Chapitre 9 : Acceptation
Allongée dans son lit, Rosemary gardait ses yeux bleus fixés sur le plafond sans trouver le sommeil. Elle s'était couchée très tard, vers une heure du matin, parce qu'elle savait déjà que ça serait dur de s'endormir. A exactement deux heures trente-cinq du matin elle avait entendu un grand bruit à quelques rues d'ici. Accident de voiture ? Coup de feu ? Qui sait. A trois heure dix, le chat marron dont elle ne connaissait toujours pas le nom avait miaulé à sa porte. Elle l'avait laissé entrer sans hésitation et désormais elle caressait la grosse masse velue qui ronflait contre sa taille. Il la faisait se sentir un peu moins seule. Après un soupir elle jeta à nouveau un coup d'œil à l'écran de son portable, plissant des yeux devant la lumière crue. Trois heure quarante-deux.
Encore une très longue nuit pour elle.
Après leur entrevue, Jonathan avait fait de son mieux pour sortir un peu de sa cave de temps en temps pour venir la voir, pour rester calme en sa présence. Mais depuis c'était elle qui se renfermait sans rien dire dans sa chambre avec pour seule compagnie des livres et occasionnellement le chat. Elle avait beaucoup pleuré aussi, mais c'était à prévoir. La pauvre devait faire le deuil de sa mère, de sa vie d'avant et de son innocence aussi, un peu. Plus jamais elle ne verrait les choses de la même façon, et Jonathan était une de ces choses. Il avait cassé la télé au fait. Poussée par la curiosité, elle était partie jeter un coup d'œil quand elle avait entendu quelque chose se briser et tomber lourdement à terre, pour ne trouver que Scarlett, qui frottait maladroitement le dos de son frère, assis dans le canapé et la tête entre ses mains. Celle-ci lui fit une grimace en la voyant et secoua négativement la tête alors elle se retira sans rien dire. Elle ne savait toujours pas exactement ce qui s'était passé, mais en gros ça lui faisait de la peine qu'elle soit triste alors il avait donné un grand coup de pied dans l'écran. L'association des deux lui semblait toujours étrange mais Rosemary ne s'attardait plus à ce genre de bizarreries, trop prise dans son propre désespoir.
La Géorgie lui manquait. Sa maman lui manquait. Les champs lui manquaient. Leur petite maison qui grinçait de partout avec sa plomberie bruyante lui manquait. Même l'école lui manquait, c'est dire. Toutes ces choses qui lui semblaient autrefois horribles, frustrantes, triviales ou déprimantes selon son humeur lui donnaient envie de se rouler en boule pour pleurer parce qu'elle ne les reverrait plus. Sa solitude auto-imposée l'avait forcée à une bonne dose d'introspection et Rosemary s'était rendue compte à posteriori que même si sa mère n'avait jamais vraiment fait de geste pour se rapprocher d'elle, Karen n'en avait pas plus fait pour la repousser. Avant rien ne l'empêchait d'aller la voir et de discuter avec elle dans son temps libre à part son travail. Ce n'était pas de la négligence. C'était une mère célibataire débordée qui devait faire comme elle pouvait pour garder son travail dans une petite ville rurale où on voyait d'un très mauvais œil qu'une femme puisse vivre avec une homme avec qui elle n'était pas mariée et avoir une fille qui n'était pas de lui.
Soudain elle entendit un grincement de gonds et elle ravala ses larmes. Ça irait mieux pour tout le monde si on pensait qu'elle dormait. Enfin non, peut-être pas, mais elle ne voulait pas qu'on vienne lui parler. Un autre grincement, et elle comprit que c'était la fenêtre dans le couloir à côté de sa chambre qui venait d'être ouverte. Vu son pessimisme actuel, elle s'immobilisa en pensant que c'était un assassin venant se venger de son frère pour telle ou telle raison avant d'entendre ce qui semblait être les voix de son frère et Scarlett. Ils parlaient, mais elle ne pouvait comprendre la teneur de leur propos. Ses dents se refermèrent sur l'intérieur de sa joue. Ecouter aux portes ce n'était pas bien… Mais ne pas lui dire que sa mère était morte pendant des jours, seulement pour qu'elle le découvre en trouvant le cadavre décomposé du pédophile qui l'avait tuée ouvert sur une table d'opération, ça ne valait pas non plus qu'on lui décerne le prix du frère de l'année. Silencieuse, elle se glissa hors de ses draps et se dirigea vers la porte à pattes de velours. Personne ne lui avait encore dit ce qu'il allait lui arriver, si elle allait pouvoir continuer d'aller à l'école ou si elle serait enfermée ici à vie. Donc au point où elle en était, la moindre information lui serait utile. Une fois que son oreille fut collée juste à côté de l'interstice entre le bas de la porte et le sol, leurs mots devinrent beaucoup plus clairs.
"Moi je dis, c'est une idée à la con."
Au premier relent de cigarette, Rosemary comprit pourquoi ils s'étaient mis à la fenêtre : ils fumaient et ne voulaient pas empuantir tout l'appartement.
"Elle est déjà plus grande que lui. Je ne pense pas qu'il soit un réel problème."
Son ton la surprit, plus buté que raisonnable. Le même qu'elle employait tout le temps en fait, c'en était saisissant.
"Alice Pleasance était adulte. 'Fin. Jeune adulte, okay, mais adulte quoi. Genre elle était grande, elle avait un peu de seins et tout. Chu pas sûre que la taille ça va l'arrêter."
Il soupira et garda le silence le temps de souffler une nouvelle bouffée de tabac dans l'air avant de reprendre.
"Alice …" Il avait l'air de chercher ses mots. "Est censée avoir une certaine … Candeur que Rosemary n'a pas et n'a jamais eu. Toi non plus tu ne l'a jamais intéressé."
La dite fillette ne savait pas ce que candeur voulait dire, mais elle nota mentalement de regarder le mot dans un dictionnaire, pour être sûre que ce ne soit pas trop mal qu'elle n'en ait pas.
"Ouais, mais il a dit que j'avais été Alice."
"Je ne doute pas que tu as dû être une charmante Alice, Ashley."
Rien qu'à son ton, elle pouvait comprendre qu'il y avait une implication malsaine à sa phrase, même si elle ne voyait pas du tout ce que c'était, ou de quoi ils parlaient. Alice ? Ashley ? Qu'est-ce que c'était que cette histoire encore ?
"Alors déjà t'es dégueulasse", commença Scarlett rudement, "ensuite qu'y soit intéressé ou non on s'en branle j'pense. C'est juste pas le genre de mec qu'on fout devant une gosse, ou dans la même pièce qu'une gosse, ou à genre mille mètres d'une gosse. Point barre."
"Mille mètres, c'est un Kilomètre. Kilo veut dire mille."
"Ouais mais j'ai raison merde."
Il soupira.
"Je sais que Jervis n'est pas stable mais tout ce que nous sommes en train de faire à l'éviter ainsi c'est retarder l'inévitable et l'agacer. Tu sais comment il est quand il décide qu'on a trois jours de retard."
Rosemary ne comprenait rien du tout. Soit ils discutaient en code même quand il n'était censé y avoir personne autour d'eux, soit ils parlaient vraiment d'un fou dangereux qui s'appelait Jervis. Au peu qu'elle avait pu déduire, il allait peut-être venir bientôt. Scarlett devait faire la tête car il rajouta :
"Elle va finir par le rencontrer à un moment ou à un autre."
"Ouais mais c'est une idée à la con là. Déjà qu'elle parle plus et qu'elle bouffe plus parce que tu lui as dis que sa mère avait été butée par un pédophile, moi je dis c'est pas le moment de lui en présenter un autre."
Elle dû serrer sa mâchoire pour ne pas faire de bruit. Effectivement, son frère était peut-être censé être le plus intelligent des deux, mais là de suite elle était plutôt du côté de celle qui ne savait pas que mille mètres ça faisait un kilomètre.
"Jervis sera sous notre supervision à tout moment, s'il le faut je demanderais de l'aide à Gimp et –évidemment que je vais lui dire de se changer avant, ne me regarde pas comme ça- et comme il sera sous surveillance et qu'elle ne devrait rien savoir de ses agissements, pour le moment elle le verra sous son meilleur jour : un petit homme très excentrique qui veut plaire à tout le monde et fait d'excellentes mignardises."
… Il allait falloir qu'elle regarde d'autres mots dans le dictionnaire. Et qu'elle trouve un moyen de fuguer avant l'arrivée du pédophile. Ce programme fut très vite modifié quand se souvint qu'elle était dans une ville infestée de criminels. Donc, elle se contenterait de trouver un endroit où se cacher. Le cellier était hors de question, mais est-ce qu'il y avait un grenier ?
"Et si elle le connaît déjà on fait quoi ? Tu m'as dit elle a déjà lu des fanfictions sur toi, ça se trouve elle connaît le HatterCrow."
"Tu marques un point." Admit-il difficilement. "Dans ce cas… Dans ce cas il faudrait que tu essaies de lui demander si elle connaît le Chapelier. Si elle ne le connaît pas, tu lui diras qu'un de mes amis va passer à la librairie sous peu, sinon nous aviseront. Molly a un matelas gonflable ?"
"Ouais, je crois."
"Et bien c'est réglé. S'il le faut tu l'appelleras pour lui exposer la situation, après ça je doute qu'elle refuse de l'héberger une nuit ou deux. Rosemary n'est pas difficile. En général."
Ces deux derniers mots avaient été un peu plus secs. Est-ce qu'il était énervé contre elle ?
"Hey." Souffla doucement Scarlett. "C'est sa mère. T'y peux rien."
Il ne répondit pas.
Figée contre le sol, Rosemary ne bougea pas pendant qu'ils continuaient de se parler. Ils discutèrent longtemps à la fenêtre de la fuite de Lindsey, de ce que Scarlett prévoyait de faire à manger, de ce qui leur restait à faire avant la prochaine livraison –de quoi, elle ne savait pas- et de choses assez tendancieuses qu'elle aurait vraiment préféré ne pas entendre avant de partir ensemble après quelques bruits mouillés qui devaient être des baisers. Beuark.
Le reste de la nuit fut plus calme, mais elle ne trouva pourtant pas le sommeil une fois qu'elle fut retournée dans son lit auprès du chat. Pour une raison qui lui était inconnue la bestiole insistait maintenant pour mettre ses fesses poilues vers son visage, ce qui n'arrivait malheureusement pas à la distraire de ses idées noires. Sa mère était morte et Jonathan le lui avait sciemment caché, tout comme beaucoup d'autres informations d'ailleurs. Il n'avait pas été honnête et c'était sur elle que ça retombait. Pourtant…Pourtant il avait toujours été gentil avec elle, non ? Elle se retourna, agitée. Et là il était … Triste ? Frustré ? Il n'aimait pas la voir ainsi. Ses yeux se remplirent de larmes et elle se mit à pleurer dans son oreiller pour étouffer ses sanglots. Ce n'était pas sa faute ! Lui il n'aimait pas Karen, mais elle si ! C'était sa maman ! Et elle ne l'avait pas bien traitée alors elle avait tellement de regrets qui n'étaient pas près de passer. Cependant, il lui faudrait bien affronter la réalité un jour ou l'autre : Jonathan était la seule famille qu'il lui restait et sa vie n'était pas sûre.
Si elle continuait de s'isoler comme ça, un jour elle finirait par le regretter autant qu'avec sa mère.
Le lendemain elle se leva tôt, ce qui dans cette maisonnée voulait dire qu'elle n'était pas sortie de sa chambre avant neuf heure et demie. Pourquoi ? Parce qu'au cas où on déciderait de la garder à la maison lors du passage du pédophile, Rosemary voulait se trouver une cachette et justement elle voulait en explorer une. Dans le couloir juste en face de la cuisine, elle avait remarqué qu'il y avait une espèce de trappe dans le plafond, dont la serrure à la forme circulaire assez étrange semblait correspondre à ce qu'on voyait au bout d'une tige en métal dans le porte parapluie à l'entrée. Lequel contenait aussi un vieux fusil, un escarpin jaune sans son jumeau, deux fausses fleurs, une brosse à chaussure, des boulettes de papiers, un diamant en plastique, un taser, un monticule de poussière et absolument aucun parapluie. Si on considérait que Scarlett était en charge du ménage ce n'était pas si étonnant que ça.
Armée de sa clé géante, et accompagnée du chat (qui n'était venu que parce qu'il pensait qu'elle allait lui donner des croquettes) elle jeta un coup d'œil dans toutes les pièces pour être sûre que Scarlett et Jonathan étaient encore en train de dormir puis elle se mit juste sous la trappe, inséra la tige dans le trou et commença à triturer ça dans tous les sens. La trappe s'ouvrit sans prévenir et elle évita de peu l'échelle qui s'en déroula avec grand bruit. Elle resta figée pendant un instant avant de commencer à grimper, suivant le chat qui s'y était aventuré avec assurance en quelques sauts. Si ça ne lui faisait pas peur, c'est que ça ne devait pas être trop dangereux, n'est-ce pas ?
Malgré son poids plume chaque marche poussait des grincements horribles. Tu parles d'y aller tôt pour ne réveiller personne…
"Bonjour Rosemary."
Le petit couinement qu'elle poussa en entendant son frère derrière elle n'était pas très intimidant, et son regard de petite fille qu'on avait attrapé la main dans le pot de confiture ne l'était pas plus. Lui par contre, même en bas de pyjama à rayures il avait l'air intimidant avec les grosses cicatrices sur son torse, ses bras croisés et son regard noir d'ours mal léché.
"Bonjour." Dit-elle d'une toute petite voix. "Je t'ai réveillé ?"
"Non, tu crois ?"
Gênée, elle fit la grimace et regarda ailleurs en marmonnant un faible "Désolée". Elle qui voulait renouer un peu avec lui, commençait assez mal. Elle l'entendit soupirer et les marches du bas grincèrent. Quand elle se retourna il s'asseyait tant bien que mal sous elle, tête au niveau de ses genoux.
"Mal à dormir ?"
Elle déglutit pour ravaler ses larmes. Plutôt que de donner une vraie réponse, elle fit "Mhmm" et regarda dans ce qui semblait être un grenier au vu des nombreux cartons couverts de poussière, que le corps touffu du félin charriait avec lui. C'était tellement bas de plafond qu'au grand maximum elle aurait seulement pu se mettre à genoux.
Jonathan souffla. Il n'aimait pas du tout quand elle faisait ça, répondre avec des onomatopées sans ouvrir la bouche. Cependant il se passa de commentaires.
"C'est quoi Lolita ?" Demanda-t-elle soudainement.
Ce n'était pas par intérêt qu'elle demandait ça, mais parce qu'elle avait déjà compris que c'était quelque chose de glauque et qu'elle voulait le mettre mal à l'aise. Peut-être pour qu'ils soient sur un pied d'égalité. Non en fait elle ne s'avait pas vraiment, ça lui était juste venu comme ça. Il eut l'air pris de court pendant une seconde, ce qui chez lui voulait dire qu'il avait remonté le menton d'un demi centimètre et haussé un peu les sourcils, mais il se remit assez vite.
"Ah, oui, je t'en avais parlé. Lolita c'est… Dans le livre c'est un genre de … De nom donné à un… Un idéal oui, dans un sens. Un idéal d'une fille parfaite, qui se superpose à une réalité qui est loin de l'être… Et qui à force … S'étiole… Et qui, par comparaison, rend la réalité d'autant plus insupportable, parce que ce n'est pas ce qu'on s'est efforcé de voir pendant si longtemps, parce que ce n'est pas aussi… Brillant." Il fit une pause. "Enfin, passons." Il pencha la tête et fit un sourire en coin en voyant une queue poilue dépasser de derrière sa sœur. "Je vois que monsieur était avec toi. Ça faisait deux jours qu'on ne l'avait pas vu, on commençait à croire qu'il avait encore fugué."
Pas dupe, elle avait bien vu qu'au final il n'avait pas expliqué le scénario du livre. Rosemary le laissa changer de sujet sans rien dire et se tourna vers le chat, lequel était en train de se lécher les fesses, l'air suprêmement peu concerné.
"Il s'appelle comment ?"
"Sayonara." Il sourit un peu en la voyant hausser un sourcil. "Je n'ai jamais été très doué avec les animaux mais il fut un temps Jervis insistait pour m'en ramener. Pour me tenir compagnie sans doute. Ses intentions devaient être tout ce qu'il y a de plus sincères, mais je n'ai jamais apprécié qu'il fasse ça et ils ne restaient jamais très longtemps alors pour le lui faire comprendre j'ai commencé à leur donner des noms comme Adieu ou Ciao."
Il étendit le bras pour gratter le chat derrière les oreilles. Le félin ne releva le museau qu'une seconde avant de reprendre sa toilette.
"Sauf qu'au final Jervis aura eu le dernier mot. Cela fera bientôt trois ans que Sayonara survit avec nous et nous suit d'appartement en appartement, donc nous avons fini par nous tolérer. Après, il lui arrive de disparaître donc il est possible qu'il se fasse entretenir par une autre famille et qu'il ne revienne ici que pour voir quels ennuis nous nous sommes attirés dernièrement. Scarlett appelle ça TéléChat."
Elle sourit un peu. Toilette terminée, Sayonara le chat roula sa colonne une dernière fois contre la main de Jonathan avant d'aller s'enfoncer un peu plus loin dans les ténèbres du grenier.
"De tous les animaux qu'il m'aura laissés, je préfère de loin ce chat. Les félins sont très indépendants. La plupart d'entre eux sont assez intelligents pour se débrouiller seuls et ils ne demandent pas tant d'entretien que ça." Puis il fronça les sourcils et remonta les quelques marches qui le séparaient de Rosemary. "Par contre il va falloir le récupérer avant qu'il ne laisse des saletés partout."
Avec un grognement d'effort il atteignit le plancher du grenier, puis il sortit son téléphone pour s'en servir de lampe torche.
"Il ferait ça ?" Demanda-t-elle un peu naïvement en poussant un carton pour lui laisser de la place.
Pourtant il n'avait rien fait dans son lit… A part y laisser une tonne de poils bruns. Jonathan la désabusa très vite.
"La dernière fois qu'il s'est coincé dans le grenier nous ne nous en sommes pas rendu compte avant la nuit. Quand on l'a libéré il avait déjà uriné sur toutes mes affaires pour se venger et il s'est mis à se cacher sous les meubles pour pouvoir se jeter sur nos doigts de pieds à l'improviste. Ca duré…Trois semaines je dirais ?"
Elle fit la grimace. Effectivement.
"Tu prends à gauche, je prends à droite." Dit-il en avançant lentement, accroupit. "Et fais attention, il griffe."
Elle releva un sourcil dans son dos. Il pouvait bien en faire tout un char, c'était un chat et rien de plus. Ça ne pouvait pas être si dur que ça.
Et bien en fait… Si.
Là où la hauteur du plafond, l'encombrement et l'obscurité les ralentissait considérablement, Sayonara n'avait pas ce genre de problème. Elle avait même l'impression qu'il prenait un malin plaisir à se tenir tout près d'eux uniquement pour s'enfuir à la dernière seconde en utilisant sa queue comme un plumeau pour leur envoyer une bonne bouffée de poussière dans la figure au passage. Au bout de trois fois, la patience de Jonathan atteint ses limites.
"Bon, ça ne va pas être possible- SCARLETT ! VIENS ICI OU JE METS TON CHAT DANS LE SECHOIR !"
Elle le regarda avec des yeux ronds.
"Je ne vais pas le faire, je veux juste qu'elle se lève. SCARLETT !"
Dans le doute elle essaya quand même une dernière fois pour lui éviter un sort funeste, mais le félin parvint à s'échapper de peu et Rosemary se cogna la tête contre le plafond en entendant la voix agacée de Scarlett les héler depuis en bas.
"Qu'est-ce vous foutez, là-haut ?"
Plus proche de la trappe, ce fut elle qui passa sa tête par l'ouverture pour lui répondre.
"On essaie d'attraper le chat !"
Elle poussa une mèche de cheveux roses en grognant, leva les yeux au ciel et sortit du couloir. Rosemary fit la moue. Ah bah merci, c'était sympa d'aider. Mais avant qu'elle ne puisse penser des choses très peu flatteuses, la jeune femme revint avec une écuelle pleine de croquettes et se mit à la secouer. Ni une, ni deux, Sayonara les dépassa telle une grosse fusée marron et se frotta contre les chevilles de Scarlett en miaulant. Les deux le regardèrent poursuivre sa maîtresse dans la cuisine d'un œil torve.
"Un jour..." Dit-il lentement en haussant la voix pour Scarlett. "...Ce chat finira sur le grill !"
Rosemary grimaça en l'entendant lui hurler qu'elle l'emmerdait de son horrible voix de crécelle. Une main sur la tige de métal, il lui intima ensuite de descendre d'un coup de tête. L'exploration, c'était fini pour aujourd'hui. Il replia l'échelle dans un grincement de fin du monde tandis qu'elle entrait dans la cuisine où Scarlett caressait son chat d'une main en cherchant une boîte de thé dans un placard de l'autre.
Et pour la première fois depuis la cave, ça ne fit pas si mal de lui rendre son sourire.
Désolée pour le gros retard, plein de dossiers à rendre pour mon master, mon stage obligatoire en intensif tout ça, tout ça... En tout cas merci à BlueVassilissa pour la review et à dans 1-3 semaines !
- Gros chapitre un peu tranche de vie pour vous remettre de la dissection de la dernière fois ^^. A l'origine c'était Scarlett qui parlait à Rosemary mais j'ai décidé de changer. Et je suis désolée, je n'avais pas l'intention de rendre ça si long mais Sayonara a un peu pris mon scénar en otage.
- Le petit point sur Lolita, j'avoue que j'ai eu du mal parce que va expliquer ça à une gamine de onze ans.
-Je le dis toujours pour mes fanfictions mais je le répète : LES GENS MENTENT ! Que ce soit volontaire ou pas, le point de vue des personnages sera toujours orienté. Karen est un bon exemple : Jonathan la déteste et va toujours présenter les évènements qu'il connaît de la pire façon qui soit. Rosemary est frustrée par sa négligence dans les premiers chapitres et ça se ressent mais maintenant qu'elle est morte, à ses yeux c'est soudainement une sainte qui n'a jamais rien fait de mal.
-Pour celles et ceux qui ne savent pas, HatterCrow c'est le nom du couple Mad HatterX Scarecrow, et il est assez populaire vu que les deux sont effectivement potes dans pas mal de comics (je me doute que vous le savez mais je le dis quand même vu que j'en ai jamais trouvé en français).
- Télé-chat c'était une parodie du journal télévisé flippante dont a parlé joueur du grenier. Télé-chat, c'est aussi le nom qu'on a donné à ce que mon chat fait quand il se pose derrière la fenêtre pour regarder ce qu'on fait et refuse d'entrer quand on ouvre. Les chats montrent leur fesses pour montrer leur amour, j'avais un chat qui attaquait les doigts de pieds des gens quand ils ne mettaient pas de chaussons (la grand-mère de ma mère en avait un qui faisait la même chose) et puis la technique de l'écuelle pour attirer un chat récalcitrant, si vous en avez déjà eu un je suis sûre que vous la connaissez :D.
- Le coup des animaux de Crane était un délire du temps où je faisais du RP, qui sera implémenté dans Carnet de Bal. Dans l'ordre d'apparition (aussi loin que Scarlett se souvienne) il y a eu : Ciao le Rat, Byebye le Lapin, Adieu le Yorkshire, Hasta Luego le Poisson Rouge et enfin Sayonara le Chat. Et ne vous inquiétez pas pour Sayonara : c'est le Rambo des chats, il survit à tout puis il griffe le mobilier, chie partout et se jette sur tes pied en haut des escaliers pour se venger.
