Chapitre 9
-Eh merde, jura le gryffondor en reconnaissant la personne qui lançait des regards inquiets à travers la pièce tout en demandant l'autorisation à Pomfresh d'entrer.
Severus releva la tête.
-Narcissa, souffla-t-il.
La préfète entra et courra se jeter sur Severus.
-Qu'est-ce qu'il t'est encore arrivé, Sev ?, s'écria-t-elle avec inquiétude.
Sirius ricana.
-Oh toi, le dégénéré, je ne t'ai pas sonné !
-Un problème, espèce de-
-STOP !, ordonna le serpentard.
Silence. La pièce était chargée de questionnements. Severus fixait Narcissa avec des yeux implorant le pardon.
-Oh, ça va, fit-elle en roulant des yeux. J'avais juste besoin de digérer tout ça... Mais on en parlera quand il n'y aura pas d'oreilles indiscrètes traînant dans le coin... Comment tu vas ? Pourquoi tu es ici ? Tu t'es fait mal ? Est-ce que...
-Tout va bien, Narcissa, répondit-il avec un sourire qui coupa le souffle de l'autre Black.
La préfète soupira de soulagement.
-Tu m'expliqueras plus en détail ce soir, lança-t-elle en l'embrassant rapidement sur la joue. Je retourne en cours !
Elle sortit de la pièce, non sans gratifier son cousin d'un regard meurtrier.
-... Est-ce que tu sors avec ma cousine, Rogue ?, demanda suspicieusement le gryffondor.
-Bien-sûr que non !
-Vous n'allez pas ensemble, lâcha-t-il avec aplomb.
-C'est facile de dire ça, Black, mais pourrais-tu au moins me voir avec quelqu'un ?
-...
-C'est bien ce que je pensais, conclut en baillant le serpentard.
Sirius n'était pas sûr de ce qu'il avait eu envie de répondre. Alors il ne l'avait pas fait.
-Au fait, qu'est-ce que tu as à la tête, exactement ?, demanda Severus après quelques minutes de silence inconfortable.
-Traumatisme crânien, paraît-il.
-Ça... fait mal ?
-Merci de t'inquiéter, pouffa Sirius.
-Black !
-On m'a drogué de potion antidouleur, fit-il en haussant les épaules. Tu veux la vérité ?... Je pourrais déjà sortir de l'infirmerie ce soir.
-Vraiment ?, s'étonna Severus.
-Oui, mais j'ai fait croire que ça n'allait pas du tout, affirma-t-il.
Le serpentard le regarda avec perplexité.
-Je n'arrive pas à savoir si tu dis la vérité ou si c'est le gryffondor complètement écervelé qui parle.
-Rogue !, s'indigna-t-il. Tu viens de rompre notre première discussion civilisée !
L'interpellé haussa indifféremment les épaules.
-Bon, faisons un marché, recommença prudemment Sirius. Je t'explique pourquoi je reste ici si tu me dis ce que Malfoy t'a fait.
-... D'accord, céda-t-il.
-Tu vois, Pénélope Brown, dans ma classe ? En quelque sorte, elle, comment dire-
-Tu sors avec elle, Black, fit le serpentard qui roula théâtralement des yeux pour masquer son malaise.
-Voilà, approuva Sirius. J'ai découvert que Peter en était amoureux.
-Ah... ?
-Je veux l'éloigner de moi en restant ici le plus longtemps possible, articula-t-il en ignorant le regard sidéré de Severus.
-C'est ridicule. On dirait une idée de serpentard pour ne pas avoir à rompre soi-même.
-Et c'est là que tu te trompes, petit malin, déclama pompeusement Sirius. Je reste ici surtout pour qu'elle aille demander de mes nouvelles à Peter... et qu'ils se rapprochent !
-Je n'ai jamais rien entendu de tel, avoua le serpentard en haussant très haut un sourcil sombre.
-Normal, Rogue. C'est mon idée !, se vanta-t-il.
-Pettigrew n'a aucune chance.
-Ah oui ?, demanda-t-il, dubitatif.
Severus essaya de contrôler le rosissement de ses joues.
-Regarde Pettigrew... et regarde toi.
-Il n'y a pas que le physique qui compte !
-... Justement ?, lança le serpentard en détournant rapidement les yeux.
-Oh. Merci Rogue. Décidément, cette discussion est la plus agréable que nous ayons eu, répondit-il avec malice.
-Bref, le coupa sèchement Severus. Cette idée est stupide, juste parce que tu es prêt à mettre en jeu ta scolarité pour offrir une chance à ton imbécile d'ami de sortir avec... ta copine. Franchement, tu ne vois pas que c'est... grotesque ?
-Je ne suis pas réellement amoureux, fit indifféremment Sirius. Et je n'aime pas vraiment l'école.
-Ça ne te fait rien de remettre tout ton travail de préfet sur le dos d'Evans pendant un mois ?
-C'est bon, Rogue, j'ai compris ! rigola le gryffondor. Avoue que les rondes en ma compagnie te manquent !
-Mais qu'est-ce que tu vas inventer, bon sang !, s'exaspéra-t-il, le cœur battant exagérément vite.
-Avoue le et je sortirai d'ici plus tôt, souffla Sirius en plongeant son regard dans les prunelles sombres du serpentard, qui détourna les yeux.
-Non, Black.
-Menteur, sourit le gryffondor.
-Sors plus tôt et je l'avouerai... peut-être, fit Severus avec un air énigmatique.
-Foutu serpentard !, s'esclaffa-t-il. Bon... à toi maintenant. Qu'a fait le cher Lucius ?
-Malfoy ne m'a rien fait de spécial, déclara calmement le serpentard.
-La vérité, Rogue !
-C'est vrai. Il ne m'a rien fait. C'est bien pour ça que j'ai accepté ton stupide marché, le nargua-t-il.
-Quoi ! Je me répète sûrement, mais foutu serpentard !
Le sourire de Severus s'agrandit.
-J'adore marchander avec les gryffondors, lança-t-il d'un ton exagérément rêveur.
Il ne remarqua pas les yeux de Black se délectant de son expression. Le gryffondor déglutit.
-Bon... pour qui te vengeais-tu, dans ce cas ?
-Crois-tu vraiment que je vais lâcher cette information, comme ça ? Tu en sais déjà trop.
-Pff... Je le sais. Narcissa !
-Est-ce que c'est réellement la première fois que ton cerveau fonctionne, Black ?, demanda Severus, faussement incrédule.
-Arrête avec tes sarcasmes, tu me fatigues.
Sirius avait tellement roulé des yeux qu'il avait le tournis.
-Rien de ce qu'on s'est dit ne sortira de cette pièce, compris ?, le menaça soudainement le serpentard.
-Ah bon ? Tu aurais du le dire plus tôt, j'ai mis Dumbledore sur écoute ! Allô, Albus ? Oui ?...
-...Ton humour vole très bas, soupira Severus qui n'arrivait plus à dissimuler son amusement.
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-Monsieur Rogue ? Vous allez mieux, visiblement, déclara Mme Pomfresh en voyant Severus assis sur son lit, discutant énergiquement avec Sirius.
-Beaucoup mieux. Je me sens prêt à retourner en cours.
-Bien... Vous pouvez sortir, dans ce cas. Cela devait être un problème de tension. Ne manquez surtout pas le repas de ce soir. Et si jamais vous sentez que vous allez de nouveau vous évanouir, n'hésitez pas à revenir.
-Merci. Je n'hésiterai pas.
Il se leva et se dirigera vers la porte. « Bon rétablissement Black. J'espère que tu ne t'ennuieras pas trop... pendant un mois », railla-t-il.
Black roula des yeux mais il sentait que Severus avait raison. A peine deux minutes après son départ, il éprouvait déjà le besoin de sortir : le nouveau silence de la pièce l'oppressait. Il ne savait même pas si il tiendrait encore plus de vingt quatre heures. L'idée de faire la ronde du lendemain avec Rogue était omniprésente dans sa tête... Bizarrement, il en avait plus envie que de mettre à exécution son plan pour que Pénélope et Peter se rapprochent. Et il pouvait bien être un peu égoïste, non ? Il avait réalisé son lot d'actes héroïques pour l'année en essayant de rattraper l'andouillette de Malfoy, et ça lui avait coûté trois jours interminables, cloîtré dans cette pièce hyper-stérilisée. Il avait le droit, à présent, de mettre entre parenthèses ses bonnes intentions. D'ailleurs, vouloir faire son devoir de préfet était encore plus honorable que d'offrir sa petite amie à Peter, quand on y pensait bien car au lieu d'essayer de satisfaire une seule personne, il choisissait de veiller sur le château entier. C'était définitivement préférable... si on arrivait à ignorer que la seule raison à toutes ces justifications douteuses était l'envie démesurée de repasser du temps avec Rogue.
Qu'importe. Demain soir, il serait de sortie.
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-Est-ce que tu m'as vraiment pardonné ?, demanda soudainement Severus avec une grimace gênée.
-Évidemment, Sev ! Ce serait le comble que je te reproche d'avoir eu une attitude serpentarde. La vengeance est une de nos meilleures traditions, c'est évident. Un malheur n'arrive jamais deux fois chez nous : on y veille en répondant à chaque coup. Je pense qu'il ne faut pas attendre bêtement que les gens se rendent compte qu'ils n'ont pas à nous manquer de respect, il faut leur donner immédiatement une bonne leçon de vie. Nous ne sommes pas ces blaireaux qui offrent leur pardon à des personnes sans scrupules. Cela se ressent : Serpentard est la seule maison si admirée. Ou crainte, mais cela revient au même. Il ne faut pas être trop gentil, il ne faut pas attendre que les gens te piétinent, il ne faut pas rester muet face à l'agression ! Par contre » Sa voix était subitement devenue un murmure menaçant. « Touche encore une fois à Lucius et tu es un homme mort, Severus Rogue.
-...Promis, répondit Severus, légèrement décontenancé par son changement brusque de ton.
-Bien, s'exclama-t-elle joyeusement. Tu peux à présent me dire pourquoi tu visites le déshonneur des Black à l'infirmerie ?
-Je me sentais mal ! Ça n'avait rien à voir avec lui, mentit Severus avec aplomb.
Narcissa lui lança un regard tout à fait sceptique.
-En tout cas, reprit le serpentard, ça nous a permis de nous réconcilier, tous les deux.
-C'était vraiment une belle façon de faire d'une pierre deux coups, Sev, lança Narcissa, l'air de rien.
-...Merci.
-Donc tu avoues ! Tu voulais juste voir mon abruti de cousin et me faire accourir à ton chevet !
-Tu déformes tout, Narcissa !
-Tu es beaucoup trop serpentard à mon goût, fit-elle en haussant un sourcil. Tu manipules mieux que moi.
Elle souffla de dépit devant le fier sourire de Severus.
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Le lendemain matin, Severus savourait le plaisir de se balader dans les couloirs dans être interrompu par quelconque imbécile. Il ne s'y habituerait sûrement jamais. C'était trop beau de passer devant des gryffondors sans se faire huer ou cracher dessus. Puisque tous imitaient Potter et que Potter ne faisait rien sans Black... il avait intérêt à maintenir une relation cordiale avec ce dernier. Ainsi, il pourrait s'assurer de finir sa scolarité dans la joie et la bonne humeur... si de telles sensations fortes étaient réellement compatibles avec sa nature.
Cela lui laissait également plus de temps pour chercher une solution alternative à la magie noire. Parce qu'il fallait bien l'avouer : ce n'était pas viable. Bientôt, les effets du sort s'annuleront à nouveau et Severus craignait de voir l'état de son corps... car il avait presque mal, même sans le sortilège. Cela n'annonçait vraiment rien de bon. Sa dent devait être complètement infectée, son poignet foulé sûrement brisé, les hématomes sur son visage et sur son ventre devaient s'être encore étendus... mais le coup de couteau de l'année dernière devait bien être la blessure la plus inquiétante. Située à l'épaule, en continuant de s'aggraver à cette vitesse, elle pourrait très bientôt le mettre directement en danger.
Et bientôt pouvait être ce soir.
-Tiens, Rogue, lança une voix familière derrière lui. Tu t'occupes de la ronde, ce soir ?
Severus se retourna et eut un coup au cœur quand ses yeux entrèrent en contact avec ceux de Black.
-Le rétablissement fut plutôt rapide !... Mais non. Je suis occupé.
-Occupé après le couvre-feu ? demanda-t-il avec une moue dubitative.
-Et si tu te mêlais de tes affaires, Black ?
-Lily ne peut pas se charger de la ronde..., mentit Sirius. Tu dois venir.
-Tu la feras avec Narcissa dans ce cas. Bon courage, lança-t-il indifféremment en s'éloignant le plus rapidement possible.
Son cœur battait à la chamade. Il espérait que Black changerait d'avis, parce qu'il n'avait vraiment pas envie de le croiser, lui, ce soir, quand il se rendrait illégalement à la bibliothèque. Narcissa devait se charger de le couvrir en évitant les endroits stratégiques, mais si le préfet l'accompagnant était Black... Les choses se corsaient terriblement. Il était têtu comme une mule et franchement trop perspicace quand il le voulait.
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Assis sur un banc, les quatre Maraudeurs profitaient de la pause de midi avec un régal non dissimulé. Ils éclataient bruyamment en des rires semblables à des aboiements ravis, se tapaient régulièrement dans les mains, faisaient des concours de lancés de marrons, pouffaient peu subtilement en voyant passer le groupe d'amies de Pénélope Brown... Ils étaient tous aux anges de voir Sirius revenir si vite parmi eux car il était un véritable aimant à jolies filles. Et même si James et lui étaient théoriquement en couple, cela ne freinait en rien leurs comportements d'adolescents volages et populaires. Mais d'autres choses étaient liées directement au rétablissement miraculeux de Sirius, comme la reprise de leurs activités nocturnes.
-Ah, Padfoot, j'ai demandé à Lily de se charger de la ronde de ce soir pour qu'on puisse enfin reprendre les opérations ! s'écria James avec enthousiasme.
-Super... et qu'est-ce qu'on fait, finalement ?
-Mission bouse d'hippogriffe, proposa Peter.
-...
-Peter, que veux-tu dire ? demanda Remus avec une incompréhension palpable.
-Je sais que ça n'a pas de rapport direct avec le dortoir de serpentard... mais ce nom convient bien à la particularité de l'aventure, vous ne trouvez pas ?
-...Oui. Si tu veux, accorda James. Donc ce soir, on cartographie la tanière des serpents ! C'est le dernier dortoir, après, le plus dur sera fait ! Mais il faut le faire.
-Oui, approuva Remus. Tu as bien demandé à Lily de nous couvrir, James ? Ce serait vraiment super si elle emmenait la préfète de serpentard autre part que devant leurs dortoirs... Vers la bibliothèque semble être le plus sûr.
-T'as raison ! Je vais le faire immédiatement. Attendez moi là.
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la catastrophe arrive d'un bon pas, comme vous le voyez ! Que va-t-il se passer... ? Bah... vous verrez. La semaine prochaine.
Une review fait toujours plaisir, savoir qu'on est lu est important et... c'est quand même un peu à ça que sert le site. Alors si vous avez quelque chose à dire, une question, une remarque, une critique,... sentez-vous le droit de me laisser un petit commentaire.
Certes je n'ai pas énormément de temps pour moi mais je prendrai toujours, à un moment ou à un autre, le temps de vous répondre. Et ça me fait plaisir tout simplement, surtout que l'écriture est un des derniers loisirs qu'il me reste, à part boire du thé, lire, manger du chocolat et faire du sport.
Bon week-end à tous :D
