Note de l'auteur : Voilà la suite des chapitres extras, j'espère que ce chapitre vous plaira. Merci à ceux qui me suivent et qui ont attendu la suite :)


Dossiers classifiés #2


À travers l'obscurité indomptable de la nuit, les étoiles brillaient de leur éclat astral. Tels des diamants dans le ciel dégagé, leur lumière se mêlerait presque à celle des réverbères alignés plus bas sur la route. Une seule voiture roulait à vive allure sur le bitume faisant naître à ses côtés une bête électrique dansant entre chaque réverbère.

L'animal était farouche, indescriptible par son apparence si distinguée. C'était un être énigmatique, ressemblant à un aigle mais aussi un lion à la fois. L'être de lumière chevauchait par-delà le paysage montagneux et suivait une route toute tracée, ses pas concordaient avec la vitesse de la voiture. Celle-ci était vernie d'un rouge particulier, une teinte qui semblait être faite que pour elle. Et à l'intérieur, s'y trouvait un charmant couple qui n'avait qu'une hâte : arriver à la maison.

Sur le siège passager, une jeune et douce femme commençait à tomber dans les bras de Morphée. La musique en provenance de la radio lui soufflait au creux de l'oreille de s'endormir en paix. Elle n'avait rien à craindre, son mari conduisait tranquillement. Puis, tout allait bien se passer comme à son habitude. Cependant, une pensée la retenait encore éveillée. Rien de négative, plutôt une joie grandissante impossible à contenir. Revoir son fils qui l'attendait certainement impatiemment à la maison. Il lui manquait terriblement qu'elle n'avait cessé d'imaginer la scène des retrouvailles. Peut-être sauterait-elle sur lui pour l'embrasser. Ou bien, simplement, elle le câlinerait comme une mère ne pouvant pas vivre sans son fils. La mère devait rattraper ses jours d'absence où son fils a dû se sentir si seul dans cette immense demeure. Alors qu'ils leur restaient encore une demi-heure de route, elle prévoyait les retrouvailles avec son fils. Savoir les bons mots à utiliser et la manière de le prendre dans ses bras n'étaient pas choses évidentes. Elle ne voulait pas le contrarier ni trop le chouchouter. Elle y réfléchit encore un instant avant de s'écrouler prise par la fatigue. Ses yeux d'un marron noisette se laissèrent disparaître sous ses paupières lourdes. La jeune femme brune glissa sa tête sur le côté touchant de peu son front sur la vitre froide. Son corps trouva à sa place la position la plus confortable sur le siège puis elle se laissa emporter dans le monde des rêves, le cœur rempli d'un amour à partager.

De l'autre côté, l'homme au volant détourna son intention de la route pour profiter de cet instant magique. Il mit une pause dans son combat face à la bête pour profiter de la merveilleuse image que sa femme lui offrait. Même dans son sommeil, elle rayonnait comme lors de leur première rencontre. Sans rien faire, elle restait belle et resplendissante. Juste comme ça, il retomba amoureux une seconde fois. Tandis qu'il la contemplait, son doigt se posa délicatement sur son visage et effleura sa peau douce au toucher. Il caressa sa joue et remonta jusqu'à sa tempe gauche pour glisser une mèche de cheveux qui s'était échappée. Maintenant plus rien ne gâchait sa vue, il pouvait apprécier pleinement ce visage légèrement rougi par la chaleur de l'habitacle.

Ces quelques secondes d'inattention furent courtes, l'homme se concentra à nouveau sur la route. Même si sa chanson favorite se jouait sur la fréquence, il laissa de côté son envie pour laisser dormir sa bien-aimée dans le calme et la chaleur du véhicule. Il éteignit la radio d'un geste habituel et replaça directement sa main sur le volant en cuir.

À présent, la route était redevenue bien silencieuse. Il n'entendait plus rien, pas un seul bruit ne venait les déranger. Seules les roues crissaient sur le bitume mais le son était à peine perceptible. L'homme se gratta le bout de la moustache, puis recommença une seconde fois. Il commença à être nerveux, sans connaître la ou les raisons possibles à son état évasif. Roulait-il trop vite ? Non, il respectait la limite de vitesse indiquée. Même s'il était du genre à appuyer sur la pédale d'accélération, il changea ses habitudes rien que pour cette nuit afin de respecter les paroles sages de sa femme. Était-ce la joie de revoir son fils ? Il ne l'avait pas vu depuis des jours à cause de son travail, ça c'était un facteur poussant à la réflexion. Malheureusement, il était obligé de se rendre à un événement qui avait lieu dans une autre ville. Bien entendu, le voyage était long, impossible pour lui de faire des allées-retours donc, il réserva une chambre d'hôtel pour gagner du temps. Selon lui, son fils était trop jeune, pour l'accompagner à ce genre d'activité. Le père de famille se sentait presque désolé de le laisser seul mais en retour, il lui promit qu'ils iraient en famille, l'année prochaine.

Enfin, les rouages se mirent en place, l'homme comprit enfin qu'il était nerveux à cause de cette promesse. Cette fameuse promesse qu'il avait faite lors de leur dernière conversation. Il se rappela de la scène. Ils étaient déjà en train d'emballer les valises dans la voiture tandis que le jeune homme voulait monter aussi dans le véhicule mais heureusement, le majordome le maintenait bien qu'avec difficulté. Le petit garçon était énervé mais aussi triste de les voir en le laissant derrière. Le père aurait préféré de meilleur au revoir mais le garçon avait hérité de sa personnalité au détriment de celle de sa mère, plus calme et bienveillante. Il referma le coffre de la voiture puis se dirigea vers eux alors que son fils grogna, les bras croisés.

Tu es sûr que tu ne veux pas avoir un de mes fameux prototypes que j'aurais fabriqués ?

— Non ! Lui cria son fils les poings fermés. Je m'en fiche de tes technologies à la noix !

— Voyons, jeune homme ! soupira le majordome. Excusez-le monsieur, il n'a pas sa langue dans sa poche en ce moment.

— Ce n'est rien Jarvis, j'avais le même caractère de cochon à son âge. Mais à la fin, qu'est-ce que tu veux ? Dit-il en se retournant vers son fils. Tu sais bien très que je ne peux pas t'emmener avec nous...

— C'est pas pour ça. Je veux juste que tu me promettes de rentrer sain et sauf avec maman… Et que, la prochaine fois, vous m'emmeniez avec vous. Moi aussi je veux venir, c'est pas juste ! Toi-même tu me dis que c'est pas en restant à la maison à procrastiner que je vais réussir dans la vie.

— Ah ? Dit-il soudainement surpris. Il est vrai que je t'ai dit ça donc, je ne peux pas te dire le contraire. Donc, c'est vraiment tout ce que tu veux ? Ce n'est pas ton genre, je m'attendais à une voiture volante… enfin bref, c'est très bien aussi !

— Est-ce que tu peux tenir cette promesse au moins papa ?

— Rentrer en sécurité ? Rien de plus facile.

L'homme d'affaires se sentit vieux en y repensant, il en avait eu des disputes avec son fils et cela ne le rajeunissait pas. Le temps passait et maintenant, son fils possédait déjà les traits d'un jeune adulte. À première vue c'était un au revoir banal, il n'en était pas à sa première fois or son fils avait réagi différemment. Ses yeux étaient baignés dans des larmes encore chaudes et coulantes, il ne put s'empêcher de le prendre dans ses bras. Il n'espérait pas autant d'émotions, ce fut surprenant venant de la part de cet enfant toujours aussi têtu et prêt à lui tenir tête. Cependant il n'avait pas remarqué qu'il était la raison pour laquelle son fils agissait ainsi. Il avait vu une certaine crainte dans son regard. Son père était tellement préoccupé par les affaires qu'il n'avait pas ressenti sa propre crainte entacher sur son fils.

Il balaya cette scène de ses pensées et reprit conscience qu'il était en train de conduire. Serrant le volant de ses deux mains, il reprit le défi de battre la vitesse de la lumière. Un jour il en serait capable, coûte que coûte il y arriverait, mais le temps était un problème récurrent. L'homme en manquait cruellement, la technologie de son époque n'évoluait pas assez vite pour l'aider à atteindre son objectif. Il lui fallait encore un siècle et demi avant de pouvoir arriver à ce genre d'invention. Un rêve inaccessible mais qu'il le tenait à cœur depuis sa tendre enfance. Toutefois il devait faire une croix là-dessus. Son rêve ne se réalisera pas avec lui malheureusement mais il espérait que son franc successeur prendrait la relève. Il en était convaincu jusqu'à aujourd'hui. Un sourire se chargea d'apaiser son visage fatigué. Le père était fier de son fils peut-être ne l'avait-il pas assez montré. Ce n'était pas chose facile pour lui, mais son fils ne pouvait pas le comprendre ni même le savoir.

L'homme se mit en tête de le faire dès qu'il rentrera, ils avaient une relation tendue depuis si longtemps, mais il devait y mettre un terme. Dès qu'ils se verront, il lui montra clairement ses sentiments, les disputes n'étaient que des choses vaines et la famille était sacrée. Après tout, il était son père. Son fils ne connaissait pas totalement la vie, il avait tellement de choses à apprendre. Et c'était son rôle de l'aider et lui montrer la voie. Il ne pouvait pas accuser son fils, il était son image, son modèle… D'homme à homme pour une fois, le père savait qu'il était sévère avec ce petit bonhomme mais lui-même ne savait pas comment s'y prendre avec les enfants… En général, il n'aimait pas les enfants mais il apprit à être père. Pas exactement le meilleur, mais du mieux qu'il le pouvait.

Alors que le trafic était fluide, il vit au loin une forme noire apparaître au beau milieu de la route grâce à ses phares. D'abord, il pensa à un animal perdu. Or, plus il approcha plus l'animal prenait une toute autre forme plus distinguée. C'était un homme. Avec cette vitesse, les risques de le heurter violemment augmentaient à vue d'œil sans parler des autres conséquences d'un tel accident. Il ne voulait pas l'imaginer alors il freina poussant le pied sur la pédale de frein.

La voiture roulait moins vite maintenant mais, malgré les appels de phares la personne ne réagissait pas. Il roulait toujours droit sur la ligne pour éviter un quelconque carambolage. Sans même bouger, l'inconnu restait de marbre et le conducteur avait l'impression que l'homme le fixait. Il tressaillit et finit par penser que cet homme tentait sûrement de se suicider. Cette fois, il freina d'un coup sec.

Au même moment, sa femme se réveilla de son court sommeil et fut pris de panique. Elle lui répéta plusieurs fois ce qu'il se passait ne comprenant pas la situation. Les pneus firent un bruit strident sur la chaussée et une fumée s'en échappa. Les freins finirent par fonctionner et stoppèrent la voiture. Quelques mètres les séparaient, un peu plus et il le renversa.

La moitié de son visage était cachée derrière un masque noir. l'homme ne fit aucun mouvement. Éclairé par les phares, le conducteur remarqua qu'il portait partiellement une grosse doudoune grise dont la capuche était relevée cachant ainsi l'autre partie de son visage. De sa position, le conducteur ne pouvait pas voir à quoi il ressemblait exactement. Et impossible de le décrire plus précisément. Une sueur froide glissa derrière son dos, l'homme se tenait face à eux et les regardait toujours. Cela n'arrangeait en rien à son problème d'anxiété. Une personne normalement constituée aurait déjà hurlé, crié de peur, se serait enfui ou simplement aurait réagi de cette manière mais là, rien.

Il n'y avait personne autre sur la route, que devait-il faire ? Et si c'était un prisonnier évadé ? Un patient amnésique ? Un blessé qui avait besoin de secours ?

La voiture rouge grondait sur place, elle n'attendait que le feu vert de son propriétaire pour repartir en trombe. Celui-ci voulait la même chose mais la manœuvre était impossible, la route était trop étroite. La route était en zigzag, il ne pouvait pas faire marche arrière et avancer serait risqué. Le père de famille prit son courage à deux mains et baissa la vitre de son véhicule. Dans la boîte à gants, sa main tâtonnait le pistolet qu'il avait toujours avec lui en cas de problème. Sa femme eut la gorge sèche en voyant son mari serrer l'arme à feu. Une fois la vitre baissée, le conducteur sortit la tête vers l'extérieur malgré les signaux de danger envoyés par son cerveau.

Non mais vous êtes fou ma parole ! Hurla-t-il. Vous voulez mourir ou quoi ?!

Ils n'avaient jamais utilisé l'arme, elle avait même pris de la poussière. Sa femme lui avait même dit que ce type de sécurité ne servirait à rien. Le temps de riposter, les criminelles auraient déjà tiré. Maintenant, elle était heureuse de constater qu'il ne l'avait jamais écouté. La passagère commença à trembler, prise de panique. Le silence lui plaisait bien mais celui-ci était trop pesant. Même dans le véhicule, elle ne se sentait pas protégée. Elle aurait aimé ne pas sentir la peau remonter dans tout son corps.

Avec son autre main libre, le conducteur actionna un bouton à l'arrière du volant. Elle jeta un œil à son mari perplexe, puis revint sur cet inconnu sans comprendre à quoi il servirait.

Bon dieu, faites qu'il ne se passe rien….

Soudain, l'homme finit par bouger. Ses doigts s'articulèrent dans tous les sens comme s'il ne les avait plus sentis depuis des années.

À cet endroit, l'hiver avait pris place. La route n'était pas enneigée entièrement néanmoins la température était glaciale. Aussi froid que le paysage autour d'eux, c'était un tableau neutre et silencieux qui se mélangeait au blanc pâle de la neige fraîche.

L'inconnu inspira et expira son souffle chaud qui traversa le masque. Puis le souffle devint presque une fumée comme si l'homme s'était réveillé de son hibernation. La chaleur de son souffle recouvrit son visage. Le givre était présent sur ses vêtements leur indiquant qu'il avait dû attendre debout longtemps dans le froid. Souffler la chaleur de son propre corps semblait être la seule façon de se tenir au chaud ou tout simplement, rester en vie.

Dans le véhicule, le père de famille continuait à appuyer nerveusement sur le même bouton.

Bon sang, satané de prototype qui ne marchait qu'une fois sur deux...

D'un geste vif, l'homme dehors récupéra une arme à feu accrochée à son dos et vida son chargeur. Les balles filaient à une vitesse folle et fissurèrent la vitre à l'avant. La voiture se cabossa sous les tirs et les phares auparavant allumés explosèrent dans un bruit virulent. Le chargeur semblait diminuer lentement alors que les balles virevoltèrent dans tous les sens mais chacune toucha sa cible avant de retomber au sol dans une suite de cliquetis. Mais le pare-brise résista à tous les impacts protégeant les deux personnes à l'intérieur. Ce n'était pas une simple vitre ordinaire, elle avait été renforcée par son propriétaire qui avait dû prévoir ce genre d'événement. Grâce à son épaisseur, le pare-brise résista à tous les impacts de balles toutefois les fissures de plus en plus profondes indiquèrent que le pare-brise n'était pas éternel. Cela ne rebuta pas l'inconnu qui rechargea sa mitraillette vide, il n'en avait pas encore fini tant que ce pare-brise n'était pas encore brisé. La seconde rafale vint frapper de nouveau l'avant du véhicule le faisant vaciller dans une cacophonie inaudible. Malgré la peur, le conducteur ne resta pas paralysé comme sa femme à ses côtés. Il eut le temps de réagir et la prit sous son aile. Ils se baissèrent rapidement sous les sièges tandis que la nouvelle vague déferla sur eux. Son action les sauva in extremis, le pare-brise se brisa juste après mais le conducteur ne fut pas assez vite. Sa femme était indemne mais lui ne put éviter les balles. Deux vinrent se loger dans son épaule gauche lui arrachant un cri effroyable de douleur. Un grognement de frustration s'échappa de sa bouche quand il vit son sang couler de son épaule. Sa chemise blanche était aspergée par cette nouvelle couleur. Il serra les dents pour réprimer la douleur mais n'éprouva aucun changement apparent. Sous sa peau, il pouvait sentir le sang chaud coaguler et s'agiter. À côté de lui, sa femme était terrorisée, elle cria à pleins poumons avant de murmurer des mots qu'il ne comprenait pas. Elle était comme dans un état second, enfermée dans sa propre bulle tandis qu'elle porta ses mains à ses oreilles pour ne plus rien entendre. Les balles pouvaient voler, s'engouffrer sur le dossier de son siège elle semblait ne plus rien voir ni entendre autour d'elle. La panique l'avait complètement submergé.

Son mari avait déjà affaire avec ce genre d'attaque, ce n'était pas la première fois qu'on voulait sa mort. Après tout, toute la population connaissait son nom et la Seconde Guerre Mondiale lui permit de faire décoller sa carrière même s'il avait choisi une autre voie à ses débuts. Grâce à ses armes de haute technologie, il était devenu le premier fournisseur d'armes de l'armée américaine. La réussite et la gloire ne se firent pas tarder par la suite. Les autres concurrents dans le domaine le haïssaient tandis que les hauts dirigeants applaudissaient pour sa réussite. Enfin on le prit au sérieux, enfin ils comprenaient de quoi il était capable. Au départ, il était monsieur personne qui tapait aux portes, devenu en quelques jours la risée de la ville. Les moqueries le suivaient à chacun de ses mouvements. Tout le monde refusait ses demandes de financement. On le traitait de fou, d'idiot fini dont les idées étaient si farfelues qu'il n'était bon qu'à ramasser les poubelles. Or un jour, il suffisait qu'une seule personne remarque son potentiel et la roue tourna et la chance lui sourit. Du jour au lendemain, le peuple entier voulait profiter de son génie, les offres alléchantes tombées du ciel comme les bons de commande. Qui ne voulait pas essayer ses armes futuristes ! Dans cette compétition acharnée, le gouvernement américain remporta la course avec succès. Le Congrès des États-Unis et le président réussirent à le convaincre de travailler pour eux. Ils lui donnaient carte blanche, les ressources et les moyens nécessaires sans rien demander en retour à part de la productivité et de l'efficacité. L'homme ne pouvait pas refuser car c'était son rêve de servir son pays. Sans y laisser la peau du moins. Il avait toujours cette belle image, celle de l'homme patriote qui combattait les méchants nazis. Ainsi, c'était sa manière de fabriquer de nouvelles armes pour attaquer les méchants nazis. Il devait fabriquer l'arme ultime et sophistiquée qui dépasserait l'entendement général.

À l'armée, on l'avait forcé à prendre des cours entraînements, sans surprise ses résultats étaient très mauvais, en défense comme au combat, mais une chose était sûre la vie lui avait appris à survivre. Justement, il avait grandement besoin de confiance en soi et d'adrénaline pour s'extirper et de cette situation.

Sans plus attendre, il retira la ceinture de sécurité sur sa femme, déjà en lambeau, puis la sienne ensuite. Première chose à faire : mettre sa femme à l'abri et loin de cet assassin. Pas le temps de se remémorer le passé, il devait faire vite, toujours plus vite. Et en même temps, réfléchir à un plan B et si possible, rester en vie. Ne pas mourir. Pas maintenant, pas comme ça. S'il avait le choix, il aurait choisi une mort en avion, dans le ciel car c'était plus cool mais un drame n'était jamais cool. Mourir vieux, ça aussi c'était belle mort.

Légèrement, le conducteur secoua sa femme pour qu'elle reprenne ses esprits et ouvrit la bouche pour lui parler mais s'arrêta aussitôt quand il remarqua que quelque chose clochait. Le tireur n'était plus à sa place, et il avait changé de position. Les tirs avaient cessé, mais trop tard. Il n'avait qu'à regarder de plus près pour voir deux bottes devant lui. Oh. L'homme était sur le capot sans qu'il s'en aperçoive, son arme était pointée entre ses deux yeux.

— Oh, Dieu.

À cet instant, un appareil se déploya et fit apparaître un champ de protection qui en grandissant, enveloppa tout le véhicule dans une sphère magnétique. L'homme fut touché par le champ qui le projeta aussitôt du véhicule. Le choc fut si violent que son dos claqua au sol durant sa chute. Des éclairs se dégagèrent autour de son corps. À présent, il était inerte et étalé au sol un peu plus de loin du véhicule.

L'homme d'affaires fut pris d'un rire nerveux en voyant son prototype fonctionner. Il l'avait récemment installé dans sa voiture, cette nouvelle invention n'était encore qu'un prototype. Il n'avait même pas eu le temps de lui donner un nom adéquat en fonction de son utilité. L'appareil était encore en phase test, celui-ci aurait dû se déclencher dès qu'il appuya sur le bouton mais il se pourrait qu'il ait encore des défauts par-ci par-là. Il était bon pour une nouvelle révision au retour.

Son léger rire devint un souffle pénible quand il vit le tueur se relever pour tirer ses dernières balles qui s'enfoncèrent dans le champ pour tomber nettes au sol comme si leur puissance avait été retiré pour ne laisser rien. Bien que le champ de protection les protégeât encore, il montra rapidement des faiblesses à certains endroits. Et son créateur n'était pas le seul à l'avoir remarqué. Les défaillances étaient facilement repérables à travers des légers trous, c'était comme si la maille s'était desserrée. L'inconnu tira dedans et le champ de protection commença à disparaître plus rapidement. Les impacts faisaient d'énormes dégâts mais il avait besoin de plus de balles pour le désactiver complètement. L'homme s'avança et toucha minutieusement le mur du bout des doigts. Un courant électrique déferla sur tout son bras mais celui-ci ne ressentit que des picotements.

Il analysa la situation quelques instants et frappa lourdement dans le bouclier. Au niveau du poing, une onde circulaire apparut et donna comme des vagues sur toute la surface. À l'étonnement du conducteur, l'homme arrêta d'attaquer pour se retourner.

Sa main se posa sur son oreille, et le conducteur comprit que cette affaire n'était pas personnelle.

— Envoyez les frappes, ciblez la voiture.

Sorties de nulle part, une multitude de bombes s'abattirent du ciel pour détruire le champ. La voiture était ciblée, certaines frappes arrivèrent sur le bouclier dans un boucan spectaculaire lui rappelant le champ. À côté, l'assassin attendait patiemment prêt à bondir lorsque cette pluie meurtrière aura cessé, son arme était de nouveau chargée. Malgré les explosions, le conducteur se retourna vers sa femme qui avait les yeux clos, elle s'était évanouie. Il connaissait trop bien ces bombes, il était certain qu'ils ne leur restaient que quelques secondes avant que leur seule protection ne disparaisse. Après quelques claques, sa femme se réveilla, la tête lourde et le regard perdu au loin. Il prit son visage dans ses deux moins pour la regarder dans les yeux.

Cours aussi loin que tu le peux. Et surtout, ne regarde pas derrière toi en aucun cas, tu ne te retournes. Tu as bien compris ?

Mais...mais, bafouilla-t-elle. Et toi ? J-je...je ne peux...

L'homme la serra contre lui aussi fort qu'il le pouvait et l'embrassa tel un dernier adieu. Sa femme n'était pas en état pour faire quoi que ce soit. Ce qu'il lui avait demandé n'était pas chose aisée, il en avait pleinement conscience, mais elle devait absolument le faire. Seule sa vie comptait à ses yeux, jamais il supporterait la mort de sa femme et la vie détruite d'un enfant sans sa mère.

Son chagrin serait si immense qu'il pouvait en mourir. Pour une fois dans sa vie, il se devait d'être courageux. Ce jour était arrivé, cette fois il était prêt à se sacrifier pour sauver sa bien-aimée au péril de sa vie. Il n'était pas un saint, encore moins courageux, il était tout sauf un héros comme l'était Captain América. Mort si tôt alors que le monde avait encore besoin de lui... Alors si son heure avait sonné, il n'abandonnera pas sans combattre.

Maria, écoute-moi ... Tout va bien se passer. Va chercher de l'aide... pendant ce temps, je vais m'occuper de cette crapule, tu n'as pas à t'inquiéter. Puis, tu me connais, j'en ai dans le muscle.

Non rassurée, elle hocha tout de même la tête. La blague ne l'avait pas du tout détendu au vu de la situation. Son mari sortit son téléphone de la poche de sa veste et vérifia le réseau.

Indisponible.

Évidemment. Tout était planifié depuis le début, ils se retrouvaient coincés au milieu de nulle part et personne n'aurait l'idée de les retrouver dans ce genre d'endroit.

Tu...—

Il ne put finir sa phrase que le champ éclata sous l'effet d'une dernière explosion rocambolesque. La projection s'éteignit et le champ disparut plus vite qu'il ne s'était installé. Le couple ne voyait plus rien avec cette épaisse fumée qui s'élevait au ciel. L'homme masqué réapparut marchant droit vers eux, le conducteur ouvrit la porte à sa femme qui n'avait pas encore pris l'initiative de s'enfuir.

Maintenant !

Elle emmena ses dernières forces avec elle et suivit ses indications, les larmes coulantes sur son visage. Les sanglots remontaient mais elle serra les dents pour les retenir tandis qu'elle courra aussi loin qu'elle le pouvait pour trouver de l'aide. La ville la plus proche était à des kilomètres d'ici, peut-être avait-elle des chances de trouver du réseau avec le téléphone. Elle ne sentait presque plus le froid lui parcourir les membres. Le vent s'engouffrait sous sa robe, avec ses bottes elle ne pouvait pas sentir la neige sauter sur sa peau. Son souffle chaud était saccadé, elle n'avait plus la force de crier mais seulement de courir et d'avancer.

Quant à son mari, il sortit de sa voiture. Son visage était ferme, il avait dans sa main son revolver dorénavant prêt à être utilisé. Au lieu de s'enfuir, l'homme d'affaires visa l'inconnu et prit une profonde respiration pour stabiliser son tir. Il tira une fois. Deux fois en direction de son cœur. Son tir était parfait malgré son épaule blessée qui faisait trembler ses mains.

Les balles prirent de la vitesse dans leur course et déchirèrent la doudoune de l'homme pour se loger pile au niveau du cœur. Mort. Enfin c'était ce qu'il pensait pendant pas moins une demi-seconde avant que l'inconnu fit un mouvement de recul dû au choc. Cela ne le stoppa pas, il continua d'avancer sans montrer un signe de tiraillement.

Un gilet par balles hein...

Sans lui laisser le temps de rappliquer, il prit à nouveau position pour tirer mais il s'arrêta à la dernière minute quand il vit des visés lasers se balader sur son corps. D'autres hommes habillés de la même manière apparurent dans son champ de vision, depuis tout ce temps ils devaient être postés en hauteur. Ils étaient dans l'ombre, en hauteur pour avoir une belle vision d'ensemble. Prêts à tirer s'ils s'échappaient.

Voilà que les pensées funestes revenaient dans sa tête. Sa mort était annoncée, plus rien ne pouvait l'en écarter. Face à tous ces assassins engagés à le tuer, que pouvait-il faire ? Il pointa de nouveau le viseur de son arme sur son tueur qui ne flancha pas. Tant qu'à faire, s'il pouvait emporter avec lui cette ordure.

L'homme tira sur la gâchette, la munition s'éjecta pour laisser sortir la balle. Le temps s'était comme figé tandis qu'elle traversait l'air pour frapper contre son masque. Les balles suivantes furent interceptées de justesse par l'inconnu qui les bloqua avec son bras. Le tissu se déchira sous les impacts pour y laisser entrevoir un bras cybernétique brillant à travers les étincelles de feu.

Son bras...c'est quoi ça encore ?!

Cette surprise inattendue le resta bouche bée. Il fit un signe aux autres hommes autour de baisser leurs armes. Ne voulait-il pas sa mort ? Pourquoi ne pas lui tirer dessus en retour ?

Absorbé par ses pensées, il s'aperçut trop tard que l'homme s'était de nouveau approché. Chacun avait abandonné les armes pendant quelques secondes pour se regarder et les anciens tirs semblaient à présent loin derrière. Le masque était presque tombé, il ne cachait pratiquement rien. Le tueur semblait le dévisager comme s'il cherchait une réponse puis finit par enlever sa capuche et ce masque inutile.

Et il vit enfin ces deux yeux bleus glaciaux qui ne l'avaient jamais délaissé du regard. À travers sa barbe mal rasée, son visage était inexpressif. L'homme donnait l'impression d'être perdu. Son cœur se pincerait presque pour son état. Le conducteur avait déjà croisé ce regard plus d'une fois. Normalement, celui-ci avait plus d'intensité, plus de vitalité. Et puis un déclic. Non c'était impossible.

Ce n'est qu'une impression Edward...qu'une impression.

Le tueur attrapa le poignet de sa main tenant l'arme et le plaqua contre la porte de la voiture. Il enchaîna sur un coup de pied dans l'articulation de son genou gauche et le businessman opéra dans un cri de douleur. Il serait tombé s'il ne l'avait pas tenu. Il ne comprit qu'après que son revolver avait été arraché par cette brute. Le tueur empoigna ses cheveux et frappa sa tête contre la vitre de la portière refermée. Un seul coup suffit pour qu'il perde l'équilibre, son visage fondait pratiquement contre la vitre laissant une traîne de sang derrière lui. Il était à moitié dans les vapes, alors que le tueur sortit une paire de menottes afin d'attacher une de ses mains au rétroviseur extérieur.

Salopards de russes ! Grogna-t-il le visage aplati dans ses mains.

Cet homme avait des réflexes sur-développés, il était trop agile pour un assassin ordinaire. Il avait enchaîné ses mouvements en moins de 3 secondes comme s'il était programmé à tuer furtivement sans le moindre remords. Son manteau polaire était déchiré par les dégâts des balles, et en portant un coup d'œil de plus près, il pouvait mieux apercevoir la matière du bras cybernétique de cet homme. Pas de doute là-dessus, il avait énormément travaillé avec cette matière qui regorgeait de qualités. La matière était dense et assez résistante pour contrer tous genres d'attaque mais comme le bouclier de Captain America, si son possesseur avait une force surhumaine alors son objet pouvait devenir redoutable. Même sans, il était fort, beaucoup plus fort qu'un soldat… alors, que contenait son sang ?

Une migraine éclata dans sa tête poussant l'homme à se mordre la langue jusqu'au sang pour stopper cette douleur. Elle était si forte dans son esprit qu'il ne pouvait que fermer les yeux pour essayer de penser à autre chose et atténuer la douleur. Finalement, il comprit. La lumière l'éclaira, c'était tellement évident et pourtant, il ne l'avait même pas pensé une seule seconde.

Le père de famille se rappela avoir entendu des rumeurs parlant d'un soldat sans nom. Aucun dossier, pas d'informations ni de témoins. Pourtant, il existait et était craint. Des recherches il en avait fait, pour au final aboutir à des miettes. Rien de concret, que des informations de pacotilles à travers des rumeurs entendues dans le vent. En plus de cela, au sein du SHIELD il se préparait quelque chose qui n'annonçait rien de bon et l'apparition du fantôme affirmait son hypothèse.

Trop tard pour prévenir Peggy de ses recherches car il était déjà mort. Voilà qu'il regrettait de ne pas l'avoir prévenu plus tôt. Or, c'était sa personnalité il avait besoin d'une preuve formelle avant de crier aux loups.

C'est HYDRA qui vous envoie ?...

Les battements de son cours tapaient dans ses tempes, il pouvait sentir le sang remonter jusque dans son cerveau. Il tenait à peine sur ses jambes tremblantes. Alors qu'il luttait contre la douleur, personne ne répondit à sa question ou alors, on l'ignorait ouvertement. Au lieu de lui répondre, le tueur sortit une seringue remplie d'un liquide vert et de l'autre un couteau. La lame jongla entre ses doigts, il donnait l'impression de jouer simplement avec un crayon de papier.

Et vous n'allez rien me dire non plus sur l'utilité de cette seringue et ce couteau, continua-t-il.

Il le regarda fixement un instant avant de baisser le regard sur ce couteau qu'il semblait affectionner. Le conducteur resta perplexe face à son silence avant d'entendre les rouages se mettre en place dans sa tête. Il succomba rapidement à sa rage qui grandissait à vue œil, sa vie n'avait plus d'importance. Si cet homme le tenait déjà en joue alors cela n'était que pour...

Non, non...non. MARIA !

Désespérément, l'homme essaya de se libérer de ses menottes mais ses mains ne bougèrent même pas d'un seul millimètre. Il pouvait presque briser ses os, casser son poignet pour s'extirper mais les menottes étaient trop serrées. Il n'eut le temps de voir l'arme arriver, ses efforts s'arrêtèrent dès que le manche du couteau s'abattit sur sa tête. Il s'écroula dans le noir complet.

Boum.

Son cœur battait…

Boum.

Deuxième battement : il était en vie.

Boum.

Troisième battement : sa mort n'était pas encore arrivé.

Boum. Boum. Boum…

Enfin, il se réveilla d'un long sommeil atroce, il venait de sortir d'un cauchemar sans nom. Il espérait vraiment que c'était son imagination cependant c'était bel et bien la réalité. Première chose qu'il ressentit : l'envie de vomir. Or il n'avait plus rien dans le ventre, il était complètement vide et impuissant. Et puis, quel homme serait fou pour vomir sur ses pieds en conduisant sa voiture de luxe...

Je suis dans ma voiture ?

Il voyait flou mais pouvait apercevoir la forme de ses pieds sur les pétales et ses deux mains sur le volant. Il entendit le clic de la ceinture de sécurité et quand ses yeux s'ouvrirent complètement il vit une autre main soigner sa veste et son pantalon tandis qu'une autre ajustait sa ceinture. Le plus étrange était la présence de la vitre sans le moindre impact devant lui. Aucune fissure, aucune trace de l'attaque.

Sa tête était si lourde qu'elle se pencha en avant sans qu'il puisse la relever. Mais pouvait-il réellement bouger ? Alors c'était ça être paralysé… La panique le submergea, il voulait hurler, bouger mais il ne pouvait que sentir les bourdonnements revenir vers lui.

I-I-Ivre ?

L'assassin qui avait essayé de lui tuer arrêta ses gestes minutieux, il resta un moment à le contempler et tourna la tête pour s'adresser à une autre personne dont il ne pouvait voir qu'un long manteau gris.

Il s'est réveillé.

De la part d'un Stark, plus rien ne me surprend...

Aussitôt, il reconnut cette voix avec un accent allemand. Mon Dieu, il n'arrivait pas à croire dans quel merdier il s'était fourré. L'homme s'approcha de lui et il pouvait revoir ce visage ignoble. Il ajustait ses lunettes rondes et quelques cheveux qu'il lui restait sur sa tête. L'homme ne cachait pas son sourire tandis qu'il se baissa légèrement pour contempler cette scène qui l'ébranlait émotionnellement. Jamais il n'aurait cru pouvoir être dégoûté par un tel sourire chez une personne.

Arnim Zola…

Monsieur Stark. Votre corps semble s'être accommodé par cette famille de médicaments. Cela ne vous ressemble guère, est-ce que votre femme est au courant ?

L'assassin se leva de sa place pour laisser parler à ces deux hommes. En s'éloignant, Howard remarqua la présence de plusieurs personnes sur les lieux. Les hommes armés avaient laissé place à une équipe de scientifiques en blouse blanche. En dessous, tous étaient habillés de combinaisons sombres, les couleurs noires et grises ressortaient le plus. Chacun était occupé à sa tâche, un homme avec une casquette balayait la scène où avait lieu la fusillade tandis qu'une femme au teint foncé prenait les munitions une à une pour les mettre dans un sac transparent. Quand la femme tourna le dos pour nettoyer une autre scène, il découvrit le logo du SHIELD sur sa blouse. Zola regarda par-dessus son épaule avec l'envie de savoir ce qui l'intéressait. En suivant son regard, il parut apprécier encore plus les événements.

Vouloir utiliser mon intelligence fut votre plus grande erreur...

Est-ce le SHIELD ? Prononça lentement Stark.

Plus ou moins, mais vous nous connaissez : coupez la tête et deux en repousseront.

La portière du siège passager s'ouvrit pour laisser place à l'assassin avec dans ses bras, une femme endormie dans ce qui ressemblait être un doux sommeil. Il la positionna sur le siège et arrangea ses affaires et sa ceinture. Son maquillage était aussi parfait que sa coiffure. Edward fit un grand effort pour bouger sa main droite, le tueur voulait l'arrêter mais revint sur sa décision quand Zola lui fit signe de rester en arrière.

Sa main caressa sa joue, et le choc fut si violent que les larmes se mirent à glisser sur ses joues sans qu'ils puissent les arrêter. Sa peau était glacée...

Dommage collatéral, vous êtes aussi fautif que nous le sommes. Un rat tel que vous n'aurez pas dû fouiller dans nos affaires...

Il croyait pouvoir tenir une promesse, décidément il décevra toujours autant son fils. Si seulement il pouvait remonter le temps pour lui dire qu'il l'aimait pour toujours… maintenant c'était trop tard. Les sanglots commençaient à venir du plus profond de sa gorge, Stark se reprit repoussant ses émotions dans un coin perdu dans son cerveau et jeta un regard rempli de haine vers l'homme à l'origine de son mal.

Ils le sauront. Tôt ou tard, ils l'apprendront ce que vous avez fait.

J'ai bien peur que non. Vous voyez ces personnes, ce sont des experts du SHIELD et vous savez ce que les papiers diront : morts par accident, tragique n'est-ce pas ? Tant que le SHIELD vivra, il perpétua l'héritage de HYDRA. Nous serons toujours là.

Zola ferma la portière sans ménagement et recula quelques pas pour mieux savourer la descente du véhicule. Les barrières de sécurité avaient déjà été entrouvertes pour laisser place à la voiture, il fallait simplement pousser et tout disparaissait avec.

Allez en enfer, vous ne gagnerez jamais.

Épargnez-moi votre confiance absurde, c'est terminé pour vous. Vous n'avez pas à vous inquiéter, vous êtes entre de très bonnes mains. Je ne vous le présente plus vous le connaissez déjà.

L'assassin, ses yeux bleus, ce visage sans expression… Non. Impossible. C'était Bucky. James Buchanan Barnes était en vie. Ses yeux s'ouvrirent à nouveau de stupeur. Mais que lui était-il arrivé ?

Cet homme est un fantôme, conclut Zola. On le surnomme le soldat de l'hiver.

La voiture rouge bascula au rebord de route. Poussé par un soldat d'une force proche de celle de Captain America. Il donna un coup d'épaule une deuxième fois et la voiture chuta dans le ravin disparaissant dans une brume blanche élevée.

Retournons à la Ruche, votre siège vous attend soldat.

Le soldat lui donna une mallette qu'il avait récupérée dans le coffre. Sans aucun signe de remerciement, Zola prit la mallette connaissant déjà le contenu de celle-ci. Le liquide contenu dans ses poches allait leur permettre de fabriquer d'autres soldats obéissants.

— Pourquoi m'a-t-il regarder ainsi ? Demanda le soldat.

— Comment vous a-t-il regardé ?

— Il avait peur.

— Oui, peur de vous.

— Non il avait peur pour moi. C'est la première fois qu'une personne s'inquiète, je ne comprends pas.

Zola le jugea dans un long silence puis remit son chapeau qu'il tenait dans ses mains. L'assassin le regarda partir tandis qu'il restait sur place.

Rentrons, avant que votre cerveau ne gèle déjà qu'il vous joue des tours.

Vous avez raison...

L'assassin tiqua, il le rejoignit en suivant la marche, mais son visage se tordait par l'incompréhension. Puis il cessa de le suivre derrière, il ne pouvait plus marcher. Les ordres ne lui parvenaient plus. En un éclair, il sortit son couteau de son étui sans savoir s'il voulait se protéger ou l'attaquer. Aux alentours, mes autres personnes avaient surveillé leur supérieur et sortirent aussitôt leurs armes qu'ils pointèrent sur l'assassin. Ils étaient prêts à l'abattre sur-le-champ si ce couteau venait à effleurer Zola.

Je veux savoir pourquoi ! Qui est-il vraiment ? Est-ce que je le connais ?! Répondez-moi !


Note de l'auteur : Oui un dossier long, j'espère que je ne vous ai pas perdu en chemin. N'oubliez pas les reviews, ça me ferait tellement plaisir !
Le prochain chapitre se recentre sur l'histoire principale, à très vite !

Correction le 05/08/2019 ~