Hello tutti quanti! :-)

Désolée de cette absence, j'essaierai d'éviter les retards à l'avenir... Voici le dixième chapitre de notre histoire!

Promesse: Merci d'avoir laissé un com'! :-) En fait je crois que j'ai imaginé toute l'histoire à partir de la lettre de James, c'est je crois le premier texte que j'ai esquissé, contente qu'il t'ai plu! C'est vrai que je trouve que Harry a joué un pari risqué en donnant de tels noms à ses enfants... Mais James Sirius était peut-être le plus dangereux pour l'enfant, notament à Poudlard où les deux Maruadeurs ont brillé. Pour la partie sur Lily, il y en aura d'autres comme ça, tout au long de l'histoire, même si cette fois elle n'apparaît pas.

Bonne lecture à tous! :D


Je m'en vais rencontrer mes homonymes, et les vôtres.

Ne pleurez pas trop et n'oubliez pas que je vous aime.

C'était lui. Depuis le début c'était lui. Dans la main de Lily, sur les lèvres de Rose. C'était James. La jeune fille sentit les larmes commencer à dévaler sur ses joues. Mais elle n'eut pas le temps de se lamenter davantage.

- Attendez ! s'exclama Scorpius. Cette lettre date d'il y a moins d'une heure... peut-être que...

- Et que proposes-tu ? soupira Albus, la voix cassée.

- Que tu poses cette lettre de malheur, que tu essuies tes joues et que tu rameutes tout le château si c'est nécessaire ! répliqua son meilleur ami en le saisissant par les épaules. Albus c'est ton frère ! Tu ne peux pas l'abandonner comme ça !

- Et que veux-tu...

- Lorcan a soutenu, relevé, porté Lysander quand il ne pouvait plus avancé ! Il l'a fait alors que Lys' était peut-être condamné ! Tu dois faire de même !

- Mais si l'avenir est écrit...

- TU ES BOUCHÉ OU QUOI ?! explosa Scorpius. Il n'est pas encore trop tard ! Il n'est jamais trop tard ! Et il n'y a pas que James en jeu ! Il y a Lys' ! Il y a Rose qui ne se le pardonnera jamais ! Il y a Lorcan qui sombrera ! Il y a vos parents ! Il y a Lily qui ne sourira plus jamais ! Et il y a toi sombre idiot ! TOI ! Tu ne peux pas le laisser partir sans te battre ! Mince Albus ! Tu n'es à Serpentard que parce que tu voulais qu'on soit ensemble, alors que le Choixpeau voulait t'envoyer à Gryffondor ! Alors tu te bouges, et tu vas le chercher avec nous !

Une tête passa brusquement par l'encadrement de la porte. C'était Louis.

- Je peux savoir pourquoi deux Serpentards et une fille de sixième année sont en train de hurler dans notre chambre?

- Oui, tu peux le savoir. Dépose immédiatement tes affaires et vous venez avec nous, lança Scorpius fondant comme un rapace vers la porte.

- Il y a un problème ?

- James. Note de suicide, grinça Malfoy, peu désireux de mettre des formes à un geste aussi désespéré.

En d'autres circonstances, l'expression du jeune homme l'aurait fait rire, pourtant il enfonça encore un peu plus le clou, espérant pouvoir ainsi secouer aussi son meilleur ami et Rose, toujours pétrifiés.

- James va mal depuis des mois, il a éclaté aujourd'hui, il faut le retrouver avant, sinon Lysander aussi va sombrer, et Lorcan avec... Bref je te passe l'effet boule de neige.

- Que viennent faire les Scamander dans...

- Pas le temps de vous expliquer ! s'exclama Scorpius en les entraînant hors de la chambre, courant vers la Grosse Dame. Tout ce que vous avez à retenir est qu'il faut localiser James et Lysander! Si vous trouvez Fanny, Nico et Tom, qu'ils nous aident et... et puis Lorcan aussi pourrait nous aider. Will ! lança-t-elle au jeune homme qui venait de les rejoindre. Va les chercher ! Et Rose !

La jeune fille ne lui répondit pas, son regard dans le vide. C'était un cauchemars, un pur cauchemars. Elle allait se réveiller, voir son cousin rieur, joyeux et vivant, et Lysander guéri et souriant... Mais l'un voulait mourir et elle avait détruit l'autre. Étrangement, elle espéra simplement que tous deux allaient avoir leur place entre les étoiles. Elle l'espérait vraiment ! Les étoiles... Elle voulait y revoir son sourire.


Tout y était passé, absolument tout. Le parc. Les cachots. Les Tours. Le Lac. La Cabane d'Hagrid où ils espéraient trouvé le jeune homme en train de parler de Cyclope une dernière fois. La Bibliothèque où il aurait voulu feuilleter une dernière fois l'Odyssée. Le terrain de Quiddich où peut-être il avait voulu faire un dernier tour. Le parc. Les tours. Le Lac. La Cabane. Et encore la Bibliothèque. Les cachots. Les Tours. Le Lac. La Bibliothèque... Etc.

Le château avait été passé au peigne fin, Rose, Louis, Will, Fanny, Nico et Thomas s'étaient répartis à pied tandis qu'Albus et Scorpius sillonnaient l'air de Poudlard sur leurs Nimbus Bolid. Ces derniers étaient même allé jusqu'à Pré-au-Lard, jusqu'à la Cabane Hurlante. Sans succès. James était introuvable. Et Lysander aussi.

En désespoir de cause, ils avaient pris le risque de se faire remarquer, prenant tous un balais, ou empruntant à des camarades. Ainsi, même si la nuit était tombée depuis longtemps, même s'ils n'y voyaient presque plus rien, ils survolaient tous le château, et les couloirs aussi. Pour ça, c'était Louis et Will qui s'en occupaient, chacun étant habitués à leurs extravagances, ainsi qu'Albus et Scorpius qui, étant des jours de Quiddich attiraient moins l'attention, faisait simplement rire lorsqu'on les voyait fendre l'air d'un corridor.

Restaient Rose et ses trois amis qui tournaient au-dessus du parc, survolaient le château et le Lac. Tous espéraient voir soudain un Patronus virevolter vers eux et leur annoncer que les deux garçons avaient été retrouvés.

Scorpius, la mort dans l'âme, finit par s'envoler jusqu'à la Tour de Serdaigle, espérant au moins y trouver Lysander. Une fenêtre était ouverte, alors même s'il ne l'avait pas prévu, il y entra. Un concert d'exclamations et de protestations l'accueillit.

- Dîtes-moi que Scamander est ici ! lança-t-il en parcourant fébrilement du regard les visages au-dessous de lui.

- Je suis ici Scorpius, répondit une voix douce.

Le cœur du Serpentard bondit avant de s'arrêter. C'était Scamander. Mais pas Lysander. Le Serdaigle venait de se détacher du groupe, très pâle.

- Mais ce n'est pas moi que tu cherches, n'est-ce pas ?

Scorpius secoua tristement la tête, la gorge nouée.

- Grimpe dans mon dos et accroche-toi ! Pas le temps de t'expliquer Lorcan !

- C'est interdit de voler aussi haut et d'utiliser son balais pour entrer dans les autres maisons ! lança un Préfet.

- Très bien Azen ! répliqua Scorpius alors que Lorcan montait derrière lui. Colle-moi toutes les retenues du monde et enlève tous les points que tu voudras à Serpentard ! Si tu savais à quel point je m'en moques ! Ne crois-tu quand même pas que je prendrais autant de risque, que Scamander prendrait autant de risques si nous n'avions pas une excellente raison ?

Il n'attendit pas la réponse de l'autre et s'en fut comme il était entré. Il sentait le Serdaigle trembler contre lui, mais devinait que son angoisse n'avait rien à voir avec le Vide.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? articula-t-il finalement alors que Scorpius s'engouffrait par une fenêtre pour traverser un couloir.

- Pas le temps d'expliquer ! répéta nerveusement le Serpentard. On n'en a pas le temps. Dans les grandes lignes, on a compris que c'est James dont Lysander a vu la mort. Or James a laissé une note de suicide.

- « On » ?

- J'espère que vous me pardonnerez... Mais je leur ai tout dit. À Albus et Rose. Les autres savent simplement qu'on doit les retrouver vivants – il sentit Lorcan se glacer – mais j'ai dû leur expliquer, leur raconter. Rose savait qu'il voyait l'avenir... mais elle ne savait rien de ce qu'il avait pu voir dans la main de Lily... Elle avait même oublié combien il avait été troublé à la rentrée.

Un silence tomba, troublé par le seul sifflement de l'air dans leurs oreilles. Les deux jeunes hommes scrutaient la nuit, cherchaient un quelconque signe de mouvement. Mais ils ne virent rien à part d'autres silhouette survolant les airs, d'autres silhouettes qu'ils croisaient, qui partageaient leurs regards affolés.

- Et s'il était trop tard ? murmura soudain Lorcan.

- Impossible, répliqua Scorpius sans frémir.

- Mais ça fait des heures que vous les cherchez et vous ne les avez toujours pas trouvés !

- C'est justement bon signe, répondit plus doucement le Serpentard. Si... si c'était... trop tard, on les aurait trouvés, parce que... ils ne pourraient plus bouger. Mais on ne les a justement pas trouvé On a peut-être parcouru tout le château, et on ne peut pas être partout à la fois. Si on ne les a pas trouvé, c'est qu'ils se déplacent encore, c'est qu'ils sont vivants ! acheva-t-il férocement.

Lorcan ne répondit pas, cherchant sans doute à se convaincre de ces mots, et scruta encore le vide. James et Lysander étaient quelque part, ils ne pouvaient pas avoir disparu.

- On va aller jeter un coup d'œil dans la Grande Salle, annonça soudain le blond. Avec un peu de chance, ton frère y sera.

L'autre se contenta d'acquiescer, et ils s'engouffrèrent par la fenêtre. Tout le monde était encore attablé, même si les assiettes étaient vides. Un vent de surprise parcourut l'assemblée. Les professeurs se levèrent prestement, mais les deux adolescents n'y prirent pas garde, fixant fiévreusement les visages, les uns après les autres. Par hasard, Scorpius croisa le regard de Hansen Jordan, et stupidement, il se souvint de la peine qu'avait ressentit Rose lorsqu'il l'avait repoussée, de ses larmes, de son sourire éteint. Il ne voulait plus voir cela. Jamais !

- Messieurs Scorpius et Scamander descendez immédiatement ! lança la voix sévère de McGonagall.

- Impossible professeur !

- Descendez !

- Impossible, répéta-t-il. Regarde si Lysander est là, pendant ce temps j'essaye de gagner du temps, souffla-t-il à son compagnon.

Il disait cela, mais Lorcan le vit plonger doucement sa main dans sa poche.

- Monsieur Malfoy, ce que vous faîtes est passible d'exclusion. Tout comme il pourrait entraîner l'annulation de vos examens, et celle des ASPIC de monsieur Scamander !

- Je le sais professeur, et il le sait. Mais nous cherchons son frère !

- Il n'est pas nécessaire d'enfreindre le règlement pour cela ! siffla le professeur Verdeen, professeur de métamorphose.

- Oh si professeur !

Il sentit soudain Lorcan se redresser, lui murmurant tout bas il n'est pas là.

- Professeur nous devons absolument retrouver mon frère ! Dans un instant il pourrait être trop tard ! Et nous devons retrouver James ! Professeur je vous en supplie, c'est extrêmement important ! l'implora le frère de Lysander en se tournant vers elle.

- Vous ne nous laissez pas le choix, soupira Verdeen.

- Stupéfix !

C'était Lorcan qui avait réagit le premier, son compagnon n'avait même pas eu le temps d'esquisser le moindre geste. Le professeur s'effondra, sous les cris des élèves, aussitôt Scorpius sentit que son balais ne lui obéissait plus. McGonagall brandissait sa baguette : elle l'avait ensorcelé.

- Je suis désolé Professeur ! s'écria le Serdaigle d'une voix brisée. Mais je devais le faire ! Neville ! lança-t-il soudain en se tournant vers le professeur de Botanique. Je sais que tu es au courant ! Je sais que tu comprends pourquoi je fais ça ! Je t'en prie Neville, laisse-nous partir !

Neville était certes professeur, mais il était le parrain de Lysander, du moins l'était-il officiellement car dans la pratique, les deux jumeaux l'avaient toujours adoré de la même manière. Il était un des meilleurs amis de leur mère, et en sa qualité de parrain il avait été mis dans la confidence.

Le professeur avait pâli, et attrapa le bras de McGonagall qui, excédée, s'apprêtait à faire descendre le balais. Il regarda son filleul dans les yeux, la même angoisse les possédait.

- Plus tard Minerva. Plus tard vous les punirez, mais pas maintenant.

- Neville vous n'y pensez pas !

Les deux adolescents le virent alors se pencher à l'oreille de la directrice qui porta la main à son cœur avant d'agiter sa baguette, libérant leur balais.

- Allez-y mes enfants, leur dit-elle d'une voix tremblante. Trouvez-les! Nous vous rejoignons !

Scorpius bénit Luna d'être demeurée si proche de Neville. Son balais put repartir par la fenêtre. C'est à ce moment qu'il vit une lueur bleutée errer autour du château. Derrière lui, Lorcan resserra sa prise sur sa taille, le souffle court, et touts deux volèrent vers la lumière, vers le Patronus. C'était une chouette, mais aucun des deux n'en devina le propriétaire.

- Je les ai trouvés..., balbutia la voix de Fanny. Rose, Albus, Scorpius, je les ai trouvés... Ils sont en haut... en haut de la Tour d'Astronomie... James est au bord... et Lysander...

Ils n'attendirent pas de savoir la suite et fendirent les airs jusqu'à la plus haute tour de Poudlard. Une angoisse prit soudain Scorpius à la gorge. C'était du haut de cette Tour que son père avait contribué à la mort d'Albus Dumbledore – même si le monde savait depuis que ce dernier avait lui-même choisit son heure et son meurtrier, et que l'adolescent n'avait était qu'un instrument, Drago Malfoy ne s'était jamais pardonné son acte. C'était du haut de cette Tour qu'avait commencé l'enfer qu'avait vécu son père durant une année entière. C'était du haut de cette Tour qu'il était devenu un véritable Mangemort.

Il ne fallait plus qu'un seul corps ne tombe de cette Tour, pas en présence d'un Malfoy. Ni en la présence de quiconque et surtout pas de Lysander. Déjà ils voyaient la silhouette mince de James, debout sur le parapet. Il ne regardait qu'à moitié le vide, de l'autre côté sans doute devait-il fixer Lysander. Scorpius se préparait à lui lancer un Imperium – après tout un Impardonnable pouvait aussi sauver une vie – mais n'en eut pas le temps. Semblant venir de nulle part, un balais fondit sur James, le faisant basculer à l'intérieur. Un bruit sourd se fit entendre, ainsi qu'une exclamation de douleur, un craquement de bois aussi. Puis une voix cria.

- Petrificus Totalus !

Alors seulement les deux adolescents surent qui les avait devancés. Rose. Ils entrèrent alors dans la Tour, James était figé sur le pavé, Rose se relevait péniblement, son balais brisé.

- Pardon James mais c'était tout ce que je pouvais faire. J'étais sonnée... je ne pouvais pas prendre le risque que tu te rue vers la fenêtre, murmura-t-elle en l'étreignant avec force.

Riant à moitié, trop heureuse de les avoir retrouver, elle fit apparaître un Patronus, qu'elle envoya dans le parc. C'était un papillon. Puis elle sembla remarquait Lysander effondré à deux pas d'eux et le regard angoissé de son cousin. Alors elle dessina encore une arabesque. Et un nouveau papillon, plus beau encore que le premier jaillit de la nuit. Cette lumière était pour eux cette fois, juste pour eux-deux. Juste pour rassurer ces deux angoissés qui venaient sans doute de vivre les pires instants de leur vie.

Lorcan et Scorpius attérirent, le premier s'effondra aux côtés de son frère, l'enlaçant de toutes ses force alors que Rose se jetait sur James, son Patronus devenant plus brillant encore. Scorpius et Fanny demeurèrent en retrait, silencieux, comme s'ils n'appartenaient pas à ces retrouvailles, comme si personne ne leur devait rien. Puis d'autres silhouettes apparurent, d'abord Nico, puis Louis, puis Albus. Ce dernier fondit sur son aîné toujours ensorcelé.

- Tu n'es pas Personne, James ! souffla-t-il contre lui. Tu es mon frère. Et leur cousin. Et notre ami. Tu ne peux pas nous demander de t'oublier, de te laisser mourir ! Tu ne peux pas partir sans laisser rien d'autre que ce mot ! Merlin merci, Lily ne sait rien pour l'instant !

Rose les regarda, et libéra finalement son cousin de son sortilège. Celui-ci se recroquevilla alors sur lui-même, elle hésita à s'approcher de Lysander mais celui-ci était si perdu dans l'étreinte de son jumeau qu'elle préféra ne pas le faire. Alors elle s'approcha de James, lui serrant les mains avec force. Elle fixa son visage livide, ses lèvres tremblantes – ces mêmes lèvres que son amant avait embrassé, mais désormais cela n'avait plus d'importance.

- Tu n'es pas Personne, répéta-t-elle. Tu es James Sirius Potter, pas James Potter, ni Jamesésirius. Tu es toi-même, et personne d'autre ! On t'aime pour toi, pour ce que tu es, pas pour ce que tu prétends être.

- Aucun de vous ne me connais, Rose, répondit le jeune homme d'un ton lugubre.

- Si, murmura une voix. Moi je te connais.

Lysander avait laissé échappé ces mots du filet de voix qu'il lui restait. Il pleurait encore, tremblant de tout son corps, plus fort encore de James. Cette fois la jeune fille ne put s'en empêcher : elle s'approcha de lui. Il la regarda, elle y lut de la honte, de la terreur, et du remords.

- Pardon Rose, souffla-t-il encore en se détournant, se défaisant de l'étreinte de son frère. Je...

Il ne put dire un mot de plus. En face de lui, Rose avait souri. Elle lui avait souri. Et soudain, il lui semblait qu'il comprenait pourquoi les gens étaient si bouleversés lorsqu'il souriait, tout simplement parce que la jeune fille venait de lui en donner un miroir. Sur les lèvres de la belle, un sourire s'épanouissait, comme une fleur, comme une fleur immortelle.. Il se redressa malgré son épuisement, et demeura un moment ainsi, sans expression, la contemplant simplement à la lumière de la Lune, souriante malgré son effrayante pâleur. Elle était belle, mais surtout elle lui pardonnait. Et c'était tout ce que son pauvre cœur demandait, plus qu'il n'en pouvait supporter. Il éclata de nouveau en sanglots, l'attirant contre lui, pleurant dans ses cheveux. Il l'étreignit de toutes ses forces.

Lorcan s'écarta, un air blessé flottant sur son visage. Rose s'excusa du regard, il lui répondit par un sourire. Puis il se leva, et s'effaça dans les escaliers. Elle s'écarta du jeune homme, son visage ravagé, ses épaules secouées de sanglots lui brisaient le cœur, même si c'était le soulagement qui lui faisait perdre ses moyens.

- Je t'aime Rose, murmura-t-il.

Ces mots lui brisèrent le cœur : c'était exactement ceux qu'il lui avait soufflé lorsqu'elle l'avait surpris avec James, lorsqu'il avait cru que plus jamais elle ne pourrait l'aimer. Ses mains caressaient furieusement ses mèches blondes, comme si elle craignait que soudain il ne s'effrite entre ses mains. Oui, il l'aimait. Elle le savait, elle le sentait.

Sans réfléchir, comme lui lorsqu'il l'avait embrassée la toute première fois, elle posa ses lèvres sur les siennes. Doucement, tendrement. Et aussitôt elle s'écarta, comme sil elle s'était brûlée, comme si elle l'avait brûlé.

- Pardon Lys'... Je ne voulais pas... je...

Elle ne poursuivit pas. L'expression figée du jeune homme l'en empêchait. Le regard fixe, il effleura le visage de Rose de ses doigts. Il caressa mécaniquement ses joues, son front, son menton, ses lèvres. Il toucha nez, survola son cou, ses lèvres. Puis sa bouche et ses joues des glaces se fendirent en un sourire plus éclatant encore que tous ceux qu'il avait jamais pu esquisser. Ce n'était plus du miel, ni du Félix Felicis, c'était de la Gaieté à l'état pur.

Pourtant ce sourire ne dura pas longtemps, ses mains décharnées saisirent en coupe le visage de la jeune fille, il fondit sur ses lèvres. Elle lui répondit timidement, surprise, avant de le laisser l'entraîner. Et elle le sentit s'effondrer un peu plus. Leur baiser avait un parfum de désespoir et un goût de soulagement. Et le chant de leur lèvres s'effleurant, se dévorant encore et encore sonnait comme une promesse.

- Je ne vois plus rien, murmura-t-il soudain en la regardant dans les yeux. Juste toi... Juste nous... Juste ta bouche ! Juste toi ! Toi Rose ! Toi et plus ton avenir ! Toi et plus James ! Plus de cris ! Plus de larmes ! Juste toi !

Ses bras enlaçant la taille de sa compagne ébahie, il enfouit son visage dans son cou, et elle le sentit tomber... Il s'était endormi. Il n'avait pas perdu connaissance car ses traits étaient incroyablement détendus, c'était comme si soudain il s'autorisait à tomber, à dormir en paix.

La jeune fille referma ses bras sur ses épaules, respirant le parfum de ses cheveux. Il sentait bon. Il sentait si bon la sérénité. Et soudain elle croisa le regard de ses amis qui les fixaient. James sanglotait doucement sur l'épaule de son frère, tandis que Louis était accroupit à côté d'eux et murmurait doucement à son oreille. Will était un peu en retrait, tout comme Scorpius. Fanny Scorpius, Nico et Thomas étaient affalés contre le muret du parapet, contemplant tout à tour James et Lysander. Dans les yeux de tous on ne lisait qu'une chose : ils étaient en vie.

Rose croisa le regard de Scorpius, celui-ci lui sourit, heureux de voir un tel soulagement se peindre sur le visage de sa meilleure amie. Lorsqu'il avait vu le Serdaigle fondre sur la bouche de la jeune fille, juste après l'avoir embrassée, il avait su que tout était terminé. Il avait compris que Lysander avait tout bonnement perdu son don, sa malédiction, son fardeau. Il l'avait su au regard qu'il avait lancé à son amie. Il n'y avait plus le voile que le Serpentard y avait toujours discerné, plus de désespoir, plus rien qui puisse voiler ce regard.

Ils entendirent soudain des pas, Lorcan revint en courant, suivit de la directrice, de Neville, d'Hagrid et des autres professeurs. Ces derniers demeurèrent pétrifié devant la scène qui s'offrait à eux. C'était peut-être une des plus étrange qu'il leur ait jamais été donné de voir. Des balais s'amoncelaient sur les pavés, l'un d'eux était brisés. Et tous les adolescents étaient à terre, blottis les uns contre les autres, certains sanglotant, d'autres souriant, d'autres sanglotant en souriants. Deux silhouettes étaient affalées dans les bras des autres, dîtes-silhouettes que les adultes identifièrent avec soulagement.

Doucement, ils s'approchèrent et défirent prétentieusement les étreintes, Lysander se trouva bientôt lové dans les bras de Hagrid qui le regarda avec une tendresse bourrue.

- Ça fait du bien de porter un jeune juste pour l'emmener dormir.

La remarque fit sourire Rose et Albus : tous deux savaient que le garde-chasse de s'était jamais tout à fait remis du fait d'avoir dû porter le corps supposé mort du Survivant.