Bonjour !

J'essaye au mieux de reprendre toutes mes histoires. J'espère que vous aurez plaisir à les lires. Et que vous n'êtes pas trop en colère vis à vis des délais de publications :P

Bonne Lecture !


]Chapitre Dixième[

Pov Edward Elric

"- Alphonse ?"

Sa voix me répondit de l'autre côté du combiné. Une fois de plus aujourd'hui, je soupirais. Mais cette fois-ci, j'étais content ! Et alors même que je m'étais empressé de verser mes sous dans la cabine téléphonique pour l'appeler, je me rendais compte que je ne savais même pas quoi lui dire... Je n'allais pas lui dire que des alchimistes d'état disparaissaient et que je me suis fait attaquer par un fou furieux décédé.

Non décidément, je ne pouvais pas lui dire ça. Alors je lui racontais la pluie et le beau temps ainsi que les bons moments que j'avais partagé avec le Colonel. Bizarrement, j'avais la sensation que cela n'allait pas durer. J'avais entendu dire que son domicile serait fraîchement disponible d'ici un ou deux jours et j'espérais vivement qu'il accepterait que je revienne avec lui. Mais après quoi, je me souvenais aussi que cette maison avait faillit être ma dernière demeure. Et là, pour le coup, je n'avais pas très envie d'y retourner.

Le téléphone entre les doigts, je n'arrivais pas à parler à Alphonse sans me retourner pour vérifier que personne ne venait m'assassiner.

"- Rassure-toi, vraiment, je vais bien ! Et toi ? lui disais-je en collant mon nez à la cabine pour être sûr que le mec plus loin là-bas ne sortait pas un flingue de sa poche mais bien son paquet de cigarette."

J'étais content de l'entendre me dire que je lui manquais. Bon dieu, à moi aussi ! A chaque fois que j'entend sa voix j'ai envie de sauter dans un train et de venir le voir ! Mais je me contentais de raccrocher au bout de quelques minutes. Alors que je sortais tranquillement de la cabine, en cette fin d'après-midi, un militaire me bouscula de plein fouet ! Il semblait très pressé et même affolé !

"- Qu'est-ce qui se passe ?"

Au son de ma voix, il me reconnut. Il prit la peine de se retourner vers moi et d'une voix affolée il me répondit;

"- On vient d'apprendre que la jeune femme que vous avez secouru à disparue ! "

Je m'empressais de le suivre à l'hôpital. Roy et les autres devaient certainement s'y trouver encore et c'est ce qui m'inquiétais le plus !

Arrivé sur place, je constatais le bordel universel dans les couloirs et surtout je croisais le regard paniqué de mon Colonel qui, en me voyant, se dirigea aussitôt vers moi. Il m'attrapa le visage sans grande délicatesse et dans l'immédiat, je suis resté pantois.

" - Ta... Ta tempe ! m'hurla t-il dans les oreilles

- Qu'est-ce qui se passe ? essayais-je de crier plus fort"

Riza et les autres l'encerclèrent pour mieux contempler mon visage. Qu'est-ce que j'ai, bon sang ?! Mais comme personne ne semblait vouloir me répondre, je m'extirpais de la poigne du râleur et je me fixais dans le miroir du couloir. J'en perdit mon souffle...

"- Qu'est-ce que... Qu'est-ce qu'il y avait sur ce fichu couteau ..."

Je laissais glisser mon doigt de métal sur la plaie ouverte à ma tempe. Les contours étaient violacés et la peau était totalement violette.

"- La fille est partie en laissant deux blessés sur son chemin ! fit un militaire à l'autre bout du couloir"

Roy délaissa mon reflet pour se focaliser sur le soldat. Je me retournais violemment vers lui et lui demandais une énième fois ce qu'il se passait. Sans me regarder, il répondit;

"- Elle a défoncée sa porte... Elle semblait terrifiée jusqu'à ce qu'elle prenne un médecin en otage. On pensait qu'elle était traumatisée mais en réalité quand on a vu ses yeux..."

Il daigna enfin me regarder.

"- Elle avait les yeux noirs. Complètement noirs"

Je ne sais pas si je me suis étouffé avec ma salive ou si c'est le coup que j'ai reçu sur la tête qui m'a fait sombrer à la fin de sa phrase. La seule chose que j'entendis clairement avant de tomber par terre fut la voix de Roy qui criait.

"- Pourquoi tu fais ça ?!"


Quand je me suis réveillé, une odeur de fer inondait la pièce. J'avais les yeux fermés ou alors il faisait complètement noir. Je pouvais constater que mes esprits étaient tous réunis mais ma bouche s'ouvrait et se fermait. Des sons en sortaient mécaniquement alors qu'il me semblait bien que je venait tout juste de me reveiller. Quand je pris le temps de m'écouter, je pris peur.

"- Tu vas mourir... Tu vas mourir... Tu vas mourir... Tu..."

Je relevais la tête et ouvrait les yeux. Roy se tenait en face de moi, la mine déconfite à travers des barreaux de fer. Je ne prit pas le temps de comprendre et je voulut me relever mais mes mains étaient enchaînées, collées l'une à l'autre. Alors que je m'apprêtais à hurler mon mécontentement et que "quoi que ce soit, c'était pas moi !", Roy se prit la tête dans ses mains;

"- Qu'est-ce qu'ils t'on fait..."

Qu'est-ce que tu m'a fais ! Pourquoi je suis enchaîné ? Emprisonné ? Il du lire dans mes pensées car il se redressa sur sa chaise posté en face de ma prison;

"- Riza t'a assommé. Il a été décidé que tu serais sous surveillance tant que nous ignorons quelle substance on t'a ingéré via ta blessure..."

Subitement, je repensais à cette fille que j'avais aidée et qui maintenant se baladait dans les rues avec les yeux d'un cauchemar ambulant. Est-ce que je vais devenir comme ça, moi ? Le regard que mon supérieur me lançait ne m'aidait pas à penser le contraire. On aurait dit qu'il attendait que je m'excuse ou que je m'explique. Mais je n'avais strictement aucune idée de ce qui pouvait me justifier ce regard.

"- Quoi ?! fis-je, qu'est-ce que j'ai dis ?!"

Roy fit glisser ses mains le long de sa mâchoire d'un air passablement fatigué avant de me répondre;

"- Tu as dis que j'allais mourir."

Je le regardais, d'abord choqué avant de hausser les épaules.

"- Bah quoi ? C'est pas nouveau."

Je voulais faire de l'humour à tout prix et ne pas croire que je me transformais en pantin disloqué. Scientifiquement parlant, est-ce qu'une entaille était suffisante pour nous faire quoi que ce soit ? Mais à cet instant, j'étais bien le seul qui doutait encore de ma culpabilité.

"- Je vais arranger ça, souffla Roy"

Il m'observait depuis un bon moment et il devait comprendre à quel point j'étais mal. J'étais mal parce que mon frère me manquait. Parce que Riza m'avait assommé et que ma tête me faisait atrocement mal. Parce que l'homme que j'aime me regardais avec inquiétude. Parce que je me sentais inutile. Parce que mon rire partait dans toute la pièce comme si je délirais... Quoi ?

Je cessais subitement de rire, la peur au ventre. Est-ce que... Est-ce que j'avais vraiment ri, là ? Ou je l'ai rêver ? Mais quand je regardais Roy qui c'était levé de sa chaise en me regardant comme un enfant qu'on laisse dans une maison de fous, je me dis que... Je n'avais pas rêver.

"- Attend ! lui criais-je"

Il semblait hésiter. On aurait dit que le simple fait de me regarder lui faisait mal. Je savais très bien que de lui demander de me libérer ne changerait rien. Mais je ne voulais pas qu'il s'en aille. Je flippais à l'idée de rester seul avec...moi-même.

"- Qu'est-ce qui m'arrive ? lui demandais-je"

Il s'agenouilla devant les barreaux afin d'être à ma hauteur étant donné que j'étais assis. Il se décrispa en esquissant un sourire qui se voulait rassurant, j'imagine. Mais ça ressemblait plutôt à une grimace;

"- Je vais arranger ça, répéta t-il, et de toute manière si tu te tiens tranquille jusqu'à demain soir, ils te feront sortir. Tu reviendra à la maison."

A... la ...Maison ? Si je n'avais pas été dans des circonstances aussi pénibles, j'aurais peut-être pu rester béat pendant quelques heures. Il passa son bras entre les barreaux sous le regard méfiant de mon surveillant et il passa sa main autour de mon poignet.

"- Je ne t'abandonnes pas, fit-il en me fixant intensément"

Embrasse-moi, pensais-je.

"- D'accord, répondis-je, septique"

Il se releva et partit très lentement. J'étais encore dans mes pensées quelques minutes plus tard que j'entendais encore sa voix au fond du couloir. Je me sentais foutrement seul.

"- Hey ! Hey !"

Ou pas... Car le prisonnier dans la prison en face de moi insistait depuis le départ de Roy pour que je le regarde. Je me décidais paresseusement à lever les yeux vers lui et il mit son pouce dans sa bouche avant de le sucer lubriquement. Après quoi, il explosa de rire devant moi qui devait sans doute être en train de le dévisager d'un air très très... TRES colérique.

"- VA CHIER ! hurlais-je pour mieux exprimer ma rage"

Et dire que je ne pouvais même pas serrer les poings... La nuit allait être longue.

Se tenir tranquille... Se tenir tranquille... Se tenir tranquille !


A bientot pour la suite !