Auteur : Abby and Jes

Titre : L'empreinte de l'amour

Couple : Remus/Draco

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Draco, et Jes dans celle de Remus.

Statut : Finie à l'écriture. 13 chapitres

Bêta correctrice : The Great Victoria Grant

Résumé : Cette fameuse nuit du 30 juin 1997, quelques minutes avant sa mort, Albus Dumbledore avait proposé son aide au jeune Malfoy. Et si jamais Draco avait décidé d'accepter, s'il avait choisi de ne plus rentrer au manoir Malfoy ? Comment se seraient déroulés les événements ? Que serait devenu Draco ? Venez le découvrir…

Périodicité de publication : Un chapitre par semaine voir plus, si nous sommes gentilles.


Note Abby : Hellow ! Merci pour vos reviews, elles nous font toujours aussi plaiz'. J'espère que ce chapitre vous plaira et que vous n'hésiterez pas à nous dire ce que vous en avez pensé. Bonne lecture et enjoy (\^-^/).

Note Jes : B'soir Messieurs Dames ! Voici la suite et j'espère qu'elle vous plaira. Merci à vous de nous suivre dans cette petite histoire. Bisous bisous (^-^)

Merci à Siath Youkai, Lucie-cerise, Zifan, Djianara, Archimede, Originel, LadyCocoMalefoy,Groumde
et Red Blood Apple pour leur review, mise en alerte et/ou favoris.


L'empreinte de l'amour

Chapitre 10

POV Severus

Je faisais ma ronde, m'obligeant à la faire chaque nuit, sachant que certains élèves ne restaient pas sagement dans leur dortoir après le couvre-feu, et j'avais de plus en plus de mal à limiter les punitions.

L'autre jour, Amycus était tombé sur Londubat et je n'avais pas pu interférer, le Gryffondor ne cessant d'enfreindre les règles. J'avais dû le regarder recevoir un Doloris une bonne minute, avant de donner l'ordre de cesser, ses cris me faisant mal à la tête.

Je ne comprenais pas ces élèves qui malgré la présence des deux Mangemorts à l'école continuaient de nous défier, désobéissant et cherchant les punitions ou la violence des Carrow.

Parfois, j'avais envie d'en parler à Minerva, qui était restée pour prendre soin de ses élèves, mais je ne pouvais pas. Albus était catégorique. Si jamais elle était faite prisonnière, avec de la Légilimencie, il serait aisé que mon rôle d'espion soit découvert. Et alors tout ce que j'avais accompli avec difficulté, tout serait perdu, laissant peu de chance à Potter et aux autres.

J'étais juste heureux que deux personnes vivantes soient au courant. Je l'avais informé de leur présence à la Cabane Hurlante, et il avait été touché que Remus s'y réfugie, mais il avait été en colère qu'ils soient au courant de mon rôle d'espion et nous avions eu une autre dispute.

Il avait toujours aimé le loup-garou, même quand ce dernier avait failli me tuer alors que j'étais encore élève ici.

Black et ses mauvaises blagues...

Je cessai de marcher, le cœur encore blessé par ce qu'il avait été prêt à faire pour se moquer de moi, allant jusqu'à m'embrasser.

Je pouvais encore me souvenir de ses lèvres gercées posées sur les miennes, bougeant délicatement. Mais je pouvais aussi me souvenir de son rire, sa moquerie et sa méchanceté encore plus grande après ce moment-là.

Entendant du bruit, je sortis ma baguette et avançai. Je tombai, une fois encore sur Londubat et Lovegood. Je soupirai et sans attendre, dis en prenant une voix froide :

« Monsieur Londubat, Mademoiselle Lovegood. Je vous retire à tous deux trente points de maison. Maintenant, suivez-moi, je vous raccompagne à vos dortoirs. »

Autant les accompagner, si je les laissais comme ça dans les couloirs, ils risquaient de tomber sur Alecto ou Amycus, tous deux faisant leur ronde également chaque soir, ayant besoin de punir les élèves.

Une fois qu'ils furent ramenés à leurs maisons respectives, je pris le chemin du retour jusqu'à mes appartements et Albus me demanda si tout s'était bien passé.

« Non, comme la plupart du temps. Je commence à fatiguer Albus, avouai-je en prenant place derrière le bureau. »

J'ouvris un tiroir caché et en sortis une bouteille de Pur Feu avant de m'en servir un verre et de le boire à petites gorgées.

« Veiller à leur sécurité, alors qu'eux n'y font pas attention, devient épuisant. J'ai hâte que l'année se termine pour avoir deux mois de répit.

- Ils n'acceptent pas le pouvoir en place et se révoltent, c'est tout naturel, Severus.

- Je le sais, cinglai-je. Mais ce n'est pas toi qui dois les regarder recevoir un Doloris ! Je ne suis pas assez fort. Je te l'avais dit, mais tu ne m'as pas écouté.

- Bien sûr que tu es assez fort. Personne n'aurait pu accomplir cette tâche à part toi.

- Humf, murmurai-je avant de vider mon verre. Demain, je retourne apporter des vivres à la Cabane, l'informai-je. Dois-je toujours garder le silence sur le fait que je sais où se trouve Potter ? Que je l'ai vu et qu'il va bien ?

- Oui, tu ne peux rien dire. Harry doit rester caché de tous pour que nous puissions assurer sa sécurité. »

Je n'insistai pas, sachant qu'Albus ne changerait pas d'avis.

Je me décidai ensuite à aller dormir quelques heures, étant plus que content de ne plus être appelé par le Mage Noir. C'était le seul côté positif au fait d'être le directeur de Poudlard, il me laissait tranquille pour les missions, se contentant d'avoir quelques rapports sur la situation ici.

« À demain Albus, soufflai-je en me levant.

- Repose-toi bien. »

Je ne répondis pas, mes nuits étant agitées. Que ce soit par les cris des élèves trop jeunes pour recevoir des Doloris, où le souvenir de ce jour, celui où j'avais lancé un Avada sur Albus. Cet homme que je considérais comme un grand-père... voire comme un père.

Une fois dans mon lit, je fermai les yeux et priai pour que Potter gagne le plus rapidement possible.

OoOoOoOoOoO

Les cours étant entamés, je pris la direction des cuisines, comme chaque semaine et commençai à faire un sac, réduisant tout ce que j'y mettais. Les elfes étant au service de Poudlard, donc sous mon service, et n'avaient de ce fait pas le droit d'en parler à quiconque.

« Hum, Winky, ajoute plus de chocolat ainsi que quelques fruits. »

Elle fit rapidement ce que je lui demandai.

Il y avait assez de viande et de légumes pour tenir plus d'une semaine, mais sachant que la pleine lune était il y a deux jours, Lupin allait avoir faim. Et puis, je voulais que Draco ne manque de rien.

Le voir maigre lors de notre première rencontre à la Cabane m'avait retourné l'estomac.

Une fois le sac fait et bien rempli, même si cela ne se voyait pas étant donné que tout était réduit, je quittai les cuisines et sortis rapidement du château, le brouillard présent m'aidant à me fondre dans le parc.

Je m'approchai délicatement du Saule, ne voulant pas me prendre un mauvais coup et appuyai rapidement sur le nœud à la base du tronc.

Je m'engouffrai ensuite dans le passage secret me disant que j'étais bien trop vieux pour ce genre de choses et souhaitant une fois de plus que tout cela se finisse le plus rapidement possible.

Je n'en pouvais tout simplement plus.

Arrivé à la trappe, je la soulevai et en sortis, remarquant qu'il n'y avait personne.

Puis, j'entendis un rire... ce rire... le rire.

Je clignai des yeux et voulant savoir qui c'était, je marchai sans faire de bruit, les rires de Teddy que je pouvais entendre m'aidant à rester silencieux.

Une fois assez proche, je pus entendre :

« Sérieusement ?! Chocolat et Chocolat Noir ? Malfoy, tu as vraiment un problème je pense.

- On en parle à la prochaine pleine lune si tu veux, répliqua mon neveu, je te le présenterai. »

Je me fis connaître en me montrant, un sourire moqueur plaqué sur le visage.

« Bonjour. Je vous apporte de quoi tenir une petite semaine. »

Je ne lâchai pas Black du regard...

Il était donc en vie.

Je n'en croyais pas mes yeux.

Teddy descendit des genoux de Draco et tira sur mon pantalon pour attirer mon attention :

« Sev, manger.

- Oui, soupirai-je tout en me penchant. »

Je savais d'expérience que si je ne le prenais pas, il allait se mettre à pleurer et j'avais assez mal la tête comme ça. Je dis ensuite, en déposant le sac sur une armoire bancale mais encore solide :

« Alors comme ça, le grand Sirius Black a survécu au voile.

- Alors comme ça, le grand Severus Snape est du côté des gentils ? Rétorqua-t-il immédiatement.

- Toujours à répondre à une question par une autre question ? »

Je donnai Teddy à Draco, mais ce dernier s'agrippa à mes cheveux. Je gémis et le ramenai contre moi, commençant à tenter de détacher ses mains de mes mèches.

Black explosa de rire et Draco se leva pour m'aider. Il prit l'enfant dans ses bras et alla jusqu'au sac de courses duquel il sortit une plaquette de chocolat. Il prit un carré qu'il coupa en deux et en donna la moitié à Teddy avant de glisser l'autre entre ses lèvres.

« Veux-tu boire quelque chose, parrain ? Me demanda mon filleul alors que Black cessait enfin de rire.

- Je n'aurais jamais pensé voir un jour Severus Snape aux prises avec un bébé.

- La vérité est que tu ne penses pas, répliquai-je avant de répondre que je voulais bien du thé. »

Je devais avouer que mes petites escapades ici me faisaient du bien. Bon, maintenant que Black était là, ça allait peut-être changer, mais pour le moment, je voulais juste souffler et boire un thé avec des personnes connaissant ma vraie personnalité... enfin, au moins ma position au sein de la guerre.

Draco tendit l'enfant à Remus qui le prit de bonne grâce, puis me servit une tasse fumante qu'il posa devant la place libre entre Lupin et Black.

J'hésitai avant d'y aller, mais j'étais adulte après tout.

Puis, Draco me parla comme d'habitude. Je répondis et nourris la conversation, profitant de cet instant.

Quand j'eus fini mon thé, je pus voir Black tenter de parler à Lupin silencieusement et me dis qu'une de leur mauvaise blague allait me tomber dessus. Je me levai donc mais Lupin dit :

« Non attends Severus nous... il faut que je parle à Draco à propos de quelque chose d'important, pourrais-tu rester ici une minute et tenir compagnie à Sirius ? S'il te plaît.

- Pourquoi voudrais-je tenir compagnie à ce clébard ? Répliquai-je, en colère.

- Et bien, Sirius n'a jamais été très responsable et je ne suis pas certain de vouloir lui confier Teddy. S'il te plaît. »

Soupirant et sachant que je ne pourrais pas refuser, je pris le petit et m'assis de nouveau, essayant d'ignorer Black au maximum.

Remus sortit et entraina un Draco quelque peu surpris avec lui. Black observa ses mains quelques instants avant de me demander :

« Alors comme ça, tu es le directeur de Poudlard maintenant ?

- Oui, répondis-je sèchement.

- C'est bien. C'est, hm et je voulais... m'excuser.

- Pourquoi donc ? Demandai-je cette fois-ci sans animosité, tout en le regardant.

- Pour mon comportement. À Poudlard. Je n'aurais pas dû te traiter de cette façon, c'était... stupide.

- Merlin soit loué, ton cerveau semble s'être enfin réveillé. Qu'attends-tu de moi ? Que j'accepte tes excuses arrivées trop tardivement ? Alors là, tu peux rêver Black. Aucune excuse ne pourra jamais effacer tout ce que tu as pu me faire endurer. J'ai failli mourir, tué par ton meilleur ami !

- Mais tu n'es pas mort ! Et je voulais juste... j'ai fait une bêtise d'accord ? Et je m'excuse. Je ne vois pas ce que je pourrais faire de plus. Je... j'avais prévu de le faire avant tout cette histoire avec la mort de James et Lily et ensuite et bien... j'ai fini à Azkaban. »

J'allais dire qu'il l'avait mérité, mais aucun innocent ne méritait un tel sort. Je me pinçai donc juste les lèvres, me souvenant aussi qu'avant cet épisode, il m'avait... embrassé avant de se moquer de moi, quelques semaines plus tôt.

« Je sais que j'ai fait beaucoup d'erreurs et je les regrette. Toutes.

- Oh toutes, soufflai-je en fureur. Black, tu as de la chance que je tienne ce bébé !

- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai encore dit ? Je te dis que je regrette de t'avoir fait du mal. Que je regrette toutes mes erreurs vis-à-vis de toi.

- Pour moi, certaines choses n'étaient pas des erreurs, murmurai-je tout bas.

- Vraiment ? Demanda-t-il avec espoir. Et quoi exactement ? »

Je levai les yeux au ciel avant de répondre :

« Cela ne te regarde en rien, je ne sais même pas pourquoi je t'ai dit ça.

- S'il te plaît Severus. Tu l'as dit parce que tu veux qu'on en parle. Et c'est aussi ce que je veux. «

Teddy posa ses mains sur mes joues puis il descendit de mes genoux et sortis de la cuisine en criant joyeusement :

« Papa Loup !

- Non, je ne souhaite pas en parler, ni t'excuser. Je souhaite que tu sortes de ma vie, mentis-je. J'avais cru que c'était le cas mais non, tu as réussi à revenir d'entre les morts. »

Ce baiser avait duré une fraction de secondes, un pur moment de bonheur. Avant de devenir un de mes pires cauchemars

« Laisse-moi une chance s'il te plaît. Je suis revenu pour ça. Et je sais que c'est idiot parce que ça s'est passé il y a près de vingt ans maintenant mais je suis toujours... »

Il s'interrompit et se pinça les lèvres.

Maintenant, j'étais curieux et je détestais me sentir intéressé par ce qu'il avait à me dire.

J'avais toujours tout voulu savoir quand j'étais à Poudlard. Et cela m'avait presque coûté la vie, ainsi que bien d'autres humiliations.

« Parle, le pressai-je. Avant que je ne change d'avis !

- Maintenant que j'y suis, marmonna-t-il avant de reprendre plus fort. Si je t'ai fait cette très mauvaise blague avec Remus en sixième année, c'était pour prouver à James que je ne... t'aimais pas. Parce qu'il m'avait vu t'embrasser et... et bien, j'avais honte. Enfin pas honte de l'avoir fait mais plutôt de... James n'aurait jamais accepté ça.

- Accepté quoi ? Demandai-je m'en doutant, mais ne voulant pas y croire.

- Accepté que c'était ce que je voulais. James et Remus… et Peter étaient mes meilleurs amis et je ne voulais pas qu'ils me rejettent à cause de ça.

- Non, m'humilier était plus naturel. Faire de ma vie un enfer, me pourrir l'existence pendant sept ans était bien mieux. C'est tout à fait logique. Mais sais-tu que j'étais vivant, ressentant des émotions, même si je ne le montrais pas. J'ai été vers l'Autre en partie à cause de vous ! Si jamais tu ne t'étais pas moqué de moi ainsi, ma vie aurait pu être différente, criai-je presque sur la fin. »

Je n'aurais pas eu à tuer Albus et Lily ne serait pas morte vu que je n'aurais pas transmis la prophétie.

Oh que je le détestais à cet instant, ce satané clébard !

POV Sirius

« Je n'ai jamais voulu tout ça ! Rétorquai-je instantanément. Et j'ai toujours regretté d'avoir agi ainsi. Au début, on se jouait de toi parce que c'était amusant et tu répliquais alors ne viens pas me dire que c'était uniquement de ma faute. Et quand j'ai commencé à vouloir t'embrasser plutôt que te frapper, je n'ai pas compris, et j'ai pris peur. Je t'avais détesté pendant des années et tout à coup en cinquième année je me retrouvais à t'observer tout le temps parce que tu m'obsédais. Et je détestais ça. Et je n'ai pas réussi à être courageux et à me rebeller contre mes amis, je ne pouvais pas leur faire ça je... Je suis vraiment terriblement désolé Severus. »

Je savais que mes excuses n'étaient pas suffisantes et qu'elles ne le seraient probablement jamais. Parce que j'avais fait beaucoup de mal autour de moi, à beaucoup de gens. Mais il fallait que je m'excuse pour qu'il comprenne que je ne m'en fichais pas, que je regrettais réellement.

Il resta silencieux une bonne minute puis me regarda, les yeux brillants de colère :

« Je ne sais pas quoi te dire Black. Qu'est-ce que tu attends de moi ? Les années ont passées et je n'ai toujours pas envie de t'excuser, toi, ou tes amis. Tes regrets n'arrangeront rien. »

J'avais probablement un sérieux problème mais je le trouvais beau comme ça, les lèvres frémissantes et les yeux brillants. Je n'avais qu'une envie, l'embrasser. Parce que je n'avais pas pu en profiter pleinement vingt ans plus tôt, par ma faute. J'hésitai un instant, pesant le pour et le contre.

Puis, décidé, n'ayant de toute façon plus rien à perdre, je me levai rapidement et collai mes lèvres contre les siennes.

Il sursauta et me repoussa, avant d'ancrer son regard au mien.

« Que fais-tu ?

- Je t'embrasse. Et je vais le refaire encore, d'accord ?!

- Non, tu ne peux pas embrasser les gens comme ça, s'agaça-t-il en reculant.

- J'en ai vraiment envie pourtant. Et je suis sûr que toi aussi, sinon tu m'aurais déjà lancé un Doloris. »

Je me rapprochai de lui à nouveau et agrippai sa nuque pour l'empêcher de s'éloigner. Je posai ma bouche contre la sienne, doucement, puis léchai ses lèvres. J'avais très envie qu'il accepte parce qu'il était le seul à m'avoir jamais fait ressentir ça.

Il ouvrit la bouche et je n'attendis pas pour lier ma langue à la sienne. Je ne m'étais pas senti aussi bien depuis des décennies. Je l'attirai à moi plus encore, le forçant à se lever avant de le pousser contre la table plus ou moins délicatement. Je posai l'une de mes mains dans son cou et l'autre sur sa hanche pour le faire s'asseoir sur la table puis je me collai entre ses jambes. Il hoqueta de surprise mais je ne lui laissai pas le temps de réagir et repris ses lèvres une fois de plus.

Mais il me repoussa et prit une grande inspiration, avant de fermer les yeux, soupirant.

« Black... hum... je ne suis pas très à l'aise. Pourrais-tu reculer ? »

Je soupirai mais reculai tout de même de quelques centimètres, sans le lâcher cependant.

« C'est bon, j'ai compris. Tu voulais m'embrasser, fit-il. Je pense que je devrais retourner au château. »

Il cessa de parler et secoua la tête, murmurant ensuite :

« Tu as vu en quoi tu me transformes avec un fichu baiser ? Oh comme je t'en veux Black, tu ne peux pas imaginer à quel point.

- Pourquoi dis-tu cela ? Et je ne voulais pas juste t'embrasser je voulais... J'ai gâché les vingt dernières années parce que j'avais peur et je ne vais pas refaire la même erreur. Je veux être avec toi. Je sais que c'est étrange mais... je ressens toujours la même chose pour toi depuis toutes ces années et ce n'est pas de la haine.

- Tu n'as pas le droit de dire ça, pas maintenant, pas aujourd'hui. »

Il repoussa mes mains et se releva, époussetant sa robe de sorcier.

« Ça veut dire quoi ça ? Tu préfères quand ? Demain ? Après-demain ? Tu as aimé ce baiser, je le sais, je le sens, alors n'essaie pas de me faire croire le contraire.

- Bien sûr que oui, j'ai aimé ce baiser, espèce d'idiot. Sinon tu n'aurais pas réussi à m'approcher. Mais… c'est trop tard Black, beaucoup trop tard.

- On est tous les deux vivants et du même côté du champ de bataille, je ne vois pas pourquoi ce serait trop tard. »

Je m'approchai de nouveau de lui et posai un doigt sous son menton que je relevai, m'attendant à me faire jeter à tout moment, et ajoutai :

« Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »

Il me regarda mais ne répondit pas. Il sembla réfléchir et puis, il m'embrassa, d'abord délicatement, puis il lécha mes lèvres que j'entrouvris.

Je me collai à lui une nouvelle fois, ne cherchant pas pour l'instant à réfléchir au pourquoi de ce comportement et glissai l'une de mes mains sur sa nuque et l'autre entre les plis de sa robe de sorcier. J'avais vraiment envie de le toucher plus encore mais je n'avais pas oublié où nous nous trouvions, ni que Remus pouvait probablement nous entendre.

Je me contentai donc de l'embrasser et de jouer avec sa bouche, plus heureux que je ne l'avais été depuis longtemps.

Je sentis sa main s'agripper à mes cheveux, puis une autre dans le bas de mon dos. Il me rapprocha encore plus de lui avant de quitter ma bouche pour s'attaquer à cou, respirant fortement. Il mordilla ma peau et revint ensuite reprendre mes lèvres pour un baiser... étourdissant.

Je gémis et y répondis le mieux possible sans m'inquiéter du manque d'air que je commençais à ressentir. L'embrasser m'était devenu plus vital que respirer et ça m'étourdissait. Je le rassis sur la table puis passai mes mains sous ses habits de sorcier pour pouvoir toucher sa peau. Elle était douce et chaude et j'eus soudainement envie de la lécher. J'imaginai un Severus nu et alangui rien que pour moi et la pensée me fit gémir une fois de plus contre sa bouche.

Il posa ses mains sur mes hanches et m'attira plus près encore si c'était possible. Mes mains remontèrent le long de son ventre mais je me figeai en sentant quelque chose taper dans mes jambes. Je baissai le regard et clignai des yeux en remarquant Teddy, sa peluche à la main, nous observant un immense sourire aux lèvres.

« Bisou ! S'exclama-t-il en tirant sur mon pantalon alors que Severus et moi nous séparions. »

Nous lissâmes tous deux nos vêtements, gênés de nous être fait surprendre par un enfant d'un an.

« Bisou, répéta-t-il.

- Euh...ouais, bafouillai-je en décrochant ses petites mains de mon pantalon. Va voir Remus et Malfoy d'accord ?!

- Si j'étais toi, je le prendrais dans mes bras. Sinon, il va pleurer, fit Severus.

- Mais non, hein Teddy tu ne vas pas pleurer ?! »

Je n'avais aucune envie qu'il m'arrache les cheveux comme il semblait le faire avec tous ceux qui le prenaient dans leurs bras.

Mais il commença à pleurer et j'entendis Severus marmonner que je n'écoutais jamais ses conseils.

Je soupirai et attrapai l'enfant qui se calma instantanément et déposa un bisou sur ma joue. Il attrapa mes cheveux et je lui demandai :

« Et ils sont où, ceux qui sont censés s'occuper de toi ? »

Il babilla, mais ne me répondit pas.

« Ils doivent être occupés, je pense. Ce sont de vrais lapins ces deux-là. »

Je me tournai vers Severus et grimaçai, ne souhaitant pas imaginer Remus et Malfoy faire... ça. Je secouai la tête et attendis qu'ils arrivent mais au bout de quelques minutes, il n'y avait toujours personne. Me souvenant de la mauvaise blague de Remus plus tôt dans la journée, je posai les mains sur les oreilles de l'enfant pour qu'il n'entende pas, ou moins, et criai :

« Remus, laisse le cul de Malfoy et viens chercher ton marmot. »

J'entendis un juron venant de l'étage suivit de pas précipités et Remus fut dans la cuisine moins d'une minute plus tard, le regard noir.

« Je te laisse avec Severus et c'est comme ça que tu me remercies ?!

- Oui bah justement, si ton gamin m'avait laissé un peu plus avec Severus, ça n'aurait pas été plus mal ! Et puis d'abord, tu te mets en colère juste parce que j'ai raison et que t'étais vraiment en train de le baiser. Je ne vois pas pourquoi je serais le seul à être frustré.

- Je ne le baisais pas ! Fit-il avant de rougir. Et tu aurais pu être plus compréhensif, la pleine lune était il y a deux jours.

- Oh et quoi ? Ça t'a laissé hors circuit pendant deux jours et tu es en manque ? Je ne te connaissais pas comme ça Moony, finis-je avec un sourire en haussant les sourcils. Et si vous ne baisiez pas, vous faisiez quoi ?

- Ça ne te regarde pas, rougit-il encore une fois. Et évite de dire ce genre de chose devant le petit. Tu n'as donc aucune éducation, se lamenta-t-il en prenant le bébé.

- C'est bon, il est trop jeune, il ne comprend pas. Et moi je ne comprends pas pourquoi tu rougis comme ça, surtout si tu ne le baisais pas. »

J'entendis des pas dans l'escalier et bientôt un Draco furieux entra dans la cuisine. Il me lança un regard noir avant de se prendre deux carrés de chocolat et de les enfourner dans sa bouche.

« Vous ne pouviez pas vous occuper de lui dix minutes de plus ? S'exclama-t-il ensuite.

- C'est bon mon amour, ne t'énerve pas, fit Remus.

- Remus a raison, intervins-je, surtout qu'apparemment, vous ne faisiez rien de bien intéressant.

- Qu'est-ce t'en sais ? Rétorqua immédiatement Malfoy.

- C'est ce que Remus a dit. »

Malfoy se tourna vers Moony et lui lança un regard interrogatif avant de s'adosser contre le comptoir.

« Je n'ai pas dit ça, se défendit Remus. J'ai dit que je ne te baisais pas, nuance. Je n'ai pas aimé l'entendre dire ça, ajouta-t-il en me montrant d'un mouvement de tête. »

Je me figeai en repensant à ce que cela pouvait signifier puis me tournai vers Remus :

« Attends, tu veux dire que... Sérieusement ?! Et ton loup est d'accord avec ça ?! »

Je ne voulais pas particulièrement penser à ce que mon meilleur ami faisait dans un lit, ou ailleurs, avec Malfoy… mais son loup était censé être hyper dominateur ou quelque chose du genre alors c'était... surprenant.

« Tu me diras, marmonnai-je, avec un nom comme Chocolat, ce n'est pas si étonnant que ça.

- Socola ! Dit le petit avec un grand sourire. Socola.

- Oh vous commencez à m'énerver avec vos moqueries. Et oui, Draco me baise et mon loup aime ça ! Claqua-t-il avant de quitter la pièce, furieux. »

J'ouvris la bouche, trop choqué pour réagir autrement alors que Malfoy se mettait à rire. Je me passai la main dans les cheveux, fatigué. Il fallait que je parle à Remus et que je m'excuse et il fallait aussi que je parle avec Severus. Hors de question de le laisser partir comme ça après ce qu'il venait de se passer. Je jetai un coup d'œil à Malfoy qui se calma enfin mais il se contenta de hausser les épaules et de faire chauffer de l'eau. Je lançai un regard à Severus qui dit :

« Je ne vais pas fuir comme un lâche, vas-y.

- Je n'ai jamais pensé ça, mais merci. »

Je sortis de la pièce après lui avoir adressé un petit sourire puis montai à l'étage en constatant que Remus n'était pas au rez-de-chaussée. J'ouvris les deux premières portes mais les pièces étaient vides alors je me dirigeai vers la salle de bains et toquai doucement.

« Moony, je suis désolé, je ne voulais pas me moquer. J'ai juste été... surpris et mon esprit s'est emballé. Tu sais bien que je parle et agis toujours avant de réfléchir. Je suis content que tu sois heureux, vraiment.

- Tu agis toujours comme ça de toute façon. Pourquoi suis-je si en colère...

- Je ne sais pas. Toi dis-moi. Et ouvre-moi s'il te plaît, je n'ai jamais aimé parler aux portes. »

La porte s'ouvrit et Remus me dit :

« Je n'ai pas aimé et mon loup non plus, que tu parles comme ça de Draco et moi. Alors quand tu t'es moqué de lui... J'aime Draco et tout ce que je peux faire avec lui ne regarde que nous. Évite juste de... dire ce genre de chose à l'avenir.

- D'accord. Je suis désolé, vraiment. Je suppose que j'ai juste un peu de mal à me faire à l'idée. Mais je suis heureux pour toi. Et Mal… Draco n'a pas l'air trop mal, finalement.

- Il n'est pas ce qu'il parait, crois-moi. Et sinon, avec Severus ? Tu as pu discuter avec lui ?

- Discuter ?! Oui, on peut dire ça. »

Je laissai échapper un rire nerveux et me grattai la nuque, un peu gêné malgré tout de parler de ma "relation" avec Severus avec lui.

« Bon, on ferait mieux de redescendre avant que Draco ne commence à être jaloux.

- Jaloux ?! Au fait rassure-moi, tu n'as parlé de rien avec lui qu'il pourrait utiliser contre moi, n'est-ce pas ?! Parce que les anecdotes sympathiques quand j'étais mort, c'est bien mais je suis vivant finalement.

- Non, je dois t'avouer que je parle rarement de toi. Ça fait remonter de lourds souvenirs.

- Tu m'as manqué aussi Moony, mais je suis là maintenant. Et je n'ai pas prévu de repartir de sitôt. »

POV Draco

Je donnai son biberon à Teddy tout en observant mon parrain.

Remus m'avait entrainé à l'étage parce qu'apparemment, ils avaient besoin de parler. Nous étions allés dans la salle de bains et même si j'avais voulu poser plus de questions, il avait fermé la porte et s'était jeté sur mes lèvres après m'avoir dit que mon parrain m'en parlerait si je voulais.

J'avais commencé à protester mais il m'avait ensuite proposé de le prendre et j'avais été bien trop excité pour penser à quoi que ce soit d'autre. Sauf qu'avant qu'on arrive au bout, Sirius avait hurlé et Remus était descendu, m'affirmant que sinon, son idiot de meilleur ami allait rappliquer. Alors je l'avais libéré et avais pris quelques minutes pour me calmer.

Je revins au moment présent et fronçai les sourcils en voyant mon parrain plongé dans ses pensées.

« Il y a quelque chose dont tu voudrais me parler ? Le questionnai-je.

- Non et toi ? »

Je claquai la langue contre mon palais, agacé, et répliquai :

« Je vais donc poser la question autrement. Il se passe quoi entre Black et toi ? »

Il soupira et répondit ensuite :

« On s'est embrassé. »

Je me figeai et clignai des yeux plusieurs fois alors que l'information faisait doucement mais sûrement son chemin dans ma tête. Teddy repoussa le biberon que je posai sur la table tout en réfléchissant. Je devais me comporter comme un adulte, pas d'exclamations exagérées, pas d'insultes sur Black et pas de voix qui part dans les aigües. Je pouvais faire ça, j'étais un Malfoy après tout.

« Pourquoi ?

- Parce que... nous l'avions déjà fait à Poudlard, lors de notre sixième année.

- J'ai embrassé Parkinson lors de ma sixième année, ce n'est pas pour ça que je vais recommencer dans vingt ans. Et... je croyais que vous vous détestiez.

- Nous nous détestons, affirma-t-il. Et nous n'avions pas recommencé depuis. C'est juste... un moment d'égarement.

- Hm hm. Je déteste Potter et il ne me viendrait jamais à l'idée de l'embrasser, même pendant un... moment d'égarement. Je sais que tu passes ta vie à mentir à cause de ton double-jeu vis-à-vis de l'Ordre et du Mage Noir mais... et si tu disais la vérité, pour une fois ?

- Très bien, très bien. Il se peut qu'il m'ait embrassé en sixième année avant de se moquer moi. Il se peut aussi que j'ai aimé ce baiser malgré tout. Et que... Black se soit excusé avant de me sauter dessus. Ce ne sont bien sûr que des possibilités.

- Bien sûr. Et si ces possibilités s'avéraient être réelles, comment te sentirais-tu ?

- Je serais perdu. Assurément.

- Hm. »

Je réfléchis à la situation et me mordis la lèvre. L'ancien moi lui aurait dit de ne pas s'embêter avec Black et de ne surtout pas lui faire confiance, encore moins sentimentalement. Mais l'ancien moi n'aurait jamais aimé être lié à un loup-garou.

Avant que je n'aie pu y penser plus amplement, Remus et Black revinrent bras-dessus bras-dessous et je haussai un sourcil en direction de mon compagnon, surpris qu'il ait pardonné aussi vite.

D'accord, c'était moi le rancunier dans l'histoire mais j'avais toujours autant de mal à comprendre et accepter le fait que Remus puisse pardonner tout et n'importe quoi, enfin presque, en un rien de temps.

Je baissai les yeux sur Teddy et remarquai qu'il s'était assoupi. Je souris légèrement, attendri par sa mine endormie. Je me tournai ensuite vers les trois hommes qui s'observaient sans rien dire et levai les yeux au ciel avant de demander :

« Bon, alors Black est en vie, on est tous ravis pour lui. On fait quoi maintenant ?

- Je vous conseillerais de rester tous cachés ici encore un moment, répondit en premier Severus.

- Quoi, c'est ce que vous faites depuis tout ce temps ? Intervint Sirius. Rester cachés ?

- C'est toujours mieux que d'être morts, rétorquai-je immédiatement, agacé.

- Je ne tiens pas à mettre Draco en danger et pour le moment, nous ne pouvons rien faire. Tant qu'Harry n'aura pas... »

Mais Remus se tut, regardant mon parrain.

« Tant qu'Harry n'aura pas quoi ? Reprit Sirius alors que je fronçai les sourcils.

- Oui c'est vrai ça, tant que Potter n'aura pas quoi ? »

Une fois de plus, je sentais que j'étais mis de côté et ça m'agaçait prodigieusement.

« Remus, intervint Severus. Tiens ta langue ou je te castre. Tu ne devrais déjà pas être au courant et cela peut nous conduire droit vers une défaite. »

Je lançai un regard noir à mon parrain mais ce dernier me regarda sans fléchir alors je m'énervai plus encore. J'en avais définitivement marre des secrets.

« Quoi ? Je ne suis pas assez digne de confiance ? Toi aussi tu crois qu'à la première occasion je vais retourner vers le Mage Noir et lui raconter tout ce que j'aurais appris ici ?

- Non, je crois que si tu avais la malchance de te faire prendre par des Mangemorts, il ne ferait qu'une purée de ta tête, en extirpant chaque information utile, par la torture s'il le faut, te gardant en vie comme il lui plaira. »

Je grinçai des dents et me relevai brutalement :

« Merci Severus de ton analyse si pertinente ! Je sais que j'ai de grandes chances de finir écartelé entre les mains de Tête de Serpent, pas la peine de me le rappeler. Et je suis ravi de voir à quel point cela t'importe, ça fait plaisir, vraiment. Si tu veux, quand il commencera à me torturer, je lui demanderai de t'envoyer une invitation, pour que tu puisses également profiter du spectacle ! »

Teddy s'agita, se réveillant et je le serrai contre moi en retenant les larmes de colères et d'impuissance qui menaçaient de s'échapper de mes yeux.

Je savais déjà tout ça et j'avais tout fait pour ne pas y penser, mais Severus, mon soi-disant parrain, s'était fait un devoir de bien me les rappeler. Comme si je n'étais pas déjà au courant que si Voldemort me récupérait, je n'aurais plus qu'à prier pour qu'il me tue vite. J'aurai de toute façon une mort douloureuse, que ce soit maintenant ou plus tard.

Parce que même si on gagnait la guerre, Remus étant plus vieux, il allait forcément mourir avant moi. Bon sang, je m'étais pourtant promis de ne pas penser à ça. J'avais le temps de toute façon. Enfin, si on gagnait la guerre et si Voldemort ne nous trouvait pas d'ici là et si on ne se faisait pas tuer pendant une bataille ou l'explosion probable de Poudlard à un moment ou un autre.

Il fallait vraiment que j'arrête de penser au pire tout le temps. Sauf que c'était beaucoup plus facile quand mon parrain ne s'amusait pas à me le rappeler.

« Arrête de dire des sornettes ! Je tiens à toi et je ne souhaite pour rien au monde qu'il t'arrive quoi que ce soit, tu es ce que j'ai de plus cher au monde Draco ! Et si tu restes ici jusqu'à ce que notre camp ait une chance de vaincre le Mage Noir, tu n'auras plus rien à craindre. Je te protège justement. Et si tu te faisais prendre, je ne suis même pas sûr de ne pas tout envoyer promener juste pour te sauver la vie, au péril de la mienne. Tu m'entends ?! »

Il semblait en colère, son visage rougit et les yeux assassins.

« Oui c'est bon, pas la peine de t'exciter ! Vous me gonflez avec vos secrets et je n'aime pas qu'on me rappelle ce qui va m'arriver si j'ai le malheur de sortir d'ici. Et tu m'excuseras de ne pas toujours te croire quand tu dis vouloir me protéger. Tu as assisté à certaines des punitions que mon père me donnait quand j'étais enfant et tu n'as jamais daigné intervenir. En plus, tu es son meilleur ami si je me souviens bien, ou alors ça aussi c'est un mensonge ?! Tu vois, je ne sais plus. »

J'avais définitivement un problème avec la confiance et ces mois d'enfermements commençaient à me peser. Je n'avais jamais été du genre à apprécier sortir sans raison mais une fois de temps en temps, ça ne pouvait pas faire de mal. Je me rapprochai de Remus et collai mon dos contre son torse alors qu'il passait son bras autour ma taille et déposai un baiser sur ma tempe. Si seulement Potter pouvait aller un peu plus vite et tuer Voldemort dans les prochains jours.

« Tu veux la vérité ? S'exclama Severus. »

Il se leva et frappa son poing sur la table, faisant sursauter Teddy, qui ne se mit heureusement pas à pleurer.

« J'ai été proche de ton père, pensant que nous étions amis. J'ai vite compris qu'il ne l'était pas et ne le serait probablement jamais. Lucius n'a pas d'amis, juste des gens dont il se sert. Et puis, tu es né... et il m'a choisi moi, pour être ton parrain. Draco, te tenir dans mes bras, si petit... c'était un vrai cadeau de la vie, malgré tout le mal que j'avais déjà pu faire. Et quand les Potter sont morts, Albus m'a ordonné de rester auprès de vous. Mais jamais, jamais je n'en aurais fait autrement. J'ai veillé sur toi, éloignant Lucius dès que je le pouvais, pour qu'il évite de trop te maltraiter. Et chaque coup de canne que tu recevais, étaient comme des coups de poignards pour moi. Mais je ne pouvais rien faire, tu comprends. J'aurais dû être comme lui, comme tous ces Sang Pur Mangemort, mais... »

Il se tut, se frottant le visage, semblant fatigué.

« J'ai fait un serment inviolable de ne pas te laisser tuer Albus, de le faire à ta place. J'ai mis ma vie en danger pour toi. Tu es comme le fils que je n'aurai jamais et je suis fier de toi. Tu restes fort, tu t'entraines, tu ne baisses pas les bras. Mais tu es aussi si pressé et prompt à t'énerver rapidement. Seulement, crois-moi quand je te dis que ce que Remus et moi te cachons est très très important. Seul Albus, Potter, Remus et moi sommes au courant. Et c'est déjà deux personnes de trop. Albus a failli me lancer un Oubliette quand j'ai deviné. Albus, l'homme qui avait le plus confiance en moi. Comprends-tu ?

- Ce n'est pas parce que je comprends que je n'ai pas le droit d'en être énervé, répliquai-je plus calmement cependant. Et comment exactement étais-je censé deviner tout ça ? Tu ne me l'as jamais dit et je n'ai pas de pouvoirs de divination Severus, excuse-moi du peu. »

Ces mots m'avaient touché et j'étais heureux de constater qu'il tenait réellement à moi et que ce n'était pas un autre rôle qu'il jouait. Mais il continuait de me dissimuler des choses et même si je comprenais ses raisons, j'avais du mal à l'accepter.

« Bien, je crois que j'ai eu beaucoup d'émotions pour aujourd'hui et si je ne rentre pas au château, ma disparition va paraître suspecte. Je vous laisse donc.

- Est-ce qu'on pourra continuer notre conversation ? Lui demanda Sirius en faisant un pas vers lui. S'il te plaît. »

Severus se massa les tempes, vraiment fatigué.

« S'il te plaît, répéta Black. Même plus tard, dans quelques jours si tu veux. »

Black avait l'air plutôt désespéré et il me faisait un peu pitié comme ça. Si bien qu'en voyant que mon parrain ne répondait pas, je me permis d'intervenir :

« De toute façon, tu reviens dans une semaine pour nous apporter à manger non ?

- Sev ! Dit Teddy en se retournant pour jeter un coup d'œil à mon parrain. Manger.

- Oui, je reviendrai, dit-il avant de venir me saluer et de quitter la cuisine. »

Je déposai Teddy dans les bras de Remus et partis rapidement à la suite de mon parrain. Je le rattrapai alors qu'il passait la trappe et lui dis :

« Sev ! Je... merci d'être là.

- Moi aussi je t'aime Draco. »

Je lui souris et l'aidai à refermer le panneau de bois puis retournai à la cuisine pour rejoindre Rem et Black.

« Alors, hésitai-je en regardant ce dernier, je suppose que vous allez rester là un moment ?

- Et bien, je ne voudrais pas déranger, répondit-il en jetant un coup d'œil à Remus.

- C'est le seul endroit où je sais que tu seras en sécurité. Peux-tu nous laisser Draco et moi ?

- Bien sûr je... je vais aller me laver, dit-il avant de sortir de la cuisine. »

Quand il fut parti, Rem me prit dans ses bras, me serrant contre lui, sa tête posée sur mon épaule.

Je me laissai aller dans son étreinte et le serrai à mon tour, Teddy entre nous deux.

« Ne crois pas que je n'apprécie pas l'attention, murmurai-je en caressant ses cheveux, mais c'est en quel honneur ?

- J'essaie de te faire rester calme à l'idée que Sirius reste avec nous, est-ce que ça marche ? Avoua-t-il. »

Je ris doucement et tirai sur ses cheveux plus ou moins délicatement pour pouvoir poser mes lèvres sur les siennes. Je l'embrassai doucement et Teddy se mit à rire en tapant dans ses mains alors je me reculai et observai l'enfant. Je relevai ensuite les yeux vers Remus et dis :

« Disons que c'est en bonne voie. Tu savais qu'il s'était jeté sur Severus pour l'embrasser ? C'est quand même fou ce nouvel engouement qu'ont les Gryffondor pour les Serpentard.

- Vous devez être irrésistibles alors, souffla-t-il avant de m'embrasser à nouveau. »

Je ris contre ses lèvres puis ouvris la bouche pour laisser sa langue rejoindre la mienne. Teddy demanda à descendre et Remus le posa au sol.

À peine s'était-il relevé que je repris ses lèvres, glissant mes mains dans son dos pour l'attirer à moi plus encore. Il me souleva du sol et j'entourai ses hanches de mes jambes en passant mes bras autour de son cou. J'agrippai une fois de plus ses cheveux, adorant leur texture et sentir Rem se tendre sous moi quand je tirais dessus. Je repensai à notre essai avorté plus tôt dans la salle de bains et il ne m'en fallut pas plus pour durcir.

Je me séparai de ses lèvres et embrassai sa mâchoire et son cou avant de murmurer à son oreille :

« S'il garde Teddy une fois de temps en temps pour que je puisse t'avoir rien qu'à moi, je suppose que j'arriverais à le supporter.

- Oh, il n'aura pas le choix ! »


Nous espérons que ce dixième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p

Abby and Jes