« Les autorités britanniques viennent de nous confirmer que l'attaque qu'a subi Cardiff dans la nuit de dimanche à lundi pourrait être comparable à celles subies en France et en Égypte. Nous ne connaissons pas encore l'étendue des dégâts ni le nombre exact de morts mais les survivants parlent d'un homme qui aurait utilisé la foudre comme arme. Bien entendu, les autorités réfutent cette hypothèse et mettent ça sur le compte du choc post-traumatique. Nous vous tiendrons au courant... »
Hank se leva pour couper le son du poste. Les regards de Charles et d'Erik se posèrent sur lui. Le Fauve ne comprenait pas pourquoi tout le monde continuait à faire semblant. Cela faisait trois jours que son amie Clémence avait réveillé tout le monde avec ses cris. Charles avait prit les choses en main et il avait exploré son esprit mais Hank n'avait pas compris pourquoi l'homme qui était tellement proche de ses élèves avait laissé Clémence seule.
- Je ne comprends pas Charles ! Pourquoi tu ne fais rien ?
Il était assez rare de voir la bête aussi en colère. Le télépathe leva les yeux vers son ami et haussa un sourcil. Il ne comprenait pas où il voulait en venir.
- Hum... Pardon, Hank ?
- Clémence ! Tu comptes l'aider quand ? Est-ce que tu t'es demandé où elle était depuis qu'elle a eu son rêve ? Est-ce que tu as été lui parler ? Sais-tu au moins dans quel état elle se trouve ?
Pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient le télépathe ne savait quoi répondre à son ami. Le fauve quitta le séjour en haussant les épaules puis monta à l'étage. Arrivé devant la porte de chambre son amie, il frappa et attendit qu'elle lui parle. Comme depuis trois jours, il n'entendit pas un mot. Quand il posa sa main sur la poignée de la porte de la glace se forma dessus. Il sourit. Si elle pensait l'arrêter aujourd'hui, elle se mettait le doigt dans l'œil. Il enfonça la porte et se retrouva face à une jeune femme toujours en pleurs. Elle détourna les yeux et Hank la prit immédiatement dans ses bras. Il la considérait vraiment comme son amie.
- Calme toi Clémence.
- Je n'ai rien pu faire Hank ! Je sens un grand vide là, ajouta-t-elle en montrant son cœur. C'est de ma faute s'ils sont morts.
- Ne dis pas de bêtise. Tu n'y es pour rien.
Elle ne répondit rien mais il pouvait voir qu'elle n'en pensait pas moins. Lui n'était pas certain de cette supposition. Il était vrai que son rêve coïncidait avec les événements de Cardiff mais il ne pouvait pas croire que c'était de sa faute. Il la consola comme il le pouvait, un peu maladroitement certes, mais quand il sortit de la chambre il avait vraiment l'impression qu'elle allait un peu mieux. Il réussit même à la faire manger, chose qu'elle ne faisait plus depuis trois jours. Il allait donner un cours quand il croisa Raven dans le couloir. Il lui adressa un faible sourire et alors qu'il s'apprêtait à rentrer dans une salle, elle l'apostropha :
- Pourquoi tu l'aides ? Elle est la cause de tous les maux de la terre.
- Que dis-tu ?
- Je connais les légendes qui concernent cet homme. Il paraît qu'ils étaient deux au départ et s'il s'agissait d'elle ? Tu y as pensé, Le Fauve ? Si elle est comme lui nous ne pourrons pas la sauver.
Hank se mit à grogner et claqua la porte quand il rentra dans la salle de classe. Il donna son cours tout en gardant à l'esprit ce que Raven lui avait dit. Si elle avait raison, il fallait se préparer au pire. Quand il sortit de la salle de classe il se dirigea immédiatement vers le bureau du Professeur Xavier. Il retrouva Charles seul. Il ferma la porte du bureau un peu plus brusquement que voulu. Il soupira.
- Penses-tu comme les autres que Clémence est un monstre ?
- Bien sur que non Hank. Qu'est-ce qui te fait dire cela ?
- Raven dit que Clémence a un lien fort avec Apocalypse... Que dans les légendes, ils sont deux et qu'il faudra faire ce qu'il faut au moment voulu.
- Nous ferons tout pour éviter d'en arriver là.
- Mais tu envisages de la tuer toi aussi ?
Le télépathe regarda son ami.
- Je refuse de croire que la mort puisse être la seule alternative, Hank.
Le Fauve fut un peu rassuré par les paroles du Professeur. Il s'assit en face de son ami et il l'observa un moment. Charles avait éludé la question comme il le faisait souvent. Au bout de quelques minutes, voyant que la conversation serait stérile, il sortit du bureau. Il vit alors Erik adossé au mur.
- Je la tuerai, moi. Si elle devient gênante je la tuerai.
Le Fauve grogna et partit en ruminant pour s'enfermer dans son bureau. Il n'aimait pas la tournure que prenait les choses. Il resta un long moment dans son laboratoire continuant une expérience qu'il savait vaine dès le début. Il n'arrivait pas à se concentrer de toutes les façons. Son attention fut happée quand quelqu'un rentra dans son laboratoire. Il se tourna et sourit.
- Ça y est. Tu ne te caches plus ?
- Je voulais te voir... J'ai senti que tu n'allais pas bien.
- Je n'aime pas voir mes amis mal en point et tu es mal en point.
- Il ne faut pas t'en faire pour moi.
Il lui sourit mais il vit dans ses yeux qu'elle allait lui demander quelque chose.
- Je voudrais que tu me promettes une chose Hank... Si jamais vous n'avez pas d'autre choix et qu'il faille me tuer... Non attend laisse moi parler ! Si jamais c'est le cas, j'aimerais que tu ne t'opposes pas à cela. Je ne veux pas vous causer de problème et s'il faut en arriver là pour vous protéger tous, toi, Charles, Ororo, Jean et même Erik je le ferai ! Je ne comprends pas réellement ce qu'il m'arrive et quelle place j'ai dans cette histoire mais quitte à mourir, j'aimerai mourir dans les bras d'un ami... d'un véritable ami.
Il la regarda sans rien dire et soupira.
- Tu ne mourras pas je te le promets Clémence... Mais si c'est le cas je respecterai ton choix.
Il lui tendit les bras et elle vint se caler contre lui. Il ferma les yeux. Il n'imaginait pas qu'elle puisse vouloir mourir ainsi pour eux. De toutes façons, il ne le permettrait pas. Jamais personne ne touchera à un cheveux de sa Clémence. Personne ne fera du mal à son amie. Il s'en faisait le serment.
