Chapitre 10 – À fleur de peau

Nous nous pressions l'un contre l'autre, avides de nos baisers. J'avais un tel besoin de lui, de le sentir toujours plus près de moi, en moi, de me fondre en lui, je le désirais si fort.

Je me redressai, me mettant à genoux pour reprendre là où je m'étais arrêtée. Je retirai les boutons de sa chemise, il s'assit aussi pour m'aider à la faire glisser le long de ses bras, il se retrouva en maillot. Celui-ci moulait son torse, faisant ressortir ses pectoraux musclés, il avait un corps de rêve.

De son côté, il fit la même chose en s'attaquant à mon chemisier. Le simple effleurement de ses mains près de ma poitrine me fit frissonner. Il s'appliqua sur chaque bouton, prenant son temps et m'embrassant en même temps. Quand il eut terminé, il le retira mettant à nu mes épaules et dévoilant le haut de mon corset. Il caressa mon visage de ses doigts, il les laissa glisser à la base de mon cou puis continua sur mes épaules avant d'effleurer mes bras. A son contact, mon corps tout entier se mit à trembler.

- Tu as froid ? Chuchota-t-il.

- Non, répondis-je, me perdant dans le vert de ses yeux.

- Tu as peur. Affirma-t-il. Tu n'es pas prête. Il retira ses mains.

- Non, Edward, le retins-je en attrapant sa main, je n'ai pas peur. J'ai seulement…c'est juste que…je n'ai jamais…tu comprends.

- Bella, je ne voudrais pas t'inciter à faire quelque chose que tu pourrais regretter plus tard. Tu ne dois pas te sentir obligée de faire quoi que ce soit parce que je dois partir. Me rassura-t-il.

Je posai mon doigt sur sa bouche, lui intimant le silence, il devait cesser de chercher à me faire changer d'avis. Je pris sa main et la dirigeai vers mon corps au niveau de ma hanche, l'incitant à me toucher. Je sentis la chaleur de sa peau à travers le tissu de ma jupe. Je plongeai alors mon regard dans le sien.

- Offre-moi ce moment, que je puisse le graver à jamais dans ma mémoire. Je veux que ce soit toi pour ma première fois et pour toutes les autres, il n'y aura que toi et personne d'autre, je t'attendrai. Ceci est ma promesse. Edward, touche-moi, pose tes mains sur moi et aime-moi.

Il me regarda intensément imprimant mes mots dans son esprit. Sa main qui se trouvait sur ma hanche, se mit à bouger et glissa vers la fermeture éclair de ma jupe, il l'ouvrit faisant tomber le vêtement le long de mes cuisses pour arriver à mes genoux. Je me soulevai légèrement pour l'aider à la retirer complètement. Je ne portais plus, à ce moment-là, que mon corset qui m'arrivait dans le bas de mes cuisses.

Je posai délicatement mes mains sur sa taille, attrapant le bas de son maillot pour le soulever et le faire passer par-dessus sa tête. Il était torse nu à présent. Je ne pus m'empêcher de toucher son torse si bien dessiné, avec ses pectoraux si fermes. J'avais rêvé de le faire dès notre première rencontre lors de la visite médicale quand je l'avais vu en caleçon. Je sentis les battements de son cœur s'affoler sous mes paumes. Ses yeux étaient pleins de désirs.

Mes mains glissèrent sur sa peau, caressant chaque muscle. J'atteignis plus bas la ceinture de son pantalon. Je défis le fermoir et m'attaquai aussitôt au bouton. Il m'aida à le retirer complètement, enlevant au passage chaussures et chaussettes, ne gardant pour le moment que son caleçon blanc.

Nous nous tenions à genoux l'un contre l'autre, la bouche d'Edward se plaqua contre la mienne avec un besoin vital, une faim jamais rassasiée. Ses mains caressèrent mes cheveux, les repoussant de mes épaules pour les faire glisser derrière mes oreilles, découvrant ainsi ma nuque. Il se pencha pour déposer ses lèvres sur mon cou, allumant avec sa bouche un tison brûlant. D'un geste doux, il fit glisser les bretelles de mon corset sur ma peau laiteuse, dévoilant par la même occasion ma modeste poitrine. Il acheva de retirer ce vêtement, dernier rempart à ma nudité, puis il se recula pour me regarder. Il me dévorait littéralement du regard, je sentis brusquement le rouge me monter aux joues, personne ne m'avait regardée ainsi, personne ne m'avait vue nue.

- Dieu, que tu es belle, mon amour. Exhala-t-il dans un chuchotement émerveillé.

Je souris timidement à ce compliment qui me flattait. Il dénoua alors son caleçon et s'en débarrassa prestement. Il se tenait devant moi, sa virilité si fièrement dressée.

A présent nous étions nus, tous les deux, face à face. Il nous fit basculer sur le côté, nous retrouvant allongés sur la couverture. Edward se rapprocha de mon visage, son souffle tout près de ma bouche. Il se pencha au dessus de mon corps, son torse frôlant ma poitrine. Je sentis la froideur de sa plaque militaire effleurer ma peau. Je saisis l'objet d'un doigt et fis pression dessus pour que ses lèvres se posent sur les miennes, qu'il butina. Sa bouche glissa ensuite tout près de mon oreille par laquelle j'entendis ces mots qui avaient le don de me toucher en plein cœur « je t'aime ». Ses lèvres continuèrent leur chemin en se nichant dans mon cou pour tracer un sillon brûlant à la base de ma gorge. Elles glissèrent ensuite au centre de ma poitrine, effleurant au passage mes seins dont la pointe se dressa sous ce contact sensuel. Sa bouche atteignit mon nombril qu'il titilla de la langue. Mon corps ondulait sous ses caresses. Chaque toucher, chaque baiser était un mélange de douceur et de tendresse. Ses mains caressèrent mes épaules puis descendirent sur mes bras pour s'arrêter sur mes hanches et à la naissance de mes cuisses. Il releva une de mes jambes qu'il écarta et déposa ses lèvres à l'intérieur de ma cuisse, marquant ma peau au fer rouge.

Mon cœur battait la chamade sous le poids de toutes ces sensations que je découvrais au fur et à mesure qu'Edward explorait mon corps. Mes doigts agrippèrent ses cheveux. Ses mains remontèrent pour englober mes seins, puis sa bouche se posa sur mes mamelons, les titillant avec sa langue pour les faire durcir. Je sentis son sexe se frotter contre ma cuisse. Je multipliais les caresses sur chaque parcelle de son corps, passant de son torse, à son dos pour descendre sur ses fesses si fermes que j'avais tant désiré toucher.

Il remonta au niveau de mon visage et plaça son corps au dessus du mien, écartant au passage mes jambes pour se nicher entre elles. Sa virilité dressée se trouvait à la porte de mon intimité. Mon cœur se mit à battre plus fort envoyant de violentes pulsations dans mes tympans. Mon corps tout entier frissonnait d'excitation, je n'en pouvais plus, j'en voulais plus, cette partie nichée dans mon bas ventre avait besoin de lui, de le sentir en moi. C'était une véritable torture.

- Edward, met fin à ce supplice, le suppliai-je en susurrant d'une voix suave.

Ses yeux d'émeraude enivrés par le désir s'encrèrent dans les miens.

- Tu es sûre, Bella, que c'est vraiment ce que tu souhaites ? Il était trop tard pour faire machine arrière et d'ailleurs je ne le souhaitais pas.

Je plaquai ma bouche contre la sienne et me collai à lui en guise de réponse. Il répondit à mon baiser si avidement qu'on aurait dit qu'il sombrait dans la folie, qu'il se libérait enfin de toutes les barrières qu'il s'était imposé. Sa langue lécha ma lèvre inférieure, l'incitant à s'ouvrir pour rejoindre la mienne. Quand elles se rencontrèrent, elles s'entremêlèrent dans un ballet sensuel. J'étais totalement à sa merci, emprisonnée dans un tourbillon de sensations qui me mettaient au supplice.

- Je vais peut-être te faire mal, mon amour…Murmura-t-il, toujours prévenant même en cet instant passionnel.

A ce moment, j'ouvris grand les yeux, surprise par ce mélange de douleur à l'intérieur de mon corps et de plaisir intense de pouvoir enfin le sentir en moi. Il s'immobilisa un instant pour me laisser le temps de m'accoutumer à sa présence. Il m'embrassa tendrement, goûtant à chaque parcelle de mon visage comme s'il souhaitait effacer la douleur. Celle-ci s'estompa peu à peu, je commençai alors à onduler légèrement sous lui, avide de le sentir plus profondément en moi. Il entama un léger va et viens tout en sensualité, allant d'abord doucement puis accélérant le rythme suivant mes réactions par lesquelles je lui montrais que j'avais envie de lui et aimais ce qu'il me faisait découvrir.

Nos corps enlacés ne faisaient plus qu'un. Cette avalanche de sensations me faisait gémir entre ses bras. Je m'accrochais à lui, enfonçant mes ongles dans son dos, je le serrais tellement fort sous la violence de la passion qui m'assaillait. Mon corps se cambrait sous celui d'Edward. Il attrapa mes mains pour les poser de chaque côté de ma tête et entrelaça nos doigts. Je le sentais aller et venir en moi toujours plus profondément jusqu'à cette explosion, cette délivrance qui me fit trembler de tout mon être. Edward atteignit cette extase au même moment quand je le sentis se libérer en moi.

Il se laissa retomber contre moi posant sa tête sur mon épaule. Nous étions pantelants et essoufflés par cette union si sacrée à mes yeux. J'étais heureuse. J'avais entendu parler de l'amour mais rien ne ressemblait à mes attentes, c'était au-delà de tout ce que j'avais espéré. Il m'avait comblée en se donnant à moi.

Il roula sur le côté et m'attira contre lui tout en nous enroulant dans la couverture. Peu à peu, nos respirations reprirent leur rythme normal.

- Tu vas bien, je ne t'ai pas fait trop mal ? S'inquiéta-t-il, son visage enfouit dans mes cheveux.

Je fis non de la tête, incapable de parler mais me collant encore plus dans ses bras. Il me serra alors plus fort, déposant un baiser au sommet de mon crâne.

Nous restâmes un long moment ainsi sans rien dire, écoutant seulement le chant des oiseaux, l'eau tomber de la cascade. Ma main joua machinalement avec la plaque militaire d'Edward, posée sur son torse, sur laquelle était gravée « MASEN Edward, matricule n°174981, US Army, 23ème régiment », puis mon regard se porta sur ma main ou plutôt ce qui ornait mon doigt, cette bague qui signifiait notre engagement l'un envers l'autre, nous étions fiancés.

- Quand je lui ai fait part de mes intentions à ton égard, ma mère m'a confié cette bague pour que je puisse te l'offrir. M'expliqua-t-il en voyant mon admiration pour ce bijou.

- Comment ? Cette bague appartient à Elisabeth mais elle voudra sûrement la récupérer. Répondis-je.

- Non, elle est à toi. Toi qui porteras bientôt le nom des Masen. Cette bague est léguée de génération en génération aux épouses de la famille, elle te revient donc de droit. Mais si elle ne te plait pas, je t'en achèterai une autre à mon retour. Proposa-t-il.

- Tu es fou, elle est sublime cette bague et elle a tellement de signification pour toi et ta famille que je suis honorée de la porter. Merci Edward. Je lui souris.

- Merci à toi. Me répondit-il, me rendant mon sourire.

Il m'embrassa, tenant mon visage entre ses mains. Il se redressa ensuite, m'incitant à m'asseoir aussi et attrapa le sac qui était à côté de nous.

- Tu as faim ? Me demanda-t-il.

A sa question, nous entendîmes mon ventre émettre d'énormes gargouillements, nous nous regardâmes et éclatâmes de rire.

- On dirait que oui. Commenta-t-il.

Il sortit alors du sac du pain, du jambon enveloppé dans un torchon et du fromage avec une bouteille de vin rouge.

Il me servit d'abord puis me tendit un verre. Nous étions toujours enroulés dans la couverture.

Après le repas, je fis une brève toilette près de la rivière portant uniquement sur le dos la chemise d'Edward, je revins vers lui et m'allongeai sur la couverture à son côté. Il avait ramassé notre pique-nique et remit son pantalon. Je posai ma tête sur ses genoux et il se mit à me caresser les cheveux, je fermai alors les yeux.

Je me retrouvais à nouveau dans cet avion avec Edward, nous souriant l'un l'autre, puis tout à coup tout s'assombrit, Edward touché au bras et l'avion qui s'écrase au sol.

- Non Edward ! Criai-je en ouvrant les yeux.

Je sentis aussitôt une main chaude sur ma joue qui me caressait.

- Je suis là, mon amour. Me rassura-t-il de son beau ténor

Je tournai mon visage vers lui, il était bien là en chair et en os, ses beaux yeux verts me regardaient. J'avais dû m'assoupir.

- Encore ce cauchemar. Dis-je en me pelotonnant contre lui. Je remarquai alors que j'étais enveloppée dans la couverture et qu'il avait remis son maillot ainsi que ses chaussures.

- Ce cauchemar dans lequel je suis ? Me demanda-t-il.

J'hochais la tête.

- Edward, j'ai un mauvais pressentiment, j'ai peur qu'il t'arrive quelque chose.

- Bella, je te promets d'être très prudent, tu n'as pas à t'inquiéter pour moi. Il me donna un baiser et se leva. Le ciel commence à s'assombrir, il va falloir qu'on rentre avant qu'il ne fasse complètement nuit. Je m'éloigne un peu pour te laisser un peu d'intimité afin que tu puisses te rhabiller.

- Merci, lui dis-je, reconnaissante qu'il respecte ma pudeur malgré que nous venions de nous donner l'un à l'autre.

Je le vis disparaître derrière les arbres. Je retirai sa chemise que j'humai au passage, m'imprégnant de son odeur. J'enfilai rapidement mon corset ainsi que ma jupe. Je terminai de remettre les derniers boutons de mon chemisier quand j'entendis un bruit de feuillage derrière moi. Il devait être de retour. Je me retournai donc vers lui. Soudain, je sursautai et poussai un cri quand je vis devant moi un homme de taille moyenne, les cheveux châtains coupés ras. Il portait une chemise blanche toute fripée et sale, et un pantalon noir dans le même état. Il était pieds nus.

- Tiens, tiens, mais qu'avons-nous là, une belle demoiselle très appétissante. Ricana-t-il

Je reculai de quelques pas, cet homme me faisait peur, il avait la peau blafarde et il me fixait de ses yeux rouge sang.

- Bella ! Entendis-je Edward m'appeler et courir vers moi. Il se plaça directement devant moi face à cet homme, utilisant son corps comme bouclier, il encercla ma taille pour me garder derrière lui.

- Qui êtes-vous et que voulez-vous ? Lui demanda-t-il méfiant.

- Ah, toujours ces mêmes questions. Répondit-il.

Soudain, une jeune femme arriva et se plaça à côté de l'homme. Elle avait une tignasse d'une teinte rouge flamboyante parsemée de feuilles mortes et elle était pieds nus elle aussi.

- Hum, James, je vois que tu as trouvé de la chair fraîche. Lui dit-elle en se collant à lui et en l'embrassant de manière indécente.

- Tu aimes ? Je les ai flairés de loin, surtout la fille. Il me fixait à nouveau comme s'il allait me sauter dessus. Edward resserra son étreinte et se tenait prêt à nous défendre. Mais je t'en prie, Victoria, fais ton choix, c'est mon cadeau.

- J'ai une préférence pour le jeune homme, son odeur est plus subtile et la petite entaille qu'il a à la lèvre me met en appétit. Elle planta son regard rougeoyant sur Edward. D'un seul coup, j'eus peur pour lui, pour nous.

Ils se rapprochèrent de nous pas à pas, comme s'ils prenaient un malin plaisir à nous effrayer. De notre côté, nous reculions jusqu'à ce que je me retrouve dos à un immense tronc d'arbre, nous étions bloqués, pris au piège.

- Laissez-les tranquille. Ordonna une voix masculine qui provenait de derrière nous.

Nous tournâmes alors la tête pour voir qui s'immisçait dans cette entrevue. Adossé à l'arbre qui nous faisait obstacle, se trouvait un homme grand et blond. Il était aussi pâle que les deux individus qui nous faisaient face mais il était moins terrifiant. Peut-être était-ce dû à ses yeux couleur topaze qui me rappelaient ceux de Carlisle.

- Cela ne te concerne pas étranger, passe ton chemin. Intervînt le prénommé James.

Alors le jeune homme se plaça entre nous et eux, nous tournant le dos.

- Je suis au regret de vous annoncer que ce territoire est occupé, il appartient à un ami, alors vous n'avez rien à faire ici. Fichez le camp !

Ils se toisèrent, serrant les poings comme s'ils étaient prêts à s'affronter.

Soudain, on entendit au loin des hurlements de loups, ils devaient être trois ou quatre. Les inconnus devant nous les entendirent également. Ils se regardèrent puis posèrent leurs regards en direction des bois. On pouvait entendre des piétinements de pattes faucher les feuilles mortes et se rapprocher rapidement.

Nous vîmes le couple reculer lentement puis de plus en plus vite jusqu'à ce qu'ils disparaissent derrière les arbres. Quand notre regard se posa à nouveau sur le jeune homme qui s'était interposé, il avait disparut lui aussi. Je n'avais aucune idée par quelle direction il était parti. A ce moment précis, de l'autre côté surgirent d'immenses loups taillés comme des ours. Ils étaient quatre, l'un était noir, un autre gris foncé, il y avait un brun et enfin un gris. Ils arrêtèrent leur course pour nous regarder, nous toisant Edward et moi, qui n'avions toujours pas bougé. Puis ils orientèrent leurs truffes vers l'endroit où le couple avait disparut. Ils se mirent à courir de nouveau dans la même direction et s'éloignèrent très vite.

Nous nous retrouvions seuls à présent. J'avais du mal à comprendre ce qui s'était passé et ce que nous voulaient cet homme et cette femme si étranges, et ses énormes loups qui étaient passés devant nous. Etaient-ce eux qui avaient attaqué les gens dans la forêt, était-ce l'un d'entre eux qui avait tué Alice. Pourquoi ne nous avaient-ils pas attaqués ? Et qui était cet homme qui avait eu le courage de s'interposer ?

- Bella, il faut que l'on s'en aille, ton père avait raison, les bois ne sont pas sûrs, je n'aurais jamais dû t'amener ici. Je pense que ces loups doivent correspondre à la bête que ton père est allé chasser. Mais il n'a parlé que d'un seul animal et là, il y en avait quatre. S'inquiéta-t-il.

Je me posais les mêmes questions qu'Edward mais j'étais incapable d'y répondre. Il prit ma main et nous précipita vers Titan, il m'installa dessus, ramassa la couverture et le sac, enfila rapidement sa chemise et monta derrière moi. Il donna un brusque coup de talon dans les flancs de l'animal et celui-ci partit au galop.

- Accroche-toi. Me conseilla-t-il.

Je passai alors mes bras autour de sa taille et le serrai très fort. Je voyais les arbres défiler devant moi à une vitesse tellement folle que cela me tourna la tête. Je réfugiai alors mon visage dans le creux de son épaule pour ne plus voir le trajet.

Quand nous arrivâmes devant l'écurie, il faisait nuit. Edward dessella Titan et le rentra dans son box. Puis nous prîmes sa voiture et filâmes en direction de ma maison.

J'oubliai un peu ce qui venait de se passer avec les inconnus quand je pris conscience que le moment de se quitter approchait. Je commençai à avoir le cœur qui battait de plus en plus fort, j'eus mal au ventre tellement la peur de me séparer de lui était insupportable.

Edward coupa le moteur devant la maison. Il se tourna vers moi et me regarda intensément, je voyais la tristesse dans ses yeux. Nous approchions nos visages, il posa son front contre le mien. Nous ne parlions pas. J'enfouissais mes doigts dans ses cheveux pendant qu'il me caressait la joue. Nous nous regardions profondément, voulant imprimer le visage de l'autre dans notre mémoire.

- Bella, il faut que je rentre…dit-il dans un souffle.

- Je sais, répondis-je un nœud dans la gorge.

De ses mains, il encadra délicatement mon visage comme si j'étais un objet précieux. Je fermai les yeux quand il s'approcha, pour savourer ce baiser d'adieu. Il posa délicatement ses lèvres sur les miennes, les butinant sans fin, sans vouloir s'arrêter.

Au bout de quelques minutes, il rompit notre étreinte et descendit de la voiture pour m'ouvrir la porte. Il me tendit la main comme il l'avait toujours fait pour m'aider à sortir. Je posai la mienne sur la sienne, et me levai. Je me retrouvai debout face à lui, contre lui.

- Il faut que tu rentres maintenant. J'hochai la tête, incapable de sortir un mot. Au revoir mon amour, prends soin de toi.

Il déposa un dernier baiser sur mon front et me poussa vers la maison. J'arrivai devant la porte et me retournai. Il était remonté dans sa voiture, il me fit un signe de la main en guise d'au revoir, et s'en alla. Quand la lumière de ses phares eut disparu, je poussai la porte de la maison, y pénétrai, tout était calme. Je la refermai et m'adossai contre elle, je me laissai alors glisser au sol. A ce moment, un énorme sanglot m'assaillit. Je ne pouvais plus retenir toute la peine que j'avais au fond de moi. Mon cœur me faisait terriblement mal. Mes joues furent baignées de larmes en quelques secondes. Il était parti, je ne le reverrai pas et peut-être plus jamais. A cette pensée, mes cris redoublèrent. Je remontai mes genoux contre ma poitrine en les encerclant de mes bras, j'y enfouissais mon visage et je pleurai, versant toutes les larmes de mon corps. Je ne pouvais plus m'arrêter tellement ma peine était grande et la douleur insupportable.

Je ne sus combien de temps je restai ainsi, quand une main froide me caressa les cheveux et j'entendis la voix de ma mère.

- Ma pauvre chérie, je sais ce que tu ressens, viens près de moi. Elle me tendit les bras, je me jetai contre elle et fondis à nouveau en larmes. Elle me berça et me murmura des mots de réconfort.

Quelques instants plus tard ou bien quelques heures, je ne savais plus, je perdais la notion du temps, je me retrouvai dans mon lit en chemise de nuit, serrant mon oreiller. Je regardai sans voir tout autour de ma chambre. Mes yeux tombèrent alors sur la veste d'Edward. Je me levai en vitesse pour l'attraper et retournai me coucher, le vêtement pressé contre mon visage. Je pouvais sentir son odeur, elle me faisait du bien et apaisait ce trou béant qui s'était formé dans ma poitrine. Elle me permit de retrouver le sommeil quelques heures mais je fus à nouveau hantée par ce cauchemar, toujours le même. C'était d'autant plus douloureux en me réveillant car il n'était pas là pour me prouver que tout allait bien. Même si je savais qu'il n'était pas encore parti.

A quatre heures du matin, je décidai de me lever pour essayer de chasser mes idées noires. J'irai plus vite travailler, cela me permettrait de penser à autre chose. Il faisait encore nuit quand je pris le chemin qui menait à la route principale sur mon vélo, mais j'arrivais quand même à me diriger, le ciel étant clair.

Je repensai à la rencontre que nous avions faite la veille, notamment ce qu'avait dit l'homme aux yeux dorés, que le territoire appartenait à un ami. Pourtant, Edward m'avait bien précisé que la clairière faisait partie de la propriété des Masen. C'était vraiment étrange. Il fallait que j'avertisse aussi Charlie que la bête en question était un énorme loup et qu'il n'y en avait pas qu'un seul, ainsi que le fait qu'il rôdait des individus dangereux. Je l'informerai en rentrant ce soir.

Après vingt minutes de trajet, j'arrivai à l'hôpital. Le soleil commençait à se lever, je déposai mon vélo dans le hangar. En jetant un coup d'œil sur le parking, je ne vis pas la voiture de Carlisle. Jacob avait peut-être raison, il ne serait sans doute pas de retour aujourd'hui. J'avais l'impression de ne pas l'avoir vu depuis une éternité et que la mort d'Alice remontait à plusieurs semaines.

Je repris mes habitudes, enfilai ma tenue d'infirmière, laissai à regret ma bague dans mon casier, je n'avais pas le droit de travailler avec des bijoux et je me dirigeai vers le secteur des urgences. Tout était encore calme à cette heure. Je vérifiai et complétai quelques dossiers pour les mettre à jour. Une fois la tâche accomplie, je les rangeai sur l'étagère derrière moi. Soudain, j'entendis le battant de la porte s'ouvrir et je reconnus cette voix si familière qui m'interpella.

- Bella !

Ce ténor, je l'aurai reconnu entre mille. Il était là, il était revenu ou pas encore parti. Avait-il changé d'avis. Mon cœur se mit à battre plus vite et à se remplir d'espoir. Je me retournai alors, un immense sourire sur le visage.

- Edward ! Mon sourire se fana aussitôt quand je le vis.

Ses yeux étaient rouges et baignés de larmes. Son visage n'était que souffrance. Je baissai alors les yeux et compris l'origine de sa peine. Il tenait Elisabeth dans ses bras, inconsciente.

- Oh mon dieu, dis-je en la voyant. Je contournais le comptoir pour m'approcher d'eux.

- Je l'ai trouvée ainsi ce matin dans son lit, j'ai essayé de la réveiller mais rien à faire, et elle est brûlante de fièvre. Me dit-il très inquiet.

Je touchai son front, effectivement elle était brûlante.

- Viens suis-moi, je vais l'ausculter. Lui répondis-je

Il l'allongea sur la table que je lui indiquai et je pris sa température. Le thermomètre indiquait 40,1°C. C'était trop.

- Je vais lui donner du paracétamol pour faire baisser sa fièvre. Je reviens.

Avant que je ne puisse faire un pas, Edward me retint par le poignet.

- Bella, dis-moi ce qu'elle a, même si je suis presque certain de le savoir. Dis-moi que je me trompe, qu'elle n'a pas la grippe Espagnole ? Ces yeux m'imploraient.

Je me tournai alors pour lui faire face, prenant sa main entre les miennes.

- Edward, je ne sais pas encore mais, pour ne rien te cacher c'est probable. Elle avait déjà de la fièvre hier et elle s'est rendue à l'hôpital de Port Angelès en milieu de semaine, pour déposer les bénéfices de la soirée de charité. Je sais que Carlisle m'a parlé que là-bas ils étaient débordés par tous ces malades atteints du virus. Je préfère avoir l'avis d'un médecin car je n'ai jamais rencontré de personne atteinte par cette maladie.

- Moi si. Répondit-il, il devait sûrement penser à son père.

- Si seulement Carlisle était là, il pourrait nous dire. Je vais chercher de quoi faire descendre sa température et en même temps je préviendrai le Dr Walsh. Je posai ma main sur sa joue puis je sortis de la pièce.

A ce moment, j'avais plus que besoin de Carlisle, de son savoir et de son expérience. Pour l'instant, je ne me préoccupais plus de son côté sombre. J'avais plus important à penser, la santé d'Elisabeth. Je n'osais même pas imaginer ce qui se passerait si elle était bien atteinte de la grippe Espagnole et ne s'en remettait pas. Edward avait déjà beaucoup souffert quand cette maladie avait emporté son père. S'il devait perdre sa mère à présent, il ne s'en remettrait jamais.

Je me procurai les médicaments nécessaires dans le local à pharmacie et me dirigeai vers le cabinet du Dr Walsh qui se trouvait à côté de celui de Carlisle. Malheureusement, la porte étant ouverte, je constatai que le bureau était vide. Je retournai donc auprès d'Edward et sa mère, pour lui injecter le produit qui, je l'espérai, ferait baisser sa température. Quand je pénétrai dans la salle de consultation, je découvris, à mon grand soulagement, que le Dr Cullen était arrivé. J'étais heureuse de le voir. Il ne me faisait plus peur pour l'instant. Il était en train d'examiner Elisabeth. Edward était assis à côté d'elle près de son visage, il lui tenait la main qu'il portait à ses lèvres.

- Carlisle, dieu merci, vous êtes de retour. L'accueillis-je.

- Bonjour Bella, je suis revenu aussi vite que j'ai pu quand j'ai su pour Elisabeth.

- Comment l'avez-vous appris ? Lui demandai-je, surprise qu'il soit au courant de l'état d'Elisabeth Masen.

- Hum, ça n'a pas d'importance. Eluda-t-il, puis il revint à Elisabeth. Elle a une forte fièvre et elle est très faible. Edward tu m'as dit qu'elle s'était rendue à Port Angelès, quand était-ce ?

Edward me regarda, cherchant la réponse. Je répondis alors à sa place.

- Elle y est allée mardi dernier.

Carlisle parut réfléchir.

- Exposition au virus mardi, il faut compter deux à trois jours d'incubation, les premiers symptômes samedi ou dimanche….

- Elle avait de la fièvre dimanche, le coupai-je.

- Merci, puis il reprit, état très faible, défenses immunitaires quasiment nulles. Il se redressa et regarda Edward. Je suis désolé Edward, mais elle est bien atteinte de la grippe Espagnole.

- Non ! Hurla-t-il en cachant son visage entre ses mains.

Je vins rapidement à lui, posant mes mains sur ses épaules en guise de réconfort.

- Il n'y a pas de temps à perdre, il faut que l'on fasse baisser sa fièvre. Je lui tendis alors la seringue remplie de paracétamol. Merci Bella, il lui fit l'injection puis continua. Mettons-la dans une chambre isolée des autres patients, masques obligatoires dans sa chambre et pas de contact physique. Non Edward ne la touche pas ! Lui ordonna-t-il en voyant la main d'Edward caresser le visage inconscient de sa mère. Il retira sa main à regret.

Nous plaçâmes donc Elisabeth dans une chambre au fond de l'hôpital, seules les personnes déjà entrées en contact avec la malade avaient le droit de la visiter, soit Edward, Carlisle et moi.

Depuis son arrivée, Edward n'avait pas quitté Elisabeth, il se tenait debout dos à la fenêtre, il ne disait rien et se contentait de la regarder. C'était le moment que je choisis pour lui parler.

- Edward, je suis désolée, si j'avais su hier que sa fièvre venait de la grippe….J'aurais dû y penser et t'en parler, je ne…

- Bella, m'interrompit-il, ne te reproche rien, ce n'est pas ta faute. C'est la fatalité. Lâcha-t-il à travers son masque.

Il me tendit les bras, je m'approchai alors près de lui, il m'enlaça et me serra très fort.

- Merci d'être là mon amour.

J'essayai de tout cœur d'apaiser sa peine et j'avoue que je délaissai un peu mon travail pour Elisabeth et son fils.

A peine une heure après leur arrivée, Tyler apparut à l'hôpital devant la chambre d'Elisabeth. Il venait sûrement chercher Edward, car il était encore tôt. Il lui fit signe d'approcher car il n'avait pas le droit de pénétrer dans la pièce. Edward alla à sa rencontre, retirant son masque et je le suivis de près.

- Le personnel de ta maison m'a informé où tu te trouvais. Je suis désolé pour ta mère, Edward, mais nous devons y aller car nous allons être en retard. L'informa-t-il.

- Je ne viens pas avec toi, Tyler, je reste ici. Décréta-t-il.

- Comment ? Mais…mais…bien que je comprenne les raisons de ta décision, je ne suis pas certain que les Généraux te soutiendront, tu risques la prison pour désertion si tu ne viens pas. L'avertit-il.

- Eh bien qu'ils viennent me chercher ! S'énerva Edward. Je ne bougerai pas. Je ne quitterai pas ma mère dans cet état, elle a besoin de moi.

J'avançai alors, retirai mon masque et leur fis face.

- Edward, tu sais à quel point je souhaite que tu restes mais il a raison. Il faut que tu y ailles. Lui conseillai-je.

- Bella, n'insiste pas, me répondit-il d'un ton bourru en ravalant sa colère, je reste avec elle, je ne peux pas l'abandonner ainsi, je suis sa seule famille. J'avais déjà remarqué qu'il pouvait être colérique, je m'apercevais maintenant qu'il était têtu et obstiné, Elisabeth avait raison.

- Je peux peut-être faire quelque chose, intervint Carlisle derrière Tyler. Nous nous retournâmes vers lui.

- Quoi donc ? Demanda Edward.

- Eh bien, il se trouve que j'ai des relations parmi les hauts gradés de la base militaire, notamment avec le colonel Dowlittle. J'ai sauvé sa jambe de l'amputation, il y a deux ans et il m'a toujours dit qu'il m'était redevable. Je pense donc que c'est le moment de mettre à profit cette dette. Il sourit. Peut-être t'accordera-t-il un délai. Il s'adressa à Tyler. Jeune homme, pouvez-vous patienter quelques minutes pour que je rédige un courrier à son attention, que vous lui remettrez en main propre ?

Tyler acquiesça. En peu de temps, Carlisle écrivit une lettre d'une page qu'il confia au camarade d'Edward. Celui-ci repartit seul, laissant Edward près de sa mère. Il revint une heure plus tard avec la réponse du Colonel à l'attention d'Edward. Celui-ci l'ouvrit et jeta un bref coup d'œil dessus.

- Il m'accorde un délai jusqu'à mercredi matin cinq heures, jusqu'à notre départ pour l'Europe, il ne peut pas faire plus. Nous informa-t-il. Il regarda Carlisle. Merci. Ce dernier hocha la tête.

Dans la matinée, la température d'Elisabeth redescendit à 39,3°C. C'était encore beaucoup mais elle revenait un peu à elle. Elle ouvrit les yeux doucement et remarqua d'abord Edward.

- Edward…que…fais-tu…ici ? Lui demanda-t-elle d'une faible voix. Tu vas…être…mis…aux arrêts.

- Je suis là pour toi, Maman, je t'aime. Lui répondit-il dans un murmure en lui prenant la main et lui caressant la joue.

- Moi aussi je t'aime mon grand garçon, si beau. Puis elle posa les yeux sur moi. Bella, vous êtes là aussi mon enfant ! Elle me souriait.

- Comment vous sentez-vous Elisabeth ? Lui demandai-je.

- Ça va, me répondit-elle, mais je voyais bien qu'elle était faible, juste un peu fatiguée.

- Alors il faut vous reposer ma chère Elisabeth. Carlisle entra dans la chambre et se tourna vers Edward.

- Edward, peux-tu sortir un moment, le temps que j'ausculte ta mère ? Lui demanda-t-il, et je t'en prie, évite de la toucher! Le sermonna-t-il tout bas. Bella reste avec moi, j'ai besoin de ton aide. J'hochai la tête.

Edward lâcha la main de sa mère à regret.

- Je reviens tout à l'heure, lui murmura-t-il et il disparut dans le couloir.

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