Sans plus attendre la suite bon dimanche !
Disclaimer : The same.
CHAPITRE DIX : CAUCHEMAR
Valentine Silverwood
BIP BIP BIP BIP
- Mon Dieu que quelqu'un fasse quelque chose !
J'essaye d'éteindre la source du bruit mais je n'y arrive pas, du moins pas en restant sous la couette, à contre cœur je sors de mon antre et fracasse mon réveil. Et merde. Il est huit heures et j'ai qu'une envie : dormir, encore et encore. Malheureusement tous les cours que je peux me permettre de louper sont l'après-midi et il ne faut pas que j'abuse de sa gentillesse même si ce n'est pas le mot le plus adapté pour décrire mon directeur de maison, je lui dois beaucoup.
Malgré moi, je sors de mon lit pour me préparer. Une fois prête, je descends dans la Grande Salle pour rejoindre Clémence. Même quelques jours après, les effets de ma provocation envers Ronnie sont toujours présents. Les élèves ici n'aiment pas vraiment les trompeurs. Ils se sont chargés eux même de lui faire vivre un enfer. Cependant, Granger a rapidement deviné que ce manège venait de moi et maintenant, tout est revenu à la normal. Cette magnifique après-midi passé avec elle semble loin. Tout se passe comme je le souhaite. Il faut que je reste loin d'elle.
- Bonjour toi ! Comment tu vas ?
- Ça va et toi ?
Je peux voir qu'elle ne va pas bien, pourquoi elle ne me dit rien ? S'il y a bien une personne qui peut m'importuner avec ses problèmes c'est bien elle.
- Clémence, tu sais que si tu as un problème n'importe lequel, tu peux m'en parler ?
- Oui je sais, c'est juste compliqué.
- C'est quelqu'un qui te mets dans cet état ? Une fille ?
- Je t'en parlerai quand je serai prête..
Alors là, elle réveille en moi ce que j'essaye d'enfouir plus que tout. Une fille ? Mais qui la tourmenterait de la sorte ? Quelqu'un chez les Serdaigles ? J'ai pas envie de la brusquer donc je préfère ne pas insister.
Sur le chemin pour aller au cachot, j'intercepte mon frère.
- Tu n'aurais pas un réveil ?
- Un seul, qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Que j'aille en voler un ?
- Nan c'est bon je trouverai une solution merci et quand tu verras Ginny dit lui qu'elle ne peut pas me faire la tête éternellement !
J'entre en salle de cours et me mets devant. J'espère qu'il ne va pas encore parler de son club de duel. Malheureusement il le fait et je ferme les yeux en attendant.
- Le premier rendez-vous au club de duel s'est très bien déroulé, nous continuerons donc la semaine prochaine Maintenant vos copies, pour changer vous n'êtes qu'une bande de larves décevantes, je ne sais pas comment vous ferez lors de vos A.S.P.I.C. ! Weasley ! Lamentable ! Brown, qu'est-ce que vous comptez faire plus tard ! Potter, arrêtez maintenant vous me faciliterez la tâche dans la correction de vos copies, à force de corriger vos bêtises, mes rétines me brûlent ! Thomas ça pour être désolant vous l'êtes !
Il continue son manège pour tous les Gryffondors, baissant d'un ton pour les Serpentards. Il agite énergiquement ma copie devant mes yeux pour que je les ouvre. Ah Optimal génial, je peux me rendormir alors.
- Sortez vos parchemins bande d'incapables et prenez des notes !
Ou pas, je sors tout mon matériel de compétition et prends ce qui me semble utile. J'en peux plus, faut que je sorte d'ici. Peut-être que je pourrai vraiment dormir en cours de potions. Horace est plutôt conciliant quand on sait comment l'amadouer.
- Aujourd'hui les enfants, nous allons faire un cours spécial. Vous allez réaliser une potion à deux. Attention, elle comptera énormément dans votre moyenne, prenez ce travail au sérieux.
Mais qu'est-ce qu'ils ont tous aujourd'hui !
- J'ai déjà composé les groupes selon vos résultats pour les équilibrer. Donc levez-vous pour voir avec qui vous êtes.
Je reste assise et j'attends que ma proie s'approche de moi. Mais quand je le vois devant moi, je ne veux pas y croire. J'ouvre la bouche et mon cœur accélère ses battements.
- Bon alors Valentine bouge-toi là, j'ai besoin d'une bonne note !
Il commence à mettre en place le poste de travail, mais je ne peux rien faire. Je suis bloquée à ma place. Je ne peux pas, je ne peux pas ! Je le déteste et je hais son père ! Même pour tout l'or du monde, jamais je travaillerai avec Malfoy. Je me lève et me dirige vers Horace.
- Professeur, je suis désolée, mais je ne peux pas travailler aujourd'hui.
- Mais Valentine, le devoir !
- Donnez-moi une retenue si vous le souhaitez mais je ne peux pas !
- Mais enfin…
Je n'attends pas qu'il me dise oui ou même nan, j'ai pris ma décision. Je quitte cet endroit diabolique ! Les notes sont la dernière chose qui m'intéressent. Alors que je m'apprêtais à retourner dans mes dortoirs, quelqu'un me prend par le bras m'obligeant à me retourner.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? Retourne en cours tu vas avoir des ennuis.
- Tu as dit quoi à Malfoy ?
- Hein ? Tu te préoccupes de savoir ce que je lui aie dit plutôt que de savoir comment je vais ?
Je tourne les talons. Ils m'énervent tous. Une fois dans mon dortoir je m'allonge dans mon lit et ferme les yeux. Non je ne pleurerai pas, pas pour lui. Je n'arrive toujours pas à croire que Lucius Malfoy est mon père et que par conséquent, Drago est mon demi-frère. Ce n'est pas possible. J'ai beau le regarder rien ne me rattache à ce mec. Victor… Il a du se tromper, se planter dans ses recherches et d'ailleurs, je lui ai jamais demandé comment il l'avait découvert. J'étais trop préoccupée à… J'en ai marre.
Alors que j'allais dormir, j'entends des voix venant du salon. Intriguée je me lève pour constater que c'est le tableau de l'entrée.
- Miss Silverwood, le Directeur veut vous voir immédiatement dans son bureau.
Moi qui pensais que j'avais tout fait aujourd'hui et nan ! J'arrange un peu ma tenue dans le bon sens et prends la direction de son bureau. Je pourrais le faire les yeux fermés. Une fois devant j'entre sans frapper, après tout il m'attend. Néanmoins je ne m'assieds pas tant qu'il ne m'a pas autorisé à le faire.
- Vous pouvez vous asseoir.
J'attends qu'il me dise pourquoi je suis ici avant de déballer des éléments qu'il ne sait pas. Question de survie.
- Pouvez-vous m'expliquer pourquoi vous avez quitté votre cours de potions ?
Je suis assez surprise qu'il soit déjà au courant alors que le cours a encore lieu.
- Je ne me sentais pas très bien.
- Pourquoi n'êtes-vous pas allée à l'infirmerie ?
Il en a d'autres des questions de ce genre ? Mon Dieu qu'il est incompétent, je ne me doutais pas que je penserais ceci un jour mais Albus Dumbledore me manque vraiment. Après sa mort, ils nous ont refilé rapidement ce zigoteau parce qu'il avait accompli des prouesses après la disparition de Voldemort.
Je préfère ne pas répondre à sa dernière question puisque dans tous les cas je suis en tort et il va chercher à me couler de toute façon.
- Bien votre silence répond à ma question. Votre comportement est inacceptable, vous avez bien de la chance que votre ancien directeur se soit porté garant pour vous parce que croyez-moi, sans lui vous seriez déjà hors de mon école depuis longtemps !
Il se donne des airs de gros dur mais il me fait plus pitié qu'autre chose. Il continue son discours censé me rabaisser et je fais genre d'écouter en hochant la tête de temps en temps. D'un coup je réalise qu'il n'est plus devant moi. Ni autour, où est-il allé ?
- Il est parti d'urgence au ministère, il vous a remercié il y a deux minutes, vous êtes étourdie en ce moment Valentine.
- Oui je sais professeur, j'ai beaucoup de choses en tête et pas assez d'espace dans mon esprit pour les oublier.
Albus Dumbledore me regarde par-dessus ses lunettes en demi-lune. Au moins lui, il me parlait toujours calmement.
- Tu veux en parler ? C'est encore ton père ?
- Comment vous savez ?
- Je ne dispose pas que d'un tableau dans cette école. Je l'ai connu tu sais, il était élève ici, à Serpentard. Il était… difficile tout comme toi. Il fallait tout le temps qu'il embête les autres mais au fond tu es comme ta mère et tu devrais accepter ce côté de ta personnalité même si tu as du mal.
- Vous avez connu mon père... Vous savez que c'est…
- Mais qu'est-ce que vous faites ici toute seule Miss Silverwood ?
- J'avais rendez-vous avec le directeur, j'ai fini, professeur au revoir et merci.
- Ah et Valentine, vous êtes en retenue tous les soirs de la semaine avec lui à partir de vingt heures.
- Et jusqu'à ?
- Jusqu'à ce qu'il juge que ton comportement changera.
Je hoche la tête et quitte ce bureau auquel j'ai envie de mettre le feu. Nan ça ne serait pas juste envers Albus. Nom de Dieu je déteste les retenues et en plus je suis avec lui. Au moins quand je dois les faire avec Rogue, ce dernier me demande juste de me mettre dans un coin et de ne pas faire de bruit en tournant les pages de mes magasines, ou si je suis coincée avec le professeur Chourave vu qu'elle ne supporte pas ma présence, elle me demande juste d'attendre en silence sur une chaise, dehors.
Maintenant je ne peux plus me permettre de louper les cours. Je ne vais pas pouvoir le supporter et quand j'arrive en Histoire de la magie l'après-midi et à l'heure, la plupart des élèves me fixent comme si ils n'arrivaient pas à croire que je puisse me trouver dans ce cours. Après tout c'est le premier de l'année, je m'installe donc au fond à côté de Clémence. Victor n'arrête pas de me jeter des regards en biais.
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Quoi j'ai pas le droit d'aller en cours !
Je mords l'intérieur de ma joue car c'est facile d'évacuer ma frustration sur elle.
- Désolée, c'est juste que, j'en ai marre tu vois. En plus à cause d'Horace et ses groupes de merde je suis en retenue à durée indéterminée avec le directeur.
- À cause de ce qu'il s'est passé ce matin ?
- Mon comportement en général.
J'arrête de lui parler pour qu'elle puisse prendre des notes, je lui emprunte ses comptes-rendus dans ce cours depuis je ne sais combien de temps. Le seul cours qu'on a en commun avec les Serdaigles ne pouvait pas être mieux, c'était vraiment celui-là à avoir, du coup je me repose en attendant.
Il faut que je pense à écrire à ma mère pour qu'elle m'envoie un nouveau réveil, mais j'ai peur de devoir attendre Noël et de devoir le récupérer moi-même. Je pourrais toujours demander à Rogue mais je suis sûre qu'il va se foutre de moi.
Enfin la sonnerie retentit. Je salue Clémence qui va en cours d'Arithmancie et me dirige vers mon cours d'Art et Musiques Magiques. Nous ne sommes pas vraiment nombreux en septième année à suivre ce cours, ce qui fait qu'on est avec tous les septièmes et sixièmes années de chaque maison. Je connais même pas la moitié des élèves présents. Néanmoins ce n'est pas dérageant.
Ce cours est assez libre, si on veut suivre les cours théoriques on le fait et si on veut pratiquer on peut aussi. Nous sommes une dizaine à pratiquer du violon à un très haut niveau. La classe est immense, je ne suis jamais à côté de la même personne.
- Bonjour, je peux m'asseoir ici ?
- Pays libre, enfin pour l'instant.
Elle comprend que ma réponse est un oui déguisé puisqu'elle tire une chaise et s'assied.
- Merci.
La musique me détend tellement que je ne peux pas être mesquine ici à part si on m'emmerde vraiment.
- Tu joues du violon depuis combien de temps ?
- Mon Dieu depuis combien de temps... Depuis mes quatre ans, j'ai commencé super tôt.
- Tu as du aller dans une école spécialisée alors ?
- La Royal Academy of Music, tu connais ?
- De nom oui, je suis allée dans une école en Autriche.
- Tu es nouvelle ici alors ? Tu joues de quoi ?
Ça fait tellement longtemps que je suis bloquée sur cette partie de ma partition, que je parle à cette inconnue sans même la regarder tout en consultant le livret pour la millième fois pour enfin, réussir à la jouer sans faire de faute.
- Oui je suis arrivée cette année et je joue du violoncelle même si j'ai hésité avec le violon mais..
- Mais ?
- Je sais pas, je préfère le son de mon instrument la manière de jouer, bien que tout se ressemble.
- J'ai hésité à en jouer aussi mais quand j'ai entendu pour la première fois le son du violon j'ai craqué. Je déteste mon père mais sans ses albums je n'aurai jamais découvert cette musique.
- Pourquoi tu n'aimes pas ton père ?
- Parce qu'il est con et qu'il nous a abandonné mon frère et moi et..
Mais pourquoi je raconte ma vie à cette parfaite inconnue !
- Il n'a jamais essayé de revenir dans ta vie ?
Pour qui elle se prend celle-là, je sors de ma lecture et lève enfin la tête pour poser un visage sur cette voix. Mais elle n'est plus à côté de moi, je regarde autour de moi mais comment la trouver alors que je ne sais pas à quoi elle ressemble. Je laisse tomber, me lève et commence enfin à jouer.
Je retourne tranquille vers mes dortoirs et parle un peu à Clémence avant d'aller à ma retenue.
- Bon il est temps que j'y aille, tu m'accompagnes jusqu'à son bureau ?
- Oui si tu veux.
Nous marchons en silence dans les couloirs.
- Au fait il m'est arrivé quelque chose de bizarre en cours de musique, une fille a commencé à me parler de mon père et au moment où j'allais lui fermer son clapet, elle a disparu.
Elle hausse les sourcils et je ne comprends pas vraiment pourquoi, quand j'y repense elle a été absente mentalement pratiquement toute la soirée et en ce moment je ne la vois pas souvent. J'allais reprendre la parole mais elle secoue la tête pour m'en empêcher. Ok il se passe définitivement quelque chose de grave avec elle. Une fois arrivées à destination, je l'enlace de la façon la plus réconfortante possible.
Cette fois-ci, je frappe avant d'entrer. Il me demande de m'asseoir devant son bureau et il y a devant moi un parchemin avec une plume.
- Copiez moi cinq cent fois la phrase suivante : « Je dois obéir aux règles instaurées par Monsieur Kane » Et Kane avec un k majuscule. Vous pourrez partir quand vous aurez fini.
Alors là, c'est du foutage de gueule. Je serre les dents pour m'empêcher de lui envoyer une insulte et commence donc à écrire, j'essaye d'aller aussi vite que possible pour partir d'ici. Malheureusement il est vingt-trois heures quand je finis et je n'ai plus de poignet. Il examine chaque parchemin pour vérifier que je n'ai pas triché, quinze minutes plus tard il a fini et jette TOUS mes parchemins dans sa cheminée. Zen, on inspire et on expire.
- Vous pouvez y aller, demain même heure.
Arrivée en bas j'hurle et je réveille les tableaux autour de moi mais je m'en fous. Le seul avantage à ces retenues, c'est que je ne suis plus obligée de faire les rondes de préfets, mais quand j'y réfléchis, je préférerais encore les faire ou nager dans le lac la nuit, je hais les retenues. Une fois dans mes dortoirs, je prends une douche mais ne reste pas longtemps à cause de l'heure avancée. Je me glisse sous mes draps et ferme les yeux pour aller au pays des rêves.
- Nan nan jamais, lâchez moi !
Je me relève d'un coup et je cligne des yeux plusieurs fois pour m'assurer que je ne rêve plus et trouve Hermione à côté de moi avec sa baguette pour faire de la lumière et je remonte instinctivement mon drap sur moi pour me couvrir.
- Valentine ça va ? Je t'ai entendu hurler et pour une fois ce n'était pas comme d'habitude et après tu as crié « non non jamais » plusieurs fois et j'ai pas entendu la suite..
Je prends conscience que je suis en sueur, je peux sentir que l'air est frais pourtant mon corps est brûlant et je tremble encore, mon corps réagit tellement aux émotions c'est impressionnant ! Mais plus important elle se trouve là, trop près de moi à me regarder comme si elle était vraiment inquiète. Après un moment de silence de ma part elle ajoute.
- Tu veux que je parte, ça va aller ?
- Je…
Mon cœur commence à battre de plus en plus vite dans ma poitrine. J'ai envie qu'elle parte mais la crainte d'être seule commence déjà à m'angoisser.
- Tu veux bien boire une tasse de thé avec moi, le temps que je me calme ?
Elle m'a l'air d'hésiter mais finit par hocher la tête. Elle quitte ma chambre et j'enfile quelque chose sur le dos. Quand j'arrive, les tasses de thé sont déjà sur la table du salon. J'en prends une et m'assieds. J'essaye de me calmer mais j'ai du mal étant donné qu'elle ne porte pratiquement rien pour dormir, c'est plus que moi évidement mais dans mon état actuel, c'est beaucoup beaucoup trop court.
- Tu te réveilles souvent en sueur et tremblante ?
- En ce moment oui, enfin ça s'était calmé mais..
- Mais quoi ? Ce soir c'est juste une exception, demain on oublie tout ok ?
Son offre est tentante et puis, j'ai bien vu que c'était possible alors pourquoi pas.
- Dès qu'un élément peut me rappeler mon.. père j'ai du mal à contrôler mes émotions. La seule personne à qui je peux vraiment en parler c'est Clémence mais en ce moment elle agit bizarrement et Ginny ne connait pas toute mon histoire bien qu'en n'y réfléchissant elle connait pratiquement tout maintenant mais je n'ai pas envie de l'embêter avec ça.
- D'ailleurs comment vous êtes devenues amies ?
- Elle m'a trouvé à la fête de Noël dans un piteux état et m'a aidé alors qu'honnêtement, je m'attendais juste à la voir rigoler de mon aspect.
- Encore à cause de ton père ?
- Tu verras que tout tourne autour de lui.
- Et ton frère ? Vous ne devriez pas être proches à cause de ceci ?
- Théoriquement oui mais nan, pas vraiment. Assez parlé de moi, à par ce que j'entends dans les couloirs, je ne sais rien de toi.
Elle parait soudain très intéressée par ce que les gens peuvent penser d'elle. Elle remet par la même occasion une mèche de ses cheveux derrière son oreille, c'est tellement agréable de la contempler effectuer ses manies. Elle m'encourage d'un signe de tête à déballer ce que je sais.
- En gros tu es Miss Je-Sais-Tout, tu veux toujours avoir raison et tu es très à cheval sur les règles. Après je n'ai jamais rien entendu de vraiment accablant à la table des Serpentards. Donc soit tranquille si la maison la plus réputée pour être méchante est plutôt clémente te concernant, relax.
- Oui c'est vrai que j'ai souvent tendance à vouloir avoir raison.
Je tousse face à sa réponse.
- Oui bon ok tout le temps ! Et me concernant, mes parents sont moldus et dentistes. J'habite dans un quartier familial tranquille de Londres, je suis fille unique, j'adore lire, j'aime aider les autres et passer de bons moments avec mes amis enfin je suis quelqu'un de simple.
Je hoche la tête et bois une gorgée de mon thé presque devenu froid et c'est plus fort que moi il faut que je lui demande.
- Et avec Ronnie ?
Elle lève un sourcil et je ne sais pas vraiment comment interpréter son expression.
- On est toujours en mode pause.
- Ok.
- Bon je vais aller me coucher, il est déjà très tard.
- Hermione… est-ce que tu peux dormir avec moi ?
Je m'empresse de répliquer quand je vois qu'elle a l'impression que je viens de lui faire une énième proposition sexuelle.
- C'est pas une offre, c'est juste que j'ai pas envie de dormir seule.
Alors que le mot exacte est « peur », je préfère encore lui mentir que de perdre le peu de dignité qu'il me reste. Elle passe une main dans ses cheveux en se retournant à moitié vers la porte de sa chambre. J'ai l'impression que j'attends sa réponse depuis une éternité...
- D'accord mais je dors avec mon oreiller.
Je mords ma lève inférieur pour ne pas lui sourire et réponds le plus naturellement possible.
- Cool.
Je rentre sans l'attendre dans ma chambre et range rapidement mon bordel, refais le lit et m'installe dedans. Alors que je pensais qu'elle n'allait pas venir, la lumière du salon s'éteint et elle entre dans ma chambre. Mon Dieu qu'est-ce que j'ai fait. Elle a encore l'air d'hésiter mais une fois installée confortablement, elle finit par dire :
- Bonne nuit Valentine, essaye de bien dormir.
- De même Hermione.
C'est toujours bizarre de l'appeler Hermione. J'ai tellement l'habitude d'entendre résonner d'autres surnoms à mon oreille. Après ce qui me semble être une heure, je ne dors toujours pas. J'écoute sa respiration longue et régulière troubler le silence de ma chambre, plus son odeur qui imprègne l'atmosphère et qui m'empêche de rester calme. Je suis heureuse qu'il fasse complètement noir parce que je n'aurais pas pu résister à l'envie de la regarder dormir. Mais bon sang qu'est-ce qui m'arrive ! Depuis quand j'attache de l'importance à ce genre de chose, comme regarder quelqu'un dormir. Je soupire et ferme les yeux pour essayer de tout même de m'endormir.
- Non mais vraiment ! Non mais vraiment Silverwood t'as pas de réveil !
Hein ? Je ressens le coup assez violent d'un oreiller sur mon corps ce qui m'oblige à ouvrir les yeux. Merde j'ai plus de réveil et je ne peux plus être en retard ! Je n'ai pas envie de passer toute mon année scolaire en retenue ! Je sors de mon lit mais avant de faire quoi que ce soit, je regarde l'heure à ma montre. Il est neuf heures moins dix. J'ai exactement dix minutes pour m'habiller et descendre jusqu'aux serres. J'enfile le plus rapidement possible mes habits, prends mes bonbons à la framboise et chope mon sac sur le sol.
Quand je sors elle est devant moi mais ne marche pas assez vite à mon goût.
- Pousse-toi Granger !
Je n'ai pas le temps d'attendre sa réplique que j'entame le sprint de ma vie. Quand j'arrive enfin au point de rendez-vous le professeur demande juste aux élèves d'enfiler les combinaisons. Ouf, j'ai réussi. Will, mon meilleur ami, me regarde mais il attend que j'ai repris ma respiration pour me demander pourquoi je suis dans cet état. À cause du Quidditch, je n'ai plus l'habitude de faire du sport et j'avais la motivation de courir seulement avec mon frère, mais ça c'était avant et ça me manque énormément, il me manque.
- Oui je sais je ne suis pas maquillée, problème de réveil.
Il se contente de rigoler. J'avale un bonbon et cinq minutes après Granger arrive non sans me lancer un regard noir. Aucun doute, hier soir n'est plus qu'un souvenir.
Après les cours je file directement dans ma chambre et me couche dans mon lit. Il faudra peut-être que je commence le devoir de Botanique mais je n'en ai pas envie. Peut-être que James voudrait bien m'aider comme les autres fois.
Je me lève mais au lieu d'ouvrir un livre de cours, je prends un livre que je n'ai pas utilisé depuis un bon moment. Mon livre de partition. La dernière fois que j'ai réussi à composer une chanson c'était pour l'anniversaire de Clémence en août dernier, soit un moment.
Une fois ouvert, j'essaye de réfléchir à des accords qui ne sonneraient pas faux mais je n'ai pas d'inspiration. Qui pourrait bien m'inspirer ? Un court instant Hermione me vient en tête mais s'inspirer d'elle n'est pas une bonne idée; même si j'ai terriblement envie de devenir son amie, mais enfouir continuellement mes sentiments me pèse beaucoup.
Pourtant deux heures après j'ai terminé et je n'ai pas pu m'empêcher de penser à elle. Je soupire et décide d'aller dans ma salle de musique pour voir ce que ça donne. Cinq personnes se trouvent ici. Je sors mon violon de la remise et m'installe dans une petite pièce au calme.
À force de la jouer je pense que j'ai quelque chose de vraiment exploitable, mais il manque encore un truc, une petite touche qui fera que cette composition sera mieux. J'ai encore du pain sur la planche. Je remets mon violon en place, je n'aime pas trop le laisser là mais bon vu que je ne veux pas jouer dans mes dortoirs, j'ai pas le choix puis je redescends tranquillement vers mes dortoirs.
Si je prends à droite je peux aller dans ma salle commune et si je vais à gauche, direction ma chambre et sans doute Hermione. Pour une fois je laisse mon cœur me guider et non ma raison.
Prochain chapitre sur Clémence et vous allez enfin savoir qui la tourmente ! Par contre je ne sais pas si je pourrais le mettre en ligne dimanche prochain.
Vos avis s'il vous plait :)
