Disclaimer : Tout appartient à Mr Jeff Davis enfin presque…

SuperBêta : Encore une fois c'est Bruniblondi qui a bossé *cœur sur sa face*.

Note de l'auteuse : Hello ! Avant-dernier chapitre. Déjà ! Le onze sera le dernier je tacherai de le poster plus rapidement promis. (Après il y aura un petit épilogue pour bien finir cette histoire ^^) voilà, voilà j'ai rien d'autre a dire alors bonne lecture.

Chapitre 10 : Partir en chasse

— Daddy a dit qu'ils allaient vite trouver comment te réveiller, il est parti faire des recherches avec Maman et Tide. Et Papa est avec nous.

Derek qui écoutait sa Arwen discuter avec sa jumelle depuis plus d'une heure, sourit quand elle se tourna vers lui. Il serra la petite main d'Izi entre ses grandes paluches, comme pour lui prouver ce que disait sa sœur. Le contraste de taille entre leurs mains était quelque chose qui l'avait ému à la seconde où il les avait vues. Et il était sûr que peu importe le temps il les verra toujours de la même manière. C'était ses bébés.

Maintenant il fallait simplement qu'elle se réveille pour qu'il puisse voir ses beaux yeux caramel. Il n'en pouvait plus de rester dans l'expectative. Cela faisait trente-six heures qu'Izi et Raiden était dans le coma et vingt-quatre heures qu'ils avaient vraiment commencé les recherches. Il voulait simplement qu'on lui donne une cible.

Comme si elle avait senti la détresse de son papa, ce qui était certainement le cas, Arwen descendit prudemment du lit de sa sœur pour aller sur les genoux de son papa. De l'autre côté de la chambre, Kira et sa fille avait bien vu la détresse du loup, mais elles laissèrent la petite louve s'en charger. Et du haut de ses cinq ans, elle le regarda avec le sérieux d'un adulte.

— Daddy trouve toujours les solutions, c'est son travail.

Sans plus attendre, elle entoura le cou de son papa pour un câlin des plus réconfortants pour celui-ci. Sa loupiote avait raison, Daddy trouvait toujours la solution, il lui fallait juste être un peu patient. Et bien sûr, tout le monde connaissait Derek pour sa patience…

— Et voilà les Reeze's pour les morfales !

John qui était venu dès qu'il avait pu soutenait Derek de la meilleure des manières. Il s'occupait d'amuser Arwen et Ali pour qu'elles ne se sentent pas mises de côté. Et il s'avérait que le shérif avait un don, pour ça. Ou bien ne voulait-il pas refaire les mêmes erreurs qu'avec son fils lorsqu'il avait perdu sa mère.

En tout cas, Derek était soulagé qu'il soit là, il n'aurait pas su gérer seul. Tout comme il n'aurait pas su gérer sans Stiles pour organiser les recherches. Parfois il se demandait à quoi il servait quand même. Par chance dans ces moments, il y avait toujours une de ses filles qui venaient le voir et il oubliait avoir pensé être inutile. Elles étaient sa raison de vivre, il ferait tout pour elles.

— Papy ? Le docteur a dit que ses tubes c'est pour qu'elle mange, du coup on peut lui donner des Reeze's ?

Le shérif retraité et Derek se mirent à rire à question, c'était un rire qui faisait du bien, même Kira qui été restée silencieuse dans son fauteuil sourit à la question innocente Puis ce fut elle qui lui expliqua que n'était pas possible, car il fallait que ce soit totalement liquide.

[…]

Seul dans la salle à manger qui avait été transformé en salle de recherche, Stiles n'avait jamais été aussi sûr de lui qu'à cet instant. Ce soir ils allaient devoir réunir la meute à l'hôpital. Ils pourraient ainsi rassembler toutes leurs trouvailles. Dans la nuit ou le jour suivant il allait pouvoir partir en chasse. Celle-là était pour lui, et il avait des arguments irréfutables si on lui rappelait qu'il était « juste humain ».

Content des avancées faites, il envoya un message a toute la meute pour les prévenir qu'ils allaient se réunir à la cantine de l'hôpital le soir même. Il s'était organisé avec son père et Melissa. Après leur avoir dit ce qu'il savait, ils s'étaient mis d'accord pour que les deux grands-parents restent avec les enfants pendant que la meute mettrait à plat tout ce qu'ils avaient. Melissa lui avait assuré qu'il n'y avait personne à partir de vingt et une heure à la cafétéria et aucune caméra n'y avait été installé. Ils pourraient donc parler librement. C'était l'endroit idéal.

Rassemblant les papiers qui l'intéressait, il les rangea dans une pochette avant de regarder Peter et Lydia qui s'étaient endormis dans le canapé. Lui n'avait réussi à dormir que deux petites heures après qu'il ait fini de trier les premières recherches, mais grâce à ce dossier qui s'agrandissait comme une bonne nouvelle, il ne se sentait aucune fatigue. À moins que ce soit l'Adderall qu'il avait pris qui parlait.

Voulant voir Derek et les jumelles avant la réunion, il s'activa le plus silencieusement possible. Une fois prêt il mit un bon vieux sweater rouge délavé et prit les clés de la Camaro qui était restée à la maison.

En passant devant le salon, il se stoppa en remarquant les yeux bleus lumineux de Peter, il aurait dû se douter qu'il ne dormait pas. Le loup était plutôt du genre surprotecteur avec sa belle. Seulement depuis qu'ils avaient découverts qu'elle avait été aussi 'attaquée', il était bien pire. Profitant qu'il soit réveillé, il lui répéta en chuchotant que la réunion était dans une heure trente. Le loup hocha la tête en silence pour montrer qu'il avait entendu et Stiles prit la route sans un mot de plus.

[…]

Stiles embrassa Kira et Ali dans les cheveux, la mère et la fille s'étaient endormies dans les bras l'une de l'autre. Elles vivaient toutes les deux très mal de voir Raiden ainsi. Comme tous, mais elles parlaient peu et Stiles savait sans avoir le nez d'un loup qu'elles se sentaient toutes les deux coupables malgré tout ce qu'ils avaient pu leur dire. Stiles songea à souffler à Scott l'idée de parler sérieusement en famille avant qu'ils ne partent en chasse. Enfin s'ils arrivaient à trouver une cible bien sûre, car lui n'avait fait que la moitié du chemin.

Sans plus attendre, Stiles alla embrasser les loupiotes qui s'étaient assoupies dans le même lit. Arwen s'était placée du côté où il n'y avait aucun tube relié à sa sœur. Elle qui était d'habitude agitée dans son sommeil, dormait de façon étrangement calme. C'était comme si elle savait qu'il fallait faire attention.

Avançant jusqu'à la fenêtre qui donnait sur la nuit, Stiles passa ses bras autour de la taille de Derek et se colla à son dos. Ainsi installé, il embrassa la clavicule du brun avec toute la tendresse qu'il pouvait mettre dans ce simple geste. Le loup rasséréné par la présence de Stiles pencha la tête pour lui donner plus d'accès et ainsi Stiles continua à embrasser le cou offert en silence.

Puis il posa sa tête au même endroit et il commença à chuchoter.

— Ce soir ou demain je pourrais partir en chasse.

Cette simple phrase brisa la petite bulle de bien être qu'avait pu ressentir Derek à l'instant.

— Comment ça « je » ?

Ne remarquant pas tout de suite la tension de son époux, Stiles lui expliqua succinctement :

— J'expliquerai tout à l'heure, mais il nous faudra les meilleurs tireurs.

Derek fronça les sourcils et détacha des bras de l'humain pour lui faire face les bras croisés sur la poitrine.

— Je sais tirer.

— Derek, ça fait huit ans que je suis dans la police. Je sais tirer. Toi tu sais te battre, tu sais protéger, tu resteras pour protéger les enfants avec mon père.

Derek fit une moue douloureuse comme Stiles lui avait planté un couteau en plein cœur.

— Je n'ai jamais su protéger ceux que j'aime Stiles, ça recommence tu ne vois pas ? Je-

Le loup arrêta de parler, il avait l'impression que l'air ne trouvait plus le chemin de ses poumons. Était-ce cela de faire une crise de panique ? Comment Stiles pouvait survivre, il avait l'impression que la mort le guettait au tournant et ça le paniqua encore plus. Comme si cela ne suffisait pas, il sentit son loup prendre le dessus, ne faisant qu'empirer sa crise.

Stiles ne savait tout simplement pas quoi faire. Il avait vécu un sacré nombre de crise de panique, et pas que les siennes. Il avait aussi aidé Scott quand il en avait fait. Il avait su réagir avec efficacité, mais là il restait simplement tétanisé. Voir Derek faire une crise de panique c'était comme avoir les fondations d'un immeuble qui s'écroulent, il ne pouvait rien faire.

Sous les yeux de Stiles, Derek finit par laisser tomber un genou à terre comme si ainsi il allait pourvoir retrouver son souffle mais cela ne changea rien. Par contre il sentit deux mains s'agripper aux poils qui avait poussé sur ses joues à cause de la transformation. Il finit par ouvrir les yeux qu'il n'avait pas conscience avoir fermé. Le bleu lumineux de Derek rencontra le jaune étincelant d'Arwen alors qu'elle serrai toujours plus fort ses petits poings sur ses poils. Il ne sait pas vraiment ce qu'il lui a permis de retrouver son souffle, mais lorsqu'il parvint enfin à respirer il prit sa fille dans ses bras en laissant couler quelques larmes. Sortant de sa torpeur, Stiles rejoignit leur câlin improvisé.

— Tu as toujours su me protéger Der'. Toujours. Et je refuse qu'aucun de nous deux ne reste avec elles. Tu comprends ?

La voix de Stiles était étrangement rauque et Derek s'écarta légèrement pour le voir. Comme s'il dépendait de ce contact, il se jeta sur les lèvres de celui qui partageait sa vie depuis plus de douze ans. Ce n'était pas délicat, mais c'était ce dont il avait besoin. Ils oublièrent très vite où ils étaient, comme les premières fois, mais ils se le rappelèrent bien vite en entendant un « Beurk » qui les firent se séparer.

— Vous êtes dégouttant, c'est pas un vrai bisou ça.

Les deux papas se sourirent avant de se regarder en souriant. Sans prévenir, Stiles lécha la joue de Derek comme l'aurait fait un loup. Derek s'essuya avec une grimace alors que l'humain se tournait en souriant vers sa fille.

— Mieux ?

La louve rit et sans répondre elle lécha elle aussi la joue de son Daddy et son Papa. Les rires qui les secouèrent finirent par réveiller Kira et Ali qui les regardaient comme s'ils étaient fous. Puis Stiles annonça le programme expliquant aux filles qu'elles allaient dormir pendant que les grands feraient une réunion.

— Papy et Mamie resteront avec vous d'accord ?

Les filles hochèrent la tête et ils les firent s'installer. En attendant que l'ancien Shérif de Beacon Hills revienne avec Melissa, Stiles prit le temps de leur raconté l'histoire du petit chaperon rouge, revisité à sa manière.

Finalement, les deux grands-parents arrivèrent main dans la main lorsque le loup sauva le petit chaperon rouge. Après s'être assuré que tout irait bien avec les enfants, les trois parents partirent oublieux de leur accrochage, ne pensant plus qu'au fait qu'enfin ils allaient pouvoir avancer.

[…]

Une fois les chaises repoussées, tout le monde se plaça debout autour d'une des tables rondes de la cafétéria. Tout le cœur de la meute était là. Il y avait Scott et Kira installés l'un à côté de l'autre, mais ils ne se regardaient même pas. Comme si quelque chose les en empêchait et Stiles songea plus encore une fois à leur dire de parler. Il y avait Isaac qui était venu avec le résultat des recherches faites avec Deaton. Et face à lui, il y avait Peter qui soutenait Lydia qui avait les traits toujours tirés de fatigue. Et de l'autre côté de Lydia se tenait Stiles et Derek qui étaient les derniers à être arrivé avec Kira. Stiles n'attendit pas une seconde de plus en faisant tomber son dossier sur la table.

— Une Strige.

Tout le monde le regardait en silence en attendant la suite, car seul Peter et Lydia pouvaient se vanter de connaître véritablement ce monstre. Isaac lui connaissait uniquement le nom pour avoir dû le transmettre à Deaton.

— C'est Lydia qui m'a mis sur le bon chemin. Elle a eu une intuition, ou un souvenir l'a mis sur la route, on ne sait pas trop. Vous savez qu'elle a été attaquée ? C'est pour ça que je me suis penché sur cette légende qui été pas franchement bien écrite. On pense qu'elle avait des bases réelles.

Le jeune homme marqua une pause pour rassembler ses idées et éviter le plus possible de se disperser.

— En cherchant bien j'ai trouvé des informations sur celles qu'on appelle parfois les femmes-oiseaux, d'ailleurs sur plusieurs descriptions ou gravures on rejoint des points que j'ai notés en questionnant Madame Hamilton. Même si j'ai mis longtemps à m'en apercevoir. En bref, c'est un monstre qui se nourrit du Spiritus Vitae, à savoir l'essence de la vie. C'est pour cela que les personnes vivent encore biologiquement parlant.

Alors que Stiles s'arrêta, Peter prit la relève.

— Certain disent qu'elles sont des vampires de l'énergie humaine. Le spiritus vitae, c'est ce qui fait que vous pouvez bouger, rire, pleurer. C'est pour ça qu'ils ne peuvent pas guérir, il n'y a rien à soigner. Pour Lydia, c'est assez flou, le fait qu'elle soit adulte l'a peut-être aidé. Ce qui est sûr, ou fort probable c'est que la strige savait que Lydia était un Banshee. Elle a sans aucun doute voulu la rendre… inapte. Ça expliquerait pourquoi elle n'a réagi que lorsque sa fille a été touché.

— Mais alors, commença Scott, est-ce que les personnes attaquées peuvent retrouver leur… vitalité pleinement ?

Stiles remercia intérieurement Scott pour poser des questions intelligentes et il sortit une feuille photocopier d'un vieux livre.

— Les Striges, comme les vampires, sont des êtres morts. C'est pour rester jeune et « en vie » qu'elles se nourrissent de l'essence de vie des enfants. Seulement ce n'est pas comme du sang. C'est un peu comme si elles enfermaient leurs étincelles en elle. Une balle en argent bénie dans le cœur en plein repas, et tous les enfants se réveilleront.

— Ça c'est pour les points positifs, conclut Lydia.

Plusieurs grimacèrent. Bien sûr qu'il y avait des points négatifs, on était à Beacon Hills. Lydia prit le dossier des mains de Stiles et continua après avoir déposé plusieurs polycopiés de gravures ou photos de sculptures.

— Les Striges qui se nourrissent ont une allure reconnaissable de loin, bien que les interprétations soient variées. Par contre, lorsqu'elles n'attaquent, ni ne se nourrissent : elles reprennent une allure humaine. Et comme on le sait déjà, même si elles n'ont aucune odeur lorsqu'elles sont transformées, ce n'est pas le cas de leur forme humaine. En résumé : ça peut être n'importe qui.

Scott qui fronçait de plus en plus les sourcils en écoutant tout ce qu'ils Savaient, prit la parole à son tour :

— Je pense pas que ce soit n'importe qui.

Sortant la carte qui avait été rangée dans le dossier de Stiles, il la déplia et la posa sur la table.

— Je pensais que ça ne voulait rien dire mais en fait c'était peut-être pas une si mauvaise idée. J'avais regardé où se rejoignait toutes les 'non-pistes' suivit avec Derek.

Stiles fit une moue. Pour lui c'était le genre de truc qui marchait que dans les films, mais il laissa quand même son meilleur ami continuer ses explications. Prenant un marqueur, Scott fit croiser les pistes sur la carte pour que tout le monde puisse voir.

— Je m'étais peut-être trompé en pensant que ça mènerait chez le monstre, mais toutes se rejoignent dans le quartier du jardin d'enfant. Ce qui m'amène à ma réflexion : et si ce monstre travaillait là-bas. Après tout, ses proies sont toutes des enfants.

Kira qui était restée silencieuse jusque-là prit la parole.

— Tu as raison, ça serait logique. En travaillant au jardin d'enfant elle pourrait facilement avoir accès aux dossiers avec les adresses de tous les enfants. Il faut que quelqu'un cherche qui travaille à l'école et depuis quand aussi.

Stiles qui s'était installé sur une table à côté avec un ordinateur leva la main pour indiquer qu'il était déjà sur le coup.

— On sait déjà que c'est une femme, jeune en apparence non ? Questionna Isaac.

— En théorie, confirma Peter.

— J'ai !

Stiles se rapprocha de l'autre table avec l'ordinateur.

— Les attaques ayant commencé en Septembre, ça colle avec la théorie de Scott. J'ai regardé les nouvelles arrivées au jardin d'enfant et à l'école. Elles sont quatre nouvelles, toutes professions confondues.

Défilant les photos du personnel, il s'arrêta sur une cinquantenaire aux cheveux court et bien portante.

— Madame Maxime, cinquante-trois ans, arrivé en septembre pour prendre le poste de cantinière. Pas vraiment le profil de la jeunesse éternelle.

Il remonta encore jusqu'à tomber sur une jeune femme brune souriante et bien maquillée.

— Mademoiselle Ravenne, trente ans, elle a changé d'école en début d'année pour travailler comme professeur des seconds grades de l'école élémentaire. Elle pourrait correspondre à notre profil.

Défilant encore une fois les images, il remonta jusqu'à tomber sur la photo d'une jeune femme métisse aux cheveux bouclés.

— Madame Anita Parks, c'est la nouvelle qui s'occupe du jardin d'enfant. Elle nous a accueillis le premier jour des filles et les suivants. Elle pourrait aussi correspondre.

Il défila une dernière fois les photos du personnel pour s'arrêter sur un homme aux cheveux grisonnant mais d'apparence assez jeune.

— Monsieur Smith, il est arrivé cette année pour prendre un poste d'homme de ménage. Je sais que les Striges sont appelées les « femmes-oiseaux » mais je pense qu'il ne faudrait pas négliger que ça puisse être des hommes après tout, rien ne dit le contraire.

Peter fut le premier à hocher la tête alors que Isaac fit un commentaire.

— Il est plutôt vieux pour la jeunesse éternelle non ?

Peter, qui avait été tout de suite d'accord, regarda la photo de l'homme (qui avait son âge) puis Isaac et recommença le même manège plusieurs fois avant de se tourner vers sa compagne.

— Il se moque de moi ?

Lydia eu un sourire indulgent en regardant la moue de Peter qui avait toujours un bras sur sa taille.

— Ne t'inquiète pas, tu es beaucoup mieux conservé.

Et comme si cela allait aider, elle lui tapota le dessus du crâne sous les légers rires de la meute. Bien vite le silence retomba autour de la table. Et Scott prit la parole.

— On peut considérer que l'on a trois cibles potentielles. Il nous faut au moins trois personnes qui sachent tirer. Ça risque d'être un long travail de filature, il faudra donc faire des groupes et surtout garder une vigilance constante. Chaque mouvement suspect pourra être une preuve.

— Mon père restera avec les enfants, je lui ai déjà donné des balles d'argents bénies pour armer son Glock, annonça Stiles, j'en ai pour le mien aussi, mais je n'en ai pas d'autre.

Isaac eu un demi-sourire, ça c'était son domaine. Il ne travaillait pas pour Chris Argent pour rien. En plus le chasseur lui avait dit de fournir la meute avec tout ce dont ils auraient besoin.

— J'ai tout ce qu'il faut, et en quantité bien plus que suffisante. Je suis aussi un très bon tireur, pour ne pas dire excellent grâce à l'entraînement de Chris.

Stiles hocha la tête en regardant tous les membres de la meute.

— Scott aussi est un bon tireur grâce à nos séances de tirs. On a donc nos trois tireurs. Maintenant il faut prendre un binôme.

Scott hocha la tête et leur dit choisir leur duo.

Derek serra les dents en repensant à ce que lui avait dit Stiles dans la chambre. Il voulait qu'il soit avec les enfants, il lui faisait confiance, plus que lui-même se faisait confiance. Il ne savait pas comment l'humain pouvait placer une telle confiance en lui, même après toute ses années. Il dut donc prendre sur lui pour annoncer qu'il restait avec John et les enfants au cas où.

La suite des groupes se firent rapidement ; Lydia demanda expressément à être avec Stiles, ce qui fit grincer les dents à Peter qui n'aimait pas l'idée de laisser les deux 'humains' ensemble. Cependant un seul regard noir de la jeune femme lui fit comprendre qu'il n'avait pas intérêt à la contredire. Kira se mit en équipe avec Scott et Peter se mit avec Isaac en grimaçant.

L'ancien alpha ne sentait pas cette idée.

— Les tireurs, annonça Isaac, suivez-moi, j'ai ce qu'il faut dans la voiture. J'avais prévu large et varié.

Isaac s'était redressé en disant cela, et devant eux ce n'était plus l'homme timide et sarcastique, mais l'homme d'affaire qu'il était devenu auprès des Argent. La métamorphose était plus que surprenante, comme si le simple fait de parler d'un sujet qu'il connaissait par cœur avait le pouvoir de le rendre plus sûr de lui.

Ils ne traînèrent pas plus après avoir récupéré les armes et munitions que Isaac avait placé dans le faux fond du coffre de sa voiture. Et après de dernière rapide mise au point et des embrassades, ils partirent chacun de leur côté.

[…]

Scott regarda une énième fois sa femme qui se rongeait les ongles.

— Tu peux demander à ma mère de te remplacer si tu veux les rejoindre.

Kira se tourna vers Scott assit côté conducteur de la voiture qu'ils avaient garée devant le domicile de Monsieur Smith. La nuit était tombée depuis peu mais comme tous les jours depuis une semaine et demi, Smith n'avait rien fait de suspect entre le moment où il était allé à l'école et celui où il était rentré chez lui. Et Kira commençait à trouver le temps long.

— Je vais juste l'appeler pour parler à Ali. Je commence à saturer de cette attente loin d'eux c'est tout. Ali comprend que je ne reste pas avec eux.

La mère de famille semblait plus essayer de se convaincre qu'autre chose, mais Scott ne dit rien en se contentant de prendre sa main. Ils restèrent en silence ainsi un long moment en fixant du regard la maison un peu plus loin. Scott espérait vraiment que sa théorie était la bonne, il voulait en finir de cette histoire. Il voulait pouvoir profiter des yeux marrons de son garçon et jouer avec lui. Après une nouvelle pression contre la main qu'il tenait, la jeune femme se décida à sortir son téléphone.

— Allo Mélissa ? Non. Je voulais savoir, Allison ne dort pas ? Oui merci.

Le silence se fit au bout du fil. Puis, même si l'attention de l'alpha soit tournée sur la maison, il sentit Kira se détendre à ses côtés lorsque la voix de leur fille sortit du téléphone.

— Allô ma puce, c'est maman.

[…]

— Tu me trouves vraiment si vieux ?

— Tu veux parler de ça maintenant ?

À bord de l'Audi S5 noir mate d'Isaac, Peter haussa un sourcil en direction du conducteur.

— Ça fait une semaine qu'on se coltine Mademoiselle je-dors-tout-les-soirs-chez-un-nouveau-mec, et pour une fois elle n'a pas bougé de chez elle. Alors je vois pas de meilleurs moments.

Isaac croisa les bras sur son torse et se réinstalla dans le siège pour bien voir fenêtre d'où venait la lumière de chez Mademoiselle Raven. Il laissa le silence s'allonger avant de finalement lui répondre par une nouvelle question.

— Pourquoi tu me demandes ça ?

Peter n'aimait pas cette question, cela lui demandait de parler de ses sentiments avec ce jeune blanc-bec et il n'était pas réellement certain de vouloir ça. En même temps, penser à Isaac comme un jeune blanc bec le fit réagir. Il avait certainement raison de s'inquiéter. Aussi prit-il sur lui pour s'expliquer.

— Je suis quelqu'un de canon. Et je ne me suis jamais dit que mon âge pourrait déranger, mais Lydia a ton âge et…

— Je t'arrête tout de suite. Tu es un vieux croûton pour moi papy, mais Lydia a réussi à passer au-dessus de plein de choses te concernant. Je pense que même si ton âge avait été un problème un jour, ça ne devrait pas être ton principal souci.

Peter qui avait failli mordre ce jeune loup à l'entente du mot croûton et papy fini par se calmer avec la suite du discours. Il était vrai qu'Isaac avait visé juste. Et puis si son âge posait un problème, Lydia ne serait pas du genre à garder ça bien longtemps pour elle. Peter s'était sans aucun doute monté le bourrichon tout seul, à force d'être éloigné de sa douce.

Rassuré il envoya un petit message à Lydia pour lui faire savoir comment se passait leur filature et il retourna faire ce qu'il faisait de mieux avec son binôme : rester dans le silence total.

[…]

— Rien à signaler chez Mademoiselle Raven, annonça Lydia côté passager de la Camaro.

Stiles concentré à suivre la Mini Cooper bleu, se contenta de hocher la tête en réponse. Il avait l'impression de suivre la maîtresse de ses filles depuis une éternité. Il fallait avouer qu'elle semblait avoir une vie sociale très développée. Tous les soirs après sa journée de boulot elle avait un atelier de poésie à la bibliothèque.

Et le week-end à peine commencé, elle ne s'était pas arrêtée. Elle s'était rendue à l'hôpital, Derek leur avait dit qu'il l'avait effectivement vu passer avec une tenue de bénévole, puis elle était partie pour se rendre chez des amis pour manger. Ensuite elle s'était rendu chez des parents d'une élève pour lui ramener des affaires. Et elle ne s'était pas arrêté là, elle était ensuite allée à une salle de sport. Comme ça ne suffisait pas, elle n'était restée que le temps de se changer pour aller à une soirée. Et maintenant il elle était enfin sur la route pour rentrer chez elle.

— Tu crois qu'on est vraiment sur la bonne piste ?

Stiles se tourna rapidement la tête vers la rousse avant de se concentrer à nouveau sur la route.

— Je pense que nous n'avons pas de meilleure piste pour l'instant.

Doucement Lydia hocha la tête. Elle savait ça, mais elle était assez déçue de n'avoir rien ressentit. Pour dire la vérité, se sentir aussi inutile lui donnait envie de pleurer, mais elle n'en fit rien ou elle le fit discrètement. Peut-être pas assez vu que Stiles se crispa sur le volant. Il aurait voulu pouvoir la prendre dans ses bras pour la rassurer.

— Quand ça sera finit, tu pourras me faire mon gâteau ?

Stiles se tourna vivement vers Lydia, plus que surpris. Elle avait juré par toutes les couilles de l'enfer qu'elle n'en mangerait plus jamais, et là elle lui demandait de lui faire son St Honoré. La jeune femme lui fit un sourire entendu avant qu'il ne redémarre au feu de signalisation où ils étaient arrêtés.

— Pour toutes les couilles de l'enfer, je te le ferais.

Lydia sourit en se rappelant tout ce qu'elle s'était jurée, mais avant qu'elle ne s'attarde plus sûr le sujet, ils remarquèrent un changement de programme chez la maîtresse.

— Il est quelle heure Lydia ?

— Trois heures du matin.

Stiles hocha la tête, ce n'était pas la direction pour rentrer chez elle. Soit elle avait un petit ami qui travaillait de nuit, soit ils tenaient leur cible. Le cœur palpitant ils se garèrent assez loin de la Mini et éteignirent leur feu pour qu'elle ne les remarque pas.

— C'est le moment de vérité.