Vacances Italiennes – Chapitre 9


Les jours passèrent, le jour de mon retour aux Etats-Unis était arrivé et le vampire me dit à nouveau que je devrais écrire à mes proches et prétendre avoir fugué ou m'être suicidée, je choisis la première option, et il me garantit que mon cadavre serait retrouvé de telle façon que l'on conclurait à un accident. J'écrivis la même lettre à ma mère qu'à mon père, leur expliquant que je resterais une année en Italie, dont j'étais tombée amoureuse. Je promis de donner des nouvelles au moins une fois par mois.

« Ça ne sert à rien de pleurer. » me dit-il en prenant les deux enveloppes.

« Ne les fais pas poster d'ici. » me contentai-je de dire.

« Je ne suis pas stupide. »

Au soir, j'allai prendre une douche, la journée avait été chaude, l'air frais et le soleil me manquaient. Sous l'eau, je pus pleurer sans me cacher. Je pleurais ma liberté perdue et la peine que j'allais causer à mes proches. Si je n'étais pas venue à Volterra, je serais dans l'avion, le cœur lourd et la tête pleine de souvenirs fantastiques.

Cette nuit-là, le démon s'allongea encore à mes côtés, silencieux, il inspirait et expirait très lentement mais contrairement aux autres nuits, je ne m'endormis pas facilement. Sans doute las que je remue sous le drap, le vampire alla jouer du piano, la même mélodie qu'il avait jouée le troisième jour et le sommeil m'emporta.

Un mois passa, le démon me tentait chaque jour, il m'embrassait, me saignait, me peignait, me caressait. Ma haine ne faiblit pas mais n'augmenta pas non plus. Au fil des jours, je reçus des livres et des CD. Le vampire refusa catégoriquement de me donner d'autres vêtements. Je passais mon temps en nuisette, noire, rouge, bleu nuit, transparente ou en soie, en dentelle, flottante ou moulante. Je n'avais pas le droit de m'attacher les cheveux et de porter du déodorant.

Quand la fin de mon cycle arriva, le démon partit. Je restais quatre jours seule, les repas m'étaient livrés pendant mon sommeil. Ce temps pour moi me permit de faire de fouiller de fond en comble la chambre. Je me doutais qu'il le savait, ou le saurait en revenant. Je ne trouvais rien de nouveau à part une boite en bois précieux, assez grande et fermée par un gros cadenas en fer sculpté. Je l'avais secouée et elle n'était pas vide, elle était même lourde.

J'avais aussi tentée d'ouvrir les fenêtres le premier jour, à mon réveil, un mot posé sur mon plateau m'avait avertie que les fenêtres seraient condamnées si je persistais. J'avais abandonné.

Le matin du cinquième jour, le vampire était dans le lit avec moi, torse nu. Il me sourit quand je me tournai pour lui faire face. Instinctivement, mon corps se tendit vers lui et mes lèvres s'étirèrent, ma raison se réveilla seulement avec quelques secondes de retard. Je me levai et partis dans la salle de bains.

« Nous allons avoir de la visite dans quelques minutes. Sors vite. »

Je m'exécutai, sur le lit, une longue robe noire, m'attendait, le vampire m'ordonna de la revêtir. Un coup sur la porte nous prévint.

« Tu vas rencontrer un maitre de ce monde, tu dois lui parler avec respect. Ne sois pas insolente ou tu le regretteras. »

Il m'avait prévenue qu'il n'était pas le seul vampire dans ce château, il m'avait dit que les autres me tueraient. Et voici que j'allais rencontrer un vampire important...

« D'accord. »

« Tu lui diras maitre, si il te demande de te toucher la main, tu le feras, c'est clair. »

« Oui... » répondis-je, de plus en plus angoissée.

Après un dernier regard lourd de menaces, le démon ouvrit la porte et un homme tout de noir vêtu entra. Son sourire était dérangeant, tout comme ses prunelles rouges et sa peau encore plus blanche que celle d'Edward.

« Isabella, voici Aro. »

Edward me donna un coup dans le dos, pas trop fort, pour me faire réagir. De mauvaise grâce, je m'inclinai comme il venait de le faire.

« Maitre. » murmurai-je.

« Tu joues avec le feu mon jeune ami. Cette humaine est tout bonnement ton ultime tentation. »

« J'en ai conscience Aro. » lui dit mon geôlier.

« Ne t'avais-je pas dit que l'attente en vaudrait la peine ? Ta Cantante... quelle force tu as de ne pas la tuer encore. Je vois que tu l'as goûtée tout de même. »

« Oui, tu avais raison Aro. »

Le vampire pris la main d'Edward entre les siennes, j'étais fascinée par ce geste. La peau d'Aro était comme translucide, le moindre contact semblait suffisant pour la lui déchirer.

« Quelle ironie ! » ricana Aro.

« En effet... Ça n'est pas sans difficultés. » concéda mon geôlier.

« Quelque chose a changé depuis notre dernière rencontre. Tu as beaucoup peint aussi... et composé... »

« Tu sais comme j'aime ces distractions. » expliqua Edward nonchalamment tandis que le vampire se détachait de lui.

« En effet. Ne baisse pas ta garde, elle pourrait être ta perte. » lâcha-t-il, avant de me regarder avec défiance.

« Ma chère, me ferez-vous l'honneur? »

Il tendit sa main vers moi, paume vers le haut, j'y posai la mienne, il était encore plus froid qu'Edward.

« Remarquable. »

Le maître des vampires se figea, ses yeux s'agrandirent comme sous le choc de quelque chose dont je n'avais pas conscience.

« Non... » répondit Edward à une question que je n'avais pas entendue.

« Soit... soupira visiblement dépité le roi des vampires. Oh, et Edward ? »

« Oui Aro ? »

« Tu as eu raison de la cacher des autres, de la mettre en garde. Elle n'est rien pour nous, qu'elle quitte ton antre et elle sera tuée, sans aucun doute. Tu es prévenu. »

« Oui Aro. »

Je glissai un œil vers Edward qui avait resserré ses mâchoires, visiblement agacé par l'avertissement.

« Que se passe-t-il ? » demandai-je quand nous fûmes seuls.

« Déshabille-toi ! » me commanda-t-il, le regard empli de violence et de luxure.


A bientôt pour la suite.