Petite indication : Je m'en suis allée voir l'avant-première de la Bataille des Cinq Armées hier, c'était chouette, mais, du coup, vis à vis de Koop, dans la mesure où je viens de terminer le chapitre vingt-et-un, je ne pense pas que je modifierai ce que j'ai déjà écrit pour coller avec la fin que propose Peter Jackson. Je modifierai peut-être quelques dialogues, et je réécrirai peut-être le prologue quand j'aurai le courage et que je serai assurée que tout le monde a bien vu le film pour pas spoiler, mais sinon, je laisse tel quel !


Prenant soin de ne pas brusquer l'accélérateur, Billie rangea la voiture de sport à sa place, dans le garage de la villa de Kili, puis elle coupa le moteur et retira les clés du contact. Elle resta ensuite immobile un moment, malmenant sa lèvre inférieure avec ses dents.
Elle venait de conduire Ethan à l'aéroport de Baltimore et avait encore trouvé le moyen de se répandre en excuses, qu'il avait accepté en maugréant.

Distraitement, elle détacha sa ceinture puis elle sortit de la voiture. En silence, elle remonta les marches qui la menèrent aux pièces principales de la demeure mais, pas vraiment à l'aise, elle décida de retourner dans sa salle de bain pour prendre une douche.

Dwalin la vit passer, mais il s'interdit de la suivre. Il préférait attendre qu'elle vienne à lui. Pourtant, ces derniers jours avaient été particulièrement éprouvant pour lui et, sans qu'il le veuille réellement, ses pas suivirent ceux de la jeune femme.

Billie était dans la salle de bain, face au miroir. Elle l'avait entendu arriver et ses yeux accrochèrent les siens à travers le reflet. Ils échangèrent un long regard, puis Dwalin pénétra dans la pièce et se colla à son dos pour l'enlacer tendrement.

Il remarqua distraitement que Billie, comme Ori, lui arrivait à peine à l'épaule, le rapport de taille entre eux deux restait exactement le même.

— Tu n'imagines pas à quel point tu m'as manqué…

Elle ferma les yeux lorsqu'il déposa un baiser sur son épaule et elle serra la mâchoire avant de parler doucement.

— Comment sais-tu, Jayden… Comment peux-tu affirmer m'aimer ? Tu ne me connais même pas…
— J'apprendrai.
— Nous sommes deux inconnus, deux étrangers…
— C'est ainsi que tu me vois, Ori ?

Dwalin leva son regard pour croiser celui de la jeune fille dans la glace. Elle tressaillit au nom qu'il lui donna, puis, après un long échange visuel, elle secoua doucement la tête de droite à gauche.

— Non, c'est simplement que… Ca semble irréel…

Elle inspira profondément et vint caresser la main de Jayden, qui était posée sur son ventre. Doucement, il prit ses doigts entre les siens et l'invita à se tourner vers lui.

Les yeux de Billie étaient déjà clos et Dwalin n'eut même pas à demander, ses lèvres étaient entrouvertes dans une invitation tacite.
Leur bouche se trouvèrent une première fois dans une caresse veloutée, se séparèrent pour mieux se retrouver. Ils n'eurent besoin que de quelques secondes avant de s'accorder, comme si la mort, la distance et les erreurs ne les avaient jamais éloignés et qu'ils se trouvaient encore là-bas, à Erebor, tous les deux.

La douceur laissa peu à peu sa place à la passion, au pardon et au désir. Billie gémit lorsque, brusquement, Jayden la prit par les hanches pour la soulever et la poser sur la table près du lavabo, toutefois, elle enroula immédiatement ses jambes autour de sa taille et, d'une pression, l'amena à se presser contre elle, sans rompre le baiser.

Sans perdre de temps, le plus grand se sépara brièvement d'elle pour lui ôter son T-shirt avant de revenir sur ses lèvres tout en caressant sa peau découverte. Elle se tordit dans ses bras, comme elle l'avait toujours fait, dans une autre vie. Billie Joy Jamison, Ori…
Alors que le corps svelte répondait avec autant d'érotisme à ses caresses, Dwalin ne put que remercier le ciel, ou n'importe quoi d'autre, pour lui avoir offert cette deuxième chance avec la personne qu'il aimait et qui était restée la même, à quelques détails près.

Mais, trop tôt, la jeune fille rompit le baiser pour parler d'une voix décousue :

— Pas ici, Dwalin, emmènes-moi dans un lit.

Il rigola. Ce n'était pas d'elle qu'il se moquait, mais ce genre de phrase, pendant un moment, il l'avait entendu pratiquement tous les jours, alors il ne put s'empêcher de rire, surtout lorsque ses yeux tombèrent sur le sourire mutin de Billie.

— Tu vas cordialement me prier de me taire et de profiter ?
— Si tu connais la réponse, pourquoi t'acharnes tu as me demander ?

Toujours souriant, il emprisonna une nouvelle fois les lèvres de Billie dans les siennes, laissant une main s'égarer dans son dos pour en ouvrir le soutien-gorge qu'il balança au large. L'autre main remonta le long de la nuque gracile et plongea dans les cheveux soyeux et il s'empara de l'élastique pour défaire sa natte. Il l'entendit gémir et il la sentit onduler contre lui, échauffant son bas-ventre qui se liquéfia. Elle lui fera payer après, il le savait, mais il n'était plus question de s'arrêter là pour aller jouer ailleurs. Du moins, il en était persuadé, jusqu'à ce qu'elle ne se sépare de lui pour le regarder sérieusement dans les yeux :

— Tu as un préservatif sur toi, Jayden ?
— Pourquoi faire ?

Elle leva les yeux au ciel et le repoussa gentiment tout en lui envoyant un sourire narquois.

— Parce que cela fait quelques jours que je n'ai pas pris ma pilule et... Si tu n'as pas encore fait le lien : Il se trouve que si tu ne fais pas attention, tu risques de te retrouver papa plus tôt que prévu…

Il écarquilla les yeux et resta bouche bée alors que son esprit digérait doucement l'information à laquelle il n'avait songé à aucun moment. Sans s'occuper de l'éclat de rire attendri de la plus jeune, ses yeux glissèrent sur son ventre plat et il recula inconsciemment lorsqu'elle le repoussa pour poser les pieds au sol en ricanant.

— Tu peux me toucher, tu sais, on ne va pas attraper un bébé simplement si tu m'embrasses.
— Te fous pas de ma gueule, c'est juste… Une possibilité à laquelle je n'avais jamais pensée…

Un rire clair s'échappa des lèvres d'Ori, rire qui se transforma en glapissement lorsque, piqué, Dwalin la ceintura pour s'emparer de sa bouche, tout en laissant ses doigts glisser impunément sur son épiderme maintenant découvert et furieusement, ses mains se faufilèrent sous son jean pour agripper ses fesses musclées par l'équitation, la faisant tressaillir. Elle qui n'était habituée qu'à la douceur d'Ethan, la passion contenue dans les gestes de Jayden et la puissance endormie qui faisait vibrer son corps l'intimidèrent sensiblement tout en l'échauffant considérablement.

Elle se dégagea une nouvelle fois en riant et recula vers la porte, sans le lâcher de son regard pétillant :

— On va sur un lit, Dwalin… C'est moi qui ai pensé à prendre des préservatifs, c'est moi qui décide…
— Garce… Tu les as sur toi…

Il avança sur elle tandis qu'elle reculait, plongeant sa main dans la poche de son jean, un immense sourire mutin lui barrait le visage.

— Je te connais, Jayden…

Jamais il n'avait autant aimé ce nom que lorsque la jeune fille le susurra avec une telle dévotion. Il la regarda reculer de quelques pas encore, détaillant sans pudeur son corps appétissant, ses seins ronds et ses hanches pleines. La carrure de ses épaules, quoique plus féminine, ne différait pas de celles du nain qu'elle avait été, le ventre était tout aussi plat, même s'il le devinait plus doux que ferme.

Il sourit à son tour, un sourire affamé, et il la suivit dans sa chambre.

oOo

— Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre la moindre revendication, comme Finn l'a expliqué à l'inspecteur Lestrade, l'attentat n'était qu'une diversion, un camouflage.
— Dans ce cas, pouvez-vous me dire ce qu'ils comptent-ils faire des otages ?

Théo inspira sombrement et croisa les bras pour répondre à Mycroft.

— Ce ne sont pas des otages…
— Comment ça ?
— Ce sont des cibles, ou des proies. Azog n'a que faire du gouvernement anglais, de Londres ou de ses occupants, s'il a fait ça, c'était uniquement pour s'emparer des trois personnes actuellement portées disparues. Il n'a aucune revendication.
— Vous connaissez les raisons ?
— Elles sont… assez délicates à cerner. Cet homme ne possède pas de critères définis. Disons, pour faire simple, que ces victimes ont éveillé son intérêt et-
— Nous devrions nous concentrer sur les recherches, et non sur les raisons. Après tout ce que l'on vient de vous dire, vous comprendrez que nous n'avons pas un instant à perdre.

Théo lança un regard à son frère qui semblait avoir de plus en plus de mal à contenir Kili qui menaçait de leur fausser compagnie à tout moment. Finn s'adressa au brun, en français :

— S'ils ont pris la peine de faire savoir qu'ils sont derrière ces attentats, c'est certainement parce qu'ils n'attendent qu'une chose : que tu te jettes la tête la première sur les traces d'Azog… Les retrouver ne sera pas le plus compliqué dans cette histoire. Le problème, c'est que, dernièrement, leurs différentes proies n'ont cessé de leur filer entre les doigts… Entre Eirick qui s'est échappé une première fois, la jeune Jamison qui leur a tendu un piège et ce brave Salaï que nous avons cueilli au bon moment… Nous ne pouvons pas espérer qu'il fasse une erreur, cette fois-ci, nous n'avons absolument pas l'avantage.
— J'en suis conscient, mais que veux-tu que l'on fasse ? Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Ils peuvent être n'importe où, à l'heure qu'il est, surtout qu'Azog semble avoir des moyens logistiques non négligeables.
— Peut-être, mais promets-moi que tu ne vas pas-

Finn fut coupé par la sonnerie du portable de Mycroft qui haussa un sourcil en lisant le SMS.

— Merci messieurs, mais à partir de maintenant, le gouvernement britannique prend le contrôle de cette affaire.

Interloqués, Finn et Théo échangèrent un regard avant de se tourner vers l'anglais qui pianotait sur son Smartphone tout en prenant la direction de la sortie.

— Comment ça ?
— Votre aide est appréciée, mais elle n'est pas nécessaire. Mes agents sont sur le coup. Maintenant, veuillez m'excuser.
— Attendez, vous savez où ils se trouvent ?

Mycroft, s'arrêta sur le seuil pour se tourner vers eux, droit et impeccable, les gratifiant d'un regard ni blasé, ni condescendant, mais presque et, surtout, hautement éloquent :
« Je sais tout ce qu'il se passe sur le sol britannique, messieurs, merci de ne pas en douter. »

Il tourna les talons et s'éclipsa, laissant les deux frères bouche bée. Puis ils échangèrent un regard et, sans attendre, suivirent les pas de Mycroft et sortirent du bâtiment. Raphaël les rejoignit en voiture et il s'arrêta devant eux, leur faisant signe de monter, récoltant le sourire narquois de Fin :

— Sa majesté a son permis ?
Shut up, asshole. Je viens d'apprendre qu'Azog est à Rainham.
— Comment il sait ça, le petit prince, il a demandé aux oiseaux ?
— Parce que j'étais à côté de l'inspecteur Lestrade quand le frère Holmes lui a envoyé les coordonnées, ducon.
— Je vois, par contre, tu permets, je vais prendre le volant si ça ne te dérange pas.

Raphaël écarquilla les yeux, mais, tandis que Thorin s'installait du côté passager, Frérin fit le tour de la voiture pour ouvrir la portière conducteur et inviter le jeune blond à sortir pour prendre place à l'arrière, à côté de Kili.

— Frérin, n'oublie pas qu'ici, on roule à gauche.
— Qu'est-ce que ça change ?

Il embraya et la voiture réquisitionnée par le jeune américain fusa pour s'insérer dans le trafic.

— Par contre, je vais par où ?

En réponse, Raphaël leva les yeux au ciel et se pencha pour lui montrer son Smartphone, dont le GPS était enclenché, sur lequel il avait enregistré l'adresse exacte. Thorin s'empara du portable puis le blond se rassit dans son siège et regarda le paysage défiler à une vitesse vertigineuse tandis que le brun indiquait la direction à son frère.

Ils sortirent de la ville et longèrent la Tamise. La nuit commençait à tomber, à l'instar du fameux fog londonien, brume suintante et lugubre. Le GPS les guida jusqu'à la réserve naturelle de Rainham, des entrepôts abandonnés se trouvaient sur les rives du fleuve qui semblait endormi. Le secteur était vide et désert, malgré la proximité de la capitale, il n'y avait pas un bâtiment à des kilomètres à la ronde, seuls ces funestes hangars trônaient sur la berge du fleuve.

Frérin éteignit les phares avant d'emprunter un chemin de terre qui longeait l'eau. Il roula doucement, puis, lorsqu'ils avisèrent les bâtiments qui se découpaient sombrement devant eux, il coupa le moteur et lança un regard à son frère.

— Si on agit en solo, on va se prendre les anglais sur la gueule.
— Ils ne savent pas à quoi s'attendre.
— Nous non plus.
Non importa. Non c'è dubbioche noisprechiamotempo di attesa perloro.

— Kili, n'oublie pas que l'on ne comprend pas ta langue et je veux bien faire des efforts, mais à cette vitesse-là, je ne capisce pas un mot.

En réponse, le brun dégaina son arme et sortit du véhicule, déterminé à agir sans attendre, mais il n'eut pas le temps de faire trois pas : il se figea lorsque le canon froid d'un revolver se posa entre ses deux yeux. En moins de deux secondes, sans un bruit ou un mouvement superflu, l'inconnu qui tenait Kili en joue se trouva menacé par les armes de Thorin et Frérin, qui avaient bondi hors de la voiture.

La scène sembla se figer un instant, puis leur agresseur, après les avoir étrangement sondé, releva son arme dans une attitude inoffensive avant de parler d'un ton froid malgré sa voix profondément grave.

— Canadiens ? C'est donc la raison pour laquelle vous avez mis autant de temps.

Thorin baissa son arme à son tour, sans rompre le contact visuel qu'il avait avec le grand brun en face de lui.

— De quoi parlez vous ?

Sans montrer la moindre émotion, l'inconnu plissa les yeux alors qu'il détailla attentivement Théo, puis il fronça les sourcils lorsque son regard étrange passa Kili en revu, Raphaël ensuite, qui était sortit de la voiture, et il haussa les épaules après un bref coup d'œil sur le plâtre du plus jeune.

— La ponctualité des canadiens est légendaire. Mais je me doute que ce n'était pas le sujet de votre question… Trois personnes ont été enlevées ce matin. Mais pourquoi avoir fait exploser autant de bombes pour faire disparaître un enfant, un médecin de guerre et un jeune homme sous protection judiciaire ? Il existe des méthodes moins… Voyantes. Surtout que nous avons mis moins de quarante minutes à nous apercevoir de leur disparition… Alors, pourquoi ? Ils ont des prisonniers, très bien. Pourquoi se contentent-ils de rester à moins de dix kilomètres des lieux du crime et que comptent-ils en faire ?
— Un appât.

Le brun salua courtoisement Raphaël avant de se tourner vers Théo, pour ancrer son regard dans le sien.

— Exactement, un appât. Retrouver leur trace fut d'une simplicité enfantine, mais ils sont surarmés et sur le qui-vive… Il ne me restait qu'à attendre la véritable proie de cette histoire…
— C'est quoi ce délire… ?
E uno psicopatico.

Le brun se tourna vers Finn et Kili, qu'il jaugea d'un regard méprisant avant de parler froidement.

Alto livellosociopatico, je vous excusez-moi, je ne me suis pas présenté : Sherlock Holmes, détective consultant. Mon frère ne va pas tarder à passer à l'action, alors si vous voulez bien vous donner la peine…

D'un signe de tête, Sherlock leur montra les entrepôts. Thorin et Frérin échangèrent un regard avant de ranger leurs armes pour emboiter le pas du grand brun, Raphaël et Kili sur leurs talons.

— Les victimes ont été séparées. L'enfant, Lucien Tomson, se trouve dans le hangar qui se situe sur le fleuve, trois-cents mètres en amont des entrepôts. Une passerelle de cent mètres le relie à la terre ferme, elle est surveillée par trois hommes armés de snipers. John et le jeune Weiss sont retenus dans l'un des entrepôts de la berge, le troisième, le plus grand. Votre venue est attendue, les gardes sont placés de manière à vous permettre un discret passage jusqu'au deuxième entrepôt.
— Passage qui se refermera une fois que nous nous serons faufilé dedans...
— Tu as trouvé ça tout seul ? Etonnant.

Frérin s'immobilisa et resta bouche bée face à la répartie cinglante de Sherlock et il fronça les sourcils.

— Hey !

Mais son frère s'interposa avant qu'il n'ait le temps de faire ou dire quoi que ce soit et tous se tournèrent vers Théo, qui analysa rapidement ce que le détective venait de lui apprendre. Il s'exprima en français, pour Kili qui n'était pas à l'aise avec l'anglais.

— Très bien… Raphaël, tu es vif, léger et plutôt discret, dans le genre. Tu vas t'occuper de libérer Lucien Tomson, nous, on se charge de John et Fi… Eirick. Finn et moi avons l'habitude de travailler en équipe, Kili, tu vas nous attendre-
Fuori questione ! Hors de questionne ! Je vienne avec vous. Les hommes que le Padre m'a promis seront là dans moins d'oune heure, je viens de leur envoyer l'adresse.
— Ha merde, j'avais oublié qu'un gang de mafieux n'allait pas tarder à se mêler de ça…

Finn avait tiqué, à l'instar de Théo qui serra les dents avant de reprendre :

— Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre… Azog n'est pas dans le genre patient et si Bo- Vladimar est là, ça risque de chauffer pour Eirick. Nous devons éloigner les victimes de la zone de tir, la situation pourrait devenir très tendue s'ils sont encore entre les mains des terroristes lorsque les forces armées interviendront. Mais la réussite de l'opération reposera sur la rapidité et la discrétion…
— N'oublies pas que j'ai été élevé à la mafia.
— Moi, je n'oublie pas que tu as un mollet en charpie.

Kili fronça les sourcils et fusilla Frérin du regard, mais Thorin continua :

— Nous allons pénétrer dans l'entrepôt par le sud, ils ne s'attendent pas à ce que l'on s'approche par les berges, et m'est avis qu'ils ne nous attendent pas aussi tôt, ils ne seront pas encore sur le qui-vive. Kili, de toute manière, je préfère te savoir près de moi plutôt qu'à gambader dans la nature avec une dizaine de mercenaires à tes ordres.
— Et on fait quoi de l'autre alien ?
Do not mind me, please.
— Did you understand what we just said ?
— Yop.
Encore un relou qui comprend le français mais qui ne fait aucun effort pour le parler…

Sans s'occuper de son frère qui grommelait, Thorin se tourna vers le britannique, qui pianotait distraitement sur son portable, pour lui demander en anglais :

— Qu'avez-vous l'intention de faire ?
— Des trucs d'alien…

Il lança un clin d'œil arrogant à Frérin tout en rangeant son portable dans une poche de son grand manteau noir, puis il tourna les talons et marcha vers les entrepôts, sans attendre les américains.

— On fait quoi, on le suit ?
— Non, ce genre de mec ne peut briller qu'en solo. Raphaël, tu as une heure pour récupérer le gamin avant que les gros bras de Kili n'arrivent. Je doute qu'ils fassent dans la dentelle, mieux vaut éloigner les victimes avant qu'elles ne soient prises entre deux feux. Les services britanniques sont sur la route, s'ils ne sont pas déjà là, mais leur objectif est de coincer Azog, leur intervention risque de faire plus de mal que de bien aux prisonniers.

Thranduil serra les dents et dû se retenir d'envoyer Thorin et ses ordres voir ailleurs s'il y était, mais le jeune homme se souvint qu'il n'était qu'un jeune lieutenant et pas du tout en position de remettre ce type arrogant à sa place, malgré l'envie qui le tenaillait. Il hocha la tête, livide, et il prit la direction du fleuve, sur lequel se devinaient les contours d'un petit hangar, mais Théo le rattrapa avant qu'il ne se soit éloigné.

Le brun sans un mot, lui tendit un sweat à capuche, sombre et très élégamment coupé, quoiqu'un peu trop grand pour le blond qui le regarda comme s'il venait de le sortir d'un tas de déchets. A la demande du plus grand, il l'enfila, les sourcils froncés.

— C'est le pull de ton frère ?

En réponse, Thorin cacha le visage du plus jeune sous la capuche, prenant bien soin de dissimuler les cheveux dedans.

— S'ils reconnaissent ton visage, tu iras au devant de grands ennuis et ce sera la merde pour nous.
— C'est pour ça que tu m'envoies en solo ? Pour ne pas que je me retrouve confronté à ceux qui se rappelleront de moi ?
— Crois-moi, c'est mieux ainsi. Quoiqu'il arrive, mise tout sur la discrétion, ne prend aucun risque, et garde ça.
— Un traceur ?
— Fais en sorte de l'avoir toujours sur toi.

Théo se recula légèrement pour sonder le plus petit du regard, puis distraitement, il fit passer une mèche rebelle derrière l'oreille, avant que Raphaël n'expulse sa main d'un geste sec.

Don't. Méfies-toi, on va penser que tu te fais du soucie pour moi.
— L'idée t'horripile, n'est-ce pas ?

Thranduil poussa un claquement de langue parfaitement agacé et il tira légèrement sur sa capuche pour dissimuler son visage avant de tourner les talons.

— Une dernière chose, essaie de tenir le plus longtemps possible sans déclencher de coup de feu ou d'alarme, nous allons certainement mettre plus de temps que toi avant de pénétrer dans les bâtiments, mieux vaut qu'ils ne soient pas en état d'alerte à ce moment…
Got it.

Thorin le regarda disparaître dans la brume, admettant que le surnom que lui avait trouvé Frérin était parfaitement approprié, car la réincarnation du roi elfe, ainsi couverte d'un sweat trop grand qui portait le logo de l'équipe de hockey d'Ottawa, semblait tout droit sorti du roman de Saint-Exupéry.

Il retourna auprès de son frère, simplement vêtu d'un t-shirt aux couleurs du Québec, qui essayait de comprendre la conversation de Kili, qui parlait en italien au téléphone.

— Tu sais, Thorin, je crois que je n'ai jamais participé à une intervention aussi bordélique… Un alien de haut niveau en freestyle, un gamin inexpérimenté en solo, un gang de mafieux prêt à tout pour Al Capone qui est prêt à tout pour son frère, Deux agents secrets canadiens et un groupe d'intervention britannique qui sera là d'un instant à l'autre… Le tout ligué contre Azog et ses hommes, on ne sait même pas combien ils sont…
— On se concentre sur Fili, le reste n'a aucune importance. Comme l'a bien dit ce Mycroft, le gouvernement britannique se chargera de cette affaire, je lui fais confiance. Notre priorité sont les prisonniers ou au moins Fili. Les deux autres sont certainement des réincarnations d'elfes qui passaient par là au moment des faits.
— Ok.

Ils échangèrent un regard, puis ils s'élancèrent rapidement vers la berge du fleuve, couverte d'épais taillis qu'ils longèrent discrètement.

oOo

Too easy…

Raphaël se réceptionna sur ses pieds en silence et lança un regard par dessus son épaule. Deux hommes, armés de sniper, fumaient tranquillement tout en gardant un œil distrait sur la passerelle. Avec une facilité déconcertante, le jeune blond s'était faufilé le long des piliers d'acier, sous le pont, quelques centimètres à peine au dessus de l'eau, puis il avait longé la plate-forme avant de grimper sur le rebord, non loin d'une ouverture non surveillée du hangar.

Sans un bruit, il glissa à l'intérieur du bâtiment et avisa trois hommes qui discutaient en marchant lourdement à travers les containers amassés là. Discrètement, il dégaina son arme et les suivit jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent devant une salle gardée par un homme surarmé.

— Alors ?
— Rien, ce gamin est une vraie terreur, ça m'étonnerai que l'on en tire quoi que ce soit…
— L'esprit qui l'habite est trop puissant, il va tourner fou. Nous ferions mieux de l'exécuter maintenant, il ne nous sert à rien.

Pressé contre un container, la main fermement serrée sur son arme, Thranduil fronça les sourcils tout en sondant les alentours. Cela ne faisait aucun doute que l'enfant se trouvait dans la pièce gardée par les quatre hommes et le jeune agent chercha rapidement un moyen d'intervenir sans compromettre la tâche de Thorin.

oOo

— Frérin, tu passes en premier.

Le blond hocha la tête et il s'allongea au sol pour ramper jusqu'au mur arrière de l'entrepôt. Silencieusement, il déverrouilla la porte rouillé qui semblait ne pas avoir été utiliser depuis pas mal de temps. Il fit ensuite signe à Kili de le rejoindre, puis Thorin arriva peu de temps après.

— Elle va grincer quand je vais l'ouvrir.
— Prend le temps qu'il faut.

Frérin acquiesça, puis, doucement, poussa la porte de fer avec son épaule, s'assurant à faire le moins de bruit compromettant possible. Kili et Thorin avaient dégainé leur arme et étaient sur le qui-vive, prêt à défendre leur vie. Une fois que l'ouverture fut suffisamment large pour qu'ils puissent s'y engouffrer, Finn se redressa en souriant fièrement.

— Ba voilà, en silence, sans que quiconque se doute de- Ho putain !

Thorin attrapa le col de Kili qu'il tira avec lui et Frérin dégaina pour couvrir la retraite vers les monticules de palettes qu'ils avaient passé un peu plus tôt. Une salve de balle les frôla au moment où ils se jetèrent au sol, planqués derrière la carcasse d'une bagnole abandonnée.

— C'est quoi cette connerie ? Ils nous attendaient !

Des nouveaux coups de feux résonnèrent, tirés par des tireurs embusqués sur les toits et Thorin jura lorsqu'il se rendit compte que les hommes d'Azog se déployaient autour d'eux, s'assurant de leur couper toute retraite.

La silhouette de l'albinos, souriant cruellement, se découpa dans le brouillard et il fit signe à ses hommes de cesser le feu.

— J'espère que tu ne pensais tout de même pas nous prendre par surprise, Thorin… Tu sais que j'attends ta venue, et, pourtant, tu persistes à foncer tête baissée dans mes bras… C'est vexant, tu sais, de constater que tu continues de me sous-estimer encore et encore… Je suis pourtant tous tes mouvements depuis que tu es arrivé à Londres, avec cet exécrable gamin blond… Et, même si je ne comprends pas comment tu as fait pour venir ici aussi vite, il n'en reste pas moins que te tendre un piège fut d'une facilité déconcertante… A toi et à cette enflure de roi elfe réincarné dans quelque chose trop mignonne pour son propre bien !

Pour ponctuer la phrase de l'albinos, une série de détonations retentirent trois cents mètres plus haut, en provenance du hangar qu'avait infiltré Raphaël. Un sourire cruel étira les lèvres d'Azog et Thorin serra les dents, avant de lancer un bref regard à Kili, dont le téléphone était rivé à l'oreille. L'italien acquiesça doucement et le brun expira doucement avant de prendre la parole :

— Penses-tu sincèrement que je sois suffisamment pressé pour n'avoir pris aucune précaution en venant ici ?

Azog fronça les sourcils lorsqu'il vit Thorin faire signe au jeune brun. Ce dernier ne perdit pas de temps avant d'aboyer un ordre en italien dans son portable. Aussitôt, plusieurs coups de feu retentirent et, à chaque détonation, un soldat d'Azog tomba au sol dans un cri d'agonie. Ce fut rapidement le chaos et Kili, sans attendre ses oncles, s'élança à découvert, couvert par les tireurs embusqués qui travaillaient pour son Padre. Il atteignit les entrepôts sans encombre, Frérin sur ses talons, tandis que Thorin fit demi-tour pour rejoindre le hangar où Lucien était retenu, sans écouter les jurons de son frère.

Calice de crisse de tabarnak, je l'avais dit, que cette intervention n'est qu'un putain de bordel !

oOo

Au moment où il entendit les coups de feu, John, légèrement étourdi, chercha à se défaire de ses liens, paniqué. Mais la porte de la pièce dans laquelle il était enfermé vola en éclat et le médecin écarquilla les yeux lorsque son colocataire, frais et pimpant, pénétra dans la salle, le regard grave. Il se précipita sur lui pour défaire ses liens.

— Encore une fois, tu arrives au dernier moment.
— Encore une fois, tu te retrouves dans le pétrin et, cette fois, je n'y suis pour rien… Weiss n'est pas avec toi ?
— Nous avons été séparés. Comment es-tu arrivé jusqu'ici ?
— La totalité des méchants est occupée à coincer les membres des services secrets canadiens tout en se battant contre un gang de mafieux milanais, j'ai profité de la diversion. Mycroft n'interviendra que lorsque les otages seront hors de danger. Sais-tu où se trouve Eirik ?

John resta un instant sans voix en considérant cette histoire d'agents secrets et mafieux milanais en se demandant si Sherlock n'avait pas trop abusé des patchs à la nicotine, puis il secoua négativement la tête, inquiet.

— Non, et je ne sais même pas s'il est toujours dans les parages.

Sherlock se redressa en fronçant les sourcils. Une nuit ne suffira pas pour fouiller le bâtiment de fond en comble et la fusillade ne s'arrêtait pas, au contraire, elle se faisait de plus en plus furieuse. Il sortit son portable et envoya un rapide texto à son frère, lui donnant le feu vert pour intervenir et lui faisant savoir que les mafieux italiens étaient de leur côté, du moins, ils étaient contre les terroristes.

— On va commencer à vérifier qu'il n'est pas dans ce bâtiment, puis nous-

Sherlock fut coupé par l'arrivée fracassante de Kili, qui s'immobilisa et écarquilla les yeux lorsque son regard tomba sur la réincarnation de Bilbo, qui resta bouche bée lui aussi.
Ils restèrent tous les deux totalement pétrifiés en s'étudiant intensément, mais Kili reprit ses esprits lorsque Frérin arriva, après avoir tirer sur un terroriste qui les suivait, et le blond pénétra dans la salle, fermant la porte derrière lui. Il se tourna ensuite vers Sherlock, furieux.

— Toi ! Tu nous as envoyé en plein dans la gueule du loup !

Le détective fit la moue en haussa les épaules.

— Vous avez survécu, de quoi vous plaignez-vous ? Je pense qu'il y a plus important à penser : Eirick Weiss n'est pas là.
Dove si trova ?
— Je ne pense pas qu'il soit resté dans la zone. Un certain Vladimar l'a emmené avec lui peu de temps après qu'ils nous aient capturés.

Kili fronça les sourcils lorsque Frérin lui traduisit en français ce que venait de dire John. Il pesta dans sa langue, puis rappela les italiens qui s'étaient déployés autours d'eux, sur la défensive depuis que les services britanniques avaient commencé l'intervention, occupant suffisamment Azog et sa troupe pour qu'ils puissent profiter de l'accalmie. Il leur ordonna de s'emparer de l'un des terroristes et de le faire parler d'une manière ou d'une autre.

oOo

Fuck !

Thranduil se baissa souplement, le souffle haché, pour éviter une nouvelle slave de balles et il ouvrit son chargeur pour compter les munitions qui lui restaient en grimaçant. Du sang s'écoulait de son flanc, mais la douleur restait supportable. Il se plaqua contre la paroi d'un container et resta de marbre lorsque l'un des six hommes qui le pourchassait s'adressa à lui en rigolant.

— Je vois que tu aimes jouer au chat et à la souris, mon mignon, mais il serait peut-être temps de te rendre à l'évidence…

Sans un bruit, le plus jeune se déplaça agilement pour contourner le container et il s'approcha du cadavre encore chaud de l'homme qu'il avait tué quelques minutes plus tôt. Retenant sa respiration, il le fouilla rapidement pour s'emparer de son arme et il fronça les sourcils lorsque la fusillade en provenance des entrepôts pris de l'ampleur.

— C'est quoi cette merde ? On croirait que c'est la guerre.
— On s'occupe du petit merdeux, puis on va voir ce qu'il se passe là-bas.

Thranduil pris sa respiration, puis, les mains tenant fermement ses deux armes, il se mit debout, à découvert et, les bras tendus devant lui, il enchaina tir sur tir, amenant ses adversaires à se jeter à l'abri. L'un d'eux tomba au sol sur lequel il agonisa en se vidant de son sang. Sans perdre un instant, le blond balança l'un de ses flingues dont le chargeur était vide, puis il se propulsa à travers le hangar, frôlé par les balles qui sifflèrent autours de lui, et il se jeta au sol, terminant sa course d'une longue glissade maitrisée, au pied de la porte qui tenait l'enfant prisonnier. D'un coup de pied, elle vola en éclat et Thranduil écarquilla les yeux lorsqu'il se rendit compte qu'elle était vide. Il se retourna vivement pour faire face aux cinq terroristes qui le tenaient en joue et il serra les dents.

— Parfait… Il n'y a plus qu'à l'emballer… Il est cuit.

Raphaël fronça les sourcils et recula d'un pas tandis que ses assaillants marchèrent sur lui en souriant cruellement.

— Qu'est-ce que… Ca veut dire ?
— Tu t'es fait piéger, mon mignon… A partir de maintenant, tu es la propriété d'Azog…

Ils s'approchèrent de lui et Raphaël voulut se défendre, mais ses assaillants le maitrisèrent sans peine. En quelques secondes, il se retrouva jeté sur ses genoux, les poignets liés dans son dos débarrassé du pull de Frérin, la lèvre inférieure fendue et du sang coulant de son nez et de l'arcade. L'un des hommes le remit ensuite sur pied et il le força brutalement à le suivre. Mais, d'un coup de tête, Raphaël l'envoya valser et, profitant de l'effet de surprise, il ramassa son arme et, d'une torsion effarante de souplesse, il parvint à faire passer ses mains devant lui.

Piss off !

Raphaël déverrouilla la sécurité de son arme, mais, aussitôt, les cinq autres le mirent en joue.

— Qu'avez-vous fait de l'enfant ?
— Il a quitté le bâtiment au moment où tu y es entré… Tu le rejoindras bientôt.

La mâchoire crispée, Thranduil étudia les alentours et avisa plusieurs barils d'essences, derrière ses agresseurs qui avançaient sur lui de manière menaçante. Sans réfléchir, il visa, tira, puis il fit demi-tour et souffle de l'explosion le prit au moment où il traversa la vitre, qui vola en éclat, puis il chuta, avec une multitude d'éclat de verre.

Les eaux noires et glacées de la Tamise le happèrent quelques secondes plus tard et les remous le propulsèrent vers le fond. Se débattant malgré les liens qui tenaient ses mains et l'eau qui avait empli ses poumons, il chercha à remonter à la surface, mais il était totalement déboussolé.
Le liquide qui l'entourait était opaque, l'élan de sa chute l'avait entrainé vers le fond et, lorsque l'air commença à lui manquer, il se débattit avec plus de fureur pour se défaire de ses liens, en vain. Il se calma ensuite et il ferma les yeux en s'immobilisant, la tête prête à exploser, les poumons douloureux et des spasmes violent parcourant son corps à cause du manque d'air.
L'inconscience le prit au moment où une traction brutale se fit sur son poignet et, sans force, il se laissa tirer vers la surface.


Merci d'avoir lu !

J'espère que ça continu de plaire à ceux qui suivent cette fic depuis dix chapitres maintenant !
N'hésitez pas à laisser une review pour dire ce que vous en pensez (S'il vous plait ?)
Ou même, si vous avez des envies ou des propositions que je peux prendre en compte.

J'ai l'intention d'écrire des petits épisodes "Bonus", sous forme de plusieurs OS,
En reprenant le concept de la réincarnation qu'il y a dans Koop, mais sans garder l'histoire.
Ce qui me permettra de faire d'autres pairings que ceux proposés dans la fic.
Donc si vous avez une envie particulière, n'hésitez pas !

Au prochain épisode :

"— Attend, attend... Comment ça : « Avant que Thorin ne me renvoie dans la Comté » ? Tu… Tu étais… Tu n'étais pas un nain ?

Les yeux ronds, Finn se redressa et John le regarda comme s'il venait de lui demander s'il savait lire et écrire

— Bien sur que non. J'étais un hobbit, de la Comté."