[Note de l'auteur] Salut les amis ! Oui, je sais, j'avance lentement mais sûrement. En plus j'ai la fâcheuse manie d'écrire les chapitres dans le désordre, et après il faut les recoudre les uns avec les autres... Pas toujours facile. Voici donc un petit chapitre-charnière, bon, on ne va pas bien loin pour l'instant, mais on avance ! J'espère qu'il vous plaîra quand même !

Merci à toutes les personnes qui me laissent des reviews, j'apprécie vos commentaires et vos encouragements ! C'est grâce à vous que je m'efforce de poster "régulièrement".


Le défi 300G

Bulma avait sans surprise retrouvé Yamcha et Pua'r dans la cuisine en train de se confectionner des sandwichs en vidant le frigo de tous les ingrédients potentiels qu'ils y avaient trouvés (surtout pour le sandwich de Yamcha d'ailleurs). Le débat s'était immédiatement engagé, concernant notamment les bonnes manières et la pertinence de mettre du riz dans un sandwich, mais surtout sur le danger que représentait la présence de Végéta sur Terre, et à fortiori dans leur maison en tant qu'invité.

C'est à cet instant que retentit la détonation.

Tous trois accoururent dans le jardin pour y découvrir une silhouette sombre à la coiffure en forme de flamme s'envoler et disparaître à l'horizon. À l'endroit où elle s'était trouvée une seconde plus tôt, on pouvait apercevoir un petit bâtiment en forme de dôme au milieu de la pelouse, qui d'ordinaire possédait une porte à la place d'un trou béant et fumant sur une partie du mur.

« Papa ! » S'écria Bulma en s'élançant vers ledit bâtiment qui n'était autre que le laboratoire de son père. « Papa tu vas bien ? »

À son grand soulagement, elle découvrit à l'intérieur son père calmement installé dans sa chaise derrière son bureau, regardant d'un air pensif le ciel à travers le trou ouvert dans son mur. Seul le chat ébouriffé entre ses mains témoignait d'un récent état de stress. Monsieur Briefs n'en laissait d'ailleurs déjà plus rien paraître : « Oh ! Tu tombes bien Bulma ! Ton aide pourrait bien m'être utile. J'envisage de renforcer l'algorithme de simulation de gravité du simulateur de gravité pour simuler la gravité dans le vaisseau-capsule que nous a rapporté ton invité.

-Le quoi ? Attends, c'est Végéta qui t'a demandé ça ?

-Oui, ils sont fascinants ces saiyans. Apparemment ils ne reculent devant rien pour repousser leurs limites...

-Bulma, railla Yamcha, tu me disais que ce danger public est sous contrôle, c'est bien ça ?

-Oh laisse-moi deviner, continua Bulma sans prêter attention à son petit ami, il veut que tu augmentes la puissance du simulateur de gravité dans le vaisseau à 100G comme tu l'as fait pour Goku, c'est ça ?

-Non, répondit son père. Il veut tripler cette puissance.

-QUOI ? Mais il est fou !

-Vous n'allez tout de même pas faire ça n'est ce pas ? S'inquiéta Yamcha.

-Pas seul j'espère, répondit calmement monsieur Briefs. C'est beaucoup de travail et notre invité semble assez impatient... Il va falloir ré-arranger le câblage pour supporter plus de charge énergétique et les maintenir hors du champ de gravité artificielle, et aussi revoir l'algorithme de simulation...

-Papa. L'interrompit Bulma. Il ne t'a pas menacé dis-moi ?

-Moi ? Noooon ! Il est simplement fasciné par nos inventions, ce brave jeune homme. Nous devrions en être flattés ma fille !

-Et ce trou dans le mur alors ? C'est quoi ?

-Oh, il est juste un peu impulsif on dirait... Alors, tu m'aideras ? »

Bulma soupira. Son père avait déjà pris sa décision apparemment, et une fois encore, Végéta semblait avoir respecté son engagement de ne blesser personne... Même s'il semblait vouloir laisser des traces derrière lui, comme pour leur rappeler à tous qu'il était préférable de ne pas le contrarier... Elle essaierait de lui en parler quand elle le verrait de meilleure humeur...

« Au fait, Bulma ? Demanda son père.

-Oui ?

-Dis-moi, que penses-tu de cette vue ? Je pourrais peut-être réparer ce mur en y installant une baie vitrée, tu ne crois pas ? »

oooooo

Trois jours furent nécessaires à Bulma et à son père pour réparer la capsule spatiale et l'adapter pour un entraînement sous une gravité de 300G. Sur ces trois jours, Végéta passa tous les soirs à Capsule Corp, allait directement voir monsieur Briefs pour lui demander où en était l'avancement des travaux, puis mangeait et disparaissait à nouveau. Son passage était si fantomatique que, sans les baisses dans les niveaux de provisions, Bulma n'aurait pas su qu'il avait été là. Quoiqu'il en fut, elle avait autre chose en tête pour le moment que de s'en offusquer. Il avait probablement juste trouvé un endroit tranquille pour commencer son entraînement en attendant la finition de la salle de gravité, généreusement mise à disposition par les géniaux inventeurs de la Capsule Corporation.

Yamcha, par contre, avait choisi le jardin.

Le jardin où il piétinait immanquablement les fleurs de sa mère. Le jardin d'où Bulma l'entendait lancer ses kiaï à longueur de journée, cognant inlassablement un ennemi invisible. Le jardin où toutes les filles passant dans la rue pouvaient le voir et s'arrêter pour l'admirer. Parce que non, bien sûr, il ne s'était pas installé dans le fond du jardin à côté de l'arbre. Il avait choisi là où étaient les roses fragiles et les jolies idiotes qui roucoulaient après lui à longueur de journée !

Le nez dans les câblages qu'elle était en train de relier, Bulma soupira. Tout le monde était de mauvaise humeur, mais Yamcha ne faisait rien pour améliorer la sienne ! Elle avait bien compris qu'il manifestait son mécontentement parce qu'il la jugeait responsable de la présence stressante de Végéta dans la maison, et qu'il lui en voulait d'être en train de travailler sur une machine d'entraînement pour cet assassin plutôt que pour son propre petit-ami.

Elle avait, bien entendu, proposé à Yamcha de lui mettre en place sa propre salle d'entraînement rien que pour lui dès que l'amélioration de la capsule de gravité serait terminée. Mais il avait refusé, prétextant ne pas vouloir utiliser les mêmes méthodes d'entraînement qu'un tueur en série. Car voyons, il y avait une différence fondamentale de combat entre l'ancien bandit du désert et le tueur de l'espace : le premier avait autrefois frappé pour voler des objets pour lui, le second avait frappé pour tuer des gens pour d'autres. (Et accessoirement, ce dernier menaçait de rechuter dans cette activité.) Pour Bulma, cela ne faisait pas une grande différence tant qu'aucun des deux ne cherchait plus à frapper ni elle ni ses amis.

Les discussions incessantes sur ce sujet avaient conduit Bulma et Yamcha à un état de tension quasi-permanent, qui transformait chaque interaction en dispute. Au bout de trois jours, ils en étaient tous deux arrivés à la même conclusion et évitaient simplement d'engager la conversation l'un avec l'autre, et chacun dormait dans sa chambre.

Mais Bulma s'en moquait bien. Elle avait tout ce dont elle avait besoin pour s'occuper : un défi technologique et l'agréable conversation de son père. Ils avaient trop rarement travaillé à deux ces derniers temps, ainsi, bien que la demande du saiyan ne se soit adressée qu'au vieux scientifique, elle était heureuse de pouvoir lui apporter son soutien, et se sentait même valorisée que son génie de père lui ait demandé de l'aide.

Non, clairement, elle n'avait pas besoin de bien s'entendre avec son m'as-tu-vu de petit ami, et encore moins avec ce maniaque de combat qui osait s'opposer à ses idées de génie pour l'unique raison qu'il veut se battre, mettant ainsi toute la Terre en danger en laissant un psychopathe œuvrer en liberté. Quels inconscients ces hommes ! Et bien entendu, dans trois ans, qui viendraient-ils supplier d'inventer une machine géniale pour sauver leur peau et réparer leurs erreurs ? Bulma ! Celle que l'on n'écoute que lorsqu'on n'a plus le choix ! Ah ces maudits guerriers avec leur satanée fierté !

Un arc électrique traversant la chambre de gravité en maintenance interrompit net le fil de ses pensées. Oups. Songea-t-elle en réalisant qu'elle avait inconsciemment passé ses nerfs sur les malheureux câbles électriques qu'elle était censée réorganiser.

« Si ton but est de me tuer, femme, il faudra une décharge un peu plus puissante que ça. » Lança une voix moqueuse derrière elle.

De stupeur, Bulma poussa un cri, arracha trois des câbles qu'elle avait si patiemment soudés et se cogna la tête sur le bord de la trappe de maintenance dans laquelle elle travaillait. Se tenant la tête, elle s'assit au sol pour se retourner et faire face à l'étranger : « Végéta ! Non mais ça va pas la tête ? Qu'est-ce qu...

-Ma tête va très bien, railla la silhouette parfaitement reconnaissable malgré le contre-jour dans l'ouverture de la porte, la tienne par contre a l'air bien amochée.

-Ah non ! Tu ne vas pas te mettre à faire des blagues pourries toi aussi hein ! J'ai bien assez de Yamcha pour ça ! Et puis c'est ta faute si je me suis cognée ! Qu'est-ce que c'est que ces manières de surgir derrière les gens comme ça ? J'aurais pu me faire bien plus mal !

-Humaine, ça fait dix minutes que je suis là. Je n'y peux rien si tu n'es même pas capable de percevoir ni mes bruits de pas, ni mon odeur, ni la baisse de luminosité dans la pièce, ni mon ki.

-Eh bien, soupira Bulma en frottant l'arrière de son crâne, tu pourrais au moins avoir un peu de considération pour cette humaine qui te nourrit, te loge, qui aide à te fabriquer une machine d'entraînement et dont tu n'es même pas capable de retenir le nom. » Intérieurement, elle jura de se fabriquer un radar à ki dès qu'elle aurait du temps libre.

« Je ne retiens pas les noms des gens insignifiants, répondit le saiyan. Maintenant, je ne suis pas venu ici pour discuter avec toi, je suis venu voir comment avançaient les travaux. Mais apparemment tu t'es débarrassée du vieux pour pouvoir saboter mon vaisseau.

-Eh surveille ton langage, monsieur-le-saiyan ! Rouspéta Bulma en se relevant laborieusement et posant les mains sur les hanches. Déjà, tu n'appelles pas mon père le vieux. Ensuite, puisque tu le demandes si gentiment, les travaux avancent bien, et comme mon père te l'a dit hier, tu pourras utiliser la chambre de gravité dès ce soir. Il est en train de finaliser la programmation de la synchronisation des répercuteurs de gravité qu'on a dû installer pour atteindre le niveau de gravité délirant que tu as demandé. Et moi je ne suis ni insignifiante, ni en train de saboter notre œuvre d'art, je suis en train de relier les répercuteurs au système central ! On dit merci !

-Tu fais des étincelles. » Constata-t-il d'une voix neutre.

Pendant une fraction de seconde, Bulma crut qu'il s'agissait d'un compliment, avant de se rappeler de l'arc électrique. « Ah non non et non ! S'écria-t-elle. Pas de jeux de mots ! Plus de jeux de mots ! Je hais les jeux de mots !

-Quels jeux de mots, humaine ? S'énerva Végéta. Tu dévies le sujet !

-Hein ? Balbutia-t-elle après un long silence. Tu... Tu ne l'as pas fait exprès ?

-Fait quoi exprès ?

-OK, concéda Bulma, laisse tomber alors. Qu'est-ce que tu as voulu dire ?

-J'ai voulu dire ce que j'ai dit : comment est-ce que tu justifies le fait que tu sois en train de créer des étincelles dans mon vaisseau alors que tu es censée le réparer ?

-J'ai bougé un câble un peu trop fort. Expliqua-t-elle. Rien de gr...

-Bougé un câble un peu trop fort ? Humaine, tu imagines à quoi peut ressembler un entraînement à une gravité de 300G ? Sérieusement tu essayes de m'électrocuter !

-Non mais c'est pas vrai ! S'exclama-t-elle en pointant vers lui son fer-à-souder d'un air accusateur. Tu es le pire parano que j'ai jamais rencontré ! J'ai autre chose à faire de ma vie que de planifier des petits meurtres vicieux et sans intérêt ! Je suis en train de te rendre service en aidant mon père pour que tu aies ta machine de torture plus vite, et toi tu m'accuses ! Pour ton information, de un : les câbles font des arcs électriques parce qu'ils ne sont pas encore fixés, et c'est ce que j'étais en train de faire. Et de deux : on a justement conçu ce pylône central pour y faire passer les câbles en zone hors gravité et amortie. Donc à moins que tu ne fasses exprès de mettre un grand coup de poing là-dedans, tu ne cours aucun risque. Et maintenant, si tu n'es pas content, je m'en vais fabriquer une salle d'entraînement à mon adorable petit-ami, et tu attendras ta chambre de gravité plus longtemps ! C'est clair ? »

Son interlocuteur resta un instant silencieux, mais elle devinait son froncement de sourcils : il était probablement à nouveaux en train d'essayer de déterminer s'il pouvait croire ses paroles ou s'il devait rester méfiant. Puis il reprit d'un air moqueur : « Ton adorable partenaire n'a pas besoin d'une salle d'entraînement puisqu'il ne s'entraîne pas. Et ce n'est certainement pas ce minable qui réussira à défendre ta planète contre des robots plus forts que Frieza. Donc tu...

-Comment ça il ne s'entraîne pas ? S'étonna Bulma en tendant l'oreille. Comment tu peux savoir ça, toi, tu es parti toute la journée ! Yamcha n'a peut-être pas le même niveau que toi, mais il s'entraîne dur tu sais !

-Oui, ironisa-t-il, c'est ce que j'ai vu tout à l'heure en arrivant. Mais bon, je m'en fiche pas mal en fait. Je voulais signaler au vieux de venir me réveiller quand la machine à gravité artificielle sera opérationnelle. Puisque tu es là, tu lui transmettras.

-Hein ? Attends, tu... » Végéta ne laissa pas à Bulma le temps de poser plus de questions, il s'était envolé en direction de la maison. Sortant du vaisseau, elle eut juste le temps de le voir atterrir sur le balcon de sa chambre au cinquième étage, d'y entrer et d'en fermer le rideau. Bon. Tant pis pour la conversation civilisée.

Tendant à nouveau l'oreille, Bulma chercha à nouveau à localiser le son caractéristique de l'entraînement de Yamcha. Tout ce qu'elle entendit furent des rires...

Elle se déplaça discrètement jusque vers l'avant du jardin. Yamcha s'y trouvait bien, dans son habituelle tenue de combat. Mais il ne donnait pas des coups de poing dans le vide en criant. Il ne faisait ni pompes ni abdominaux non plus. Il ne méditait pas. Il ne répétait aucun kata. Non. Il se tenait fièrement, les mains sur les hanches, et il riait à gorge déployée. Face à lui, trois inconnues et Pua'r riaient en concert.

« Et là, continua Yamcha, il y a le chef de l'équipe qui est arrivé et il a crié Eh c'est moi ! Alors je me suis retourné. Eh là j'ai dit à mes potes Ah bah non c'est pas lui. » Tous les cinq partirent dans un nouveau fou rire.

« Tu es vraiment très drôle Yamcha ! Commenta l'une des trois inconnues, celle qui était rousse.

-Oui, approuva une autre. D'ailleurs, tu ne veux pas venir avec nous demain soir ? On a une soirée avec quelques amis, et on a un peu peur de s'ennuyer.

-Oh oui ! Reprit la rousse. Quelle bonne idée !

-Oui ! Ajouta la troisième. Avec toi on est sûres de bien rigoler !

-Eh bien avec plaisir les filles ! Répondit Yamcha en riant nerveusement cette fois-ci. Mais est-ce que... Enfin, si j'emmène quelqu'un avec moi, ça pose problème ?

-Qui ça ?

-Eh bien Pua'r évidemment ! Ça te dit aussi Pua'r ?

-Euh... Tu crois que...

-Mais oui, on va s'arranger. Lui assura Yamcha. J'ai bien droit à une pause, non ? Ça ne sert à rien que je me tue à l'entraînement.

-Quel entraînement ? Intervint Bulma qui ne voulait pas entendre un mot de plus.

-Oh ! Bulma ! S'étonna Yamcha. Depuis combien de temps tu es là ?

-Je viens juste d'arriver. Répondit-elle. Je venais t'encourager dans ton dur entraînement, mais apparemment tu n'as pas besoin de moi. »

Sentant le ton monter, Yamcha commença à s'inquiéter : « Mais non Bulma, au contraire, je suis très content que...

-Laisse tomber ! Répliqua-t-elle. Tu es sûr que tu ne veux pas une salle d'entraînement aussi ? Ça t'éviterait d'être distrait tout le temps et ça m'éviterait la honte d'être avec le guerrier le plus nul du groupe, tu ne crois pas ?

-Nul ? Non mais qu'est-ce que tu insinues Bulma ?

-Yamcha est très fort ! Ajouta la rousse.

-C'est vrai ! Renchérit Pua'r.

-J'insinue, répondit-elle, que Goku s'entraîne à longueur de journée avec Piccollo et Gohan, que Tenshinhan, Chaozu et Krilin sont tous partis s'entraîner dans des endroits déserts, que ce soir Végéta expérimente le simulateur de gravité, et toi pendant ce temps-là tu rigoles avec une bande de pimbêches !

-Eh pimbêche toi-même ! Répliqua l'une d'elles.

-Mais Bulma. Répondit Yamcha (en s'interposant pour sauver la vie de la pimbêche en question). Je faisait juste une pause. Et comment est-ce que tu peux oser essayer de me comparer avec l'autre psychopathe que tu héberges ?

-Le psychopathe est plus fort que toi au cas où tu l'aurais oublié. Tu comptes rester dans cette situation ?

-Non, bien sûr, m...

-Eh bien voilà ! Le coupa Bulma sur un air triomphant. Vous avez entendu mesdemoiselles ? Yamcha doit s'entraîner pour devenir encore plus fort, et il a besoin de calme. Donc au revoir !

-Mais...

-Au revoir. Merci de dégager de ma propriété. »

Penaudes, les trois intruses n'eurent au final d'autre choix que de s'en aller, en jetant à Yamcha des regards pleins d'attente, mais il ne fit rien pour empêcher Bulma de les chasser. Il ne pouvait rien faire. L'une d'elles murmura « À demain soir ? ». Yamcha hocha la tête avec un sourire d'excuse.

Dès qu'elles furent parties, Bulma le foudroya du regard : « Comment ça à demain soir ?

-Oui, euh... Expliqua-t-il en riant nerveusement. En fait ces filles sont des supporters de mon équipe de baseball, et j'ai un entraînement qui n'était pas programmé demain soir...

-Et tu crois que je vais gober ton histoire ?

-Écoute Bulma, soupira-t-il. J'ai bien le droit de sortir et voir des amis de temps en temps, non ? Donc voilà, demain soir, je sors. Voilà, fais-moi confiance un peu. Toi aussi tu devrais voir tes amies. Elles vont finir par t'oublier sinon... si ce n'est pas déjà fait. Allez, franchement, ça fait combien de temps que tu n'as pas invité tes copines ? Tu vois bien qu'on a un peu besoin d'air toi et moi. J'ai pas envie de me disputer encore avec toi... Et honnêtement, je ne sais plus trop quoi penser, je veux dire, à cette histoire de mariage que Goku a insinuée... Je dois réfléchir un peu tu vois...

-Je vois. Répliqua sombrement Bulma en décidant de jouer dans son jeu. Tu sais quoi ? Tu as raison. Demain soir j'invite mes amies, et après on ira danser. Tu auras juste à prier pour que je ne rencontre pas un mec sympa et mieux foutu que toi. » Sur ce, elle tourna les talons.

« Quoi ? Non mais attends Bulma ! Tu ne vas quand même pas... Mais c'est plus de ton âge d'aller en boîte, non ? »

Le regard que Bulma lui lança alors lui fit comprendre immédiatement son erreur. Il tenta de se justifier en reculant maladroitement tandis que la furie s'approchait à grands pas : « Non c'est pas ce que j'ai voulu dire ! C'est juste que... Mais tu es avec moi non ? Donc ça ne sert à rien que tu ailles danser. C'est pour les adolescents, non ? Et puis il y a plein de mecs dangereux et sous alcool là bas. J'ai peur qu'il t'arrive malheur. Tu comprends, je m'inquiète, c'est juste ça. Enfin je te fais parfaitement confiance bien-sûr, mais c'est juste que...

-NON MAIS TU TE FICHES DE MOI ? Hurla la furie arrivée face à lui. TU PENSES QUE JE SUIS VIEILLE, QUE JE DANSE MAL, QUE JE SUIS INCAPABLE DE ME DEFENDRE TOUTE SEULE, ET TU AS PEUR QUE JE TE TROMPE ? PUIS-JE TE RAPPELER QUI DE NOUS DEUX EST LE PLUS INFIDÈLE DANS NOTRE COUPLE ?

-Mais non... Se défendait Yamcha d'une toute petite voix. Bulma... Ne remets pas ça sur la table s'il te plaît, on en a déjà parlé. Là c'est juste que...

-Tu n'as pas le droit à l'erreur Yamcha. Si demain tu vas à cette soirée, je vais danser, et tu as intérêt à ne pas oublier mon existence. Personnellement j'ai confiance en moi. Mais en toi, je ne sais plus. » Sur ce, elle s'en fut, tête haute, retournant terminer ses travaux sur la machine à gravité. Elle non plus n'avait pas envie de sombrer à nouveau dans une dispute de plusieurs heures qui n'allait nulle part. Yamcha avait sans doute raison pour une chose : ils avaient besoin d'air.

Derrière elle, son petit-ami se frappait le visage de sa main.

« Yamcha, commenta Pua'r. Tu es mon meilleur ami, tu es un type formidable et tu es super fort. Mais honnêtement, tu as toujours un vrai problème avec les filles. »

ooooo

Une Bulma de mauvaise humeur travaille plus vite qu'une Bulma rêveuse. Elle et son père finirent la mise en service de la nouvelle chambre de gravité une heure plus tôt que ce qu'ils avaient prévu. Tous deux restèrent un instant debout dans le jardin à admirer leur œuvre, avant que monsieur Briefs ne déclare : « Bon, nous avons bien travaillé. Il est temps d'aller prendre un café. Je suis sûr que ta mère nous a encore apporté de nouvelles pâtisseries de la ville.

-Oui, approuva Bulma, mais au fait, Végéta est passé tout à l'heure, il veut qu'on aille le réveiller pour lui signaler que sa salle d'entraînement est prête.

-D'accord, vas-y. Lui répondit simplement son père. Je ne sais pas quelle idée tu as eue de l'installer au cinquième étage, mais tant que nous n'avons pas mis d'ascenseur, je préfère éviter d'y aller moi-même.

-Bon... Concéda Bulma en faisant la moue.

-Mais tout de même...

-Quoi ?

-Je ne pense pas que cette machine soit une bonne idée. Il pourrait se tuer là-dedans en quelques minutes. J'espère ne pas me retrouver avec sa mort sur la conscience...

-Bah ! Éluda-t-elle. Je présume qu'il sait ce qu'il fait. Si Goku a réussi à s'entraîner à 100G, je pense que Végéta peut y arriver aussi. Et de 100 à 300, ça ne doit plus faire une énorme différence pour eux. Et si il se tue à l'entraînement, ce ne sera pas de notre faute.

-Si, répondit son père, parce que nous aurons accepté de lui construire cette machine. Le scientifique a toujours une part de responsabilité.

-Tu as raison. Je tâcherai de lui en toucher un mot.»

ooooo

Toctoctoc

Bulma n'avait pas attendu trois secondes que la porte se déverrouillait et s'ouvrait brusquement. Face à elle, un regard noir, planté dans le sien. Une voix froide et hautaine. Elle recula d'un pas.

« La salle d'entraînement est prête ? Demanda-t-il.

-Euh oui, répondit-elle encore surprise.

-Pourquoi c'est toi qui viens me le dire ?

-Eh bien vas-y cache ta joie ! S'exclama-t-elle vexée. Mon père n'avait pas envie de monter les 5 étages.

-Bon. » Répondit-il en passant à côté d'elle et se dirigeant vers les escaliers.

Bulma le regarda un instant, étonnée, réalisant pour la première fois qu'il était torse-nu : « Eh ! Dis-moi. Aucun des T-shirts que je t'ai passés ne te vont ?

-Tes vêtements bizarres ? Répondit-il sans se retourner ni s'arrêter. Soit je ne rentre pas dedans au niveau des bras, soit ils sont trop chauds ou trop inconfortables. Je suis plus à l'aise comme ça. N'essaye pas de me dire que ça ne se fait pas dans ta société, j'ai vu des terriens mâles se promener sans haut, et la folle qui vit ici me l'a confirmé.

-Eh ! Rouspéta Bulma en lui emboîtant le pas. Ma mère n'est pas folle !

-Pourtant tu as compris de qui je parlais.

-Oui mais non ! Et puis si j'étais toi, j'éviterais de suivre ses conseils sur le sujet. Elle ne rate jamais une occasion pour admirer un mec bien bâti.

-Bien bâti ? Répéta-t-il en détournant la tête pour la regarder dans les yeux, un sourire moqueur sur les lèvres.

-Oui ben quoi ? Répliqua Bulma sans comprendre pourquoi elle avait l'impression de rougir. Tu ne vas pas prendre ça comme une insulte quand même ?

-Non.

-Bon, éluda-t-elle. Je te disais juste ça pour que tu saches que d'ordinaire, les hommes ne se promènent pas torse-nu à part pour aller nager ou parfois faire du sport. Là tu vas faire du sport, donc ça passe, mais bon, le reste du temps, tâche de mettre quelque chose quand même, surtout si tu ne veux pas que ma mère passe son temps à te tourner autour. J'ai remarqué que tu n'aimes pas trop quand elle parle, alors donc voilà, tu es prévenu.

-Pour l'instant c'est toi qui parles. Contra-t-il.

-Oui, mais moi tu apprécies que je te donne des informations. Je ne suis pas stupide Végéta.

-Le reste du temps, par contre, je me passerais bien de tes discours, femme...

-Qu'est-ce que tu peux être mauvaise langue ! S'écria-t-elle. Si tu n'appréciais pas ma compagnie, je doute qu'on aurait passé autant de soirées à jouer au orloog.

-Hmpf ! Siffla-t-il. Il me semble t'avoir déjà signalé que je n'appréciais pas qu'on présume à mon sujet.

-Donc j'ai vu juste ! » Ils venaient d'atteindre le rez-de-chaussée. Bulma en profita pour éviter à son interlocuteur de s'énerver à nouveau en lui adressant un grand sourire et passant devant lui, vers l'extérieur de la maison. « Bon allez ! Il faut que je te montre les nouvelles fonctionnalités qu'on a ajoutées à la chambre de gravité. »

Il la suivit en grognant après avoir renoncé à l'exécuter sur-le-champ. En chemin, ils croisèrent Yamcha et Pua'r qui se dirigeaient vers la cuisine. Ces derniers leur jetèrent un regard interrogateur auxquels Bulma ne répondit pas, elle passa devant eux tête haute et regard fixe.

« Voilà ! Annonça-t-elle arrivée devant le vaisseau. Donc on ouvre la porte ici.

-Comme avant. Commenta le saiyan.

-Oui, mais la porte se ferme automatiquement derrière toi.

-Ah. » En entrant à l'intérieur, Bulma jeta un regard en coin à Végéta. Celui-ci jetait un regard circulaire sur la pièce, semblant s'arrêter sur chaque nouveau détail. Bien entendu, elle fut déçue de ne le voir ni sourire ni afficher la moindre satisfaction, mais finit par se consoler en remarquant qu'il ne grimaçait pas non plus. Il fallait se contenter de peu avec ce type...

« Bon, je te montre vite fait les fonctionnalités. Voici la nouvelle interface pour lancer la gravité artificielle. Il suffit de... Au fait est-ce que tu sais lire nos chiffres ?

-Hm. Répondit-il d'un ton neutre en s'approchant. Vous comptez en base 10 c'est bien ça ?

-Oui, répondit-elle, comment as-tu deviné ?

-J'ai compté le nombre de chiffre différents sur le simulateur de gravité, et surtout, je sais que la majorité des sociétés primitives comptent en se basant sur le nombre de doigts qu'ils ont. Et les terriens ont dix doigts.

-Eh ! Nous ne sommes pas une société primitive ! »

Il ne répondit pas, mais lui jeta un regard moqueur qui transpirait de méchanceté. Il avait dit ça uniquement pour l'énerver. Tant pis pour lui, il l'avait cherchée !

« Bon, cracha-t-elle d'un air hautain, eh bien puisque tu es si intelligent, tu trouveras tout seul comment mettre en marche et arrêter la simulation ! Si je te retrouve en omelette sur le sol ce sera ta faute ! » Sur ce, elle lui tourna le dos et commença à s'éloigner.

Première seconde, il fronça les sourcils.

Deuxième seconde, il regarda l'interface de programmation et comprit le problème : le tableau de contrôle était composé d'un clavier avec des hiéroglyphes terriens, et de deux boutons sans symbole. Pourquoi n'avaient-ils pas gardé le système des flèches ?

Troisième seconde, il bloquait le passage de la terrienne, bras croisés et sourcils froncés. Il n'aimait pas ce sourire malicieux sur son visage : « Ne teste pas ma patience, femme. Dis-moi comment allumer cette fichue machine et casse-toi.

-Comme c'est gentiment demandé ! Commenta-t-elle en croisant les bras à son tour et soutenant son regard. Tu as besoin d'un coup de main finalement ?

-J'ai dit... Grogna-t-il menaçant. Ne teste pas ma patience.

-Bien, répondit-elle fièrement. Alors si tu ne testes pas la mienne on peut peut-être réussir à s'entendre. J'ai autre chose à faire aussi tu sais, mais je n'ai pas l'intention de me laisser parler comme à un chien. »

Il haussa un sourcil, perplexe : « Tu parles aux chiens, toi ? »

Ce fut au tour de Bulma de hausser les sourcils. Sans qu'elle comprenne pourquoi, la remarque de Végéta l'amusait et lui arracha un sourire, qu'elle cacha en se tournant à nouveau vers l'intérieur du vaisseau : « Bon, on ne va pas diverger trois ans mais tiens-le toi pour dit tu n'as aucun intérêt à m'énerver. Je te montre les commandes et je m'en vais. »

ooooo

L'humaine fut en effet très rapide et parfaitement professionnelle dans sa présentation du fonctionnement de la machine, ce qui permit à Végéta de l'écouter calmement et de ne l'envoyer paître que lorsqu'elle commença son laïus sur la sécurité et les dangers de la gravité. De quoi se mêlait-elle ?

Lorsque la porte de la salle de gravité se referma derrière elle, le laissant seul pour s'entraîner en paix, il constata que pour la première fois depuis au moins trois jours, il était calme. Il avait passé ces trois jours sans dormir une seconde. Même s'il l'avait voulu, il n'aurait pas pu. Pas avec ce qui s'était passé il y avait trois jours de cela.

Rétrospectivement, son propre calme, alors qu'il allumait la machine de gravité artificielle et la réglait sur 50G, le surprenait. C'était probablement dû au fait qu'il obtenait enfin son dispositif d'entraînement, plus qu'à sa conversation avec l'humaine. Pendant trois jours il avait passé ses nerfs en apnée sous la mer du pôle nord à modifier en profondeur la géologie terrestre et perforer la banquise là où elle était la plus épaisse lorsqu'il remontait pour reprendre son souffle. Cette méthode lui avait permis de maintenir sa colère sous contrôle en évacuant sa frustration dans l'effort physique.

La rumeur sur l'existence de boules magiques exauçant les souhaits s'était avérée vraie. C'était d'ailleurs grâce à cela qu'il était toujours en vie. À présent, le mythe selon lequel Frieza aurait un parent encore plus puissant que lui, était vraisemblablement attestée. À ce rythme, il ne serait même plus étonné d'apprendre que les rumeurs selon lesquelles Frieza avait aussi un frère, les mangipores avaient des nageoires qui poussent si on les jetait dans l'acide, ou encore que certains saiyans (dont son propre frère) n'avaient jamais été retrouvés non pas parce qu'ils étaient morts, mais parce que les données sur les planètes où ils avait été envoyés avaient disparu... non, Végéta ne serait même plus surpris de l'apprendre si ces rumeurs étaient vraies aussi.

Et si c'était le cas. S'il y avait ne serait-ce qu'un seul saiyan ailleurs dans l'espace qui avait survécu, alors peut-être que ce type étrange qui se prétendait être saiyan et venir du futur, peut-être que ce type avait vraiment du sang saiyan. Cela signifierait que Frieza aurait été battu deux fois de la main d'un saiyan (même s'il s'agissait sans doute d'un bâtard), et ça, c'était très plaisant à penser... Mis à part que Végéta, lui, avait perdu face à Frieza ce jour maudit sur la planète Namek, et aurait de nouveau été tué trois jours plus tôt, sans l'intervention de l'autre. Et ça, c'était horriblement frustrant.

Tellement frustrant que, rien que d'y songer, il parvint à se relever alors qu'il gisait impuissant au sol depuis plusieurs minutes. Son échauffement reprit de plus belle. Quelques pas de course et une petite cinquantaine de pompes et abdominaux, avant de monter plus sérieusement la gravité.

Mourir dans trois ans ? Par des robots ? Mais quel intérêt aurait-il eu à rester sur Terre ? Ça n'avait pas de sens... Ou en fait si. Il le savait bien, mais le reconnaître le faisait enrager d'autant plus : si ce type du futur n'était pas arrivé, ça aurait été Karkarott qui se serait téléporté et en aurait fini avec Frieza et l'autre. Et tant qu'il aurait été le seul super-saiyan, Végéta n'aurait pas pu le défier. Alors il serait resté pour s'entraîner jusqu'à pouvoir se transformer. Et il aurait réagi exactement comme il l'avait fait trois jours plus tôt : il aurait demandé une machine à gravité artificielle plus puissante. Venait donc la conclusion humiliante : dans cette dimension parallèle, lui, le prince Végéta, n'était pas parvenu à devenir super-saiyan, même au bout de trois ans d'entraînement, et n'avait jamais été en mesure de défier à nouveau Karkarott.

Il était hors de question que cela se passe ainsi. Il allait s'entraîner comme jamais il ne l'avait fait et comme jamais il n'avait songé le faire. S'il devait à nouveau frôler la mort pour y parvenir, alors ainsi soit-il. Il était bien assez résistant pour guérir des blessures qu'il risquait très vraisemblablement de s'infliger. Il le fallait, parce qu'il fallait qu'il soit à la hauteur, parce qu'il fallait qu'il devienne plus fort, parce qu'il se devait d'être le plus fort.

Fort de cette résolution et de cet objectif, Végéta se releva d'un saut-périlleux et s'avança vers le tableau de commandes. Il était temps de passer aux choses sérieuses.

Il ne sortirait de la salle de gravité que le lendemain au point du jour, épuisé d'avoir expérimenté la gravité à 100, puis 150 et enfin 200G. Les muscles de tout son dos et de ses jambes étaient tiraillés par l'effort, tout son corps trempé de sueur, son esprit à peine vidé. Il aurait à peine le temps de prendre une douche avant de s'effondrer sur son lit, l'estomac vide.

ooooo

Il ne le savait pas, mais dans cette dimension parallèle où il mourrait trois ans plus tard, il avait pris la même résolution de devenir le plus fort, et s'était entraîné tout aussi dur.