Voici la traduction du dernier chapitre de la fanfiction de l'auteur anglophone Roving Otter ^^ (je préfère le rappeler à chaque chapitre)
Bonne lecture!


Tsunade était assise, les mains croisées sur son bureau, à fixer Gai.

-Vous avez une mine épouvantable.

Gai, assis en face d'elle, haussa les épaules. Il savait de quoi il avait l'air. Il s'était vu dans le miroir ce matin: des yeux rouges cerclés de cernes sombres, une peau d'une teinte trop pâle, des mains qui voulaient trembler. C'était un effort de les garder immobiles.

-Je ne dors pas bien en ce moment.

Il se frotta la joue, sentant une barbe de trois jours lui chatouiller la paume. Il avait aussi oublié de se raser.

-À vrai dire, c'est pour ça que je voulais vous parler. J'ai besoin d'aide.
-Vous n'avez pas besoin de venir me voir pour avoir une ordonnance pour des somnifères.
-Ce n'est pas ça. Je veux dire, ça en fait partie, mais mon véritable problème est.. plus compliqué. Je ne sais pas trop si vous pourrez m'aider, mais il faut que j'essaie quelque chose. Je ne peux plus continuer comme ça. Je deviens fou.

Tsunade fronça et sourcils et attendit.

Gai prit une grande inspiration, se préparant mentalement.

-Tsunade-sama.. dites-moi si, à tout hasard, il existe un Jutsu qui peu réprimer les désirs sexuel?

Elle haussa les sourcils.

-Oui, mais le prix à payer pour le sujet est élevé. Pourquoi voulez-vous savoir ça?
-Je préfèrerais ne pas entrer dans les détails.
-Si je dois pratiquer ce Jutsu sur vous, je veux savoir pourquoi.

C'est ce que Gai avait craint. Il baissa la tête.

-Récemment, je suis devenu.. sexuellement attiré par un de mes élèves. Un garçon de seize ans.

Ses mains recommencèrent à trembler, et il serra les poings.

-Et c'est pour cette raison que vous voulez sceller votre désir sexuel?
-Oui.

Le froncement de sourcils s'accentua.

-Une relation avec un élève serait inappropriée, bien entendue, mais tant que vous n'agissez pas selon vos émotions..
-Vous ne comprenez pas. Ce n'est pas quelque chose que je peux simplement ignorer. Je fantasme sur lui toutes les nuits. Je n'arrive pas à m'arrêter.

Maintenant que le barrage avait cédé, les mots sortaient tout seul de sa bouche, et il réalisa que – malgré sa honte – il éprouvait un immense soulagement de pouvoir enfin en parler à quelqu'un.

-Il m'obsède. Je n'ai jamais rien ressenti d'aussi fort pour quiconque. Je ne peux même plus le prendre dans mes bras sans penser à.. à..

Il ferma les yeux en sentant les larmes monter.

-Je sais que c'est mal. Je sais. Je suis son professeur. J'ai quatorze ans de plus que lui. Pendant des années, il a été comme un fils pour moi, et ça rend les choses encore pires. J'ai l'impression de désirer mon propre enfant. Peu importe combien de fois je me répète que c'est pervers, que c'est mal, que c'est répugnant, ça ne change rien. Les sentiments sont toujours là. Je continue de demander à Dieu d'enlever ça, mais Il ne veut pas. Je –

La voix de Gai trembla et se brisa, et un sanglot rauque et grave s'échappa de lui. Il enfouit son visage dans ses mains.

-Je veux juste que ça s'arrête.
-Je vois.

Le ton de sa voix était doux, calme. Il n'entendit pas de jugement dans cette voix. Même si c'était peut-être juste une impression, il y avait même une pointe de compassion.

Gai leva la tête et prit une profonde inspiration. Quand il eut réussi à se reprendre, il continua.

-Je me suis éloigné de lui, physiquement et émotionnellement, parce que c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour gérer tout ça. Mais maintenant il est embrouillé et ça lui fait mal parce qu'il pense qu'il m'a déplu. Il ne comprend pas, et je ne peux pas lui donner la véritable raison. Je ne veux pas lui faire de mal. S'il vous plaît, aidez-moi.

Tsunade se recula jusqu'à poser son dos contre le dossier de la chaise et tapota son bureau des ongles, l'air pensif.

-Si vous êtes sûr de ça, je peux pratiquer le Jutsu et sceller votre désir. Je vous préviens: pas seulement votre désir pour ce garçon – car tant que le sceau sera là, vous serez incapable d'être sexuellement stimulé, peu importe comment. Est-ce que ça vous va?
-C'est parfait.

Il pouvait vivre sans se masturber, ce qui était de toute façon la plus grande partie de sa vie sexuelle. Préserver son lien avec Lee était bien plus important pour lui.

-Combien de temps pensez-vous que le Jutsu tiendra?
-En principe, quelques années. Mais je vous préviens, cette technique endommage le corps du sujet. Elle peut même raccourcir votre espérance de vie. Réfléchissez bien et longuement avant de vous embarquer là-dedans.
-Je n'ai pas le choix.
-Vous en êtes sûr? Peut-être qu'il y a une autre option à laquelle vous n'avez pas pensé. Est-ce que vous êtes souvent attiré par des garçons de son âge?
-N–non. Je n'ai jamais.. J'ai toujours été attiré par les hommes, mais dans le passé, c'était toujours des hommes de mon âge.

En particulier un homme. Bien entendu, ses sentiments envers son rival s'étaient changés en amitié au fil des années.. et même à leur apogée, ces sentiments n'avaient été qu'une légère flammèche de bougie comparés à l'incendie brûlant qu'il éprouvait pour Lee.

-Est-ce que je suis un pédophile? lâcha-il soudainement, exprimant à haute voix la peur qui le tourmentait depuis des mois.
-J'en doute. Il a seize ans – pas vraiment un enfant. Et vous avez dit vous-mêmes que c'est la première fois que vous êtes attiré par un jeune garçon.
-Mais pourtant.. si les gens savaient, ils pourraient penser que..

Elle haussa les épaules.

-La société aime coller des étiquettes sur les gens, mais la réalité est souvent bien plus complexe que ça.

Elle s'arrêta un instant.

-Cet élève.. avez-vous une idée de ce qu'il éprouve pour vous?
-Il me voit comme une figure paternelle. Enfin, je crois.
-Vous croyez?

Il hésita.

-Il y a quelques années, il m'a déclaré qu'il ressentait quelque chose pour moi. Mais il ne s'est rien passé, bien entendu. J–je sais que ça peut arriver, qu'un enfant de son âge ait un coup de cœur pour son professer préféré, mais il n'a rien dit d'autre depuis. C'était une phase, j'en suis sûr.

Et Gai le voyait souvent avec Sakura ces temps-ci – même s'il disait qu'ils étaient juste amis.

-Mais peu importe ce qu'il ressent, je ne peux pas agir selon mes désirs. Ça ne serait pas bien pour lui, d'avoir sa première relation avec son professeur. Il vaudrait mieux pour lui qu'il trouve un égal, quelqu'un de son âge. Je ne veux pas qu'il lui arrive ce qui m'est arrivé.
-Qu'est-ce que vous voulez dire par là?
-Quand j'avais seize ans, je.. il y avait un homme. Un membre Jonin des Anbu, quelqu'un que j'aimais et que j'admirais. Il m'a fait du mal.

Elle haussa les sourcils.

-Personne qui se trouve parmi mes Anbu, j'espère.
-Il est mort. Tué lors d'une mission. Je n'aurais même pas dû vous dire ça. Ce n'était pas.. il ne m'a pas forcé, exactement, c'était juste.. peu importe. Ça n'a aucune importance.

Seigneur, il devait être fatigué. Qu'est-ce qui lui prenait de partager ce genre d'informations personnelles avec le Hokage?

-Je ne veux juste jamais que Lee se sente comme ça.
-Donc c'est bien lui. C'est ce que je pensais.

Gai grimaça. Il n'avait pas voulu lui révéler l'identité de Lee.. elle aurait probablement fini par le deviner, de toute façon.

-Oui. Vous comprenez, dans ce cas, pourquoi je dois faire ça. Je l'aime tellement. Je veux que les choses restent comme elles sont entre nous. Je veux être son professeur et son ami aussi longtemps qu'il aura besoin de moi, et je ne peux pas le faire avec ces sentiments au milieu.

Il voulait prendre à nouveau Lee dans ses bras – sentir cette proximité et cette chaleur, sentir ses battements de cœur, sans que vienne l'érection accompagnée de la culpabilité.

Tsunade le regarda de ses yeux ambrés froids.

-C'est votre choix. Vous êtes bien sûr de ça?
-Je ferai tout ce qu'il faut
-Très bien. Je vais commencer les préparatifs.

Gai souffla doucement.

-Merci. J'apprécie ça plus que je ne le pourrais dire.


Peu de temps après, Gai se tenait à genoux au centre d'un cercle de symboles marqués au sol dans le bureau de Tsunade, torse nu, les mains collées par terre.

Tsunade dessina un autre symbole d'un doigt trempé d'encre.

-Je devrais peut-être vous expliquer la procédure un peu plus en détail, simplement pour que vous ayez une idée de ce à quoi vous devez vous attendre.

Gai hocha la tête.

-L'excitation sexuelle est le résultat d'un flux complexe de chakra dans le corps. Ça part du cerveau et descend vers les organes internes. Parfois ça passe dans le cœur, parfois dans l'estomac. Parfois ça les contourne et ça va dans les reins. Étant donné qu'il s'agit d'une énergie naturelle, plutôt que d'une force extérieure comme une malédiction, un Jutsu de scellement conventionnel ne marchera pas. Je dois effectuer certaines altérations dans votre corps pour rediriger le flux de chakra.
-Je ne suis pas sûr de suivre.
-On peut résumer à ceci: Je vais devoir graver les marques du sceau directement dans vos organes internes. Un sur votre estomac, un sur chaque rein, et un sur votre cœur.
-Et vous pouvez faire ça sans m'ouvrir?
-Oui.. avec un rayon de chakra très fin et très net. Il y a peu de guérisseurs qui peuvent faire ça sans tuer quelqu'un – il faut un contrôle exceptionnel – mais c'est possible. Bien entendu, il y a tout de même des risques. Pénétrer les organes internes est dangereux, que ça soit avec du chakra ou une lame. Je vais faire des étapes pour contrôler les saignements internes et minimiser les dommages, bien sûr, mais même avec ça..
-Le sceau ne vas pas restreindre mon flux de chakra de quelconque manière?
-Non. Il n'affectera pas vos capacités de combat. Mais ça sera plutôt douloureux. Vous ne pouvez pas y couper. Vous devez rester conscient pour que le Jutsu fasse effet.. et vous devez garder cette posture tout du long. Est-ce que vous pouvez faire ça?
-Oui.
-Bien.

Il prit une grande inspiration, la mâchoire crispée, et se prépara mentalement.

-Détendez-vous, j'ai encore quelques préparatifs à faire.

Elle trempa son doigt dans le pot d'encre et dessina un autre symbole sur le sol.

-Ça ne me regarde peut-être pas, mais est-ce que le garçon sait que vous allez faire ça?
-Non. Et je préfère qu'il ne le découvre pas. Il se sentirait seulement coupable. Mais c'est un petit sacrifice à faire, si ça me permet de continuer à faire partie de sa vie.
-Il compte à ce point pour vous?
-Il est tout pour moi.

Tsunade lui lança un regard étrange. Son lien avec Lee, il le savait, était quelque chose de difficile à comprendre pour les autres. Comment pouvait-il lui expliquer?

Il se rappelait quand Lee était plus jeune, comme c'était bon de le tenir dans ses bras – juste de le tenir dans ses bras. Il se rappelait cette tendresse simple, innocente. À ce moment-là, il n'y avait eu besoin de rien de plus. Maintenant, à chaque fois qu'il touchait Lee, il se sentait à l'étroit dans la partie inférieure de son corps, et un besoin fiévreux s'emparait de lui, embrasant et consumant ses pensées. Le besoin était son ennemi. Il tiraillait son cœur, le tourmentant de honte et le forçait à s'éloigner de Lee. Il l'éloignait de la personne la plus importante à ses yeux.

Il ne voulait plus de ça.

Les mains de Gai s'appuyèrent sur le sol avec plus de force, et un muscle dans sa mâchoire palpita.

-Je suis prêt.
-Bien, dans ce cas, dit-elle. Allons-y.


Gai avait été blessé au combat bien des fois. Durant toutes ces années, il s'était cassé quasiment tous les os au moins une fois. Il pensait connaître la douleur. Il pensait qu'elle ne pouvait plus le surprendre.

Il s'était trompé.

Dès que le chakra de Tsunade eut percé son corps, ses muscles se raidirent. La sensation était brûlante, un fil barbelé creusant dans la chair tendre de ses entrailles.. et ça s'intensifiait à chaque seconde. Il verrouilla sa mâchoire serrée pour ne pas laisser sortir le cri qui montait dans sa gorge, mais ce fut inutile. Il hurla. Le sang bouillonna dans sa gorge, l'étouffant, et lui coula au coin des lèvres.

Au bout de quelques minutes, Tsunade leva les mains, le souffle court.

-Celui-ci est terminé, dit-elle. Je vais vous laisser un moment pour vous reposer avant de commencer le suivant.
-Ce n'est pas fini? dit-il d'une voix vacillante.
-J'ai bien peur que ça prenne encore du temps. Est-ce que vous pouvez tenir?

Gai prit une profonde inspiration, leva les yeux et fit un sourire forcé.

-Bien sûr. Ce n'est rien du tout. Allez-y, je n'ai pas besoin de me reposer. Finissons-en.

Tsunade posa une main sur son dos, et la douleur recommença.


La procédure entière prit environ une heure, même si ça sembla bien plus long. Finalement, Tsunade se redressa, s'essuya le front de la manche, et soupira. Elle tendit son t-shirt à Gai, et il l'enfila.

Elle pouvait compter sur les doigts de la main le nombre de fois où elle l'avait vu porter autre chose que sa combinaison verte traditionnelle. Il avait presque l'air de quelqu'un d'autre. Ses cheveux habituellement bien coiffés étaient ébouriffés, sa mâchoire rugueuse de barbe de trois jours, ses yeux voilés d'ombre.

Il lui fit un sourire fatigué.

-Merci, Tsunade-sama.

Elle hocha la tête.

-Rappelez-vous, les effets commenceront à s'estomper dans quelques années. Après ça, si vous voulez rester comme maintenant, je devrai réappliquer les sceaux.

Il grimaça.

-Dans ce cas j'espère que je n'en aurai pas besoin. Je ne veux vraiment pas devoir repasser par là une seconde fois. Mais s'il le faut, je le ferai.

Tsunade le fixa. La plupart des gens à Konoha voyaient Maito Gai comme un imbécile heureux ; bruyant, impétueux et de bonne nature, même si un peu excentrique. Elle se demandait combien de gens avaient vu cette facette-là de lui. Elle se demandait combien avaient pris même la peine de regarder.


Lee se réveilla et fixa le plafond.

Il y avait environ un an, il avait quitté l'appartement de Gai et emménagé dans un nouvel endroit. Vivre seule n'était pas vraiment une nouveauté pour lui. Il avait vécu seul pendant quelques années avant que Gai ne le fasse venir chez lui.

Pourtant, il avait du mal à s'adapter. Même s'il passait toujours beaucoup de temps avec son sensei, les petits-déjeuners avec Gai lui manquaient, le réconfort de s'endormir en sachant que la personne la plus importante à ses yeux était juste au bout du couloir lui manquait.

Ces quelques précieuses années où il avait vécu avec Gai avaient été les plus heureuses de sa vie. Il supposait que leur séparation était inévitable, pourtant. Dès le départ, le fait qu'ils vivent ensemble avait été inhabituel. Et au et à mesure que Lee grandissait, les gens avaient commencé à parler. Indécent, marmonnaient-ils. Un homme et un adolescent dormant sous le même toit – et tous les deux dans ses combinaisons moulantes! Bien entendu, les rumeurs avaient commencé à se répandre. Lee n'avait pas voulu causer de gêne à Gai.. c'est pourquoi, lorsque Gai lui avait demandé un matin s'il voulait se trouver un appartement à lui, il avait dit oui et avait déménagé quelques semaines après. Son appartement actuel était une grande amélioration, comparé à la chambre exiguë et infestée de cafards dans laquelle il avait vécu lorsqu'il était enfant, mais ce n'était pas un foyer sans Gai.

Lee finit son petit-déjeuner, quitta son appartement et descendit au terrain où lui et Gai se retrouvaient habituellement pour l'entraînement. Son sensei l'attendait.

Lee approcha, se sentant étrangement timide. Gai s'était montré si distant, ces derniers temps. Lee avait peur de l'approcher, peur de se faire à nouveau repousser.

Mais alors qu'il s'approchait, Gai se tourna vers lui, lui fait un sourire plein de chaleur et attira Lee contre lui pour lui le prendre dans ses bras. Lee eut le souffle coupé. Son cœur s'accéléra. Puis, lentement, il passa ses bras autour de la taille de Gai et lui rendit son étreinte.

-Bonjour, Gai-sensei.
-Bonjour, Lee! dit Gai en le serrant un peu plus fort, avant de le relâcher. Tu as bien dormi?
-Oui.

Quelque chose était différent. Il regarda les yeux de Gai. Ils étaient pleins de chaleur et d'affection, mais pourtant.. il y avait quelque chose hier qui n'était plus là aujourd'hui. Ça le déconcertait.

-J'espère que tu as pris un bon petit-déjeuner. Je pensais que nous pourrions nous rendre aux montagnes aujourd'hui, et faire un peu d'escalade. Nous pourrions nous attacher une main dans le dos, pour plus de challenge. Tu te sens prêt pour ça?
-Bien sûr!
-On va faire la course, dit-il avec un clin d'œil. Si nous n'y sommes pas dans dix minutes, nous devront faire cinq cent fois le tour du village à notre retour.
-Gai-sensei, les montagnes sont à quatre heures du village! Personne ne peut le faire en dix minutes. Même si nous ouvrons nos Portes..
-Qu'est-ce que j'entends? dit Gai en feintant l'indignation. Serais-tu en train de douter de ta propre force? Des mots aussi vides de jeunesse ne resterons pas impunis!

Il fit tomber Lee au sol et lui chatouilla les côtes.

Lee poussa un cri de surprise.

-G–Gai-sensei!

Il gloussa de rire, à bout de souffle, et essaya de se tortiller pour lui échapper.

Ils roulèrent dans l'herbe en se battant. Lee rougit quand il réalisa qu'il était en train de durcir ; il déglutit et roula sur l'estomac pour cacher la bosse dans sa combinaison.

Qu'est-ce qui se passait? Gai ne s'était pas montré aussi tactile et joueur avec lui depuis des années. Oh, c'était grisant – le toucher de son sensei était comme une drogue qui le rendait frivole et étourdi – mais qu'est-ce qui avait provoqué ce changement? Hier encore, Gai semblait nerveux à l'idée d'une simple étreinte.

Gai arrêta de le chatouiller et s'étendit dans l'herbe en souriant. Lee se concentra pour calmer son érection, puis roula sur le flanc pour lui faire face.

-Est-ce que vous allez bien?
-Je me sens merveilleusement bien.
-Vous avez l'air.. et bien, plein de jeunesse. Je veux dire, plus que d'habitude. Est-ce que quelque chose de bien vous est arrivé?

Il rit.

-Est-ce qu'un homme a besoin d'une bonne raison pour être de bonne humeur? Il fait beau. Nous sommes en parfait santé et dans la fleur de l'âge. L'herbe est verte, les nuages son blancs et je suis avec la personne que je préfère. Est-ce que ce n'est pas une raison suffisante pour être heureux?
-Si, bien sûr. Je me demandais simplement. Hier, vous aviez l'air si distant.
-C'est du passé, Lee. J'ai traversé une période un peu difficile, mais j'ai tout arrangé.

Lee sentit son visage se détendre en un sourire.

-J'en suis content.

Gai se leva, épousseta l'herbe de sa combinaison, et tendit une main à Lee, qui la saisit. Gai l'aida à se lever.

-C'est parti pour les montagnes!

Il partit en courant comme une furie, et Lee lui courut après.

Ils n'eurent pas le temps de beaucoup s'éloigner du village quand Gai s'effondra au sol. C'était arrivé d'un coup. Il bondissait au pas de course, sautant sur les branches et courant dans les champs.. puis arrivé au milieu d'un pré, il trébucha, tomba à quatre pattes et vomit par terre.

-Gai-sensei! fit Lee en courant vers lui avant de s'accroupir à ses côtés. Qu'est-ce qui ne va pas?
-Rien, fit Gai en s'essuyant la bouche. Juste..

Il vomit une nouvelle fois et haleta, en quête d'air, une main crispée sur son ventre. Il tremblait.

-Vous êtes malade! Il faut qu'on rentre au village.
-Je vais bien, dit Gai en lui faisant un sourire crispé. Vraiment.

Lee regarda la flaque au sol et écarquilla les yeux. Une arabesque de sang tournoyait dans la bile jaune. Il agrippa l'épaule de Gai.

-Gai-sensei, je ne vous laisserai pas vous entraîner dans ces conditions. Vous me dites toujours que je ne dois pas forcer quand je ne me sens pas bien. Ça s'applique à vous également.

Il para son visage de sa meilleure expression sévère, essayant de cacher sa peur.

-Nous allons immédiatement rentrer au village.
-Lee.. fit Gai en posant une main sur la sienne. Nous pouvons rentrer au village si ça peut t'apaiser, mais il n'y a pas à avoir peur. Je ne suis pas malade. Elle m'a dit que ça pouvait arriver.
-Elle?
-Tsunade-sama. Je me.. suis fait appliquer un Jutsu médical ce matin, et elle m'a dit qu'il pouvait y avoir des effets secondaires.
-Quels effets secondaires?

Il tourna les yeux vers la gauche.

-Nausées, crampes d'estomac, ce genre de choses. Rien de grave. Ça ne me fait même pas mal, vraiment.

Le visage de Gai le trahissait ; son regard était vitreux, ses pupilles dilatées par la douleur, sa peau était pâle et trempée de sueur, sa respiration était laborieuse et irrégulière.

-Je pense quand même que nous devrions rentrer, dit Lee. Nous pourrons aller aux montagnes un autre jour.
-Vraiment, ce n'est pas–
-S'il vous plaît, Gai-sensei. Vous avez pris soin de moi tellement de fois quand j'étais malade ou blessé. C'est à mon tour de prendre soin de la personne qui compte le plus pour moi.

Le visage de Gai s'adoucit, et il acquiesça.

-Très bien.

Il chancela en se relevant.

Lee passa un bras autour de lui pour le soutenir.

-C'était comme ça, ce matin?
-Ça va, ça vient, murmura Gai.

Il grimaça et appuya une main sur son ventre.

-Qu'est-ce qu'elle vous a fait?

Gai hésita.

-J'avais une maladie. Elle me tourmentait depuis quelque temps avant que je finisse par abandonner et que je me fasse aider.. mais je suis content de l'avoir fait. Même si le Jutsu était déplaisant, c'est un soulagement d'avoir réglé ce problème.

Lee hésita. Il voulait demander à Gai ce qu'était cette mystérieuse maladie, mais il avait le sentiment que c'était quelque chose dont Gai ne voulait pas parler. Autrement, il l'aurait directement dit à Lee.

-Venez, dit Lee en se tournant et en fléchissant les jambes. Je peux vous porter sur mon dos.
-Tu n'en as pas besoin. je peux marcher.
-Je le veux. Ça serait un bon entraînement pour moi.

Gai rit doucement.

-Très bien.

Il grimpa sur le dos de Lee et passa ses bras et ses jambes autour de lui. Lee bondit d'arbres en arbres en direction de Konoha. Gai était plus grand que lui, et le porter était un peu gênant – ils avaient sûrement l'air bizarre – mais il s'en fichait. Il vouait juste aider son cher professeur, son meilleur ami, l'homme qu'il aimait.


Une heure après, ils arrivèrent à l'appartement de Gai. Lee aida Gai à se mettre au lit et remonta les couvertures sur lui.

-Comment va votre estomac?
-Ça ira.

Gai avait l'impression qu'on remuait des couteaux chauffés à blanc dans ses entrailles. Le pire des effets durerait quelques jours, lui avait dit Tsunade. Elle l'avait prévenu qu'il pouvait y avoir du sang dans ses fluides corporels, qu'il devrait manger des choses douces un moment et éviter de faire quoi que ce soit à son corps pour empêcher ça.

Un petit prix à payer, si ça signifiait pouvoir reprendre Lee dans ses bras à nouveau.

Lee s'agenouilla à côté du Lee et regarda Gai avec des grands yeux plein d'inquiétude.

-Est-ce qu'il y a quoi que ce soit que je puisse faire?
-Rien pour le moment. Assieds-toi juste avec moi.

Il regarda ce visage doux et sérieux, sourit et leva le pouce vers Lee.

-Ça ira. Je te le promet. Et tu sais à quel point je suis sérieux avec mes promesses.

Le visage de Lee se détendit en un sourire. Des deux mains, il prit celle de Gai et la serra doucement. Puis, après un instant, il posa sa tête sur le torse de Gai. Gai passa un bras autour de ses épaules.

-Promettez-moi que si vous n'allez pas mieux dans quelques jours, vous retournez voir Tsunade-sama, dit doucement Lee.
-Je te le promets.

Il passa sa main dans les cheveux de Lee, puis passa ses bras autour de lui et le serra doucement contre lui.

Le rouge monta aux joues de Lee.

-Ça faisait longtemps que vous n'aviez pas été aussi affectueux avec moi.
-Vraiment? Alors c'est de ma faute.
-N–non, ce n'est pas ce que je voulais dire – je ne vous accusais pas. Je me demandais juste..
-J'étais tourmenté par certaines choses. Mais maintenant je vais bien, dit-il en continuant à caresser les cheveux de Lee. Je suis désolé si tu t'es senti seul. Je n'aurais pas dû te négliger.
-Tout va bien, Gai-sensei, dit Lee en fermant les yeux. Je suis juste content que vous soyez revenu. Je veux dire, comme vous étiez avant. Votre contact me manquait.
-Et le tien me manquait aussi.


Durant les jours qui suivirent, la douleur s'estompa petit à petit. Tsunade l'avait prévenu qu'il pouvait y avoir des complications à l'avenir, mais pour le moment, il se sentait plutôt bien. Il était retourné à se routine habituelle avec Lee.

À la fin d'une longue et satisfaisante journée d'entraînement, lui et Lee se rendirent à l'appartement de Lee. Gai fit du curry et ils dînèrent ensemble. Ils se prirent dans les bras, puis Lee retourna à son propre appartement.

Gai regarda par la fenêtre. Dans la rue, il vit Sakura courir vers Lee, il le vit s'arrêter d'un coup. Pendant un moment, ils restèrent là à parler ensemble. Même si Gai ne pouvait pas les entendre, il vit que tous deux souriaient.

Au bout de quelques minutes, ils se prirent dans les bras. Puis Sakura fit demi-tour, lui fit signe de la main et s'en alla.

Gai se détourna de la fenêtre.

Lee trouverait quelqu'un, il en était certain – peut-être Sakura, peut-être quelqu'un d'autre. Il tomberait amoureux. Il se marierait et aurait des enfants – il aurait une vie normale. Et Gai serait laissé derrière. Il serait toujours là pour Lee, il serait quelqu'un sur lequel Lee pourrait se reposer, à qui il pourrait parler quand il serait troublé, mais il ne serait plus le centre du monde de Lee. Lee avait grandi.

Il y avait un vide douloureux dans le torse de Gai. Et en même temps, il sentait une sorte de soulagement un bonheur doux et triste.

Il avait fait ce qu'il fallait.

Pas vrai?


Lee regarda Sakura s'éloigner.

Il lui parlait depuis peu. Elle était venue lui demander conseil à propos de quelqu'un qu'elle aimait et il le lui avait donné: Dis-lui ce que tu ressens.

Mais Lee était un hypocrite, et il le savait. Après tout, il ne pouvait pas dire à celui qu'il aimait ce qu'il ressentait. Enfin, c'est vrai qu'il l'avait dit – une fois – mais il avait douze ans à l'époque ; et bien sûr il ne s'était rien passé. Mais maintenant, les choses étaient différentes. Il était plus âgé. Et ses sentiments n'avaient pas changé. Il y avait seulement une personne qu'il avait toujours voulue.. et c'était la seule personne qu'il ne pouvait pas avoir.

Il sentit un regard posé sur sa nuque et regarda vers la fenêtre de Gai. Mais Gai s'était déjà détourné.

Lee resta dans la rue un peu plus longtemps, luttant contre l'envie de retourner à l'appartement de Gai, de frapper à sa porte. Il dit les mots dans sa tête: J'ai quelque chose à vous dire, Gai-sensei. Est-ce que vous vous rappeler cette nuit avant mon opération? Est-ce que vous vous rappelez ce que je vous ai dit? Je parie que vous pensez que depuis tout ce temps, c'est impossible que je ressente toujours la même chose, mais en vérité..

Il avait répété sa déclaration un nombre incalculable de fois. Il l'avait même écrite (puis brûlé les pages, apeuré à l'idée que quelqu'un puisse tomber dessus). Mais bien sûr, il n'avait jamais rien dit. Parce qu'il savait ce que Gai répondrait: Je suis ton professeur Lee. Il ne peut rien y avoir entre nous. Et entendre ces mots le détruirait.

Alors il fit demi-tour, le cœur lourd comme une pierre, et marcha vers son propre appartement. Pas chez moi, pensa-il. Son appartement était juste l'endroit où il dormait.

Chez lui, c'était là où était Gai.

Fin


Et voilà! J'espère que vous avez apprécié cette traduction! Je vous encourage à aller marquer un petit mot sous la version anglaise de l'auteur, même si vous ne parlez pas anglais, juste un "I like it" ou "I love it" sera apprécié je pense ^^

Si vous voulez continuer à lire cette série de fictions dans l'ordre chronologique, la suivante s'appelle "Plus proche"!