Re-bonjour !
Lythrum : Je suis contente que l'histoire et la malchance de Sarah te plaisent ! Merci pour tes reviews !
Ic'ilver : Merci de m'avoir prévenue, je vais faire attention ;)
Lili : Pour la suite je vais poster un chapitre tous les jours :)
Nous voilà déjà au chapitre 10 ! Bonne lecture :)
Chapitre 10
- Dis Ben.
- Oui ?
- Depuis quand les dieux païens sont roux et manchot ?
- Qu'est-ce que tu veux que j'en sache ? Souffle-t-il.
Ben et moi sommes actuellement pieds et poings liés dans une cage en bois sommaire pendant que Shanks a le droit à un trône feuillu. Comment on en est arrivé là ? Aucune idée, je suis réveillée depuis seulement une dizaine de minutes et le capitaine était déjà idolâtré à ce moment-là. D'après ce que j'ai compris les indigènes qui nous ont capturés sont persuadés que le Roux est la réincarnation d'une de leur divinité. Je ne l'ai compris que parce qu'ils se prosternent, leur langue m'est complètement inconnue.
Bref, nous sommes dans une position légèrement complexe. Déjà nous ne pouvons pas parler avec Shanks qui est bien trop loin et entouré de fidèles. Ensuite nous sommes désarmés et je ne sais pas ce qu'il va advenir de nous. A priori le capitaine est globalement tranquille, en tant que divinité, mais rien n'est moins sûr pour le second et moi. Quoi que, ces indigènes pourraient être de ceux qui brûlent leurs divinités pour libérer leurs âmes. Dans ce cas le Roux est vraiment mal.
- Dis Ben.
- Quoi encore ?
- Tu crois qu'ils vont brûler le capitaine parce qu'ils pensent que c'est un dieu qui a besoin d'être libéré de son corps ?
Le second me fixe comme si c'était la chose la plus intelligente que j'ai dit depuis qu'on se connait. Réflexion faite c'est sûrement le cas, mais par principe je préfère dire que ça ne l'est pas. Il jette un œil au roux qui profite de son bain de foule sans se douter de ce qui l'attend. Finalement il soupire et ajoute une petite phrase dans un souffle.
- Vous faites vraiment la paire…
En temps normal je me serais insurgée contre le fait qu'il ose dire que le capitaine et moi ne sommes pas très utiles dans ce genre de situation mais la phrase me perturbe trop pour ça. Mon imagination part se faire des films sur une hypothétique vie de couple avec Shanks pendant que mon cœur commence à battre de façon anormale. Qu'est-ce qui lui a pris de dire ça comme ça ? Il n'aurait pas pu dire « vous êtes des boulets » tout simplement ?
Instinctivement mes yeux se porte sur le principal concerné qui reçoit en ce moment des offrandes diverses et variées. Allant de la simple statuette en bois aux objets plus technologiques, sûrement volés aux autres malchanceux qui ont posés le pied sur cette île avant nous, le Roux croule sous les cadeaux. Je rougis lorsque son regard croise le mien. Ben avait-il vraiment besoin de me déconcentrer maintenant ?
En parlant du second il semble perdu dans ses pensées. Il doit chercher un moyen de s'échapper d'ici avant le repas, dont nous sommes sans aucun doute le plat principal. Mais la solution n'est pas simple, les indigènes ont leurs dards empoisonnés. Si on pouvait contacter l'équipage, il suffirait d'une équipe de sauvetage. C'est ça !
- Dis Ben.
- Oui ? Soupire-t-il.
- Tu as un escargophone ?
- Bien sûr que non, sinon j'aurais contacté l'équipage !
- Ah...
Retour au point de départ. Pourquoi c'est si compliqué ? Avec Luffy ça aurait été « on fonce dans le tas » et c'est réglé. Ben ne foncerait jamais dans le tas sans plan. Mon cerveau frôlant la surchauffe, j'abandonne pour laisser tout le boulot au second. Après tout c'est censé être un des gars les plus intelligents de One Piece, il finira bien par trouver.
Mon regard retourne sur Shanks. Il observe désormais les offrandes avec beaucoup d'intérêt. Cherche-t-il un objet qui pourrait nous aider à fuir ? Aurait-il compris qu'il va brûler pour des croyances païennes ? Il sort une petite boule bleutée de la masse et l'agite dans ma direction. J'ai rien dit, il s'amuse encore dans son rôle de dieu… Malgré ce constat désolant mon cœur continue de frapper ma cage thoracique à un rythme élevé. Quand est-ce que ça va enfin s'arrêter ?
Un coup sur mon épaule me change les idées. Ben à l'air d'avoir un plan. Enfin ! Je me rapproche pour la discrétion mais ça ne sert à rien puisque nos ravisseurs ne comprennent pas un traitre mot de notre langue.
- J'ai une idée, commence-t-il, attire leur attention.
- Pourquoi moi ?
- Parce que tu as un don pour ça !
Sourire moqueur, le retour ! Je lui fais comprendre que je ne lui pardonnerai pas facilement par une moue boudeuse, néanmoins j'obéis quand même. Que faire pour attirer toute l'attention sur moi alors qu'un dieu est présent ? Hum... Attire l'attention du dieu et tu as celle des fidèles, je suis un génie !
- Shanks !
Mon cri est assez fort pour arriver jusqu'à lui, il tourne la tête dans ma direction. Il sourit comme à son habitude tandis qu'il agite toujours sa petite boule bleue.
- Je vois rien d'ici, c'est quoi ton machin ?
- Un…er…nal…se.
Ok, je ne comprends toujours rien. En revanche les païens me fixent tous. J'espère que le plan du second va marcher sinon je sens que je serais la première à passer au barbecue. Je continue la diversion en mimant que je n'entends rien. Le Roux tente à deux autres reprises de crier par-dessus la foule mais celle-ci se fait plus bruyante. On dirait qu'ils ne veulent pas qu'on communique.
J'arrête donc la conversation en priant pour que la diversion ait suffit à Ben. Le second qui… n'est plus dans la cage. Le traitre, il m'a abandonné ! Je ne suis d'ailleurs pas la seule à avoir remarqué ce fait, les indigènes commencent à s'énerver et crient comme des singes. Ça sent pas bon pour moi cette histoire. En effet, un garde vient me faire sortir et couper les cordes que j'ai aux chevilles. Il me traîne jusqu'à la place centrale, juste en face du capitaine qui ne comprend toujours pas ce qui va se passer.
Le bûcher se prépare à une vitesse affolante pendant que le Roux réalise ce qu'il va advenir de moi. Je suis en panique totale, j'ai lu quelque part que brûler vif était la pire douleur qui soit et je résiste très mal à la douleur. J'imagine déjà les pires scénarios, ma mort atroce, tous les regrets que j'aurais… J'aurais aimé dire à Ben que malgré son caractère insupportable je l'aime bien. A Yassop que je ne lui en veux pas de ne pas avoir voulu de moi comme élève, même moi je n'aurais pas voulu. A Lucky qu'il peut récupérer ma part du dîner s'il veut. A Eddy que c'est moi qui ait dit au capitaine que la réserve était ouverte. Et à Shanks que je le remercie pour toutes ses bêtises qui m'ont amenés à vivre plein d'aventures.
Le feu brûle vivement quand je finis mes adieux mentaux au monde de One Piece. J'espère que le Roux et son second arriveront quand même à fuir. On me pousse vers l'avant, vers le feu. Automatiquement mes yeux croisent ceux, paniqués, de mon capitaine. J'ai l'impression qu'il va me manquer plus que les autres si ma mort ici me ramène dans mon monde d'origine. Dans un dernier effort je détourne les yeux pour essayer de fuir. Je suis facilement maîtrisée, je n'ai plus d'échappatoire. J'entends Shanks tenter de venir me sauver et je sens son Haki commencer à se déployer.
Un coup de feu coupe tout le monde dans son élan. Je profite de l'inattention des gardes pour m'éloigner de ma mort certaine et m'approcher discrètement du capitaine. Finalement le second ne m'a pas abandonné ! Il menace tous les indigènes avec nos armes qu'il a dû retrouver durant sa fuite. Le Roux me rejoint en bas de son piédestal, il a l'air un peu énervé. Mais là on n'a pas le temps pour une crise de nerfs. Je le coupe avant qu'il ne parle.
- Pour les réclamations c'est plus tard, on doit rejoindre Ben et fuir.
Il se contente d'hocher la tête sans que son humeur s'améliore. S'il lui faut des fidèles pour être de bonne humeur il risque de passer sa vie à bouder. En contournant la foule nous arrivons à côté du second sans se faire repérer. Après s'être assuré que nous étions tous les deux présents, il nous ordonne la retraite. C'est à se demander qui est le capitaine dans cette histoire.
Nous commençons par nous éloigner à reculons afin de surveiller les indigènes, ces derniers osent à peine respirer. Puis arrivé à la lisière de la jungle, nous nous retournons pour courir le plus loin possible. Personnellement je repousse les limites de mon endurance pour braver la végétation. Courir dans un endroit envahit par les plantes est vraiment compliqué, il faut les écarter sans perdre le rythme. A aucun moment je n'entends de bruit de poursuite, mais cette fois j'ai retenu la leçon : ne pas me fier à mon intuition.
Nous nous arrêtons en arrivant sur une falaise. Je m'étale lamentablement par terre en reprenant mon souffle. Plus jamais je ne réclamerai de mettre le pied sur une île inconnue, c'est bien trop dangereux. En parlant de danger le capitaine me fixe avec un de ses regards les plus énervés. J'ignore si les battements effrénés de mon cœur sont encore de sa faute ou de celle de la course mais ça ne m'aide pas à rester calme.
- Tu es complètement folle !?
Explosion imminente, c'est contre moi qu'il est en colère. D'ailleurs je ne comprends pas trop pourquoi. Qu'est-ce que j'ai encore fait ?
- Tu aurais pu te faire tuer !
Ah ! C'est donc ça ! Je ne suis pas passée loin mais je suis toujours en vie. De tout façon je ne risquais rien avec eux deux.
- C'était juste une diversion ! En plus il n'est rien arrivé, tu étais là avec Ben. Je ne risquais rien !
- C'est ta vie, ne joue pas avec si facilement !
- Tu veux vraiment savoir ? M'énerve-je. J'étais morte de trouille ! Mais je ne pouvais rien faire d'autre que vous faire confiance ! ça te va ?
Il ne répond pas. Il a l'air plus calme, il soupire avant de venir poser sa main sur ma tête. Je suppose que ça veut dire que je suis pardonnée. Par contre les battements de mon cœur accélèrent un peu, ça va finir par s'entendre jusqu'à l'autre bout de la jungle.
- Tu m'as fait peur. Ajoute-t-il.
Sans rien contrôler je rougis. La phrase de Ben tourne toujours en boucle dans ma tête et mon imagination s'en donne à cœur joie. Je détourne les yeux pour éviter d'aggraver mon cas. Soudain, l'objet inconnu qu'agitait Shanks me revient en mémoire.
- D'ailleurs c'était quoi l'objet que tu voulais me montrer ?
- Oh, ça ! C'est un Éternal Pose.
Il sort l'Éternal Pose et me le présente. Il porte le nom de Sabaody, notre destination. C'est super !
- C'est incroyable d'avoir trouvé ça ici !
- C'est vrai.
Il semble assez fier de lui. Je détourne une nouvelle fois les yeux et ils tombent sur Ben. Le second réfléchit en regardant l'horizon, on doit s'être perdu sur l'île dans notre fuite. Je vais me poster à côté de lui afin d'en apprendre un peu plus.
- On est perdu ?
- Pas vraiment, commence-t-il, je sais comment retourner à la plage mais on devra repasser par la jungle.
Cette idée ne m'enchante pas tellement mais si Ben la propose c'est que c'est sûrement la seule. Après une courte concertation on est repartis. Nous nous déplaçons en file indienne, je suis au milieu pour être protégée facilement si besoin. La progression est lente et épuisante, surveiller chaque buisson comme un ennemi potentiel est très prenant. Il nous faut environ une heure à ce rythme pour rallier la plage.
Quand j'aperçois à nouveau le sable, il me faut des trésors de volonté pour ne pas courir me jeter dedans. La barque n'a pas bougée, nous sommes rapidement à l'intérieur. Le trajet du retour est caractérisé par un silence très gênant. Je n'ose plus adresser la parole au Roux à cause des battements désordonnés de mon cœur, le second ne fait aucun effort pour meubler le silence et Shanks à l'air perdu dans ses pensées.
Je soupire presque de soulagement en arrivant au Red Force. Ben remonte le premier afin de retourner à des activités plus calme que la course poursuite. Le capitaine passe après lui, il n'a toujours pas reparlé et ça commence vraiment à m'inquiéter, d'habitude il est sans arrêt de bonne humeur. Enfin c'est mon tour de remonter, je suis soulagée d'être de retour, la journée aura été forte en émotions.
Après un passage obligé par l'infirmerie ainsi qu'un résumé des évènements pour chaque membre d'équipage, je me retrouve à errer comme une âme en peine dans les couloirs. Je ne sais absolument pas quoi faire en attendant le repas. En temps normal je serais allée voir le capitaine à la barre, ne serait-ce que pour sa présence agréable. Mais en ce moment je ne peux plus passer une seconde près de lui sans que mon cœur ne se mette à battre frénétiquement.
Je repense à son manque de sourire des dernières heures. J'ai comme l'impression que tout ça est de ma faute. J'arrive près des hublots de la proue, mon endroit préféré pour réfléchir. Mais cette culpabilité tenace m'empêche de repenser tranquillement à la journée complètement dingue que je viens de passer. Il ne me reste qu'une chose à faire, m'assurer qu'il retrouve le sourire. Je fais donc demi-tour, direction le pont !
Le capitaine est à la barre comme toujours, son célèbre sourire est en effet aux abonnés absents. Je vais me poster à ses côtés pendant que mon cœur reprend sa danse de la joie. Si j'avais le fruit du démon de Brook je me débarrasserais de cet organe fou. Mais comme ce n'est pas le cas, je me contente de faire avec. Le Roux ne me remarque pas directement, je suis obligée de lui tapoter l'épaule pour qu'il se tourne vers moi.
- C'est quoi cette tête d'enterrement ?
- Je ne vois pas de quoi tu parles.
Ça s'appelle du déni, enfin bon je ne suis pas là pour lui faire un cours de psychologie non plus.
- C'est ça je vais te croire ! Il a l'air un peu surpris. Le Shanks que je connais passe son temps à sourire, même quand la situation est tout sauf drôle ! Où est-ce qu'il est passé ce Shanks ?
Il me fixe étrangement quelques temps. Je manque un battement quand son sourire revient. Mon visage est en surchauffe et mon cœur s'affole. Je crois que je suis au bord de la crise cardiaque. Foutu cœur !
J'espère que ça vous a plu, merci d'avoir lu ;)
