Yo ! Oui, vous ne rêvez pas, voici le nouveau chapitre ! Et le dernier. Le prochain sera l'épilogue. Eh oui, c'est déjà fini ! Ca passe vite, une année scolaire...
Mais bref. Voici les réponses aux reviews !
Salut Mlle Aline ! Oui, la retenue après l'incendie du dortoir aurait été fun à écrire. Avec toute la bande obligée de récurer le sol d'une classe et McGonagall qui les fusille du regard xD Mais bon, voilà, j'ai préféré écrire du grand n'importe quoi x) Et du coup on a donc un furet marteau et Kathleen qui saute d'une fenêtre ! Avoue, c'était pliant xD
Yo Automne ! Oui, mes fics se font toujours des clins d'oeils xD "Quelques Faits", "Renouveau" et "Polydipsie" ne sont pas dans le même univers mais se croisent et s'entrecroisent quand même... Et oui, Kath va réussir à faire de Rogue son mentor, mais elle aura quitté Poudlard (même en tant qu'assistante) avant que la promo d'Harry n'arrive. Dommage, c'ets vrai. La voir face à Neville aurait été pliant xD Bref. Oui, Kath vit en concubinage avec une squatteuse x) Oui, j'ai replacé Drisana ! Bah quoi, elle est cool. Une vraie marmotte. Mon idole. Et sinon, oui, cette bande de tarés est vraiment... Complètement cinglée xD BREF ! L'idée de l'avion volé était trop tordante pour que je résiste à l'y mettre xD Et Noreille le lapin vient de ma fic sur Supernatural. Il appartient à une sorcière alors... Voilà. Et puis, moi aussi j'ai un lapin, donc c'était un clin d'oeil à mon petit Attila-le-lapinou xD Je suis contente que l'histoire de José te plaise, tiens xDDDD Lucas est aro-ace. Aromantique (pas d'attraction romantique) et asexuel (pas d'attraction sexuelle). Delmar est bisexuel, Cassie est demisexuelle, et Kath... J'ai pas encore décidé, pour l'instant elle est hétéro, peut-être pansexuelle ? Mais bon, la sexualité c'est fluide, donc c'est pas exclu que ça change ! Mais bref. Oui Kathleen a une technique de Quidditch assez intéressante xD Et oui, Delmar veut sauter Eveline ! Réussira-t-il ? La réponse au prochain épisode x)
Hello Titietrominet ! Mon frère ets surnommé "Titi" aussi xD Mais bon, on s'en fout. Contente que les répliques te fasse rire ! Moi aussi, en me relisant je suis parfois pliée. La narration, ça peut être drôle, mais c'est les dialogues qui donnent tout le piquant à une scène. C'est pour ça que j'adore en particulier écrire les dialogues entre Cassie et Kathleen, à chaque fois elles partent vachement loin xD Lucas reste souvent seul dans son délire, il monologue plus qu'autre chose, et Delmar... Lui son truc c'est faire le con, pas bavasser xD
Salut Mayoune ! Non, les animaux de compagnie vont être interdits à partir de l'année suivante (parce que sinon, plein d'élèves devraient se séparer de leurs animaux en cours d'année, et bonjour le bordel pour les renvoyer chez eux). Donc Magnum sera hors-la-loi à partir de l'année d'après... La première année de Cédric, du coup. Dommage, Cédric aurait fait un malheur avec un furet x) En revanche, le rat de Percy (qui sera le rat de Ron) est définitivement hors la loi durant la saga des livres...
Yo Imthebest ! Oui, McGo se fait attaquer par une meute de bestioles x) Ce qui me donne une raison pour mettre en place le règlement stupide à propos des animaux de compagnie de Poudlard. Surtout que lorsque Harry reçoit ce règlement, il lit bien "Un chat OU une chouette OU un crapaud", apparemment le "UN SEUL ANIMAL ET PAS N'IMPORTE QUOI" est très lourdement impliqué, alors je me dis que ça doit relever d'un traumatisme subit par notre Sous-directrice préférée xD
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Ah, cette fic va me manquer terriblement. J'ai rarement autant rit en écrivant une histoire. C'est rare que je m'adonne à la "crack-fic" pure, sans vraie intrigue, juste du rire. Polydipsie est une exception. Et cette poussée d'inspi que j'avais eut ! Fantastique. J'ai écrit toute la fic en moins de deux mois, vous réalisez ?
Bref. Voilà le chapitre !
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Juin
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Mercredi 1er juin 1988, salle commune de Gryffondor.
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Delmar réprima un lourd bâillement (qui lui attira au moins cinq regards meurtrier de la part de ses camarades plongés dans leurs révisions) puis reporta son attention sur son bouquin de Sortilèges. En face de lui, vautrée sur un canapé rouge aux couleurs passées, Kathleen relisait ses leçons d'Alchimie d'un air concentré. Delmar bâilla à nouveau, et Michael Gray lui lança un regard agacé :
– On t'ennuie pas trop ?
– Il préfèrerait draguer Lauren Pattison, l'informa négligemment Kathleen.
– Je suis sûr d'avoir toutes mes chances ! protesta Delmar.
C'est que bosser, ça allait bien cinq minutes, mais il fallait se détendre. Et comment mieux se détendre qu'en ayant un peu de fun dans un placard à balais, hein ? Et ça valait tout spécialement pour les Serdaigle. Pauvre Lauren, elle était si tendue. Hier il lui avait proposé un massage, et elle avait littéralement ronronné. Et puis quand ils avaient révisé ensemble, elle avait passé un bon quart d'heure à lui caresser la cuisse (du coup Delmar n'avait pas retenu un mot de ce qu'il était supposé lire…). Bref, autant dire que l'étape du placard à balai se rapprochait à vitesse grand V.
– Rêve toujours, se moqua Kathleen en lui lançant un coussin.
Et comme Delmar ne s'y attendait pas, il se le prit en pleine face, sous les rires de ses camardes Gryffondor. Olivia Scamander fit quand même un vaillant effort pour faire passer ça pour une toux, mais ses yeux pétillants d'amusement la trahissaient.
– Tu ne peux pas museler la vérité, fit dignement l'hindou en ôtant le coussin de sa tête.
– Je suis tentée de te museler toi, grommela la Poufsouffle.
L'occasion était trop belle et Delmar esquissa un sourire paillard, remuant les sourcils d'un air suggestif :
– Ooooh, on en apprend des choses aujourd'hui…
Et bon, Kathleen n'avait pas exactement l'esprit pur et virginal mais elle mit quand même cinq bonnes secondes à percuter ce qu'il voulait dire. Elle rougit violemment (Michael Gray riait tellement fort qu'il tomba de son fauteuil), puis rétorqua en lui lançant un deuxième coussin :
– Ne déforme pas mes mots !
– Mais j'ai rien dit de négatif, protesta Delmar en riant.
– Tes pensées perverses contaminent même une conversation innocente !
– Un conversation innocente au sujet d'une muselière ? fit l'hindou d'un ton sceptique.
Du coup Kathleen lui balança un deuxième coussin à la gueule :
– Retourne discuter de tes problèmes d'érection avec McGonagall toi !
Han le coup en traître !
– Hey ! C'EST DE LA MÉDISANCE ! Ne l'écoutez pas les mecs !
– On est de tous cœur avec toi, le rassura Adrien Tofty d'un ton narquois. Tu passes beaucoup trop de temps à tringler tout ce qui a une jupe dans les placards à balais de cette école pour que ta tuyauterie soit défectueuse.
– Comment vous pouvez savoir que c'est dans les placards à balais ? se récria Delmar.
Et lui qui pensait que ce genre d'endroit était hors de danger et que personne n'y penserait ! C'est vrai qu'à la base, c'était étroit, encombré et souvent poussiéreux, alors les gens n'imaginaient pas trop qu'on puisse y faire des galipettes. Mais Michael lui lança un regard navré :
– Ça va faire trois ans que Rusard se plaint de retrouver l'intérieur de ses placards transfigurés en lit-cabines avec des draps en velours et des bougies parfumées, je crois que personne n'ignore ce qui s'y passe…
Delmar marqua un temps d'arrêt et rougit sous son hâle, puis répondit dignement :
– Au moins j'exploite avantageusement mon talent en Métamorphose.
– Tu penses vraiment qu'avec ta queue, railla Adrien.
Olivia retint un gloussement et fit mine de ne pas avoir entendu. Kathleen, elle, prit un air songeur et se frotta pensivement le menton :
– Ça semble être un truc récurrent chez les mecs… C'est si bien d'avoir un pénis ?
Michael s'étrangla, mais Delmar garda un visage complètement impassible :
– Ça a ses hauts et ses bas.
Adrien réprima un hululement de rire et, se prenant au jeu, rajouta avec un caquètement hilare :
– Parfois c'est un peu dur.
– Et ça fait parfois mal au cul, rajouta Kyle d'un air complètement sérieux.
Ce fut le coup de grâce : Olivia hennit de rire et s'écroula sur son livre de Potions, incapable de s'arrêter de rigoler, et les trois autres garçons se mirent à ricaner comme des idiots. Delmar, lui, marqua un temps d'arrêt. C'était pas un truc dont il était au courant, ça ! Et pourtant, il dormait dans le même dortoir que Kyle depuis sept ans pourtant… Du coup il se pencha vers lui d'un air intéressé :
– Je savais pas que tu étais dans ce genre de…
– Positions ? suggéra innocemment Kathleen (avant de repartir promptement dans son fou-rire).
Kyle haussa les épaules d'un air dégagé :
– Je suis discret.
– Mais on est dans la même classe depuis sept ans ! s'insurgea l'hindou.
Et dire qu'il était passé à côté de cette info capitale ! Ça changeait complètement les choses. Delmar ne put s'empêcher de jauger Kyle d'un bref regard. Grand, mince, les cheveux blond foncé, le nez retroussé, des traits droits et un front large, des yeux noisette amusés…
– Tu me mates ? s'amusa Kyle.
Pris sur le fait, Delmar se pétrifia. Il ne se gênait habituellement pas pour brandir sa réputation de chaud lapin comme un étendard quand il s'agissait des filles, mais avec les mecs… C'était autre chose.
– Pas du tout, mentit-il avec véhémence. Je me demandais pourquoi tu m'as jamais fait d'avance alors que je suis le plus beau du dortoir.
– Je préfère les blonds, fit Kyle sans se dégonfler.
– Et moi je le savais, fit malicieusement Kathleen.
Du coup l'hindou se retourna vers elle en affectant un air trahi :
– Et tu m'as rien dit ?! Comment t'as pu me faire ça ? Je pensais qu'on était amis !
– Moi aussi ça m'arrive de penser ça, se moqua la Poufsouffle. Puis tu ouvres ta grande gueule et l'illusion est dissipée. Je le sais parce que Cassie a fait signer une pétition pour organiser une Gay Pride et que Kyle et elle en ont longuement discuté en m'ignorant alors que j'étais assise à la même table.
– Ah oui, j'ai signé ce truc, se rappela Delmar.
Du coup Kyle le regarda avec intérêt :
– Tu supporte les droits des gays, tu es gay alors ?
– Je supporte aussi les droits des animaux, mais est-ce que j'ai l'air d'être un putain d'alpaca ? rétorqua l'hindou.
Evidemment ça eut pour effet de renvoyer Michael Gray dans son fou-rire, tandis que Kathleen secouait la tête avec amusement.
– Delmar, révise au lieu de baver sur le corps de rêve de McGregor !
– Aw, tu penses que j'ai un corps de rêve ? s'intéressa Kyle en se tournant vers la Poufsouffle.
Delmar s'affaissa de soulagement lorsque l'attention générale se détourna de lui. Il n'avait pas honte d'être attiré par les mecs, non. Mais c'était dingue ça, c'était quoi cette manie des gens de vouloir croire qu'il était gay ? Il n'était pas. Gay. Point final !
Et non, contrairement à ce qu'insinuaient parfois ses amis avec la subtilité d'une bêche en pleine figure, il n'avait pas honte. Il était un Gryffondor, que diable ! La honte, ça lui était complètement inconnu. Il n'avait pas honte de son sang Moldu, il n'avait pas honte de la couleur de sa peau, il n'avait pas honte de sa culture ou de sa religion, toutes ces choses qui le rendaient différent. Alors pourquoi aurait-il eut honte de copuler comme un lapin avec la gent masculine quand un beau spécimen attirait son attention, hein ? Non, il n'avait pas honte de ce qu'il était, de qui il était.
Mais quelque part, ça le rendait inconfortable de penser que les gens puissent savoir, le juger. Ce n'était pas aussi mal vu chez les sorciers que chez les Moldus, certes. Quand certains sorciers baisaient avec des Vélanes, des loups-garous, des vampires, c'était pas un peu de tango horizontal avec un individu de même sexe qui allait leur faire pousser de hauts cris. Mais quand même, la plupart des gens haussaient un sourcil incrédule et changeaient de regard quand ils apprenaient que leur interlocuteur n'était pas à cent pour cent hétérosexuel.
Et puis, il y avait sa famille. Bon, ce n'était pas comme s'il leur parlait souvent de sa vie chez les sorciers. Mais de temps en temps, il leur parlait des filles qu'il avait rencontrées, de ses amis et de leurs frasques, de ce qu'il mangeait à midi. Mais il ne leur parlait jamais des garçons. Ses parents étaient du genre traditionnel et il avait peur de leur réaction.
– Delmar ! le tança Kathleen. J'ai dit au boulot ! Non mais je rêve, tu comptes les avoir ces ASPICS ou pas, feignasse ?
– Non mais quelle tyrannie, j'vous jure, fit mine de se plaindre le Gryffondor en se replongeant dans son manuel.
– Je te ferai pas chier si tu mettais un peu de cœur dans tes révisions, rétorqua la Poufsouffle. A quoi tu penses encore, à Lauren ?
– Ça ne te regarde pas, fit dignement son ami indien.
– Si tu te tape une amie de Higg, ça me regarde. Tu pactise avec l'ennemi !
– Lauren n'est pas amie avec Higg. A vrai dire je pense que personne n'est ami avec Higg. Et puis tu peux toujours parler, toi, t'avais pas couché avec Victor Hogson ? Et c'est lui le partenaire de Wilkes en Sortilèges et en Potions !
Et c'était surtout le fournisseur d'alcool et de substances illégales des Serdaigle, ce que Delmar préféra ne pas mentionner. Mais Kathleen, loin de protester, se contenter de hausser les épaules :
– Non, c'était une rumeur.
– Et tu ne l'as pas démentie ? fit Olivia Scamander d'un ton suspicieux.
La Poufsouffle leva les yeux au ciel, posa le livre qu'elle lisait, et fixa la Gryffondor droit dans les yeux avant de déclarer :
– Si un mec répand un jour une rumeur comme quoi il a couché avec toi, la nier ne sert à rien. Déjà parce qu'il y aura toujours des idiots pour y croire, et ensuite parce que ce crétin vient de te donner le pouvoir de dire absolument tout ce que tu veux sur comment il est au lit. Tu peux dire qu'il bêle comme une chèvre, qu'il a voulu porter des boucles d'oreilles en perle et a insisté pour que tu l'appelle Daisy ! Déchaîne-toi. Le pouvoir t'appartient. Du coup, non, je n'ai pas démentit la rumeur débile de Victor. En revanche, il est pas près de perdre sa virginité maintenant, étant donné que tout le château pense qu'il ne peut bander qu'après avoir reniflé les chaussons de Dumbledore qu'il conserve religieusement sous son oreiller.
Delmar sourit jusqu'aux oreilles, tandis qu'Olivia clignait des yeux d'un air ahuri et que Kyle et Adrien hennissait de rire. Kathleen esquissa un sourire en coin puis, voyant que son ami hindou ne s'était toujours pas remis à travailler, elle se tourna vers Michael Gray qui gloussait plus ou moins discrètement et lui demanda d'un ton aimable :
– Michael, j'ai plus de coussins, tu peux en envoyer un dans la gueule de Delmar ?
– Hey… !
Mais toute protestation de l'hindou fut étouffée quand Michael, le traître, obéit avec allégresse à la jeune Diggory et abattit sur son crâne le plus épais des coussins du canapé.
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Jeudi 9 juin 1988, salle de cours, troisième étage.
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Cassie fit nerveusement passer son poids d'un pied sur l'autre. Comme tous les autres élèves, elle attendait son tour devant la salle de classe où aurait lieu l'examen pratique de Défense Contre les Forces du en jetant un œil à ses camardes qui se rongeaient les ongles, la petite Serpentard regretta la présence de Kathleen : celle-ci était passé quelques minutes plus tôt, et devait être sortie par une autre porte, mais la Serpentard aurait donné n'importe quoi pour entendre son amie lancer une blague à la con pour détendre l'atmosphère.
En plus Cassie avait mal dormi cette nuit. Pour une fois, elle n'avait pas été réveillée par le froid, mais par la chaleur ! Parce que comme une andouille, elle s'était dit que la nuit allait être fraîche, alors elle avait décidé de dormir avec un gros pull trois fois trop grand piqué à Delmar. Et bon, dormir avec un pull trop grand a l'air d'être une bonne idée, jusqu'à ce qu'il soit deux heures du matin et que tu aies l'impression de prendre un bain avec Satan.
Bref.
Du coup Cassie avait mal dormi, elle stressait, elle était pas sûre d'elle concernant l'épreuve théorique de ce matin, et en plus elle angoissait à mort pour l'examen imminent.
A côté d'elle, Delmar se récitait des formules à mi-voix, les yeux fermés. Lucas, lui, relisait ses notes d'un air absent mais était fréquemment interrompu par de lourds bâillements. Il avait découvert un bouquin sur l'impact de la Seconde Guerre Mondiale chez les sorciers allemands et y avait passé la nuit : résultat, il tenait à peine debout.
– Fais gaffe à pas enflammer ton examinateur, ne peut-elle s'empêcher de lui dire d'un air moqueur.
En examen de Sortilèges, Lucas était tombé sur les Sorts de Feu, et il avait été décidément très enthousiaste, au point de faire complètement flipper son examinatrice.
– Je contiens admirablement mes tendances à la pyromanie ! protesta le Serdaigle.
– Pas quand tu pionces à moitié. T'aurais dû dormir la nuit dernière !
Son ami esquissa une grimace, sachant que Cassie n'avait pas tout à fait tort :
– C'est vrai que les bénéfices du sommeil sont un peu trop sous-estimés.
– Voilà ! fit joyeusement Cassie en lui tapant dans le dos. Dormir c'est cool parce que tu n'es pas mort mais tu n'est pas réveillé non plus, c'est gagnant-gagnant.
– C'est comme être mort mais sans l'engagement permanent ? tenta Lucas.
– Un partenariat libre avec la mort, confirma Cassie. Je dirais même plus : un coup de tous les soirs.
Anthony Higg leur lança un regard noir depuis le pan de mur où il était appuyé et relisait frénétiquement ses notes :
– Vous allez la boucler oui ?
Du coup ça fit rouvrir les yeux à Delmar, qui s'apprêtait sans doute à voler au secours de ses amis et à dire à Higg d'aller se jeter par une fenêtre s'il voulait tant que ça du silence, mais ce fut justement le moment que choit la porte de la classe pour s'ouvrir. Un examinateur avec une liste passa dans le couloir, et appela tout déchiffrant son parchemin d'un air concentré :
– Heart, Eveline. Higg, Anthony. Hirapati, Delmar. Hogson, Victor. Jorkins, Cassie.
Lucas donna une tape encourageante sur l'épaule de Cassie, et elle entra dans la salle en se mordillant nerveusement la lèvre. Delmar se tenait très droit (il devait viser l'Optimal pour entrer chez les Aurors) et la petite Serpentard essaya de ne pas le regarder parce que rien que de l'avoir dans son champ de vision ça la rendait nerveuse. L'examinateur qui l'avait appelée lui jeta un coup d'œil avant de lui désigner le fond de la classe :
– Jorkins ? Le professeur Marchebank est libre.
Ah c'était bien sa veine ! Griselda Marchebank était la présidente des examinateurs, Lucas le leur avait dit quand ils l'avaient croisé dans les couloirs avant le début des examens. Et jusque là, Cassie avait réussi à ne jamais tombé sur cette examinatrice…
Ce qui était plutôt un coup de bol. Lundi, en Sortilèges, elle avait fait tripler de taille son araignée au lieu de la rendre jaune fluo : mardi, en Métamorphose, sa chaise transfigurée était bancale et elle s'était enfoncée trois échardes dans le croupion rien qu'en s'asseyant dessus : et hier en Botanique, elle avait accidentellement empoisonné sa Tentacula Vénéneuse et s'était fait attaquer par un chou mordeur. On était même pas vendredi et déjà elle devait être la risée de tous les examinateurs !
Bon d'un autre côté, ces pauvres gars devaient pas rigoler tous les quatre samedi avec leur job de merde. Aller faire suer de pauvres élèves incompétents, tu parle d'un métier ! Quel tordu voudrait faire ça de sa vie ?
… Mis à part McGonagall, qui semblait y trouver une sorte de plaisir pervers. Certes.
Et la vieille Marchebank n'avait pas l'air aussi sadique que McGo, constata Cassie en s'approchant. Elle était ridée, rabougrie et avait les cheveux très blancs et très frisés, mais elle n'avait pas le regard de la Mort Qui Tue et arborait au contraire un air presque gentil ! Ce qui n'empêcha pas bien sûr la petite Serpentard de sourire d'un air tellement crispé qu'on aurait dit qu'elle souffrait d'une crise de constipation.
– Bonjour, couina-t-elle d'une voix aigue.
– Bonjour, sourit aimablement Marchebank. Cassie Jorkins ?
– Voui, bredouilla Cassie.
Oh là là, et si elle crevait accidentellement un œil à la vieille avec un sortilège de Défense ? Non mais parce qu'elle en était bien capable en plus ! Elle aurait du écouter Graham davantage au lieu de mater ses fesses !
– Avant de commencer cette épreuve, j'ai été informée que votre enseignant vous a incité à pratiquer le Patronus… Vous en êtes capable ?
Cassie ouvrit la bouche, puis son regard accrocha la silhouette de Delmar qui discutait avec son examinateur d'un air sérieux, et elle changea son approche :
– On n'a eut qu'une seule leçon, mais oui, les cours de Delmar nous ont permis à presque tous d'y parvenir.
– Delmar, répéta Marchebank.
– Delmar Hirapati, précisa Cassie d'un air innocent en désignant son ami. L'élève le plus brillant de notre année ? Il est le meilleur en Défense, et il a organisé des groupes de soutien pour qu'on arrive à le suivre. Mais, euh, je suis douée aussi, je veux dire, bien sûr que j'y serai arrivée seule…
Et tandis qu'elle faisait semblant de se défendre maladroitement, Cassie vit avec jubilation Marchebank poser un regard songeur sur Delmar, et noter quelque chose sur son carnet. Puis le regard de l'examinatrice revint vers elle :
– Eh bien, si vous pouvez produire un Patronus, je vous demanderai une démonstration.
Cassie leva sa baguette, pensa aux cartes et aux Runes et aux arcanes de l'avenir qu'elle démêlait sous ses doigts, au sentiment de victoire et à la chaleur du sourire de Kathleen quand elle lui parlait de ses pétitions, aux plaisanteries d'Elijah, au public qui hurlait d'allégresse quand Delmar marquait et que Lucas commentait, et elle s'écria :
– ExpectoPatronum !
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– Alors, comment ça s'est passé pour toi ? lui demanda Delmar dès qu'ils quittèrent la salle d'examen.
– Pas trop mal, mon Patronus m'a sans doute gagné des points, fit modestement Cassie.
Bon, elle avait foiré sa démonstration du Stupéfix et elle s'était trompé dans sa réponse quant à la meilleure façon de faire face à un kelpie, mais elle estimait qu'elle s'était était plutôt bien sortie. Marcheban avait l'air satisfaite quand elle l'avait laissée filée. Penser à son examinatrice lui rappela soudain un truc :
– Au fait, lâcha-t-elle en donnant un coup de coude au Gryffondor. J'ai dit à mon examinatrice que c'était toi qui avait organisé les leçons de Patronus.
– Mais c'était Kathleen ! protesta l'hindou.
– Elle s'en fout, rétorqua la petite brune. Toi, en revanche, ça te ferait pas de mal de marquer des points avec la présidente des examinateurs. Donc l'histoire, c'est que tu es le meilleur en défense, ce qui est vrai, et que du coup tu as organisé des leçons, ce qui à partir de maintenant sera considéré comme vrai aussi. Et tu vas te tenir à cette version, capiche ?
– … Capiche. Et euh, merci. Mais tu sais, t'avais pas besoin de faire ça…
Cassie haussa les épaules et esquissa un sourire en coin :
– C'est vrai que ton Patronus était éblouissant.
Delmar avait produit de loin le plus beau et le plus aveuglant des Patronus, et il l'avait fait voler autour de la salle avant de le percher sur sa tête, ce qui avait faire rire son examinateur. Autant dire qu'il avait son Optimal dans la poche.
– On va réviser les Runes chez les Poufsouffle ? proposa le Gryffondor.
– T'es pas bien ou quoi ? Vu comment Candela est de mauvaise humeur en période d'examen je vais pas mettre un orteil dans l'antre des blaireaux si je peux l'éviter. Viens, on va chez les Serpentard plutôt !
Du coup Delmar esquissa un large sourire railleur :
– Tu veux guetter le retour d'Elijah ?
– Je suis concernée pour les notes d'un camarade de classe, répondit dignement Cassie.
Delmar ne put retenir un gloussement :
– C'est vrai que vu comment il glande, ça m'étonnerai pas qu'il rate son année.
– Ah non, il a pas le droit de me faire ça ! protesta Cassie. Parce qu'il est pas question que je redouble moi aussi pour lui tenir la patte !
– Tu tiens trop à ton avenir professionnel ? hasarda le Gryffondor.
– Non, mais il est pas question que je me tape Rogue un an de plus. Ce mec me fait flipper.
– Vu que Kathleen fera son apprentissage avec lui, elle sera aussi à Poudlard l'année prochaine, la taquina Delmar. Peut-être qu'elle te donnera des cours de rattrapage en Potions.
– Oh non, ça ruinerait notre amitié pour de bon.
Le Gryffondor et la Serpentard échangèrent un regard hilare. Cassie était vraiment un cas désespéré en Potions. Cette matière n'arriverait jamais à retenir son intérêt assez longtemps, elle perdait toujours le fil de la réaction et de la recette au bout d'un moment… Et en conséquences, ses préparations avaient toujours eut une fâcheuse tendance à lui exploser à la gueule. Delmar était bien placé pour le savoir, vu qu'il avait été son partenaire dans la classe de Rogue jusqu'aux BUSES.
– En parlant de Runes, lança Delmar tandis qu'ils prenaient le chemin des cachots. Tu peux pas tenter un coup de Divination avec tes bâtonnets pour savoir quels sujets vont tomber demain ?
– La xylomancie ne marche que sur le court terme, lui rappela Cassie. Mais c'est pas con comme idée, demain à la première heure j'interroge le destin pour savoir sur quoi on va tomber au cours de la journée.
– Ca nous laissera pas beaucoup de temps pour réviser…
–Bah c'est pas pour rien qu'on appelle ça des révisions de dernière minute !
Delmar roula des yeux, puis demanda avec curiosité :
– Et t'as pas pensé à utiliser la Divination pour deviner les sujets d'examens cette semaine ? Si j'étais douée comme toi avec les cartes et la boule de cristal, j'aurais fait ça pour toutes les matières !
Ils étaient arrivés au rez-de-chaussée, et ils passèrent sur la pointe des pieds devant les portes de la Grande Salle, fermées et barrées d'un panneau incitant au silence. Les cinquièmes années étaient en train de passer leur épreuve théorique de Défense, et Delmar eut une pensée émue pour Maxime Adler, leur ami de Serpentard en cinquième année. Cette matière n'avait jamais été son fort.
Ce ne fut que quand ils furent parvenus dans les escaliers descendants aux cachots que Cassie lui répondit, l'air de réfléchir à la question :
– La Divination n'est pas très précise, et puis il y a toujours le problème de l'interprétation. Chaque divinateur est biaisé dans son interprétation, parce que c'est totalement subjectif, personnel. J'ai essayé de faire ça pour l'épreuve de lundi, les Sortilèges, et j'ai eut des réponses super-vagues et me laissant penser que j'allais faire une grosse bourde.
– Mais t'as fait une grosse bourde.
– Ta gueule, cette histoire d'araignée était un accident.
Ce qui n'empêcha pas Delmar de se marrer. Voir une araignée de la taille d'un teckel être balancée à travers la salle (oui car Cassie, dans sa panique, avait balancé un Expulso au lieu d'un Evanesco sur la bestiole) ça avait sacrément détendu l'atmosphère.
– Tout un spectacle, fit rêveusement le Gryffondor.
– Pour en revenir au sujet principal ! lui rappela Cassie en lui donnant un coup de coude. Avec la cartomancie, j'ai pas pu savoir sur quel sujet on allait tomber, seulement le résultat que j'aurais, et ça m'a pas avancé des masses. Mais t'as pas tort à propos de la xylomancie… C'est plus précis et peut-être que j'aurais plus de chance avec cette méthode-là.
Delmar hocha la tête puis fronça les sourcils, frappé d'un doute :
– C'est pas de la triche, hein ?
Son amie Serpentard se contenta de lui renvoyer un sourire éclatant :
– En tout cas, c'est marqué nulle part dans les règles.
– … Serpentard, va.
– La flatterie ne te mènera nulle part, espèce de Gryffondor !
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oOoOoOo
Vendredi 17 juin 1988, Grande Salle, rez-de-chaussée de Poudlard.
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L'arrivée soudaine de Maxime Adler, leur ami Serpentard de cinquième année, tira Lucas de sa contemplation mentale des techniques de simplifications en Arithmancie. Kathleen, elle, ne quitta pas des yeux son manuel d'Alchimie, qu'elle compulsait tout en mangeant mécaniquement son omelette aux légumes.
– Youhou, c'est enfin terminé ! s'exclama joyeusement Maxime en se laissant tomber sur le banc des Poufsouffle.
Candela lui lança un regard noir mais les deux semaines des ASPICS l'avaient bien trop fatiguée pour qu'elle se donne la peine de s'énerver à nouveau. Du coup, elle se désintéressa du jeune Serpentard (qui fit un high-five à Cassie) et préféra se tourner vers Lucas : comme l'épreuve d'Arithmancie était cet après-midi, la Préfète-en-Chef et le Serdaigle catastrophique avaient mis leurs différents de côté pour les révisions de dernière minutes.
– Après l'équation, on obtient une suite de nombres premiers si on suit ta méthode !
– Oui, et alors ? fit Lucas en fronçant les sourcils et en cherchant ses notes dans son sac.
Sans parvenir à les retrouver d'ailleurs. Avec sa chance, il les avait sans doute perdues !
– Et alors c'est trop long ! s'exaspéra Candela.
Puis, le prenant sans doute en pitié, elle lui passa son propre livre d'Arithmancie ouvert à la page concernée. Le Serdaigle pointa immédiatement la ligne qui les intéressait, ses pensées étant déjà revenues à leur cheminement antérieur :
– Pas forcément. Tu peux simplifier l'équation avec de la trigonométrie, il suffit d'identifier les trois axes et…
– Je suis bien content de pas avoir fait d'Arithmancie, marmonna Delmar en aparté. Ça a l'air monstrueusement compliqué.
– Franchement je suis pas sûr que les Soins aux Créatures Magiques aient été un meilleur choix, rétorqua Balthazar Greenwood d'un air moqueur.
A l'examen, ils avaient une épreuve impliquant des Crabes de Feu, alors que le professeur Brûlopot leur en avait assez peu parlé. Heureusement que Delmar avait beaucoup lu à ce sujet, parce que sinon il s'en serait très mal tiré… La plupart de ses camarades avaient d'ailleurs lamentablement échoué à cette épreuve.
– La seule personne qui a brillé dans son option c'est moi alors ! fanfaronna Cassie. Je vous jure, c'était trop fastoche.
– C'est probablement la seule matière où tu as brillé, se moqua Ethan Bones.
– Ne sous-estime pas Cassie, fit Lucas d'un ton sentencieux en relevant la tête de ses notes. Elle est passée maître dans l'art d'apprendre un tas de trucs à la dernière minute, de les recracher à l'examen et de tout oublier le lendemain. Elle ne se souvient probablement même plus de ce qu'elle a mis à la question dix-sept de l'épreuve d'Histoire de la Magie, mais hier matin elle m'a récité les noms de vingt-huit rois Gobelins d'une traite ! Pas vrai Kathleen ?
Kathleen cligna des yeux, émergeant avec difficulté de son manuel :
– Il y avait une question dix-sept à l'examen d'Histoire de la Magie ? Non, attend. Il y avait un examen d'Histoire de la Magie ?
Ce matin elle avait passé son épreuve théorique d'Alchimie, et cet après-midi, un examinateur venu spécialement d'Alexandrie allait lui faire passer son examen pratique. Elle était totalement immergée dans cette matière aujourd'hui. C'était presque aussi effrayant que le jour de l'épreuve de Potions, où elle n'avait fait que leur parler d'ingrédients et de temps de cuisson depuis le petit-déjeuner jusqu'au dîner.
– Affligeant, soupira Candela. Bon, Ogden, pour en revenir à la suite de nombres premiers… Moi, ça ne me dis rien cette histoire de trigonométrie, comment tu utilise le cosinus et comment tu le trouves ?
Du coup Lucas replongea dans sa démonstration, gesticulant pour expliquer son idée à grand renfort de schémas tracés dans les airs et de mouvements de bras :
– C'est simple, tu fais un diagramme circulaire que tu divises selon la tendance de ta suite de nombres, tu obtiendras des angles en partant du centre et hop, tu peux en dégager un cosinus et un sinus ! A partir de là tu peux rationaliser ton résultat et simplifier ta suite pour obtenir des proportions et des probabilités à part égales.
Candela hocha pensivement la tête, visualisant la technique, tandis que le reste de la tablée les observaient comme s'ils s'étaient mis à parler chinois. Le calcul de probabilité, ça devenait très vite compliqué chez les sorciers qui avaient tous arrêté leur éducation mathématique au niveau de l'apprentissage des fractions et des divisions…
– Je déduis de ce charabia que tu aborde ton épreuve d'Arithmancie avec confiance ? finit par dire Delmar à Lucas.
Le Serdaigle haussa les épaules :
– Je m'en sortirai, en tous cas.
– T'es optimiste en tous cas, marmonna Candela. Ça sera l'épreuve la plus difficile de toute la semaine, il paraît !
– J'ai pas mal révisé ! se défendit Lucas.
Candela lui lança un regard dubitatif et le Serdaigle croisa les bras, vexé. Juste parce qu'il était membre de la team Canada (qui aurait pu s'appeler la team Catastrophe d'ailleurs) les gens le prenaient souvent pour une feignasse. Ils oubliaient que Cassie était la seule cancre du groupe ! Delmar était l'un des meilleurs élèves de l'école, Kathleen était une surdouée des Potions qui prenaient des cours d'Alchimie en plus de son cursus scolaire, et lui-même était un génie ! Un génie distrait et dont les inventions étaient promptes à la destruction, certes, mais un génie quand même !
– De toute façon l'Arithmancie c'est pas très utile pour faire de la politique, fit remarquer Cassie.
– Aucune matière n'est utile pour faire de la politique, fit Ethan Bones d'un ton sentencieux.
– Même l'Histoire ? tenta Lucas.
– Avec Binns, la seule chose qu'on a appris c'est à faire la sieste !
Les autres grimacèrent, surtout les deux Serpentard présents. Dans leur Maison, ce genre de plaintes était récurrent. Poudlard préparait très mal ses élèves au monde qui les attendait. Il fallait être un Serpentard et se faire un réseau avec de bonnes relations si on voulait faire de la politique et qu'on était pas bien né. Sinon, c'était sans espoir !
– On devrait avoir un club de débat au moins, déclara soudain Caspar Parkinson. Ça nous permettrait de confronter nos idées, nos sources de connaissances, et ça remplacerait sans doute avantageusement l'Histoire.
Du coup les autres le fixèrent avec une certaine surprise, et même Kathleen leva le nez de son bouquin d'Alchimie, haussant les sourcils :
– C'est que t'es pas con, en fait…
Caspar croisa les bras, l'air vexé :
– Qu'est-ce que tu penses que je fais toute la journée, m'asseoir dans mon coffre plein de Gallions et me frotter les mains en songeant à des plans diaboliques ?
– Euh, ouais ? tenta Delmar.
– C'est ce que moi je ferai si j'étais aussi blindée que ta famille en tout cas, pépia joyeusement Cassie.
Les Parkinson étaient odieusement riches et tout le monde le savait. Caspar fronça les sourcils d'un air offensé, ouvrit la bouche pour répliquer…
… Et Chaussette le furet choisit ce moment pour faire son apparition, émergeant du sac de Kathleen et se jetant sur une tranche de bacon qu'Ethan Bones s'apprêtait à croquer. Le Poufsouffle émit un hurlement étranglé et en tomba du banc, tandis que le petit mustélidé filait avec son butin. Balthazar Greenwood, son voisin, s'écroula immédiatement de rire tandis qu'Ethan se redressait d'un air furibard :
– Encore cette saleté de rat !
– De quoi tu as traité Chaussette ? s'insurgea Kathleen en bondissant sur ses pieds.
Autant dire que Caspar et ses suggestions furent promptement oubliés.
– J'en ai marre de cette bestiole ! rétorqua Ethan avec hargne en se mettant debout lui aussi. Elle me pique ma bouffe, elle mène des émeutes animales dans la salle commune, elle attaque les profs ! C'est une catastrophe ! Garde-le enfermé !
– Tu dis juste ça parce qu'il t'a croqué les noisettes un jour, fit la jeune Diggory avec dédain. Il est temps d'oublier, mon vieux.
Lucas retint un fou-rire en voyant Ethan virer au cramoisi, et se tourna vers Candela pour déclarer d'un ton léger :
– C'est mieux qu'un dîner spectacle.
La Préfète-en-Chef lui rendit un regard blasé :
– Tu peux pas contrôler ta troupe de débiles ?
– Ça me ferait de la peine de briser leur spontanéité, déclara nonchalamment Lucas.
Ethan continuait à vitupérer, et Kathleen avait l'air à deux doits de se jeter sur lui pour en découdre. Delmar et Cassie étaient d'ailleurs en train de scander « du sang, du sang ! » et ils furent vite rejoints par Maxime Adler et le reste de leur tablée. Déjà les profs commençaient à regarder dans leur direction (comme pratiquement tous les élèves) et un tic nerveux agitait la paupière gauche de McGonagall.
Lucas s'accouda confortablement sur la table et profita du spectacle.
– Attention Diggory ! menaçait Ethan. T'as pas envie de me provoquer !
– Pas question que j'enferme Chaussette dans le dortoir, espèce de monstre !
– Tu devrais ! C'est un drapeau blanc et tu devrais commencer à l'agiter dès maintenant !
– La seule chose que je vais agiter sera ta tête décapitée au bout d'une pique en face de ta mère qui chiale ! rétorqua Kathleen.
… Wow.
– Doux Merlin, murmura Balthazar qui avait l'air de beaucoup s'amuser. C'est sûr, elle fait pas dans la demi-mesure… Renonce, Ethan, Chaussette n'est pas digne d'une décapitation !
– Du sang ! scandaient Cassie et Delmar. Du sang, du sang !
– Ouais, BATTEZ-VOUS ! beugla Tonks en surgissant de nulle part.
Elle n'était au courant de rien mais c'était sûr, on ne pouvait pas dire qu'elle manquait d'enthousiasme ! Charlie Weasley, qui la suivait et était arrivé avec elle, lança un regard incrédule à son ami Métamorphomage :
– Comme ça, sans poser de questions ?
– Ça rajoute du mystère, rétorqua la Poufsouffle (qui avait les cheveux d'un orange criard aujourd'hui). C'est qui qu'il faut tuer ?
C'est à peu près à ce moment là que Candela en eut marre et elle cogna du poing sur la table, faisant sursauter tout le monde (sauf Lucas qui la guettait du coin de l'œil) et fusillant du regard les deux belligérants en aboyant avec hargne :
– ASSIS VOUS DEUX, ET LA FERME !
Ethan et Kathleen se laissèrent tomber sur leur banc si brusquement que le bois craqua. Delmar et Cassie arrêtèrent tout net leur chant d'incitation à la violence, mais ça n'empêcha pas Candela de se tourner vers eux d'un air menaçant. Cassie émit un couinement haut-perché et plongea derrière son ami hindou, qui se retrouva tout seul face au regard incendiaire de la Préfète-en-Chef.
– Dix points en moins pour Gryffondor, Hirapati ! En fait, c'est dix points en moins pour chaque personne qui a encouragé ces deux abrutis !
Lucas cligna des yeux, pas très sûr de savoir si ça s'appliquait à lui aussi, et du coup il déclara d'un ton un peu incertain :
– J'ai rien fait, non ?
– Et c'est bien ça que je te reproche. Cinq points en moins.
– Hey ! protesta Cassie en émergeant de derrière Delmar. Pourquoi il a un tarif réduit ?
– Et ça sera encore cinq points pour toi, Jorkins.
– DISCRIMINATION ! Je vais faire une pétition, tu vas regretter ça !
Et du coup elle s'en alla à grands pas, emmenant avec elle son assiette pour aller s'asseoir avec les Serpentard et se mettre à parler fort à grand renfort de gestes, sans doute pour leur raconter ce qui venait d'arriver. D'ailleurs Rosier s'était immédiatement mis à se marrer comme un dindon.
Candela, l'air très satisfaite d'elle, parcourut du regard la tablée d'élèves silencieux et désormais soumis à son autorité.
– Des questions ?
– Oui, fit Delmar en levant la main. T'es stressée par les exams ou bien tu as tes règles ? Parce que j'en aie marre de me faire crier dessus, je suis un homme sensible moi.
Candela leva les yeux au ciel :
– Si je devais saigner pour te trouver chiant, je serais anémique. Maintenant, cassez-vous, je veux réviser en paix. Ogden, tu restes.
Lucas, qui avait esquissé un geste pour se lever, se rassit docilement. Bien sûr, ça souleva l'indignation de Kathleen :
– Alors tu chasses tes propres camarades de dortoir mais tu gardes Lucas sous le coude ? Ah ben bravo ! C'est parce qu'il te drague c'est ça ?
– On n'est même pas allés au-delà du premier rendez-vous vu qu'il ne m'a jamais offert de chocolat, fit distraitement Candela en reprenant son manuel d'Arithmancie.
Tiens, oui, c'était vrai ça. D'un autre côté c'était peut-être dû au fait que Lucas avait appris qu'en fait leur belle Préfète hispanique était lesbienne.
– Je le garde juste pour m'aider dans mes révisions, continua Candela. Et c'est ce que tu devrais faire toi aussi.
– Garder Lucas ? répéta Kathleen sans comprendre.
Le Serdaigle en question roula des yeux :
– Réviser, grosse nouille. T'as pas un examen d'Alchimie cet après-midi ?
– Bah, je gère, fit la Poufsouffle blonde en agitant la main d'un air nonchalant. Je vais plutôt finir de manger avec les Serpentard, ça fait longtemps que je n'ai pas emmerdé Rosier.
– Viens pas te plaindre s'il essaie de te noyer dans la purée de carottes ! lui lança Delmar d'un air hilare tandis que Kathleen s'éloignait d'un pas dansant vers la table des verts et argents.
Du coup Lucas haussa un sourcil étonné en direction de l'hindou :
– Tu vas pas avec elle ?
– Oh non, l'assura Delmar. Moi je vais profiter de mon temps libre pour pécho !
Et il se dirigea d'un pas guilleret vers la table des Serdaigle, où il se glissa sur un siège libre à côté de Lauren Pattison. Lucas secoua la tête, indulgent. Ses amis étaient vraiment incorrigibles.
oOoOoOo
Mercredi 22 juin 1988, bord du lac, parc de Poudlard.
.
– Le Quidditch va me manquer, geignit Delmar.
– A moi aussi, soupira Kathleen.
– Moi c'est le poste de commentateur qui va me manquer, fit rêveusement Lucas. Le succès que j'ai eu avec mes commentaires ! Formidable.
Cassie leva le nez de son roman à l'eau de rose et annonça joyeusement :
– En parlant de ça ! L'année prochaine Tonks va demander à être commentatrice.
– Ah ah ! rigola Kathleen. Et il y a une chance que les profs acceptent ça ?
– Oh, McGo pourrait accepter rien que pour énerver Rogue, il la regarde d'un sale œil depuis qu'il a apprit son pari avec Charlie.
Du coup Delmar, qui jusque là était plongé dans la contemplation des nuages, se redressa avec intérêt. Tout était bon pour tromper son ennui ! La semaine post-examen était toujours vide et souvent ennuyeuse : ils n'avaient plus de cours, mais ils ne pouvaient rentrer chez eux que le lundi suivant… A vrai dire Delmar n'était pas certain de pourquoi ils devaient rester à Poudlard cette semaine. Mais d'après Lucas (qui avait lu l'Histoire de Poudlard), ces quelques jours servaient aux profs à préparer puis refaire un examen si l'une des épreuves avait été faussée. Ça n'arrivait jamais, mais bon. Apparemment, pour une fois l'administration scolaire avait préféré faire preuve de prudence.
– Quel pari ? fit l'hindou avec avidité.
– Le but était de toujours garder un visage de marbres quand ils parlaient de Potions durant leurs révisions ensemble à la bibliothèque, expliqua Cassie.
– Je vois pas le problème…
– Eh ben je t'assure que garder un visage de marbre est vachement plus dur quand Tonks ne désigne les cachots que comme "l'Arène Culinaire" ou quand Charlie demande à chaque nouvelle potion si c'est acceptable comme lubrifiant sexuel…
Lucas eut un sourire en coin :
– En tous cas elle me succèderait tout à faire dignement au titre de commentateur !
Kathleen émit un reniflement moqueur :
– C'est vrai qu'à part Cassie, je ne connais personne d'aussi taré.
– … T'as pas sauté par la fenêtre de la classe de Défense, toi ?
– C'était une erreur de jeunesse, j'ai beaucoup changé depuis !
Delmar se vautra dans l'herbe en réprimant un rire. Avec les révisions et les ASPICS, il y avait longtemps qu'ils n'avaient pas eu l'occasion de lézarder au soleil comme ça. Ils n'avaient pas un seul manuel scolaire avec eux. Delmar feuilletait un magazine de Quidditch, qui gisait désormais abandonné sur l'herbe, et Cassie avait emmené un roman à l'eau de rose. Kathleen et Lucas eux, avaient les mains vides et bronzaient sans autre distraction. Ça faisait un bail que ça n'avait pas été aussi calme, avec juste eux quatre.
D'ailleurs…
– Les examens des autres ne sont pas encore finis ? lança Delmar.
Caser les BUSES et les ASPICS sur deux semaines étaient possibles, mais les examens des autres années s'étendaient sur une période un peu plus longue. Ils avaient un nombre limité de profs après tout.
Kathleen tira sa montre à gousset de sa poche, sans faire attention au regard railleur qu'échangèrent Cassie et Delmar à ce geste. Les montres à gousset, c'était un truc de Sang-Pur tellement vieillot.
– Ils devraient avoir fini, déclara la Poufsouffle blonde en consultant l'heure. Ils savent où on est au moins ? Parce que sinon, ils sont pas près de nous retrouver !
Ils étaient dans un coin parfait, au soleil et au calme, mais un immense saule pleureur les cachait du château. C'était une excellente cachette, trouvée par Delmar deux ans plus tôt quand il cherchait des coins tranquilles pour, euh, bavarder avec de charmantes demoiselles.
Oui, il avait carrément amené ses amis dans son baisodrome. Voilà.
Mais il n'avait guère de raison de s'inquiéter, car une voix joyeuse et indubitablement familière se fit entendre derrière eux :
– Je savais bien qu'on vous trouverait en train de glander !
Brenda Rain se laissa tomber sur l'herbe à côté de Cassie, et se pencha aussitôt pour lire par-dessus l'épaule de la Serpentard. Maxime Adler, Tonks, Charlie Weasley et Olivier Dubois s'assirent dans l'herbe autour d'eux, suivis par Percy Weasley, Azhar Pakkos, un Poufsouffle de sixième année qui sortait avec Brenda, et Janet Coot, une Serdaigle de troisième année.
Pensif, Delmar parcourut du regard leur petit fan-club. Brenda était la plus ancienne : c'était une Serdaigle qui avait un an de moins qu'eux. Ensuite il y avait eu Tonks, qui avait ramené dans son sillage Charlie puis Maxime, qui s'était lié d'amitié avec elle même s'ils n'étaient ni dans la même Maison ni dans la même année. Azhar était venu plus tard, grâce à Brenda : lui et Delmar ne se parlaient pas trop, parce que Azhar était fils de pakistanais et qu'il avait fait une remarque malheureuse sur les hindouistes quelques années plus tôt (ça avait fini en pugilat). Puis il y avait Olivier Dubois, qui avait sympathisé avec Delmar dès la Répartition, et qui avait amené avec lui Percy parce que celui-ci n'avait pas d'amis. Et finalement Janet s'était jointe à leur groupe parce qu'elle était fan des commentaires déjantés de Lucas lors des matchs de Quidditch.
Oh, ils ne faisaient pas grand-chose en commun : ils s'asseyaient ensemble aux repas ou à la bibliothèque, et se saluaient quand ils se croisaient dans les couloirs. Mais c'était sympa d'avoir un groupe de potes aussi variés. Et puis, ça rendait toujours Candela marteau quand leur petite bande disparate squattait la table des Poufsouffle.
– Alors Tonks ! lança joyeusement Kathleen. Il paraît que c'est toi qui va remplacer Lucas au haut-parleur ? Félicitations !
– C'est pas encore sûr, Rogue est pas du tout d'accord…
– Bah, il se fera une raison, badina la Poufsouffle blonde. T'as déjà prévu des trucs à dire ?
– Vends pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué ! se récria Tonks. C'est l'année prochaine et j'ai pas encore le poste ! Et puis, comment ça, prévoir des trucs ?
– Tu crois que Lucas émet un tel débit de connerie pareil sans aucun entraînement ?
– Eh ! protesta le Serdaigle en question.
– Nan, elle a raison, lança Delmar en se tournant vers Tonks. Pendant les trois jours avant chaque match, Lucas amasse une quantité de conneries invraisemblables. Il lit des bouquins et il nous lance dans des conversations impossibles. A vrai dire, c'est dommage que la finale n'ait pas duré plus longtemps, il n'a même pas pu parler de ses théories sur les extraterrestres et c'était vraiment un truc que je voulais entendre. Dumbledore aurait fait une de ces gueules !
Du coup le visage de Brenda s'illumina :
– Ah oui, c'est moi qui t'avais filé cette idée grâce à mon magazine sur la zone 51 !
Brenda était techniquement une Sang-Pure, mais ses deux parents étaient en fait des Cracmols, donc elle avait grandit dans le monde Moldu. Son père était américain et c'était là-bas qu'elle avait passé une grande partie de son enfance. Brenda était une grande fan des théories du complot, particulièrement en ce qui concernait les sectes, le gouvernement des États-Unis… Et les aliens.
– Et tu allais raconter quoi sur les extraterrestres ? demanda Tonks hilare en se tournant vers Lucas.
Le Serdaigle haussa les épaules :
– J'avais quelques histoires bien cinglées pour faire paniquer le public, mais j'allais pas non plus me lancer dans un débat sur l'existence des aliens. C'est trop con même pour moi.
– Tu penses pas qu'ils existent ? se récria Azhar.
Ahzar Pakkos était Né-Moldu, fils d'immigrants pakistanais fortunés, et donc il connaissait les théories sur les aliens. Depuis qu'il sortait avec Brenda, qui partageait sa passion pour les trucs mystérieux et improbables, ça c'était aggravé.
Lucas lui lança un regard blasé :
– Tu penses sérieusement que des petits hommes verts vont faire un voyage de plusieurs années-lumière depuis Zeta Reticuli, ce qui leur prendrait des siècles et consommerait sans doute l'énergie de plusieurs soleils, tout ça pour kidnapper deux Moldus sur le bord d'une route et leur tripoter les bijoux de famille avant de leur effacer la mémoire ? Vraiment ?
– Tous les cas ne sont pas comparables à ceux de Betty et Barney Hill ! protesta Brenda.
– En tous cas même si les aliens existent, ils ne vont pas se casser le trognon à venir se dégourdir les pattes sur Terre, c'est sûr ! lâcha Maxime Adler. Vous vous rendez compte de la distance à parcourir ?
Delmar hocha gravement la tête :
– Et puis à cause de tous ces signaux radio, vu de l'espace la Terre doit avoir l'être d'être en train de tourner sur elle-même en hurlant. Pas étonnant que les aliens veulent pas nous parler.
Tonks et Charlie émirent un identiquement reniflement amusé, et Cassie hocha doctement la tête :
– Ah, les nuisances électroniques du monde Moldu ! M'enfin, on s'en fout, ça empêche les petits hommes verts de nous faire chier et ça nous permet d'avoir la télé. Bref ! Quoi de neuf chez vous les jeunes ? Et pour vous les petits, pas trop dur ces premiers examens ?
Elle s'adressait évidemment aux deux premières années de leur groupe, les seuls faire quelques centimètres de moins qu'elle.
– Je suis pas petit, espèce de naine ! se hérissa Olivier.
– QUI TU TRAITE DE NAINE, AVORTON ?!
– Et ça y est elle est relancée, soupira Kathleen en roulant des yeux. Ne parlez jamais de sa taille avec Cassie, elle démarre au quart de tour. Et toi, mini-Weasley, Percy c'est bien ça ? Tu les sens comment tes examens ?
– Ça s'est bien passé mais je crois que j'ai raté les Potions, fit Percy d'un ton vaguement anxieux.
– Mais non, c'est juste que Rogue est une peau de vache, l'assura Delmar. On sort toujours de sa classe en pensant qu'on a tout raté parce qu'il fait la gueule et a l'air furieux, mais je n'ai jamais eut en dessous d'un Acceptable.
– D'un autre côté tu bosses, fit remarquer Charlie.
– Oui, mais je sûr que Percy bosse aussi. Pas vrai ?
Le petit rouquin hocha la tête d'un air grave, bombant le torse, tout fier d'être intégré dans la discussion des grands. C'est vrai que pour un première année solitaire, sans véritables amis dans sa classe, ça devait semblait incroyable d'être invité à rejoindre les septièmes années les plus populaires de l'école.
Enfin, Delmar était populaire. Et Kathleen, dans une certaine mesure. Cassie était un cas à part et Lucas était une catastrophe ambulante.
– Vous avez des plans pour cet été ? lança soudain Cassie.
– On a fini notre scolarité, lui rappela Delmar. Je pense que notre été va être consacré à la préparation ou au lancement de notre carrière professionnelle. Pour ma part, je vais m'inscrire au concours pour la sélection des Aspirants Aurors. Je vais m'entraîner seize heures par jour, autant dire que je suis pas près de sortir me faire un ciné !
– T'avais pas choisi un job, Cassie ? s'enquit Tonks avec curiosité.
– Journaliste free-lance, si. Mais ça va pas non plus me prendre tout mon temps, surtout que pour l'instant aucun journal ne m'a proposé de m'acheter quoi que ce soit. Du coup, je vais avoir du temps libre…
Kathleen donna un coup de coude joyeux à son amie Serpentard :
– Mon apprentissage avec Rogue commence en août, il veut que je lui foute la paix pendant le mois de juillet, donc je serai libre aussi ! J'ai promis d'aller voir plein de gens, t'as qu'à squatter avec moi. Elias, Gabriel, Mary, Clément… Et puis Cédric a été invité chez les Ceria, donc je passerai sans doute une soirée là-bas en allant le déposer.
Violette Ceria était dans la classe de Kathleen : mais elle avait aussi une sœur, Ambre (qui avait trois ans de plus qu'eux et avec qui Kathleen s'entendait à merveille) et un petit frère Harrison qui allait faire sa rentrée en même temps que Cédric.
– Et tu es la bienvenue pour me distraire pendant que je me ferai chier au Ministère, lança Lucas. Passer mes journées en tête à tête avec mon père, très peu pour moi.
– Et ça te permettra de voir pas mal de tes potes Serpentard, rajouta Delmar. Pas mal d'entre eux vont suivre le même chemin que Lucas et assister leurs parents.
Probablement pas Rosier, puisque son frère Constantin était l'héritier. Mais il y aurait forcément Cameron Dublin, Franklin Silvernus, peut-être Elijah…
– Il va faire quoi Elijah au fait ? demanda Maxime Adler qui avait suivit le même cheminement de pensées.
– Bah, il est l'héritier donc il va sans doute reprendre le business de ses parents, réfléchit Delmar. Sa mère travaille au Département de la Justice Magique, non ?
– Non, c'est son père, contra Cassie. Ce sont sa mère et sa tante qui gèrent le commerce familial d'ingrédients magiques, puisque les Shafiq sont la seule famille matriarcale de Grande-Bretagne.
– C'est sa mère la chef de famille alors ? fit Percy qui essayait de suivre.
Cassie secoua la tête (on sentait qu'elle avait bien bossé son sujet) et expliqua :
– Non, c'est sa tante, la sœur de son père. C'est elle qui possède la boutique et le commerce, et la mère d'Elijah est devenue son apprentie dès son mariage, puis son associée. Le père d'Elijah n'intervient pas dans les affaires et a son propre travail à côté, mais avant il restait à la maison s'occuper de ses enfants.
Elijah avait un frère, Basile, qui était en troisième année : et une sœur Esther, qui avait neuf ans. Elle ferait sa rentrée en même temps que les jumeaux Weasley et que la cousine de Cassie, la petite Carla.
Charlie plissa le nez :
– Chez nous, c'est notre mère qui s'occupe des enfants et notre père qui travaille.
Lucas, toujours allongé dans l'herbe, leva doctement un doigt :
– J'ai lu un bouquin là-dessus ! C'est votre mère qui reste à la maison parce que la société sorcière occidentale est patriarcale, un héritage des mœurs Moldues adoptées au cours du Moyen-âge. Mais les Shafiq sont une famille originaire du Royaume de Dahomey…
– Le quoi ?!
– L'Afrique de l'Ouest, ignare. Les Shafiq étaient les maîtres du Vaudou là-bas. A l'âge d'or du royaume, ils se sont éparpillés dans le monde entier. Notre famille Shafiq est l'une des dernières branches Sang-Pure de cette lignée. Ils ont des parents en Afrique, au Pakistan, pas mal aux Etats-Unis aussi, puisqu'une des héritières a été capturée par les Moldus pour leur trafic d'esclaves et qu'au moins trente de ses cousins et parents divers se sont embarqués pour la récupérer.
– Ils l'ont récupérée ? s'enquit Cassie avec avidité.
– Non, elle est morte. Mais sa famille est restée aux Etats-Unis et à commencé à massacrer les Moldus à grand coup de Vaudou, jusqu'au moment où la communauté magique du pays a réussi à s'unir et à mettre le holà parce que ça chatouillait le Statut du Secret.
– Quoi, ils n'étaient pas unis avant ? demanda bêtement Azhar.
Lucas roula des yeux :
– C'est les Etats-Unis. Les sorciers Blancs, les sorciers Noirs et les sorciers Indiens n'ont commencé à discuter civilement qu'à cause de l'industrialisation, et encore aujourd'hui c'est l'apartheid. C'est le pays sorcier le plus discriminant au monde, il paraît. Bref ! On parlait de quoi à la base ?
– D'Elijah, fit promptement Cassie.
– Ah oui. Les Shafiq, donc, sont une lignée matriarcale. C'est la femme du couple qui choisi les noms des enfants, par exemple…
Ce qui expliquait qu'Elijah, Basile et Esther aient des noms hébraïques, alors que c'était à des années-lumière de l'héritage culturel des Shafiq. La mère d'Elijah s'appelait Délila et était originaire de Jérusalem, si Delmar ne se trompait pas.
Il se serait bien passé de cette information mais le loisir principal de Cassie en troisième année avait été de faire des recherches sur chaque membre de la famille d'Elijah pour faire bonne impression si jamais elle les rencontrait, ce qui bien sûr ne s'était jamais produit….
– Et puis c'est la sœur aînée qui dirige la fratrie, poursuivait Lucas. Donc c'est elle qui hérite en priorité, et elle doit former les épouses de ses frères à diriger les affaires et à maîtriser le Vaudou. Ah, oui, et les Shafiq sont toujours des maîtres du Vaudou. En Grande-Bretagne, ils ont le monopole, même. Pourquoi on parlait de ça ?
– Pour savoir ce que va faire Elijah plus tard.
– Ah, ben probablement bosser au commerce de sa tante en attendant qu'Esther prenne la relève. Ensuite il pourra se casser, faire le job qu'il veut et quand même avoir une bonne part du gâteau lors de la succession. C'est pas parce que les Shafiq sont une lignée matriarcale que le droit d'aînesse compte pour du beurre.
– Je pourrais demander qu'il m'apprenne le Vaudou, fit rêveusement Cassie.
Tonks fronça le nez d'un air dégoûté :
– Il n'y a vraiment que toi pour considérer cette magie louche comme une opportunité de choper un rencart…
– Bah quoi ? Je suis adaptable !
– Tu pourrais pas le séduire avec un décolleté plongeant et du rouge à lèvres, comme tout le monde ?
Du coup Cassie sourit jusqu'aux oreilles :
– Ooooh, tu me trouve jolie ?
– Euuuuh…
– Quoi, tu me trouve moche ? Delmar, elle me trouve moche ! Dis quelque chose !
Le Gryffondor roula des yeux :
– Tu ressemble à Rogue avec une perruque, ça te va ?
L'instant d'après, Delmar atterrissait dans le lac avec un cri haut-perché, tandis que Cassie rangeait sa baguette en reniflant avec dédain :
– Goujat.
.
oOoOoOo
Lundi 27 juin 1988, wagon du Poudlard Express, Pré-au-Lard.
.
Kathleen regarda s'éloigner la gare par la fenêtre tandis que le train prenait de la vitesse et filait vers le Sud. Ça y est, l'année était finie, ils rentraient à Londres. Leur temps au château était terminé.
C'était leur dernier voyage dans le Poudlard Express, et du coup Kathleen posa un regard presque affectueux sur les banquettes usées et le filet à bagages dans lequel dormait Chaussette. Le furet, qui pionçait les quatre pattes en l'air comme un bienheureux, n'avait même pas frémit d'une moustache quand le train avait démarré. Kathleen, elle, n'aurait jamais pu roupiller dans un moment pareil. Elle avait l'impression d'avoir un vide au milieu du ventre. Nostalgie. Mélancolie, peut-être.
– Poudlard va me manquer, soupira Delmar avec regret comme s'il avait lu dans ses pensées.
– Oh ne t'en fais pas, le rassura Cassie. Si tu as foiré tes ASPICS, tu seras obligé d'y retourner pour un an.
– Merci, très encourageant.
– Mais de rien, j'adore rendre service.
– Au fait ! lança Kathleen pour changer de sujet. Comment ça avance cette histoire de collocation, Delmar ? T'as rassemblé combien de personnes au final ?
Le concours des Aurors avait lieu à la mi-août et entretemps, les candidats devaient s'entraîner dans un centre spécialisé situé au Pays de Galles. Comme payer le Magicobus à chaque fois était au-dessus de ses moyens et que transplaner tous les jours depuis la maison de ses parents serait épuisant, Delmar recherchait une collocation dans le coin avec d'autres élèves qui voulaient tenter le concours eux aussi.
– Finalement on ne sera que quatre, répondit Delmar en agitant vaguement la main. Adrien et Léonie de ma classe, et Liliane Dolce de chez les Serdaigle. On va essayer de trouver une maison ou un appartement avant la fin de la première semaine de juillet, pour profiter au maximum du centre d'entraînement.
– Ça serait plus simple de passer par une agence immobilière, réfléchit Cassie.
Kathleen tourna un regard ahuri sur la Serpentard :
– C'est quoi, ça ?
– Euh, une agence qui trouve des maisons pour toi, au lieu de te laisser te débrouiller à éplucher les petites annonces. Mais il n'y en a pas chez nous, seulement chez les Moldus.
– Yep, acquiesça Delmar. J'ai expliqué le principe aux autres et ils étaient éblouis ! Bon, sauf que du coup ils m'ont désigné comme chef de l'opération, donc c'est moi qui vais me taper les agences immobilières. Mais bon, au moins j'aurai l'œil sur la négociation de l'affaire. Et toi Cassie, tu reste chez des parents ?
– Carrément, je veux être logée, nourrie, blanchie et avoir toujours une ample réserve de Poudre de Cheminette dans avoir à dépenser une Noise. Et puis, mes parents seraient tristes de me voir partir, ils s'emmerderaient sans moi.
– Ben voyons, marmonna le Gryffondor avant de se tourner vers Kathleen avec un sourire railleur. Et toi Kath, tu vas pas vivre avec Rogue dans son donjon secret ?
La Poufsouffle esquissa une drôle de grimace :
– Il y a des limites à ma dévotion pour l'art des Potions, merci bien.
– Tu vas pas suivre ton apprentissage à Poudlard ? demanda Cassie avec intérêt.
– Techniquement, si, mais seulement dans les laboratoires qu'il y a dans les cachots, où dans son labo personnel. Je mangerait avec les profs à l'occasion, et puis si Rogue est de mauvais poil il me fera sans doute superviser les premières années, mais non, je vais pas vivre avec Rogue, c'est quoi cette obsession à me caser avec lui ?!
– Ah oui j'avais oublié que Lucas voulais que tu te le tapes ! se marra Delmar.
– Je n'ai jamais dit ça ! protesta aussitôt le Serdaigle avec horreur. C'est à cause de vous que cette idée est partie, et maintenant je suis traumatisé à la vie !
– Oh, sois pas si prude, c'était fun ! le taquina Cassie. Mais je dois dire que si tu avais exécuté ce plan, Kath, j'aurais apprécié si tu avais glissé un mot en ma faveur.
– Ah non, je ne fais pas de favoritisme. T'as qu'à te taper Rogue toi-même.
– … Je pense que c'est une info qui nécessite un contexte, lâcha une cinquième voix.
Kathleen, Lucas, Delmar et Cassie se tournèrent tous les quatre vers la porte de leur compartiment, qui s'était ouverte pour révéler Eveline Heart et Danny Valentine, les yeux pétillants d'amusement. Le visage de Delmar s'illumina :
– Eveline, lumière de mes jours, soleil de mes nuits, étoile de mes après-midis ! Tu viens t'asseoir avec nous ?
Eveline avait décroché un entretien pour entrer dans l'équipe de réserve des Harpies de Holyhead : elle avait reçu la lettre la veille de leur départ. Elle était la seule de leur année à entrer dans le Quidditch professionnel, et elle et Delmar ne parlaient plus que de ça.
Kathleen se demanda vaguement si Delmar avait déjà couché avec elle. Ils passaient tellement de temps à flirter qu'un moment ils avaient du passer le cap du placard à balai métamorphosé, non ?
– Avec plaisir, fit joyeusement Eveline en prenant place. On avait besoin d'échapper aux Gryffondor dans notre compartiment.
– Il y avait des Gryffondor dans votre compartiment ? s'intéressa Cassie.
– Apparemment Lydie sort avec Robert Gordon, dans ta classe ? les informa Danny en se tournant vers Delmar. Et elle l'a ramenée dans le compartiment qu'on partageait avec Franklin et Ludovic. Et Gordon a ramené Kyle McGregor avec lui. Et apparemment lui et Ludovic ont couchés ensemble, vous le saviez, vous ?!
Ludovic Cole était blond et très gay, donc oui, Delmar aurait pu le suspecter.
– Bref, reprit Danny. Du coup on les a laissés. La dernière fois qu'ont les as vus, Lydia et Gordon se partageaient un paquet de patacitrouilles en observant le spectacle, Ludovic avait été enfermé à l'extérieur du compartiment, et Kyle donnait des conseils à Franklin sur la technique idéale de fellation.
– … Je vois, finit par lâcher Kathleen en réprimant un fou-rire. Est-ce que c'est une information dont Franklin a envie ou besoin ?
– Pas à ma connaissance, mais il s'en sortira, il a réussi à supporter Cassie pendant sept ans.
– Hey ! protesta la petite brune.
– Oh ne joue pas l'innocente, tes conneries ont traumatisé toute une génération de Serpentard. Je pense qu'on aurait pu tous vivre heureux sans savoir comment les lamantins s'accouplent. Et ce n'est qu'un seul exemple.
– J'ai une culture vaste et diversifiée, rétorqua dignement Cassie.
– On va dire ça, ouais. Hey, il vous reste des bonbons ? On a dû laisser notre stock avec Lydie.
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Kathleen fut la première à descendre quand les portes du Poudlard Express s'ouvrirent sur le quai 9 ¾ de la gare. Chaussette, rangé dans sa poche de manteau, laissa sa tête émerger à l'air libre pour observer le chaos ambiant, remua dédaigneusement les moustaches puis replongea à l'abri. Il y avait décidément trop de bruit et trop de monde à son goût !
– Je t'enverrai ma nouvelle adresse, promit Delmar à Eveline en l'aidant à descendre sa valise. N'oublie pas de m'écrire. Et puis, bonne chance pour tes essais !
– Merci, sourit la Serpentard. Bonne chance à toi aussi pour le concours. Mais bon, je pense que tu as toutes tes chances !
Ils échangèrent un sourire réjoui, et Danny leva les yeux au ciel avant de les séparer :
– Assez roucoulé vous deux ! On file, Eveline. Hirapati, Diggory, Ogden, Cassie… Tâchez de ne pas mettre le pays à feu et à sang.
– On sent la confiance, blagua Kathleen.
Ce qui ne l'empêcha pas de saluer les deux Serpentard, avant que celles-ci ne s'éloignent de leur côté (non sans avoir ébouriffé les cheveux de Cassie au passage). La team Canada les regarda s'éloigner, puis s'entreregardèrent et un silence un peu gêné tomba sur eux.
L'idée de la séparation, de la fin de Poudlard, de la fin de l'enfance… Ça leur tombait dessus un peu comme un cheveu dans la soupe. Ils avaient beau faire des projets d'avenir et déconner joyeusement à propos de leur futures carrière, ils se sentaient tous loin d'être prêts à affronter le monde réel des adultes et de leurs responsabilité !
Brr. Des responsabilités. Quelle horreur.
– Ça va faire bizarre de ne plus avoir de cours ensemble, finit par lâcher Delmar avec un sourire hé allez me manquer.
Kathleen lui donna un coup de coude d'un air faussement offusqué :
– Tu ne te débarrasseras pas de nous si facilement !
– La communauté sorcière est trop petite pour qu'on ne se recroise plus, approuva Lucas. De toute façon, quand tu seras Auror, je viendrai personnellement faire des inspections surprises dans ton Département.
– Et j'écrirai des articles sur votre supposée aventure clandestine, rajouta Cassie d'un air moqueur.
Lucas et Delmar se mirent à postillonner, mais Kathleen se contenta juste de rigoler :
– Personne ne croira ça, Cassie ! Lucas a la sexualité d'un panier à linge sale.
– … Très flatteur comme comparaison, merci.
Kathleen et Cassie échangèrent un regard complice, puis la Poufsouffle lâcha sa valise et serra la petite Serpentard dans ses bras, la prenant par surprise. Cassie fit mine de ronchonner deux secondes, puis céda à l'émotion du moment et rendit son étreinte à son amie, reniflant discrètement :
– Je vois pas pourquoi on se dit au revoir, je vais te coller pendant tout le mois de juillet.
– Je suis une Poufsouffle, faire des câlins est dans la description du job.
– T'interprète pas la description du job de façon un peu subjective ? sourcilla Lucas.
Kathleen lui lança un regard menaçant par-dessus l'épaule de Cassie :
– Quoi ? Mais pas du tout ! Je suis l'objectivité incarnée.
– … Je suis pratiquement sûr que ton interprétation très personnelle du Code des Poufsouffle t'a déjà été reprochée. C'est pas l'année dernière que Chourave t'as dit que faire pousser de la marijuana ou des champignons hallucinogènes à usage récréatif ne compte pas comme un projet extrascolaire de Botanique ?
– Euh, je ne vois pas de quoi tu parles.
Delmar rigola, puis ouvrit les bras à son tour et fit mine de se plaindre :
– Et moi, j'ai pas droit à un câlin ?
Kathleen gloussa et l'enveloppa dans une embrassade qui ressemblait plus à une prise de catch, et les deux andouilles se mirent à se chamailler sur le quai. Finalement, ce fut Lucas qui les sépara, les attrapant chacun par le col avec une force plus importante que ce que suggérait sa silhouette de crevette, avant de lancer :
– Aller, moi aussi je veux mon câlin. Mon père est juste là, il est temps que j'aille faire comme si j'étais content d'être revenu.
Du coup Kathleen le serra dans ses bras, Delmar lui donna une grande accolade dans le dos, et Cassie se haussa sur la pointe des pieds pour lui ébouriffer les cheveux :
– T'as intérêt à nous écrire souvent.
– Et à venir nous voir ! rajouta Kathleen.
– Et si tu peux glisser un mot en ma faveur pour mon concours d'entrée chez les Aurors, ça serai vachement bien ! plaisanta Delmar.
– Je ferai de mon mieux, s'amusa Lucas en récupérant sa valise. Soyez sages, surtout. Et bonne chance pour la suite !
Ils échangèrent un dernier sourire, un dernier geste de la main, puis Lucas se fondit dans la cohue. Quelques mètres plus loin, Kathleen le vit rejoindre Tibérius Ogden qui se frayait un chemin au milieu de la foule. Le père et le fils se serrèrent dignement la main, un geste posé bien loin des effusions joyeuses et spontanées que Lucas venait de partager avec ses amis, puis se dirigèrent d'un même pas vers un des points de transplanage de la gare. En quelques instants, Kathleen les avait perdus de vue.
– Je vais y aller aussi, finit par dire Cassie. Ma mère m'attend. Kath, on s'écrit pour faire nos plans pour juillet ?
– Sûr. Dis bonjour à tes parents pour moi !
La petite Serpentard esquissa une parodie de salut militaire, puis se détourna et disparut dans la foule, trainant sa lourde valise derrière elle. Delmar et Kathleen restèrent seuls, à regarder le flot des gens qui traversaient le quai, se retrouvaient, s'embrassaient, s'en allaient. C'était la dernière fois qu'ils assisteraient à ce spectacle, et Kathleen se demanda stupidement pourquoi elle n'y avait jamais prêté attention auparavant.
Probablement parce qu'elle avait toujours eut quelque chose de mieux à faire. Comme chercher ses amis, engueuler Rosier, se disputer avec Candela. Et, finalement, faire partie de cette foule qui s'agitait devant ses yeux. Elle esquissa un mince sourire, vérifia que Chaussette était toujours dans sa poche, attrapa la poignée de con coffre, puis se tourna vers Delmar :
– Aller, viens, on y va nous aussi.
– Tu as vu ta famille ?
– Non, mais on va les chercher ensemble. Et puis, il est grand temps que tu te tape la discut' avec mon coincé de frère. Et puis Cédric sera ravi de te voir !
– La dernière fois que je l'ai vu, tu l'avais kidnappé pendant tes courses sur le Chemin de Traverse…
– Eh ben, tu es un futur Auror, il est bon qu'il apprenne à te connaître dans le cadre de la légalité. Allez, viens, flemmard !
Retenant un rire, Delmar lui emboîta le pas, et à leur tout ils s'enfoncèrent dans la cohue d parents, d'enfants, de sorciers en tout genre qui encombraient le quai 9 ¾.
Poudlard était finie, mais l'aventure ne faisait que commencer.
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Et voilà... Plus que l'épilogue et c'est fini... Snif !
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