Me revoilà après de nombreuses semaines d'absence et surtout un retard monstre : toutes mes vacances loin de tout, sans technologie donc pas possible de publier, après la rentrée et surtout, je l'avoue, beaucoup de flemmardise et un petit manque d'inspiration... Je m'excuse vraiment pour ce retard ! Mais je reste toujours agréablement surprise des reviews laissés, qui me font toujours extrêmement plaisir ! A la base j'avais prévue de faire deux chapitres pour conclure cette histoire, mais finalement je les ai regroupé en un (question de cohérence). Mais je vous rassure (ou pas), j'ai plusieurs petits OS sous la main, que je posterais à partir de ce soir ou demain, et un autre, en cours d'écriture qui devrait s'avérer plus long.
Sur ce, je vous laisse découvrir la fin !
Quinn POV
Je l'ai fait. Devant le Glee Club, certes, mais fait. Je me suis assumée. Maintenant, la prochaine étape : le faire au lycée. Car il y a une grande différence. Mais tant pis. Je veux juste être heureuse, et personne ne m'en empêchera.
Mes pas me mènent naturellement au casier de Rachel où je l'y aperçois, en train de ranger consciencieusement ses livres. Je m'approche discrètement d'elle, par derrière, et lui enlace la taille avant de lui murmurer à l'oreille « Salut toi... » Elle sursaute et, sous l'effet de la surprise, referme violemment son casier. Je ris légèrement et elle se retourne dans mes bras avec l'intention de me réprimander mais je coupe court à toutes ripostes verbales de la meilleure façon que je connaisse. Je la plaque avec douceur contre son casier pour l'embrasser et l'effet ne se fait pas attendre : elle se détend immédiatement et passe ses mains autour de mon cou.
« Hey... » Quand nous nous séparons, son sourire vaut bien tout l'or du monde. C'est la première fois que nous nous embrassons en publique, sans compter Glee, et je sais qu'elle en est fière. Moi aussi. Je tourne légèrement la tête et aperçois une bonne partie du couloir qui nous fixe, surpris. Les murmures fusent de partout, et je sais que la rumeur s'est déjà répandue dans tout le lycée, comme une traînée de poudre.
Je me détache de Rachel et m'avance au milieu du couloir. Masque froid en place, je m'adresse à eux d'une voix claire. « S'il y en a un que ça dérange, qu'il n'hésite surtout pas à se manifester. » Ils nient tous d'un signe de tête et commencent à partir, non sans cesser de murmurer.
« Moi, ça me dérange ! » Je n'ai même pas le temps de voir qui vient de parler qu'un liquide visqueux et bleu se répand sur moi. Il coule, pénètre sous mes vêtements et me glace de la tête au pied. Rachel pousse un petit cri de surprise et se précipite sur moi. Je l'arrête d'un geste de la main avant de m'essuyer les yeux. Ça brûle, c'est froid, désagréable et horriblement humiliant. Comment Rachel a-t-elle fait pour supporter ça ?
Quand j'ai ôté le plus gros du slushie de mes yeux, je peux enfin voir ce qu'il se passe. Tous sont figés et attendent la suite. Un silence pesant est tombé sur le couloir, interrompu par le rire gras de mon agresseur : un joueur de hockey, grand, l'air idiot, qui tient un gobelet vide à la main.
Mon sang ne fait qu'un tour et je laisse libre court à ma colère. Je me jette sur lui et le plaque violemment contre un casier, malgré sa grande taille, avant de le saisir par le col de sa veste. « Quinn ! » J'entends la voix de Rachel mais n'y prête pas attention, concentrée sur toutes les menaces de morts qui me traversent l'esprit en ce moment-même. « Et qu'est-ce que tu comptes faire, Fabgay ? » Il sourit et affiche un air arrogant. Je resserre ma prise et mon poing vient s'écraser avec violence contre le casier, à seulement quelques millimètres de son visage. « Ose faire ça encore une fois, et la prochaine fois je prendrais soin de ne pas rater ta tête de crétin ! » Il perd un peu de son assurance face à ma réaction mais affiche toujours ce sourire arrogant. Il se rapproche légèrement de mon oreille et murmure « Et puis, t'afficher avec Berry... Tu aurais pu choisir mieux... » Ni une ni deux, j'arme mon poing, prête à lui faire payer. Qu'il s'en prenne à moi est une chose, mais qu'il insulte Rachel...
Au moment où mon poing aurait pu anéantir son sourire d'idiot, deux bras forts me tirent brusquement en arrière, me faisant manquer ma cible. Sur le côté, j'aperçois Rachel qui me dévisage avec une expression indéchiffrable tandis que je me débats pour tenter de me dégager.
« Le spectacle est terminé, rentrez chez vous ! » La voix de M. Schuester résonne et tout le monde obéit, même le joueur qui part en me lançant un regard provoquant mais teinté d'une légère peur malgré tout. « Quinn, calme toi. C'est bon, il est partit. » Il me lâche enfin, et me regarde durement. « Peut-on savoir pourquoi étais-tu sur le point de le frapper ? » Son regard passe de Rachel à moi, puis il semble enfin remarquer que je suis couverte de slushie. « Oh... Je comprends. Rentrez chez vous, je vous dispense du Glee Club. » Il essuie distraitement le liquide bleu qui s'est collé à son gilet et nous fait un signe de la main, sourire compatissant aux lèvres. Rachel me traîne jusqu'à sa voiture et j'hésite à monter. « Je vais salir. » Elle soupire et me fait signe que c'est bon. « Ce n'est rien, monte. » J'obéis sans rien dire devant son air plutôt sévère. Qu'est-ce qu'elle a ?
Le voyage se fait dans le silence total. Je lui jette quelques coups d'œil furtifs, mais elle reste concentrée sur la route. Une fois arrivées devant chez moi, elle me suit à l'intérieur et part dans ma chambre tandis que je file directement à la salle de bain. Je prends bien soin de me laver les cheveux plusieurs fois : les cheveux roses, oui, mais bleus, hors de question !
Une fois propre, je retourne voir Rachel et la découvre assise en tailleur sur mon lit, le menton appuyé sur ses mains. Nous nous dévisageons pendant un moment, sans rien dire. Je ne sais pas trop comment réagir, son attitude me laisse perplexe. C'est elle qui finit par briser le silence. « Tu n'aurais pas dû le frapper. » Oh. Le problème est donc là ?
« Je ne l'ai pas frappé. Mais j'aurais dû...
- Non.
- Il m'a humilié !
- Ce n'est pas une raison !
- Il t'a insulté. »
Elle change légèrement de positon et je vois l'esquisse d'un sourire sur son visage à l'annonce que j'ai agi de cette façon en partie pour la défendre. Mais son visage se fige rapidement dans une expression plus sévère et sérieuse.
« Tu sais très bien que la violence n'est pas une solution.
- Donc selon toi, j'aurais dû me laisser faire ?
- Tu n'avais pas à agir de la sorte !
- Si ! Il le méritait amplement !
- Si j'avais frappé toutes les personnes qui m'ont recouverte de slushie, une bonne partie du lycée y serait passée ! Donc je continue de penser que tu n'aurais pas dû agir de la sorte. »
Le poids de la culpabilité et des regrets m'écrase soudainement. Directement ou indirectement, j'ai contribué à son calvaire... Elle semble sentir mon malaise car elle se lève lentement et me prend dans ses bras. « Excuse-moi... Pour tout... Absolument tout... » Ma voix est faible et elle resserre son étreinte autour de moi. Elle lève la tête et les yeux chocolat me fixent, vérifiant que j'ai bien toute son attention. « Je t'ai déjà pardonnée pour tout ça. Mais pour ce qui s'est passé tout à l'heure, je veux que tu me fasses la promesse de ne jamais recommencer. Je ne plaisante pas. » J'hésite un instant avant de répondre car je comptais bien me venger. Et pas quelque chose de tendre. Mais son regard est plus que déterminé et je sais qu'elle ne me lâchera pas tant que je n'aurais pas cédé à sa demande. « Promis... » Elle me sourit, satisfaite et m'embrasse légèrement.
« Tu veux savoir le point positif dans tout ça ? » Je hoche la tête, curieuse. « Tu es plutôt sexy quand tu es en colère... » Je ne peux m'empêcher de sourire devant sa remarque et l'air malicieux qu'elle affiche. Je me colle un peu plus à elle et me contente d'effleurer ses lèvres. « Moi, je te trouve sexy en permanence... » Le baiser qui suit est plus passionné.
Je la sens tirer un peu sur mes vêtements et nous faisons lentement notre chemin vers le lit. Elle butte contre ce dernier et atterrit sur le dos, moi au-dessus d'elle. Nous nous regardons pendant un moment, en silence. Puis je l'embrasse. Je l'aime, Dieu que je l'aime.
Soudain, on toque à la porte. Nous sursautons en même temps quand la voix de ma mère se fait entendre. « Quinnie ? » La porte s'ouvre, et Rachel se redresse brusquement tandis que je tente de m'éloigner le plus possible d'elle. Nos deux mouvements combinés ont pour effet de me projeter hors du lit et ma mère entre à ce moment, nous découvrant ainsi : Rachel, debout, se tenant droite, les joues légèrement rouges et moi, étalée par terre, sans aucune raison apparente.
« Oh, je dérange ?
- Non, non, nous étions en train de... »
J'aperçois un manuel d'histoire posé négligemment par terre, et le brandis tout en me relevant. « ...En train de réviser ! » Elle me lance un regard plus que suspicieux, cherchant sûrement pourquoi j'étais allongée sur le sol, avant de couler un regard en direction de Rachel. Je me tourne vers cette dernière, elle n'a pas bougé et reste, fait surprenant, silencieuse.
« Maman, je te présente-
- Rachel, je suppose ? »
J'acquiesce d'un mouvement de tête et elle serre poliment la main de Rachel. « Et Rachel, je te présente ma mère, comme tu aurais pu le deviner.
« Enchantée de faire ta connaissance, Rachel.
- Le plaisir est pour moi Mme Fabray.
- Oh, appelle-moi Judy !
- Comme vous voudrez ! »
Elle continue de sourire et nous regarde à tour de rôle avant de déclarer :
« Bon... Je vais vous laisser travailler alors... Restes-tu dîner Rachel ?
- Oh, ne vous dérangez pas pour moi. Je comptais partir de toute façon. »
Ma mère part devant et je me retrouve seule avec Rachel. Nous nous observons un instant, gênées. Elle s'avance vers moi, pose ses mains de part et d'autre de mon visage et lance un dernier regard prudent en direction de la porte avant de m'embrasser avec douceur. Puis je la raccompagne à l'entrée, où ma mère nous attend.
« Bonne soirée Mada- Judy !
- Au revoir Rachel !
- À demain Quinn. »
Elle se hisse sur la pointe des pieds et m'embrasse sur la joue. Je lui souris et la regarde partir. Quand je ferme la porte, j'aperçois le regard que ma mère me lance. Elle part sans dire un mot, en direction du salon. C'est peut-être le moment de lui dire. Je la retrouve assise sur le canapé, devant la télévision. Je l'observe pendant un moment. Et si elle réagit mal ? Si je me retrouve à la porte encore une fois ? Je ne suis pas sûre de pouvoir retraverser ça... Depuis que mon père est parti, elle a changé, c'est sûr. Mais au point d'accepter que sa fille est gay ?
Je prends une profonde inspiration, et me place devant elle.
« Maman ? Est-ce que je peux te parler ?
- Oui, bien sûr. »
Elle éteint le poste et doit voir mon état d'esprit sur mon visage car elle me demande « Rien de grave j'espère ? » Je ne réponds pas, pas vraiment sûre de la réponse et me contente de m'asseoir.
« Quinnie ?
- Ce n'est pas vraiment simple à dire...
- Je suis ta mère, tu peux tout me dire...
- Maman, je... Je suis gay. »
Je peux voir l'effet de mon annonce se répercuter sur elle. Ses mains se resserrent sur ses vêtements, ses yeux s'écarquillent et l'expression sur son visage passe de l'inquiétude à la surprise. Un silence pesant suit mon annonce et je commence sérieusement à avoir peur. Je n'ose même plus bouger.
« Je ne m'attendais pas à ça... Mais si tu es heureuse ainsi... Je t'aimerais toujours Quinn, je veux que tu saches ça. Je n'ai peut-être pas été à la hauteur dans le passé, mais tout ça a changé. Je serais toujours là pour toi, je te le promets... »
C'est à mon tour d'être surprise. Je me lève et pars me blottir dans ses bras, les larmes aux yeux. Si je m'attendais à ça... C'est comme si un poids venait de partir, je me sens légère. Je sens ses bras se resserrer autour de moi, il y a tellement longtemps que nous n'avions pas fait ça...
« Je suis fière de toi. Que tu aies eu le courage de me le dire. » Quand je me sépare d'elle, je peux voir quelques larmes briller dans ses yeux.
« Je peux te demander juste une chose ?
- Oui ?
- La personne dont vous parliez avec Santana, l'autre jour, à l'hôpital... C'est Rachel ?
- Oui... Comment as tu su ?
- L'intuition maternelle je suppose... Je n'étais pas sûre de la nature de votre relation, maintenant je suis fixée. Mais je suis contente. Elle a l'air d'être une fille bien.
- Et elle l'est, vraiment...
- Tant que tout ce passe bien pour toi, que tu es heureuse.
- Merci maman. »
C'est le cœur léger que je remonte dans ma chambre. J'hésite à envoyer un message à Rachel, pour l'en informer. Non, je lui dirais demain, de vive voix. En revanche, il y a autre chose que j'ai envie de faire mais que je ne pourrais malheureusement pas. Du moins pas toute seule. Il me faut de l'aide.
De Quinn : J'ai besoin de toi S.
La réponse ne se fait pas attendre.
De Santana : Tu ne peux pas te passer de moi hein ? Je t'écoute.
De Quinn : Joueur de hockey, grand, brun, baraqué, idiot, numéro 9 de l'équipe.
De Santana : Je ne savais pas que Finn avait intégré l'équipe de hockey... Hahaha !
De Santana : Plus sérieusement, qu'est-ce qu'il a fait ?
De Quinn : Slushie, provoc', insultes...
De Santana : Aaaah j'en ai entendu parler. Pourquoi tu ne peux pas t'en occuper ?
De Quinn : Interdiction de Rachel...
De Santana : Qui aurait cru que Quinn Fabray se plierait aux ordres du nain ?
De Quinn : S. !
De Santana : Je m'en occupe demain, tu ne serais pas déçue Q.
C'est le cœur tranquille que je m'endors.
« Je l'ai dit à ma mère. Pour nous deux.
- Oh. Et comment ça s'est passé ?
- Elle trouve que tu es quelqu'un de bien, et elle est heureuse pour moi.
- C'est vrai ? Je suis tellement contente ! »
Elle me serre dans ses bras et je la vois rayonner, littéralement. Visiblement la nouvelle ne fait pas plaisir qu'à moi.
« D'ailleurs, tant que l'on parle de nos parents... » Mais je perds le file de la conversation, concentrée sur ce qui se trame dans le dos de Rachel. Mon agresseur d'hier vient de traverser le couloir et disparaît de mon champ de vision. Derrière lui, Santana apparaît à la tête d'un groupe de Cheerios, toutes armées de slushies bleus. Dire que je jubile est un euphémisme. Santana croise mon regard et me fait un bref signe de tête. Je peux retourner à ma conversation avec Rachel, ma vengeance va être assouvie.
« Et c'est à ce moment qu'une magnifique fille m'a embrassé langoureusement...
- Hein, quoi ?
- C'est bon ? Tu es avec moi ?
- Qui t'a embrassé ?!
- Mais personne Quinn ! C'était seulement pour que tu réagisses car il me semble que tu as légèrement décroché...
- Ah... Euh... Je... Oui, oui... Désolée... »
Je rougis furieusement, honteuse, et Rachel roule des yeux avant d'éclater de rire.
« Donc c'est bon, ai-je toute votre attention Mlle Fabray ?
- Oui Madame !
- Je disais donc que mes pères aimeraient t'inviter à dîner.
- Tes pères ? À dîner ? Moi ? Mais quand ? Pourquoi ?
- Eeeeeh ne panique pas ! Ils ont juste envie de te rencontrer. Ce soir se serait bon ? Et tu pourrais peut-être rester dormir à la maison ?
- Euh... Je ne sais pas, je dois voir ça avec ma mère... Mais, est-ce qu'ils sont au courant pour nous deux ?
- Non... Je ne leurs ai pas encore dit... Et j'aimerais justement que cette soirée leur permette d'apprendre à te connaître, avant que je ne leurs annonce. »
Je hoche la tête en signe de compréhension avant d'envoyer un rapide texto à mère. Elle est d'accord. Ce soir, je dîne chez les Berry.
POV Rachel
La rouge. Non, la bleue. Quoi que... Cela va bientôt faire un bon quart d'heure que je suis en sous-vêtements, devant mon miroir, à hésiter entre deux robes. Quinn vient dîner à la maison ce soir, c'est la première fois et je veux que tout se passe au mieux. Surtout avec mes pères. Ils ne sont pas au courant que nous sommes ensembles, mais ils savent que je tiens beaucoup à elle.
Mais cela ne résout toujours pas mon problème de robes. Je les accroche de part et d'autre du miroir afin de pouvoir avoir un peu de recul. La bleue fait plus habillée que la rouge, plus légère. Laquelle plaira le plus à Quinn ? Je soupire et m'assoie sur mon lit.
« Un problème chaton ? »
La tête de papa L apparaît par la porte entrouverte et je l'invite à entrer, nullement gênée par ma « tenue ». Mes pères et moi sommes très complices, voir un peu plus avec papa L. Mais la différence n'est pas grande. Toujours est-il que ce genre de situation ne me gêne pas plus que ça, et eux non plus, visiblement.
Je lui fais une place et il vient s'asseoir à mes côtés. Je lui montre d'un geste de la main le miroir où sont suspendues les deux robes, et lui demande « Qu'en penses-tu ? »
Il regarde attentivement les deux, puis fixe mon reflet un peu plus longtemps avant de m'annoncer, le visage sérieux « Je ne sais pas quelle relation vous entretenez avec Quinn, mais il est hors de question que je te laisse l'accueillir en sous-vêtements ! »
Un silence accueille sa remarque, je me raidis, le visage brûlant, et le fixe, choquée. Son regard rencontre le mien dans le reflet du miroir. Il a toujours cette expression horriblement sérieuse. Puis un sourire se dessine enfin sur ses lèvres avant qu'il n'éclate littéralement de rire. « Je plaisante ma puce ! » Très drôle... Je ris légèrement, et me détends considérablement. Il se calme et pose ses mains sur mes épaules avant de me sourire. « Peu importe ce que tu mettras, tu seras toujours magnifique... Et je suis sûr que ça plaira à Quinn. » Je rougis légèrement et m'approche de lui pour l'entraîner dans un câlin.
« Je peux vous réquisitionner pour le repas ? »
Nous nous tournons en même temps pour observer papa H qui se tient dans l'encadrement de la porte, vêtu d'un tablier. Papa L m'embrasse sur le front et se lève pour aller mettre la main à la pâte. Une fois sorti de ma chambre, je lance à l'attention de mon autre père « Je finis de me préparer et j'arrive. » Il me sourit et me regarde pendant un temps avant de me dire « La rouge. Elle met ton teint en valeur. » Il me fait un clin d'œil et ferme la porte derrière lui.
Une fois prête, je descends pour rejoindre mes pères dans la cuisine. J'entends papa L chantonner, et me décide à entrer, joignant ma voix à la sienne. Les deux me sourient avant que papa H ne me dise « Voilà du renfort ! » Il me tend alors des assiettes que je dispose sur la table. « C'est bientôt l'heure, j'espère qu'elle n'est pas comme Finn et qu'elle comprend le sens du mot ''ponctualité'' ! » J'attrape les couverts qu'il me tend et m'empresse de répliquer « Tout d'abord Finn n'était peut-être pas très ponctuel mais ce n'est pas vraiment de sa faute. Disons qu'il est un peu... lent de nature. Et puis Quinn est différente, je ne vois même pas l'intérêt de la comparer à Finn ! C'est incomparable... »
Mes pères s'échangent un sourire complice que je trouve bien trop suspect à mon goût. Je regarde la pendule et pries intérieurement pour que Quinn ne soit pas en retard. Quand elle indique 20h, mes prières se font plus fortes. La ponctualité est une règle à laquelle mes pères ne manquent pas. On sonne à la porte. Je vais ouvrir, enfin je me précipite pour ouvrir serait un terme plus exacte.
Quand j'ouvre, elle est là, belle, resplendissante, comme toujours. Un sourire illumine mon visage tandis que je ne peux m'empêcher de la détailler : elle porte un jean que je qualifierais de moulant, assorti d'un simple chemisier blanc et d'une veste grise. Simple et chic. Cette fille est parfaite.
Elle sourit timidement devant mon examen et jette un rapide coup d'œil derrière mon épaule. Puis elle m'embrasse au coin des lèvres avant de me glisser un « Tu es sublime. » dans le creux de l'oreille. Je rougis et la laisse poser ses affaires dans l'entrée. « Viens, mes pères sont dans la cuisine. » Je la prends par la main et la traîne derrière moi.
« Papas, je vous présente Quinn ! » Les deux se retournent pour saluer Quinn. Les remarques ne tardent pas à venir.
« Ah ! La fameuse Quinn Fabray !
- Depuis le temps que Rachel nous parle de toi ! »
Quinn me lance un sourire amusé tandis que je rougis légèrement. Puis ma blonde tend un paquet à mes pères, auquel je n'avais pas fait attention jusqu'à maintenant. « C'est pour vous. Ce sont des pâtisseries. » Papa H ouvre le paquet, suspicieux et Quinn s'empresse d'ajouter « Végétaliennes bien entendu ! » Papa L s'empare alors de la boite en souriant « Et en plus elle nous offre des gâteaux ! Nous aurions dû t'inviter bien plus tôt ! » Il rit à sa propre blague et je peux voir Quinn sourire. Le repas s'annonce plutôt bien.
Et en effet le dîner se passe à merveille ! Entre les blagues de papa L, les questions et les anecdotes de papa H, je n'ai même quasiment pas l'occasion d'adresser la parole à ma blonde ! Mais je la vois rire et le courant à l'air de vraiment bien passer entre eux trois. Comme si elle faisait déjà parti de la famille. Je n'ai pas le souvenir que tout se soit aussi bien passé à l'époque où Finn était venu manger pour la première fois à la maison. Avec Quinn, tout semble si naturel. Elle était hésitante au début mais désormais il n'y a plus aucune trace de gêne dans son attitude.
« Eh bien Quinn, que comptes-tu faire après le lycée ?
- J'aimerais intégrer Yale. »
Je ne peux m'empêcher d'intervenir. « Et tu l'intégreras sans problème ! » Elle roule des yeux et esquisse un sourire avant que mes pères ne continuent.
« Yale... C'est à New Haven, non ?
- Tu ne seras pas loin de New York et Rachel, alors ! »
Quinn et moi échangeons un sourire complice. Oui, nous serons proches et nous en avons déjà parlé. Nous comptons bien nous voir au moins une fois par semaine quand nous serons chacune dans notre université respective. Bien que la distance me fasse peur, je suis sûre que nous nous en sortirons. Et puis, nous avons encore le temps. Une chose est sûre, rien ne m'empêchera de voir celle que j'aime !
« Au fait, que font tes parents dans la vie ?
- Ma mère est agent immobilière à Lima.
- Et ton père ? »
Je vois clairement Quinn se tendre et resserrer sa prise autour de ses couverts. Son père à toujours était un sujet difficile. Ce qui est compréhensible. Avec tout ce qu'il s'est passé il y a deux ans... Je sais qu'elle n'a plus de nouvelles de lui depuis un bon bout de temps et qu'elle n'en veut plus. Nous n'en avons jamais vraiment parler car je sais le sujet sensible. Mais les rares fois où son nom est évoqué je peux voir la tristesse dans ses yeux. Tristesse qui est vite submergée par la colère... Je pose ma main sur sa cuisse et je la sens se détendre légèrement.
« Mon père est avocat. Enfin, je suppose qu'il l'est toujours...
- Je propose que nous mangions les pâtisseries que Quinn nous a apporté pour le dessert ! »
Mes pères, comprenant rapidement le pourquoi de mon intervention, ne se font pas prier pour disposer au milieu de la table la boîte contenant notre dessert qui est accueillie par plusieurs sourires. C'est sûr cette note plutôt appétissante que se termine le repas.
Je me lève et commence machinalement à débarrasser. Quinn fait de même mais je l'interrompe.
« Pose ça, je m'en occupe.
- Je peux t'aider, tu sais.
- Non, tu es notre invitée donc non !
- Bien chef ! »
Elle imite grossièrement un salut militaire ce qui provoque le rire de mes pères. Je lève les yeux au ciel alors qu'elle même se retient visiblement de rire « Tu n'as qu'à commencer à monter tes affaires, je te rejoins ! » Je me retiens de peu de lui dire qu'elle connaît déjà le chemin... Elle me sourit et me colle naturellement un baiser sur la joue avant de sortir de la pièce. Je la regarde partir, le sourire aux lèvres.
« Elle ne s'entend pas avec son père ? »
Je me tourne vers mes pères et m'adosse au comptoir.
« C'est compliqué...
- Mmh je comprends.
- Vous n'étiez pas non plus obligés de lui poser toutes ces questions.
- Nous n'avons rien demandé d'indiscret à ce que je sache. Et puis, je ne vois pas ce qu'il y a de mal à mieux connaître la personne avec qui sort notre fille. »
Je les regarde, bouche bée. Est-ce si flagrant que cela ? Ils semblent tous les deux amusés de la situation.
« Cela ne nous dérange pas. Et de ce que nous avons vu de Quinn, je suis sûre qu'il va être difficile de trouver mieux que cette fille.
- Papa...
- Bon allez, file ! Elle va t'attendre ! »
Je les embrasse tous deux rapidement avant de me précipiter hors de la cuisine. Alors que je ferme la porte, j'entends une bride de conversation :
« En tous les cas, elle ne nous avait pas mentit...
- Oui, cette jeune fille est vraiment charmante.
- Et d'une beauté rare ! »
Je souris malgré moi. J'en déduis que je ne devrais pas avoir de problème du côté de mes pères !
POV Quinn
J'entre dans la chambre de Rachel et pose mes affaires au pied du lit. Je contemple un instant la pièce avec attention. J'effleure un instant le mur contre lequel nous avons échangé notre premier baiser. Complètement ivres. Je grimace au souvenir et pars m'allonger sur le dos sur le lit. Je rougis furieusement en repensant à ce qu'il s'est passé sur ce lit...
C'est à ce moment que Rachel entre dans la chambre. Je me redresse lentement et la dévore du regard. Elle est tellement belle dans cette robe... Inconsciemment, je me mords la lèvre et je peux la voir rougir. Puis elle affiche un sourire radieux, m'embrasse légèrement et vient s'asseoir à côté de moi.
« Je suis heureuse que ce se soit bien passé.
- Il n'y avait aucune raison que cela se passe mal. »
J'ai passé une excellente soirée. Rachel n'avait pas mentit sur ses pères : ce sont réellement des gens bien plus que sympathiques ! Quand je vois la complicité qui les unie tous les trois, je ne peux que les envier. Il est vrai que pour moi, la notion de famille a perdu de son sens...
« Pyjama et film au chaud sous la couette? »
J'acquiesce en souriant. Une fois prête, je m'installe la première dans son lit et elle vient se glisser contre moi, entre mes bras. Je remonte la couette sur nous et la laisse lancer le dvd. Sans surprise, c'est une comédie de Broadway. Je suis plus fascinée par sa capacité à retenir tous les dialogues plutôt que par le film lui-même. Une fois ce dernier finit, elle se lève sans prévenir et part pour tout ranger. « Eh... » Elle me regarde en souriant et je me redresse pour l'attirer sur le lit. « Quinn... Laisse moi juste finir de rang-. » Je la coupe d'un baiser et elle abandonne visiblement rapidement l'idée de rangement. Je l'attire un peu plus contre moi, sans rompre le baiser, tandis que nous nous allongeons sur le lit. Quand nous nous séparons légèrement, elle vient se blottir dans mon cou et nous restons dans un silence confortable pendant plusieurs minutes.
Puis, lentement, elle commence à embrasser mon cou et je sens ses mains se faire un chemin sous mon T-shirt. Je frissonne au contact de ses doigts contre ma peau et elle sourit contre mon cou. Je la sens bouger et elle vient se placer juste au dessus de moi. Instinctivement, je pose mes mains sur ses hanches et me redresse pour l'embrasser. Tout en m'embrassant, je la sens tirer avec insistance sur mon haut. Je me laisse totalement faire et bientôt, mon T-shirt vient s'écraser sans bruit sur le sol. Rachel se redresse, et je peux presque sentir son regard brûler ma peau. Elle se mord la lèvre alors que son regard s'assombrit considérablement. Je brûle littéralement pour elle en cet instant.
D'un mouvement habile, j'inverse nos positions et nous mets à arme égale en lui ôtant son haut. Mes mains commencent à parcourir la peau mate en dessous de moi. Je dois toucher un point sensible car elle laisse échapper un gémissement qui fait grandir un peu plus mon excitation. Mais qui me ramène aussi à la réalité.
« Rachel... Ta porte est-
- Verrouillée...
- Et tes pères... ?
- En bas devant, la télé... »
Elle m'embrasse pour couper court à la conversation, mais je suis un instant en proie au doute.
« Tu es sûre que tu te sens prête ? »
Parce-que, techniquement, ce n'est pas notre première fois... Mais vu les circonstances de la dernière fois... « Quinn... » Elle affiche une expression des plus sérieuse, et, autre le désir, dans ses yeux, je peux voir beaucoup d'amour.
« Crois-moi, je ne me suis jamais sentie aussi prête... Par contre, si toi tu ne te sens pas...
- Si... Je le suis... Je veux juste que tu sois aussi à l'aise que moi... »
Elle affiche une mine attendrie et semble touchée par mes propos. Je lui souris timidement et ce qu'elle fait à cet instant chasse les quelques doutes que j'ai pu ressentir avant. Elle prend ma tête entre ses mains, approche légèrement son visage du mien et me murmure « Alors fais moi l'amour... ». Je n'ai jamais eu autant envie d'elle qu'en cet instant. Nous échangeons un baiser des plus passionnés, avant que le reste de nos vêtements finisse au sol. Je redécouvre son corps timidement, un peu maladroitement par moment, mais prends de plus en plus confiance. Pour la suite... Eh bien, je n'ai pas besoin de faire un dessin... Disons simplement que j'ai passé l'une des plus belles nuits de ma vie.
Tout ce que j'aurais à dire, c'est que, ce matin-là, en me réveillant avec Rachel dans mes bras, je ne me suis jamais sentie aussi complète. Quand je vois l'évolution de notre relation, je ressens une sorte de fierté. Malgré tous nos différents, tous les problèmes que nous avons pu rencontrer, nous avons réussi à nous trouver. Enfin. Nous sommes enfin heureuses.
Finito ! Personnellement, je ne suis pas entièrement satisfaite de la fin, mais je ne la voyais pas se finir autrement ^^
Je tiens à vous remercier infiniment, vous, lecteurs, reviewers, tous ceux qui m'ont suivi sur cette histoire ! Un grand merci à vous, vous avez été d'un grand soutien !
A une prochaine !
