-Tu vois, ce n'étais pas compliqué, fit remarqué Ryuga en donnant un coup de jet sur le corps de son protéger. Maintenant on va regarder les blessures, les soigner. Puis on en reparle plus. D'accord ?
Habitué à ce petit silence, le grand, déjà hors de la baignoire, prit un peignoir qu'il mit sur lui, et un autre qu'il posa sur les épaules du chat. Pour le mettre en confiance, il laissa ouvert le sien, dévoilant tout son corps.
-Assis toi là, il désigna le rebord du bac. Je vais regarder tout ton corps pour être sûr qu'il n'y a rien d'infecté. On ne sait jamais.
Avec l'étonnant accord du petit chat, il commença son examen, et remarqua qu'il y avait également de gros hématomes sur le corps du brun, des hématomes aux couleurs étrangement bleutées, violacées, rougies par la chaleur. Qui avait bien pu le battre ainsi ? Avec une telle force ? Voir même une telle répartition ? Et s'il n'y avait que ça ! Certaines marques laissaient fortement pensées qu'il avait même subit des agressions sexuelles.
Au final, il trouva deux entailles ensanglantées, probablement dû au moment où il l'avait poussait sur le sol. Et il n'avait rien dit… Toutes les autres plaies semblaient vielles de déjà un mois, sans croutes, sans infections. C'était déjà bien.
-Johannes, quand tu as mal, tu dois le dire.
-D'accord.
Ryuto et Johannes étaient prés à partir se promener, le chat dans ses habits neufs, lui allant très bien. Il semblait aller mieux d'ailleurs. Enfin, au moment de partir, il eu une soudaine remontée de…. Stresse ? bien qu'il fut prés de la porte déjà ouverte, le brun fit demi tour pour se collé à Ryuga.
-Qu'est ce que t'as maintenant ?
Aucune réponse, mais il serra d'avantage son emprise sur le chef de gang.
-Ryuto, tu fais bien attention, tu vas bien dans les endroits les plus fréquentés, Hikaru te rejoindra.
-Oui, t'inquiète frérot.
-Johannes, vas avec lui, j'ai des trucs à faire, il le décrocha de lui, le retourna et le poussa par les épaules. Aller !
Ainsi, il le poussa dehors, lui et son frère, et prit soin de refermer la porte. Bien sûr, il n'était pas serein de faire cela, mais bon, il devait parler avec sa mère, celle-ci lui avait expressément demandée, et il devait mener des recherche sur Johannes, sans que celui-ci ne soit au courant.
-Et donc, m'man, tu voulais ?
-Viens t'assoir.
Elle alla sur le canapé et son fils la suivi pour faire de même.
-Que comptes tu faire de ce garçon ? demanda t elle directement.
-Je… ne sais pas vraiment.
Ils se regardèrent droit dans les yeux, puis il reprit.
-Il y a de fortes chances que es parents le battaient, et qu'il a donc fugué. Il s'est retrouvé à Kiers rapidement, puis ici. Si on suit la trajectoire qu'il a fait, on a un rayon assez petit autours de Kiers, il marchait, après tout. Et ça devait être dans un endroit reculé, il connait rien de la ville, même de ce qui est le plus simple.
-Et retrouver ses parents t'avancerait à quoi ?
-à porter plainte contre eux ! Apres la police se charge du reste.
-Et après il sera placé en foyer, puis en asile psychiatrique, vu son état instable.
-Je ne veux pas ça…
Il baissa les yeux vers le sol, l'air grave, réfléchissant. Seulement, sa mère continua dans ses explications.
-Tu aimes ce garçon. Non ?
-…Oui…
-Tu crois qu'il peut l'accepter, après ce qu'il a enduré, qu'elle solution te semble la plus juste ?
-Il mérite de vivre dans un milieu comme le notre. Il aime être ici, il demande tout seul à rentrer, il parle bien avec Ryuto, ils se sont acceptés, et m'apprécie aussi, et toi aussi… alors…
-Ce n'est pas un enfant. Ryuga. Johannes est grand. Et je ne peux pas me permettre d'avoir un enfant de plus. Tu sais que nous sommes déjà justes chaque mois, je travaille beaucoup, je ne suis jamais présente et…
-Je f'rais des efforts ! Je vais mieux maintenant ! A-Atsui… Atsui est derrière moi. Je vais chercher un travail et gagner de l'argent. Johannes n'aura qu'à rester à la maison.
-Ce n'est pas légal.
Le garçon, qui était un peu colérique avant, devint soudainement triste. L'idée de devoir se séparer de Johannes par ce que l'Etat ne l'accepterait pas… Par ce que sa mère avait du mal à subvenir à leurs besoins… C'était si dur pour lui, de ne rien pouvoir faire pour ce gamin perdu. Que pouvait il faire ?! Qu'est ce qu'il pouvait faire ?!
-Ryuga, réfléchit juste à la question. Nous en reparlerons.
-Ok…
Toujours attristé, il s'en alla dans sa chambre. Cela lui rappela l'époque où il y avait passé ses journées entières, dans cette chambre, entouré de quatre murs, et pourtant toujours au aguets. Il était mort de trouille à l'époque. Une époque pas si vieille…
C'est en milieu d'après midi qu'il passa ses coups de fils. Il demanda à sept personnes de se renseigner sur les enfants disparut dans le secteurs de Kiers, de chercher d'où venait ce « Nike », et de se tenir vigilant face à cet individu. Il ne devait pas mettre les pieds en ville. Ni ce « Nike », ni un autre homme soupçonné de trafics illicites. Ainsi, l'opération « peigne fin » devait débuter le soir même, Ryuga à la tête, mais cela nécessité des préparatifs, et donc moins d'attention pour les Watarigani, mais cela, Ryuga ne s'est méfia pas.
Il ne s'en méfia, qu'à partir de cinq heures, où il essayer de joindre Ryuto, et personne ne répondait. Il envoya des textos à Hikaru, et celle-ci répondit que tout allait bien. Mais arrivé à six heure, que les deux n'étaient pas rentrés, et que la jeune fille ne répondait plus, l'aîné fut prit de panique. Mais avant même qu'il puisse prévenir ses bras droits, il reçut un appel.
-allo ?
-Atsuka, mon cher Atsuka… Il semblerait que tu es égaré quelque chose.
-WATARIGANI ?! QU'EST-CE QUE TU LEUR A FAIT ?!
Ryuga avait déjà enfilé sa veste et sortait de sa chambre en trombe.
-Je n'ai rien fais encore. Mais si tu viens avec quelqu'un, il y aura des répercutions !
Alors qu'il ouvrit la porte de l'appartement, sa mère lui demanda ce qu'il se passait. L'expression sur son visage suffisait à faire comprendre qu'un drame se préparait. Il ne répondit pas et ferma la porte, sachant sa mère déjà en pleure à l'intérieur. Mais il n'avait pas le temps !
-Qu'est ce que tu veux ?!
-C'est évident ! Je veux tes droits ! Tu vas venir signer des trucs, de la manière officielle. Apres tout, certains bâtiments t'appartiennent vraiment. Puis tu effaceras chaque marque de ton territoire, et tu les remplaceras par les miennes.
-Où es tu ?!
-Qu'il soit clair ! Si tu amènes quelqu'un, ton frère le premier le payera !
-Où-es-tu ?!
-Le cul de sac de ta première rencontre avec…
L'appel coupa. Et il n'arrivait pas à le rappeler ! Fou de rage, il marcha à vive allure. Un cul de sac ? Il n'y en avait pas trente. Sa première rencontre ? Il avait rencontré le frère de Watarigani dans un cul de sac, mais celui-ci se trouvait tous prés, et une fois passé devant, il ne s'agissait pas de celui-là. Il ne restait plus que celui où il avait trouvé Johannes. Il prit son portable.
-Kyo ! La rue du tueur de chat ! Tu vois c'est quoi ?!
-Hein ? Ouai. Pourquoi ?
-Trouve le moyen de passer sur les toits, ou l'immeuble, le plus discrètement possible. Mon frère et Johannes sont retenus dans le cul de sac par l'autre enflure !
-Je ne t'ai jamais connu aussi énervé… Je fais tout ce que je peux ! On a quelqu'un qui habite là-bas ! Je ne te ferait pas fau bond !
Kyoya allait se charger du reste, il savait comment faire, et ce n'était pas la première fois. Ainsi, Ryuga arriva vite à la rue en question. Il lui fallait gagner du temps. Un maximum de temps, mais… Si il décidait de blesser… ! Il prit donc une allure plus docile, plus lente, lui donnant un air dominateur. Il reprit son expression si sérieuse, si redoutable. Et il tourna dans la rue. Il faisait sombre. Mais il vit ses deux protégés attachés autours d'un poteau, attachés par une corde. Devant eux, Watarigani se montrer prétentieux, et ses larbins, dix en tout, lui servait de fond.
-Ryuga ! s'écria son jeune frère. Je suis désolé ! J'ai fais ce que m'as dit ! Mais ils… !
Un gars lui mit une claque qui le fit taire. A côté, Johannes ne disait rien, tête baissée, on ne voyait pas son visage, voir même, Ryuga craignait l'avoir déjà perdu.
-TU VAS CREVER ENFLURE ! S'époumona le plus grand des chefs. RELACHES LES TOUT DE SUITE !
-Chaque chose en son temps ! Pose sur le sol toutes tes armes !
-Tu vas le payer, connard. Tellement fort que t'en crèveras !
-Tu ne feras jamais cette erreur.
Il marquait un point. Ryuga ne tuerait jamais personne. Il se l'était interdit. Et Watarigani le savait. Il bouillonnait de l'intérieur, tellement furieux, emplit de haine ! Puis le garçon aux cheveux verdâtres lui balança un dossier à ses pieds, avec un stylo.
-Signes ses papiers et j'en libère un.
-C'est quoi ?!
Il prit les deux objets et ouvrit le premier. Trois feuilles stipulaient qu'il donnait ses droits sur certains bâtiments. Il devait seulement signer ses papiers.
-Reste à savoir lequel tu veux libérer d'abord ! Après tout… L'autre pourrait subir des retombées !
-Tu ne vas rien gagner de toute manière. Tu crèveras la bouche ouverte, tel un vers asséché sur la route.
-Joli métaphore. A chaque insulte, j'en frappe un !
Sur ces mots, Johannes reçut un coup de pied dans l'épaule. Cela sembla le réveiller, car il leva les yeux vers Ryuga. Ce dernier resta figé face au regard que lui lançait le brun. Emplit de pitié, de peur, de rage… Un mélange de tant d'émotions ! Il souffrait ! Puis Johannes se mit à se débattre, les bras collés au torse, attaché au poteau avec la même corde que Ryuto. Il tira sur ses liens, tira et tira, tel un fou furieux, criant, hurlant.
- Ce mec ne va pas bien ! Frey, remet lu iles idées en place !
Mais avant que le gars en question ne bouge, le brun se releva d'un coup sec, toujours attaché au poteau, tirant Ryuto qui manqua d'air, serré, compressé.
-Johannes… ! Réussit il a dire.
Ryuga se ressaisit, puis que l'autre allait le frapper.
-Johannes, arrêtes !
Ce dernier arrêta de bougé, et se laissa glisser au sol. Ryuga avait crié son nom d'une manière rassurante pour lui. Comme ci il voulait dire « je suis là, ne t'en fais pas, je vais te sauver ». Alors il abandonna ses vains efforts, au bonheur de l'autre qui pu enfin respirer.
Atsuka prit le stylo et signa une première feuille.
-Tu vas avoir de répercussions pour ce que tu as fais aussi, Watarigani.
-Jamais. Tu n'en es pas capable.
Il signa une deuxième feuille.
-Tu oublies une chose.
-Laquelle ?
Il signa la dernière. Tendit le dossier au l'autre, éloigné de trois mètres, pour qu'il vienne le chercher.
-Je ne suis pas seul.
Un sourire au visage, il eu vite fait de prendre un briquet et mettre le dossier dans la flamme.
-Qu'est ce que… ?!
En une fraction de seconde, des déflagrations bruyantes s'abattirent sur eux. Ce fut l'effet de vingt paquets de pétards allumés et jetés par les fenêtres des immeubles entourant la ruelle sans issue. Puis il y eu des coups de fusils à billes. Une pluie de ces billes, plus grosses que d'habitude, s'abattis sur les malfrats. Le dossier avait brulé, et Ryuga avait prit le temps de rejoindre son ennemi à fin de lui assener de violents coups de poings, le forçant à tomber à terre. Derrière Ryuga, une dizaine de personnages apparurent, dont Kyoya, Nile et Benkei. Ce fut un assaut général, qui cessa rapidement, car une voiture de police arriva sur les lieux.
Ryuga accourut sauver les siens, attachés à ce poteau. D'un coup de couteau il élimina la corde et les libéra. Ryuto lui sauta au cou, en larme, ne cessant de répéter pardon. Johannes s'était recroquevillé, tremblant. L'ainé les prit tous deux dans les bras, les serrant très forts. Les réconfortant.
-Apres ta sœur, c'est toi ! Qu'est ce que vous avez à vous foutre sur la gueule ?! Hein ?! S'énerva le commissaire en face de Ryuga et des deux autres, kidnappés plus tôt.
-ça n'a rien à voir avec ma sœur !
-Non. Ta sœur n'a pas eu la chance de s'en sortir, ni l'autre d'ailleurs !
Le chef de gang eu une pointe au cœur. Si mal… Il avait si mal…
C'était un an plus tôt que sa grande sœur, Atsui, héritière et gouvernante du gang, avait répondu à la déclaration de guerre de l'autre gang. Jusqu'à présent, il n'y avait jamais eu de tricheries, c'étaient des combats loyaux, à coups de poings au maximum. Jamais il n'y avait eu une arme. Des blessés, oui, ça arrivait. Mais jamais des morts.
Cette fois là, Atsui l'avait pressentit, et prit même une arme blanche avec elle, au cas ou… Elle accepta que Ryuga vienne, en tant qu'héritier potentiel. Elle l'avait emmené vers le lieu de l'affrontement, suivit de tout le reste du gang. Seulement, il y eu une embuscade. Le gang Watarigani avait rusé, et triché. Le gang Atsuka fut écrasé en parti, mais voyant que cela ne suffisait pas, le grand frère du chef actuel, ou presque, des Watarigani prit sa propre arme blanche et la pointa vers la jeune fille. Ryuga, interdit de combat, se donnait quand même contre les autres, assez doué en sports de combat. Il eu le temps d'apercevoir le frère assener de grands coups à sa sœur, puis, le poignard s'enfonça dans le corps d'Atsui. Il se rappelait encore du bruit qu'avaient fait les côtes en se cassant. Atsui donna le même coup à son adversaire, déjà consciente qu'elle périrait dans cet affrontement.
Une semaine plus tard, les deux moururent.
