Hello ! Je vous avais dit que le ce chapitre mettrait du temps à arriver, et j'avais dit vrai (en même temps vous ne pouvez pas m'en vouloir avec sa longueur). Il s'y passe beaucoup de choses alors j'espère que l'attente en aura valut le coup.

Evidemment je vous remercie pour vos review, et quant-aux questions de iiii et 333… Je ne sais pas ? Je n'ai jamais fais vraiment attention à ce genre de détails ^^

…..

Chapitre 9

Madara ne s'était jamais imaginé devoir un jour prendre soin d'une équipe de Genin.

Il avait eut beau protester, crier, et menacer Hashirama pour que celui-ci annule sa nomination en tant que professeur, mais sans succès : Son ami croyait sincèrement que former des mioches aux arts shinobis serait une expérience bénéfique pour lui.

C'était ainsi qu'il s'était retrouvé, ce matin même, sur un des nouveau terrains d'entrainement de Konoha à attendre que ses élèves arrivent.

D'après ce qu'Hashirama lui avait dit, il devrait tester les enfants pour savoir si ceux-ci était réellement apte à devenir des genins. Cette épreuve était apparemment une nouvelle norme instaurée par Tobirama.

Par la suite, Madara avait longuement réfléchi à ce qu'il pourrait faire faire à ses élèves sans les mettre en danger. Finalement, c'était grâce à Hikaku qu'il avait pu trouver une réponse lorsque celui-ci lui avait simplement suggérer d'utiliser Thorn.

L'épreuve était très simple : Il ordonnerait à ses genins de poursuivre son invocation. Et lorsque ceux-ci échoueraient à la capturer (car il n'y avait aucune raison à ce que de jeunes enfants parviennent à attraper son porc-épic), il les renverrait à l'académie.

Hashirama pouvait toujours le forcer à prendre cette équipe sous son aile, mais cela ne signifiait pas qu'il devait les accepter en particulier s'il décrétait que leurs compétences n'étaient pas suffisantes pour qu'ils deviennent des ninjas.

Madara savait qu'il était injuste. Mais il avait appris, il y avait longtemps, que la vie elle-même n'était qu'injustice. Même s'il renvoyait les jeunes adolescent, il leur rendait un service en leur enseignant cette implacable leçon.

De toute manière, cela lui était égal : Il haïssait déjà ces gosses sans même les avoir rencontrés. Ce qu'ils éprouveraient en apprenant leur échec, il s'en fichait.

Satisfait par son train de pensés, il plaqua ses main au sol et, aussitôt, les sceaux d'invocations y apparurent avant que Thorn ne surgisse du néant dans un nuage de fumée qui s'évapora progressivement dans l'air.

Aujourd'hui, l'animal faisait la taille d'un cheval.

-Yoh ! Fit-elle en levant une patte griffue en guise de salutation.

-J'ai besoin de toi, déclara abruptement Madara, je veux que tu serves d'appâts à un groupe de genins qui tenterons de t'attraper. Evidemment, j'attends de toi que tu ne te fasses pas capturer.

Bouche bée, Thorn le fixa un instant avant de se renfrogner :

-Bonjour à toi aussi, maugréa-t-elle, je vois que tu es toujours un véritable rayons de soleil dès le matin.

Madara ignora sa réplique :

-Tu penses que tu peux le faire ? S'enquit-il.

-Bien sûr, dit le porc-épic en roulant des yeux, tu ne penses quand même pas que je puisse me faire attraper par des mioches ?

Un « tch » dédaigneux lui échappa alors qu'elle s'ébrouait.

Satisfait par sa réponse, Madara hocha la tête, et attendit que ses élèves n'arrivent, tandis que son invocation rétrécissait jusqu'à avoir la taille d'un gros chat.

Ne sachant que faire durant ce laps de temps, l'homme se mit à observer les alentour d'un œil ennuyé. Un bout d'un moment, son regard tomba finalement sur la falaise culminant tout Konoha où, récemment, le visage d'Hashirama avait finit d'y être sculpté en relief.

Sans qu'il ne sache trop pourquoi, Madara laissa ses yeux courir sur chaque crevasse et cavité qui composaient l'œuvre toute récente, scrutant le moindre détail avec une attention particulière, comme s'il les jugeait.

Ce qui était en réalité un peu le cas :

Ce visage sculpté dans la pierre ne rendait pas justice à son ami, songea-t-il. Le menton était bien trop relevé, son regard bien trop acéré, ses lèvres trop pincées, et son expression trop sérieuse. En cette gravure, il ne voyait pas Hashirama, mais seulement une représentation de ce que devrais être un Hokage.

Il trouvait ça dommage.

Perdu dans ses pensées, il remarqua à peine Thorn escalader ses vêtements pour venir se blottir dans le creux de son cou, ni les échos de voix enfantines se rapprocher de plus en plus.

Ce ne fut que lorsque son invocation lui tapota la joue qu'il porta enfin attention aux nouveaux arrivants qui se raidirent aussitôt l'eurent-ils remarqué.

Parmi les trois enfants lui faisant face, seul deux semblaient issus d'un clan : Un Inuzuka au vue du chiot Leonberg trottant à ses cotés et, aussi ironique que cela puisse paraitre, un jeune Uchiha aux cheveux noir rasés à l'arrière de son crane.

Le troisième, ou devrait-il dire la troisième, était une petite fille aux courts cheveux blanc, aux yeux gris vêtue d'un short noir, et d'une chemise blanche sans manche. Contrairement aux autres, elle était la seule qui osa croiser son regard une fois qu'ils furent devant lui.

Madara se racla la gorge :

-Vous l'ignorez surement, commença-t-il sans même les saluer, mais le test que vous avez eu à l'académie n'était que la partie immergé de l'iceberg. La véritable épreuve commence aujourd'hui.

-Quoi ?! Bredouilla l'Inuzuka d'un air incrédule avant se recroqueviller lorsque le regard de Madara tomba sur lui.

-Que voulez-vous dire ? S'exclama à son tour le jeune garçon Uchiha, je croyais que nous étions officiellement Genin une fois diplômés de l'Académie !

-Eh bien tu t'es trompé, répondit sèchement Madara, remercie Senju Tobirama pour cela : C'est lui qui à instauré cette nouvelle règle.

Il se tût, fusillant un instant du regard les enfants, puis reprit :

-Si vous voulez officiellement devenir Genin, vous allez devoir attraper Thorn ici présente.

Il désigna le porc-épic sur son épaule à moitié dissimulé dans ses cheveux, qui, à l'entente de son nom, leva le museau dans un geste qu'elle pensait probablement intimidant.

-Oh mon dieu, elle est adorable !

L'unique cri que poussa la seule fille du groupe les surpris tous.

Celle-ci eut d'ailleurs la décence de paraitre embarrassée lorsque Madara fronça les sourcils d'un air désapprobateur.

-Désolée, marmonna-t-elle, penaude, c'est juste que j'adore les invocations, et je trouve celle-ci particulièrement mignonne.

Elle se passa une main sur la nuque, et lui adressa un sourire maladroit.

-J'aime cette petite, commenta alors en Thorn en sautant de son perchoir.

Puis, sans laisser le temps aux enfants de réagir, elle fila comme une flèche en direction de la forêt bordant le terrain d'entrainement.

-Attrapez-moi si vous le pouvez ! Leur hurla-t-elle.

Et, en à peine une fraction de seconde, elle avait disparue à travers l'épaisse végétation des sous-bois, laissant trois adolescents, aux visages ahuris, plantés sur place.

-Qu'est-ce que vous attendez ? Leur lança brusquement Madara, ce n'est pas moi qui vais l'attraper pour vous !

Sortit de leur rêverie, les enfants eurent brièvement l'air paniqués avant de soudainement se mettre à courir en direction de la forêt.

Très vite, Madara se retrouva seul et s'assit confortablement à même le sol tandis qu'un légé sourire flottait au coin de ses lèvres : Aucun doute, les adolescents ne parviendraient jamais à attraper Thorn.

D'ici quelques heures, il serait libérer de cette responsabilité, et pourrait continuer à martyriser Hashirama lorsque celui-ci rechignerait à remplir les documents administratifs.

A cette pensés, un ricanement lui échappa.

Avec un soupir de bien être, il laissa la légère brise de cette de cette dernière journée ensoleillée avant l'hiver lui caresser le visage, allant même jusqu'à fermer les yeux pour les rouvrir subitement lorsqu'un chakra familier apparut dans son champs de perception.

Cette fois, ce fut un grognement d'exaspération qui lui échappa, et Hashirama surgit soudain devant lui, vêtus de son uniforme d'Hokage, et son éternel sourire débonnaire aux lèvres.

-Que veux-tu ? Lui feula-t-il aussitôt.

-Bonjour à toi aussi ! Pépia son ami, alors quoi de neuf avec tes élèves ?

Son regard balaya les alentours :

-Où sont-ils d'ailleurs ?

-Dans la forêt. A la poursuite de Thorn.

-Mais tu ne les surveilles pas ?

-A quoi bon ?

-Eh bien pour voir s'ils travaillent en équipe ! C'est le but du test !

Madara renifla :

-Ils échoueront de toute manière, dit-il avec un haussement d'épaule, il n'y à aucune chance qu'ils parviennent à attraper Thorn.

La mâchoire d'Hashirama s'ouvrit, béante, alors qu'une expression absolument scandalisée venait prendre place sur son visage. Mais contrairement à ce que Madara pensait, son ami ne se lança pas dans un long discourt sur la soi-disant injustice dont il faisait preuve. A la place, il se contenta de pincer les lèvres de la même manière qu'elles l'étaient sur le visage sculpté sur la falaise.

-Tu ne comptes pas les prendre comme élèves n'est-ce pas ? Constata-t-il d'une voix blanche.

-Je pensais que c'était plus qu'évident, rétorqua Madara en croisant les bras, dois-je te rappeler que je ne voulais pas d'eux en premier lieu ?

-Est-ce une raison pour te montrer aussi odieux ?

-Tout à fait.

Hashirama eut l'air sur le point de se tirer les cheveux.

-Ecoute, commença-t-il d'une voix se voulant visiblement apaisante, je ne veux pas me disputer avec toi. Je vois bien que tu ne veux clairement pas à avoir à t'occuper de cette équipe. Mais, (son ton se fit grave) promet moi une chose : S'ils réussissent le test, jure de devenir leur enseignant.

-Cours toujours, cracha l'ex-tête de clan.

-Madara !

En un bond, l'homme se tenait devant lui et le toisait de toute sa hauteur, forçant Madara à lever la tête pour pouvoir le regarder dans les yeux.

-Quoi ? Grogna-t-il en luttant pour ne pas reculer.

Il pouvait pratiquement sentir le souffle de l'Hokage sur son visage.

-Je ne plaisante pas, l'averti Hashirama d'un ton mortellement sérieux, je veux vraiment que tu formes ces genins. Tu as tellement de chose à leur apprendre… Il serait dommage que ton savoir se perdre tu ne penses pas ?

-Tu cherche à m'avoir par la flatterie ?! S'exclama Madara, légèrement incrédule.

Il oubliait souvent que son ami, derrière son visage d'abrutis heureux, pouvait faire preuve de ruse.

Pour toute réponse, le ninja eut brièvement l'air coupable avant de lui sourire d'un air penaud. Ensuite, à sa grande surprise, il se rapprocha encore plus et, soudain, l'esprit de Madara se vida.

Tout à coup, il se sentait conscient de la moindre petite chose propre à Hashirama. De l'odeur de terre humide qu'il dégageait, à son souffle chaud sur son visage. Des mèches de cheveux lui frôlant le font, à l'intensité de son regard.

L'envie de battre en retraite se fit alors plus forte, presque urgente et il du se faire violence pour ne pas faire un pas en arrière.

S'il reculait, cela signifierait qu'il perdait cet argument. Une chose qu'il se sentait peu disposé à faire, bien que les battements de son cœur s'accélèrent de secondes en secondes.

-Allons Madara, ne soit pas si têtu. Promet-le moi simplement, et l'affaire est réglée.

La voix geignarde d'Hashirama brisa net l'instant enchanteur. Madara cligna des yeux, se demandant avec scepticisme ce qui avait bien pu se passer pour qu'il se retrouve fasciné par un pareil idiot.

-Très bien, je le promets ! Lâcha-t-il finalement de mauvaise grâce en tentant de calmer son cœur qui continuait à cogner frénétiquement contre sa cage thoracique.

Un immense sourire fleurit sur les lèvres de l'Hokage, et Madara ne pu s'empêcher de grimacer :

-Mais c'est seulement s'ils réussissent, ajouta-t-il d'un ton bourru.

-Bien sûr ! Gazouilla joyeusement son ami, bien qu'à ta place je ne serai pas si sûr de leur échec : Ces jeunes gens font quand même parti du top dix des meilleurs élèves diplômés de l'académie. En particulier la petite Hitomi qui pourrait presque rivaliser avec Uchiha Kagami, Shimura Danzo et Sarutobi Hiruzen les élèves de Tobirama.

A cette mention, Madara releva la tête :

-Qui ? Demanda-t-il avec intérêt.

-La fille de ton équipe, lui répondit Hashirama avant de lui jeter un regard accusateur : -Tu le saurais si tu avais lu la feuille avec les informations sur les enfants.

-Je ne vois pas l'intérêt de lire un document me donnant des informations sur des personnes que je ne verrais qu'une seule fois dans ma vie, rétorqua dédaigneusement l'Uchiha.

-Ne t'inquiète pas dans ce cas : Tu auras tout le temps de le lire ce soir.

-Oh ! En parlant de ce soir, s'exclama Madara en se souvenant soudainement d'un élément important, je ne serais pas là !

Il était tellement surpris de se rappeler de cela maintenant qu'il en avait complément oublié leur petit argument tout comme Hashirama dont les yeux venaient de s'écarquiller :

-Quoi ! S'écria-t-il, mais qui va faire à manger dans ce cas ?

-Pardon ?! S'indigna Madara.

-Euh… Je voulais dire : Où vas-tu ? Dégluti Hashirama.

Pas dupe pour un sous, l'Uchiha plissa les yeux, mais décida de passer outre ce lapsus, et répondit :

-Manger dans un restaurant avec Hikaku. Il veut me parler de quelque chose.

Curieusement, une expression choquée s'inscrivit sur le visage de l'Hokage dont l'habituel sourire en coin fut remplacé par une grimace désapprobatrice. Doucement, il ferma encore plus l'écart entre lui et Madara, puis inclina la tête sur le coté, laissant quelque mèche de cheveux venir occulter la partie gauche de son visage.

Sans qu'il ne sache trop pourquoi, l'ex-tête de clan lui trouva soudain un air menaçant et lorsque celui-ci ouvrit la bouche, il eut presque le reflexe de plonger sa main dans sa poche pour en sortir un kunai.

Or, ce qu'il lui fut demandé ensuite le surpris tellement que sa mâchoire s'ouvrit, béante :

-Est-ce que je peux venir ?

-Qu... Quoi ?! Bafouilla-t-il.

-Est-ce que je peux venir ? répéta Hashirama, je n'ai pas envie de me retrouver seul ce soir.

Choqué, Madara ne pu que le fixer avec consternation avant qu'il ne se rappelle qu'il devait lui répondre :

-Si… Si tu veux, dit-il en se fustigeant mentalement pour son manque d'assurance.

La proximité de son ami l'étourdissait, et il ne se rendit compte que trop tard de ce qu'il venait de faire. Hikaku lui avait clairement spécifié que c'était une discutions privé qu'il voulait avoir avec lui. Et pourtant, il venait d'inviter l'Hokage.

Retenant un gémissement, il tenta d'ignorer le sourire radieux que lui adressa Hashirama, et posa brièvement ses mains sur la poitrine de celui-ci avant de le repousser brusquement en arrière, lui tirant un son étranglé.

-Brute ! Lâcha le shinobi en se frottant la zone endolorie.

-Espace personnel, tu connais ? Rétorqua-t-il

-Pas quant-il s'agit de toi, plaisanta Hashirama.

A la fois embarrassé et furibond, Madara s'apprêta à lui envoyer une réplique cinglante, mais se vit interrompu par des cris au loin.

D'un même mouvement, lui et Hashirama se tournèrent vers la forêt d'où émergèrent trois petites silhouettes -facilement identifiables comme les adolescents- qui accoururent dans leur direction. L'un des enfants semblait même brandir quelque chose victorieusement au-dessus de sa tête, et il ne fallut qu'une seconde à Madara pour réaliser qu'il s'agissait de Thorn.

Le ninja sentit ses yeux s'ouvrir démesurément alors que les trois genins freinaient brusquement devant lui pour soudain se figer en apercevant Hashirama.

L'unique fille de l'équipe en fut tellement choquée qu'elle en lâcha même le porc-épic qui s'écrasa au sol avec un « Ouch » étouffé.

-Hokage-sama ! S'exclama-t-elle d'une voix suraigüe.

-Bonjour ! Lui répondit joyeusement Hashirama.

Si Madara n'avait pas été aussi stupéfait par l'apparente réussite au test des adolescents, il se serait emparé su chapeau chinois de son ami pour le lui faire manger.

-Ne faite pas attention à lui, dit-il aux enfants.

Il s'accroupit, ignorant les plaintes d'Hashirama clamant qu'il était un ami indigne, et remit Thorn sur ses pattes par la peau du cou.

-Comment t'es-tu fait attrapée ? Lui demanda-t-il de but en blanc.

Pour lui il était impossible que son invocation se soit faite capturée aussi facilement. Il devait s'être passé quelque chose. Forcement. Car, jamais au grand jamais, Thorn ne l'aurait mit dans une situation déplaisante volontairement.

C'était ce dont il tentait de se convaincre. Cependant, l'animal déglutit nerveusement, semant aussitôt la graine du doute dans sa poitrine.

-Ecoute, commença-t-elle de manière hésitante, il se pourrait que j'aie décidé à un moment donné de faire une pause au mauvais endroit…

-Au mauvais endroit ? Répéta doucereusement Madara en faisant frissonner inconsciemment une bonne partie des personnes présentes.

-Au mauvais endroit, oui, répondit l'animal d'une petite voix.

Son regard était fuyant, et elle piétinait le sol de ses pattes griffues.

Voyant qu'elle ne lui répondrait pas, il se tourna vers ses les trois adolescents :

-Qu'avez-vous fait ? S'enquit-il.

-Je savais que les porcs-épics aimaient l'écorce des arbres, l'informa Hitomi, nous en avons donc laissé dans une cage construite à la va-vite par Kentaro et Yuta.

-Elle s'est fait avoir tout de suite ! S'exclama le jeune Inuzuka en sautillant.

L'unique Uchiha de l'équipe marmonna une brève réponse en signe d'assentiment.

Madara soupira, puis planta son regard dans celui de Thorn qui laissa échapper un rire nerveux tandis qu'à sa gauche, il apercevait Hashirama réprimer pouffement.

-Je vois, lâcha-t-il finalement avant de se redresser.

Il scruta un instant les visages de ses nouveaux élèves, puis reprit :

-Félicitation, déclara-t-il avec l'impression que ces mots menaçaient de lui arracher la langue, vous êtes désormais officiellement genins, et moi votre professeur. Sachez que je ne serais pas tendre et que votre apprentissage ne sera pas limité à de simple séance d'entrainement avec moi. Vous devrez aussi travailler par vous-même.

Les trois adolescents hochèrent la tête, un éclat d'excitation dansant dans leur regard alors qu'ils se souriaient mutuellement, fier de leur réussite.

En les voyants ainsi, Madara failli presque penser qu'enseigner ne serait peut-être pas si désagréable puis se rappela qu'il était sensé haïr ces gosses. Il se renfrogna donc, et les écouta distraitement murmurer avec enthousiasme entre eux pendant que Thorn parvenait à escalader de nouveau sa longue tunique pour venir se blottir entre ses bras.

Il l'accueilli avec un grognement rauque, mais n'eut pas le cœur à la chasser lorsqu'il vit le regard dépité qu'elle lui envoyait.

-Désolée, murmura-t-elle dans sa poitrine.

-Ce n'est pas grave, souffla-t-il.

Il reporta de nouveau son attention sur ses élèves, et s'aperçu que ceux-ci semblaient attendre quelque chose de sa part.

Sauf qu'il ne savait pas quoi.

Par chance, ce fut Hashirama qui le sauva en intervenant :

-Que direz-vous de vous présentez ? Suggéra-t-il en venant se poster à coté de son ami.

Le visage des adolescents s'éclaira, et le regard qu'ils portaient sur l'ex-meneur de clan se fit plus insistant. Madara comprit alors qu'ils attendaient qu'il leur donne la parole.

-Toi, déclara-t-il soudain en pointant un doigt sur l'Inuzuka qui sursauta, présente-toi et explique-nous pourquoi tu veux devenir un ninja.

-Oui ! S'écria bruyamment le jeune garçon avant de prendre une grande inspiration : -Je suis Inuzuka Kentaro, déblatéra-t-il précipitamment, et je veux devenir shinobi pour rendre mon clan fier et protéger le village !

-C'est admirable, déclara mollement Madara qui s'attendait déjà à ce genre de réponse.

-… Et je veux aussi devenir comme vous, ajouta le désormais identifié Kentaro en le surprenant.

-Quoi ?! Lâcha-t-il.

Kentaro hocha la tête :

-Vous ne le savez surement pas, mais vous êtes la personne qui à ramené le cadavre de mon frère chez nous. Sans vous, il aurait probablement été dévoré par des bêtes sauvages si vous l'aviez laissé sur cette plage. Moi aussi je veux devenir un shinobi sur lequel on peut compter.

A cette mention, un « Tch » quasiment inaudible venant de l'enfant Uchiha se fit entendre, mais personne n'y fit réellement attention.

Tous étaient bien trop concentrés sur l'ancien patriarche de clan qui n'avait aucune idée de comment réagir aux mots de son élève. Il se sentit d'ailleurs d'autant plus perdu lorsqu'Hashirama lui adressa un sourire absolument radieux.

-Je vois, répondit-il finalement.

Il fit ensuite mine de ne pas avoir été touché, comme si ce genre de paroles était tout à fait triviales.

-Au fait, intervint de nouveau Hashirama, si tu es un Inuzuka, où est ton chien ?

En effet, Madara ne le remarquait que maintenant, mais le chiot Leonberg manquait à l'appel.

-Oh ? Vous parlez de Chochomaru ? Leur dit l'enfant, il est dans l'arbre là-bas.

Il pointa alors du doigt la direction d'un des arbres bordant la forêt et, en plissant les yeux, tous purent constater que le chien se trouvait bel et bien perché sur une des branches basses d'un chêne.

Les adultes et jeunes adolescents le fixèrent d'un air consterné.

-Pourquoi il se trouve là ? Demanda alors Madara en sentant poindre une migraine.

-Parce qu'il veut être un chat.

Un ange passa.

-Ah… Une crise d'identité, je vois, déclara Hashirama d'un ton connaisseur.

Madara lui envoya un regard torve, puis se tourna vers le jeune Uchiha de l'équipe, déterminé à changer de sujet :

-Toi, dit-il, à ton tour de te présenter.

Le jeune garçon se racla la gorge :

-Je suis Uchiha Yuta, déclara-t-il de manière formelle. –Mon but à court terme est de débloquer le sharingan, et à long terme faire honneur à mon clan sans rien faire qui pourrait me valoir le bannissement.

A sa gauche, Madara entendit Hashirama laisser échapper une exclamation étranglé. L'homme, tout comme lui, devait être choqué par l'insolence dont faisait preuve Yuta. L'unique différence était qu'il ne laissa rien paraitre sur son visage, et se contenta d'hocher la tête de manière saccadée avant de faire volte-face pour interroger Hitomi.

La jeune fille épousseta ses vêtement, probablement pour se donner contenance, puis replaça une des ses mèches blanches derrière son oreille avant d'ouvrir la bouche :

-Je suis Umino Hitomi, se présenta-t-elle, je suis une civile, une des première à l'académie d'ailleurs.

Elle se tût, semblant un instant chercher ses mots.

-Si je veux devenir shinobi, poursuivit-elle d'une voix hésitante, ce n'est ni pour la gloire ou pour faire honneur au village. C'est pour l'argent.

Un lourd silence accueillis sa déclaration. Diverses émotions parcouraient les visages des personnes présentes, bien que la plupart n'expriment juste de l'incompréhension pure et simple. Madara lui-même se retrouvait étonné par la réponse de la jeune fille, bien qu'il suppose qu'elle devait avoir ses raisons.

-Sérieusement Hitomi ? S'écria soudain Yuta en brisant le silence, pour l'argent ? (Il renifla dédaigneusement) -On voit bien que tu es issue d'une famille civile : Tu ne comprends rien à l'esprit shinobi.

Outrée, Hitomi ouvrit la bouche avec l'intention de remettre son coéquipier à sa place or, elle n'en eut pas l'occasion : Ne voulant pas avoir affaire à des querelles puériles, Madara la coupa net.

-Stop, gronda-t-il dangereusement.

Les enfants se figèrent aussitôt.

-Je me fiche de vos raisons pour être ninjas, continua-t-il, je suis là pour vous former et rien de plus. Je ne veux pas avoir à subir vos jérémiades durant les entrainements à cause d'une simple divergence d'opinion. Est-ce clair ?

Aucune réponse ne lui parvint. Il fronça les sourcils :

-Est-ce clair ? Répéta-t-il de façon menaçante.

-Oui ! Hoquetèrent enfin les genins.

Il hocha la tête d'un ait approbateur, et posa une main sur sa hanche, souhaitant juste qu'il n'ait pas besoin de se répéter dans le futur.

-Très bien, dit-il, si vous avez compris, alors je vous donne rendez-vous demain à la même heure et au même endroit.

Un « Oui Sensei !» lui répondit, et les enfants prirent congé, filant aussitôt en direction du village, se bousculant et se chamaillant sur tout le chemin, jusqu'à qu'ils disparaissent finalement au coin d'une rue, laissant Madara seul avec Hashirama, et un porc-épic somnolant dans un de ses bras.

Quelque chose se faufila alors entre leurs jambes et, Chochomaru, le chien d'Inuzuka Kentaro, fonça comme une flèche à la suite de son maitre qui semblait l'avoir oublié.

Hashirama et Madara le suivirent un instant des yeux, puis se détournèrent pour quitter à leur tour le terrain d'entrainement.

Ils marchèrent plusieurs minutes dans les rues de Konoha sans qu'aucun mot ne soit échangé. Parfois, ils croisaient un passant, ou un vendeur devant un éventaire, qui les saluait poliment avant de vaquer à ses occupations. L'un d'entre eux, une jeune fleuriste, alla même jusqu'à donner une fleur à Hashirama.

Madara, quant-à lui, fut évité.

Il ne s'en formalisa pas : C'était quelque chose d'habituel pour lui. Les gens se contentaient de l'observer au loin, murmurant entre eux alors qu'il passait à leur hauteur. L'unique différence était qu'aujourd'hui, les chuchotements ne parlaient pas seulement de lui, mais aussi de Thorn qu'il tenait dans ses bras.

Il soupira presque de soulagement lorsqu'ils quittèrent les rues principales pour rejoindre celles adjacentes, et bien moins bondées, qui longeaient la forêt. Ce fut d'ailleurs à cet endroit que leurs langues se délièrent :

-Alors… Commença Hashirama, que penses-tu de ta nouvelle équipe ?

-Je les hais, répondit Madara en se souvenant en particulier du culot dont avait fait preuve le jeune Uchiha.

L'Hokage soupira, s'attendant probablement à cette réponse.

-Dans tous les cas tu as promit, lui rappela-t-il, maintenant tu es officiellement professeur. Ne va pas te défiler.

-Je ne compte pas, grogna Madara

Il s'était déjà résigné à son sort après tout.

La discutions fut close, et ils poursuivirent leur avancé sans qu'un mot de plus ne soit échangé. Dans la main d'Hashirama, la fleur que lui avait remise la fleuriste tournoyait rapidement entre ses doigts. L'ex-tête de clan l'observa un instant, puis frissonna en sentant une bise se lever.

Durant l'après-midi, la température avait brusquement chuté et, désormais, le froid lui mordait la peau, et se faufilait à travers ses vêtements pour aller le glacer jusqu'aux os.

-Tu as froid ?

Madara leva les yeux pour apercevoir le regard sympathique de son ami.

-Pour un utilisateur de feu je te trouve bien frileux, gloussa celui-ci.

-La ferme, grommela l'Uchiha en serrant encore plus Thorn contre sa poitrine.

L'animal était chaud après tout.

Hashirama ne se formalisa pas de son agressivité sous-adjacente, et se contenta de fredonner doucement tout en levant la fleur au niveau du visage de Madara, comme s'il envisageait même de la glisser dans ses cheveux.

-Tu sais, reprit-il, je sais ce qui pourrait te réchauffer… Une bonne séance d'entrainement.

Madara sentit un sourire venir étirer ses lèvres tandis qu'il se tournait vers l'Hokage, une expression légèrement incrédule sur le visage :

-Sérieusement ? Dit-il.

-Pourquoi pas ? Fit l'homme, ça nous changerait les idées tu ne pense pas ?

L'ex-tête de clan hocha la tête : En effet, combattre Hashirama lui changerait certainement les idées.

.

oOo

.

Le soir venu, Hashirama avait finit de se préparer avant même que Madara ne sorte de la douche.

Assis sur le canapé, les manches relevées jusqu'aux coudes, il était occupé à bander une des blessures dont il avait écopé durant l'entrainement. Cela faisait longtemps que lui et son ami n'avaient pas échangés des coups et, pourtant, celui-ci n'avait décidemment pas perdu la main.

Il sourit en se remémorant comment, à un moment donné, Madara avait bien failli avoir sa tête en le surprenant par derrière. Une chose qu'il avait évitée en sautant hors de sa portée à la dernière seconde pour répliquer avec jutsu de bois qui avait piégé son adversaire au sol.

Il se souvenait encore, avec un frisson d'excitation, de la furie avec laquelle son ami s'était débattus jusqu'à finalement briser les branches le retenant avant d'aussitôt se jeter de nouveau sur lui, le regard embrasé par le feu de la bataille, et un sourire carnassier aux lèvres.

Hashirama avait souvent tendance à oublier à quel point combattre l'ex-tête de clan pouvait s'avérer exaltant. Fascinant même, si l'on prenait le temps d'observer ses mouvements semblables à une chorégraphie finement orchestrée.

-Tu es déjà prêt ?

La voix étonné de Madara le tira alors de ses pensés, et il leva la tête pour apercevoir son ami venir vers lui, vêtu de son habituelle tenue à col haut. L'homme haussa d'ailleurs un sourcil en remarquant qu'il ne portait pas ses vêtements d'Hokage.

-Tu es habillé en civil, commenta-t-il.

-C'est parce que je sors avec toi, lui dit Hashirama en souriant, je vais au restaurant en tant qu'ami, pas Hokage.

Un simple « Je vois » laconique lui répondit, et le ninja prit les devant sans se préoccuper de savoir s'il était suivit ou non.

Ne sachant pas où ils allaient, Hashirama se laissa entrainer dans les ruelles du village. Il lui fallut environs une dizaine de minutes pour réaliser qu'ils se dirigeaient vers le centre de Konoha, et cinq de plus pour comprendre que le restaurant auquel ils dineraient était un Yakiniku proche des quartiers du clan Akimichi.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans l'établissement, ils furent accueillis par une femme dont les yeux s'écarquillèrent en les reconnaissant, mais qui les mena tout de même à une table dans le fond de la salle, à moitié dissimulé par une plante en pot, où les attendait déjà Hikaku.

En voyant son ancien chef de clan, le visage de l'homme s'éclaira avant qu'il ne se renfrogne subitement en apercevant Hashirama surgir devant lui.

Sans qu'il ne sache trop pourquoi, l'Hokage éprouva un malin plaisir à l'idée de l'empêcher de profiter à lui seul de la compagnie de Madara.

-Que fait-il ici ? Cracha Hikaku avec une moue dégoûtée en se levant d'un bond.

Ses mains se plaquèrent sur la table, dangereusement proche du grill en son centre, et il fusilla du regard Hashirama qui lui sourit innocemment en retour.

-Il voulait venir, répondit Madara en prenant place sur une des banquettes.

L'homme manqua de s'étouffer en entendant cela.

-Mais je croyais avoir dit que c'était une conversation privée, protesta-t-il.

-Cela concerne-t-il le village ?

Prit au dépourvu, le conseillé se tût un instant.

-Euh… Oui ? Répondit-il de manière hésitante.

-Alors il à le droit de savoir : Il est l'Hokage après tout. Les affaires du village le concernent directement.

« Et paf » songea Hashirama en ne dissimulant même pas une expression béate tandis qu'il s'asseyait à son tour à coté de Madara. Il posa ensuite sa joue sur sa paume et observa avec intérêt le visage d'Hikaku virer progressivement au rouge.

Fulminant, le ninja se rassit sans un mot.

Une serveuse vint alors prendre leur ordre, et comme Hashirama l'avait supposé initialement, aucun des deux Uchiha ne commanda de l'alcool.

Quelques minutes plus tard, le grill grésillait alors que des tranches de viandes y étaient soigneusement entreposées. Madara fut le premier à se servir : Il empila quelques morceaux dans son assiette avant d'en prendre une bouché, se penchant en avant, et une main dans la partie gauche de ses cheveux qu'il repoussa en arrière pour ne pas que ceux-ci ne tombe dans sa nourriture.

A aucun moment il ne se rendit compte qu'Hikaku et Hashirama le dévisageaient ouvertement.

-Vous ne mangez pas ? Demanda-t-il en remarquant finalement les regards fixes de ses compagnons.

Brusquement sortis de leur contemplation, les deux shinobi toussotèrent et marmonnèrent de brèves excuses sans queue-ni tête, avant de se mettre à piocher à leur tour dans le grill.

Pendant ce qui leur sembla être une éternité, personne ne parla, plongeant leur table dans un silence inconfortable que seul Madara ne semblait pas percevoir. Ce ne fut que lorsque celui-ci eut avalé son dernier morceau de viande qu'Hashirama se décida à prendre la parole :

-Alors… Commença-t-il, que nous vaut le plaisir de cette invitation ?

Hikaku reposa doucement ses baguettes sur le bord de son assiette, puis se racla la gorge :

-C'est à propos du clan Uchiha, répondit-il de mauvaise grâce en le toisant durement.

-Que se passe-t-il ? Intervint Madara.

Un éclat angoissé était perceptible dans son regard sombre.

-Le comportement des anciens est étrange, chuchota Hikaku, j'ai l'impression qu'ils manigancent quelques choses mais je ne sais pas quoi. Je me méfie particulièrement du vieux Takeshi qui semble vraiment avoir une dent contre le village.

-Une dent contre le village ? Répéta Hashirama –interloqué- en fronçant les sourcils, mais pourquoi ? Nous sommes en paix et tout le monde à l'air heureux. Que vouloir de plus ?

Les regards désabusés que lui envoyèrent alors Hikaku et Madara le laissèrent sans voix.

-On voit bien que vous ne faites pas très attention à notre clan, renifla le premier avec mépris.

-Hashirama, tu as faux, déclara Madara en pivotant pour lui faire face.

Il avait l'air triste et fatigué.

-C'est bien plus compliqué que ce que tu penses, poursuivit-il, nous avons peut-être signé un traité de paix, mais cela ne veut pas dire que toutes les tensions se sont évaporées d'un coup. Il faudra encore longtemps pour que les Uchiha fassent confiance aux Senju, et vice-versa.

-Vice-versa oui, approuva sombrement Hikaku, bien que cela n'arrivera que lorsque que Senju Tobirama se décidera à être un peu plus équitable envers notre clan.

-Qu'est-ce que Tobirama a à voir là-dedans ? S'étonna Hashirama.

-Oh, s'il-vous-plais ! Vous n'allez quand même pas me dire que vous ne remarquez pas l'aversion ouverte dont fait preuve votre frère en la présence des membres de notre clan !

-Je sais que mon frère n'est pas le plus aimable quant-il s'agit de votre clan, répliqua-t-il, mais il fait des efforts : Il a prit un Uchiha comme élève !

-Et je suis censé être reconnaissant pour une unique exception ?

Hashirama serra les dents : Jamais de toute sa vie il n'avait été aussi proche de détester quelqu'un.

-Ecoute, commença-t-il d'un air menaçant en se penchant en avant, je me fiche bien de ce que tu peux penser, mais-

-Est-ce que vous pourriez vous taire ?

La voix cassante de Madara les coupa net.

Prit de court, Hashirama, et même Hikaku, refermèrent leur bouche en un claquement sec alors qu'ils s'écartaient brusquement l'un de l'autre en remarquant leurs proximité. Ils avaient tellement été prit par leur argument qu'ils en avaient complètement oublié leur ami qui les toisait désormais avec désapprobation.

-Je ne suis pas venus ici pour assister à vos chamailleries, dit-t-il en baissant le ton, j'ai déjà mon équipe de genins pour ça.

-Oh… Cette équipe dont vous m'avez parlé à passé le test ? Bégaya Hikaku.

Il fut ignoré :

-Hashirama, reprit Madara en se tournant à nouveau ver son ami, je sais que cela peu te paraitre exagéré, mais apparemment, je ne suis pas le seul à craindre qu'une fois élu deuxième Hokage, Tobirama fera en sorte d'exclure les Uchiha des affaires du village

« Qu'une fois élu deuxième Hokage » se répéta intérieurement Hashirama en jetant un regard stupéfait à son ami. Croyait-il réellement que son frère serait le prochain dirigeant de Konoha ? Avait-il si peu de fois en lui-même qu'il ne pensait n'avoir aucune chance face à Tobirama ?

-Madara, bredouilla-t-il en avalant sa salive, penses-tu vraiment que se soit perdu d'avance si tu essayes de devenir Hokage ?

-Je ne le pense pas. Je le sais.

-Mais… Mais pourquoi ? Tu as mon soutien ! Tu en es conscient non ?!

-Avoir ton soutien ne suffira pas, murmura le ninja. -Tôt ou tard, que ce soit dans un an ou bien cent, tout mon clan réalisera que Konoha n'a rien à leur offrir, et ils finiront par orchestrer une rébellion.

-Il à raison, acquiesça soudain Hikaku en prenant la parole. - Depuis la formation du village, certains Uchiha ont l'impression d'être perdu dans une masse indistincte de clan et civil. Pour nous qui avons participé à la création de Konoha, cela nous parait injuste de ne pas être reconnu en tant que clan fondateur.

-Mais vous êtes reconnu en tant que fondateurs, objecta Hashirama en sachant pertinemment que ses maigres protestations n'auraient aucun impacte.

-Alors pourquoi avons-nous donc le sentiment d'être mit sur le banc de touche ? Rétorqua Hikaku.

Il avait enroulé une main autours de ses baguettes qu'il tenait si serrées que celles-ci menaçaient de rompre à tout moment.

-Ce n'est qu'une question de temps avant que le vieux Takeshi fasse quelque chose, persifla-t-il, cet homme est dangereux. Je me demande même s'il ne va pas demander au clan de déserter le village.

-C'est très probable, murmura Madara.

Il laissa échapper un soupir puis baissa la tête, laissant ses cheveux venir lui cacher partiellement le visage, tel un voile d'obsidienne.

-Quelle ironie, souffla-t-il alors avec une sorte de mélancolie nostalgique, si ce n'est pas moi qui fais ces erreurs, alors se seront les autres qui les feront pour moi…

Il enroula alors ses doigts autours de son verre, et le fixa comme si les réponses à ses doutes, questions, incertitudes, et même problèmes, se trouvaient dans les éclats irisés du cristal.

Hashirama et Hikaku se jetèrent un regard consterné, se demandant ce que cette phrase pouvait bien signifier. En disant cela, Madara avait eut l'air si abattu qu'ils ne purent s'empêcher de se sentir nerveux.

-Que veux-tu dire ? Croassa l'Hokage.

-Hm ?

L'homme releva la tête, et cligna des yeux comme s'il ne réalisait que maintenant qu'il avait parlé à voix haute.

-Désirez-vous un dessert ?

Soudain, une voix féminine retentit, et ils se retournèrent tous d'un même mouvement pour apercevoir la même serveuse que tout à l'heure. Elle tenait un petit calepin dont elle tapotait la première page avec la pointe de son stylo.

-Ca ira, merci, grogna Madara dont le ton sec contrastait terriblement avec la voix douce et calme avec laquelle il s'était exprimé précédemment.

-De même, renchéris Hashirama bien qu'il maudissait intérieurement la femme pour les avoir interrompu.

Hikaku répondit quelque chose de semblable, puis demanda l'addition avant de reporter son attention sur eux une fois que la serveuse fut hors de vue.

-Madara-sama, commença-t-il anxieusement, qu'allons-nous faire ? Que se passera-t-il si le vieux Takeshi fait vraiment quelque chose ?

Madara ferma brièvement les yeux et resserra sa prise sur son verre. Il paraissait si tourmenté que, pendant un bref instant, Hashirama éprouva l'envie subite de lui passer un bras autours du cou pour lui apporter un peu de réconfort.

Evidemment, il s'en abstint : Il n'était pas sûr qu'Hikaku approuve tant de familiarité.

-Je ne sais pas, répondit alors l'ex-tête de clan avant d'enchainer : -Pour l'instant, dit-il, nous ne pouvons qu'attendre. Sans preuves que Takeshi prépare quelque chose nous ne pouvons ni agir, ni l'inculper.

-Je vois, lâcha le conseillé.

Un silence inconfortable s'installa.

Voyant alors que l'ambiance était au plus bas, Hashirama se décida à intervenir :

-Allons ! S'exclama-t-il avec bonne humeur, pas besoin de faire ce visage ! Voyez le bon coté des choses : Nous avons partagé un bon repas.

-Fantastique en effet, commenta sarcastiquement Hikaku.

Pour faire bonne mesure, il leva même les yeux au ciel.

Loin de se sentir offensé par le dédain dont faisait preuve le shinobi à son égard, Hashirama osa alors passer un bras autour des épaules de Madara -qui ne se déroba pas étant donné qu'il se retrouvait coincé entre lui et le mur- et envoya un regard respirant l'innocence au conseillé dont la bouche s'était ouverte sous le choc.

-Je savais que tu serais d'accord avec moi, dit-il joyeusement.

Les mains d'Hikaku se crispèrent davantage sur ses baguettes et, à cet instant, Hashirama su que si ce n'était pas pour Madara assis à ses cotés, l'homme les le lui aurait déjà enfoncées dans le nez.

.

oOo

.

-Il fait drôlement froid ce soir ! Se plaignit bruyamment Hashirama alors que lui et Madara rentraient chez eux.

Il poussa la porte de sa maison, et gémit en constatant que la température intérieure ne différait en aucun cas de celle extérieure.

-S'il fait aussi froid, j'espère au moins qu'il neigera, commenta-il.

-Moi non, répliqua Madara, je déteste l'humidité.

Il disparu ensuite dans sa chambre, et en revint un instant plus tard vêtu d'un yukata blanc, un rouleau en papier dans une main, et d'un plaid rouge en laine dans l'autre dont il se drapa avant de prendre place sur le canapé.

Hashirama l'observa avec amusement se pelotonner confortablement dans un coin du fauteuil. Enfouis jusqu'au nez dans la masse rouge de la laine de sa couverture, seul ses cheveux ébouriffés et ses yeux parcourant les lignes de son volumen étaient visibles.

Un frisson le parcourut alors, et il réalisa soudainement qu'il était gelé.

-Froid, marmonna-t-il en se frottant les biceps.

En quête de chaleur, il s'approcha inconsciemment de Madara, et, avant même qu'il ne s'en rende compte, tenta se glisser à ses cotés.

Evidemment, il se vit aussitôt refuser l'entré de ce nid douillet, et vit des étoiles danser devant sa vision lorsque le pied dénudé de son ami entra violement en contacte avec son crane.

-Que crois-tu donc faire ?! Gronda celui-ci en ramenant le plaid contre lui.

-J'ai froid. Je cherche à me réchauffer bien sûr.

-Va te chercher ta propre couverture dans ce cas !

-La flemme, grommela-t-il en tirant à nouveau la couverture vers lui.

-La quoi ? L'interrogea Madara. Interloqué.

-La flemme, répéta Hashirama en profitant de se moment d'inattention pour se faufiler sous le plaid. -C'est un terme inventé par les Nara apparemment. Généralement, ça veut dire qu'ils ne feront pas ce qui leur est demandé.

Il soupira d'aise et se colla à l'Uchiha qui, prit par surprise, avait fait tomber son volumen dont le papier s'étalait désormais à terre, pliés et froissé dans les pires endroits possible.

-Hashirama ! S'écria alors furieusement celui-ci, fiche le camp ! Tu as passé l'âge de faire ça !

Dans un accès frustration, Madara essaya de lui donner un coup de coude, mais Hashirama l'évita habilement et alla même jusqu'à se plaquer davantage contre l'autre homme qui poussa alors un hurlement indigné.

-Il n'y à pas d'âge pour donner de l'affection, rit-il.

-Tu réserves ce traitement à tout le monde ou est-ce moi seul qui doit en souffrir ?!

Hashirama se figea. Avait-il déjà fait cela avec quelqu'un d'autre que ses frères ? Il ne s'en souvenait pas.

-Nope, je fais ça juste avec toi, répondit-il finalement.

-Mais pourquoi moi ?!

-Parce que tu es mon meilleur ami !

Madara se raidit.

-C'est bon, gronda-t-il exacerbé : -Je pars.

Or, à peine s'était-il levé qu'une paire de bras s'enroulait autours de sa taille, et le ramenait brutalement sur le canapé où il s'écroula comme une masse.

-Non ! Protesta Hashirama en resserrant sa prise, tu me tiens chaud alors tu restes !

-Hors de question !

Ils luttèrent ainsi un bon moment, se débattant et échangeant des coups sur le fauteuil dont la superficie restreinte n'était pas adapté à ce genre d'activités, jusqu'à que, finalement, Madara ne s'avoue vaincu et ne laisse Hashirama s'accrocher à lui.

-Je te déteste, maugréa-t-il.

Il récupéra son rouleau et se mit à le lire en tachant d'ignorer du mieux qu'il pouvait la présence de son ami.

Amusé, Hashirama le fixa un instant avant de fermer les yeux. Les douces inspirations que prenait Madara le firent rapidement somnoler et un bâillement lui échappa. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas sentit aussi relaxé.

Quelque chose lui chatouilla alors le nez, et il entrouvrit un œil pour apercevoir une des longues mèches de son ami. Une odeur musquée y était rattachée, si bien qu'il ne pu s'empêcher de faire un commentaire dessus :

-Tes cheveux ont l'odeur de la viande du Yakiniku, gloussa-t-il.

-La ferme !

.

oOo

.

-Attrapez-le !

Emmitouflé dans une longue écharpe rouge, Madara sauta d'un muret pour atterrir sur un poteau qui lui donna une meilleure vue de la scène en contrebas.

Il fit particulièrement attention à ne pas glisser sur la surface gelé, pour ensuite pouvoir scruter la rue où ses élèves poursuivaient un chat tabby, dont les larges foulées laissaient des traces dans la neige recouvrant le sol.

Conformément au souhait d'Hashirama quelques jours plus tôt, la vague de froid qui s'était abattue sur Konoha avait amené avec elle des chutes de neiges qui avaient recouvert le village d'une épaisse couche de poudreuse en à peine deux nuits.

Madara détestait ce genre de météo avec passion : De une parce qu'il avait horreur de poser le pied sur un plancher froid en se levant le matin, et ensuite car ses cheveux doublait, voir même triplait, de volume en présence d'humidité. Ce qui était d'ailleurs le cas aujourd'hui, l'obligeant à les coincer entre sa nuque et son écharpe pour qu'ils tiennent en place.

Hashirama avait d'ailleurs beaucoup rit en le voyant ce matin-là. Contrairement à lui, les mèches brunes de l'homme étaient aussi lisses et brillantes qu'à l'accoutumé. Madara n'avait donc pas pu le railler en retour.

Il soupçonnait son ami d'utiliser de nombreux conditionneurs pour parvenir à ce résultat.

-Sensei ! Sensei à l'aide !

La voix affolé du jeune Kentaro le tira soudainement de ses pensés.

Il baissa les yeux, et aperçu son élève lutter pour maintenir, serré entre ses mains, le chat qu'il poursuivait précédemment. A ses pieds, son chien, Chochomaru, aboyait comme un fou, effrayant davantage le félin qui se débattit de plus belle pendant qu'Hitomi et Yuta restaient les bras ballants.

Avec un soupir, Madara se laissa tomber de son perchoir et rejoignit les adolescents.

La neige crissa sous ses pieds et, lorsqu'il parvint à hauteur des genins, il tendit une main et s'empara du chat qui se calma aussitôt qu'il fut dans ses bras.

-Vous l'avez attrapez, déclara-t-il d'une voix plate, bravos.

A l'entente de la louange, les regards de Kentaro et Hitomi brillèrent de mille-feu alors que Yuta se détournait simplement.

Leur vêtements étaient mouillés, leurs nez coulaient, et leur joues étaient rougie par l'air glacé. Néanmoins, rien de cela n'enlevait à leur enthousiasme et désir de reconnaissance. Madara l'avait remarqué durant les deux mois qu'il avait passé avec eux.

Il ne l'avouerait en aucun cas, mais les adolescents avaient réussis à se frayer une place dans son cœur.

-Allons rendre ce chat à son propriétaire, déclara-t-il, ensuite vous pourrez rentrer chez vous.

S'ils restaient dehors par ce temps, avec leurs habits humides, ils finiraient par attraper un rhume.

-Oui Sensei ! S'exclamèrent-t-ils en cœur.

Un aboiement de Chochomaru vint approuver leurs paroles, et ils gagnèrent alors le centre du village avec pour destination, une riche bâtisse appartenant à la famille d'un marchand fortuné.

Alors qu'ils évoluaient à travers les rues du village, Madara se surpris à sourire en voyant ses élèves se disputer entre eux pour savoir qui avait été le plus utile à la capture du chat.

Ces enfants avaient décidemment de l'énergie à revendre, songea-t-il alors qu'il se rappelait des derniers mois qu'il avait passé en leur compagnie.

Dans un premier temps, il avait cru qu'enseigner serait un véritable enfer, et que les adolescents seraient simples d'esprits. Cependant, c'était tout le contraire :

Kentaro Inuzuka, par exemple, excellait en taijutsu. Lui et son chien formaient un duo imparable lorsqu'il s'agissait de prendre au dépourvu leurs ennemis à renfort mouvements fluides et maitrisés. Par contre, il était si peu doué au lancé de shuriken et kunai que Madara avait du lui donner des cours particulier pour remonter un peu son niveau.

Suivait ensuite Yuta Uchiha avec qui sa relation avait été tendue les premières semaines. Le jeune garçon était évidemment doué en genjutsu et maniement d'armes. L'unique chose qui lui faisait défaut était sa tendance à se croire au-dessus des autres qui le poussait à délaisser ses coéquipiers.

Venait enfin Hitomi que Madara affectionnait tout particulièrement, et dont le caractère enjoué lui rappelait celui d'Izuna, son frère défunt.

Il savait très bien qu'il ne devrait pas avoir de préférence entre ses élèves, mais il ne pouvait s'en empêcher : L'adolescente était bien trop attachante.

Etant issue d'une famille de civil, il avait cru que celle-ci serait la plus faible de l'équipe. Loin de ça : Même si elle n'avait pas été élevée par un clan shinobi et n'avait pas baigné dans leur culture, elle compensait ces faiblesses par un esprit vif et une inventivité proche du génie.

Madara ne comptait plus toute les fois ou Hitomi l'avait surpris : Que se soit le jour, durant un espar avec Yuta, ou elle s'était littéralement enfouie sous terre pour le surprendre, ou encore la fois ou elle avait ramené un rouleau d'invocation trouvé dans la bibliothèque (selon ses dires) et en avait jaillir un petit ratel hargneux qu'elle surnommait affectueusement « Boubou ».

La seule chose qui lui manquait pour être considérée comme un prodige était la force. Une chose dont elle ne semblait absolument pas disposer étant donner le mal qu'elle avait pour simplement soulever quelques caisses de marchandise durant leurs petites missions de rangs D.

Hitomi était une enfant pale, maigre et bien plus petite que ses paires du même âge. Ou les autres jeunes filles commençaient à se développer, elle gardait une silhouette enfantine qui lui donnait l'air d'avoir non pas treize ans, mais dix.

Au début, Madara n'y avait pas vraiment fait attention. Or, au fur et à mesure que le temps passait, il avait finit par s'apercevoir de certain faits :

La jeune fille mangeait peu, trop peu. Le midi, elle se contentait de baies trouvées aux abords de la forêt, et si quelqu'un lui demandait pourquoi elle n'apportait pas de bento, elle prétendait simplement qu'elle n'avait pas un gros appétit.

C'était évidemment un mensonge : Madara s'en était facilement rendu compte lorsque, lassé de l'entendre répéter la même excuse, il lui avait apporté lui-même de la nourriture en prétendant qu'elle ne deviendrait jamais un bon ninja sans une alimentation équilibré.

Jamais il n'avait vu quelqu'un dévorer aussi vite son déjeuner.

Par la suite, chaque matin (sous les yeux amusé d'Hashirama) il préparait avec soin un repas qu'il donnait à l'adolescente dont la maigreur maladive lui rappelait trop celle un de ses frères, mort de gangrène durant les guerres Senju-Uchiha, pour qu'il se sente à l'aise.

Il y avait clairement quelque chose qui n'allait pas avec Hitomi, sauf qu'il ne savait pas quoi.

Bientôt, une grande bâtisse en pierre –la première construite du village- apparut devant eux. Les adolescents s'y précipitèrent, n'hésitant pas une seconde à soulever les lourd battant pour les laisser aller frapper la porte.

Madara les rejoignit au moment même ou une petite femme leur ouvrait. Elle sourit en voyant les trois enfants et blêmit en apercevant le shinobi adulte.

-Votre chat, déclara alors Madara en lui fourrant l'animal dans les bras.

-Oh… Merci ? Balbutia la femme d'une voix chevrotante.

-De rien ! Babilla joyeusement Kentaro qui ne savait décidemment pas lire l'atmosphère.

-Ouaf ! Renchéris son chien.

Le chat sursauta, et sa maitresse du utiliser toute sa force pour le garder dans ses bras.

-Pourriez-vous écarter ce chien ? S'enquit-elle nerveusement, il effraie Lily.

-Ce n'est pas un chien ! Protesta aussitôt Kentaro, c'est un chat !

« Et nous y voilà. Encore » Songea Madara alors que ses deux autre élèves gémissaient, conscient de ce qui allait suivre.

-Pas un chien ? Répéta la femme, incrédule, en zieutant l'imposant animal qui faisait la taille d'un mouton.

-Du moins pas dans son cœur, se corrigea le jeune garçon. -Son âme est celle d'un chat et son corps celui d'un chien, ajouta-t-il en confondant davantage leur cliente.

-Oh… Je vois, déclara celle-ci.

Elle les fixa un instant avec appréhension, puis reprit :

-Eh bien merci pour m'avoir retrouvé Lily, dit-elle, je suppose que je vais vous laisser dans ce cas… Au revoir !

La porte leur fut claqué au nez.

-Bravos ! S'écria Hitomi, cinq minutes plus tard, alors qu'ils prenaient cette fois la direction de la tour de l'Hokage.

Kentaro eut l'air surpris :

-Quoi ? Fit-il.

-Ne me dit pas « quoi » ! S'exclama l'adolescente, tu as effrayé la cliente avec tes bizarreries encore une fois ! Maintenant c'est sûr qu'elle ne fera plus appel à nous si elle perd à nouveau son chat.

-On s'en fiche non ? De toute façon attraper un chat est une perte de temps pour des shinobis comme nous.

-C'est peut-être une perte de temps, mais c'est toujours de l'argent facile !

-Pfff, « argent, argent » tu n'as que ce mot à la bouche.

-Pour une fois, je suis d'accord avec Kentaro, intervint Yuta, tu ne penses qu'à t'enrichir. Ce n'est pas comme ça que tu deviendras un ninja : Tu serais une honte aux valeurs shinobi.

-Pardon ?! S'offusqua Hitomi, qu'est-ce que tu en sais ? Tu n'es même pas encore ninja toi-même. Sensei ! Dites-quelque chose !

Madara roula des yeux : Ne pouvaient-ils pas régler leurs arguments sans l'impliquer ?

-Taisez-vous, leur dit-il en entrant dans le bâtiment de l'hokage.

La jeune fille se renfrogna, et ses amis lui envoyèrent un regard goguenard.

Ils gravirent les marches en silence, et croisèrent Toka, une pile de document dans les bras, qui les salua chaleureusement avant de passer son chemin. Parvenus devant la porte du bureau, Madara frappa et entra pour aussitôt se figer en apercevant Tobirama, de dos, entouré par trois enfants.

Il remarqua à peine ses propres genins lui rentrer dans le dos.

-Madara ! S'exclama Hashirama en l'apercevant, tu tombes bien ! Je viens juste de terminer d'écouter le rapport de mission de Tobirama.

Assis derrière son bureau, l'homme semblait rayonner à sa vue le contraire de son frère qui grimaça en se retournant.

-Madara, grinça-t-il comme si le fait même de prononcer son nom allait lui porter atteinte d'une quelconque manière : -Je vois que tu as accepté cette équipe de genins tout compte fait.

Il désigna d'un mouvement de tête les enfants derrière Madara qui, apeuré par la froideur de l'homme, avaient jeté toute retenue pour s'accrocher à l'arrière de sa tunique.

-Je crois que je vais vous laisser toi et mon frère, reprit Tobirama, un instant plus tard, en comprenant que l'ex-tête de clan ne lui répondrait pas. –Mon équipe doit se reposer pour la mission de rang C qu'elle fera demain.

Puis, avec un sourire absolument narquois, il passa à sa hauteur, suivit par son équipe qui était bien trop impressionné par Madara pour ne serait-ce oser le regarder, et disparut dans le couloir.

Laissé seul en présence d'Hashirama, Madara se reteint de grincer des dents.

Sa haine pour Tobirama venait de prendre des proportions gigantesques, et il ne désirait rien de plus que pouvoir enfoncer la tête de cet homme odieux dans un mur.

Il prit une grande inspiration, tachant de son mieux de garder sa colère sous contrôle alors qu'il s'avançait vers le bureau devant lequel il marqua un arrêt.

-Nous avons accomplis la mission que vous nous aviez remit ce matin, déclara-t-il d'une voix monotone.

-Pas besoin d'être si formel, lui dit Hashirama en ouvrant un tiroir pour en tirer trois enveloppes, nous sommes entre nous après tout.

Il se leva, et alla remettre en main propre aux trois adolescents avant de s'agenouiller pour caresser Chochomaru entre les oreilles. Ravis de se voir récompenser, les genins ne firent pas attention à lui, trop occupés à compter méticuleusement leur butin.

Hitomi lâcha même une exclamation appréciative en constatant combien la somme était élevé pour la simple capture d'un chat.

-Alors… Commença Hashirama en se redressant, tu as fini ta journée ?

-Oui, répondit Madara, toi non je suppose ? Il doit te rester des documents à remplir n'est-ce pas ?

-A vrai dire non ! S'exclama l'homme à son grand étonnement, j'ai tout fini !

-Si tôt ?

Il ne pu dissimuler l'accent incrédule dans sa voix.

Les épaules d'Hashirama s'affaissèrent :

-On dirait que tu ne me crois pas, bougonna-t-il.

Mais il se ressaisit très vite :

-Que dirais-tu d'aller manger quelque chose ? Demanda-t-il.

-Tu es sûr que tu as le temps pour ça ?

-Que dis-tu donc ? Bien sûr ! J'ai toujours le temps pour mon meilleur ami !

Il éclata ensuite d'un rire franc et gai qui poussa Madara à troquer son expression bougonne contre une plus maussade.

-Tu ne changeras jamais, soupira-t-il sans voir les visages abasourdis de ses étudiants.

Ceux-ci ne devaient jamais avoir réalisé, jusqu'à maintenant, l'ampleur du lien que partageaient les deux hommes.

-Parfait alors ! Gloussa Hashirama.

Sans attendre de réponse, il leur passa devant et ouvrit la porte du bureau avant de leur faire signe de sortir.

Une fois à l'extérieur, il prit les devant et les mena au bas de la tour, dans la rue, où des passants s'inclinèrent immédiatement sur son passage. Quelques minutes plus tard, une fois arrivés à une première intersection, il jeta un regard vers Madara et ses genins qui prétendirent devoir partir dans différente direction, à l'exception d'Hitomi qui ferait un bout de chemin avec eux.

Une fois séparé de Yuta et Kentaro, ils reprirent route en silence. Du moins pour Madara. Hitomi et Hashirama avait engagés la conversation :

-Alors que penses-tu de ton entrainement ? L'interrogea l'Hokage.

-Génial ! S'écria-t-elle, je ne m'étais jamais autant amusé de toute ma vie !

-Je vois, dit-il tant mieux pour toi.

Son ton se fit alors taquin :

-Et ton professeur ?

Madara lui envoya un regard noir auquel l'homme répondit avec un sourire à cent-mille watt.

-Génial aussi ! S'exclama-t-elle avec encore plus d'entrain, sans même se douter de l'échange qui avait lieu dans son dos. –Depuis que j'ai commencé à m'entrainer avec lui, mon taijutsu s'est vraiment amélioré, déclara-t-elle.

-Tant que ça ? S'enquit Hashirama.

-Très, dit la jeune fille avant de prétendre : -Il est également très gentil. Saviez-vous qu'il m'apportait tous les midis de quoi manger ?

-Quoi ? C'était pour toi ces bentos ?!

Le shinobi jeta un choqué à Madara qui secoua la tête :

« Je t'expliquerai plus tard » lui dit-il pas le biais du regard.

Hashirama, bien que septique, hocha la tête puis reporta son attention sur Hitomi, voulut dire quelque chose, mais se tût subitement avant de s'immobiliser devant une foule de gens attroupés devant les portes du village.

Il fronça les sourcils, et se hissa sur la pointe des pieds pour tenter d'apercevoir la source de toute cette agitation.

Madara ne s'embêta pas à l'imiter. Il était plus petit que son ami. L'acte aurait donc été contre-productif.

-Je ne vois rien, se plaignit soudain Hitomi.

Elle sauta sur place dans le but vains d'apercevoir quoique-ce soit. N'importe quoi.

Déçue, elle sembla se résoudre à devoir prendre son mal en patience, et attendre que la foule s'écarte. Or, une seconde plus tard, Madara la voyait se faire soulever par Hashirama qui l'installa sur ses épaules.

Tout comme la jeune fille, il resta un instant gelé sur place, incrédule et stupéfait.

-Que diable fais-tu ?! S'étrangla-t-il.

-Si je ne vois pas, alors elle le fera pour moi, répondit joyeusement Hashirama avant de s'adresser à Hitomi : -Alors que vois-tu petite ?

L'adolescente eut brièvement l'air d'avoir été sortie d'un genjutsu, mais se recomposa en un éclair avant de se racler la gorge, les joues et oreilles rougie par l'embarra et peut-être même un peu le bonheur.

-Je vois des gens, déclara-t-elle d'une voix enroué en se cramponnant au crane d'Hashirama. –Ils ont des cheveux rouges… On dirait une sorte de convois… Il y à aussi un symbole étrange sur leurs vêtements…

Elle plissa les yeux :

-Un tourbillon orange si je ne me trompe pas…

Avec l'impression qu'une pierre lui tombait dans l'estomac, Madara se tourna vivement vers Hashirama qui avait brusquement pâlit.

D'un même mouvement, ils sautaient sur les toits le plus proche en ignorant le cri de surprise d'Hitomi, toujours présente sur les épaules de l'Hokage.

Le sommet de l'échoppe sur laquelle ils venaient de se percher leur donna une vue dégagé sur l'assemblé en contrebas, ainsi que sur le convoi qui avançait lentement à travers celle-ci.

-Hashirama… Commença Madara, rappelle-moi… C'était à quelle date que le groupe de shinobis venant d'Ushizogakure était censé venir ?

-Le douze de ce mois.

-Et nous sommes…

-Le douze.

Ils déglutirent, furieux contre eux-mêmes d'avoir oublié un évidemment aussi important, et surtout d'avoir négligé le fait de préparer les installations nécessaires pour.

Et alors que Madara hésitait entre paniquer, ou se mettre à hurler sur Hashirama, il remarqua soudain une femme au centre du convoi.

Au vue de sa riche tenue et de sa posture, elle semblait être une personne importante.

Elle était belle. C'était indubitable.

Ni trop grande ou trop petite, elle avait un visage ovale, de jolies lèvres, des yeux d'un noir profond et de beau cheveux roux noué en deux chignons de chaque coté de sa tête où était posé une tiare dorée en forme d'éventail qui épousait la forme de son crane.

En un mot, elle était sublime.

A un moment, elle leva le regard et ses yeux, ainsi que ceux de Madara, se rencontrèrent brièvement.

Il fut frappé par la mélancolie qui semblait s'en dégager, mais ne s'attarda pas longtemps sur ce détail. Il venait de la reconnaitre :

Il se souvenait, lors de sa précédente vie, environs une semaine avant son départ de Konoha, de l'avoir croisé une fois dans la rue.

Evidemment, il ne lui avait accordé aucune attention. Il était bien plus préoccupé par les préparatifs de son évasion de Konoha pour reluquer une femme passant à sa portée.

Ce n'était qu'après son combat à la vallée de la fin, une fois que tous le crurent mort, et son cadavre pourrissant dans un coin sombre, qu'il avait appris sa véritable identité :

Mito Uzumaki, jinchurikidu Kyubi, et fiancé d'Hashirama.

…...

Je ne sais pas si cela peut être qualifié de cliffhanger, mais je vous laisse dessus ^^

Review ?