-Où est Élena? demanda subitement Stefan.
-Il faudrait qu'elle voit ça, elle aussi, ajouta Jéremy en parlant des trois livres.
Damon tapota son jeans et sa veste de ses mains de haut en bas, puis jeta un oeil à la petite table qui se trouvait derrière lui.
-Où est la clé? demanda-t-il à son frère.
-Tu n'était pas censé l'avoir avec toi? répondit celui-ci.
-Élena, grommela-t-il avec de disparaître.
La porte déjà déverrouillée du cachot s'écrasa avec fracas contre le mur. Il fusilla Adèle des yeux, puis passa à Élena.
-Tu fais toujours exprès de te jeter dans la gueule du loup?
Adèle, redoutant une fois de plus la douleur, se recroquevilla contre le mur, ne voulant pas encore plus attirer l'attention de Damon.
-Toi, cracha-t-il à son intention, tu ne crois pas que tu en as déjà assez fait?
-Elle n'y est pour rien! s'interposa Élena. Arrête de faire du mal à ma famille, ajouta-t-elle en faisant une allusion plus ou moins subtile au fait qu'il avait déjà tué Jéremy par inadvertance.
L'«Effet Élena» commença à se faire sentir, car Damon sembla se radoucir.
-Qu'est-ce que tu lui voulais? demanda-t-il simplement.
-Crois-moi, je ne risque rien. Je voulais juste lui parler un peu.
-Sûrement du fait qu'elle est une hybride? lança-t-il.
«Mais comment a-t-il fait pour savoir?», paniqua intérieurement Adèle. Elle accusa néanmoins le coup.
-Démasquée, fit-elle sans grand enthousiasme.
Stefan et Jéremy débarquèrent à l'entre-fait, tenant toujours les manuscrits dans leurs bras.
«Merde, merde, merde», pensa le jeune femme en apercevant ses livres. «Comment ont-ils fait pour les trouver?»
-C'est toi qui a écrit ça? demanda Stefan en en lançant un ouvert à une page au hasard sur le banc où elle se trouvait.
-Léna, notre marché ne tient plus, déclara-t-elle. Ils savent tout.
-Réponds, se durcit le vampire.
-Non. C'est l'oeuvre de ma mère, Layla. Une sacrée folle.
Jéremy essaya alors d'ouvrir le troisième manuscrit, le seul dont il ne connaissait pas encore le contenu. Ses efforts furent en vain, car toutes les pages semblaient collées à la couverture. Damon, impatient, tenta de lui arracher des mains.
Au moment où leurs deux mains entrèrent en contact avec le livre, il s'en dégagea une puissante lumière, et tous les deux le laissèrent tomber au sol, éteint et inerte.
Il était ouvert.
Adèle applaudit nonchalamment.
-Bravo, dit-elle avec une moue arrogante. Vous avez su reproduire mon énergie vitale et tromper le livre en combinant les deux vôtres. Que comptez-vous faire de mon journal, maintenant?
Jéremy le ramassa précautionneusement et feuilleta les pages. Elles étaient toutes blanches.
-C'est une blague?, demanda-t-il.
-Moi aussi, j'ai des amis sorciers, déclara-t-elle.
Adèle leva les mains vers son livre qui lui parvint avec une étonnante rapidité, comme s'il avait été attiré par un fort champ magnétique. Elle caressa les pages avec sa paume, et elles se noircirent instantanément, barbouillées de milliers de minuscules petits caractères.
-Ce n'est pas avec les travaux universitaires de ma mère que vous obtiendrez quelque chose de concret. Ni avec mon journal non plus, car il n'obéit qu'à moi.
-Un sort, ça se brise, déclara Damon en le lui reprenant des mains et en le passant de nouveau à Jéremy.
Les pages redevinrent blanches.
-Quelle sorte de cuir? demanda-t-il avec curiosité en caressant la couverture.
-Je n'y toucherais même pas, si j'étais toi, fit-elle en rigolant. C'est fait en peau humaine.
Il relâcha une seconde fois le volume au sol, tétanisé. La jeune femme le rattrapa habilement, puis il disparut avec un pop sonore.
-Où est-il passé? demanda Élena.
-Là où j'aurais dû le laisser.
-Bon, les coupa Damon. Ce n'est pas qu'on s'ennuie ou que ça pue, mais on n'a plus rien à faire ici. Élena, tu viens nous rejoindre lorsque t'as terminé, et toi, cracha-t-il à l'intention d'Adèle, si tu t'avises de lui faire quoi que ce soit, ta mort sera très, très lente.
Elle roula des yeux en guise de réponse.
-Ce n'est pas comme c'était réellement en train de m'arriver, hein?
Les trois repartirent en fermant la porte, la laissant enfin de nouveau seule avec Élena.
Celle-ci lui fit un sourire timide.
-Où en étions-nous, déjà?
-On parlait de te sauver de la verveine.
-Ah oui. À ce propos, comme je vois que tu aimes beaucoup les marchés, que dirais-tu d'un «je-libère-ta-mémoire-tu-me-libères-d'ici»?
-Ma mémoire? répliqua sa cousine.
-Eh bien... oui. Tu fréquentes tellement de vampires, pas étonnant qu'il aient à un moment ou à un autre décidé d'effacer une partie de ta mémoire.
-Tu oublies peut-être que je porte de la verveine en permanence, et donc que mes souvenirs n'ont pu être altérés d'aucune manière?
-Crois ce que tu veux, Léna, mais il y a bel et bien un masque sur ta mémoire, et c'est tellement flagrant que n'importe qui pourrait le sentir.
-Puisque je te dis que c'est impossible.
-À aucun moment tu n'as enlevé ton collier? Ou c'est peut-être quelqu'un qui te l'a enlevé à ton insu, tu est sûre qu'il reste encore de la verveine à l'intérieur?
Élena ouvrit la penture de son médaillon, mais il y avait toujours un bouquet de verveine à l'intérieur. «À moins que...»
-À bien y penser... réfléchit-elle. Tu as raison. C'était il y a quelques semaines, tout au plus, Elijah me l'avait arraché, puis Damon l'avait retrouvé me l'avait rapporté un peu plus tard dans la soirée. Tu crois que ça pourrait être pendant ce temps-là?
-Peut-être, répondit Adèle en lui souriant doucement, je ne suis pas devin. Tu es bien certaine de vouloir savoir?
-Sûre et certaine. Je n'aime pas qu'on me cache des choses.
-Ne t'en fais pas, c'est réciproque.
-Est-ce que je vais tout de suite m'en rappeler?
-Tout dépend. Ton cerveau va traiter cette nouvelle information comme un souvenir bien ordinaire, et tu sais comme moi qu'on ne se rappelle jamais de tous ses souvenirs du même coup. À ce moment-là, ce sera à toi de l'interpréter et de lui donner de l'importance ou non. Toujours partante?
-Oh que si.
Adèle regarda sa cousine bien dans les yeux, et fixa ses prunelles vertes dans les siennes, brunes. Elle posa deux doigts de chaque côté des tempes d'Élena, puis ferma les yeux lorsqu'elle la sentit bien dans le coup. Elle commença à chercher, et ce ne fut pas très long, car il n'y avait qu'un seul souvenir récent qui avait été camouflé, et c'était justement celui qu'elle cherchait. Adèle n'était pas voyeuse, elle ne chercha même pas à savoir ce dont il recelait, même si ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Elle fit simplement s'envoler le masque qui le couvrait, et s'assura que son cerveau ne déraperait pas lorsqu'elle cesserait le contact. Elle rouvrit ses yeux, et libéra Élena de son emprise. Celle-ci affichait un air hagard. Adèle commença à paniquer.
-Hé ho! fit-elle en passant sa main devant ses yeux pour vérifier le mouvement de ses pupilles.
La jeune femme cligna rapidement rapidement des yeux plusieurs fois de suite avant de revenir complètement à elle.
-Ça va?
-Oui.
-Tu sens quelque chose?
-Je saurais pas vraiment dire. Disons que je me sens différente, mais je ne sais pas pourquoi.
-T'en fais pas, la rassura-t-elle. Ça viendra. Et maintenant, j'aurais besoin de sang. Vraiment.
-Mais ça ne changera rien non?
-Non, je vais quand même pourrir de l'intérieur, mais au moins je ne le sentirai pas.
-Je reviens, lui dit Élena.
Elle se glissa hors de la geôle et marcha sur la pointe des pieds jusqu'au réfrigérateur rempli de poches de sang de Stefan et Damon, et en «emprunta» quelques-uns. Elle revint rapidement au près d'Adèle, qui les lui arracha pratiquement des mains pour les engloutir en quelques minutes.
-Ça fait du bien, soupira-t-elle enfin de contentement.
-Ravie de te l'entendre dire. Tu veux toujours sortir d'ici?
-Tu me laisserais bien? fit-elle d'un regard suppliant.
-Bien sûr, un marché est un marché.
-Je ne pensais juste pas que tu le ferais vraiment.
-Pourquoi pas? Penses-tu avoir assez d'énergie pour t'échapper?
-Je crois bien que oui, mais je ne garantis pas que tes deux chiens de garde ne seront pas à mes trousses, après.
-Ce sera à moi de faire quelque chose pour ça. Je te le dois bien.
-Tu va me manquer, Élena, vraiment, déclara-t-elle en se levant.
-On se reverra bien un jour, non?
-Peut-être. Il y a des choses terribles qui se produiront bientôt, Léna, tu devra faire attention. Et s'il te plaît, ne m'en veux pas. Je ne suis qu'un pion, dans cette histoire.
Les deux jeunes femmes se serrèrent dans leurs bras, et une larme perla au coin des yeux d'Adèle. «Tu ne peux plus rien pour elle», essaya-t-elle de se convaincre intérieurement. «Ce n'est pas ta faute, ni la sienne». Avant qu'Élena ne puisse lui demander à quoi elle faisait référence, elle se recula.
-Au revoir, Léna.
Adèle disparut dans un coup de vent, arrachant un gémissement étouffé de larmes à Élena.
Le jeune femme ne comptait pas partir comme une voleuse, comme ça, sans passer dire un petit coucou à ceux qui restaient. Trois paires d'yeux choqués se posèrent sur elle lorsqu'elle débarqua dans le salon.
-Je viens récupérer mon dû, dit-elle d'une voix blanche.
Damon tenta de se jeter sur elle, mais comme elle venait d'engloutir plusieurs poches de sang, elle était beaucoup plus forte que lui, et l'envoya donc valser è l'autre bout de la pièce. À vitesse vampirique, elle se réappropria les trois manuscrits qui trônaient sur la table basse, puis revint vers le vampire qui l'avait attaquée.
-Je ne voudrais surtout pas que tu m'oublies, lui dit-elle langoureusement.
Adèle plongea sa main vers l'abdomen de Damon, et dans un gargouillis étrange, en ressortit une poignée de tripes, un amoncellement de petits tuyaux bleus qui dégoulinèrent jusqu'au sol en arrachant de terribles hurlements à leur propriétaire. Le jeune femme fut prise d'un long fou rire avant de se ressaisir.
-Ce n'est qu'un au revoir, lui chuchota-t-elle à l'oreille.
Avant que quelqu'un n'ait pu réagir, elle avait disparu a nouveau.
Et elle savait où aller, cette fois-ci.
Et voilà! Étonamment, j'ai beaucoup ri en écrivant cette deuxième partie de chapitre :p
Et Monie, pour ta question, non, la télépathie n'a rien à voir avec le lien de sang, certains vampires peuvent entendre les pensées, mais ce n'est pas un lien de sang, car elles sont du même sang, ne pas confondre!Sinon, je n'ai pas grand chose à rajouter, sinon de vous rappeler que cette fiction est presque terminée! À la semaine prochaine!
