I'm Way Too Old

Rating : M

WARNING : Pensées de Kiku

Disclaimer : Je suis toujours en vie, mais en fait, je ne possède pas Hetalia, j'ai menti dans le chapitre précédent ...

A/N : Vous avez déjà vomi en lisant une fanfiction ? Si non, je vous conseille When the Demons claps the Shinigami-Cat. C'était la seule histoire que je n'arrivais pas à lire tellement il y avait d'horreur. Je m'y suis remis, et j'ai pleuré quand Lovino s'est enfoncé des ciseaux dans la gorge pour se couper la nuque et j'ai vomi quand les méchantes l'ont découpé pour en faire des boulettes de viande avec une sauce au sang, le tout décrit avec une précision de dingue ... Oh, et il y avait Francis qui s'épluchait le visage avec un couteau aussi, et qui s'est enfoncé la lame dans l'oeil pour le faire ressortir ...

Je ne pense pas que je pourrais écrire ces jours-ci, le chargeur de ma première tablette est cassé, et la deuxième tablette ne charge plus ...

Chapitre dix : I saw you with the Math teacher

Lorsque Gilbert avait reçu l'adresse de sa nouvelle psychologue le jour précédent, il n'avait pas réalisé que c'était derrière chez Mattie, ou plus précisément dans son jardin. Maintenant prêt à entrer dans le cabinet, il réalisait que 'Michelle Delange' était la Michelle qu'il avait rencontré la veille.

- Tu vas faire une excellente première impression, dis-moi ... lui dit Kengo qui croisait les bras.

Gilbert lui fit un doigt d'honneur et lui tira la langue. Il n'avait pas besoin d'une 'première impression', ça c'était quand on rencontrait les parents de sa petite-copine, et Matthew n'était pas son petit-copain ... malheureusement ...

Bah quoi ? Il fallait avouer que le petit était vraiment adorable ! Gilbert avait tout le temps envie de le serrer dans ses bras ... Ils n'avaient que douze ans d'écart après tout, et il existe des couples avec bien plus !

L'albinos secoua la tête pour chasser ses pensées irréalistes et ajusta son chapeau gris. Il sonna à la porte, et attendit que Michelle vienne à lui. La porte s'ouvrit sur une Michelle souriante et tendant la main à Gilbert. Elle lui demanda d'entrer et l'allemand pénétra dans la petite salle très cosy.

C'était lumineux, dans les tons beiges, et les sièges était en osier foncé. Gilbert s'installa dans l'un d'entre eux comme s'il était chez lui, et regarda Kengo s'assoir à son tour. Michelle prit place dans le fauteuil tournant en face d'eux et commença sa séance.

- Je ne m'attendais pas à vous revoir, Gilbert ...

- Moi non plus, avoua-t-il.

Michelle lui sourit gentiment et lui demanda la raison de sa consultation. Gilbert regarda le petit bureau en chêne derrière Michelle et vit que son dossier de consultation était ouvert. Ce dossier était vraiment épais, avec des notes en allemand et en anglais. Il imaginait que Michelle n'avait pu tout lire en l'espace d'une journée, surtout pour les notes en allemand ...

- Bon bah ... commença Gilbert, c'est pas un secret que je suis schizophrène ... Vous devez avoir lu que c'était différent de d'habitude ...

Michelle hocha la tête et demanda qu'il s'explique.

- Les voix que j'entends sont inoffensives, elles ne m'ont jamais rien demandé, autre que je parle avec elles, et du jour au lendemain elles disparaissent. Par contre, depuis lundi ...

Il se tourna vers Kengo qui observait un tableau puis regarda Michelle à nouveau.

- Je ... le vois ...

Michelle fronça les sourcils et serra les lèvres.

- Comment ça ? demanda-t-elle en portant son stylo à sa bouche.

Gilbert se sentait de plus en plus mal à l'aise. C'était la manière parfaite pour se faire passer pour un fou ça ... Il ne voulait pas passer pour un crétin devant la tutrice de Matthew. Il ferait mieux de partir ... C'n'était pas du tout une idée géniale d'être venu !

- Je ferais mieux de partir ... dit-il en se levant.

Michelle l'arrêta aussitôt en se dressant sur ses jambes et en plaçant sa main sur son épaule.

- Je ne vous jugerais pas Gilbert, vous m'avez l'air d'une personne parfaitement saine d'esprit.

Gilbert prit un peu de courage dans ces paroles. Qu'est-ce qu'il venait de se passer ? Le génialissime Gilbert avait voulu fuir devant la difficulté et l'embarras ? Il n'était pas un lâche ! Il reprit sa place et s'expliqua.

- Lundi passé, pendant que je travaillais, j'ai vu une personne ... Quand je lui ai demandé ce qu'il faisait là et qu'il m'a répondu, j'ai reconnu une des voix que j'entends depuis un bon bout de temps. Et donc me voilà, et Kengo, c'est son nom, est derrière vous en train de faire des grimaces ...

- Hey ! C'est mon visage naturel ! cria Kengo en boudant.

- Et ben il est moche ton visage naturel ! répondit Gilbert en levant la tête de manière hautaine comme lui seul savait le faire.

Michelle ne savait pas trop quoi dire. Gilbert était plus que sérieux quand il parlait. L'albinos passait vraiment pour un fou, surtout quand il répondait à Kengo. Michelle avait dit qu'elle ne le jugerait pas ... Elle avait plutôt intérêt à tenir promesse, sinon Gilbert irait répéter à Matthew que sa tutrice était une menteuse, peu importait si il passait pour un gamin.

La psychologue continua comme si Gilbert venait de lui dire qu'il avait été acheter du pain.

- Quand avez-vous entendu les voix pour la première fois ?

Gilbert retomba en enfance, lorsqu'il venait tout juste d'emménager au USA, en frontière canadienne.

- Je devais avoir sept ans ... commença-t-il.

Xx-Flashback-xX

C'était la première fois que Gilbert voyait autant de neige. Quand il habitait en Allemagne, les hivers étaient beaucoup moins rigoureux. Il regardait derrière lui ses pas dans la neige. Ses petites bottes rouges laissaient des empreintes profondes. Son anorak bleu marine était un peu trop large pour lui, et son écharpe rouge lui couvrait la moitié du visage. Sa tête était cachée par son bonnet qui ressemblait à un canari dont les ailes lui tombait sur les oreilles.

Sa main serrait celle de sa grand-mère. Elle était un des membres préférés de sa famille, car tout comme lui, elle était albinos. Ses cheveux étaient toujours soigneusement attachés, et son visage parfaitement maquillé. Elle avait le charme des vieilles dames, et on avait du mal à imaginer qu'elle avait vécu la seconde guerre.

Elle s'était mariée dès la fin du conflit, et avait eut deux magnifiques fils avec son mari Ludwig Beilschmidt. Le premier se nommait Ludwig, comme la tradition le voulait, car en effet, dans leur famille, le premier fils se nommait toujours Ludwig Beilschmidt. Quand Gilbert avait demandé pourquoi lui ne portait pas le prénom de son père, on lui avait répondu que c'était parce qu'il était trop différent d'eux pour porter ce prénom.

Malheureusement pour son grand-père, sa femme l'avait trompé et l'homme s'était senti obligé de divorcer. Deux mois plus tard, son nouvel amoureux, comme Gilbert l'appelait malgré le fait qu'il ne l'avait jamais connu, était décédé d'un cancer de l'estomac. Opa Lutz passait souvent voir Gilbert. Il vivait avec son second fils, Frederich, un oncle qui avait apprit des tas de choses à Gilbert.

Maintenant, près de soixante ans plus tard, Gilbert marchait dans la neige aux côtés de sa grand-mère. Ses parents lui disaient qu'elle perdait la boule, mais lui, il la trouvait vraiment géniale.

- On y est Gilbert ...

Elle lui avait parlé sans trembler. Gilbert regarda en face de lui, où une petite grotte de pierres grises ressortait sur le blanc immaculé de la neige. Elle le poussa à l'intérieur et alluma une lampe torche. La grotte était étonnamment chaleureuse. Quand Gilbert, comme le petit garçon curieux qu'il était, lui avait demandé pourquoi il faisait si chaud, elle lui avait répondu que c'était parce qu'ils étaient près d'une source d'eau chaude et qu'ils allaient s'y baigner.

Ils arrivèrent au centre de la grotte, où effectivement, un petit lac était illuminé par des pierres reflétant naturellement la lumière de la lampe torche. Sa grand mère lui lâcha la main et sorti un briquet de sa poche. Elle s'avança vers le petit lac, et Gilbert la vit allumer une bougie qui était posée sur le sol.

Elle lui demanda de se déshabiller et d'aller dans l'eau. Gilbert, qui aimait se balader tout nu, ne se le fit pas dire deux fois. Il se déshabilla entièrement et mit un pied dans l'eau qui était à température idéale. Il entra et se laissa porter par l'eau tandis que sa grand-mère allumait diverses bougies autour du lac.

- Tu n'viens pas Oma ? finit-il par demander.

Elle lui sourit et secoua la tête. Elle versa dans l'eau ce qui ressemblait fortement à un bidon d'essence qu'elle avait ramassé dans le coin de la grotte. Gilbert fronça les sourcils, si elle versait ça, alors Gilbert allait vraiment sentir mauvais ... Il la regarda verser le bidon dans l'eau tout en marchant autour du lac.

Ensuite, elle craqua une allumette, et Gilbert écarquilla les yeux. Il savait très bien ce qu'il se passait lorsque du feu et de l'essence étaient mis en contact. Il regarda l'allumette tomber dans l'eau au ralentit. Le lac prit feu instantanément.

Le petit garçon regarda sa grand-mère horrifié alors que le feu se rapprochait de lui. Il criait pour qu'elle vienne l'aider, mais elle se contenter de répéter la même phrase encore et encore.

- Acceptez ce sacrifice, offrez-moi le Don des Esprits. Acceptez ce sacrifice, offrez-moi le Don des Esprits. Acceptez ce sacrifice, offrez-moi le Don des Esprits.

Gilbert regardait les flammes avancer vers lui. Le feu changeait de couleur, et devenait violet. Il était maintenant à vingt centimètres d'être brûlé vif. Il sentait la forte chaleur du feu sur son visage, et pourtant, les larmes refusaient de couler.

Alors qu'il réalisait que sa grand-mère avait vraiment perdu l'esprit et qu'il allait mourir, il se dit que qui ne tentait rien n'avait rien. Il plongea sous l'eau pour se cacher des flammes et nagea en apnée jusqu'au bord du lac.

Lorsqu'il refit surface, il respira un grand coup et sentit ses poumons le brûler. Les flammes étaient toujours violettes et sa grand-mère avait les yeux révulsés sur la rive opposée à lui. Il réalisa ensuite que les flamme l'encerclaient, mais n'allaient pas vers lui.

Gilbert sortit de l'eau et couru hors de la grotte. Il se rendit compte une fois dehors qu'il n'avait pas de vêtement et qu'il allait être obligé de retourner à l'intérieur s'il ne voulait pas mourir de froid.

Il marcha lentement vers le lac sous terrain, et ne réalisa que maintenant que le feu ne produisait pas de fumée. Il repéra ses vêtements dans un coin et les enfila en vitesse. Alors qu'il allait de nouveau partir, il pensa à sa grand-mère.

Elle avait vraiment perdu la boule, il savait qu'elle n'allait pas bien, et qu'elle avait certainement essayé de le tuer. Cependant, Gilbert refusait de croire qu'elle avait fait cela de sa volonté. Elle était sa Oma Kuchen ! Elle lui préparait des gâteaux presque tous les jours ! Il se tourna vers elle et la vit à genoux les bras en croix, et les yeux toujours révulsés.

Il courut vers elle dans l'espoir de la faire revenir à elle et oublier le fait qu'il était parti sans elle la première fois, et encore, il était parti sans ses vêtements ...

Il s'approcha au plus près, jusqu'à ce qu'une flamme violette ne vienne enrober la vieille dame. Gilbert se recula horrifié alors que sa grand-mère criait à la mort.

Il la regarda littéralement cuire sous ses yeux sans savoir que faire et finit par se dire qu'il était trop tard. Il s'aggripa à son bonnet et courut là où ses jambes le voulaient bien. Il ne savait même pas où il allait, il voulait juste partir le plus loin possible pour oublier tout ça.

Xx-Fin du Flashback-xX

- ... Je suis arrivé dans un petit village où on a appelé la police. Dans la chambre de ma grand-mère, ils ont trouvé des manuscrits expliquant qu'elle voulait me sacrifier pour ressusciter son amant.

Michelle le regardait avec des yeux avides. Elle voulait visiblement en savoir plus, mais Gilbert voyait que la séance était terminée depuis cinq minutes déjà. Michelle n'avait pas prononcé un mot depuis qu'il avait commencé à réciter.

- Je suis parti vivre en Autriche quand mon petit frère est né, et lui, il s'appelle Ludwig ...

Son frère était vraiment né parfait. Même ses premiers cris étaient sévères ! Pas étonnant qu'il soit devenu un tel gaillard, comme son père et son grand père. Gilbert avait l'air d'un fantôme anorexique en comparaison, et pourtant, il soulevait autant que lui.

- Je suis ensuite revenu au USA pour finir mes études, et puis j'ai déménagé ici quand j'ai appris que mes parents venaient vivre au Texas. J'ai emménagé avec Ludwig, mes parents se sont cassés pour le travail et le reste, c'est de l'histoire !

Il terminait son histoire sur une note arrogante, comme il aimait le faire. C'était normal, après tout, quand on est l'être le plus génial de la planète, on avait bien le droit de s'en vanter ...

Michelle inscrivit quelque chose sur son carnet, et Gilbert fut distrait par Kengo qui essayait de toucher les cheveux de la jeune femme. L'albinos le fusilla du regard pour lui demander d'arrêter, et Kengo lui tira la langue en croisant les bras.

- C'est pas tout ça, dit Gilbert, mais la séance est terminée ...

Michelle regarda sa montre puis écarquilla les yeux.

- Je n'ai pas vu le temps passé ! Et moi qui n'ai presque rien dit ! Je pense que nous devrions fixer un autre rendez-vous pour parler de tout ça ... Ça va lundi à la même heure ?

- Je termine plus tôt le début de la semaine prochaine, on pourrait se voir vers quatorze heure ?

La psychologue vérifia dans son agenda puis hocha la tête. Une fois le rendez vous fixé, et les comptes réglés, Gilbert remercia Michelle et s'en alla.

Alors que la porte se refermait derrière lui, il repensait à toutes les théories lancées par ses anciens psychologues. Les flammes mauves étaient souvent expliquées avec son albinisme. Ils pensent qu'un choc émotionnel aurait pu changer sa perception des couleurs le temps de l'état de panique. Son stress aurait été tel qu'il ne percevait même pas la fumée. Ensuite, ils expliquaient souvent que sa schizophrénie venait du choc qu'avait provoqué en lui le fait de voir sa grand-mère brûler devant ses yeux.

Quelques fous lui disaient qu'il entendait non pas des voix imaginaires, mais bien des fantômes. Gilbert était bien trop génial pour croire aux fantômes ...

Il se mit à marcher en direction de chez Antonio dans l'espoir de le voir un peu sortir de sa cage.

Il avait besoin d'un compagnon pour aller boire un coup. Depuis qu'Antonio et Francis étaient revenus, il pouvait à nouveau se bourrer la gueule en la meilleure des compagnies. Il s'était fait des potes au Texas, mais c'était pas pareil.

Arrivé à la porte, il frappa trois coups distincts et attendit. Comme on ne vint pas lui ouvrir, il imagina qu'il n'y avait personne et allait donc tenter ses chances chez Francis.

- Attends, fit Kengo qui regardait par la fenêtre, quelqu'un arrive ... C'est l'italien gronchon ...

Gilbert se demanda comment Kengo pouvait savoir ça, après tout, il était le fruit de son imagination, non ?

- Wow, continua Kengo, il a l'air d'un zombie au réveil ...

La porte s'ouvrit bel et bien sur un italien gronchon qui le toisa avant de lui demander méchamment ce qu'il voulait.

Gilbert observa Lovino, il avait l'air d'un sac poubelle ambulant. Ses cheveux étaient en bordel, et son T-Shirt était tâché. Il portait même un pantalon de jogging !

- Bah Lovino ! dit-il sur un ton étonné, qu'est-il arrivé à ta grâce italienne ?

- Ta gueule ! hurla Lovino en lui donnant un coup de poing dans l'estomac.

Gilbert en eut le souffle coupé et fut obligé de se tenir le ventre pour se protéger d'un autre coup éventuel.

- Qu'est-ce que tu veux ? J'ai pas que ça à foutre !

- Je sais, répondit Gilbert avec un sourire narquois, tu as aussi Antonio à foutre ...

Lovino leva le pied, prêt à frapper.

- Tu veux que je te re-castre ?

- Ça va, ça va, même plus droit rigoler, putain ...

- Qu'est-ce que tu veux, enculé ? cracha Lovino en gardant son pied apprêté.

- Tonio est là ? J'ai envie d'aller boire un verre.

Lovino sembla se crisper. Il baissa ensuite le regard et le pied et Gilbert fut persuadé que ses yeux montraient de la tristesse quand il répondit.

- Non, il n'est pas encore revenu, putain ...

- Ah ... Et il revient quand ? Qui va boire un verre avec moi ?

- J'en sais rien, ducon, maintenant dégage !

Et il lui claqua la porte au nez. Il était assez émotionnel comme type ... Gilbert soupira et se passa une main dans les cheveux.

- Bon bah ... fit Kengo en s'approchant timidement de Gilbert. Moi je veux bien boire avec toi, Gil-chan ...

- M'approche pas comme ça, et fous moi la paix.

- Et arrête de parler tout seul ! hurla Lovino de derrière la porte.

Gilbert soupira et se retourna. C'est à ce moment qu'il vit Matthew dehors, avec un sac poubelle sous chaque bras. Il avait l'air d'avoir du mal à les porter. Il portait toujours son uniforme, sans doute qu'il rentrait de l'école. Et puisque Michelle était en consultation, sûrement qu'il avait prit lui même l'initiative de sortir les poubelles.

Gilbert sourit devant ce geste plus que gentil, et il traversa la rue en courant pour aller l'aider. Matthew ne vit pas l'action de la même manière et sursauta quand il vit une ombre se pencher au dessus de lui, ce qui lui fit lâcher les sacs.

- Birdie ! C'est moi, n'aie pas peur !

- En même temps, dit Kengo, tu fais peur ...

Matthew se détendit, puis se crispa à nouveau, sans doute qu'il se posait plein de questions angoissantes. Gilbert le trouvait trop mignon et avait envie de le prendre dans ses bras.

Hier soir, il lui avait envoyé plein de textos. Matthew arrivait à répondre par oui ou par non. Ce n'était pas grand chose, mais c'était de la communication, et donc du progrès.

- Tu veux que je t'aide à porter la poubelle ?

Matthew hésita, puis hocha la tête en rougissant.

- Sois pas gêné, ça me fait plaisir !

Il lui adressa un grand sourire et un clin d'oeil ce qui fit rougir le canadien de plus belle.

- Comment veux-tu qu'il ne sois pas gêné si tu le dragues ? s'indigna Kengo en s'asseyant dans l'air.

Gilbert voulait lui dire qu'il ne draguait pas, mais s'avisa pour ne pas passer pour un fou devant le doux Matthew. Et puis, c'est vrai qu'il avait un faible pour lui ... Ils s'étaient à peine parlé pourtant, littéralement. Les autres coups de coeur de Gilbert s'étaient souvent fait en une soirée. Il apprenait à connaître une fille ou un gars, puis au fur et à mesure que la soirée avançait, il voulait en savoir plus.

C'est ce qui arrivait en ce moment même, il voulait en savoir plus.

Il prit les sacs et les déposa en bas de l'allée. Il ne fallait rien précipiter avec Birdie, il était fragile. Ce n'était pas du tout comme les derniers partenaires de Gilbert. Son temps record en couple était de sept mois, et c'était au moment où il était en Autriche, quand son petit frère avait deux ans. Il avait quatorze ans à l'époque, et c'était son premier amour.

Le seul problème, c'était que c'était un garçon ... Ses parents n'auraient pas aimés ça du tout, alors Gilbert avait décidé d'y mettre fin. De toute façon, Roderich n'était qu'un gamin pourri gâté ... Il se demandait ce qu'il faisait de ses jours ... Certainement toujours en Autriche à jouer du piano ...

Il revint lentement vers Matthew qui le remercia en lui faisant un sourire et en s'inclinant légèrement vers le bas.

- De rien Birdie ! Tu remercies à la japonaise ? C'est vrai que les actes parlent plus que les mots, huh ?

Matthew lui sourit en hochant la tête. Gilbert imaginait que Matthew parlait uniquement en gestes depuis un an, ça ne devait pas être évident d'être compris par tout le monde ... L'albinos se dit qu'il passerait bien la soirée avec Birdie plutôt qu'avec Francis ...

- Ça te dit qu'on s'assoit dans l'herbe comme la dernière fois ? demanda-t-il en désignant le carré d'herbe à l'ombre en face de la maison de Matthew.

Ce dernier hocha la tête et Gilbert lui prit la main pour quelconque raison. Ils allèrent s'assoir tout les deux, et Gilbert se mit à parler de tout et de rien pendant que Matthew écoutait en hochant la tête et en riant de temps en temps. Ils se tenaient la main, et Gilbert adorait ce contact, aussi minime était-il.

Gilbert aimait le faire rire, il pouvait entendre le son de sa voix. Elle avait l'air douce et mélodieuse. Peut-être même qu'il savait chanter avant ... Il avait envie d'en savoir plus sur Matthew, mais il savait qu'il allait devoir être patient. Il avait un peu du mal avec la patience, mais il ferait un génialissime effort rien que pour Birdie.

Et un jour, l'oisillon sortira de sa coquille pour vivre sa vie.

XxXxX

Kiku ne comprenait pas vraiment pourquoi il n'arrivait pas à détacher les yeux de la scène se déroulant devant lui. Il était derrière la porte, et regardait par la serrure son frère faire des choses non-catholiques à son professeur de math, et amant M. Braginski.

En même temps, Kiku n'était pas catholique ...

C'était peut-être lié à son amour pour le Yaoi ... Il se sentait dégoûtant de regarder son frère ainsi, mais il ne pouvait pas arrêter. Il sourit même lorsque le professeur éjacula dans la bouche de son amant.

Il était un pervers, n'est-ce pas ? Il ne se pardonnerait jamais pour ça ... Il n'était pas Yong Soo ! Il avait de l'amour propre. Ce n'était pas respectueux de regarder deux personnes faire cela ! Où était passée son âme japonaise ?

- Kiku ?

Le japonais sursauta et se retourna pour faire face à son professeur de Philosophie. Il rougit plus fort qu'un sushi au thon rouge et se mit à bégayer de misérables excuses, comme il le faisait à chaque fois qu'il était gêné.

- J'espère que tu sais que c'est mal d'espionner ... Suis-moi dans mon bureau.

Kiku le suivit la queue entre les jambes. Il avait vraiment honte. Honte d'avoir aimé ce qu'il avait vu, et honte de s'être fait prendre. M. Karpusi ouvrit la porte de sa classe et le fit entrer à sa suite. Il alla s'assoir à son bureau et intima à Kiku de prendre place en face de lui.

- Pourquoi ?

Kiku baissa les yeux devant cette question. C'était une des interrogations la plus posée dans l'histoire de l'humanité. Malheureusement, il n'en avait pas la réponse.

- Je ... Je ne sais pas Monsieur ... avoua-t-il en rougissant.

- Peut-être est-ce l'amour de l'interdit ... Tu aimes ce genre de relation ?

La question mit Kiku mal à l'aise. Il n'avait jamais réfléchit à cela. Ce genre de relation ne devait pas être désagréable, après tout, c'était parfaitement légal au Japon. Une de ses cousines s'était fiancée à son professeur alors qu'elle était encore en primaire. Cependant, Kiku ne pensait pas que c'était très sain comme type de relation.

- Je ne sais pas Monsieur ...

Herakles se leva et alla s'assoir sur le banc de son élève. Kiku baissa les yeux. M. Karpusi vint lui ébouriffer les cheveux en riant.

- Il semblerait que tu aies du mal à penser par toi même ... Qu'est-ce que tu fais à l'école un mercredi après-midi ? Tu sais qu'il n'y aurait que des professeurs, les élèves en retenue et ton frère, non ? Tu penses que ton inconscient voulait que toi aussi tu rencontres un chouette prof dans les couloirs ?

Kiku ne montra aucune émotion, mais se mit à réfléchir. Si c'était son inconscient, alors il n'avait pas pu réaliser qu'il voulait ce genre de relation ... Mais ... Mais non ! Kiku était resté juste pour pouvoir voir son frère, aussi honteux était-ce ! M. Karpusi entrait dans sa tête ici ! Il le manipulait ! Kiku ne voulait pas ce genre de relation, non, ça ne pouvait être vrai !

- N-Non, j'étais venu pour Yao, rien de plus ...

- Tu en es sûr ?

M. Karpusi était maintenant penché au dessus de lui, un peu trop proche à son goût. Kiku déglutit, ne sachant trop comment réagir. Il garda son regard planté dans la table sans bouger ni répondre.

- Kiku ? demanda son professeur en plaçant ses doigt sur le menton de son élève pour remonter son visage vers lui.

Le japonais rougit devant cette proximité. Ce n'était pas ce qu'il voulait ... Non ... Mais son corps ne répondait plus, il fixait les orbes émeraudes de son professeur, comme hypnotisé.

- Je pense, dit M. Karpusi, que tu sais que c'est parfaitement légal au Japon ...

Il approcha son visage du sien, de tel que leur fronts se touchaient et que Kiku pouvait sentir son souffle chaud caresser ses lèvres. Le japonais était entièrement absorbé par l'aura de son professeur. Leurs lèvres se rapprochaient, comme magnétisées.

Puis d'un coup, Herakles le lâcha et se leva. Il retourna à son bureau et s'assit. Kiku restait là, bouche bée, sans vraiment réaliser ce qu'il venait de se passer. Il avait été a deux doigts d'embrasser son professeur de Philosophie. Professeur qu'il n'avait eu que deux fois en cours ...

Il rougit et se leva en tremblant. Il se précipita vers la sortie, mais au moment où il allait partir, M. Karpusi l'interpella.

- Si tu veux, tu peux revenir demain ...

Kiku ne répondit pas et s'enfuit dans le couloir. Il courait à toute allure, refusant de ralentir ou de regarder derrière lui. Il gardait son regard sur ses pieds, si bien qu'il ne vit pas l'obstacle dans lequel il rentra et qui le fit se retrouver sur les fesses.

- Regarde où tu marches, chinois de merde !

- Excusez-moi, je suis vraiment désolé !

Kiku se releva en tremblant et regarda le garçon qui venait de l'insulter. Il était blond et avait des lunettes. Ses vêtements paraissaient trop grands pour lui, et il avait une mèche de cheveux rebelle que Kiku avait envie de peigner.

Il avait déjà vu cette mèche, mais c'était il y a si longtemps ... Il vivait encore à la frontière canadienne à cette époque. Il plissa les yeux pour observer plus attentivement les traits de l'américain, et ouvrit la bouche comme un poisson en réalisant de qui il s'agissait.

- A-Alfred-kun ?

Alfred fronça les sourcils, puis écarquilla les yeux à son tour. Il sourit jusqu'aux oreilles et lui donna une tape amicale dans le dos.

- Kiku, putain ! C'est trop dingue, mec !

Le japonais se crispa un peu au langage d'Alfred. Il se souvenait d'un petit garçon qui déclarait que "les gros mots c'est pas héroïque du tout !", et là, il faisait face à un véritable homme. Le changement était frappant.

- Qu'est-ce que tu fous ici ? demanda Alfred en plaçant son bras autour des épaules de Kiku et en conduisant à travers les couloirs.

- Je suis élève ici, dit Kiku en essayant de marcher au même rythme qu'Alfred.

C'était incroyable qu'ils se soient retrouvés, en maternel, et en primaire, ils avaient été inséparables, eux deux, ainsi qu'Elizaveta, mais elle était parti un été en Autriche et n'était jamais revenue.

- Tu vis ici avec ta famille ? demanda Alfred.

Kiku cessa de marcher et regarda le sol.

- N-Non, ils sont décédés récemment ... dans un accident de voiture.

Ce n'était pas la vérité, mais Alfred n'avait pas besoin de la connaître. L'américain s'arrêta lui aussi avant de donner ses condoléances.

- Hey, ça te dis qu'on aille bouffer ensemble ? Je t'invite !

Kiku n'allait qu'en même pas refuser un repas gratuit ! Bien que connaissant Alfred, ce serait certainement dans un McDo ou un KFC ... Il hocha la tête et offrit un sourire timide.

XxXxX

Kiku était de retour chez lui. Alfred l'avait bel et bien emmené au Mc Donald, et le japonais avouait qu'il avait déjà faim ... Mais bon, cela lui avait fait plaisir de rattraper le temps perdu avec son ancien meilleur ami. Ils avaient échangé leur numéros (de fixe pour Kiku qui n'avait pas de portable), et Alfred l'avait même invité à dormir chez lui le samedi qui venait.

A peine Kiku entrait-il dans la cuisine que Yao l'engueulait déjà, assit sur la table. Il était en pyjama, et avait les bras croisés et un regard sévère.

- Où t'étais, aru ?!

Kiku se crispa, et répondit immédiatement.

- Avec Alfred Jones, monsieur.

Yao écarquilla les yeux et se leva d'un bond. Il pointa son doigt agressivement vers Kiku qui recula d'un pas en levant les mains en signe de paix.

- Qu'est-ce que tu faisais avec ce type, aru ? C'est une petite brute homophobe et manipulatrice !

- Quoi ? Pas du tout !

Kiku n'avait pas du tout cette image d'Alfred. Pour lui, il était un garçon hyperactif avec un égo surdimensionné et un complexe de héros, rien de plus, rien de moins. Il ne pouvait quand même pas être homophobe, pas de ce que Kiku se souvenait ... Alfred lui avait même dit étant enfant qu'il voulait ce marié avec son babysitter anglais ...

- Je t'assure, aru ! Alfred est un connard qui tabasse les plus petit que lui, et t'y passera sans doute !

- Je ne te crois pas, répondit Kiku en gardant un visage neutre.

- Tu ferais mieux de me croire, aru ! Il compte te casser la gueule !

Kiku fronça légèrement les sourcils. Il n'y croyait pas du tout, Alfred n'était pas comme ça, il lui avait même payé un repas.

- Non, Yao, je suis désolé de te contredire, mais il est un ami d'enfance, je le connais depuis plus longtemps que toi. Maintenant excuse-moi mais-

SBAF!

Yao lui mit une claque phénoménale et Kiku resta bouche bée devant l'action.

- Arrête Kiku ! C'est pas toi qui te faisais frapper tous les jours l'année passé par son petit gang, aru ! Je sais ce que je dis ! Fais-toi pousser une paire, et arrête de te voiler la face, aru !

Le japonais avait la main sur la joue, le visage neutre. Yao n'y voyait aucune émotion. Kiku se mit à marcher en direction de la chambre commune, et au moment de quitter la pièce, il se retourna pour adresser une dernière parole à Yao, car il ne comptait pas lui reparler de sitôt.

- Je t'ai vu avec le prof de math.

A/N : Je n'm'attendais pas à autant de pages ... Je suis vraiment triste que presque plus personne ne review cette histoire ... Les reviews, c'est du carburant pour les auteurs ! Au moment où je retrouve ma Muse, j'ai l'impression que les gens se lassent de ma fic :'(

J'espère que je ne fais pas trop pitié ...

Sans mon carnet, je ne sais plus où les personnages ont vécu avant de venir au Texas ... Dans ce chapitre, Gil était aux USA, mais peut-être qu'il était au Canada enn fait ... C'est compliqué de rester logique ! C'est pour ça que j'écrivais du crack avant. Si j'me plantait, c'était juste drôle ...

Review plz ? :3