara m'avait dit qu'ils venaient avec leur oncle donc il serait logique que ce soit celui-ci.

Ils se lèvent et Gaara nous les présente.

-Voici ma sœur Temari, mon frère Kankuro et notre oncle Yashamaru. Il ne restera pas je vous rassure, il a des choses et des gens à voir.

Yashamaru nous sourit gentiment et nous dit que de toute façon il n'a pas grand intérêt à rester ici. Je trouve son regard noir quand il se tourne vers Gaara, mais ça n'a duré qu'une seconde à peine, j'ai dû me tromper.

Le grand-frère de notre ami emmène son oncle à part pour lui parler. Il a l'air assez énervé, je ne me suis peut-être pas fait tant de films que ça. Je m'approche de Gaara pour lui demander s'il y a un problème avec son oncle mais nous sommes interrompus par les derniers « convives » qui arrivent.

Sai est accompagné de Sasuke mais je ne vois que le premier. Il est magnifique ce soir, il a mis une chemise noir sur un jean de la même couleur. Je me demande si il l'a fait exprès, il sait que j'adore quand il s'habille tout en noir. J'ai tellement envie d'aller le voir, lui parler mais à peine nos regards se sont croisés qu'il est parti dans la direction opposée.

Je regarde vers l'endroit où sont partis Kankuro et Yashamaru, je crois qu'ils sont sur le balcon, j'aimerais qu'ils finissent vite car j'ai une furieuse envie de me fumer une cigarette ! Je suis stressé, je sais que j'ai bien ma lettre pour Sai dans la poche arrière de mon jean mais j'ai peur de la perdre ou pire qu'il ne veuille pas l'accepter et la déchire devant mes yeux.

Je suis tellement perdu dans mes pensées que je ne vois pas Sasuke qui passe plusieurs fois sa main devant mes yeux avant de me secouer par le bras pour me montrer qu'il est là. Je lui sers la main en m'excusant et lui propose d'aller fumer une cigarette avec moi. Le frère et l'oncle de Gaara sont enfin rentrés.

-Je ne fume plus, Hinata n'aime pas trop ça, mais je veux bien t'accompagner.

Je souris en secouant la tête. Sasuke doit être complément mordu d'Hinata pour réussir à arrêter de fumer pour elle. Sai a eu beau me le demander plein de fois, je ne l'ai pas fait pour autant.

Nous allons sur le balcon où nous avons une vue magnifique sur Tokyo toute illuminée. Je m'accoude à la rambarde de pierre et Sasuke se pose dos à celle-ci, son visage tourné vers moi.

-Tu sais que tu as fait une belle connerie.

-Je sais.

-Pourquoi t'as fait ça ? T'avais tout pour être heureux avec Sai. Surtout que d'après ce que j'ai entendu, ce mec-là, Sakon, c'est pas un top canon. Alors ne me sors pas que c'était physique entre vous, avoue au moins que tu as des sentiments pour lui.

-NON !

Je l'ai fait sursauter. Je suis tourné vers lui, en colère, il lève ses mains devant lui pour me dire de me clamer, qu'il me croit.

-Je n'ai aucun sentiment pour lui ! C'est…

-Sois honnête.

-J'ai voulu me venger de Sai je crois. Je… Je pense qu'il ne m'a pas dit toute la vérité par rapport à Haku.

-Ah… ça. J'en sais rien moi, mais très franchement je ne pense pas qu'il y ait plus que ce qu'ils ont fait.

Comment ça ce qu'ils ont fait ? Il y aurait eu plus que ce que Sai m'a dit ?

-Tu sais quoi sur ce qu'il s'est passé entre eux ?

-Bah ils se sont embrassés, non ?

Je soupire de soulagement, enfin pour le moment, car je dois bien avouer que j'ai vraiment des doutes sur Haku. Ou alors j'essaie de m'en convaincre pour me déculpabiliser.

-Shika ?

-Hein ?

-Mais où tu as la tête ce soir ? Je comprends que tu sois pas bien mais pense un peu à Sai s'il te plaît ! C'est toi qui as fait une connerie ! Fais ton possible pour le récupérer parce que si tu ne fais rien il se peut que quelqu'un d'autre prenne ta place.

Ca c'est sûr, Haku a dû se jeter sur l'occasion ce sale petit rat !

-Nii-san voulait venir ce soir.

-« Nii-san » ? C'est de ton frère dont tu parles ? Il veut me prendre Sai ?

Il soupire à son tour et commence à marcher vers l'intérieur.

-Ca se voit que tu ne connais pas mon frère, Shika. Quand il veut quelque chose… Et maintenant tu es hors-jeu et tant mieux pour lui, Sai t'en veux… Réfléchis bien à ce que tu vas faire, Shika…

Il me laisse seul, moi et mes réflexions. Il est bien gentil Sasuke à me dire tout ça mais c'est Sai qui ne veut plus de moi, je ne vois pas comment je pourrais l'empêcher de faire quoi que ce soit maintenant. Je lui aurais donné ma lettre avant la fin de la soirée, après il fera comme il l'entend, même si moi bien sûr je voudrais pouvoir aller le prendre dans mes bras de suite et l'embrasser.

Je ne vois pas la soirée passer. Je reste dans mon coin, regardant ce qui se passe autour de moi comme si je n'y étais pas vraiment. Je vois Naruto et Neji s'éclipser un petit moment, pas besoin d'être un génie pour savoir ce qu'ils sont partis faire. Sasuke et Hinata parlent avec Kankuro et Gaara, et Sai a passé toute la soirée avec Temari, je l'ai bien vu qu'elle était tombée sous le charme de mon petit ami. Mon estomac se tord à cette pensée, et je regarde mon alliance avec désespoir. D'où je suis je ne peux pas voir si Sai l'a encore ou non, sa main est dans sa poche.

Gaara quitte son frère et le couple pour venir vers moi. Je vois bien qu'il va me demander comment je vais et préfère prendre les devants. Je n'aime pas les gens qui posent cette question alors qu'ils savent que ça ne va pas.

-Alors Gaara, ça en est où avec Ino ? Tu as bien eu un rendez-vous avec elle.

-O-Oui mais c'était pas ce à quoi je m'attendais… Je lui ai plus servi de larbin toute la journée ! Elle m'a traîné dans les magasins et je lui ai porté ses paquets.

-Et tu t'es laissé faire ?

-J'ai pas eu le choix ! Elle est jolie mais elle a un sacré caractère. Mais… elle m'a promis qu'on allait se revoir, je ne perds pas tout espoir. Et puis depuis que j'habite à Konoha je la vois souvent et surtout je n'ai eu personne depuis !

Je me tourne d'un coup vers lui, abasourdi, lui qui ne pouvait pas rester une semaine sans faire l'amour, là ça doit faire six mois qu'il n'a rien fait !

-Je sais pas comment tu tiens.

Il se racle doucement la gorge et baisse légèrement la tête, je le regarde un peu mieux et constate qu'il rougit.

-J'aitoujoursmonpetitproblème.

-Pardon ?

-J'ai toujours mon problème !

-Oh… Mais t'es pas allé voir un médecin ?

-Non, c'est la honte d'aller chez le médecin pour ça ! Surtout que c'est une femme mon médecin !

-Ah… d'accord. Et tu veux pas… je sais pas moi, appeler, il y a des numéros spéciaux dans ces cas-là non ?

-Non ! C'est la honte je te dis ! Je suis sûr que ça passerait si je… hum… tu vois avec une fille, mais j'attends, pour Ino, je veux lui montrer que je suis sérieux.

Nous parlons encore un peu d'Ino puis il me redemande si je veux venir chez lui vu que je n'ai plus nulle part où aller.

-Je viendrais mais pas tout de suite, je vais d'abord rentrer chez moi. J'ai appelé ma mère lundi elle viendra me chercher chez Neji et j'irai chercher mes affaires au magasin, Sai les a déposées là-bas. J'ai démissionné aussi.

-Tu as bien fait.

-C'est aussi ce que je pense.

Oui, c'était la meilleure chose à faire. Sakon l'a très mal pris quand je l'ai appelé. Même si il comprend, il est surtout déçu je pense, je crois qu'il s'attendait un peu à ce qu'il y ait plus entre nous. J'ai pas trop envie de me confronter à lui lundi mais je n'aurai pas le choix, on a des papiers à signer et je dois récupérer mon solde tout compte.

Avec mes parents aussi je vais devoir régler des comptes, je ne leur ai donné aucune explication sur mon retour. Ils ont juste accepté sans rien demander. Maman est inquiète pour moi, je l'ai senti au téléphone, j'ai failli craquer quand elle a prononcé le prénom de Sai.

Je suis sorti de mes pensées par un rire que je connais bien, c'est celui de Sai justement. Il rit aux éclats avec la sœur de Gaara et il a même sa main sur son avant-bras. Ses joues sont légèrement rouges et il a du mal à tenir sur ses jambes, il est saoul. Je soupire en me disant que je ne peux pas aller le chercher pour le ramener chez lui, il ne me laissera pas l'approcher et ça risque de provoquer un scandale made in Sai qui gâcherait la soirée de Gaara.

Cette fille, Temari, m'agace. Elle est bien trop proche de mon brun, mais je n'y prête pas trop attention, Sai de toute façon est 100% gay.

Je suis fatigué, j'aimerais rentrer mais comme je dors chez Neji je ne peux décemment pas lui demander de partir maintenant, nous entraînant Naruto, Hinata et moi. Je pourrais demander à Gaara si je peux dormir ici mais il est déjà reparti discuter avec Hinata et Sasuke.

Naruto et Neji reviennent d'on ne sait où légèrement décoiffés et Neji a les boutons de sa chemise reboutonnés en décalage. Ce dernier vient vers moi, un sourire béat accroché au visage.

-Bah alors qu'est-ce que tu fais dans ton coin ? Tu as l'alcool dépressif ?

Lui en tout cas il est bien joyeux. Je tente un sourire mais je ne produis qu'une vague grimace.

-Shika tu… ça va ?

-A ton avis ?

-Oui pardon, excuse-moi je crois que j'ai un peu trop bu. Tu… tu veux rentrer ?

-Non c'est bon, je vais demander à Gaara si je peux rester ici comme ça vous pourrez profitez de lui, moi je vais aller chez lui quelques jours j'aurais l'occasion de le revoir vite.

-Tu peux rentrer si tu veux. Naruto a sûrement son passe sur lui, il peut te le passer. Tu veux ?

J'hoche la tête et il va voir Naruto pour lui demander. Il essaie d'être discret mais Naruto, encore plus saoul que lui, me crie qu'il faudrait mieux que je m'amuse plutôt que de rentrer ruminer dans mon coin. Tous les regards sont sur moi sauf celui de Sai, vu le silence suite à « l'annonce » de Naruto je l'entends même soupirer. Je dois lui faire pitié, c'est moi qui suis en tort et c'est moi qu'on plaint et à qui on fait attention.

Neji revient vite vers moi et me donne le passe, il me dit aussi que Gaara a demandé un taxi. Je le remercie et dis au revoir de loin aux gens, je ne veux pas aller vers eux et devoir éviter Sai ou l'approcher et qu'il me rejette.

Je suis dans le couloir de l'hôtel devant la porte de la suite avec Gaara, il a décidé de m'accompagner jusque dans le hall. Je m'excuse de partir maintenant, mais il me rassure en me disant la même chose que j'ai dit à Neji sur le fait que je vais aller chez lui.

Une fois dans le hall, un employé vient nous prévenir que mon taxi est là, c'est du rapide, ils doivent en avoir à disposition. Je me tourne vers Gaara et lui tend la main pour lui serrer. On se quitte mais je rebrousse vite chemin en lui courant après et en l'appelant.

-Tu as oublié quelque chose ?

-Oui, est-ce que tu peux donner ça à Sai de ma part s'il te plaît ? Et faire en sorte qu'il la lise aussi.

Il prend ma lettre et m'assure qu'il attachera Sai à une chaise s'il le faut, je ris un peu mais je sais qu'il en serait capable.

Nous nous quittons pour de bon, lui montant jusqu'à la suite et moi dans le taxi en direction de chez mon ami.

J'attends lundi avec impatience. Je ne fais rien de mon dimanche, tournant en rond dans ma chambre, je ne fais que me demander si Sai a eu ma lettre, s'il l'a lue, ce qu'il en pense. J'ai appelé Gaara qui m'a bien confirmé qu'il l'avait eu mais il ne sait pas s'il l'a lue. J'ai l'impression qu'il me cache quelque chose, tout comme Naruto et Neji. Ils ont l'air suspect, comme s'ils m'évitaient… Non. Ils me regardent avec peine. Je me demande s'il s'est passé quelque chose après que je sois parti. Mais je ne saurais rien, ils m'assurent tous que tout va bien. Je laisse courir.

Lundi matin ma mère m'appelle pour me dire qu'elle est arrivée en bas de chez Neji et qu'elle m'attend. Ça y est, le moment de quitter Tokyo et mes amis est arrivé. Ils sont tristes, ça me touche, mais c'est mieux comme ça, je ne devais pas être fait pour la grande ville.

Je suis content de revoir ma maman, je la laisse même me prendre dans ses bras. Elle reste à mes côtés, même lorsque j'entre pour la dernière fois dans « Oto no Kuni ». Tayuya me saute dessus, me disant que je vais lui manquer et me fait promettre de lui donner des nouvelles. Elle, elle va vraiment me manquer, c'est devenu une vraie amie je pense, elle est un peu fofolle mais elle sait être très gentille et même sensible quand on la connaît vraiment.

Konan est là aussi à mon grand étonnement, peut-être que Sakon essaie de me rendre jaloux. Mais je m'en fiche, j'aimerais qu'il se mette sérieusement avec elle, ils vont bien ensemble. Je laisse ma mère aux bons soins des deux filles et me rends dans l'arrière boutique avec Sakon.

On ne s'échange que peu de mots en signant les papiers. Je vais pour me lever quand il pose sa main sur la mienne.

-Tout va bien ? Tu as l'air un peu pâle.

-Ca ira mieux quand je serais rentré chez moi. Je suis désolé de te causer du souci mais c'est aussi à cause de ce que nous avons fait que je pars.

-Je ne le regrette pas, c'était bien le temps que ca a duré, et puis tu as vu je revois Konan.

-Oui, prends soin d'elle.

-Je vais essayer. Si tu repasses par Tokyo tu viens nous voir hein !

-Bien sûr.

Je le laisse me serrer contre lui et le houspille alors que ses mains sont descendues sur mes fesses.

-Désolé, j'ai pas su me retenir, elles vont me manquer. Mais c'est vrai que je suis content de retrouver les seins d'une femme, il ne te manquait que ça !

Nous rions en cœur puis il vient charger la voiture de ma mère avec mes cartons. Il ne me dit rien sur ce qui s'est passé quand Sai est venu les déposer.

Je quitte mes ex-collègues et une quinzaine de minutes plus tard nous voyons la capitale dans le rétroviseur. Ça y est je suis parti pour de bon. Je me tourne vers la fenêtre pour pleurer en silence. Que fait Sai en ce moment ? A-t-il lu ma lettre ? Qu'en pense-t-il ?

En arrivant mon père est encore au travail et je peux me refugier dans ma chambre, je sais que maman me laisse tranquille tant que mon père n'est pas là. Ils se doutent bien que c'est fini entre Sai et moi mais ce qu'ils veulent surtout savoir c'est ce qui s'est passé. Je vais leur faire honte, les décevoir…

J'ai dû m'endormir car quand je me réveille il fait déjà nuit, je jette un œil à mon portable, il est bientôt vingt heures. Mon père doit être déjà rentré, je vais dans le salon et le vois assis dans le canapé devant un jeu télévisé où les candidats sont tous plus stupides les uns que les autres. Lui connaît les réponses, c'est peut-être pour ça qu'il regarde. Il peste après un candidat et je donne la bonne réponse, l'informant ainsi sur ma présence.

-Ah ça y est tu es réveillé. Ça va mieux ? Ta mère m'a dit que tu avais l'air fatigué.

-Mh, je me suis reposé. Le repas est bientôt prêt ?

-Demande à ta mère.

Je vais dans la cuisine où ma mère commence à dresser la table, je l'aide en allant chercher les couverts. Je sens son regard dans mon dos et je suis sûr qu'elle doit essayer de dire quelque chose mais ne sait pas bien quoi. Finalement elle me dit de la laisser finir et d'aller chercher mon père pour dîner.

L'ambiance est tendue, ils se retiennent pour ne pas me faire de mal je pense.

-Désolé. Je… Je n'ai pas très faim, je vais retourner dans ma chambre.

-Reste assis !

-Chéri je ne crois pas que…

-Ca suffit Yoshino, je n'ai pas élevé mon fils pour qu'il fuie ses problèmes. Shikamaru, nous savons, ta mère et moi, qu'il s'est passé quelque chose à Tokyo pour que tu veuilles revenir habiter ici, abandonnant tes amis, ton travail et ton petit ami. Et je ne te lâcherais pas tant que tu ne nous auras pas dit le pourquoi de ton retour ! Est-ce que Sai a…

Depuis que papa m'a ordonné de rester à table je me mordais la lèvre inferieure pour ne pas craquer devant eux. Je n'ai pas envie d'avoir cette conversation. Je suis pitoyable, je ne peux m'empêcher de pleurer en entendant son prénom. Je craque pour de bon, essayant de me cacher dans mes mains mais c'est peine perdue.

-TOUT EST MA FAUTE ! C'est moi qui l'ai trompé… J'aurais pas dû mais je recommençais. Sai l'a appris et… il m'a mis dehors. Il m'a dit qu'il en avait assez de moi. Je suis vraiment un bon à rien ! Je l'aime tellement et lui il…

Je ne sais plus quoi dire. Mon père m'autorise à quitter ma place, je m'excuse à nouveau et vais dans ma chambre.

On n'en a plus reparlé. Ma mère a essayé mais j'ai évité la conversation, m'esquivant en ville pour la journée. J'aimerais pouvoir aller chez mémé et pépé, mais ce dernier n'a sûrement pas envie de me voir. Mes parents vont manger chez eux ce week-end et je ne sais pas encore si je viens ou pas. Tout le monde me dit de venir surtout qu'apparemment il n'est pas au mieux de sa forme en ce moment.

J'ai finalement pris la décision de venir, j'ai envie et besoin de les voir, ce sont mes grands-parents après tout.

Le samedi midi comme prévu nous arrivons à la ferme et nous faisons accueillir par mémé. Ça me fait mal au cœur de penser que ça se voit qu'elle vieillit. Je pense que les problèmes de santé de son mari l'affectent aussi. Moi aussi si Sai… J'arrête de suite de penser à ça, sentant les larmes re-pointer le bout de leur « nez ».

Mémé Tsunade a beau sourire, ses rides sont plus présentes, ses épaules un peu abaissées et on dirait qu'elle manque de force.

Oui et bien « on dirait », parce qu'elle a toujours autant de force pour me serrer contre elle et manquer de m'étouffer entre ses énormes seins. Elle ne m'a jamais serré aussi fort contre elle. Nous avons besoin d'être soudés en ce moment, aussi bien pour moi mais surtout pour pépé.

Nous trouvons d'ailleurs celui-ci dans son fauteuil près de la cheminée où brûlent quelques bûches. Nous avons beau être en mai, ce début de mois est frais, surtout par ici.

Pépé lève les yeux vers nous et me voit, j'attends que ma mère et mon père aient fini de le saluer pour aller près de lui, le visage bas. Le sien est tourné sur le côté, il ne veut pas me regarder. Je me baisse à son niveau et l'embrasse sur la joue.

-Bonjour pépé.

-Mh.

Au moins il m'a répondu et ne m'a repoussé ni crié dessus, c'est un bon début. Il m'a même demandé de lui passer le pain à table, je pense que c'est sa façon à lui de me signaler qu'il n'est plus fâché. C'est un repas plutôt calme, nous n'avons pas grand-chose à raconter. Personne n'ose me demander comment ça se passe à Tokyo etc. et on ne parle pas des bêtes de pépé car j'ai appris que en dehors des siennes elles ont toutes été chez un autre éleveur. En effet mon pépé ne pouvant plus s'en occuper c'est ce qui a été décidé. Il ne s'en plaint pas, il y a des jours où on dirait qu'il pense plus au bien-être des animaux qu'au sien.

Pour ce qui est de ses biches et son cerf, il s'en occupe comme il peut mais il a du mal, mémé l'aide un peu aussi mais elle ne sert pas à grand-chose. Ma gorge se sert de les voir abattus comme ça. Il me vient une idée. Je me racle la gorge, attirant l'attention des quatre autres convives.

-Je… euh… Je me demandais si, enfin si vous étiez d'accord, si je pouvais venir ici pendant une semaine ou deux.

-Pourquoi tu veux venir ici ?

-Pépé… je sais que tu n'as peut-être pas envie de me voir depuis que tu sais que…

-Que quoi ? Que t'es une tarlouse ? Non ça c'est sûr tu m'as déçu ! Mais j'ai appris que c'était fini ta petite crise d'ado à retardement ! Les jeunes de nos jours vous faites toujours n'importe quoi ! Tu n'aurais pas pu boire ou te droguer comme tous les autres ?

Je suis choqué. Et je ne suis pas le seul, nous réglons nos comptes devant toute la famille et surtout il croit que ce n'était qu'une lubie, une passade. Je ne dis rien, autant ne rien dire et laisser passer. De toute façon pour l'instant je n'ai plus de petit ami et il est malade alors autant lui faire croire ce qu'il veut. Je le laisse dire ce qu'il veut sous le regard médusé de sa femme, son fils et sa belle-fille. Ma mère se tourne vers moi, subjuguée, elle s'approche de moi et me parle doucement.

-Tu ne dis rien ?

-C'est pas grave maman, pour l'instant le principal c'est qu'il aille mieux.

Elle ne dit rien et continue de manger tout comme les autres. C'est mémé qui va enfin me répondre et me dire que je suis le bienvenu tout le temps que je voudrais. Pépé acquiesce plus doucement.

Deux jours plus tard je suis de retour chez mes grands-parents avec mes valises. J'ai prévu large au cas où, je ne sais pas combien de temps je vais rester ici.

Ça fait une semaine que je suis parti de Tokyo et je n'ai toujours aucune nouvelle de Sai. Il ne doit toujours pas m'avoir pardonné, ce n'est pas grave, ça prendra le temps que ça prendra et j'espère qu'un jour nous serons enfin réunis.

En attendant j'ai du travail ici. Pépé a beau pester, je ne le laisse plus s'occuper de ses bébés. Il m'a crié dessus à de nombreuses reprises mais j'ai un argument de choc : le médecin. Il n'a jamais aimé en voir et je le « menace » de l'appeler si il se lève et se fatigue en venant m'aider. Il ne veut même pas avouer que c'est justement parce qu'il s'est trop fatigué qu'il en est là aujourd'hui. Ça se voit qu'il va mieux depuis que j'ai pris le relais.

Par contre moi… Il y a pas à dire, c'est un travail harassant ! Je suis debout au chant du coq et couché avec les poules. Je n'arrête presque pas de la journée. Je nourris les bêtes deux fois par jour, nettoie l'enclos, les « box », toilette les animaux si besoin. Et bien sûr il n'y a pas que le cerf, les biches et les faons. Il y a aussi les poules, le coq, les oies et les canards. Je déteste ces bestioles, je me suis fait mordre, enfin pincer par une canne le troisième jour. Et bien sûr il y a le potager et le verger !

Comment pépé a pu tenir aussi longtemps sans flancher avant ? Mais je réalise aussi que c'est n'est plus possible pour lui de s'occuper de ça tout seul ! Il devrait engager quelqu'un pour s'occuper de tout ça à sa place. Moi je ne tiendrais pas longtemps à ce rythme-là ! Je me suis habitué au rythme « tranquille » de la ville.

Mais comment lui faire comprendre ? Lui qui me laisse à peine travailler tranquille. Je le vois bien tous les jours à la fenêtre ou dans la cour à guetter ce que je fais. Et je suis son petit-fils ! Alors imaginer un « étranger » s'occuper de tout ! Ils pourraient, lui et mémé, tout vendre et prendre une maison plus près de chez mes parents mais ce serait pire pour lui je pense. Cette maison a été construite par son père il est né ici, il mourra ici comme il aime nous le rappeler souvent.

Deux semaines plus tard, pépé ne tient plus et reprend les choses en main. Il faut dire que j'ai causé pas mal de dégâts. En deux semaines, j'ai laissé s'échapper une poule, plusieurs légumes sont « morts » parce que je ne les arrosais pas correctement ou ne les protégeais pas comme il fallait, je me suis foulé le poignet parce que j'ai trop approché une biche enceinte et le cerf m'a chargé. Heureusement je l'ai vu à temps et je me suis écarté comme j'ai pu.

J'en ai parlé à pépé de prendre quelqu'un pour l'aider et je me suis reçu une pantoufle en pleine tête. Il devient encore plus grognon avec l'âge. Mais je m'en fiche, il a beau dire ce qu'il veut, on va chercher quelqu'un qui pourrait lui convenir.

Il m'a proposé de me prendre moi, de me former, mais j'ai refusé. Il faut une vraie passion pour les animaux et toutes les choses qui ont attrait à la ferme, la campagne. Ce qui est loin d'être mon cas, j'aime vivre ici mais vivre de cette vie non merci !

J'ai décidé de rester encore deux autres semaines puis je rentrerais chez moi quelques jours avant d'aller rejoindre Gaara à Konoha. Je vais profiter des quelques jours où mon parrain sera là. Il vient avec sa femme et son fils qui est né il y a un an. Ils vivent à Wakakusachô à côté d'Hiroshima, c'est pour ça qu'on les voit peu. Je n'ai pas revu Asuma depuis l'époque où j'étais collégien, il y a quatre ou cinq ans, je ne sais plus bien.

Il a déménagé suite à la mort de son meilleur ami, Chiriku. C'était une horrible tragédie, j'étais jeune mais je m'en souviens encore. Chiriku était moine dans un temple bouddhiste, un jour un fou a décimé toutes les personnes présentes dans le temple avant de se donner la mort. Personne n'a jamais su ce qui l'avait poussé à un commettre un tel désastre.

C'est à Hiroshima qu'il a rencontré Kurenai. C'est une très jolie femme brune, enfin d'après les photos du mariage. Je n'avais pas pu y aller vu que ça tombait pendant les cours. Et voilà que depuis un an, ils sont parents d'un petit Sora.

J'appréhende de me retrouver avec ce petit bout, je ne suis pas doué avec les enfants. Je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour Sai. Je ne saurais peut-être jamais s'il voulait des enfants. Il ne m'a jamais rappelé et quand je demande de ses nouvelles à Naruto, Neji ou Sasuke ils disent ne pas trop savoir, qu'il serait très pris par ses cours. Oui c'est ça… par ses cours ou un de ses camarades de classe. Je ne suis après tout pas irremplaçable ! Enfin bon, au moins je sais par Sasuke qu'il ne s'est pas laissé tenter par son grand-frère. Je ne pourrais pas lutter contre Itachi, il est tellement plus beau, plus grand, plus classe, plus adulte que moi. Rien que le fait de penser ainsi fait encore de moi un enfant. Sai aussi a toujours été plus adulte que moi.


Nous sommes le cinq juin et je rentre enfin chez mes parents après un mois à trimer à la campagne. Asuma, Kurenai et Sora sont déjà là, ils sont arrivés hier.

Mon parrain n'a pas changé, enfin, il a retrouvé la joie de vivre qu'il avait avant la mort de son ami. Je pense que sa femme et son fils y sont pour beaucoup. Il a de la chance.

Je suis heureux qu'ils soient là mais leur bonheur me rend malade, j'aimerais moi aussi pouvoir être heureux avec celui que j'aime.

Asuma vient me rejoindre dans la cour où je peux fumer tranquille, il s'allume une clope à son tour et s'assoie près de moi.

-J'ai appris beaucoup de chose sur toi hier. Alors comme ça tu es devenu homosexuel.

-Je suis homosexuel. On ne devient pas homosexuel, ce n'est pas une vocation, on l'est ou non c'est tout.

-Oui tu as raison, désolé, je ne sais pas trop comment me comporter vis-à-vis de tout ça.

-Je suis comme toi sauf que moi je ne pourrais jamais me marier ou avoir d'enfant avec un autre homme.

Nous restons en silence un moment. Silence entrecoupé par nos inspirations ou expirations de fumée. Je repense à ce que je viens de dire, Sai et moi nous nous sommes mariés en France, à notre façon. Je n'ai toujours pas trouvé le courage d'enlever mon alliance. Je me voile la face, me convainquant que nous ne somme qu'en break. Même si je sais pertinemment au fin fond de moi-même que lui m'a zappé de sa vie.

Nous entendons Sora pleurer et en bon papa, Asuma écrase sa cigarette et me dit qu'il va voir ce qui se passe, me laissant seul à nouveau. Je décide finalement de le suivre, après tout cela fait cinq ans que nous ne nous sommes pas vus et je ne sais pas quand nous pourrons de nouveau nous retrouver alors autant en profiter.

Je le retrouve assis dans le canapé, son fils sur ses genoux face à lui. Il lui tient les mains et le fait tressauter, rendant gaga la petite chose. Kurenai apparaît à mes côtés et me sourit.

-Ca ne te donne pas envie en les voyants comme ça ?

J'ai failli en avaler ma salive de travers. Je me tourne vers elle et émets un petit rire moqueur.

-Kurenai-san sans vouloir vous offensez, je suis non seulement trop jeune mais je suis surtout gay ! On ne vous a peut-être pas mise au courant.

-Si si. Mais je ne vois pas le rapport.

C'est moi ou elle est stupide ? Le ton monte rapidement de mon côté, attirant les regards.

-Le rapport c'est peut-être parce que les hommes n'ont pas de vagins alors je ne vois pas comment je pourrais avoir d'enfants ! Et puis il faudrait aussi que je trouve le père avant !

-Tu peux très bien avoir un enfant avec une femme ! Mais tu peux aussi attendre que la science fasse des progrès et te faire greffer un utérus !

Nous explosons de rire suite à sa réflexion et nous attirons l'hilarité générale. Ça me fait du bien, je ne ris plus beaucoup ces derniers temps, ça me manque. La vie que j'ai vécue tous ces mois à Tokyo me manque. Sai me manque… Et voilà que je sombre de nouveau dans mes idées noires.

J'essaie de profiter au maximum de la présence d'Asuma et de sa famille mais je suis un peu ailleurs. J'ai hâte de pouvoir rejoindre Gaara à Konoha, j'ai besoin d'être avec quelqu'un de mon âge, je me sens trop seul depuis que je suis rentré, je n'ai aucun ami ici.

Finalement le petit Sora est mignon, je m'habitue à sa présence, ses pleures, des rires, ses gazouillements. J'essaie de lui apprendre à marcher, pour l'instant il sait se tenir debout en se tenant à quelque chose mais il ne reste que peu de temps en équilibre sur ses petits pieds.

J'essaie de ne pas me fâcher contre lui mais en voulant se redresser il s'est agrippé à ma chaîne alors que j'étais penché vers lui. Il n'a pas tenu et son poids l'a entraîné en arrière, ma chaîne avec lui, la chaîne que Sai m'avait offert. Il a pleuré parce qu'il était tombé et à mon avis surtout parce que j'ai crié. Je fais toute une scène à ses parents qui arrivent pour voir ce qui s'est passé. Ils me regardent, les yeux ronds, en demandant pourquoi je fais une crise comme un enfant gâté et tout ça juste pour une chaîne.

Juste une chaîne…

-Ce n'est pas juste une chaîne ! Cette chaîne est le premier cadeau que Sai m'ait offert ! Ça représentait nos fiançailles !

-C'est un bébé ! Il ne l'a pas fait exprès !

-Et bien il aurait dû faire exprès de pas le faire !

Je me fais gifler par ma mère qui m'ordonne d'aller me calmer dehors. Je reste planté dans le salon, la main sur ma joue, ma mère se met rarement en rogne contre moi. Elle me parle froidement me redemandant de sortir. Ce que je fais, énervé. Je ne comprends pas pourquoi c'est moi qu'on engueule alors que c'est ce petit truc qui a fait une bêtise !

J'enrage ! Je vais me promener un peu le temps de me calmer. Mais même après trois heures de balade je suis toujours sur les nerfs. Et si je pensais qu'en rentrant la tempête serait passée, j'étais loin de la vérité. Ma mère a hurlé si fort que j'en ai les oreilles qui sifflent.

-MAIS OU ÉTAIS-TU PASSÉ BON SANG ? TU AS DISPARU PENDANT DES HEURES ! J'ÉTAIS MORTE D'INQUIETUDE ! J'AI CRU QU'IL T'ÉTAIT ARRIVÉ QUELQUE CHOSE !

Elle me tient par les épaules en me secouant, je ne l'ai jamais vue dans un état pareil. Elle continue de crier après que mon père lui ait fait lâcher sa prise sur moi.

-NOUS ÉTIONS SI INQUIETS ! NOUS AVONS CRU QUE…

Elle s'effondre en larmes à mes pieds.

-J'ai cru que tu avais fait une bêtise… Tu as l'air si fragile depuis que c'est fini avec Sai…

Je suis navré de constater qu'elle a raison en plus. Je ne suis plus aussi joyeux, je suis à fleur de peau et je pleure facilement. Je m'agenouille devant elle en m'excusant et la relève doucement. Je m'excuse aussi auprès de mon père, d'Asuma et Kurenai. Même si je ne le pense pas vraiment. Je leur explique que je suis juste sorti marcher un peu et que ça a duré plus longtemps que prévu.

Dans la soirée alors que Kurenai est partie coucher son fils, que mon père et mon parrain discutent de choses et d'autres, ma mère m'entraîne avec elle dans sa chambre. Elle prend quelque chose dans sa poche et me le met dans la main. C'est ma chaîne et en un seul morceau.

-C'est ton père qui l'a réparée. Ça s'est cassé au niveau d'un maillon c'était plus facilement réparable que si ça avait été le fermoir.

-Merci.

-C'est ton père qu'il faut remercier. Mais ce n'est pas pour ça que je t'ai demandé de venir avec moi.

Elle s'accroupi à côté de son lit et tire le tiroir qui se trouve en dessous. Elle soulève le couvercle d'une grande boite en carton blanc et en sort une robe blanche, une robe de mariage. Elle la retourne vers moi et je vois que sur le devant elle est recouverte de feutre vert, bleu et rouge.

-Quand tu avais trois ans tu as échappé à ma vigilance, tu es venu ici et tu as dessiné sur ma robe qui a cette époque était pendue dans l'armoire. Tu n'avais plus de feuilles pour dessiner et tu as cru que ça me ferait plaisir d'avoir de jolies couleurs sur ma « robe-feuille » comme tu l'as appelée. Ton père avait dû faire un crédit à l'époque pour me payer une alliance ET une jolie robe de mariée. Imagine ma tête quand j'ai vu « ça ».

Je me mords la lèvre inferieure en m'excusant. Elle ne dit rien et range sa robe. Je m'en veux. Je ressors et vais cette fois réellement m'excuser auprès des parents de Sora.

Ils s'en vont le lendemain et moi je pars après demain. Heureusement qu'il y a des trains directs pour Konoha qui passent par ma ville, je ne me voyais pas remonter sur Tokyo. Pas maintenant.

Le jour du départ de mon parrain, je les accompagne à la gare en voiture, mon père m'a laissé le 4x4. Comme ça il peut avoir un petit peu de temps avec ma mère, c'est leur anniversaire de rencontre ou quelque chose comme ça. Je vais profiter d'être en ville pour faire quelques courses pour mon séjour chez Gaara.

Je suis sur le quai à essayer d'échapper aux petites mains de Sora qui trouve mes cheveux très intéressants. Et Asuma s'amuse à le rapprocher de moi vu que c'est lui qui tient le petit dans ses bras. Nous arrêtons de courir à droite et à gauche quand un contrôleur nous demande de nous calmer, quel rabat-joie !

Un petit quart d'heure plus tard le train arrive à quai et laisse descendre quelques passagers. Il faut quelques minutes pour que la voix des hauts parleurs donne l'autorisation pour monter à bord. J'aide Asuma à monter leurs valises et les installer dans le coin prévu pour. Puis je dis au revoir à la petite famille et redescends sur le quai, attendant le départ. Ils sont assis du côté où je suis et Sora me fait de petits sourires et tape sur la vitre, je crois qu'il m'aime bien.

Je le regarde dans les yeux et repense à la discussion que j'ai eue avec mon parrain hier soir. Alors que nous étions seuls il m'a demandé d'être à mon tour le parrain de son fils comme mon père lui avait demandé il y a bientôt dix-neuf ans. Il m'a laissé le temps de la réflexion et avec les préparatifs de leur départ ce matin je n'ai toujours pas pu lui donner ma réponse.

Je tape sur la vitre à mon tour pour attirer l'attention d'Asuma et lui fais signe de se mettre à la porte pour que je lui parle. Une dizaine de secondes plus tard il est à la porte du wagon, m'interrogeant du regard.

-C'est d'accord. Pour que je sois le parrain de Sora !

Le contrôleur de tout à l'heure me demande de me reculer car les portes vont se fermer, il demande aussi à Asuma d'aller se rassoir. Avant que la porte se ferme il me dit qu'il est content et me fait promettre de venir le voir quand j'aurais envie.

Je regarde le train partir, agitant ma main à la petite famille et attends que le dernier wagon ait disparut au premier virage pour sortir de la gare. Je laisse la voiture garée sur le parking et me rends à pied vers le centre où se trouve la rue commerçante. Il fait beau alors autant profiter du soleil.

Je marche tranquillement, m'arrêtant à certains instants à la vitrine d'un magasin ou rentrant dans un autre. J'aimerais ramener quelque chose à Gaara sauf que je ne sais pas quoi et puis surtout il a tout ce qu'il veut !

Moi en tout cas je me fais plaisir, les magasins sont peut-être moins grands qu'à la capitale mais il y aussi de très jolies choses. Je m'achète deux t-shirt, un jean et une paire de basket. Sai disait souvent qu'on se sentait mieux après un peu de shopping et il n'avait pas tort.

Je m'arrête ensuite à la librairie pour me prendre un ou deux livres pour mon séjour, je n'ai plus rien à lire. Bon, ça sera trois livres, une trilogie. Le résumé me plaît, ça parle de semi-hommes, de nains, d'elfes et d'une histoire de bague ou quelque chose dans ce goût-là.

Pour finir je termine par une superette pour prendre des gâteaux et des bonbons pour mon voyage en train, c'est assez long jusqu'à Konoha. Je me suis aussi acheté un magasine de mots fléchés, je crois que pépé m'a contaminé.

Je suis chargé de paquets et me retiens de rire seul dans la rue en croisant mon reflet dans une vitrine, je me suis comparé à Julia Roberts dans le film Pretty Woman. Oui enfin sauf que je ne suis pas une femme, je ne suis pas roux et surtout je ne suis pas une prostituée…

Avec tout ça je n'ai toujours rien pour Gaara ! Je soupire de frustration de ne pas savoir quoi acheter à l'un de mes amis mais je suis vite stoppé par quelque chose semblable à un ours qui me bouscule et me fait lâcher mes sacs par la même occasion. Mais qu'est-ce que c'était que « ça » ?

-AKAMARUUUUUUU !

Je me retourne et vois un garçon brun d'à peu près le même âge que moi courir et appeler le monstre poilu. Il s'arrête à mon niveau et me demande si je vais bien.

-O-Oui merci mais…

Je suis interrompu par un aboiement et me retrouve face à … un chien ? Le monstrueux truc poilu est un chien ?

-Excuse Akamaru il est un peu brusque des fois.

Le garçon caresse la tête de son molosse, le rabrouant un peu. Il me dit quelque chose, j'ai l'impression qu'on s'est déjà rencontré. Il me fait face de nouveau et s'approche un peu plus près, se retrouvant à distance peu raisonnable de mon visage. Il semble me humer puis se recule et me sort un grand sourire à pleines dents comme seul Naruto sait les faire.

-Tu es Shikamaru, n'est-ce pas ? Nara Shikamaru ?

-Euh… oui. On se connaît ?

-Inuzuka Kiba ! On était dans la même classe en quatrième !

-En quatrième… ah oui !

Je me souviens ! Au collège je n'avais pas beaucoup d'amis et ce Kiba était une des seules personnes avec qui je m'entendais à peu près. Lui et un autre garçon… je ne me souviens plus de son nom. Kiba me détaille de la tête au pied en me tournant tout autour.

-Eh bien eh bien… Tu as bien changé ! J'ai failli ne pas te reconnaître ! Mais je me souviens que tu as une odeur particulière !

-Oui… O-On me l'a déjà dit.

Je repense à Sai et sa façon de me sentir après la première fois où j'ai couché avec Sakon. Mon copain de collège secoue sa main devant moi et me demande où j'ai la tête. Il est plein de vie, je fais peine à voir à côté de lui.

-Je ne pensais pas que tu habitais encore ici. J'avais entendu dire que tu étais parti en internat.

-Oui pendant trois ans. Et puis j'ai habité à Tokyo jusqu'à il y a un peu plus d'un mois.

-A Tokyo ? La capitale ! Waaah tu m'impressionnes ! Tu as fait quoi là-bas ? Pourquoi t'es parti ?

-J'ai pas très envie d'en parler.

-Oh. D'accord. Mais dis-moi, je ne dérange pas là au moins ? Tu as peut-être des choses à faire.

Je souris et lui assure que non. Que j'ai tout mon temps pour parler avec un vieil ami. Nous décidons d'aller prendre un verre dans un café pas trop loin d'ici et où il y a une terrasse pour qu'on puisse s'installer avec le chien dehors.

-Et sinon, toi, que s'est-il passé depuis le collège ?

-Bah je suis allé au lycée et puis j'ai voulu faire des études de vétérinaire mais il fallait aller à Tokyo et ma mère n'avait pas les moyens de me payer l'école et un logement. Et puis je ne me voyais pas partir d'ici pour une ville comme Tokyo.

-Et tu as fait quoi alors ?

-Bah je travaille à droite et à gauche, j'ai pas encore trouvé quelque chose qui m'intéresse vraiment. Mais on s'en fiche, parle-moi un peu de toi et de la vie en internat, de la vie à Tokyo.

J'avais oublié à quel point il pouvait parler, je me souviens un peu mieux de lui maintenant. Il doit faire partie de la même espèce que Naruto, il est aussi excité que lui et parle à tort et à travers.

-C'est vrai que tu étais dans un internat que de garçons ?

-Oui.

Il ne dit plus rien et me dévisage, hésitant un instant puis me sort de but en blanc :

-Tu as un petit ami ?


A suivre !

Dans le Prochain chapitre :

Trois heures plus tard nous avons dîné, j'ai fini mon sac pour mes « vacances » à Konoha et je suis à présent dans mon lit, portable en main, devant l'écran vierge d'un SMS. Je me demande si ce n'est pas un peu tôt pour envoyer un message… Allez ! De toute façon je n'ai rien à perdre !