Chapitre 10

Rokiho quitta Remus et se rendit directement chez le maître des potions puis frappa à la porte, hors de lui. Severus, d'un geste de sa baguette, débloqua le sort de fermeture et à sa grande surprise c'est l'ami de Potter qui entra chez lui et qui le toisa d'un regard noir. Pour qui il se prenait celui-là !

-Je peux savoir ce que vous faites là ?

-J'ai ramené Remus dans sa chambre, professeur Snape.

-Pourquoi l'avoir ramené ? D'habitude il rentre seul, s'étonna Severus qui pensait que tout c'était bien passé pour le loup pendant la nuit.

-D'habitude peut-être ! Mais hier soir il a oublié de boire sa potion Tue-Loup et la nuit a été très difficile pour lui.

-Par Salazar ! cria Severus en fronçant les sourcils. Quel idiot !

-Non, l'idiot c'est vous, je croyais que c'était votre ami et vous l'avez laissé tomber. Je n'ai jamais vu un homme aussi seul, hurla l'elfe mécontent qui avait décidé de défendre son Remus envers et contre tous alors qu'ils se connaissaient à peine.

-Je ne vous permets pas de crier sur moi, monsieur, et rengainez votre hargne. Bien sûr que Remus est mon ami, pourquoi croyez-vous que je fais à chaque pleine lune la potion Tue-Loup ? J'ai passé des années là-dessus à la perfectionner, j'y ai travaillé sans relâche, alors ne venez pas me dire que je me fous de lui. Et Harry où est-il ? Encore à la bibliothèque ou alors à bouder dans sa chambre comme le sale morveux qu'il est ? Il considère Remus comme quelqu'un de sa famille et pourtant à la première occasion il le laisse tomber, quand apprendra-t-il à ne pas claquer des doigts pour avoir quelque chose, il faut le mériter et monsieur Potter boude parce que Remus n'a pas voulu qu'il l'accompagne, c'est pathétique.

L'elfe fonça vers le maître des potions qui brandit aussitôt sa baguette vers lui.

-Ne faites pas un pas de plus ! le menaça-t-il.

-Pourquoi vous en prendre continuellement à Harry ? Je croyais qu'il y avait un lien entre vous deux, je ne vous juge pas car je ne vous connais pas, professeur, par contre je connais Harry et je sais sur lui des choses qui vous feraient frémir d'horreur. Ce qu'il a subit est atroce, vous ne savez rien et vous le jugez bien mal, monsieur. Si vous ne voulez pas de lui dites-le, je vous assure qu'il ne restera pas seul longtemps, si jamais il revient.

Rokiho sortit du bureau à grand pas rageurs et regagna la sortie, mais au lieu de se diriger vers le portail et Pré-au-Lard, il marcha droit vers la Forêt Interdite. Il était toujours en colère, furieux après l'homme. Non mais, pour qui se prenait cet imbécile ?

Tout en pestant contre le maître des potions, Rokiho s'enfonça de plus en plus dans la profondeur des arbres. Soudain un crac se fit entendre, quelqu'un le suivait, son odorat ne le trompait pas. Il continua pourtant d'avancer faisant comme si de rien n'était. Quand la personne passa près de lui, d'un geste souple, l'elfe sauta sur une branche et retomba derrière l'inconnu. L'homme se retourna subitement les mains en avant avec un sourire aux lèvres.

-Ghanos ! Tu fais autant de bruit qu'un hippogriffe, ça fait déjà plusieurs minutes que je sais que tu me suis, ne t'en déplaise.

-Bon, ça va, Rokiho, c'est pas drôle, tu n'as jamais peur de moi, c'est pas juste ! De quoi as-tu peur d'ailleurs ?

-De rien, allez viens, rentrons, il commence à faire froid et je suis fatigué.

Les deux hommes arrivèrent dans une petite clairière et s'arrêtèrent à un endroit bien précis, Ghanos balaya l'air d'un geste de la main et apparut alors une petite maison en bois. Une fois les deux hommes à l'intérieur on ne pouvait la voir de dehors. Voilà déjà trois mois qu'ils vivaient dans la forêt, seul Harry était au courant, même le vieux Dumbledore n'en savait rien jusqu'alors, quoique là maintenant il devait se douter de quelque chose.

Ghanos s'entendaient très bien avec Harry et ce même après des débuts difficiles. Ben oui pas facile de faire ami avec un vampire qui devait reprendre ses marques, seul dans un bois avec un elfe.

Rokiho s'affala dans un fauteuil, épuisé, et ferma les yeux.

-Alors comment c'est passé ta nuit avec le lycan ?

-Tu dis ça comme si on avait baisé toute la nuit, ce qui n'est pas le cas je te rassure, il était trop mal en point.

-Mais ce n'est pas l'envie qui t'a manqué, Rokiho, est-ce qu'il est bien foutu au moins ? demanda l'autre avec un sourire en coin.

-Pour être bien foutu il l'est, trente-six ans, longs cheveux châtains clairs, de magnifiques yeux dorés, un corps bien fait, des fesses superbes et je te parle pas du reste. Oh oui, et une bouche qui appelle les baisers. Alors oui je dirais qu'il est extrêmement bien foutu, Ghanos.

-Je vois que tu l'as bien détaillé ton loup, mais trêve de plaisanterie, Harry est-il parti ?

-Oui, ce soir, et j'espère qu'il fera attention à lui.

-Il est bien préparé, Rokiho, tu sais que si nous avions pu y aller à sa place nous l'aurions fait. Tu sais aussi que lui seul peut accomplir cette tâche, je sais que ce n'est pas facile pour lui c'est tout le contraire, mais nous devons y croire. Il est fort notre ami….. Au fait ! ajouta le vampire avant d'oublier. Il y a un petit blondinet à Poudlard, à Serpentard exactement…..

-Oui et alors, Ghanos, tu lui veux quoi ?

-Son nom, mon ami, juste son nom.

-Je verrais ce que je peux faire, tombeur ! Aller bonne nuit, là je tombe de sommeil.

-Ouais ! ben moi non.

-Bah ! Joue aux cartes ou bien va te promener, fait des potions, je sais pas moi !

- Oui des potions, c'est une bonne idée, ça m'amuse et ça passe le temps.

-Ne fais pas tout exploser, Ghanos, pas comme la dernière fois je t'en supplie.

-Promis, allez va dormir, l'amoureux, et fais de beaux rêves.

Le calme retomba sur la cabane, l'un se coucha, épuisé, tandis que l'autre confectionna des potions. Tout allait pour le mieux, enfin peut-être pas autant que ça.

-Putain ! s'exclama le survivant. C'est pas vrai ça ! mais quelle andouille je fais.

Harry était étalé de tout son long sur le sol gelé. Transplaner c'était bien mais atterrir comme il fallait c'était mieux. Il se releva avec une grande envie de rire et ramassa sa baguette et sa cape puis rangea celle-ci dans son sac, attrapant dans le même temps sa carte et regarda la direction qu'il devait prendre. La nuit tombait à peine. Il imprima rapidement le parcours dans sa tête, rangea sa carte et marcha d'un pas pressé sur un petit chemin de terre. Deux kilomètres plus loin il s'arrêta de nouveau, fouilla encore dans son sac et en retira une tente miniature qu'il déposa sur le sol et qu'il agrandit d'un geste et d'un murmure.

-AMPLIFICATUM.

Une tente avec tout l'équipement se déploya. Le jeune homme y entra et déposa son barda sur le lit puis il chuchota un sortilège et l'habitat devint invisible aux yeux des autres, il s'agissait de ne pas se faire remarquer de ses ennemis. Bon déjà il était arrivé à bon port, maintenant il devait aller faire du repérage et pour ça il avait besoin de sa cape et de sa baguette qu'il attrapa avant de ressortir de la tente.

Sa mission se situait à peu près cinq-cents mètres plus loin. Il avança doucement, sa cape d'invisibilité posée sur lui et sa baguette à la main, prête à servir en cas de danger. Tout semblait calme, parvenu aux alentours du lac il s'abaissa et écouta, aucun son ne lui parvenait, ni coassements de grenouilles, ni cris d'oiseaux, rien de tout cela, c'était à croire qu'il n'y avait plus aucune vie ici.

Pour l'instant pas de mangemorts en vue, de temps en temps un petit clapotis se faisait entendre et Harry ne préféra pas penser à ce qu'il y avait dans ce lac. Normalement il devait agir assez vite, il avait une semaine pour prendre l'Horcruxe et le détruire, pas plus. Au bout de trois heures de gué il repartit vers la tente, s'allongea sur le lit de fortune et s'endormit, tout habillé.

Sur le matin un froid glacial réveilla le jeune sorcier. Il ramena la couverture sur lui mais rien à faire il faisait toujours aussi froid, le jeune homme se mit debout et se prépara un thé pour réchauffer son corps glacé. Puis il s'habilla chaudement avant de reprendre la tasse dans ses mains et de boire le breuvage brûlant en se dandinant d'un pied sur l'autre.

Le temps avait changé, sûrement il ne faisait pas aussi froid hier ! Harry prit son sac et un sandwich que Dobby lui avait préparé et il sortit de la tente, la cape d'invisibilité sur lui. Là il fut ébahi, le sol était recouvert d'une épaisse couche de neige, il fallait dire aussi qu'à cette époque de l'année ce n'était guère étonnant. Le plus ennuyeux étaient les traces de ses pas que l'on pouvait voir plus facilement.

De sa main Harry lança un petit sortilège qui effaça ses empreintes au fur et à mesure qu'il avançait. Bien, c'était déjà une bonne chose de faite !

Il rejoignit vite fait les abords du lac et se chercha une bonne cachette avec une vue imprenable sur le lac, difficile quand on se trouvait en pleine montagne au milieu de nulle part. Vraiment Voldemort avait de l'imagination ! Heureusement que plus loin quelques éboulements lui offrirent une cachette à toute épreuve.

Harry s'assura que sa cape le recouvrait entièrement une fois qu'il fut bien dissimulé. Il jeta un œil vers le lac toujours aussi calme, il n'y avait toujours pas un seul animal en vue, et ça ce n'était pas bon signe. Puis ce fut l'attente qui débuta, longue et froide, très froide.

Malheureusement il ne put utiliser un sort de réchauffe par peur de se faire repérer si près du lac. Tremblant il frotta ses mains l'une contre l'autre et c'est à ce moment-là qu'il entendit un crac caractéristique d'un transplanage. Il les vit, deux mangemorts tout habillés de noir, un masque en argent sur le visage qu'ils s'empressèrent d'enlever. Harry ne les connaissait pas, par contre ils avaient l'air bien jeune, Voldemort enrôlait des adeptes de plus en plus juvéniles, ricana-t-il en lui-même. En même temps si on réfléchissait lui n'était guère plus âgé.

Les deux hommes discutaient âprement. Leurs voix parvenaient jusqu'à Harry. Il paraîtrait, d'après l'un des deux, que le mage noir n'était pas content, tout ne se passait pas comme il le voulait. Apparemment les négociations avec les vampires s'annonçaient ardues, bien sûr que pouvait-on attendre d'eux ? Ils avaient leur propre monde, leur propre loi et un chef de clan. Ils n'avaient pas besoin d'un mage noir sanguinaire, quoique sanguinaire ça devrait leur faire plaisir, non ?

Harry reporta son attention sur les deux mangemorts. Tiens ! l'un des deux hommes parlait de Malfoy, le père ou le fils ? Oh ! Là il parlait du père. Ce dernier croupirait dans un cachot depuis plus de six mois, Voldemort l'ayant fait enfermer parce que Draco refusait la marque des ténèbres. Mais alors qui se trouvait au manoir Malfoy pendant cet été si Lucius Malfoy se trouvait enfermé ?

Entre-temps le jeune homme, qui ne perdit pas son bon sens, nota sur un parchemin l'heure et la durée de la présence des hommes près du lac. En effet ils venaient de retransplaner, ils étaient restés deux heures, de dix heures à midi. Tiens, en parlant de ça !

Harry fouilla dans son sac et en sortit son en-cas qu'il commença à manger avec bon appétit, quand tout à coup un clapotis se fit entendre sur le lac. Ses yeux cherchèrent la source du bruit et là il la distingua. Un frisson d'horreur saisit tout son corps et la bouchée qu'il venait d'avaler remonta le long de sa gorge.

Une main décharnée sortant de l'eau balaya l'air comme si elle voulait attraper quelqu'un, des lambeaux de chair pendaient sur les doigts efflanqués et rongés, laissant apparaître des os putrides.

Par Merlin ce n'était pas possible une chose pareille ! Il allait pourtant falloir qu'il plonge dans ce lac, il n'avait pas vraiment le choix. La main s'immergea dans l'eau et le lac redevint calme. Harry ne put finir de manger, ça lui avait coupé tout net l'appétit, il remit son sandwich dans son sac en retenant une nausée.

L'après-midi passa lentement, trop lentement au goût d'Harry. Le petit rayon de soleil ne l'avait pas réchauffé beaucoup mais maintenant que l'astre était passé de l'autre côté de la montagne, le froid devenait encore plus mordant. L'attente fut longue, puis à dix-huit heures les deux mangemorts réapparurent de nouveau mais cette fois-ci ils ne restèrent qu'une demi-heure. Probablement que le froid ne les incita guère à rester plus longtemps !

Vingt heures, Harry se leva complétement ankylosé et frigorifié, il regagna sa tente et se fit chauffer une soupe pendant qu'il prenait une douche. Il enfila d'autres vêtements bien secs et chauds et s'en perdre plus de temps il s'installa sous ses couverture avant d'avaler son bol de soupe et de s'allonger et de s'endormir, laissant le bol tomber sur le sol tellement il était crevé.

Deuxième journée. Le froid, encore le froid. Harry se réveilla et grelotta littéralement. Il ne put allumer le feu par peur que l'odeur et la fumée soient trop visibles. Tant pis, pensa-t-il, ce n'était pas le plus important pour le moment. Il déjeuna vite fait d'un thé et de quelques gâteaux, se recouvrit de sa cape, prit son sac, et retourna une fois de plus au bord du lac.

Une couche supplémentaire de neige était tombée cette nuit, il remit le sortilège sur ses chaussures et avança pour une autre journée de surveillance.

Dix heures ! Pile à l'heure ! Les deux mangemorts étaient là au bord du lac. Les deux idiots firent apparaître un brasero et se chauffèrent les doigts, au bout d'un long moment l'un des deux plongea sa main dans sa cape et en ressortit une bouteille de whisky-pur-feu.

Ah ! Les veinards, pensa Harry qui claquait des dents. Note à moi-même, à la prochaine expédition emporter du whisky-pur-feu, ça pouvait toujours servir.

Tiens intéressant ce qu'il entendait ! Le mangemort qui avait apporté la bouteille avait une petite copine qui le menait par le bout du nez, drôle quand on pensait à ce qu'il était ! Apparemment elle n'était pas au courant de son appartenance au cercle de Voldemort, sinon il y a belle lurette qu'elle l'aurait jetée dehors.

L'autre mangemort pouffa, lui n'avait pas ce problème, il collectionnait les conquêtes d'un soir dans un bar gay, pas d'attache pas d'engueulade, juste du plaisir.

Harry le regarda un peu mieux, en effet pas mal du tout, tout en finesse. Il devait en faire des ravages, ce con ! Le jeune homme se demanda si Severus le connaissait et s'ils avaient déjà couché ensemble ? Mauvaise idée ça, ne pas penser à cet idiot de Snape. Qu'il aille donc corriger ses copies celui-là !

Après la conversation, copain copine, les deux mangemorts parlèrent d'une attaque à Pré-au-Lard, elle était prévue d'ici une quinzaine de jours. Finalement ces hommes étaient une source de renseignements intéressants. La conversation continua sur des banalités qui ne lui apprirent rien d'autre. À midi un des hommes éteignit le brasero mais le laissa sur place, probablement pour le soir, et ils disparurent dans un crac.

Comme hier la journée passa lentement. Harry resta une heure de plus sur place, pas de remous sur le lac cette fois-ci, soupira-t-il soulagé. Il se leva et repartit tremblant et gelé sur le chemin enneigé, parvenu à la tente il soupa et s'endormit comme la veille.

Demain, pensa-t-il, demain il plongera dans le lac gelé.

Troisième jours de garde et toujours pas moyen de se réchauffer, le froid était mordant. En revenant à Poudlard il pensera à rester devant la cheminée une semaine entière avec plusieurs couvertures, juste pour le plaisir de profiter d'un bon chauffage et de réchauffer ses orteils glacés.

Le jeune homme se mit debout et mangea le dernier sandwich avant avaler un bon thé chaud. Il attrapa ensuite son sac et sa dague qu'il pendit à sa ceinture puis enfila sa cape d'invisibilité.

Quand il mit le nez dehors le Gryffondor admira le paysage, c'était grandiose, magnifique et immense. Même le calme était impressionnant. Harry remit le sortilège anti-trace de pas et retourna vers sa cachette, dans les éboulis. Dix heures, pas de surprise, les deux hommes arrivèrent et allumèrent le brasero. Puis la discussion reprit et ils repartirent à midi tapante.

Le jeune homme attendit une demi-heure de plus avant d'agir, on ne savait jamais, il préférait éviter les surprises. Il déposa sa cape sur son sac puis s'assura que sa dague était bien dans sa ceinture avant de prendre sa baguette et de se rendre au bord du lac.

Décidé de récupérer l'Horcruxe aujourd'hui avant que les créatures ne récupèrent toutes leurs forces perdues partiellement grâce à la pleine lune, il enleva son pull et ses chaussures, et une fois au bord du lac il rassembla ses forces puis avança dans l'eau glaciale.

Harry frissonna désagréablement et quand il fut enfoncé jusqu'à la taille, il plongea. L'eau était claire, se rendit-il compte quand il descendit dans les profondeurs, tenant sa baguette à la main pour plus de prudence. Mais où allait donc ce lac, personne ne lui avait dit qu'il était si profond !

Heureusement qu'il s'était jeté un sort pour respirer sous l'eau, il n'en voyait pas la fin de ce lac, pourtant il nageait depuis un petit moment déjà. Le garçon descendait toujours malgré la lumière qui se faisait plus rare au fur et à mesure qu'il arrivait en bas. Il voyait par-ci par-là quelques ombres inquiétantes, cependant personne ne l'attaqua, pour l'instant.

Ah ! Horreur ! Il avait parlé trop vite là ! On venait de lui frôler la jambe, et pour ne pas savoir qui était ce ON le survivant se mit à nager plus vite sans regarder derrière lui. Et enfin il vit, derrière des algues qui se mouvaient au gré des courants, le médaillon posé sur un socle de pierre. Il ne semblait pas avoir souffert de l'eau, il n'était même pas terni. Le survivant s'en rapprocha, en fit le tour, lentement, cherchant un piège, car piège il y avait, il le savait bien. Voldemort était sadique donc ça devait être vicieux et méchant, mais pour l'instant rien, alors Harry tendit la main pour attraper le bijou.

Allons vas-y, Harry, tu y es presque ! Un petit effort encore, ouais, ça y est tu l'as pris, pensa-t-il en retenant un cri de victoire.

L'objet brilla dans sa main, il entoura la chaîne autour de son poignet et le tint solidement, pas vraiment le moment de le perdre là. Ses pieds battirent l'eau pour remonter à la surface, il n'avait pas envie de s'éterniser dans cet endroit pas très accueillant surtout en sachant ce qui s'y trouvait.

Subitement le lac se mit à faire de terribles remous et il sentit une main agripper fortement sa cheville. Éperdu, retenant un cri d'horreur, il battit des pieds plus furieusement en espérant que la main lâche sa jambe, mais rien à faire. Le jeune homme baissa son regard et aperçut un inféri qui le traînait vers le fond, il résista vaillamment mais un deuxième lui attrapa la taille, le faisant descendre inexorablement avec l'autre vers le fond du lac.

Le survivant prit sa dague après maints efforts et frappa le monstre en face de lui avec ardeur, les coups ne leurs faisaient aucun mal de plus ils ne lâchaient pas prise, ces horribles choses. Un autre en profita pour s'agripper à son dos et lui lacérer la poitrine à coups de griffes, de longues entailles se mirent à saigner et à attirer d'autres créatures. Harry serra sa main sur le médaillon afin de ne pas les laisser le récupérer. Une morsure à sa cuisse lui fit serrer les dents, ils étaient quatre sur son dos maintenant, et tantôt ils le mordaient ou le déchiraient. Le jeune homme sentit ses forces le quitter.

Stop ! Harry, pensa-t-il en reprenant ses esprits. Arrête de te débattre, calme-toi, ne panique plus et relâche tes muscles. Les inféris réagissent à la peur, plus tu as peur et plus ils se délectent, tu dois repenser à la formule pour les détruire par le feu, même dans un élément tel que l'eau. Réfléchit, pense, raisonne. Lève tes mains doucement, ne fais pas de gestes brusques, voilà c'est parfait, fait venir ta magie lentement, doucement et complètement, quand elle a envahi ta main ferme le poing et prononce la formule dans ton esprit. Tu peux y arriver, tu en as les capacités, vas-y, fais-le, maintenant !