DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Rating : M+18

Genre : romance / slash / Yaoi


Une compatriote m'a dit un jour que les belges ne pouvaient pas s'empêcher de parler de leur petit pays dans leurs histoires... elle a parfaitement raison et je ne fais pas exception !

Ce chapitre, je le poste avec une petite émotion. Il se déroule à Bruxelles et il est tout en douceur... J'espère que vous l'aimerez.

Bonne lecture!


Chapitre 9 – Des hommes ordinaires

27 mai 2010

L'Eurostar venait d'arriver en gare de Lille. Des passagers descendaient, d'autres montaient.

- Draco ?

- Hm ?

- Je peux te poser une question incroyablement personnelle et embarrassante ?

- Quoi ? Tu veux savoir si j'ai attrapé des morpions à Azkaban ? Ou si j'ai des problèmes de sphincter ? La réponse est non dans les deux cas.

- Mais non, dit Harry en roulant des yeux et en lui donnant un coup de coude. J'ai repensé à tes histoires de chaussures et… je voulais savoir… Pourquoi tu ne laisses pas Blaise t'acheter tes fringues et tout le reste ? Je veux dire… Il le fait pour moi. Je sais qu'il le fait pour les autres aussi… Après tout, il est plein aux as et tout ce fric, c'est un peu grâce à nous qu'il le gagne… alors…

- Je sais Potter. C'est ce qu'il faisait avant et c'est la première chose qu'il m'a proposée quand je suis revenu. Mais j'ai refusé car je ne veux rien lui devoir. Ou en tout cas le moins possible. Je veux pouvoir partir quand bon me semble.

Cette réponse sembla étonner Harry.

- Pourquoi me regardes-tu comme ça ? Tu comptes rester le tueur du Cartel pendant toute ta vie ? dit Draco, durement.

Harry se ferma, douché par la remarque. Draco s'en rendit compte et soupira.

- Désolé… je ne voulais pas dire ça comme ça… c'est juste que… faire ce qu'on fait ne peut pas être l'objectif d'une vie, souffla-t-il.

- Je n'ai pourtant pas d'autre perspective…

- Tu n'en sais rien. Tu pourrais… quitter ce pays, partir loin.

- C'est ce que tu ferais toi ?

- Oui… si j'en avais les moyens, ajouta Draco plus bas.

C'est ce que je vais faire d'ailleurs. Dès que j'aurai fait tomber Blaise et récupéré mes biens, je me tire.

- Tu… tu viendrais avec moi ?

- Quoi ?

- Si je parvenais à rassembler assez d'argent… tu partirais avec moi ? répéta Draco en regardant Harry droit dans les yeux.

- Je…

Harry déglutit péniblement. Par Merlin, il pourrait tout laisser tomber à l'instant et suivre Draco au bout du monde. Mais quelque chose le rattachait à Blaise plus sûrement qu'un incarcerem.

Se méprenant sur le silence de Harry, Malefoy se rembrunit. Il se réinstalla dans son siège et regarda droit devant lui.

- Draco…

- Laisse tomber. C'était une idée débile… Je… Oublie ce que je viens de dire.

- Non ! dit Harry vivement en lui prenant la main. Ce n'est pas une idée débile ! Au contraire. C'est une idée vraiment … belle. C'est juste que je ne peux pas t'imposer ma présence. La première chose que je ferais, serait de trouver quelqu'un pour m'approvisionner… Comme je devrai trouver le moyen de le payer, tout recommencera ! Le trottoir, les gangs… Toi, tu es clean, tu pourrais recommencer une autre vie ailleurs. Je… je n'ai simplement pas le droit de t'imposer ce que je suis devenu.

- Ça veut dire que toi et moi, ça durera le temps que je reste dans le Cartel…

Harry ne répondit pas. Il se contenta de tourner son visage vers la fenêtre et de regarder le paysage défiler à toute vitesse.

- … et je ne compte pas y rester, ajouta le blond pour enfoncer le clou.

- Je sais. Je ne veux pas y penser. Mais je veux profiter de chaque instant d'ici là, dit Harry en se tournant à nouveau vers Draco et en l'embrassant.

D'ici là.

Entendre Harry formuler à voix haute cette échéance lui fit plus de mal qu'il ne l'imaginait. Draco s'écarta de lui et le fixa intensément.

- Si j'ai pu m'en sortir, tu le pourrais aussi…

Harry se laissa tomber contre son siège en soupirant.

- Draco… tu as été accro pendant quoi ? Trois mois, six mois, un an ? Moi, ça fait onze ans ! Onze putains d'années ! J'en ai pris mon parti. Soit je mourrai une balle dans la tête, soit d'une overdose.

- COMMENT PEUX-TU DIRE CA ?

Draco avait haussé le ton, s'attirant les regards réprobateurs et inquiets des autres voyageurs.

- Veux-tu bien arrêter de crier ! siffla Harry. Merlin, tu veux vraiment qu'on se fasse remarquer !

- Ça va…

Le blond se renfrogna mais ne lâcha pas l'affaire pour autant.

- Tu as essayé au moins ?

Harry ne répondit pas.

- Potter ? As-tu essayé oui ou non ?

- Pas vraiment, lâcha-t-il en soupirant. Quand… quand je n'avais pas assez de tunes pour me payer mes doses, je trouvais toujours une solution de rechange.

- Même quand tu étais chez les Weasley ?

A nouveau, Harry fuit le regard inquisiteur de Draco.

- Potter ?

- Non… là, je suis resté clean pendant une semaine.

- Une semaine ? Mais…

- Hermione m'avait administré un sort de filtrage du sang et me donnait des potions de nettoyage ! Alors oui, j'ai pu arrêter de consommer car ça diminuait les effets physiques du manque. Mais la dépendance psychologique était toujours là ! Tout simplement parce que…

- Parce que tu n'avais pas d'objectif. Tu n'avais rien ni personne pour qui te battre, acheva Draco à sa place.

- Ouais…

Draco avait posé les coudes sur ses genoux. Tête baissée, il triturait nerveusement ses mains.

- Si je parvenais à te trouver ces potions de nettoyage, tu essayerais ?

- Malefoy… ces potions ne sont délivrées que sur ordonnance par les médicomages ou dans les hôpitaux sorciers ! Et il est hors de question que je me montre à Sainte-Mangouste ! C'est déjà miraculeux qu'on ne m'ait pas encore reconnu quand je traîne autour du Farkle !

- Potter ! Répond simplement à ma question : si je te trouve ces potions, es-tu prêt à essayer ?

Draco le fixait maintenant de ses incroyables yeux gris qui avaient pris la couleur d'une mer déchaînée.

- Oui, répondit Harry sans pouvoir retenir le mot.

- Bien.

Il sourit. Si Harry avait accepté, c'est parce qu'au fond de lui, il avait trouvé un objectif. Quelque chose qui valait la peine de se démener. De souffrir. De s'en sortir.

Si seulement il pouvait le faire pour moi. Si seulement…

Cette perspective amena une joie foudroyante dans le cœur de Draco, ainsi que beaucoup d'interrogations.

Pour se ressaisir, il se tourna vers Harry. Il se leva et lui dit :

- Tu viens ?

- Où ça ?

- A la voiture-bar. J'ai envie de boire un thé.

- Mais on arrive dans une demi-heure…

- Pas grave. Je veux du thé.

- Et les valises ? On ne peut pas les laisser sans surveillance !

- Tu n'as pas jeté un sort anti-moldus dessus ?

- Si mais…

- Alors viens, je te dis, insista Draco en l'attrapant par le bras.

Debout dans l'allée, Draco regarda à droite et à gauche pour finalement prendre à droite.

- Draco… que fais-tu ? Le bar c'est de l'autre côté.

- Par là, c'est bien aussi, dit-il en arrivant sur la plateforme qui séparait deux des voitures.

- Mais…

Le blond ouvrit la porte des toilettes et poussa Harry à l'intérieur sans ménagement. Il ferma le verrou d'un coup sec avant de se jeter sur lui et de l'embrasser sauvagement.

- Dr.. hmmpfff… Draco… qu'est-ce qui te prend… hmpfff

- Il me prend que j'ai envie de toi. Tout de suite.

Ces mots furent comme une décharge électrique pour Harry qui ne songea même plus à protester. De toute façon, la bouche gourmande de Draco l'empêchait d'articuler le moindre mot. En un temps record, il se trouva dos au blond, le pantalon et le boxer aux chevilles, une main sur le petit lavabo en inox, l'autre contre le miroir, un sexe dur et chaud contre ses fesses.

- Je… je suis désolé… on a pas beaucoup de temps… alors, je vais...

- Vas-y, coupa Harry.

Il avait trop envie de sentir Draco en lui pour se formaliser des préliminaires. Il eut néanmoins un petit pincement au cœur. Personne avant lui ne s'était excusé de ne pas pouvoir le préparer correctement.

La brûlure familière laissa rapidement place à une sensation de plénitude. Même dans cet endroit étroit et pour tout dire un peu glauque, le sexe avec Draco prenait une autre dimension. Le blond entama un puissant mouvement de va-et-vient tandis qu'Harry se mordait les lèvres pour ne pas gémir et il fermait les yeux pour ne pas croiser son reflet dans le petit miroir qui lui faisait face.

Mais quand il sentit la main de Draco recouvrir la sienne et leurs doigts s'entrecroiser dans un geste d'une intimité absolue, Harry ne put s'empêcher de regarder. Il contempla leurs mains, son visage à quelques centimètres et celui de Draco juste derrière.

Ce qu'il vit dans les yeux gris de son amant, il ne l'avait vu dans aucun regard avant le sien et cela suffit à l'emporter dans un orgasme terrifiant. Draco suivit juste après en serrant sa main encore plus fort.

Ils restèrent ainsi quelques instants, encore étourdis, leurs doigts toujours enlacés. Puis Draco se retira, ponctuant son geste d'un baiser sur la nuque moite de Harry. Ils se rajustèrent sans un mot, jusqu'à ce que Draco demande :

- Tu… tu peux lancer un sort de nettoyage sans baguette ? Ce serait plus sympa pour les suivants…

Harry obtempéra en riant.

- Je ne pense pas que ceux qui nous ont précédés ont eu cette délicatesse, dit-il en passant le sort sur eux-mêmes également.

Draco fit une grimace de dégoût.

- Ça mon vieux, fallait y penser avant, dit Harry en riant de plus belle.

Draco sourit néanmoins puis entrebâilla la porte pour voir si la voie était libre. Mais à peine eut-il ouvert plus grand qu'ils tombèrent nez à nez avec une quinquagénaire qui les regarda avec désapprobation.

Ils sortirent comme des voleurs et regagnèrent leurs places en courant et en riant comme des fous en repensant à l'air complètement choqué de la bonne femme. L'espace d'un éclat de rire, ils étaient hors du monde et hors du temps. Ils oublièrent ce pour quoi ils étaient là, ce qu'était leur vie. Ils étaient simplement deux jeunes hommes qui venaient de s'envoyer en l'air dans les toilettes d'un train, comme des adolescents.

Ils étaient libres.

Quand leurs regards se croisèrent, quelque chose se passa. Quelque chose qu'Harry n'arrivait pas à nommer et que Draco reconnut immédiatement pour l'avoir trop éprouvé.

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Bruxelles

Le train arriva à Bruxelles-Midi à 12h05, heure locale.

Harry et Draco traversèrent le grand hall vers la sortie où ils prirent un taxi pour les emmener à l'hôtel que Blaise avait réservé pour eux. Draco donna l'adresse au chauffeur.

- L'Hôtel Conrad, Avenue Louise.

- Bien.

L'homme était taiseux, ce qui convenait parfaitement aux deux anglais. Le trajet se fit donc en silence, Harry découvrant les rues de cette ville qui lui était totalement inconnue.

Bruxelles était manifestement une ville de contrastes. Si les abords de la gare étaient peu engageants, ils furent bien vite remplacés par un quartier d'affaires nouvellement construit, faits de buildings en verre et en acier. Ils traversèrent ensuite le quartier du Midi, plutôt populaire, assez bigarré où vivait une population en grande partie immigrée.

Le taxi tourna ensuite sur le Boulevard de Waterloo, bordé de grandes maisons de maître. Harry fut surpris de trouver en plein milieu de cette artère une grande tour de garde, la Porte de Hal, vestige des fortifications moyenâgeuses de la ville. Arrivés en haut du boulevard, ils prirent à droite dans une rue commerçante où les enseignes huppées se succédaient. Church's, Bruphil's, ST Dupont, Hugo Boss… Draco en frissonnait.

Ils arrivèrent rapidement à l'Hôtel Conrad, un grand bâtiment blanc aux multiples fenêtres garnies de balcons en fer forgé.

- Putain, Blaise ne s'est pas foutu de nous, souffla Harry en levant les yeux vers l'immeuble.

- Ce n'est qu'un hôtel Harry… Le Farkle et l'Empire ne sont pas très différents.

- Comment peux-tu être aussi blasé ?

- Allez viens. Et cesse de faire ce regard de gamin émerveillé.

Harry se composa un air détaché, façon Malefoy, et suivit le blond vers l'entrée. Un portier vint immédiatement à leur rencontre pour prendre leurs bagages.

- Je garde celle-là avec moi, dit-il en conservant la mallette qui contenait l'argent.

- Bien Monsieur.

Le hall était immense, recouvert d'une moquette beige et gris foncé et élégamment meublé de fauteuils en velours rayé rouge, vert et doré. Des consoles en noyer supportaient de lourds bouquets de fleurs fraîches et des lustres en cristal éclairaient savamment l'ensemble.

Draco marcha ensuite vers la réception, un long comptoir en bois couleur miel derrière lequel se trouvait un homme en costume noir et chemise blanche.

- Monsieur ? dit-il poliment à l'approche de Draco.

- Bonjour. Nous avons une réservation au nom de Hatkins et Porter. Nous souhaitons une suite ou à tout le moins des chambres communicantes.

Draco avait dit tout cela dans un français parfait et d'un ton calme mais qui ne souffrait aucune réplique.

- Aucun problème, Monsieur. Vous disposerez de la Suite Executive.

- Bien.

- Puis-je vous demander de remplir et de signer ce formulaire ?

Le blond s'exécuta et Harry nota le flegme avec lequel il apposa la fausse signature au nom de Christopher Hatkins au bas du document. Une fois fait, il glissa le formulaire vers le réceptionniste.

- Merci Monsieur. Voici vos clés magnétiques. La suite est au 5ème étage. Le petit-déjeuner est servi à partir de 6 heures de matin. Nous vous souhaitons un bon séjour.

Draco hocha simplement la tête et prit les cartes magnétiques. Il s'en allait quand le réceptionniste le rappela.

- Oh Monsieur Hatkins, pardonnez-moi. Quelqu'un a laissé ceci pour vous, dit-il en tendant à Draco une enveloppe.

Le blond la décacheta et en sortit un petit bristol. Harry lut par-dessus son épaule.

« Terrasse du Roy d'Espagne. 14 heures »

- Cette personne s'est-elle présentée ? demanda Draco.

- Je crains que non Monsieur. Y a-t-il un problème Monsieur ?

- Non, aucun. Y a-t-il un établissement appelé « Roy d'Espagne » dans les environs ?

- Bien sûr ! confirma le réceptionniste dans un grand sourire. C'est l'un des plus célèbres cafés de la Grand-Place.

- Est-ce loin ?

- Une dizaine de minutes en voiture et quelques unes à pied car la Grand-Place et les environs sont piétonniers.

- Hm. Commandez un taxi pour 13H40.

- Bien Monsieur.

Il se détourna et marcha rapidement vers les ascenseurs, Harry à sa suite.

- Ça vient de Dejonghe ? demanda-t-il.

- Sûrement. Blaise nous avait prévenus que nous serions surveillés mais de là à savoir à quel hôtel nous descendrions…

- C'est flippant.

- En effet. Viens. Nous avons une bonne demi-heure pour défaire nos valises et nous préparer pour cette rencontre.

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La suite était immense. Composée de deux chambres, séparées par un salon qui faisait également office de bureau, elle était décorée dans de doux tons taupe, blanc cassé et beige.

Elle disposait également d'un balcon terrasse donnant sur la cour intérieure de l'Hôtel, à l'abri des bruits de la ville.

Les chambres étaient spacieuses et lumineuses. Chacune était pourvue d'un lit king size couvert de draps blancs immaculés et d'une multitude de coussins. Elles disposaient d'une salle de bain privative tout en marbre blanc et noir.

Comme un gamin, Harry ne put résister à l'envie de se jeter sur le lit et il s'y laissa tomber dans un grand rouf.

- Harry, arrête ça !

- Oh Draco ! T'es pas drôle ! C'est plus fort que moi… quand je vois un lit de cette taille et une couette aussi moelleuse, je n'ai qu'une envie, me jeter dedans !

Malefoy s'approcha et se pencha sur Harry en s'appuyant sur ses bras jusqu'à être à dix centimètres de son visage.

- Et moi, quand je te vois sur un lit de cette taille, je n'ai qu'une envie. Te faire l'amour jusqu'au matin. Et on n'a pas le temps. Alors debout, dit-il en se redressant.

Il disparut, laissant Harry un peu hébété par ce qu'il venait d'entendre.

Avait-il vraiment dit… ça ? Draco baisait, sautait, forniquait sûrement mais… faisait-il l'amour ?

Il n'eut pas vraiment le temps de s'appesantir car Draco revenait déjà voir s'il était prêt.

- Harry ! Active-toi un peu !

- Oui, oui… c'est bon !

Il s'extirpa du lit et ouvrit sa valise. Il leva les sorts de désillusion et récupéra sa baguette qu'il plaça dans la poche intérieure de sa veste, son arme qu'il coinça à l'arrière de son jeans… et ses sachets de cocaïne.

Il repensa à leur conversation dans le train et à l'air déterminé de Draco de vouloir l'aider. Cela le rendit heureux, une fois de plus.

Il soupira néanmoins. Il avait pris une ligne avant de quitter Londres. Normalement, il pourrait tenir jusqu'au milieu de l'après-midi. Mais c'était risqué. Or, il voulait être maître de lui-même pour la rencontre. Sans plus tergiverser, il se rendit dans la salle de bain et déposa un peu de poudre sur la tablette en marbre noir du lavabo. Il sniffa d'un coup. Comme à chaque fois, la décharge chimique dans son organisme fut brutale et intense. Il s'appuya quelques instants contre le lavabo, le temps que son cœur se calme.

- Harry ?

- Ouais, j'arrive !

Quand il sortit de la chambre, Draco le regarda. Il s'approcha et passa l'index sous son nez. Il ne dit rien mais lui montra la petite trace blanche qui s'y trouvait. Harry baissa les yeux, soudain honteux d'avoir été pris en flagrant délit.

- Hé ! dit Draco doucement en lui prenant le menton dans les mains et le relever vers lui. Je ne m'attends pas à ce que tu commences ton sevrage aujourd'hui… Il te faut tes potions pour ça. Mais… fais attention quand même. D'accord ?

Harry hocha la tête, ému par l'inquiétude sincère qu'il lisait dans les yeux gris de Draco.

- Allez viens, le taxi nous attend.

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Le chauffeur de taxi les déposa à quelques rues de la Grand-Place, leur expliquant quel chemin prendre pour y arriver.

Harry et Draco se hâtèrent dans les ruelles et restèrent sans voix quand ils débouchèrent sur la Grand-Place.

- Waouh, dit tout simplement Harry.

- Je comprends pourquoi on en parle comme l'une des plus belles places du monde.

Le soleil de cet après-midi de mai se reflétait doucement sur les pavés et donnait un caractère pimpant aux maisons de corporations qui bordaient la place, entourant de part et d'autre, l'Hôtel de Ville et la Maison du Roi.

Les deux anglais sortirent de leur contemplation, conscients qu'ils n'étaient pas là pour faire du tourisme mais pour conclure une transaction importante. Ils parcoururent des yeux les établissements autour d'eux jusqu'à repérer le café « Le Roy d'Espagne ».

La plupart des tables en terrasse étaient occupées et ils se demandèrent comme trouver leur interlocuteur. Draco remarqua alors un bras levé qui leur faisait signe d'approcher. Le bras appartenait à un petit homme, un peu enveloppé, dégarni et à l'air faussement jovial. En effet, les bonnes joues et le large sourire de l'homme ne parvenaient pas à adoucir ses petits yeux noirs et perçants.

- Venez ! Bonjour ! Vous êtes Hatkins et Porter, zijker ?

- Hm… oui. Bonjour Monsieur, dit Draco.

- Bien, bien, mettez-vous. Qu'on cause un peu hein… Oïe mais j'ai pas dit mon nom ! Moi c'est Auguste Coppens mais tout le monde m'appelle Gus. J'ai déjà commandé deux demi-gueuze, dit-il en poussant vers les deux anglais deux verres remplis de la bière locale.

L'homme parlait avec un étrange accent que Draco ne parvenait pas identifier.

- Vous avez fait bon voyage ? Vous avez de la chance avec le temps ! Zeg, hier il est tombé une de ces draches ! Mais bon, ça a fait du bien car il faisait trop doef… qu'est-ce qu'on sukkelait !

- Excusez-moi Monsieur, l'interrompit Draco qui ne comprenait rien. Nous étions censés rencontrer Albert Dejonghe…

- Oui, oui, je sais ça. C'est lui qui m'envoie… prendre la température, comme il dit. Vous comprenez, Monsieur Albert ne rencontre pas comme ça n'importe quel pouchenel qui vient zwanzer pour acheter son brol hein… Alors il m'a juste envoyé vous rencontrer d'abord pour voir si vous n'êtes pas des faiseurs d'embarras…

- Cela veut dire qu'il accepte de négocier avec nous ? questionna prudemment Draco, un peu perdu.

- Non peut-être.

- Comment ça non… mais vous venez de dire…

- Monsieur Albert est un peu méfiant… la dernière fois, il est tombé sur des dikke nek qui se faisaient passer pour des smokkeleers… Mais je peux vous dire que l'affaire a été vite réglée. Une bonne rammeling et on en parlait plus ! Hei eis wei ne ki in de pâtate ! Quelle bande de labbekak ! Mais je suis certain qu'avec vous, ça va aller…

L'homme se mit à rire bruyamment entre deux gorgées de sa bière.

- Bon, c'est pas tout ça… Je vais dire à Monsieur Albert que c'est ok… Une voiture vous attendra en bas de votre hôtel demain à neuf heures. Vous montez et vous ne posez pas de questions. En attendant, profitez de notre belle ville de Bruxelles. Et ne faites rien en stoemeling ou bien je le saurai…

En disant cela, l'air jovial du bonhomme avait momentanément disparu, en même temps que son drôle d'accent, laissant la place à un regard dur et perçant. Ce drôle de type était certainement moins bouffon qu'il le laissait croire.

Il vida son verre, se leva, et tapota dans le dos de Harry avant de disparaître dans la foule.

- Par Merlin, quelle langue parlait cet homme ? demanda Harry.

- Aucune idée. Je n'ai rien compris. Sinon qu'on rencontrera Dejonghe seulement demain.

- C'est moi ou sa dernière phrase sonnait comme une menace ?

- Oh oui… et sachant comme Dejonghe est parvenu à nous pister, je suis d'avis de nous tenir à carreaux.

- Ça ne me plaît que moyennement de suivre ce type Merlin sait où…

- Moi non plus mais nous n'avons pas le choix. Et puis nous aurons toujours un avantage sur eux…

- Nous sommes des sorciers.

- Exactement ! dit Draco en souriant. Et maintenant, si nous suivions les conseils de cet étrange bonhomme et visitions la ville ?

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Même s'ils avaient décidé de flâner plus qu'autre chose, Harry acheta un petit guide qui les renseigna sur les principaux attraits touristiques de la ville. Ils arpentèrent ainsi les petites rues autour de la Grand-Place, s'émerveillant de l'architecture et de la longue histoire des maisons qui abritaient autrefois les puissantes corporations.

- Ah ça ! dit Draco en pointant le guide d'un doigt motivé, on doit absolument le trouver ! Tu te rends compte qu'on vient du monde entier rien que pour le voir !

- Heu… oui, si tu veux, dit Harry, peu contrariant.

Ils se remirent en route à la recherche de cet incontournable dont parlait le guide et que Draco semblait vouloir voir à tout prix.

Arrivés à l'intersection de la rue de l'Etuve et de la Rue du Chêne, Draco s'arrêta.

- Bon… ça doit être ici mais je ne vois rien du tout !

- Regarde, il y a un attroupement juste là… dit Harry.

Un attroupement, c'était peu dire. Une horde de touristes japonais enthousiastes, se pressait devant une grille en prenant des photos à la chaîne. Draco et Harry se frayèrent tant bien que mal un chemin pour enfin admirer le Manneken Pis, la fontaine la plus célèbre de Bruxelles.

- Mais il est… minuscule ! dit Draco, manifestement déçu.

- C'est indiqué ici, dit Harry en lisant le guide… 55,5 centimètres.

- Et il n'est pas nu…

- C'est aussi indiqué ici… depuis qu'il a reçu son premier costume en 1698, il n'a pas passé beaucoup de temps tout nu. Il a plus de 800 costumes…

- Et forcément, aujourd'hui, il devait être habillé en sergent des Welsh Guards. Si j'avais voulu voir un Welsh Guard, je serais allé à Buckingham !

- Oui mais je doute que tu puisses jamais voir un Guard pisser du haut d'un muret… Donc, ça en valait la peine quand même, philosopha Harry.

Draco pinça les lèvres mais ne put réprimer un fou rire.

Ils repartirent vers la Grand-Place car Harry voulait absolument acheter des spéculoos, ce biscuit très sucré, fabriqué à base de cassonade, de cannelle, de gingembre et de noix de muscade. Ils s'arrêtèrent donc chez Dandoy, la plus ancienne biscuiterie de la ville. Harry y acheta ses spéculoos tandis que Draco ne résistait pas aux pains à la grecque, des rectangles de pain au lait, saupoudrés de sucré perlé.

- Ça n'a rien de grec mais c'est absolument délicieux, dit Draco en dégustant un de ces pains tout en marchant.

- D'après le guide, dit Harry, le nom ne fait pas référence à la Grèce mais à un mot du patois flamand bruxellois, grecht, qui est une petite voie d'eau. Au 16ème siècle, des religieux distribuaient ce pain aux pauvres qui s'entassaient dans le quartier dit du Fossé au Loup, Wolf-Grecht en bruxellois. Cette aumône fut appelée dès lors wolf-grecht brood. La francisation du nom a finalement donné pain à la grecque…

- Se cultiver en mangeant, ça c'est la classe… Hé ! Viens Harry ! dit soudain Draco en le tirant par le bras. Il faut absolument qu'on achète du chocolat !

Draco était arrêté devant la vitrine du chocolatier Neuhaus et regardait à l'intérieur avec les yeux d'un enfant le matin de Noël.

- Je croyais qu'on devait toujours prendre un air blasé, dit Harry.

- Oh ça va… Ce sont les meilleurs chocolats du monde ! Crois-moi, je les ai goûtés quand j'étais enfant. Mon père en était dingue… c'était la seule chose moldue qu'il acceptait de manger, dans le plus grand secret bien entendu ! Je vais en acheter !

- Je croyais aussi que la règle était de ne pas dépenser l'argent de Blaise pour ne pas lui devoir quoi que ce soit, dit encore Harry, perfide.

- Tu m'emmerdes Potter.

Il poussa la porte de la boutique et Harry oublia immédiatement toutes ses protestations, conquis par l'odeur délicieuse qui s'en échappait.

L'après-midi passa agréablement et ils décidèrent de profiter du temps clément pour dîner à la terrasse d'une petite brasserie. Manger autant de sucre leur avait ouvert l'appétit.

Appétit qui se calma très vite chez Draco quand il prit connaissance du menu. Il en fit la lecture à Harry qui restait perplexe.

- Anguilles au vert… stoemp de chicons… qu'est-ce que ça peut être ?

- Et ça ? Filet américain ?

- Attends, il y a pire : tête pressée. Merlin, quelle horreur ! Viens, on s'en va ! décréta Draco.

Ils s'enfuirent sous l'œil abasourdi du serveur, venu prendre leur commande.

Ils coururent le long des rues, effrayés et soulagés à la fois à l'idée d'avoir échappé à cette gastronomie hautement improbable. Quand ils furent certains de s'être suffisamment éloigné de ce restaurant maudit, ils s'arrêtèrent, complètement essoufflés. Ils se mirent alors à rire comme des fous, sous l'œil inquiet des passants.

- Je crois que je vais me contenter de pains à la grecque tout le temps où nous resterons dans ce pays, dit Draco.

- Et moi de spéculoos !

Ils rirent encore avant de prendre conscience de leur position : Harry tout contre Draco, le bras de celui-ci autour de ses épaules, la main de Harry dans la sienne. L'instant se figea avant que Draco ne dise :

- Viens, rentrons à l'Hôtel.

Ces simples mots ajoutés au souffle du blond dans son oreille, firent frissonner Harry.

- On… prend un taxi ou on rentre à pied ?

Draco était partagé. Des pensées inavouables l'incitaient à rentrer au plus vite mais d'un autre côté…

- Pourquoi pas une petite promenade… on a le temps, non ? finit-il par dire.

- On a le temps, en effet, souffla Harry.

Ils se mirent en route, traversant le Quartier du Sablon, remontant tranquillement la Rue de la Régence pour arriver finalement sur l'Avenue Louise. Durant le trajet, ils parlèrent de tout et de rien, restèrent parfois silencieux mais jamais ils ne se lâchèrent la main.

Harry était bien. Une fois de plus, il se dit qu'il était heureux et il savoura particulièrement ce moment.

Parce que l'espace de quelques heures, Draco et lui avaient vécu une vie normale, jouant les touristes, se promenant main dans la main dans la rue.

- Pourquoi souris-tu comme ça ? demanda Draco doucement.

- Parce que je suis bien, dit Harry avec honnêteté. Et ça fait vraiment longtemps que ça ne m'était plus arrivé…

- Ce n'est pas trop dur ?… il est déjà tard…

Harry savait parfaitement que Draco faisait référence à sa dernière prise de cocaïne dont les effets devaient commencer à s'estomper.

- Tout va bien.

Pour tout dire, les effets s'étaient estompés depuis longtemps mais Harry parvenait à le supporter. Rien que par le fait de sentir la main de Draco dans la sienne, la chaleur de son bras qui frôlait le sien…

Il le regretterait probablement mais il ne put empêcher les mots de franchir ses lèvres.

- C'est grâce à toi…

- Quoi ?

- Je… si je tiens le coup pour le moment, je… je crois que c'est grâce à toi…

Harry attendit le rire moqueur, la lueur ironique ou toute autre manifestation de mépris de la part du blond mais il n'eut rien de tout cela. A la place, Draco s'arrêta et le serra contre lui à l'étouffer.

- Merlin Harry, je te jure que je trouverai ces potions… je te le jure.

- Je… merci Draco.

Ils s'écartèrent l'un de l'autre et reprirent leur chemin.

O°O°O°O°O°O°O

De retour à l'hôtel, ils commandèrent un repas. Par la chance, la carte du room service proposait des choses normales à manger, comme des hamburgers, des salades ou des pâtes. Ils optèrent tous les deux pour un assortiment de sandwiches qu'ils grignotèrent paresseusement dans le confortable canapé du salon.

- On prend l'argent avec nous demain ? demanda Harry.

- Ça vaut mieux. Si nous rencontrons effectivement Albert Dejonghe, il y a intérêt à ce qu'on puisse lui donner des garanties de notre bonne foi.

- Hm… tu as raison.

- Ceci dit, je compte en réalité tout emporter avec nous. Dejonghe est peut-être méfiant mais je le suis tout autant et la petite escapade qu'il nous impose me met mal à l'aise.

- Ouais… moi aussi. On lancera des sorts de miniaturisation sur nos valises ?

- Oui, sauf sur la mallette évidemment.

- On fera tout ça demain matin ?

- Oui, sourit Draco… car là tout de suite, j'ai d'autres projets.

Il se redressa et se pencha sur Harry pour l'embrasser avec douceur. Le brun lui rendit son baiser sans attendre, nouant ses bras autour de son cou.

- J'ai envie de toi, souffla le blond.

- Moi aussi mais laisse-moi prendre une douche avant…

- Je t'accompagne.

Draco souleva Harry dessous les fesses et sans cesser de l'embrasser, le porta jusqu'à sa chambre et le déposa sur le lit. Harry allait esquisser un geste mais le blond l'arrêta.

- Qu'allais-tu faire ? demanda-t-il en mordillant son cou.

- Lan… lancer un sort… pour… nous dés…habiller… répondit Harry, laborieusement.

- Laisse-moi faire.

Draco eut un pincement au cœur en se rendant compte que cela faisait bien longtemps qu'Harry avait renoncé à l'idée que le sexe puisse être précédé de préliminaires. Sans doute était-ce pour cette raison qu'il comptait les déshabiller d'un sort : pour permettre à Draco d'aller droit au but.

Il commença à déboutonner lentement la chemise du brun, embrassant chaque parcelle de peau qui apparaissait au fur et à mesure.

Draco déboutonna ensuite lentement le jeans, écartant les pans pour laisser voir l'impressionnant volume qui avait pris corps sous le boxer. Alors qu'il passait ses doigts sous l'élastique pour faire descendre le boxer en même temps que le jeans, il faillit se consumer de désir quand il entendit le gémissement de Harry. Ce son semblait directement relié à son propre membre qu'il sentait palpiter douloureusement.

Quand le brun fut entièrement nu, Draco se mit à enlever ses propres vêtements, lentement, sous le regard rempli de désir de Harry. Regard qui s'embrasa littéralement quand Draco abaissa son boxer.

Il tendit la main à Harry pour l'inviter à se relever et l'amena dans la salle de bain adjacente.

Il ouvrit les robinets et régla la température de l'eau avant d'entrer dans la cabine en attirant Harry à lui. L'eau chaude qui coulait sur leurs corps les électrisa tout autant que le baiser passionné qu'ils échangèrent.

Draco s'écarta, amenant un grognement de protestation chez Harry qui ne dura cependant pas bien longtemps car les lèvres douces et chaudes de Draco avaient maintenant pris possession de son téton et sa langue le léchait avec application.

Harry hoqueta en s'affaissant contre le carrelage quand cette même langue suivit la fine ligne de duvet foncé qui recouvrait son bas ventre avant de remonter et de s'enfoncer dans son nombril. La vision de Draco à genoux devant lui le rendit encore plus dur, si c'était possible.

- Tu… tu n'es pas obligé… dit Harry.

En une seconde, le blond remonta vers le visage de son amant et le fixa intensément.

- Je ne suis pas obligé… j'en ai envie, c'est différent.

Harry acquiesça et Draco retourna à son occupation en enroulant ses longs doigts autour de l'érection qui lui faisait face.

- Draco, souffla Harry alors que la bouche du blond avait rejoint sa main et que sa langue remontait le long de son sexe avant de s'enrouler autour de son extrémité, recueillant au passage les premières gouttes de son essence.

Draco s'activait avec un tel talent que les jambes de Harry se mirent à trembler. La sensation était tellement puissante que la jouissance arriva brusquement, laissa Harry ébahi et honteux de s'être libéré dans la bouche de Draco. Lui avait toujours détesté ça et il était mortifié de l'avoir fait subir au blond.

- Oh par Merlin, Draco… je suis désolé… je…

Draco fit taire Harry en lui administrant un baiser profond, intense et salé.

- Ne t'excuse pas Harry… je t'avais senti venir. Et je ne me serais retiré pour rien au monde, lui dit-il en l'embrassant encore.

Harry était décidément quelqu'un d'étonnant. Lui qui s'était prostitué pendant tant d'années, qui avait sans doute dû faire et subir les choses les plus crues, il était gêné de s'être laissé aller.

- Je suis le premier à te goûter de la sorte ?

Il acquiesça silencieusement.

- Hé bien sache que j'en suis ravi… et que tu as un goût délicieux.

Le sourire de Draco confirmait ses propos et il s'émut de voir le brun rougir.

Il prit alors une éponge et un peu de gel douche et entreprit de savonner le corps de Harry.

- Et toi ? demanda Harry alors qu'il sentait contre sa cuisse, l'incontestable désir du blond.

- On s'occupera de moi après, souffla Draco.

Harry ne voulait pourtant pas être en reste et il invoqua une deuxième éponge avec laquelle il commença à frotter doucement le torse de Draco. Ce lavage mutuel avait quelque chose de très érotique et il fallut beaucoup de volonté à Draco pour ne pas prendre Harry, debout contre le mur de la cabine de douche.

Au lieu de quoi, ils se rincèrent puis s'enveloppèrent dans de moelleuses serviettes blanches. Serviettes qui finirent rapidement au sol alors que les deux hommes avaient repris un baiser enflammé et tentaient tant bien que mal de rejoindre le lit.

Les jambes de Harry heurtèrent le rebord du matelas et il tomba, Draco sur lui.

Sans quitter les lèvres de son amant, Draco écarta les cuisses de Harry et entreprit de le caresser savamment. Puis il insinua un doigt en lui à la recherche du point névralgique qui lui ferait perdre pied. En quelques secondes, Harry vit des étoiles et il bougea ses hanches à la recherche d'une plus grande proximité avec cette main bienfaitrice.

Draco lui, avait tellement envie d'être à l'intérieur de son amant qu'il aurait pu en mourir. Pourtant il garda tout son self contrôle pour prendre son temps. Il l'embrassait encore et encore, le caressait encore et encore.

C'est simple, ni l'un ni l'autre n'avaient assez de leurs mains et de leurs bouches pour s'appartenir.

Finalement Draco fut contraint de céder à la tension qui habitait son corps. Il rompit le baiser et souffla :

- Retourne-toi.

Le cœur de Harry se serra à cette demande. C'était quasiment toujours comme ça qu'il baisait avec ses clients. Une position impersonnelle, où le contact physique était réduit au strict minimum. Il avait espéré pouvoir regarder Draco dans les yeux mais ce n'était manifestement pas le souhait du blond. Il cacha sa déception et se plaça sur le ventre.

Il sentit Draco se positionner avec précaution devant son entrée et la taquiner avec son gland avant de le pénétrer avec une très grande douceur. Harry s'acclimata rapidement à l'intrusion et le blond s'enfonça plus profondément. Il s'attendit à ce que Draco entame d'énergiques mouvements de va-et-vient mais il n'en fit rien.

Une fois encore, Draco changeait les règles, bousculait tout.

Lorsqu'il fut entièrement en lui, Draco se pencha, embrassant ses épaules et sa nuque avant de s'allonger entièrement sur lui. Il commença à onduler le bassin, effectuant des mouvements amples et profonds. Il passa ensuite un bras autour du cou de Harry et sans cesser de se mouvoir en lui, il nicha sa tête toute contre son oreille, lui murmurant combien il le rendait fou.

Harry en devenait fou également. Fou des sensations que cet homme lui faisait ressentir. Fou de l'absolue intimité qu'il était parvenu à donner à leur étreinte.

Draco se pencha encore pour attraper les lèvres de Harry qui se contorsionna pour lui donner satisfaction. C'était fort, puissant. A tel point qu'ils auraient pu jouir tous les deux à l'instant. Mais Draco voulait autre chose.

Il se retira pour replacer le brun sur le dos et il sourit en entendant le grognement de frustration poussé par Harry. Il ne le fit pas attendre inutilement, lui-même était au bord de la rupture, et il s'empala sur lui avec force.

Harry ne s'y attendait absolument pas et son souffle se bloqua dans sa poitrine.

- Draco…

- Je te veux.

Malefoy bascula alors sur le dos en emportant Harry avec lui.

Le brun remua les hanches pour s'enfoncer plus profondément à l'intérieur de Draco, occasionnant à ce dernier une décharge de plaisir qui faillit le faire venir. Harry bougea encore jusqu'à trouver le bon angle et pilonna Draco jusqu'à la garde, touchant brutalement le centre de son plaisir. Le blond arqua le dos et émit un son d'une telle charge érotique, qu'Harry en frémit des pieds à la tête.

Il n'a jamais rien connu de tel et il se disait confusément que rien ne pourrait jamais être meilleur.

Mais à ce moment-là, Draco l'attira à lui et l'embrassa. Et ce fut meilleur encore…

Harry gémit dans la bouche de Draco, s'accrochant à son cou, décuplant le rythme de ses coups de rein. Draco prit possession de son membre en lui imprimant le même mouvement et il jouit avec une telle force qu'il en pleura.

Les larmes du blond eurent raison de Harry qui sombra en un instant dans un abîme de plaisir dont il doutait qu'il ressorte vivant.

Ils se rallongèrent sur le lit, toujours étroitement enlacés, conscients qu'il venait de se passer quelque chose de différent. De terrifiant. Il y avait entre eux désormais ce petit supplément d'âme qui pouvait les combler mais aussi les détruire.

Ils avaient fait l'amour. Tout simplement.

Ils s'endormirent, heureux.

Heureux d'avoir été, le temps d'une journée d'insouciance, des hommes ordinaires.

A suivre...