Coucou!
Merci pour toutes vos rewiews! J'espère que ça vous plais toujours!
Enjoy!
Chapitre 10 : No man's land
« Harry… » implora Hermione pour la troisième fois de la matinée. « Tu dois… »
Agacé, Harry soupira. « Tu peux continuer autant que tu veux, Hermione. Je ne viendrais pas. »
Il avait eu le week-end entier pour y penser. Il y avait, en fait, réfléchi tout le week-end. Snape allait le faire renvoyer à plus ou moins long terme pour sécher les cours de potions. Il était clair qu'il ne tiendrait pas plus d'une semaine comme ça. S'il passait seulement le premier jour… Mais il ne pouvait pas. Non seulement l'homme avait eu une liaison avec Lily, avec sa propre mère, chose qu'il aurait peut-être –et c'était un maigre peut-être - pu comprendre si ça n'avait pas été Snape, mais en plus de ça, il s'était permis d'envahir son esprit, de fouiller dans sa tête, dans ses souvenirs…
Secouant la tête, Harry s'arrêta devant les doubles portes de la Grande Salle. L'idée de la chauve souris dans sa tête lui donnait envie de vomir.
« Vous savez quoi, je n'ai pas très faim. Je vais à la bibliothèque, amusez-vous bien en potions. »
« Harry. » se lança Ron avec hésitation sur un regard impérieux d'Hermione. « Tu es sûr que tu veux faire ça, mon pote ? Snape… »
« Je me fous de Snape. » rétorqua immédiatement Harry en se dégageant peu gentiment. Il avait raconté à Ron et Hermione son petit tour de violeur d'esprit. Ni l'un, ni l'autre n'avait vraiment apprécié l'idée qu'il puisse les soumettre au même sort quand il le voulait. Le roux avait protesté sur le champ, insistant qu'il devait aller en parler à Dumbledore et qu'il n'avait qu'à dénoncer Ombrage dans le même temps. Hermione avait gardé plus de recul. Elle avait précisément deviné pourquoi il était entré dans sa tête et pensait, comme lui, qu'aller voir le Directeur ne solutionnerait pas le problème.
Quant à Ombrage… Snape n'avait probablement rien fait. Il avait seulement joué les gentils professeurs pour endormir sa méfiance. Ce qui, en un sens, avait fonctionné.
« On se voit en Défense. » lança-t-il à ses amis, avant de remonter le grand escalier. Il prit le chemin de la bibliothèque se reprochant, en voyant les regards curieux que les autres cinquième années lui jetaient, de ne pas être sagement resté dans la salle commune.
Il pénétra et s'installa dans le sanctuaire d'Hermione sous le regard de rapace de la bibliothécaire. Sortant rapidement ses affaires, il se pencha sur le devoir que leur avait donné Ombrage et qu'il avait négligé jusque là.
Comment le Ministère a-t-il résolu le problème des Détraqueurs et pourquoi ceux-ci ne représentaient-ils plus une menace pour la population magique ?
Dix minutes passées à résumer la première partie, puis deux heures sur le reste. Il mit un point final à sa rédaction et relut vaguement le tout avec satisfaction. Il avait fait vingt centimètres de plus que ce qui était demandé et il était certain qu'Ombrage allait apprécier son exposé clair et précis sur les raisons pour lesquelles les Détraqueurs étaient et resteraient une menace pour la population magique tant que Voldemort – et il avait souligné le mot deux fois- serait en état de chercher à prendre le pouvoir.
Jetant un coup d'œil à sa montre, il s'aperçut qu'il était temps qu'il se mette en route s'il ne voulait pas être en retard. Comme quoi les cours de potions pouvaient être employés de façon plus productive… Il arriva devant la classe de Défense à peu près au même moment que Ron et Hermione.
« Alors ? » demanda-t-il gaiement.
« Alors, il était furieux. » répondit Hermione, sans joie.
« Tu es censé te présenter à son bureau ce soir. » rajouta Ron.
Harry haussa les épaules. « Il peut m'attendre. »
« Harry… »
Mais il n'entendit jamais les paroles certainement pleines d'un bon sens auquel il ne prêterait pas attention d'Hermione. Ombrage venait d'ouvrir la porte. Et le sourire d'Harry s'accentua légèrement en constatant qu'elle n'avait pas l'air de très bonne humeur.
Le cours fut plus horrible que d'habitude. La petite femme ne fit que gémir sur le concept de loyauté au Ministère que certains semblaient avoir oublié… et Harry finit par se demander si Snape n'avait pas fait quelque chose au final. Parce qu'elle avait également l'air très remontée contre Dumbledore. Beaucoup plus encore que d'habitude.
Mais le meilleur moment du cours fut, sans conteste, quand elle ramassa les rédactions avant qu'ils ne quittent la classe. Elle survola rapidement le sien, comme elle le faisait toujours, avant de le lui rendre d'un air dégouté.
« Cela va vous valoir une nouvelle retenue, Mr Potter. » dit-elle avec une déception feinte. « Ce soir sept heures. »
Harry inclina simplement la tête sur le côté. « Je suis absolument désolé, Professeur. J'ai rendez-vous avec le Professeur Snape, ce soir. »
A côté de lui, Hermione et Ron levèrent la tête. Ombrage ne parut pas s'apercevoir de l'air surpris de ses amis, elle se contenta de le dévisager avec colère.
« Pourquoi, Mr Potter ? Avez-vous prévu de calomnier davantage encore les autres enseignants ? »
Il ne tenta même pas de retenir son sourire. Au moins, Snape avait fait quelque chose d'utile dans sa misérable vie. Jugeant la question rhétorique, il ne prit pas la peine de répondre, attrapa son sac et sortit, ses amis sur les talons.
« Vous croyez que je peux aussi laisser tomber les cours d'Ombrage ? » demanda-t-il quand ils furent assez loin de la salle de classe.
« Tu ne peux laisser tomber aucun cours, Harry. » rétorqua Hermione avec agacement. « Tout ce que tu vas réussir à faire, c'est te faire renvoyer. »
« Ouais… Et quitte à abandonner un autre cours, autant sécher la Divination… Je ferai bien une sieste après le déjeuner. »
Hermione ne sembla pas du tout amusé par ce que proposait Ron. Harry, lui, avait du mal à ne pas rire. Une journée sans Snape était un petit bonheur qu'il fallait savourer.
« Allons manger. » coupa-t-il court, avant que la jeune fille ne se mette à radoter sur l'assiduité nécessaire à la réussite des BUSE. « Je meurs de faim. »
Décidant d'un commun accord de couper par le couloir du troisième étage pour aller plus vite, ils avançaient d'un bon pas, plaisantant sur tout et sur rien. Les moments aussi libres de soucis étaient rares et ils en savouraient tous les trois la juste valeur. Ils pénétrèrent dans le couloir désert sans vraiment se méfier…
« Tiens, tiens… Mais qui voilà… » se moqua la voix méprisante de Nott, en sortant de l'ombre, suivie par la silhouette imposante de Crabbe.
Immédiatement, Harry sortit sa baguette. Un coup d'œil à droite et à gauche montra que ses amis étaient aussi prompts que lui. Nott et Crabbe avaient leurs baguettes à la main mais ne semblaient pas décidés à s'en servir.
« Incarcerem ! » lança la voix de Goyle derrière eux et Harry et Ron s'écroulèrent, avant d'avoir pu réagir.
Frapper dans le dos… C'était bien une méthode de Serpentard… Harry avait beau se débattre, les cordes qui étaient apparues autour de lui étaient trop serrées. Et il pouvait hurler, le bâillon étouffait ses cris. Hermione, elle, était toujours debout.
« Petrificus Totalus ! »
« Protego ! »
La jeune fille dévia le sort mais n'était pas plus rassurée pour autant. Les deux Griffondors étaient hors jeu et elle était seule face à quatre Serpentards, même si Malfoy, en retrait derrière Goyle, ne semblait pas vouloir participer à l'échauffourée. Quelle idée ils avaient eue aussi de passer par un couloir qui était désert la plupart du temps !
« Qu'est ce que vous voulez ? » demanda-t-elle, prenant soin de maintenir son sortilège du bouclier soigneusement en place. Il ne tiendrait pas très longtemps et n'arrêterait que des sorts mineurs, mais devrait lui assurer une protection relative. Elle ne pouvait, en revanche, tenter de libérer Ron et Harry sans le briser et garder intact le Protego semblait plus important à l'instant.
Du moins ça sembla plus important jusqu'à ce que Goyle rejoigne ses deux amis, balançant au passage un coup de pied dans le ventre de Ron.
« Non ! » cria Hermione et elle sentit le bouclier vaciller.
« Furunculus ! » lança Nott en riant.
Le sort l'atteignit de plein fouet. Immédiatement, elle sentit sa peau se tordre et brûler là où poussaient les furoncles. Grognant de douleur, elle leva elle aussi sa baguette.
« Petrificus Totalus ! Expulso ! Everser Static ! »
Nott esquiva son attaque avec facilité mais Goyle et Crabbe volèrent dans les airs. Elle fit face au Serpentard, prête à lui faire payer les furoncles qui la dévisageaient, mais elle surprit, du coin de l'œil un mouvement négligeant de baguette de la part de Malfoy. Il marmonna quelque chose qu'elle ne comprit pas, mais une seconde plus tard, Harry se relevait, et d'un coup de baguette emprisonna Nott de la même façon qu'il l'avait été quelques minutes plus tôt, coupant net au sort vicieux qu'il était sur le point de lancer.
« Finite ! » lança-t-il à Ron qui se releva, furieux de s'être fait avoir de la sorte.
Les trois Griffondors se tournèrent vers le dernier Serpentard encore en état de combattre. Comprenant dans un instant fulgurant de lucidité que c'était lui qui avait libéré Harry, elle fronça les sourcils et ouvrit la bouche pour empêcher ses amis de l'attaquer.
« Expelliar… » lança Malfoy avant qu'elle ait pu parler.
« Brevis Somnus ! » répliqua Ron avec colère.
Le blond s'écroula sur lui-même, inconscient. Le Griffondor, très content de lui, se tourna vers Harry avec un sourire.
« C'est une invention de Charlie… Il va dormir pendant une heure… »
Hermione secoua la tête, renonçant à expliquer l'implication de Malfoy. Elle avait probablement rêvé… Elle refusa aussi de sermonner Ron sur l'utilisation interdite et fortement déconseillée des sortilèges non approuvés par le Ministère. On ne pouvait pas dire que le Ministère soit un très bon ami pour eux en ce moment. Un mouvement attira, cependant, son attention derrière elle et elle se retourna vivement.
« Incarcerem ! »
« Petrificus Totalus ! »
Elle tourna la tête vers Harry, étonnée. Il avait réagi aussi vite qu'elle et Crabbe et Goyle qui avaient, entre temps, récupéré de leurs petits vols planés tombèrent lourdement au sol. L'un ligoté, l'autre pétrifié.
« Ils vont rester là un moment. » constata Ron avec ravissement, avant de se tourner vers ses amis. « On va manger ? »
Lentement, Hermione acquiesça et prit la tête de leur groupe vers l'autre bout du couloir. C'était étrange… Elle aurait pu jurer que c'était Malfoy qui avait libéré Harry… Mais dans ce cas pourquoi les attaquer ? Le sort n'avait pas été offensif… Oui, mais il n'était pas obligé d'attaquer.
« Euh… Mione ? »
Elle s'arrêta en haut de l'escalier qui menait au Grand Hall, et attendit que ses amis la rattrapent. Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas fait attention au fait qu'ils étaient loin derrière elle. Parvati et Lavande les dépassèrent et éclatèrent de rire en dévisageant la jeune fille.
« Tu essayes un nouveau look, Hermione ? »
Elle fronça les sourcils et les regarda partir, haussant les épaules quand Harry et Ron la rejoignirent.
« C'est quoi leur problème ? »
Harry grimaça. « Euh… attends. » Il sortit sa baguette et l'agita légèrement devant son visage. « Finite. »
Une légère décharge courut le long de sa peau et ça la frappa. Elle avait complètement oublié le sort que lui avait jeté Nott. Les yeux écarquillés, elle porta les mains à son visage.
« Oh ! Est-ce qu'il y en a encore ? Est-ce que ça se voit ? »
Elle n'était pas obsédée par son apparence, mais elle ne tenait pas non plus à ce que l'école entière se moque d'elle parce qu'elle était couverte de furoncles. Harry se mordit la lèvre et évita son regard.
« Il n'y en a plus mais… »
« Mais quoi ? » coupa-t-elle anxieusement. Si elle avait un seul bouton, elle ne mettrait pas les pieds dans la Grande Salle. Elle ne donnerait pas aux Serpentards l'opportunité de se moquer d'elle.
« Ta peau est un peu rouge. » lâcha Harry.
« Un peu ? » répéta-t-elle, méfiante. « Ou beaucoup ? »
La grimace du garçon augmenta. « Beaucoup. »
« Tu es toujours très jolie, Mione. » intervint Ron pour rougir quelques secondes plus tard.
Ignorant le roux, elle soupira. Elle avait faim, mais elle devait d'abord constater l'étendue des dégâts.
« Ramenez-moi du pain. » demanda-t-elle « On se retrouve en Histoire de la Magie… »
Et sans attendre la réponse, elle se dirigea d'un pas ferme vers les toilettes des filles. Ron poussa légèrement Harry.
« Pourquoi tu lui as dit ça ? Elle était très bien. »
Harry le dévisagea avec incrédulité. Le visage d'Hermione était rouge comme un homard… Mais avant qu'il ait pu en faire la remarque, Ron s'était lancé vers la Grande Salle.
« Tu viens ? » lâcha-t-il par-dessus son épaule. « Tout ça, ça m'a donné faim. »
« Tu as toujours faim. » grogna Harry avant d'emboîter le pas à son ami.
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Harry ordonna à sa tour de prendre le pion noir. En face de lui, Ron grogna. Avec un sourire ravi, il observa son ami tenter de trouver un nouveau plan d'attaque. Il commençait à devenir doué aux échecs sorciers… Cahiers et livres étalés autour du fauteuil qu'elle occupait, Ginny suivait la partie des yeux tandis que Neville, assis à même le sol, tentait tant bien que mal d'étudier les notes qu'il avait prises en Métamorphose la semaine passée. Sur le dernier fauteuil disponible dans ce coin de la Salle Commune, Hermione écrivait sur un parchemin, se servant de son livre de potions comme appui.
« En quelle année a été créé le Prior Mutis ? » demanda Neville au moment précis où Ron déplaçait son fou.
Bien évidemment, ni Ron ni Harry ne répondirent. Ils ne connaissaient même pas la réponse. Ginny se contenta de secouer la tête pour s'éclaircir les idées avant de retourner à la leçon oubliée sur ses genoux.
« 1567. » déclara distraitement Hermione en s'extirpant de son fauteuil. « Mais il n'a été approuvé qu'en 1634 et utilisé pour la première fois aux environs de 1700. »
« Comment tu fais pour te souvenir de tout ça ? » s'exclama Ginny avec incrédulité.
Hermione haussa les épaules et attrapa le pull dont elle s'était débarrassée une heure plus tôt. Au coin du feu, il faisait bon, mais dehors… L'automne était froid et l'hiver approchait rapidement. Elle hésita à prendre une veste mais se décida contre finalement. Elle n'avait pas envie de remonter dans le dortoir.
« Où tu vas ? » interrogea Ron sans lever la tête du jeu.
« A la volière. » répondit-elle distraitement en attrapant le parchemin sur lequel elle gribouillait depuis une heure.
« Tu peux utiliser Hedwige alors, s'il te plait, Mione ? Elle doit s'ennuyer. »
« D'accord. » acquiesça la jeune fille avant de s'immobiliser, se remémorant brutalement qu'ils approchaient de huit heures. « Oh, Harry, tu devrais venir aussi… »
Le garçon leva la tête, un air clairement confus sur le visage. « A la volière ? Pourquoi ? »
Ron en profita pour prendre son cavalier et Harry grogna.
« Tu as dit à Ombrage que tu irais voir Snape. » lui rappela patiemment Hermione. « Et je ne crois pas que le faire attendre… »
« Oh, il va attendre, Mione… » coupa Harry en déplaçant un pion. « Il peut attendre toute la nuit si ça lui fait plaisir. Mais il ne me verra pas ce soir. Ni ce soir, ni demain, ni jamais. »
« Harry… » commença-t-elle d'un ton ferme, mais Ron l'interrompit d'un hurlement joyeux.
« Echec au Roi ! »
Constatant qu'elle pourrait dire ce qu'elle voudrait, il ne l'écouterait pas, Hermione prit le chemin de la volière en soupirant. Snape n'accepterait certainement pas ça… Et qu'il soit en tort dans l'affaire ne changeait rien à cet état de fait. Prenant soin de garder sa baguette à portée de main, l'expérience de la matinée avait été tout sauf agréable sa peau la cuisait toujours à certains endroits, elle longea les couloirs peu fréquentés. Passant devant la salle des professeurs, elle fut interrompue dans son errance par le raclement de gorge caractéristique de leur enseignante de Défense contre les Forces du Mal. Et elle qui craignait de rencontrer Snape et d'avoir à lui expliquer pourquoi son ami ne l'attendait pas devant son bureau…
Prétendant ne rien avoir entendu, Hermione accéléra le pas.
« Miss Granger ? » appela la voix désagréable derrière elle, et elle fut bien obligée de s'arrêter.
« Professeur Ombrage ? » demanda-t-elle aussi calmement qu'elle le put, en se retournant.
La femme était habillée d'une robe de sorcière vert sombre et avait un ridicule nœud assorti dans les cheveux. La ressemblance avec un crapaud n'avait jamais était aussi grande.
« Très chère, avez-vous entendu parler de l'attaque sauvage dont ont été victimes ces pauvres Mr Nott, Malfoy, Goyle et Crabbe ? »
Le contraire eut été difficile, l'école entière ne parlait que de ça. Le pauvre professeur Flitwick était tombé sur les quatre étudiants dont un Malfoy toujours endormi…
« Vaguement, Professeur. »
Elle espérait qu'elle avait l'air assez innocent. Il ne manquerait plus que la sorcière rejette sa frustration de ne pas pouvoir avoir Harry en retenue sur elle.
« Saviez-vous que ces pauvres agneaux ont refusé de dénoncer leurs camarades, responsables de cette attaque ? »
Elle avait un très mauvais pressentiment. Cette conversation était légèrement trop proche de ce qu'elle ne voulait pas qu'Ombrage découvre à son gout.
« Je l'ignorais, Madame. »
Hermione fixait désespérément la porte de la salle des professeurs, priant pour qu'elle s'ouvre et que quelqu'un la sauve. Mais elle restait close.
« C'est curieux, parce que… »
« Miss Granger… » interrompit une voix grave derrière eux. « Je vous cherchais justement. »
Devait-elle être reconnaissante ou inquiète à l'idée que Snape l'aide à échapper à l'envoyée du Ministère ? Tournant la tête vers le Maître des Potions, elle sourit faiblement.
« Vraiment, Monsieur ? »
Elle se demandait si ajouter « quelle coïncidence, j'essayais justement de vous éviter » serait un peu trop.
« Professeur Snape. » minauda Ombrage d'un air mécontent. « Je pensais que vous aviez un rendez-vous avec Potter ce soir ? »
Un éclair de surprise passa sur le visage de Snape, avant qu'il ne reprenne un air neutre.
« La ponctualité n'est pas le fort de Mr Potter. » répliqua le Mangemort avant de désigner d'un geste la direction des donjons à Hermione. « Si vous voulez bien me suivre, Miss Granger. »
En soupirant, la jeune fille emboîta le pas à l'homme. Elle n'eut pas le temps de faire deux pas.
« Je parlais justement avec Miss Granger de l'incident d'aujourd'hui, Severus. »
Ombrage appuya délibérément sur le prénom du Professeur, pensant certainement se montrer amicale. Hermione dut camoufler son bref fou rire en toux. Il était clair qu'il n'était pas habitué à entendre la parfaite dévotion dont venait de faire preuve la femme. Sa tête avait été…
Mais l'envoyée du Ministère continuait, inconsciente du dégout profond clairement affiché sur le visage de Snape. Elle persistait à faire des manières et parler comme si Snape et elle étaient des amis de longue date…
« Incidents qui impliquent justement des enfants de votre Maison… Je m'étonne que vous ne cherchiez pas les coupables avec plus d'ardeur… »
La lèvre de Snape tressauta dans ce qui aurait pu passer pour une amorce de sourire. Ca se transforma bien vite en un rictus méprisant.
« Il m'apparaît évident que les victimes sont tout aussi coupables que ceux qui les ont abandonnées dans cet état, Dolores. »
La femme sursauta, ne s'attendant apparemment pas à ce que l'ancien Mangemort utilise son prénom. Hermione avait du mal à garder son sérieux, et parallèlement n'arrivait pas à croire que Snape ne monte pas au créneau pour ses précieux Serpentards…
« Je pensais qu'il était possible que Miss Granger sache quelque chose, Snape. » révéla finalement Ombrage. « Elle, Mr Wealsey et Mr Potter ont été aperçus dans les parages… »
Snape se tourna vers la jeune fille, un sourcil levé. « Savez-vous quelque chose au sujet de cette attaque, Miss Granger ? »
Hermione secoua la tête, n'osant pas vocaliser sa réponse. Il était beaucoup plus difficile de mentir à Snape qu'aux autres. Il semblait toujours savoir quand les gens ne lui disaient pas la vérité. En l'occurrence, elle était persuadée qu'il savait qu'elle mentait mais qu'il avait décidé, pour une raison ou une autre, de ne pas en faire part à Ombrage. Est-ce que cela voulait dire qu'ils n'allaient pas être punis, elle n'en savait rien…
« Le sujet est donc clos. » déclara-t-il fermement en se tournant vers l'enseignante de Défense. « Si vous voulez bien nous excusez, Professeur Ombrage. »
Elle ne l'avait encore jamais entendu mettre autant de mépris dans un seul mot. Elle s'empressa en revanche de lui emboîter le pas quand il partit vers les donjons, accompagné par le claquement rageur de sa cape.
« Je ne pense pas me tromper en supposant que Mr Potter n'a aucune intention de quitter la Tour des Griffondors ce soir ? » demanda-t-il, une fois qu'ils se furent assez éloignés d'Ombrage.
« Je ne sais… » Il lui jeta seulement un regard. Ni proprement agressif, ni réellement noir… Hermione grimaça. « Non, Monsieur. »
Lentement, il hocha la tête, comme si cela ne le surprenait pas.
« Auriez-vous l'amabilité de lui dire que s'il ne se présente pas au prochain cours de potions, je serais dans l'obligation d'en référer au Directeur ? »
La question n'en était pas vraiment une et elle acquiesça silencieusement. Elle était cependant étonnée qu'il n'exige pas d'elle qu'elle aille le chercher… Elle étudia plus attentivement l'homme qui marchait à côté d'elle. Il était fatigué, usé… Le rôle qu'il jouait dans cette guerre était difficile. Probablement le plus dur de tous. Et Harry n'arrangeait rien.
« Si je peux me permettre, Professeur… » se lança-t-elle sans réellement savoir ce qu'elle allait dire. « Je sais que ça ne me regarde pas, mais… »
« Ca ne vous regarde pas, en effet, Miss Granger. » coupa-t-il et le silence retomba.
Elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui parle à nouveau, mais pourtant, la voix doucereuse s'éleva quelques secondes plus tard.
« Je peux comprendre que Mr Potter soit… perturbé. » déclara-t-il d'un trait, comme si les mots lui arrachaient la bouche. « C'est pourquoi je ne prendrais aucune mesure contre son absence de ce matin s'il se présente en cours Vendredi. »
Hermione se mordit la lèvre, peu sûre de jusqu'où elle pouvait aller.
« Peut-être que vous devriez avoir une explication avec lui, Professeur. »
Le regard colérique de Snape se braqua sur elle. « Je me passerai de vos conseils, Miss Granger. »
Les mots claquèrent dans l'air, attirant sur eux l'attention d'un groupe d'élèves qui chahutaient plus loin. Il les dispersa d'un geste de la main. Quand ils furent à nouveau seuls, elle s'éclaircit la gorge. Ce n'était tellement pas sa place de jouer les intermédiaires…
« Il blâme Lily. »
Elle avait parlé doucement, peu sûre de l'effet qu'auraient les mots sur l'homme. Snape ralentit un instant, encaissant le choc avant de reprendre le même rythme rapide qu'il leur imposait.
« Où alliez-vous, Miss Granger ? » demanda-t-il finalement.
« Euh… Je dois envoyer une lettre mais… » Elle s'interrompit. Voulait-il juste lui parler pour qu'elle passe le message à Harry ou avait-elle fait quelque chose d'autre qui justifierait un sermon de la part de son professeur de Potions.
« Vous devriez éviter de vous promener seule dans les couloirs en ce moment, Miss Granger. » reprit Snape plus aimablement, en s'arrêtant à la jonction de deux couloirs. A droite les cachots, tout droit la volière.
« Je suis parfaitement capable de me défendre. » lâcha-t-elle, avec une pointe de colère.
Avec un amusement clair, Snape inclina la tête. « Oui, les sortilèges d'emprisonnement étaient remarquables. Néanmoins, certains élèves suivent le chemin de leurs parents, Miss Granger… Et les Nés-Moldus ne sont plus aussi en sécurité dans ce château qu'ils l'ont autrefois été. »
Il la quitta sur cette mise en garde et elle le regarda partir, légèrement choquée. De une, Snape lui avait fait un compliment. De deux, il avait été presque… aimable. Secouant la tête, elle reprit son chemin. Harry devrait peut-être se disputer avec lui plus souvent…
Elle ne croisa pas âme qui vive sur le chemin de la volière, mais se pressa quand même. Les avertissements de Snape résonnaient toujours à ses oreilles et elle était trop consciencieuse pour ne pas les écouter. Elle croisa les bras sur sa poitrine en pénétrant dans le dernier étage de la tour en question. La volière était ouverte à tous les vents, et il faisait beaucoup plus froid ici que dans le reste du château.
Décidant de ne pas s'attarder, elle tenta de repérer le plumage immaculé d'Hedwige parmi la nuée d'hiboux
« Hedwige ! » appela-t-elle finalement et la chouette se détacha d'une des niches pour venir se poser sur son bras avec un hululement joyeux. Elle gratta la tête de l'oiseau qui criait son contentement. « Salut, ma belle… »
Déposant la chouette sur un perchoir prévu à cet effet, elle fouilla dans la poche de son jean et en extirpa sa lettre. Elle s'apprêtait à l'attacher à la patte de l'oiseau quand une voix fatiguée résonna dans la volière, provoquant les cris de nombreux hiboux.
« A ta place, je ne ferai pas ça, Granger. »
J'ai pris la liberté de "créer" quelques formules pour ce chap.
Brevis Somnus vient bien entendu du latin. Ca donnerait quelque chose comme Sommeil Bref.
Voilà.... rewiew!
