Chapitre 8: Les morceaux du casse-tête

Après l'arrestation et l'interrogatoire des deux hommes qui planifiaient de kidnapper le petit Drago à Sainte-Mangouste, Pitbull et Peter Harding se rendirent au Service des détournements de l'artisanat moldu.

— Bonjour, dit la secrétaire alors que les deux aurors américains entrèrent.

— Bonjour, madame, répondit Pitbull en s'approchant du bureau de la jeune femme. Je m'appelle Horace Pitbull et lui, Peter Harding. Nous sommes de la brigade d'aurors de Salem.

Peter montra son badge et son chef ajouta :

— Nous aimerions rencontrer monsieur Arthur Weasley pour lui poser quelques questions.

— Je regrette, monsieur Weasley n'est pas ici en ce moment, informa la secrétaire.

Son regard posa beaucoup de questions et elle sembla inquiète. Arthur s'absentait parfois pour des raisons personnelles sans indiquer l'heure de son retour. De plus, elle ignorait s'il était seul ou accompagne.

— Malheureusement non. Pourquoi désirez-vous l'interroger?

— Nous travaillons sur l'enquête visant à retrouver le ou les assassins de Lucius et Narcissa Malefoy et de madame Poveda.

Elle ouvrit la bouche pour murmurer un « oh! » et son visage s'inonda de tristesse.

— Mon père m'a appris la terrible nouvelle lorsque je suis rentrée à la maison, hier soir. Il m'a montré des articles de journaux : ceux d'hier et d'autres datant de novembre et décembre 1980, confia-t-elle. Les Malefoy et madame Poveda ont été tués de la même manière que les Ellis. Est-ce que l'un des tueurs compterait parmi les mangemorts qui ont échappé aux arrestations de 82 à 85?

— C'est une possibilité, répondit Peter.

— Nous allons vérifier tout cela, madame, assura Pitbull.

— Je communiquais presque tous les jours avec madame Malefoy et j'allais souvent porter et chercher des documents à son bureau. Elle n'avait rien de la méchante mangemort que certains décrivent à voix basse. Elle était douce et gentille, et elle aimait me parler de son fils et me montrer les vêtements qu'elle dessinait pour lui. Monsieur Malefoy était toujours souriant, courtois et passionné par son travail.

— Qui parlaient contre les Malefoy? questionna Pitbull.

— Beaucoup de personnes. Certains faisaient semblant d'être leurs amis, mais pour la plupart, je crois qu'ils suivaient les vrais ennemis par peur de subir le même sort.

Elle écrivit sur une feuille le nom et le lieu de travail de son père, « Tony Tavares, Chaudron Baveur ».

— Je travaille ici depuis cinq mois et je ne voudrais pas perdre mon poste si on découvre que j'étais du côté des Malefoy. Allez voir mon père. Il est barman au Chaudron Baveur et il vous fournira tout ce dont vous avez besoin.

— Merci, madame, dit Pitbull en prenant la feuille.

— Merci, renchérit Peter.

— Bienvenue, sourit-elle.

Au moment où les aurors américains ouvrirent la porte, un jeune homme s'arrêta dans le cadre.

— Pardon, dit-il d'une voix hésitante et regardant les étrangers d'un air interrogateur.

Pitbull et Peter s'écartèrent et lui firent signe d'entrer avant qu'ils sortent.

— Qui est-ce? demanda le jeune homme quand la porte fut fermée.

— Des aurors de la brigade de Salem. Ils cherchent monsieur Fudge, répondit simplement la secrétaire.

Pendant ce temps, Nymphadora Tonks transplana sur le Chemin de Travers et entra dans la Magasin d'accessoires de Quiddich. Il n'y avait aucun client et le vieux propriétaire s'affaira à faire un peu de rangement au comptoir-caisse.

— Bonjour, mademoiselle, la salua-t-il d'un ton enjoué. Que puis-je faire pour vous?

— Bonjour, monsieur Fleet. Je suis Tonks, auror pour le Ministère de la magie et l'Ordre du Phénix, se présenta-t-elle en montrant son badge. Je participe à l'enquête des meurtres de Lucius et Narcissa Malefoy, et d'Ana Poveda.

Le visage du propriétaire s'assombrit. La jeune femme aux cheveux roses venait vérifier les informations de Rogue, en le nommant comme témoin anonyme, que Drago lui avait confié que deux hommes avaient battu Lucius, vers l'été 1987, à l'extérieur de la boutique. Fleet se souvenait de cette agression.

— Oui, c'était un dimanche après-midi en septembre 87. J'étais en train d'arranger la vitrine et le petit admirait deux nouveaux balais de course pendant que son père discutait avec un homme. Quand l'étranger fut parti, monsieur Malefoy s'est tourné vers son fils pour lui demander de le suivre. C'est là que les deux agresseurs sont arrivés. Ils l'ont jeté à terre et frappé avec leurs poings et leurs pieds en le traitant d'ordure, de chien, de salopard puant. Le petit s'est mis a hurlé et j'ai décidé d'intervenir, parce que les passants ne faisaient rien. Dès que je suis arrivé dehors et que je leur ai crié : « Hé! Qu'est-ce que vous faites? », ils se sont sauvés.

— Est-ce que vous vous souvenez de l'apparence physique des agresseurs?

— Pas la peine de vous les décrire. Monsieur Malefoy m'a dit que c'était Arthur Weasley et Amos Diggory, deux employés du Ministère. Apparemment, ces deux-là le voyaient toujours comme un mangemort et ils croient que le petit est le successeur de Tu-Sais-Qui.

Les cheveux et le teint de Nymphadora rougirent tellement elle était choquée. Arthur et Amos avaient menti à tout le Ministère en prétendant qu'ils ne voulaient pas s'approcher des Malefoy. La jeune auror remercia le propriétaire du Magasin d'accessoires de Quiddich. Au même instant, Dumbledore l'appela dans son émetteur-récepteur magique.

Le directeur de l'Ordre se trouvait au Ministère. Il venait de recevoir une copie du bottin des noms et adresses des amis et clients des Malefoy, tandis que Pitbull et Peter le retrouvaient devant la porte du bureau de Fudge.

— C'est bon, je serai là dans quelques minutes, lui répondit Nymphadora avant de transplaner.

Sur le plancher menant au bureau de Fudge, un ascenseur s'ouvrit et le professeur McGonagall en sortit. Elle alla d'un pas rapide et trouva les personnes qu'elle cherchait.

— Messieurs, j'ai deux ou trois suspects possibles, informa-t-elle.

— Deux ou trois? répéta Pitbull en fronçant les sourcils.

— Oui, écouté! L'une des voisines des Malefoy est venue me voir avec son fils. Elle s'appelle Diana Shaw et le petit, Jeremy. Il a le même âge que Drago et il joue au soccer.

— Ah oui! C'est le petit moldu que nous avons également sauvé, reconnut le chef des aurors de Salem.

— Avant l'arrivée du détraqueur, les deux garçons se sont parlés, continua le professeur McGonagall.

Dumbledore hocha la tête et Nymphadora, qui arriva, se joignit au groupe.

— Drago s'est confié à Jeremy concernant les Parkinson, les Crabbe et les Goyle. Il lui a dit que ces gens prétendent être amis avec ses parents, mais en réalité ils méprisent tout ce qui est moldu et ils pratiquent la magie noire.

— J'aurais dû vérifier pourquoi le petit piquait d'énormes crises chaque fois qu'il était question de ces gens et de leurs enfants, se culpabilisa Fudge.

— Cornelius, soupira Dumbledore, tristement.

— Est-ce que ces gens sont dans le bottin des Malefoy? demanda hâtivement Pitbull, voyant la colère dans les yeux de Nymphadora.

— Oui et ils vont venir aux funérailles, annonça Dumbledore.

— Professeur!... S'opposa McGonagall en constatant même que c'était une bonne occasion pour les arrêter.

— Nous allons nous en occuper, dit Pitbull.

Il expliqua son plan et tous approuvèrent pour la sécurité des autres invités.


Extrait du chapitre suivant : Chapitre 9 — L'arrestation

La conceptrice de mode remercia le directeur de l'Ordre et se dirigea vers Fudge. Entre-temps, les familles Parkinson, Crabbe et Goyle apparurent au coin du couloir. Ils arrivèrent ensemble, comme l'avaient prévu Dumbledore et Pitbull. Ils portaient des vêtements sobres et noirs, et semblaient bien bouleversés comme tous les autres invités. Ils saluèrent respectueusement le personnel de la maison funéraire et rien ne laissait paraitre qu'ils détestaient les moldus et les sorciers de sang mêlé. Derrière les six adultes suivaient les trois enfants. Les deux garçons étaient massifs comme leurs pères. Quant à la fille, prénommée Pansy, elle ressemblait beaucoup à sa mère avec son corps élancé et maigre, ses fins traits du visage, son nez pointu et ses yeux verts. Elle se tenait fièrement droite, mais un sourire malin sur ses lèvres trahissait à l'occasion sa tristesse.