Je m'excuse pour le retard, j'avais beaucoup de devoirs et j'étais malade alors je n'ai pas été sur l'ordi pendant un moment.


Il se leva puis marcha vers la porte. Après un discret regard vers Narcissa à présent perdue dans ses pensées, il quitta le salon. Cette conversation avait de loin était l'une des plus troublantes qu'il n'ait eu avec sa mère. Pourquoi était-elle aussi curieuse à propos de Namaïla, et surtout, pourquoi devait-elle s'éclipser pour une heure ?

Les questions se bousculèrent dans l'esprit de Drago, sans qu'il ne puisse leur trouver d'explication plausible. Lorsqu'il eu terminé de monter l'imposant escalier principal, dont les marches de marbre reflétaient vaguement la lumière des lustres voisins, il s'arrêta. Là encore, les souvenirs refirent surface à l'intérieur de son cerveau, lui rappelant les fois où il avait retrouvé son père au sommet des marches, après sa conversation rituelle avec Terri. Lucius se tenait alors comme à son habitude, la tête haute et les mains jointes sur sa canne, prêt à retirer sa baguette. Son regard condescendant et autoritaire suivait tous les mouvements de Drago jusqu'à ce que celui-ci ne le rejoigne. Sans un mot, ils prenaient ensuite le chemin du salon personnel de Lucius, où ce dernier commençait alors sa leçon du jour par une conversation qu'il trouvait toujours le moyen de tourner contre son fils. Drago savait que son père avait de vraies raisons de le punir et qu'il y avait toujours quelque chose à lui reprocher. Lorsque le jeune garçon admettait enfin qu'il méritait une correction, Lucius se retournait pour lui faire face, sa baguette pointée vers son fils. « Crucio » traversait alors sa bouche. Le sort se propageait dans sa baguette pour enfin frapper Drago à la poitrine. Le souvenir des douleurs atroces qui le traversaient à cet instant le tira de ses pensées. Un sentiment de soulagement le parcouru lorsqu'il réalisa que tous ces évènements ne faisaient partie que de son passé. Il soupira puis rejoignit sa chambre, au bout du couloir opposé aux appartements de ses parents.

Une heure plus tard, Terri frappa à la porte de la chambre.

- Jeune Maître ? Le dîner est servi et Madame est de retour.
- Très bien, je descends, informa Drago.

L'elf transplana pour rejoindre les cuisines. Le jeune homme s'assit sur son lit où il était resté allongé l'heure passée. Il passa sa main dans ses cheveux puis se releva pour sortir de sa chambre. Une fois dans la Grande Salle, il trouva sa mère assise au bout de l'immense table de réception. Un léger sourire étira ses lèvres pour accueillir son fils qui prit place à sa gauche, où était disposé un second couvert.

- Votre affaire s'est-elle bien passée ? Demanda-t-il poliment.

Narcissa sembla réfléchir à sa réponse puis déclara :

- Oui très bien. Qu'as-tu fait pendant mon absence ?

Drago eut le sentiment que sa mère tentait de dévier le sujet mais ne dit rien.

- Je me suis reposé.

Deux elfs entrèrent dans la Grande Salle pour servir les plats. Le dîner fut aussi silencieux que prévu. Lucius avait toujours chéri le calme au moment des repas et c'était une habitude que ni sa femme ni son fils n'avaient perdue.

Le lendemain, Drago se réveilla aux alentours de huit heures du matin. Lorsqu'il quitta son lit, son regard fut attiré par un rayon de lumière traversant l'épais rideau couvrant l'une des baies vitrées. Il s'approcha machinalement, poussa le tissu et découvrit le parc du Manoir complètement enneigé. La vue était éblouissante aussi bien au sens propre qu'au sens figuré. Il aimait lorsque la neige recouvrait ainsi les allées du jardin, d'habitude si lugubres. Tout semblait alors uniforme et émoussé, lui procurant un étrange sentiment de réconfort.

Il se stoppa dans sa contemplation lorsque la froidure de la pièce devint trop inconfortable. Après avoir attrapé des vêtements propres, il partit se doucher pour enfin descendre prendre son petit-déjeuner.

- Jeune maître, Madame m'a demandé de vous informer qu'elle s'est absentée et ne rentrera que ce soir, informa Terri à Drago tout en disposant des toasts fraichement grillés sur la table.

- A-t-elle donné les raisons de son absence ?

- Madame a évoqué que le nom de sa soeur Bellatrix.

Le jeune homme se demanda si l'absence de sa mère du jour précédent avait un quelconque rapport. Narcissa sortait rarement seule et encore moins lorsque son fils était présent pour les vacances. Mais après avoir passé près de quatre mois seule au manoir, sans son mari -évidemment- et surtout sans son fils, Drago supposa qu'elle avait développé un nouveau style de vie. Il songea d'ailleurs à ce qu'avait pu devenir la vie de sa mère pendant son absence. Il se souvint que l'emprisonnement de Lucius l'avait profondément heurtée bien qu'elle essayait de le cacher. Drago pouvait voir à quel point elle était désemparée. Chez les Malefoy, l'affection s'éprouvait or ne se montrait pas toujours, mais Narcissa aimait Lucius. Elle ne voulait pas exposer sa détresse devant son fils ou qui que ce soit d'autre. Elle ne blâmait pas non plus son mari pour avoir causé le déshonneur de leur famille. Elle était juste profondément perdue. Drago fut pris de culpabilité lorsqu'il repensa à la façon dont il avait jugé sa mère, quelques semaines plus tôt, alors qu'il lançait sa bague du haut de la tour d'astronomie. Il avait été si furieux mais surtout si vulnérable, qu'il en avait oublié à quel point sa mère l'aimait. Il repensa à sa réaction lorsqu'il avait décidé de rejoindre les Mangemorts. Bien sûr, il n'avait pas eut le choix à proprement parlé. Tout comme Harry Potter était « l'élu » pour combattre le seigneur des ténèbres, Drago était « l'élu » pour se tenir aux côtés de ce dernier. Et cela avait abattu sa mère, qui avant cela, avait continué de s'accrocher à l'espoir que son fils aurait pu y échapper. Drago savait qu'elle souffrait autant que lui. Ils avaient déjà perdu un mari et un père, et leur famille était à nouveau menacée.

C'était donc l'inquiétude et la solitude qui avaient marqué le visage si élégant de Narcissa.

Le dernier jour des vacances, environ une heure avant le départ de son fils, Narcissa lui demanda de la rejoindre dans le Salon Gris du rez-de-chaussée.

Les deux semaines s'étaient relativement bien passées. Narcissa avait semblé très préoccupée les premiers jours mais Drago n'osa pas lui en demander la raison. Ils avaient tout de même passé les fêtes dans une ambiance agréablement sereine qu'ils avaient tous les deux beaucoup appréciée. Auparavant, Drago n'avait jamais célébré une fête importante sans son père mais cela ne le dérangea pas. Il avait vécu deux semaines au calme et en toute quiétude, aux côtés de Narcissa qui paraissait elle aussi contente d'avoir passé de bons moments avec son fils.

En revanche, il n'avait pas reçu de nouvelles de Namaïla, qui avait assuré qu'elle lui écrirait. Mais il tenta de ne pas trop s'en préoccuper, pensant qu'elle avait tout simplement dû être occupée à fêter Noël et le Nouvel An à l'anglaise.

Lorsqu'il entra dans le Salon Gris, il trouva sa mère debout face à la fenêtre ainsi que sa tante Bellatrix à ses côtés. Cette dernière sentit tout de suite la présence de Drago et se retourna dès qu'il mit les pieds dans la pièce. Sa mère la suivit et il découvrit son visage particulièrement stressé.

- Drago, tu es là, dit-elle machinalement.

- Que se passe-t-il ?

- Il faut que l'on te parle de quelque chose, assis-toi.

Il obéit à sa mère et prit place sur l'un des fauteuils disposés au centre de la pièce. Narcissa s'assit proche de lui tandis que Bellatrix s'avança vers la cheminée, comme fascinée par la feu. Drago regarda sa mère d'un air interrogateur avant qu'elle ne baisse les yeux et déclare :

- Bella, je crois que tu serais plus apte à lui dire que moi...

La brune tourna la tête vivement, un sourire imperceptible sur ses lèvres, avant de s'approcher lentement de son neveu.

- Drago... Il semblerait que tu te sois fait une nouvelle amie.

Le blond eut besoin d'un temps de réflexion avant de réaliser de qui Bellatrix parlait. Celle-ci continua d'un ton agressif :

- Est-ce qu'elle sait quelque chose, à propos de ta mission ?

- Non. Du moins je ne lui ai rien dit...

La Mangemort parut satisfaite de sa réponse.

- Est-ce qu'elle, en revanche, t'a dit quelque chose à propos de son passé récent ?

- Eh bien je sais qu'elle a perdu ses parents il y a plusieurs mois, après une attaque.

Drago essayait de cacher sa nervosité comme à chaque fois qu'il avait une conversation avec sa tante. Il avait l'impression de subir un interrogatoire.

- A-t-elle donné des détails, sur cette attaque ?

- Elle a juste dit... qu'elle avait été causée par des Mangemorts, répondit-il craignant que cette fois sa réponse ne convienne pas à Bellatrix.

- C'est tout ce que tu sais ?

- Oui.

- Elle ne t'a jamais donné l'identité des Mangemorts ?

- Non. Je suppose qu'elle-même ne la connait pas à vrai dire.

- Peut-être... dit-elle pensive, avant de poursuivre. Lorsque tu lui as parlé de cette Namaïla Ritchkov, ta mère est venue me voir. Elle a évoqué votre conversation et nous en avons déduit qu'il serait sage de te t'informer de faits importants concernant Lucius... En effet, il y a environ neuf moisle seigneur des ténèbres lui avait confié une mission. En Russie.

- Vous voulez dire que ?

- Oui Drago, le coupa Narcissa. Ton père et Walden Macnair ont été envoyés en Russie par le Seigneur Voldemort. C'est là que Macnair a tué les parents de Namaïla et que Lucius l'aurait blessée à la jambe.

Drago était pétrifié. La blessure de Namaïla avait été causée par son propre père ? Et il avait été envoyé pour tuer ses parents ? C'était absolument insensé.

- Tu sais, je doute que cette jeune fille soit dupe. Son arrivée à Poudlard n'a rien d'une coïncidence, affirma Bellatrix.

- Vous croyez qu'elle sait qui est mon père ?

- A toi de juger, toi seul la connais. Penses-tu qu'elle soit assez maligne pour se renseigner sur ce genre de détails ? Demanda Bellatrix

- Oui, sans aucun doute.

- Alors dans ce cas, fais très attention Drago.


Une partie du mystère est maintenant résolue ! Des réactions ? SVP ^^