Chapitre 10 : Echec… (Et mat ?)
Raiponce chez qui j'avais vu un léger sourire se dessinant sur son visage lorsqu'elle m'a offert son cadeau de mariage avait de nouveau le visage fermé où deux longues traces d'eau pouvaient se voir le long de ses joues. Je regardais avec compassion ma cousine qui sanglotait en silence. Depuis combien de temps étions nous capturés ? Je ne saurais dire, j'avais des courbatures à force d'être toujours dans la même position et il faisait nuit désormais, seul le feu aux loin de nos ravisseurs nous éclairaient légèrement. Nous étions placés bizarrement, j'étais aux côtés de Raiponce, et nous étions séparés de nos maris. Tous avions nos mains ligotées dans le dos et les militaires avaient pris soin de nous bâillonner après qu'ils m'aient entendu crier au petit bonhomme de neige qu'ils n'avaient pas repérés de s'enfuir. Eugène m'avait jeté un regard noir quand les gardes nous forçaient à nous taire et décidaient d'employer la manière forte pour ce faire. Qu'importe, je me demande bien d'ailleurs qui aurait pu nous entendre perdus dans cette forêt au milieu des montagnes ! Quoiqu'il en soit, j'aurai voulu pouvoir avoir des paroles de réconfort pour Raiponce, qui de temps en temps, quand nos regards se croisaient, tentaient de récupérer un peu de dignité. C'est fou, quand son expression changeait, elle dégageait la même aura que ma sœur quand elle est dans son rôle de souveraine. Ca doit sans doute être inné quand on doit un jour régner. Ca n'est pas mon cas, je suis la deuxième née, c'est peut être pour ça que je n'ai pas cette capacité ? J'imagine que s'il n'y avait pas eu le bâillon j'aurai pu déceler sur son visage une esquisse de sourire. Essayant de me retourner, je parvenais à apercevoir nos époux respectifs. Si notre situation n'était pas celle-ci je crois que j'aurais éclaté de rire les regardant se tortiller l'un vers l'autre. On aurait dit deux asticots que l'on accroche à un hameçon pour aller pêcher. Mais en les observant davantage, un sursaut d'espoir me gagna ! C'était évident ce qu'ils étaient en train de faire ! Flynn Rider n'était il pas le bandit le plus rusé de Coronna ? Quand à mon époux, c'est un montagnard chevronné, habitués aux cordées et nœuds solides ! Bref, qui, mieux que nos fiers et preux chevaliers servants peuvent réussir à dénouer des liens et s'évader ?! Les deux semblaient avoir une technique différente, mon bel étalon tout en puissance qui le caractérise si bien, Eugène lui, semblait utiliser plus de doigté…ah ça doit être bien aussi, faudra que j'en parle à Kristoff…Non mais à quoi donc suis-je en train de penser moi ? Je ne pouvais plus, même si je ressentais une douleur à force de me tordre le cou détourner mon regard d'Eugène et Kristoff, les encourageant en pensée ! Finalement, heureusement que j'étais bâillonnée, sinon j'aurais sans doute gaffé en leur criant mes encouragements et de fait sonné l'alerte pour nos ravisseurs qui ne nous surveillaient pas. Je les entendais, sans doute près du feu en train de savourer leur succès et se réchauffer par ce temps hivernal ! Finalement, mon vœu fut exaucé ! Kristoff se tortillait moins, il devait avoir réussi à dénouer ses liens ! Je savais que c'était lui le plus fort….ah non, match nul en fait ! Eugène c'était également libéré en même temps. Nos deux maris se regardèrent en enlevant de manière simultané leur baillons, puis ils semblaient rire tous les deux en se serrant la main ! Non mais c'est bien les mecs ça ! On est dans le pétrin, et eux ils faisaient un concours ?! « Mais lequel à gagné d'ailleurs » Pensais-je malgré moi. Je chassais immédiatement cette pensée, bouillonnant d'impatience. Raiponce, sans doute intriguée de me voir me tordre le cou avait fait de même, me détournant vers elle, je pus enfin revoir cette lueur qui brillait dans ses yeux ! Elle devait admirer Eugène sans doute, et elle aussi ne tenait plus que nos beaux héros viennent nous délivrer, nous les pauvres princesses en détresse et sans défense. « C'est comme dans les livres » Pensais-je ! Moi qui les aient tous tant parcourus quand ça n'était pas les recueils de poèmes étant petite, n'ayant personne avait qui jouer, j'étais devenue une très bonne lectrice ! Mais ça ne se passait pas exactement comme dans les romans ! Nos deux chevaliers au lieu de se précipiter vers nous, une rose à la main, se tapaient chaleureusement sur les épaules en riant puis…non mais je rêve ! Ils s'éloignent ! Et Nous alors ?! Après quelques instants de panique j'avais compris ! Ils pensaient à tout décidément ces deux là ! Ils avaient récupéré discrètement nos montures ! C'était encore mieux, nos héros venant nous délivrer sur les fiers destriers ! Bon, pour le coup avec Kristoff ça fait un peu moins chevaleresque avec le renne, mais qu'importe ! Oh les voilà qui arrivent ! Dois-je faire un visage implorant pour donner plus de force à la scène ? Oh au diable Anna ! On n'est pas dans un roman ! C'est la réalité ! Oh les voilà ! Kristoff se trouvait devant moi ! Mon héros allait me libérer ! Me délivrer de ces liens infâmes !
-Tu vois mon cher Kristoff ! Ils ne savent peut être pas faire des nœuds corrects ! Mais ils ont compris une chose ! Pour avoir la paix, le bâillon est ton meilleur ami ! Fit Eugène en nous regardant quelque peu moqueur.
-Pardon ?
-Ah oui, tu n'es encore qu'un tout jeune marié ! Attends un peu ! Surtout fixe bien Anna ! Garde cette image en tête, il se peut que tu en rêves un jour ! Qu'elle soit empêchée de parler pour que tu aies la paix ! Répondit Eugène dans un clin d'œil alors qu'il s'approchait de Raiponce pour lui enlever son bâillon. A peine eut il fini qu'elle lui lançait :
-Non mais espèce de goujat ! Comment oses dire des choses parffff… !
Raiponce ne put terminer sa phrase, Eugène avait replacé le bâillon sur sa bouche, et, faisant un clin d'œil à mon beau montagnard qui s'était agenouillé, et avait commencé à dénouer mes liens lui dit :
-Tu vois ce que je disais ! Prends-en de la graine ! Ria Eugène
Heureusement pour moi, mon jeune mari était plus gentilhomme, et ne se posa pas ce genre de questions, enlevant mes liens et ce tissu qui m'empêchait de parler. Une fois libre, je lui sautais dans les bras et l'embrassait fougueusement. Cette réaction avait dû encourager Eugène qui se retournait vers sa belle, toujours prisonnière et bâillonnée, mais qui lui jetait un regard noir.
-D'accord je te libère si tu me jure que tu n'as pas une poêle dans ton dos ou à portée de mains !
Eugène n'attendait pas de réponse et libéra rapidement Raiponce, qui ne lui accorda pas le moindre regard une fois libre, se relevant comme si l'ex bandit n'existait pas et montait sur Maximus. Puis fixant Eugène elle déclara d'un ton impérieux :
-Je n'ai pas le temps pour ton humour Eugène ! Je veux récupérer notre fils !
Son regard me figea l'espace d'un instant ! Pas de doute nous étions bien de la même famille ! C'était le même regard déterminé que celui qu'avait Elsa depuis tout à l'heure ! Une similitude de plus ! Elsa ? Oui elle aussi il nous faut la retrouver ! Raiponce avait raison nous n'avions pas de temps à perdre ! Aussi nous enfourchâmes nos montures et commencions à quitter discrètement ces lieux sans que les gardes ne s'aperçoivent de quoi que ce soit. Il est plus que probable qu'ils ne constatent notre évasion qu'au petit matin, d'ici là nous serons déjà loin, et nous aurons je l'espère déjà résolu cette affaire. Mais tout à coup nous entendions un cri !
-Eh ! Et Moi ?! Ne Partez pas !
Nous nous retournions paniqués ! Ce boucan allait donner l'alerte. Balayant l'espace je vis d'où il provenait ! Grand Pabby ! Mon Dieu nous n'y pensions même pas ! Nous n'étions pas séquestré ensemble, et lui avait échappé au bâillon ! Kristoff fut le plus prompt à réagir ! Libérant Grand Pabby, il le fit s'installer sur Sven et au plus vite nous quittions ces lieux. Personne n'avait indiqué de direction mais nous savions où nous devions nous rendre : Rejoindre Elsa à la montagne du Nord !
Elsa, s'angoissait de plus en plus dans sa cellule de fortune. Agenouillée sur ce qui ressemblait à une paillasse, elle ne pouvait, bien qu'elle souhaite l'inverse de tout son cœur et toute son âme détourner les yeux du berceau. Une pensée hantait son esprit : Le fils de sa cousine ! Le Prince de Coronna, un être innocent et sans défense assassiné ! Elsa aurait voulue pleurer, hurler, frapper malgré sa main blessée contre cette maudite poutre, mais aucun sentiment ne ressortait. En revanche une sensation grandissait en elle. Une sensation nouvelle qu'elle n'avait jusqu'alors jamais connue et qui l'avait parcourue une première fois avant qu'elle ne perde connaissance face au prince Hans. Elle frissonnait ! Non de colère ou de désespoir mais de froid ! Elle, Elsa d'Arendelle, connue comme étant la Reine des Neiges, maîtresse des forces de l'hiver avait pour la première fois de sa vie froid ! Elsa cherchait à se vider l'esprit et oublier cette vision cauchemardesque. Elle concentrait toute son énergie à penser à sa sœur ! Oui voilà, penser à Anna, resplendissante ce matin dans sa robe immaculée. Toute l'émotion de l'assistance sous le charme quand elle a dit « oui ». Mais ces belles pensées n'apaisaient pas la jeune souveraine, qui ne ressentait pas d'émotion en son for intérieur. Ou tout au moins celles-ci paraissaient lointaines, comme si elle ne les percevait pas directement, seule la sensation de froid existait. Elsa s'enroulait alors dans sa cape de sacre, le velours allait pouvoir quelque peu la réchauffer, alors qu'elle fermait les yeux. Restant seule avec ses pensées, tous les malheurs qu'elle venait de revivre revenaient à la charge et en premier lieu dans sa tête : le prince Karl ! A quelques mètres d'ici, Elsa ne pouvait pas savoir que le bivouac était devenu désert, les hommes du prince Hans s'étant tous réfugiés au même endroit, tachant de s'abriter des bourrasques glaciales. Personne ne remarquait alors le pas toujours joyeux et dandinant d'un petit bonhomme de neige ! Olaf était allé aussi vite que ses petits pieds de neige lui permettait afin de prévenir Elsa du malheur qui s'était abattu sur le reste de la troupe. Inspectant les lieux du regard, mis à part le palais qui semblait inhabité, un espace plus bruyant où des militaires semblaient s'être rassemblés, il aperçu alors une poutre placée comme une porte au devant d'un renfoncement dans la montagne. Olaf s'approchait alors voyant qu'une chaine et un cadenas empêchait le déplacement de la poutre il s'arma de sa carotte qui lui servait de nez et en grand spécialiste qu'il était devenu au château d'Arendelle malgré les remontrances de la reine lui reprochant d'abimer les serrures il crocheta en un rien de temps le cadenas. Ceci fait, il déplaçait la lourde poutre, et remarquant sa créatrice allongée et emmitouflé il ne put s'empêcher de penser à la façon dont il avait retrouvé Anna, transi de froid, les cheveux blancs, un mois auparavant.
-Elsa ! Vous allez bien ?
-Olaf ?...Mais que fais tu ici ?
-Je suis venu vous prévenir ! Mais pourquoi vous êtes enfermé ? Et il est où Pascal ? Demanda le bonhomme de neige remarquant le berceau vide, mais apparemment pas les taches de sang qui auraient de fait répondu à sa question. Elsa ne se sentait pas le courage d'annoncer la terrible nouvelle à sa création, aussi ne parlant pas du bébé, elle lui raconta ce qu'il s'était passé :
-On m'a piégé Olaf ! Nous n'aurions pas dû nous séparer !...Mais où est Anna ?
-Ils sont prisonniers chez les trolls ! Je suis venu vous prévenir ! Il faut les sauver !
A ces mots, Elsa comprenait finalement les paroles du prince Hans tout à l'heure qui parlait de sa venue. Il avait tout prévu ! Il fallait qu'ils se séparent et pour ce faire, il suffisait que Karl la persuade ! Les sentiments qui semblaient jusqu'alors lointain pour la souveraine se firent de nouveau ressentir, tout au moins un en particulier : la colère. Elsa se sentait trahie, mais surtout furieuse ! Contre le prince Hans, contre Karl qui l'avait dupé et qui maintenait sa sœur et les autres prisonniers quelque part, jubilant face à la réussite de leur plan. Tout à coup, la douleur dans sa main semblait être moins aigue, ce qui n'était pas le cas de cette sensation de froid, qui avait quelque peu grandi, allant crescendo avec la colère de la souveraine. Elsa s'était relevée, le regard de nouveau glacial. Elle attacha sa cape autours de son cou, elle puis elle dit d'une voix dénuée de tout sentiment à son petit acolyte.
-Viens Olaf ! Nous devons agir !
Le bonhomme de neige, non sans un petit étonnement face à ce ton, suivit sa maîtresse qui sortait de sa cellule sans le moindre regard pour le berceau vide, comme si elle avait déjà oublié. Elsa scrutait l'horizon et son imposant palais qui se dressait majestueusement sur le flan de la montagne. Ses yeux s'étant adaptés à l'obscurité, elle repéra une silhouette assise, et seule. Ses poings machinalement se serrèrent, même de dos elle l'avait reconnu ! Le Prince Karl ! Cherchant autours d'elle, Elsa prit le premier objet qu'elle trouva : une poêle à frire ! La souveraine d'Arendelle s'approcha alors discrètement derrière le prince Karl qui n'avait rien remarqué, puis lui assena un violent coup de son ustensile de cuisine derrière la tête. Sous le choc, le prince Karl qui n'avait rien vu tituba et tomba en avant.
-Ha ! Ma cousine ne m'avait pas menti ! C'est vraiment pratique ce truc !
La Reine observa alors sa victime qui n'était pas tout à fait assommé et reprenait ses esprits. Leurs regards alors se croisèrent. Elsa s'abaissa tenant le prince par le col, le fusillant de son regard glacé alors que lui la dévisageait sans comprendre, ne laissant apparaître sur son visage qu'un sentiment de peur.
-Ambassadeur, Invité d'Honneur, Sang royal, peu m'importe ! Et tant pis si cela doit ruiner les relations entre nos deux royaumes mais je vous jure que ma justice sera d'une sévérité implacable à votre encontre et celle de votre frère une fois que tout ceci sera fini. Vous paierez pour votre trahison ! Et j'y veillerais personnellement !
-Je…Je…
-Je crois qu'il veut faire un nouveau câlin avec la poêle ! Fit Olaf tapant son poing dans son autre main. Pour la première fois depuis longtemps, Elsa qui regardait le petit bonhomme de neige eût un petit sourire, et suivit le conseil de son petit compagnon assommant cette fois-ci pour de bon le prince Karl.
-Allons viens Olaf, nous devons déloger le rat qui investit mon palais ! J'ai horreur des nuisibles ! Nous irons chercher les autres après ! Fit Elsa qui s'était relevée et avait repris sa voix glaciale et déterminée comme si tout sentiment l'avait à nouveau quitté.
Le sourire qui avait égayé le visage du petit bonhomme de neige devant cet acte de violence gratuit mais quelque peu déplacé de la part d'une souveraine s'était effacé du visage d'Olaf qui suivit sans piper mot sa créatrice. Elsa avec toujours autant de détermination, et la grâce qui la caractérisait, montait les escaliers avant de pénétrer dans son palais qu'elle n'avait pas réinvestit depuis ses réparations faîtes juste après son retour à Arendelle. A peine eut elle fait un pas à l'intérieur qu'elle sentait une différence ! Balayant l'espace du regard, elle vit, près du grand escalier, l'échiquier qu'elle s'était crée au moment de son exil. Les échecs étaient une de ses passions. Au décès de leurs parents la tradition voulait que chacune des princesses, bien qu'encore mineures choisissent un objet personnel du souverain disparu, Elsa étant l'ainée avait eu le privilège de choisir en premier et son choix c'était porté sur le jeu d'échecs de son père qui vouait une passion pour ce jeu de stratégie et l'avait transmis à sa fille ainée. Observant le jeu, elle remarquait qu'il manquait deux pièces : la reine blanche et le roi, tandis qu'une troisième pièce n'était pas à sa place quand on commence une partie. En effet, le roi noir se trouvait au milieu de l'échiquier. Elsa sentait en son for intérieur qu'il s'agissait d'un défi lancé par le prince Hans. Elsa tentait de se calmer d'une profonde respiration. La souveraine supportait mal qu'on lui tienne tête, et quand il s'agit d'échecs, elle se considère de manière quelque peu orgueilleuse mais vraie comme indétrônable !
-Olaf ! Restes ici et fais le guet ! Si tu vois quelqu'un entrer, ou même s'approcher du palais préviens-moi !
Elsa avait donné ses instructions au petit bonhomme de neige de sa voix glaciale sans même un regard pour lui ! Elle n'attendait d'ailleurs pas de réponse car elle commençait déjà à monter le majestueux escalier d'apparat qui menait aux appartements privés, Hans devait surement s'y trouver. Elle était décidée à déloger celui qui avait eu l'imprudence de s'attaquer à elle, à sa famille, d'investir SON palais et qui plus est, oser la narguer par une mise en scène de son jeu favori. Alors qu'elle arrivait au premier niveau, toujours armée de sa poêle qu'elle tenait de sa main gauche encore valide, elle vit, en effet miroir par les murs de glace gelés le reflet de dos du prince Hans
-Vous ! Cria-t-elle sans trop savoir où il se trouvait.
Le prince Hans, à ce bruit s'était relevé et montait discrètement l'escalier menant à la chambre de la souveraine.
-Reine Elsa ! Je dois avouer que je ne vous attendais pas avant demain matin ! Répondit calmement le prince des Iles du Sud.
Au son, Elsa comprenait que le prince s'était déplacé et empruntait le second escalier, ce qu'elle fit à son tour, sans pour autant apercevoir la silhouette d'Hans, alors qu'au même moment, elle ne pouvait savoir qu'Olaf quittait son poste.
-Néanmoins Reine Elsa, votre attitude rend cette partie quelque peu plus intéressante ! Jusqu'ici, votre réputation est je suis au regret de vous le dire, plus que surestimée !
-Vous voulez jouer ?! Montrez-vous alors ! Votre réputation de lâche en revanche n'est pas surfaite bien au contraire !
Le Prince Hans demeurait invisible tout au moins directement aux yeux de la souveraine qui enrageait alors qu'elle atteignait le second étage, suivant toujours les ombres indirectes du prince Hans qui apparaissait sur les murs gelés. La voila pratiquement arrivée au niveau de ce qui était sa chambre. Une vaste pièce, dotée d'un balcon donnant sur les montagnes enneigées d'Arendelle. Mais si la pièce était relativement vide, le prince Hans demeurait toujours invisible, et se délectait de ce petit jeu avec la souveraine d'Arendelle qui contenait sa colère.
-Allons Majesté ! J'ai pu constater pendant mon séjour à Arendelle que vous étiez férue d'échecs, or vous savez qu'un bon joueur ne dévoile pas son jeu ! Je vous laisse déjà un avantage ! Vous jouez à domicile ! Railla Hans.
« Et en plus il se moque de moi ! » pensa Elsa qui machinalement serra de ses deux mains la queue de son arme de fortune. Ce geste fit ressentir à la souveraine la douleur aigue de la profonde blessure qu'elle avait à la main droite. Sans pour autant se décontenancer elle lançait :
-Et vous avez la prétention de dire que vous m'entraînez dans une partie ? La folie vous aveugle ! Dit elle pénétrant dans la chambre en suivant toujours les reflets, mais toujours pas la moindre trace du prince Hans !
-Oh non votre Altesse ! Et nous avons commencé cette partie depuis plusieurs jours déjà, et je dois reconnaître que vous n'êtes pas si coriace que je n'aurais été en droit de le supposer ! Une déception de plus à Arendelle…
-Pardon ?!
-Je n'ai eu besoin que de quelques pions que vous n'avez même pas su arrêter pour vous faire sortir de vos bases et mettre hors jeu votre garde rapprochée. Il faut dire que je me suis facilité la tache en les séparant de la Reine grâce à mon fou !
-Vous parlez par métaphore, soit ! J'ose supposer que vous vous prenez pour le roi, orgueilleux que vous êtes ! Prenez garde ! Vous aussi n'avez plus de défense non plus, vos lignes ne peuvent plus compter dans ce jeu ! Désormais c'est entre vous et moi ! Comme aux échecs effectivement, le roi se cache aux yeux de la reine, qui n'a besoin que d'un seul coup pour le mater ! Fit Elsa en lançant en avant sa poêle dans un recoin pensant y trouver le prince Hans, mais ne rencontrant que du vide !
-Raté !
-Un seul coup ! Mettez vous une seule fois devant moi et vous êtes fini ! Lançait Elsa qui sentait la rage monter en elle, ainsi que cette désagréable sensation de froid.
-Vous croyez ça ? C'est ce qui rend la partie intéressante !
Elsa, qui suivait toujours les reflets mouvants du prince avait cru une nouvelle fois le coincer et donna un violent coup avec sa poêle dans un renfoncement de la pièce, mais elle ne trouva que du vide !
- Encore raté ! Vous manquez de vue d'ensemble votre Majesté ! C'est ce qui vous a couté vos pièces et vous laisse vulnérable !
-Vous oubliez un peu vite monseigneur qu'aux échecs, le roi est une pièce faible qui fait perdre ! La Reine a tout pouvoir sur le plateau et permet les victoires ! Et vous ne m'avez pas !
-Ca ne saurait tarder votre Altesse ! Dans ce genre de partie, une reine isolée n'est que bien peu de choses et peut vite tomber à la première attaque !
-Votre orgueil vous perdra ! Je ferais tomber votre pièce qui scellera cette partie ! Et vous en paierez les conséquences !
-Pièce isolée, et manque de vue d'ensemble, Majesté, finalement cette partie risque de tourner court !
Elsa, ne tenant pas compte de cette dernière réflexion donna encore un coup de poêle pensant cette fois ci avoir enfin trouvé le prince qui bougeait sans cesse autours de la pièce, ne se laissant montrer aux yeux de la souveraine d'Arendelle qu'au travers de son reflet. Malheureusement le coup encore une fois ne rencontra que le vide. Elsa recula alors. Elle allait finalement tenir compte de la réflexion de Hans, pour gagner il faut voir tout l'échiquier sinon on reste sous le contrôle de l'adversaire. Hors de question de rester sous le joug de ce type ! Tachant de reprendre son calme, observant attentivement la pièce à la recherche de la faille qui lui permettra de débusquer le prince. Soudain, elle sentit une prise sur son bras gauche et une forte pression s'exercer ce qui lui fit lâcher son arme de fortune, alors que son bras derrière son dos !
-Echec !...
Le Prince Hans était apparu derrière elle sans qu'elle ne s'en aperçoive et la maintenait ferment d'une main. De l'autre, il fit passer devant les yeux de la souveraine d'Arendelle la pièce qu'il manquait sur l'échiquier : la reine blanche ! Puis sa main se dirigea vers le bras droit d'Elsa, il lui fit relever au niveau de son visage, enleva le gant laissant apparaître le bandage de fortune réalisé par le prince Karl. Dès lors Hans, lâcha la pièce d'échecs qui se brisa aux pieds de la souveraine, attrapant dans ce même geste sa main droite avant de dire d'une petite voix cruelle
-…Et mat !
Sur ce il serra violemment la main d'Elsa qui sous la douleur s'agenouilla à ses pieds en poussant un hurlement de douleur…
