Coucou tout le monde ! Ne vous en faites pas, je compte bien finir la Belle et la Bête en entier ^^ Merci beaucoup aux reviews !
Pluto s'élançait à toute allure à travers la forêt, Grell fermement accrochée sur son dos. L'air était d'un froid glacial et la tempête de neige faisait rage. Heureusement que Pluto semblait posséder un sixième sens qui lui indiquait où se trouvaient les arbres à éviter, car la neige réduisait considérablement son champ de vision.
Puis, soudain, Grell vit se dresser devant elle une horde de loup, leur barrant ainsi le passage. Elle tira sur les poils de Pluto pour l'arrêter.
Elle conserva son regard fixé sur les loups, de peur qu'ils ne l'attaquent si elle venait à regarder ailleurs. Pluto grognait avec menace.
-Du-du calme, chuchota-t-elle en amenant le chien à reculer.
Mais Pluto n'écouta pas sa maîtresse. Il sauta à l'assaut des loups dans un aboiement féroce, faisant tomber Grell à terre dans une exclamation étouffée.
Elle n'eut même pas le temps de songer à se plaindre, que trois loups s'approchèrent d'elle, une lueur mauvaise dans leur yeux noirs et profonds. Aussitôt, elle se releva, et tenta de donner quelques coups de pieds à ses assaillants. Oh, si seulement elle avait de quoi se défendre ! Une tronçonneuse par exemple ! Elle finit par se saisir d'une branche, histoire de les tenir éloignés, en vain. En reculant, elle trébucha sur une pierre et se retrouva pour la deuxième fois en contact avec le sol froid et enseveli par la neige. Elle vit avec horreur un des loups avancer doucement vers elle, les babines retroussées.
Le loup bondit. Elle ferma les yeux, se préparant à l'impact, mais rien de vint. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, ce fut pour faire face à la silhouette sombre et imposante de William. Le loup inerte qu'il tenait par la gorge pendait à son bras.
-W-Will…tu es venu pour me sauv-
William se retourna brièvement vers Grell, lui lançant un regard polaire afin de la faire taire, et Grell eut tout juste le temps de voir ses yeux verts virer au rouge avant qu'il ne reparte se battre contre les loups.
Grell assista sans voix à ce terrible combat. Les loups attaquaient William de toutes parts, et l'un d'entre eux réussit même à le mordre assez gravement au bras. Mais au final, la puissance du démon triompha et les loups prirent la fuite en jappant.
Un silence de mort suivit cette action. Grell, qui s'était rapprochée de Pluto, se pelotonna contre l'animal, recherchant inconsciemment un sentiment de sécurité pendant que Will marchait lentement vers elle. Ses yeux redevenus d'un vert perçant ne quittaient pas ceux de Grell… il continuait d'avancer vers elle…
Puis il chancela, tenant son avant-bras blessé. Un mince filet de sang s'échappait de sa plaie, venant ainsi tacher la neige immaculée. Grell trouvait cette vision des plus magnifiques… cet homme, si beau, agenouillé sur ce tapis de neige écarlate…Elle avait toujours trouvé William magnifique, mais jamais si captivant… si… fascinant…
Sans perdre une seconde de plus, elle hissa William sur le dos de Pluto, et se pressa de regagner la sécurité du château.
Elle déposa William dans son fauteuil. Le démon tentait d'apaiser sa plaie en passant ses doigts dessus, ce qui était assez stupide.
-Ne fais pas ça, dit sèchement Grell, toujours à moitié en colère contre lui.
Elle trempa une serviette dans une bassine d'alcool dilué et l'approcha de la plaie. Will eut un mouvement de recul instinctif, mais Grell finit par atteindre la blessure.
-Ca fait mal ! Grogna Will.
-Si tu arrêtais de bouger, tu aurais moins mal !
-Si vous ne vous étiez pas sauvée, ça ne serait pas arrivé, souleva-t-il d'un ton hautain.
-Et si tu ne m'avais pas fait peur, je ne me serai pas sauvée !
William ouvrit la bouche, mais il ne trouva rien à rétorquer. Il croisa les bras en se renfrogna plus que d'accoutumée.
-… Hum, finit-il par dire. Je crois bien vous avoir interdit d'aller dans l'Aile Ouest…
-C'est pas une raison pour s'emporter comme ça ! Même moi qui apprécie les caractères dominants, j'ai mes limites !
Ils se dévisagèrent durant quelques instants, puis prirent tous les deux une grande inspiration pour se calmer. Finallement, Grell prit le bras de William.
-Ne bouge pas. Ca pique, c'est de l'alcool…
William tenta de rester impassible, mais il ne put réprimer un petit tressaillement de sourcil au contact du liquide qui lui brûlait la peau.
-Au fait… fit Grell en continuant de le soigner. Merci de m'avoir sauvé la vie…
William se tourna vers Grell et soupira en se passant nerveusement la main dans les cheveux.
-Je vous en prie…
Au même moment, dans l'un des recoins les plus sombres du village, Druitt ainsi qu'un homme encapuchonné étaient en train de prendre un verre. Le vicomte avait l'air clairement dégoûté par cet endroit lugubre, mais il n'avait pas le choix.
-C'est très gentil à vous d'être venu, Monsieur Faustus, dit Druitt en sirotant une coupe de vin rouge.
-Quand vous avez mentionné le nom de Alois Trancy, je n'ai pas pu résister, répondit-il, et ses yeux dorés semblaient comme scintiller dans le noir. Que puis-je faire pour vous ?
Druitt se pencha vers lui, non sans détailler les alentours.
-Voilà. Vous n'êtes pas sans savoir que j'ai décidé d'épouser Grell, mais elle a besoin d'être… persuadée. Tout le monde sait que son frère est cinglé. Ce soir, il délirait à propos d'un homme plus beau que moi. J'ai mis ça sur le compte de la fatigue, mais soyons réaliste, il est tout de même étrange. Grell serait prêt à tout pour éviter que son frère lui soit arraché…
-Donc, vous voudriez que je kidnappe mon ancien Maître, à moins que Grell ne vous épouse ?
-Eh bien, je dois admettre que ce n'est pas très moral, mais que voulez-vous, on n'a rien sans rien, finit-il dans un rire franc.
-Oui, en effet c'est méprisable.( ses lèvres s'élargirent dans un sourire inquiétant). J'accepte !
Alois, de ce côté, était occupé à regrouper ses affaires. Si personne ne voulait l'aider, il s'occuperait de sauver Grell lui-même. Il était temps d'arrêter d'être un lâche et d'affronter les dangers des bois et du château.
Il sortit donc de chez lui et prit la direction de la forêt sans se rendre compte que Druitt et Ronald se trouvaient à sa porte.
-Bah, on dirait bien qu'il y a personne, constata Ronald d'un air las.
-Ils finiront bien par rentrer. En attendant, tu vas rester ici, dit-il en pointant le seuil de la porte.
-Pourquoi moi ?
-Enfin, Ronald, ma chère petit tarte au citron meringuée, je ne peux pas rester ici dans le froid ! La neige risquerait d'abimer mes cheveux, et ce serait catastrophique, n'est-ce pas ?
-Euh…
-Bon, de toute manière, c'est comme ça. Viens me prévenir quand Grell et Alois seront rentrés, d'accord ?
Il lui adressa un clin d'œil et partit.
Ce mec est vraiment un crétin, pensa amèrement Ronald…
Le temps passa au château. Grell s'amusait dans la neige, drapée d'une robe rose pale, sans se rendre compte que William l'observait d'un des balcons en compagnie de Alan et Eric.
-Il faut que je fasse quelque chose pour la remercier de m'avoir soigné, dit William sans décoller son regard de Grell. C'est la moindre des choses. Mais quoi…
-Oh, il y a les classiques, énonça Alan. Fleurs, chocolats, promesses qu'on ne tiendra pas…
-Bah, c'est des conneries tout ça, coupa Eric. Il faut quelque chose qui sorte de l'ordinaire…quelque chose qui éveille son intérêt… Je sais ! La bibliothèque !
Eric expliqua alors à William que Grell avait eu l'air très intéressée par la bibliothèque lorsqu'il avait mentionné son existence lors de la visite du château.
William fit un vague « Hum… ». Il détailla Grell, dont la bouche était grande ouverte dans l'espoir qu'un flocon de neige lui tombe sur la langue.
Il haussa un sourcil.
-Jamais je n'aurais cru que…(Grell poussa un petit cri : le flocon était très très froid ! ) Grell Sutcliff puisse être du genre littéraire…
-Elle doit probablement seulement regarder les images, supposa Alan.
-Bien, si c'est ce qu'elle aime, je la conduirai à la bibliothèque. En tant que hôte, il est de mon devoir d'assurer le confort de mon invitée, reprit William en se passant machinalement la main sur le nez, là où s'étaient jadis trouvées ses lunettes.
-Oh, elle n'est plus ta prisonnière maintenant ?
William lança un regard sombre à Eric, dont le sourire malicieux l'agaçait au plus haut point, et alla chercher Grell.
-Oh, bonjour Willu ! Minauda Grell à l'instant même où elle vit le démon. Tu fais un bonhomme de neige avec moi ?
-Non, trancha-t-il. J'ai une surprise pour vous. Pour vous remercier du soin que vous m'avez apporté.
-Oooooh ! S'exclama-t-elle avec des yeux brillants. Qu'est-ce que c'est ?
-Fermez les yeux, ordonna-t-il. Et ne trichez pas.
Grell, tout sourire, obéit à William. Ce dernier, une fois sûr que son invitée ne voyait absolument rien, lui agrippa le bras (ce qui arracha un gloussement à Grell suivit d'un « vraiment… ») et la conduisit vers l'intérieur du château.
-Nous y sommes, déclara William d'un ton tout à fait neutre une fois arrivés dans la bibliothèque. Vous pouvez ouvrir les yeux.
Grell ne se fit pas prier. Une fois ses yeux ouverts, elle laissa échapper un « Ah ! », à la fois étonnée et heureuse. Ses yeux s'illuminèrent à mesure qu'elle découvrait les nombreuses étagères de livres. Jamais elle n'avait vu autant d'ouvrages réunis au même endroit !
Elle se mit à flâner dans les rayons… Elle n'y trouva malheureusement aucun livre yaoi, mais une section attira particulièrement son attention : celle des ouvrages consacrés aux Dieux de la Mort.
-Oh, les Dieux de la Morts sont mes créatures fantastiques préférées ! S'écria-t-elle en laissant son index vagabonder sur les tranches des livres. Vous avez tellement d'ouvrages à leur sujet !
-Hum, en effet, répondit William. Je suis heureux de voir que vous appréciez ces nobles créatures.
-Les démons ne sont pas censés haïr les Dieux de la Mort ? Demanda Grell en lança un regard suspicieux à William.
-Hum… toussota-t-il. Ne nous étendons pas sur le sujet. Bref, tous ces livres sont à vous.
-Ooooow Wiiiill ! Tu me fais un cadeau ! Comme c'est gentil !
-Ne soyez pas idiote, rétorqua-t-il sèchement. Je ne fais que me débarrasser de choses qui ne me sont guères utiles. Je n'ai pas le temps de lire, j'ai beaucoup trop de travail.
Grell sourit, ne pouvant s'empêcher de trouver William adorable. Surtout lorsqu'il était dans le déni. N'écoutant que son cœur, elle se jeta dans les bras de son hôte et l'enlaça.
-Qu-que croyez-vous être en train de faire ? Bredouilla-t-il en se passant une nouvelle fois la main sur son nez.
-Huhu ~ Allez, Will. Viens un peu t'amuser dans la neige avec moi…
Elle sentit William se dégager de son étreinte. Durant un instant, elle crut qu'il allait se dérober, mais il prit rapidement la parole, dissipant ses craintes :
-Je vous préviens, je ne resterai qu'un court instant. J'ai des choses bien plus importantes à faire.
D'un sec mouvement de tête, il lui fit signe de le suivre. Grell, au comble de la joie, alla se pendre au bras de William…
Lorsqu'ils arrivèrent dehors, Grell remarqua immédiatement une dizaine de pigeons occupés à picorer ce qu'ils parvenaient à trouver sous l'épais manteau de neige. Elle prit un malin plaisir à courir vers eux pour leur faire peur.
-Ne maltraitez pas les pigeons, intervint William. Ils sont bien plus malins qu'ils n'en n'ont l'air, contrairement à vous.
Grell, d'abord offusquée, se calma lorsqu'elle vit William se pencher gentiment vers les pigeons, leur faisant signe de se rapprocher. Jamais Grell n'avait vu une expression si douce sur le visage de son hôte.
Se rendant compte qu'elle le fixait depuis une bonne trentaine de secondes, elle détourna précipitamment le regard, et se mit à chanter à voix basse, plus pour elle-même :
Y'a quelque chose…
Dans son regard…
D'un peu moins dur, de moins cruel, comme un espoir…
Toi mon chéri, aux yeux si froids…
Tu as du bon, hier encore, je ne le savais pas…
William, qui était occupé à caresser les plumes d'un des pigeons, sentit le regard de Grell posé sur lui. Son sourcil tressaillit, mais malgré lui, il se mit également à penser :
Elle me regarde…
Je le sens bien…
Comme Pigeon sur moi elle a posé sa main…
Je n'ose y croire…
Pourtant j'y crois…
Jamais encore je n'avais pu ressentir ça…
Grell s'arracha à sa contemplation de Will, et alla s'adosser contre un arbre durant quelques instants, histoire de réfléchir un peu à ce qu'il se passait entre elle et le démon :
C'est… le plus fou des romans…
Et toute cette histoire m'enchante,
C'est vrai…
Elle repensa à tout ce qu'il lui avait fait subir… à son emprisonnement, à sa violence…
Il n'a rien d'un prince charmant…
Mais face à tout ce sadisme mon cœur s'éveille doucement…
Puis elle entama une bataille de boule de neige avec William. Ce dernier, qui ne manquerait pour rien au monde l'occasion de brutaliser Grell, accepta de se livrer à cette bataille pour le moins épique et lui renvoya sa boule de neige, sous les yeux admiratifs de Eric et Alan.
-Qui l'aurait cru ? Chanta Eric.
-Qui l'aurait su ? Reprit Alan.
-Qui pourrait croire que ces deux-là se seraient plus ?
Attendons voir, c'que ça donnera…
Y'a quelque chose qu'hier encore n'existait pas…
Et ils continuèrent tous deux de fredonner « y'a quelque chose qu'hier encore n'existait pas » tout en regagnant le château, le sourire aux lèvres.
En dépit de ce que William avait prévu, Grell et lui passèrent l'intégralité de l'après-midi ensemble. Ils achevèrent leur merveilleuse journée blottis au coin du feu, et Grell proposa à Will de lui faire la lecture d'un de ses livres préférés : Roméo et Juliette.
-Jamais il n'y eut de récit plus romantique et de plus tragique que celui de Juliette et de son Roméo, finit-elle rêveusement en refermant l'ouvrage.
-Ce sont des bêtises, fit froidement William. Je ne vois pas pourquoi les histoires d'amour impossibles vous font tant rêver. Deux êtres qui sont du même milieu peuvent tout autant s'aimer, sans risquer briser aucun règlement.
-Wiiill ? Briserais-tu le règlement pour moi ?
-Non.
Elle pleurnicha.
-Buuuu ! Tu es vraiment méchant !
-Vraiment… calmez-vous…
Mais Grell continua de sangloter d'une manière si dramatique que s'en était presque risible.
-Hum… Pourquoi ne me liriez-vous pas une autre histoire ? Proposa-t-il pour la calmer.
-Oh YES ! S'exclama-t-elle, séchant immédiatement ses larmes. Je vais te lire une autre pièce de Shakespeare ! Cette fois, ça sera Othello !
-Comme vous voudrez…
Au comble de l'excitation, Grell se mit donc à lire les premières répliques de Othello, les récitant avec la passion propre aux meilleurs acteurs Shakespeariens :
- " Tush, never tell me, I take it much unkindly…"
Grell poursuivit son récit jusqu'à la tombée de la nuit. William annonça qu'ils ne pouvaient pas continuer de lire plus longtemps, qu'ils devaient absolument se préparer pour le souper. Il laissa donc à Grell le loisir de se changer, et alla lui-même se préparer.
-Tu devrais laisser tes cheveux au naturel, proposa Eric en regardant William galérer à coiffer ses cheveux en bataille.
-C'est vrai, moi aussi je trouve que cela vous va mieux, confirma Alan.
William réfléchit durant quelques instants. De toute manière, son reflet ne lui renverrait jamais que l'image d'un horrible démon. Que ces cheveux soient coiffés ou non n'y changerait rien, alors autant ne pas se fatiguer. Il soupira, adressa un regard méprisant à son reflet qu'il qualifiait d' « atrocement démoniaque », rajusta une dernière fois son costume, et descendit vers la grande salle de bal.
Si, jusqu'ici, il n'avait pas bien su pourquoi il se montrait aussi gentil avec Grell, ses doutes furent aussitôt dissipés lorsqu'il la vit descendre les marches.
Elle avait attaché ses longs cheveux rouges dans une épaisse natte parsemée de perles noires et argent. Sa robe dorée s'accordait magnifiquement bien avec sa chevelure, et son maquillage pailleté faisait ressortir ses superbes yeux verts en amande.
Il se rendit compte qu'un léger sourire était en train d'étirer ses lèvres, et ne chercha même pas à le réprimer. Lorsque Grell arriva en bas des marches, il s'inclina poliment avant de lui prendre la main et de l'entrainer dans l'immense et luxueuse salle de bal…
Il hésita à la prendre par la taille. Grell, de son côté, n'attendit pas l'autorisation de son cavalier pour se coller contre lui. William se raidit, mais il finit par se détendre, et sa main vint alors tout naturellement prendre place dans le creux des reins de sa partenaire.
Ils entamèrent une valse, guidée par les paroles d'une musique romantique chantées sur un air bien connu des amateurs Disney :
Histoire éternelle…
Qu'on attendait plus…
De deux inconnus…
Qu'un geste imprévu,
Rapproche en secret…
Et soudain se pose… sur leur cœur en fête…
Un papillon rose, un rien pas grand-chose,
Une fleur offerte…
Rien de bien étonnant…
De les voir amants…
Il suffit de les regarder,
Pour les voir s'aimer,
S'aimer profondément…
Chanson éternelle…
Au refrain fané…
C'est vrai, c'est étrange,
De voir comme on change,
Sans même y penser…
Tout comme les étoiles…
S'éteignent en cachette…
L'histoire éternelle,
Touche de son aile…
William et Grell…
L'histoire éternelle…
Touche de son aile…
William et Grell….
La valse s'acheva sur ces notes. Grell sourit à William, plus heureuse que jamais. Depuis combien de temps avait-elle rêvé vivre une telle histoire ?
-Will, allons un peu sur le balcon, proposa-t-elle en lui chuchotant à l'oreille d'un ton mystérieux.
William était bien trop nerveux pour songer à refuser cette offre.
-Ah ~ soupira-t-elle en s'adossant contre le rebord du balcon. Je ne me souviens pas de la dernière fois où je me suis sentie aussi bien…
Elle soupira de nouveau.
-La seule chose qui manque à mon bonheur, c'est mon frère…
Toujours incapable de prononcer mot, William se contenta de tendre d'un geste saccadé à Grell le miroir magique que Undertaker lui avait donné en même temps que la rose enchantée.
-Oh ? Tu crois que je devrais me remaquiller ? S'exclama Grell, non sans une once de panique dans la voix.
-Ce miroir est particulier, informa William. Il vous montrera ce que vous voulez voir.
-Oooh ! C'est vraiment magique ! S'enthousiasma-t-elle. Alors voyons… Je veux me voir en femme !
Aussitôt, le miroir se modifia pour prendre la forme d'une version féminine de Grell, qui sourit de toutes ses dents.
-Je pensais plutôt que vous pourriez l'utiliser pour voir votre frère, souleva William. De plus… n'êtes-vous pas déjà une femme ?
Grell fit un petit sourire gêné. Elle savait très bien qu'elle devrait un jour dire à Will qu'elle n'avait pas exactement le corps qui allait avec son état d'esprit, mais ce n'était pas le bon moment.
-Hum, oh , oui, tu as raison. Montre- moi mon frère !
Il y eut un éclat vert, et le miroir changea de nouveau. Cette fois-ci, il renvoya à Grell l'image de Alois, seul au beau milieu de la forêt.
- Alois ! Oh non ! Il a l'air perdu ! Et en danger !
William, malgré l'image qu'il pouvait renvoyer aux autres, n'était pas complètement insensible, et voir Grell s'inquiéter ainsi pour son frère le faisait se sentir très mal.
Il s'approcha lentement de la rose sous verre, posée sur une petite table sur le balcon. Elle se flétrissait de minute en minute…Mais Grell était plus importante à ses yeux.
-Allez à son secours, ordonna-t-il froidement.
-Qu'est-ce que tu as dit ? Souffla Grell.
-Je vous rends votre liberté. Vous n'êtes plus ma prisonnière.
Les yeux de Grell tressaillirent un instant.
-Je… bredouilla-t-elle.
Elle se mordit la lèvre.
-Merci beaucoup…
Elle prit la main de William et la serra fort dans la sienne.
-Je reviendrai, je te le promets…
Elle lui tendit le miroir mais William le refusa :
-Gardez-le.
Au cas où vous auriez envie de me revoir, pensa-t-il.
Grell hocha la tête. Elle adressa un dernier regard à William, puis sortit du château…
Je pense que la prochaine partie sera la dernière :) . Vous ne trouvez pas que la chanson "histoire éternelle" leur va magnifiquement bien ? *_*
