Sorry pour le retard, j'ai eu beaucoup d'inspiration pour mes autres fics. Mais je continue, pas de stress. On respire. Mais n'hésitez pas à me rappeler de venir poster.
Chapitre 10.
Faith POV
Je l'attends. Je sais qu'elle finira par me trouver ici, elle l'a déjà fait une fois. Je sens notre lien se tendre, elle est de retour. Je n'aurai pas à patienter longtemps et je ne me défendrai pas si elle décide de reprendre ce vieux schéma. J'observe les nuages, me perds dans le ciel bleu. Je ferme les yeux et laisse la nature me guider. Je pleure en silence sur mes erreurs.
Il ne lui a pas fallu plus de dix minutes pour me trouver. Elle est là, à côté de moi, je la sens, je l'entends. Je me relève et lui fais face. Je peux voir qu'elle est en colère. C'est tout ce que j'ai le temps de comprendre avant que sa droite ne me propulse à terre. Je suis rapidement sur mes pieds mais je ne riposte pas.
Elle s'assied dans l'herbe, elle râle un peu. Il faut dire que la rosée est toujours présente dans ce coin de forêt, à l'ombre de ce beau chêne. Elle doit être trempée maintenant, un mince sourire se dessine sur mes lèvres à cette pensée. Que je ne peux m'empêcher de verbaliser lorsque je me couche sur le sol.
« Tu es trop humide, B. ? On peut arranger ça, si tu veux. »
Elle ne répond pas, seul un soupir s'échappe de ces lèvres que j'imagine crispées et tendues. J'ouvre les yeux un peu radoucie et me tourne vers elle. Dieu qu'elle est belle, assise ainsi. Elle a ramené ses jambes contre sa poitrine et son regard se perd dans l'horizon lointain. Elle s'est changée depuis la dernière fois et l'ensemble bleu qu'elle porte met ses cheveux blonds en valeur. Son chemisier remonte un peu sur son ventre et découvre sa peau que j'imagine si douce et délicate. Un frisson de désir me parcourt et je m'efforce de le réprimer. Mes yeux continuent de la détailler jusqu'à ce que je sente son attention sur moi. Alors, je cherche à croiser son regard et je me perds dans cet océan vert. Dieu que ses yeux m'entrainent loin d'ici. Il faut que je parle sinon je n'en serai bientôt plus capable.
Je baisse les yeux et murmure d'une voix rauque presqu'inaudible :
« J'ai fait beaucoup d'erreurs, je suis désolée. »
« Pas moi. »
J'attends la suite en jouant avec un brin d'herbe. Avant, je n'avais pas cette patience, maintenant, je me contrôle. Même si ça reste délicat quand je suis surprise comme maintenant.
« Raconte-moi ce que tu as fait depuis. »
Sa voix sonne comme un ordre alors je m'assois en lui tournant le dos et je commence à parler.
« J'ai suivi le conseil de Willow et j'ai été rencontré les sorcières en Angleterre. Ensemble, elles ont réussi à mettre des freins sur ma force. Je suis restée six mois là-bas à apprendre à la contrôler et à me contrôler. Et puis, un jour, elles m'ont dit qu'elles n'avaient plus rien à m'apprendre alors je suis partie. J'ai voyagé comme je le faisais avant … »
Le silence s'est installé après mes derniers mots. Je sens son regard entre mes omoplates qui juge si je mens ou non. Puis elle a reprend la parole et pose la seule question que j'espèrerai qu'elle ne demanderait pas :
« Pourquoi Willow a dit que ça te tuait ? »
« Parce que c'est le cas. »
Je n'ai pas vraiment répondu à la question, je le sais. Il n'y a pas vraiment de réponse à donner, je ne veux pas l'accabler un peu plus.
« Réponds. »
Sa voix est décidée, presqu'en colère. Je tente malgré tout une plaisanterie pour la détourner de la vraie raison.
« Hé, je suis une Tueuse aussi. Je prends de l'âge alors ma date d'expiration arrive. C'est tout. C'était une blague entre nous. »
Bizarrement, ça marche. Mais je n'ai pas le temps de m'interroger sur ce fait inhabituel. Je la sens se rapprocher de moi et s'asseoir contre mon dos. Ses bras m'entourent l'estomac, non sans avoir écarté mes cheveux pour poser sa tête sur mon épaule. Je m'appuie contre elle, le seul mouvement que je peux encore faire et recouvre ses mains avec les miennes. Le temps s'est arrêté pour moi. Son souffle fait frissonner mon cou. Délicatement, elle prend mes poignets et les amène dans mon dos. Pour une fois que je ne suis pas l'agresseur, me voilà sans défense, je le sais mais ça ne me dérange pas. J'ai envie de la regarder mais elle m'en empêche avec sa main restée libre. On reste de longues minutes avant qu'elle ne reprenne la parole.
« Que ferais-tu pour moi ? »
Plus que me surprendre, la question me déstabilise complètement. J'ai envie de répondre que je ferai n'importe quoi pour elle mais je suis arrêtée dans mon élan par ma raison. Dieu, elle ne cessera jamais de me prendre au dépourvu. Je m'agite un peu mais elle resserre légèrement sa prise autour de moi. Cela me calme et je lui réponds.
« Je savais que tu me voulais, » répondis-je. Seul sarcasme qui me vint à l'esprit alors.
« Tu n'as pas répondu … encore, » constate-t-elle agacée.
« Précise ta question alors, » ais-je répliqué du tac au tac.
Elle ne riposte pas mais son corps se tend et je sens son cœur s'accélérer. Je reconnais les signes. Ca n'augure rien de bon pour moi. Mais elle ne dit rien, elle se contente de me lâcher et de se relever. Elle enlève les quelques brins d'herbe qui se sont accrochés à son pantalon puis elle part sans un mot.
« Merde. »
Je me lève et cours après elle. Je la rattrape et lui saisis un bras pour l'empêcher de partir plus loin. J'y mets une partie de ma nouvelle force donc je sais qu'elle n'a pas le choix. Je suis la plus forte pour le moment et pourtant elle contrôle toujours le jeu. J'essaie de croiser son regard mais n'y parvins pas. Son corps est tendu, elle attend simplement que je la laisse aller, alors je la lâche. Je ne peux pas la retenir ainsi. Elle repart sans un mot bien que plus lentement cette fois-ci.
« Tout. » Ce n'est qu'un murmure qui s'échappe de moi mais je vois à la façon dont ses épaules se tendent qu'elle l'a entendu. Elle s'arrête. Dieu qu'elle est belle avec ce soleil qui fait briller ses longs cheveux d'or. Je m'arrache à cette contemplation et m'avance. Je parcours rapidement les quelques pas qui nous séparent en précisant :
« Pour toi, tout. J'ai beaucoup trop de choses à me faire pardonner. » En parlant, je pense aux faux souvenirs que Willow a donnés au groupe. Mon départ, les raisons, tout pour éloigner B. de moi mais c'est ce qui nous rapproche aujourd'hui. Je la vois qui se détend visiblement. On est proche, j'aimerai la prendre dans mes bras, l'embrasser mais je lui laisse le choix. Je veux que ça soit sa décision, qu'elle ne regrette rien par après.
« Tu sais qu'on va devoir parler. »
« Je sais. » acquiesce-je. Dans ma voix, il y a de l'espoir.
« Ok, on se donnera une chance après. »
