Hellooo°°° !
L'été est enfin là ! Wéééé ! Bon, par contre, passer d'un coup de 10° à 35°, ça met une sacrée claque. Je me suis d'ailleurs étrangement rapprochée de mon frigo et de mon congélo, au point que mon homme se demande si je ne lui fait pas des infidélités...
Bon, pas la peine de délirer plus que ça, réponse aux reviews !
Kyssou : peut-être, mais il ne faut pas oublier que chacun est libre de mener sa vie comme il le souhaite, c'est un droit fondamental !
Triskelle Sparrow :je sais ! j'en ai poussée la caricature à l'extrême et ce n'est pas fini :p
Puceron52 :Waaaa ! quel plaisir de voir que tu as laissé une review à chaque chapitre ! tu m'en as tellement raconté que je ne sais plus quoi te répondre :p Oui, je sais, Rosalie n'est pas très sympa mais certaines pistes sur son comportement seront apportées sous peu !
Sandry : Jez te l'accorde, ça en fait beaucoup pour un vampire... Mais est-il réellement un vampire ?
Disparition27 :Huuum... Oh ouiii ! Que j'aime recevoir de tels romans ! ça fait du bien par où ça passe ! Au passage, un petit coup de règle sur les doigts pour ne pas avoir laissé de reviews sur NOJ, non mais ! TCHACK ! Voilà ! maintenant on peut passer aux choses sérieuses. Oui, ces deux "Edward" n'ont pas grand chose en commun, bien qu'ils soient tous deux torturés (par les hormones pour l'un, par ses remises en question pour l'autre). Oui, je sais, les chapitres sont pus courts... mais ça veut également dire qu'ils arriveront plus vite ! Vivement les lemons? oh, oh ! z'ai cru voir une obsédée ! Et dire qu'on m'a souvent reproché le trop plein de lemons dans NOJ... faudrait vous mettre d'accord, non? Je rectifie juste une chose, mon "Edward" de NOJ n'est pas un pervers, c'est juste un mec figé ad-vitam aeternam dans ses 17 ans, age où on est principalement régi par ses hormones. Il suffit de regarder n'importe quel ado normalement constitué de 17 ans, il ne pense qu'au sexe ! et quand il n'y pense pas, c'est qu'il pense au cul. Et quand il ne pense ni au cul, ni au sexe, c'est parce qu'il tire son coup. Bref. Bella n'est ni une succube, ni une déesse, mais les idées n'étaient pas si mauvaises ;) Merci pour tes compliments et au plaisir de relire tes romans ! bizzz
Samystère :... et plus tu en apprendras ! la preuve dans ce chapitre, même si les réponses tant souhaitées n'arriveront pas de si tôt ! + fidèle revieuweuse !
merci à Ptitcoeurfragile et Canada02 pour vos coms !
Comme toujours, un grand MERCI à Méla Cullen pour sa patience à toute épreuve et son oeil de lynx qui traque mes erreurs !
Au passage, vous verrez en fin de chapitre des monstruosités au niveau du phrasé. Je précise que c'est un fait exprès, cela sert à enfoncer le clou et à marquer la bêtise du personnage en question.
Sur ce, bonne lecture et...
... ENJOY ! ! !
Enfermé dans son étreinte rassurante, je me laissais envahir par sa chaleur, tel un enfant malheureux pleurant dans le giron de sa mère. Je perçus un mouvement et compris qu'on se déplaçait. J'étais trempé jusqu'aux os, je le savais étant donné que je m'étais trouvé sous une pluie battante. Alors pourquoi avais-je l'impression de me réchauffer ?
Une porte claqua. J'ouvris alors les yeux et clignais des paupières à plusieurs reprises… Assis devant la cheminée du cottage de Bella où un énorme feu ronflait, ses flammes aux reflets chatoyants dansant sur les bûches, je n'y comprenais plus rien. Comment avait-elle réussi à m'emmener jusqu'ici aussi rapidement ?
J'observais les flammes d'un air ahuri lorsque la porte s'ouvrit, révélant une Bella dont les vêtements collés par la pluie moulaient son corps à la perfection. Elle me tendit un sac, un sourire triste aux lèvres.
- Tiens, c'est pour toi. Va prendre une douche, tu te sentiras mieux ensuite.
J'ouvris le sac et fus stupéfait d'y trouver mes vêtements. Les miens. À moi. Venant de ma maison.
- Je suis passée chez toi. Rassures-toi, personne ne m'a vue, ni entendue.
- Comment…
- On en parlera plus tard, Edward. Prends une douche et changes-toi ! Aie pitié de mon pauvre parquet je te prie ! Ne va pas le ruiner avec toute cette flotte qui dégouline de partout !
Je me relevais prestement et lui obéis, bien trop étonné par tous ces petits gestes qu'elle faisait pour moi. Comment avait-elle pu m'amener aussi vite chez elle ? La clairière n'est pourtant pas à côté ! Et comment avait-elle pu passer inaperçue chez moi ? Au nez de six vampires aux sens aiguisés ? Je ne comprenais plus rien…
Les mains posées à plat sur la paroi de la douche, la tête baissée, je laissais l'eau couler allègrement sur mon corps, laissant sa chaleur me laver de ma douleur, de mes pêchés. Je ne sais pas combien de temps j'étais resté sous cette eau salvatrice, mais ne voulant pas profiter plus que je ne le faisais déjà de la bonté naturelle de mon hôtesse, j'en ressortis rapidement avant de me sécher et de me rhabiller. J'eus à peine le temps de sortir, mes vêtements détrempés à la main, que Bella les attrapa pour les étendre sur une chaise, devant la cheminée. Devant mon air surpris, elle rigola doucement.
- Ils s'inquiètent pour toi. Alice va appeler, réponds-lui !
J'eus à peine le temps de penser à ses paroles que mon téléphone portable sonna. C'était Alice. Je répondis.
Edward ! Où es-tu ? Je ne te vois plus ! Est-ce que tu vas bien ? Excuse-moi, c'est une question stupide mais je m'inquiète pour toi et…
- Rassures-toi Alice, je vais bien et…
Tu dois rentrer à la maison, tout le monde s'inquiète pour toi ! Rosalie ne pensait pas ce qu'elle a dit et…
- Tu sais très bien qu'elle le pensait ! Ne me prends pas pour un con, Alice ! Et non, je ne rentrerai pas. Pas maintenant en tout cas, je ne peux pas… Remercie Emmett et Jazz de ma part et dis à Esmée et Carlisle que je vais bien, qu'ils ne doivent pas s'inquiéter. On se verra demain au lycée…
Edward ! Attends il faut qu…
- A demain, Alice.
Je coupais la communication et éteignis mon téléphone. Je ne voulais pas être harcelé par leurs appels incessants. Je me tournais vers Bella, elle faisait face à la fenêtre, observant la lune dont les rayons argentés illuminaient la falaise. Elle frémissait violemment et je pouvais presque sentir la colère irradiant de son petit corps sur le bout de ma langue. Sentant mon regard sur elle, Bella se tourna vers moi, un sourire fatigué aux lèvres.
- Comment as-tu su ? Où me trouver. Terminai-je en la voyant froncer les sourcils.
- Je sais beaucoup de choses, Edward. Je sais aussi ce qu'il s'est passé chez toi, la dispute avec ta sœur. J'en suis responsable et tu n'imagines pas à quel point j'en suis navrée…
- Ce n'est pas de ta faute ! Rosalie est…
- Rosalie ne supporte pas le changement, je le sais. Pour être plus exacte, Rosalie a une peur énorme du changement…
- Comment peux-tu dire ça ? Tu ne la connais même pas !
Bella éclata d'un rire sans joie puis s'installa sur le sofa avant de tapoter la place à ses côtés. Je m'y assis pendu à ses lèvres.
- Ce n'est pas parce que je ne fréquente pas une personne que je ne la connais pas. Regardes-toi par exemple. Cela fait 80 longues années que Rosalie vit dans ta famille et…
- Comment peux-tu savoir ça ?
- Je te l'ai dit, je connais beaucoup de choses… Pour en revenir à notre sujet, cela fait de longues années que tu partages le quotidien de Rosalie, que tu entends une grande majorité de ses pensées les plus profondes, et pourtant, tu ne connais rien d'elle. Tu t'es laissé berner par ton talent, pensant que la télépathie te permettait de connaître les gens, mais tu te trompes, Edward. Entre « penser » et « agir », il y a une sacrée marge…
Je réfléchis à ses paroles pendant quelques instants et force était de m'avouer qu'elle n'avait pas tort. Je faisais trop confiance à mon talent au point où j'en oubliais d'écouter ou découvrir réellement une personne. Mais j'étais tellement dégoûté par la pauvreté de ces esprits… Lorsque je relevais les yeux vers elle, j'aperçus son sourire s'agrandir.
- Voilà ! On y arrive ! Tu t'es effectivement laissé avoir par ton talent. La télépathie est une arme à double-tranchant tu sais ?
Tu entends mes pensées ?
Bella éclata de rire tout en secouant la tête. Elle riait tellement qu'une minuscule larme roula sur sa joue. Elle l'essuya du bout des doigts avant de me faire un petit sourire malicieux.
- J'ai déjà répondu à cette question Edward, je sais tout. Pour en revenir à ta sœur… Rosalie a une peur terrible du changement. Ça relève presque de l'épouvante à son niveau. Et honnêtement, si elle ne trouve pas bientôt le moyen de s'y faire, si elle ne se trouve pas un but, son immortalité tournera court…
- Qu'entends-tu par là ? On est immortel, donc à moins d'être détruits, nous ne pouvons pas mourir !
- Et tu te trompes une fois de plus, Edward. L'immortalité n'est pas faite pour tous. En tant que vampire, si tu ne peux t'adapter, évoluer face au monde qui t'entoure, arrive un moment où tu deviens fou. Cela peut prendre des décennies, siècles, millénaires, mais tous les vampires ne sont pas faits pour être immortels, surtout de nos jours en voyant à quelle vitesse le monde humain évolue ! J'ai déjà croisé la route d'un vampire qui s'est suicidé…
- Mais c'est impossible ! Le suicide n'existe pas chez les nôtres ! Je le sais bien, j'ai vu dans ses pensées tout ce que Carlisle a tenté et…
- Carlisle n'a tenté que les moyens humains, oubliant ce qu'il était ! On reparlera de Carlisle plus tard, si tu le veux bien…
Étrangement, le ton de sa voix s'était durci lorsqu'elle avait prononcé le nom de mon père.
- Je disais donc que ce vampire n'arrivait pas à s'intégrer au monde ambiant. Il avait vécu au début du Moyen-Age, c'était un jeune Viking lorsqu'il avait été mordu. Il a traversé les siècles en nomade, sans jamais réussir à voir le monde tel qu'il était, il le voyait toujours tel qu'il l'avait connu lors de son humanité. Est arrivée la Révolution Industrielle et il n'a pas supporté. Tous ces bruits, ces changements… cela l'a rendu fou ! Il a alors allumé un brasier, s'est arraché un bras, une jambe, les a jetés au feu avant de vaciller comme il l'a pu et de s'allonger dans les flammes pour les laisser lécher son corps jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un tas de cendres. Il a souffert mille morts… mais pour lui, c'était préférable à son immortalité. Ce vampire, Olaf, est un parfait exemple de ce qu'il peut arriver à un immortel incapable d'évoluer…
J'étais complètement sidéré par les paroles de Bella, un vampire, capable d'évoluer ? Mais pourtant, nous étions bien figés ad-vitam aeternam dans nos corps, nos âges, nos pensées !
- Oui et non, Edward. Répondit-elle à mes pensées. Ce n'est pas parce qu'un vampire est figé dans son dernier jour humain, avec ses goûts, son caractère… qu'il ne peut pas évoluer ! Tu as déjà étudié la philosophie, non ? Sartre dit « l'existence précède l'essence ». C'est juste, en ce qui concerne un humain. Mais les vampires ne le sont plus. Ils restent effectivement figés dans leur essence mais peuvent commencer une nouvelle existence, s'ils en sont capables, et donc évoluer ! C'est pour cela que je te dis que tout vampire n'est pas fait pour rester immortel…
- Et Rosalie ?
- Rosalie… Rosalie est un cas compliqué. Elle pourrait parfaitement s'adapter à sa condition mais elle le refuse. Elle en a peur ! Lorsqu'elle était humaine, Rosalie faisait ce que ses parents attendaient d'elle. Elle était très jolie, donc ils savaient qu'ils allaient la marier à un bon parti. Crois-tu réellement qu'elle aurait choisi d'épouser Royce si ses parents ne l'avaient pas endimanchée pour la lui présenter ? Rosalie avait déjà accepté les choix, les idées de grandeur de ses parents, à cette époque, une jeune fille était soumise à leurs désirs. Les Hale ne voyaient en leur fille qu'une façon d'accéder à leur but, gravir les échelons de la haute société. Le premier changement qu'elle a subi a été d'accepter leurs choix, même si elle ne s'en apercevait pas. Le second changement est arrivé tard, lorsqu'elle est allée rendre visite à son amie Véra. En voyant le petit garçon, Rosalie a subitement décidé qu'elle serait mère alors qu'elle n'y avait jamais réellement pensé avant. Le troisième changement… je ne pense pas avoir besoin de te faire un dessin, je me trompe ?
Je secouais la tête en comprenant que Bella parlait de l'attaque dont ma sœur avait été victime lorsqu'elle avait croisé la route de Royce King et de ses copains de beuverie…
- Oui. Je parle effectivement de ça… Et le quatrième changement est arrivé dans la foulée lorsque ton… père… en a fait l'une des vôtres… Je ne pense pas que Carlisle ait été très judicieux sur le coup. Soupira-t-elle d'un air las.
- Carlisle a voulu la sauver, il…
- Oui, je sais que ses raisons peuvent être perçues comme... nobles… et effectivement cela aurait pu être le début d'une nouvelle existence ! Mais Carlisle ne l'a jamais aidée à évoluer. Tu as toi-même fait une énorme erreur avec Rosalie… Elle voulait se venger de ses agresseurs, elle avait besoin de les tuer pour tourner la page, en quelque sorte, mais tu l'as fait à sa place…
- Je ne voulais pas qu'elle ait leurs morts sur la conscience ! Me concernant, je n'étais plus à une mort près…
Bella se releva d'un bond, en proie à la colère, et se mit à faire les cents pas devant l'âtre.
- Arrête de t'attacher à cette conscience humaine ! Tu ne l'es plus depuis bien longtemps, il te faut l'accepter ! Je peux comprendre l'idéologie de Carlisle jusqu'à un certain point et je suis même fière de voir qu'un vampire est capable d'évoluer au point de s'abstenir de boire du sang humain, mais de là à le faire pour une question de morale, de Bien ou de Mal en fonction des croyances humaines, ça je ne le tolère pas ! Carlisle s'attache trop à cette vie qu'il a perdue et essaye de la revivre, il n'évolue pas ! Il se complait dans sa petite vie pathétique ! Il n'a pas encore compris qu'il n'est plus humain. Il est un vampire. Il serait temps qu'il agisse comme tel ! Tu me disais tout à l'heure que le suicide est impossible dans votre race mais c'est faux ! Je te l'ai prouvé ! Seulement, Carlisle n'a tenté que les moyens humains. Il n'a jamais pensé qu'il ne l'était plus, il se refuse à l'être. Un si bel esprit, une si belle âme… quelle erreur ! Et sans même s'en apercevoir, il vous bride. Rosalie n'est que la conséquence des erreurs de Carlisle… Et j'espère, j'espère pour le bonheur de ce pauvre Emmett que Rosalie sera à même un jour d'évoluer, de laisser derrière elle sa vie humaine une bonne fois pour toutes…
Bella s'assit alors à mes côtés, sur le sofa, et posa une main sur mon genou.
- En parlant de Rosalie, c'est bientôt l'heure d'aller au lycée, Edward. Ne sois pas trop dur avec elle aujourd'hui, je sais que ses paroles t'ont profondément blessé mais elle ne le pensait pas…
- Bien sûr que…
- Elle s'inquiète pour une humaine potentielle, pas pour toi, elle a peur du changement, tout simplement ! Elle devra accepter qu'il ne faut pas « subir » mais « choisir ».
- Je ne te comprends pas…
- Hmmm… Reprenons Carlisle, par exemple… Il a transformé Rosalie pour lui « offrir » une nouvelle chance alors qu'elle était aux portes de la mort, sans lui demander son avis, on est d'accord ? Imagine qu'un humain vienne à lui de son plein gré et…
- Jamais ! Jamais Carlisle ne changerait quelqu'un s'il y a une autre alternative ou s'il a une chance de vivre ! M'offusquai-je face à ses paroles désobligeantes envers mon père.
- Et bien voilà ! On y est ! Une différence de plus entre « subir », l'unique possibilité qu'offre Carlisle, et « choisir », la solution qu'il se refuse. Si tu ne veux pas choisir, ou que tu ne le peux pas, tu n'évolues pas, tu stagnes.
- Alors pour toi, être un vampire n'est pas être maudit ?
- Bien sûr que non, c'est juste un différent stade d'évolution… Une autre existence, de nouveaux choix. Bon, c'est pas tout ça mais je vais me doucher !
Mon esprit était embrouillé par le discours de Bella et je fus heureux qu'elle sorte de la pièce pour me laisser seul. Je décidais de remettre mes vêtements de la veille pour ne pas faire d'esclandres avec ma famille et me repassais ses paroles en boucle. J'en fus malheureusement détourné lorsque j'entendis le ruissellement de l'eau sous la douche… Alors que mon esprit divaguait vers des pensées d'un tout autre genre, Bella ressortit de la salle de bains, heureusement entièrement vêtue.
- Je peux te déposer au lycée si tu le souhaites, Edward, ça t'évitera d'y courir et d'y arriver avec des vêtements froissés. Me proposa-t-elle d'une voix douce.
- Pas sûr que ça plaise à ma sœur… Elle m'a déjà fait une scène hier à cause de ton parfum… Mais… Je suis sûr que si je lui disais que tu n'es pas humaine, tout irait mieux. C'est vrai ! Je ne sais rien de toi Bella…
- Bientôt, je te le promets. Mais pour l'instant, vous n'êtes pas encore prêts à le savoir. Ce n'est pas contre toi, Edward, ne va surtout pas imaginer une chose pareille…
Bella soupira longuement avant de retrouver un semblant de jovialité et d'attraper son sac.
- Bon, je te dépose ?
- Puisque je suis voué aux Enfers, autant me damner avec application ! Ricanai-je avant de la suivre à l'extérieur.
Le ciel était couvert, de gros nuages gris et cotonneux empêchaient le soleil de filtrer. Bella se dirigea alors jusqu'au petit hangar abritant ses voitures et sa moto avant de fouiller dans un coffre en bois sous l'établi. Elle en ressortit deux casques et m'en tendit un avant d'enfourcher sa moto. J'attrapais son sac et le glissais sur mes épaules.
- Il faut bien sauvegarder les apparences, non ? Ricana-t-elle avant d'enfiler son casque et de kicker de tout son poids.
Je grimpais dans son dos et enroulais mes bras autour de sa taille, profitant de ce moment pour me coller tout contre elle. Entre sa chaleur et les vibrations de la moto, j'étais dans un état proche de la béatitude. Malheureusement, ça ne dura pas longtemps, et nous nous garions bien trop vite sur le parking…
Mes frères et sœurs étaient déjà là, Alice et Jasper rassurés, Emmett moqueur avec ses pensées perverses et Rosalie enragée, comme de bien entendu.
Ouhlala ! Elle va nous en faire une crise d'apoplexie si elle continue ! Bon, suis ce que je dis, on ne va pas lui donner des raisons supplémentaires de t'en vouloir, ok ?
Je manquais de sursauter en entendant ses pensées résonner dans mon esprit mais me repris rapidement puis je pressais doucement sa taille à deux reprises pour lui signifier mon accord.
- La prochaine fois que tu te décides à aller au lycée à pied, arranges-toi pour être dans la bonne direction ! T'aurais eu l'air fin si je ne t'avais pas croisé en route, Cullen ! Claironna-t-elle gaiement et suffisamment fort pour que ma famille l'entende.
- Merci Bella, c'était… sympa. À une autre fois, peut-être !
- Ok ! On se voit en bio, bye !
Je la regardais s'éloigner avant de rejoindre ma famille. Rosalie tirait une tronche de trois pieds de long et je décidais de l'ignorer, autant ne pas aviver sa colère. Alice me tendit alors mon sac, un air triste sur le visage.
Tu étais où ? Pourquoi as-tu éteins ton téléphone ? Je ne te voyais plus ! Pourquoi tu n'es pas rentré ? Elle ne pensait pas ce qu'elle disait, tu sais ? Tu la connais, ses paroles dépassent trop souvent sa pensée !
Je baissais la tête puis soufflais longuement avant de lui répondre.
- Je suis allé me balader en forêt, j'ai trouvé une grotte dans laquelle je me suis abrité pendant l'orage et j'y suis resté jusqu'à l'aube. Je ne sais pas pourquoi tu ne m'as pas vu, peut-être que les Quileute n'étaient pas loin, va savoir ! Je ne suis pas rentré parce que j'avais besoin de réfléchir. Je ne suis plus un gosse depuis longtemps et je sais prendre soin de moi, donc il ne fallait pas t'inquiéter. Oui, je sais, ça lui arrive même un peu trop souvent mais il n'empêche que ce n'est jamais agréable. C'est bon ? L'interrogatoire est fini ? Je peux aller en cours ?
- Ça t'écorcherait la langue d'être agréable avec Alice ? Tu n'as pas à lui aboyer dessus, elle ne t'a rien fait ! Cracha ma sœur.
- Rosalie, on ne va pas remettre le sujet sur le tapis une fois de plus, tu m'entends ?
Emmett l'avait reprise d'une voix dure et l'expression sévère sur son visage contrastait avec celle qui l'habitait d'ordinaire, souriante. En voyant le regard dur de son compagnon braqué sur elle, Rosalie baissa les yeux et ses épaules se voûtèrent.
- Je suis désolée Emmett...
- Ce n'est pas à moi que tu dois des excuses, Rosalie !
Ma sœur souffla longuement puis me fit un léger signe de tête. Je pouvais me contenter de ça pour le moment !
Le reste de la semaine fut assez… intéressant.
Je passais mes journées au lycée, discutant avec Bella pendant nos cours de biologie ou rapidement au détour d'un couloir, puis rejoignais mes frères et sœurs à la pause du midi, évitant les « chaude-pisse sisters » comme la Peste. Décidément, leurs cerveaux génétiquement modifiés, croisement de poisson-rouge trépané et de poule lobotomisée, n'étaient franchement pas une réussite ! Incapables de comprendre une notion simple comme « non » ou un peu plus complexe telle « pas intéressé ». Cela faisait énormément rire Bella, d'ailleurs…
Après les cours, je rejoignais ma famille à la voiture et nous rentrions à la maison, où je passais une partie de la soirée à rassurer Esmée et Carlisle, à discuter avec les uns et les autres – Rosalie continuant de m'éviter évidemment – puis j'allais me mettre au calme, dans ma chambre d'abord, musique à fond, puis dans ma « grotte » ensuite - sous-entendu chez Bella – après avoir pris des vêtements de rechange.
Bella ne me reparlait jamais de ses théories sur une possible évolution vampirique, je pense qu'elle ne voulait pas m'influencer et préférait que je réfléchisse sérieusement à la question. Nous passions nos nuits à discuter de tout et de rien, de sujets allant de la musique au cinéma, en passant par l'art ou l'histoire. Et plus je me penchais sur la question, moins j'étais capable de dire à quelle époque elle avait pu naître. Je ne savais toujours pas ce qu'était Bella et ça m'énervait de la voir esquiver aussi aisément mes questions, mais quoiqu'elle soit, je ne pouvais plus continuer à me mentir.
Bella m'attirait.
Beaucoup.
Trop pour mon propre bien.
Pire que ça, même…
Mes sentiments étaient passés de l'attirance à la fascination, puis de la fascination au désir.
Je la désirais comme je n'avais encore jamais désiré personne, je la désirais comme un homme désire une femme. J'en arrivais à avoir peur des émotions que j'éprouvais pour elle, j'étais terrifié à l'idée de mettre ce mot en « A » dessus…
Pour ne pas laisser mes problèmes relationnels avec Rosalie s'envenimer, je rentrais chaque matin à la villa avant de partir en cours avec eux. Et Bella, pour ne pas aggraver les choses, ne me laissait jamais quitter son cottage sans que je ne me sois douché avant pour me débarrasser de son parfum. Je détestais ne plus avoir sa fragrance sur mon corps, elle était si agréable ! Si envoûtante ! Si apaisante… Et bien que je n'aime pas ça, j'écoutais Bella, sachant qu'elle avait raison…
En rentrant à la maison ce vendredi matin, je fus surpris de croiser Rosalie, une grimace ressemblant à un étrange sourire forcé aux lèvres. Je n'allais pas me plaindre, c'était le premier auquel j'avais droit depuis une éternité ! Une fois sur la route, ma sœur bredouilla un vague « pardon » pour ses paroles haineuses de la dernière fois. Je faillis me prendre un arbre tant j'étais étonné d'entendre quelque chose ressemblant à des excuses de la bouche de Rosalie ! Et je fis une seconde embardée lorsqu'elle nous proposa de sortir ce week-end, ayant entendu parler d'une exposition qui risquait éventuellement de me plaire. Je fouillais l'esprit d'Alice qui était à la recherche d'un quelconque coup tordu de Rosalie, mais rien ne vint. Alors, sourire aux lèvres, je jetai un rapide coup d'œil à ma sœur dans le rétroviseur et la remerciais.
Une fois garé sur le parking du lycée, j'eus à peine le temps de sortir de la voiture que Rosalie me sautait au cou, murmurant une suite de « pardon ! » des plus déchirants. Je lui rendis son étreinte, sous les regards attendris de Jasper, Alice et Emmett. Ce dernier avait le regard pétillant de fierté envers son épouse et il était heureux que pour une fois, elle reconnaisse ses torts.
Je croisais rapidement le regard de Bella, à l'autre bout du parking. Elle observait Rosalie avec un brin de fureur et de déception. Lorsqu'elle posa les yeux sur moi, je vis qu'elle était particulièrement fâchée. Non pas contre moi, puisque Bella me fit un petit sourire triste accompagné d'un clin d'œil, mais contre ma sœur. J'eus bien des difficultés à me séparer de ma famille, principalement de Rosalie, mais alors que j'étais enfin en route pour rejoindre Bella devant sa salle de cours, où je savais la trouver, la cloche sonna et je n'eus pas d'autre choix que de me rendre à mon propre cours.
La matinée passa lentement, très lentement, trop lentement, et je n'avais jamais eu l'occasion de retrouver Bella pour discuter de ce qui semblait la gêner ce matin. J'avançais alors jusqu'au réfectoire d'un pas traînant, sachant qu'il me faudrait patienter encore une longue heure avant de la rejoindre en biologie. Je riais doucement avec mes frères lorsque je perçus alors les pensées de Rosalie, suivies par un hoquet stupéfait d'Alice.
Je suis désolée, mais tu ne me laisses pas le choix. Tu n'as pas voulu écouter et laisser cette pauvre humaine tranquille. Si toi tu ne la lâches pas, je peux t'assurer qu'elle, elle va t'éviter…
Je fais ça pour son bien, elle ne mérite pas le sort que tu lui réserves.
Oh non. Tout mais pas ça…
Je grinçais des dents en entendant ses pensées et me mis à gémir d'horreur. Alice était consternée de ne pas avoir vu le plan de Rosalie, Jasper ressentait mon énervement exacerbé et Emmett ne comprenait rien à ce qu'il se passait…
Elle arriva jusqu'à nous en se dandinant exagérément, engoncée dans sa minuscule robe fuchsia et perchée sur des talons vertigineux, frémissante d'excitation. Sa voix criarde ressemblant au crissement désagréable d'une craie sur un tableau noir me fit mal aux oreilles. Une fois à nos côtés, elle se laissa tomber lourdement sur mes genoux et s'agrippa à moi avec une force de Titan. Je ne pouvais m'en défaire au nez des humains sans user de ma force, impossible. J'allais devoir subir une heure de calvaire… Les garces !
-Oh Eddyyyy ! Mon chériiii ! Je suis si contente de te revoir ! Tu m'as tant manqué !
J'évitais de justesse sa bouche gluante et collante et tournais la tête jusqu'à ce que ses lèvres rencontrent ma joue. Pouah !
Alors comme ça tu me fais des nains fidélités Eddyyy ! Avec une sale humaine en plus ? Non mais elle va voir de quel pois je me hausse celle-là à voler les hommes déjà accouplés !
- Tanya ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Demanda Emmett, ayant peur de comprendre.
- Bah c'te question ! Je suis venue voir mon Eddyyy ! J'ai entendu dire qu'une sale humaine lui tournait autour alors je suis venue lui montrer qu'il est déjà pris ! Répliqua Tanya en battant des cils.
J'essayais tant bien que mal de la forcer à s'asseoir sur une chaise, mais ses ongles enfoncés dans ma chair m'en empêchaient.
- Euh… Mais vous n'êtes pas en couple, Tanya. Persévéra Emmett.
- C'est pas ce qu'a dit Rosalie ! Elle a dit que je manquais trop à mon Eddyyy ! Qu'il se formondait de moi ! Alors je suis là ! Je reste tout le week-end mon amour, c'est chouette, hein ?
J'eus envie de vomir en entendant ça. Un week-end complet à subir ses pensées perpétuellement axées sur le sexe. C'était la même chose que de voir un porno hard de mauvaise qualité…
Lorsqu'il comprit que Rosalie avait tout manigancé, Emmett lui lança un regard à la fois déçu et désabusé. Mais le sentiment le plus poignant était peut-être la trahison. Oui, il se sentait trahi par sa compagne.
Je me libérais de l'étreinte tentaculaire de Tanya lorsque la cloche sonna puis filais sans demander mon reste, évitant de justesse une fois de plus sa bouche ventouse.
Je t'attendrai sur le capot de la voiture à la fin des cours mon amour !
Est-il possible pour un vampire de vomir ? Parce que franchement, en entendant ça, j'en avais envie…
Je rejoignis Bella l'esprit léger, sachant au moins que pendant ce cours, j'aurai un peu de répit…
