Un grand merci pour vos lectures et vos encouragements. Je rappelle que rien n'est à moi et qu'Eladora est la géniale correctrice de cet écrit. Bonne lecture à vous et à dans quelques jours. Bises…
Chapitre 10 : Les exploits de Neville
Hermione déambulait dans les couloirs en attendant l'heure du déjeuner. Au détour d'un corridor, elle faillit percuter quelqu'un.
—Neville, que fais-tu là ?
—Ah, salut Hermione. Je sors de la salle sur demande. Tu te souviens de l'AD ?
—Oui bien sûr. Tu l'as reformée ?
—Exactement. Avec l'aide de Seamus et de Dean, nous nous relayons pour dispenser des cours de défense aux plus jeunes. Les cinquième, sixième et septième années s'entraînent seuls, entre eux.
Des grognements se firent soudainement entendre à quelques couloirs d'eux et Neville eut un grand sourire.
—Ah, oui ! En sortant de la salle, je me suis trouvé derrière les Carrow, sans qu'il me voient. Tu ne devrais pas rester là, Hermione. Ils ont eu, comment dire…quelques petits soucis. Ils ne seront pas tendres s'ils attrapent quelqu'un ! Je te retrouve au déjeuner.
Les jeunes gens se séparèrent. Alors que Neville filait droit devant lui, Hermione se dissimula derrière une gigantesque statue et attendit. Ce qu'elle vit au bout de quelques instants faillit la faire éclater de rire. En effet, deux petits cochons revêtus des vêtements du frère et de la sœur mangemorts trottinaient en poussant des couinements et autres grondements rageurs. La jeune fille posa la main sur sa bouche pour étouffer le rire qui montait et se laissa aller à l'hilarité quand les porcs eurent disparu. Les yeux brouillés de larmes, elle ne vit pas la personne de haute stature qui se tenait devant elle, simplement une silhouette indistincte dont la voix qu'elle n'avait pas entendue depuis quelques jours, la fit tressaillir.
—Et bien, Granger ? Quelle est la raison de ce fou rire ?
Hermione hoqueta, essayant tant bien que mal de reprendre son souffle.
—Monsieur, avez-vous vu les Carrow ?
—Non, je n'ai pas encore eu ce plaisir, fit-il, avec un rictus narquois au coin des lèvres.
—Ecoutez, ils reviennent. Venez, cachez-vous, vous allez voir ça !
En effet, des ronflements excités se faisaient entendre, venant vers eux. Le sombre directeur haussa un sourcil mais, néanmoins suivit Hermione derrière la statue, prenant soin de laisser un espace entre eux cette fois. Pas question de reproduire l'épisode du placard !
Il se raidit en sentant soudain la Gryffondor lui saisir le bras et enfouir son visage contre pour dissimuler son gloussement. Puis il comprit la raison de son amusement. Il faillit lui-même rire à la vue des deux petits cochons courroucés qui couraient de toutes leurs petites pattes en direction du bureau directorial. Quand ils se furent éloignés, les deux humains sortirent de leur cachette. Hermione sentit son cœur battre la chamade en voyant pour la première fois un vrai sourire sur le visage du Maître des Potions. Les yeux noirs brillaient d'amusement, sa physionomie en était changée et le faisait apparaître très séduisant. Enfin, aux yeux d'Hermione. De toute façon, un charme fou se dégageait de lui et la jeune fille n'arrivait pas à détacher les yeux de son sourire.
—Je ne donne pas cher de la peau de Longbottom s'ils découvrent un jour que c'est lui.
La jeune fille sortit de sa transe extatique et le regarda surprise.
—Comment savez-vous que c'est l'œuvre de Neville ?
—Chère Miss Granger, il me semble vous avoir dit il y a quelques semaines, que j'étais au fait de tout ce qui se passait dans cette école. Ce n'est pas la première fois que j'assiste à une de ses performances. Il est plus doué en métamorphose qu'en potions, railla-t-il. Quoi qu'il en soit, je dois retourner à mon bureau prendre en note la plainte de ces deux idiots, et leur rendre leur apparence normale, même si celle-ci leur convient très bien, ma foi.
Hermione sourit alors que le sombre professeur remettait son masque froid et s'éloignait. Elle gagna lentement la grande salle car l'heure du déjeuner approchait. Elle y retrouva Neville, Ginny et les autres Gryffondor qui commentaient à voix basse les exploits de leur ami. Après le repas, le jeune homme demanda à Hermione à lui parler en privé. Elle l'emmena donc dans les quartiers des préfets d'où Draco était absent. Il s'installèrent devant la cheminée et il avança :
—Tu ne viendrais pas à quelques séances de l'AD pour entraîner une peu les troisième année ? Des Serdaigles et des Poufsouffles nous ont rejoints. Cela fait du monde et nous ne sommes que trois. Ginny vient d'accepter de nous aider ainsi que Luna. Elles sont assez douées pour intégrer l'équipe des entraîneurs.
—Ce serait avec plaisir Neville, mais tu sais, avec mon travail de préfète en chef, je n'ai pas beaucoup de temps. Quand se passent les réunions ?
—Le soir après souper, pendant une demi-heure. On ne peut pas faire plus car les Carrow soupçonnent déjà quelque chose. Tout à l'heure, ils étaient proches de la salle. J'ai dû détourner leur attention.
Hermione éclata de rire.
—Oh, oui et j'ai vu de quelle façon. Comme dirait le directeur, tu es plus doué en métamorphose qu'en potions !
A voir les traits figés de son ami, Hermione sut qu'elle avait trop parlé. Elle se mordit les lèvres, et chercha une explication plausible à ce qu'elle venait de dire. N'en trouvant pas, elle décida de dire la vérité. Après tout, il était temps que quelqu'un d'autre sache pour Severus Snape. Alors pourquoi pas Neville ? Elle avait toute confiance en sa discrétion. Son ancien professeur le terrorisait toujours et ce serait peut-être une façon d'amoindrir sa peur. Elle lui prit le bras et se pencha vers lui. Elle chuchota :
—Tout à l'heure, j'ai attendu pour voir de quoi tu parlais, pour les Carrow. Je dois dire que je n'ai pas été déçue, sourit-elle. Quand ils se sont éloignés, je n'ai pas pu me retenir et j'ai éclaté de rire. C'est à ce moment que le professeur Snape est arrivé et m'a demandé la raison de ce fou-rire. En entendant les deux autres revenir, je lui ai dit de se cacher avec moi pour les voir. Il a rit Neville et m'a dit cette phrase, que tu es plus doué en métamorphose qu'en potions.
Neville pâlit, blanchit, passa par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel et Hermione crut qu'il allait se trouver mal.
—Alors là, c'est sûr qu'il ne m'enverra pas en retenue avec le professeur Chourave, mais plutôt avec les Carrow, gémit-il, blanc comme un linge.
—Je ne crois pas Neville. Il avait plutôt l'air content de la bonne farce faite aux deux idiots, comme il les a appelés. Il sait que ce n'est pas la première fois que tu t'en prends à eux et il ne t'a pas encore puni, n'est-ce pas ?
—Il sait que…Mais qu'est-ce qui se passe, avec lui ? Qu'est-ce qu'il fait ? Questionna le jeune homme, perdu.
—Il nous protège, Neville, murmura la lionne.
Il la regarda, les yeux grands ouverts, la bouche béante.
—Tu es tombée sur la tête ? Tu oublies qu'il a tué Dumbledore et qu'il a été nommé par le Lord à la tête de l'école.
—Il a tué Dumbledore pour sauver Draco, même si je pense qu'il y a aussi une autre raison mais je ne sais pas laquelle. En tout cas, pour avoir vu Dumbledore dans son tableau juste à côté de Snape, il n'a pas l'air de lui en vouloir, au contraire. Il a été nommé à ce poste, c'est vrai. C'est une chance pour nous, Neville. Snape a toujours été et reste l'espion de Dumbledore. J'ai accumulé pas mal de preuves dans ce sens. Albus avait raison quand il disait qu'il fallait lui faire confiance.
Le Gryfondor la contemplait, septique, bien qu'une lueur incertaine flottait dans ses yeux. Il ne demandait qu'à être convaincu. Hermione décida alors de tout lui dire.
—Il a fait parvenir l'épée de Godric Gryffondor à Harry pour détruire le médaillon de Serpentard. Il m'a donné à lire le livre de Helga Poufsouffle dans lequel j'ai découvert la coupe qui abritait aussi un horcruxe. En passant, il m'a soufflé l'idée du coffre de Bellatrix Lestrange pour la cachette de cette coupe. Un soir que je voulais me rendre en cachette à la bibliothèque, il m'a aussi dissimulée à la vue des Carrow alors que je ne devais pas être dans les couloirs. Tu vois, Neville. Jamais il n'aurait fait tout ça s'il avait été du côté de Tu-Sais-Qui.
—Alors, il serait toujours membre de l'Ordre du Phénix ?
—C'est évident. N'oublie pas ce que Minerva McGonagall a dit pour le nom tabou. C'est lui qui l'a prévenue, elle me l'a confié. De plus, il vient de m'informer qu'une alarme a été posée à Pré-au-Lard pour avertir du retour d'Harry.
—Je n'en reviens pas. Alors toutes ces années passées à nous torturer n'étaient qu'un passe-temps pour lui ? Faut quand même être tordu !
Hermione eut un petit sourire.
—C'est vrai que la pédagogie et lui ne font pas bon ménage.
—Je me demande ce qu'il a contre Harry car il lui en veut. Toujours à le rabaisser…
—Ca, je n'ai pas d'explication Neville. Ce que je sais c'est qu'il l'a toujours protégé.
—Ca ne vient sûrement pas de lui-même ! Ce doit être Dumbledore qui lui a demandé.
—Probablement. Pour ce qui est de l'AD, je ne pourrai pas vous aider, j'en suis désolée. Le directeur m'a à l'œil et je ne pourrai plus aider Harry et Ron si je me fais prendre.
—Je comprends, ne t'inquiète pas. Je ne me fais pas de soucis pour toi, tu sais te défendre, tu l'as prouvé maintes fois.
—Je vais chercher le miroir, essayons d'avoir les garçons.
La jeune fille revint de sa chambre avec l'objet et le frotta. Quelques secondes plus tard, Harry apparut, les cheveux hirsutes et les lunettes un peu bancales.
—Hermione, bonjour. Excuse-moi, je ne suis pas très bien réveillé. On a eu une soirée et une nuit mouvementées.
—J'ai vu ça dans la Gazette du sorcier. Tout va bien, vous n'avez pas été blessés ?
—Non, ça va, juste quelques légères brûlures. Mais on les a soignées. On a la coupe. Il ne reste plus qu'à revenir à Poudlard pour trouver le diadème et tuer le serpent de V…Tu-Sais-Qui qui doit être le dernier horcruxe.
—À ce propos, Harry, il y a un déclencheur activé au village. Dés que tu y poseras un pied, il sera prévenu et enverra ses mangemorts.
—Aie ! Ca complique les choses. De toute façon, je n'ai pas le choix. Je ne peux passer que par là pour remonter au château. On verra bien. On trouvera bien un moyen. Oh, salut Neville. Comment ça se passe pour toi ?
—Très bien Harry. Mais Hermione m'a parlé de Sn…
Un violent coup de coude dans les côtes interrompit sa phrase. Il rougit en voyant Hermione lui faire les gros yeux.
—Oui, tu disais quoi ?
—Euh…Je parlais de Serpentard et du médaillon…Vous l'avez détruit ?
—Oui, ça n'a pas été facile mais une bonne âme nous a envoyé l'épée de Gryffondor. Sauf qu'il a fallu que j'aille la chercher au fond d'une mare gelée !
Hermione pouffa. Snape restait Snape. Il voulait bien les aider mais il fallait qu'ils le méritent !
Elle tendit l'oreille, un bruit lui étant parvenu depuis la porte. Vite, elle effaça le miroir après avoir fait un signe aux garçons et le cacha dans sa poche. Il était temps, Malfoy entrait.
—Tiens, Longbottom. Tu fricotes avec Granger maintenant ?
—Ca te dérange ? Fit l'interpellé en se levant, menaçant.
Hermione se mit tout de suite entre les deux.
—Hop, hop, hop ! Du calme vous deux. Neville venait me parler de ce qu'il a mis en place. Si ce que tu m'as dit l'autre jour est vrai, il est temps de prouver ta bonne volonté.
Le blond se fit aussitôt attentif.
—Dis toujours, fit-il goguenard.
—L'armée de Dumbledore a été reformée, lança-t-elle au grand effroi de Neville.
Celui-ci la regardait comme si elle était devenue folle. Confier une chose pareille à l'ennemi !
L'aristocrate regarda son homologue puis son compagnon.
—Je veux en faire partie, affirma-t-il à la grande surprise de Neville. Je sais ce que tu penses Longbottom, mais qu'Hermione ose m'en parler doit te faire comprendre pas mal de choses, non ?
Le grand Gryffondor se gratta la tête, la mine ahurie. Il avança :
—Comment être sûr que tu ne nous trahiras pas ?
—Ben, justement, t'en sais rien ! C'est plutôt marrant, hein ? Le provoqua l'autre.
—Arrête Draco. Prends-le avec toi, Neville. Fais-moi confiance comme tu dois faire confiance à Draco et au professeur Snape. Il sait se battre et te sera un précieux allié. Tu dois me croire.
—Ecoute-la, tu la connais, elle ne blague jamais…Elle est sérieuse, respectueuse, travailleuse…
La jeune fille lui lança un regard noir. Il lui renvoya un sourire taquin. Neville faillit en tomber dans les pommes. D'abord Snape, ensuite Malfoy ! Quand la terre avait-elle commencé à tourner à l'envers ? Il se décida.
—Bon, les soirs où tu n'as pas de ronde, rejoins-nous à la salle sur demande de vingt heures trente à vingt et une heures.
—Ok, à ce soir vieux ! Et il disparut dans sa chambre.
Neville hocha la tête, encore abasourdi du revirement de Malfoy. Hermione le regardait sans rien dire et finit par le secouer car l'heure des cours approchait.
