Bon, comme je suis vraiment atrocement gentille, je voulais publier ça avec 24 heures d'avance, mais apparamment le serveur du site avait décidé de bouder. Et contrepartie c'est un peu plus long que d'habitude. Merci quiiiiiii?

Bon, je me tais, je me tais, je vous laisse lire tranquilles... Mais si vous pensiez à reviewer ensuite vous seriez des amours.

A dimanche!

-

Chapitre 10: Lucinda fait pipi debout, et Bertrand aime ça.

-

Harry se tenait devant son lit, l'air mécontent, avec une posture 'mains-sur-les-hanches-regard-noir' à rendre Molly Weasley malade de jalousie. La cause de l'irrhe du Survivant se trouvait présentemment bien pliée en plusieurs piles nettes sur le couvre-lit. Une pile de pantalons, une pile de chemises, une pile de t-shirts. Trois piles complètes de vêtements, soit environ quatre-vingt pourcents de sa garde-robe, et tout était trop petit.

Il avait essayé d'élargir les chemises par magie, mais les boutons avaient fini par rendre l'âme, et avec leur taille agrandie les pantalons ne faisaient que glisser sur son ventre et il se retrouvait en caleçon à des moment très peu confortables. Il allait devoir se résoudre à porter les robes spéciales qu'il avait acheté, celles là même qui avaient attiré Rita Skeeter comme Buck attirait les mouche.

Avec un soupir ronchon il se résigna à les sortir de l'emballage dont elles n'avaient pas bougé depuis près de quatre mois et en enfila une, bleu marine, en coton, très simple. Il se regarda dans un miroir et s'aperçut que ses craintes étaient fondées: le tissu ne cachait rien de son ventre. Pire, il le faisait paraître encore plus gros. Comme s'il en avait besoin... Il lui restait encore trois mois à faire et il se sentait déjà prêt à éclater par moments. Il soupira de nouveau et se rendit à la cuisine. Il voulait du poulet au curry.

Il avait mangé du poulet au curry toute la semaine, il voulait du poulet en se levant, en faisant le linge, en faisant les courses, en allant voir Ron et Hermione, en se levant au milieu de la nuit pour aller aux toilettes... Le boucher du village était à deux doigts d'adhérer à son fan-club. En contrepartie il avait cessé de recouvrir sa glace de toutes ces choses qui faisaient virer Sévérus au vert quand il lui proposait de goûter, ce qui était plutôt un mieux.

Mais une telle débauche de curry n'allait pas arranger la taille de son ventre, sans compter les brûlures d'estomac qui empiraient chaque fois qu'il en mangeait. Le médicomage avait dit que c'était normal. Il avait aussi dit que son ventre avait une taille tout ce qu'il y avait de plus standard et qu'il ferait mieux de se préparer à quelque chose de bien plus volumineux que ça. Cette seule pensée menaçait de faire plonger Harry dans la déprime.

En revanche, s'il y en avait bien un que son gros ventre ne gênait pas, c'était Sévérus. Harry ne pouvait pas rentrer dans son champ de vision sans qu'il ne vienne poser ses mains dessus, l'embrasser, et même lui parler. Il avait commencé à lui lire des histoires le soir, et la vision de Sévérus allongé sur le ventre en caleçon entre ses jambes avec un livre narrant les exploits de Kiki la grenouille bleue mexicaine sous le nez l'amusait toujours autant après plusieurs semaines.

Tout en remuant son poulet dans la poêle, Harry se dit qu'il devrait acheter d'autres livres de contes s'il ne voulait pas que le bébé se lasse de cette histoire avant même d'être né. Mais ça impliquerait de se rendre chez Fleury et Botts, avec tout le monde qui le fixerait en poussant des 'oooh' et des 'aaah' et en essayant de le toucher. Il eut un frisson. S'il y avait bien une chose qui le faisait sortir de ses gonds c'était le fait que les gens estimaient que, puisqu'il y avait un bébé dedans, son ventre était tombé dans le domaine public.

Une fois son assiette engloutie et sa potion contre les aigreurs d'estomac prise, il rassembla son courage de Gryffondor et se décida à sortir sur le Chemin de Traverse. Mais il ne voulait pas le faire tout seul, et tout le monde travaillait à cette heure ci. Tout le monde sauf...

-

« Sirius repose ça où c'était tout de suite, on a pas fini de le tester! » s'exclama Fred d'un air paniqué en le voyant tripatouiller ce qui ressemblait à une cocotte en papier orange trouvée sur une étagère de la réserve de Farces pour Sorciers Facétieux. Il avait accompagné Harry, qui passait chaque fois qu'il se rendait sur le chemin de traverse. Il aimait se dire qu'en tant qu'actionnaire majoritaire de la société il se devait de venir jeter un oeil de temps à autre, mais en fait il voulait surtout voir les nouvelles inventions des jumeaux.

Pas étonnant qu'ils s'entendent si bien avec Sirius, ils avaient tous les trois trouvé le moyen de vieillir sans grandir le moins du monde. Ca faisait du bien à voir, de temps à autre, surtout quand on sentait que sa vie était à deux doigts de changer de manière drastique. Même si c'était un changement pour le mieux, ça restait effrayant.

Un nuage de fumée à l'odeur âcre s'éleva de la cocotte que tenait Sirius avec un petit 'pouf!', et le concerné se retrouva bientôt avec le visage recouvert d'une couche de maquillage assez impressionnante. Pour tout dire, il ne lui manquait qu'une jupe et des talons aiguilles et on aurait pu le mettre directement sur le trottoir. Il y avait de fortes chances pour que Fred et George continuent à appeler Sirius 'Lucinda' jusqu'à la fin de ses jours. La crise de rire qui s'ensuivit fut malheureusement interrompue rapidement, d'une part parce que la virilité de Sirius subirait des dommages irréversibles s'il n'allait pas se débarbouiller rapidement, et d'autre part parce que Harry avait un besoin urgent d'aller faire un tour au petit coin.

Il dut s'appuyer sur Sirius tout le long du chemin des toilettes pour ne pas s'écrouler de rire, et c'était heureux parce que sinon il aurait entendu le petit commentaire de son parrain, 'Au moins moi j'ai pas l'air d'avoir avalé un souaffle'. Un Sirius Black vexé tend à devenir un poil acide.

Pendant que Sirius se frottait le visage avec une serviette humide pour retirer son rimmel, Harry libéra sa vessie de son fardeau avec un soupir de soulagement qui avait dû s'entendre jusqu'à Poudlard. Pendant qu'il se battait pour atteindre les boutons de sa robe qui se trouvaient sous son ventre et les refermer, il entendit la voix de son parrain l'appeler à travers la porte.

« Quoi? » répondit-il. A en juger par le son de sa voix, Sirius paraissait ne pas bien savoir comment s'y prendre.

« Euuh, le prends pas mal hein, maiiiis... Tu pisses assis? »

Et voici mesdames et messieurs le grand Sirius Black dans sa plus grande démonstration de subtilité.

Harry eut un soupir.

« Ouais, je suis obligé maintenant. Debout, je vois pas ce que je fais. » Encore un aspect de la grossesse qui ne plaisait pas du tout à Harry: faire pipi comme une fille. En tant qu'homme, il avait toujours tiré une fierté irrationnelle mais hautement satisfaisante du fait de pouvoir uriner debout, et depuis ce matin de la semaine précédente où il s'était aperçu avec horreur que son pénis n'était nulle part en vue, sa virilité était mise à rude épreuve.

La première fois il en avait pleuré. Ses hormones avaient beau s'être calmées un peu, elles n'en n'étaient que plus violentes lorsqu'elles revenaient pour un petit coucou. Sévérus avait vraiment été un amour sur ce coup çi, il n'avait même pas ri, et pourtant Harry savait qu'il en mourait d'envie.

« Attends, tu veux dire que tu la vois plus? » Sirius avait l'air particulièrement choqué. « Tu es drôlement plus courageux que moi, je survivrais jamais sans Bertrand. »

« J'ai pas vraiment choisi de... Une minute, tu l'appelles Bertrand? » demanda Harry qui sentait que son fou rire menaçait de refaire surface avec une nouvelle force. Bon, c'était vrai que dans l'intimité, Sévérus et lui aimaient bien donner des petits surnoms à leurs sexes, mais Bertrand, franchement... 'Le gros serpent de Serpentard' et 'la puissante épée de Gryffondor' avaient beau être désespérément ridicules, au moins ça ne sonnait pas comme si on se baladait avec un vieux pote dans son pantalon.

« En fait c'était parti d'une blague de ton père et c'est resté. Longue histoire. Plutôt le genre de chose qu'on évite de raconter à la portée d'oreilles innocentes. » ajouta Sirius avec un sourire en coin.

« Les seules oreilles innocentes dans cettes pièces baignent dans le liquide amniotique et leur propriétaire est trop occupé à essayer de réduire mes reins en compote pour écouter de toute manière. »

Sirius développa à ces mots un sourire suffisamment large pour menacer de trancher sa tête en deux. « C'est vrai ?! Je peux toucher dis? »

« Bien sûr. » Sirius était son parrain, lui avait le droit de lui tripoter le ventre autant qu'il en avait envie.

Et c'est ainsi que George trouva Sirius penché sur le ventre de Harry, du rouge à lèvres étalé sur le menton et marmonnant 'guili-guili, dis bonjour à tonton Patmol' en entrant dans les toilettes. Harry paraissait partagé entre l'envie de pouffer de rire et celle de lever les yeux au ciel. George avait vu qu'ils étaient resté longtemps ici tous les deux et était venu voir s'il n'y avait pas de problème. Après une blague particulièrement cochonne sur le fait qu'il s'attendait à moitié à les trouver à poil sur le carrelage (C'est pas de ma faute, tout le monde le sait que vous êtes des vrais lapins tous les deux), ils repartirent dans le magasin, pour le moment vide de clients.

Personne ne remarqua l'insecte qui s'envola par la fenêtre.

En revanche Harry remarqua bien les deux énormes pots en verre pleins de pièces posés sur le comptoir. « C'est quoices machins? » demanda t-il. Fred afficha le petit air satisfait qui annonçait une idée censément géniale.

« Ca, très cher ami, ce sont les paris pris sur toi. » annonça t-il.

« Sur le sexe du bébé, plus précisément. » compléta George.

« Dites-moi si je me trompe mais... vous n'êtes pas censé me demander mon avis pour ça ? »

« Oh, Harry, mon pote, on n'allait pas s'arrêter à ça. » expliqua Fred avec un geste nonchalant de la main. « Va savoir pourquoi, quatre-vingt dix pourcent des gens sont persuadés que ce sera un garçon. »

« Hermione dit que c'est probablement à cause de cette histoire avec Voldemort et tout ça. » dit George.

« C'est une façon originale de qualifier une guerre meurtrière. » dit Sirius en haussant un sourcil délicatement dessiné au crayon. « Mais je crois que je vois. Les sauveurs du mondes ont une imagerie populaire trop virile pour faire des filles. »

« J'avais comme dans l'idée qu'ils avaient une imagerie trop virile pour faire des bébés, peu importe le sexe. » glissa Harry.

« Oh oui mais avec toi ils devaient bien s'y attendre, tu fais jamais rien comme tout le monde. » répondit Sirius en glissant cinq gallions dans le pot 'Fille'.