Hello !
Pfiouuuuuuuuu, ça fait une éternité que je n'ai pas posté !! Je suis vraiment désolée mais j'ai été lâchement abandonnée !! (N'est ce pas Tone ?? P)… Bref ce n'est pas vraiment une excuse… Disons que j'ai été très occupé.
Enfin voilà le 10ème chapitre ! Un chapitre plus consacré à situer les évènements ici… Et avec une overdose de James, Sirius et Senna !! Lol.
En espérant que vous adhériez toujours
10. Excursion, éclats de rire et explications.
Dumbledore leur avait fourni de fausses lettres leur permettant de se balader librement à Pré-au-Lard, soit disant rédigées par leurs proches.
Ainsi, ils purent passer devant le concierge sans problème, et se retrouvèrent joyeusement sur le chemin les menant au village.
Le temps était glacial et Remus proposa gentiment ses gants à Senna lorsqu'il vit la jeune fille claquer des dents, ce qu'elle accepta, bien sûr, avec joie.
Peter passa tout le long du chemin à parler avec animation de Pré-au-Lard, leur récitant l'histoire du village sorcier et énumérant les nombreuses boutiques intéressantes.
James participa peu à la conversation. Remus se demanda s'il s'inquiétait pour Sirius. Question stupide, se morigéna-t-il, bien sûr qu'il s'inquiétait, comme nous tous !
Cependant Remus était plutôt confiant. Sirius n'avait pas caché sa rencontre avec ses parents. Il avait même demandé au Pr Mc Gonagall s'il pouvait sortir plus tôt de son cours pour rejoindre sa famille. Ce à quoi, elle avait répondu négativement, comme il l'escomptait. Sa manœuvre avait pour seul but de l'informer du rendez-vous… au cas-où.
La plupart des élèves était également au courant de la réunion des Black, soit parce qu'ils l'avaient entendue, soit en observant le visage fermé de Sirius.
Il ne pouvait donc rien arrivé. Du moins rien qui ne soit visible.
Ils avaient donné rendez-vous à Sirius aux Trois Balais et c'est avec bonheur que le petit groupe se réfugia dans l'atmosphère chaude de l'auberge.
Après avoir commandé 5 bièraubeurres, ils s'installèrent à une table proche de l'entrée, guettant Sirius.
Ce dernier ne tarda pas et s'effondra rapidement sur la chaise libre entre Remus et Peter, après un bref sourire réconfortant.
James lui jeta un coup d'œil inquiet, puis constatant qu'il était toujours en vie, commanda aussitôt une autre boisson.
Ils évitèrent de parler de l'après-midi de Sirius, n'osant parler librement devant les deux nouveaux Gryffondors et remémorer cette sûrement détestable entrevue.
- Il faudrait peut-être commencer par aller acheter vos costumes, proposa Remus, avant d'aller visiter quoi que ce soit.
Tous hochèrent la tête. Summers demanda timidement :
- Il y a un apothicaire, ici ?
- Bien sûr, répondit Peter avec surprise.
- J'aimerais passer faire une tour d'abord, je vous rejoindrai ensuite.
Sirius posa la question qui leur brûlait tous les lèvres.
- Et qu'est-ce que tu compte voir chez l'apothicaire ?
La jeune fille hésita, puis décida de rester vague.
- Des plantes.
- Vraiment ? Ironisa Sirius. Je n'y aurais jamais songé !
- A question idiote, réponse idiote, Mr. Black ! Riposta-t-elle avec un clin d'œil.
Les maraudeurs eurent un léger rire, puis Remus reprit.
- Très bien, je t'accompagnerais. La librairie est juste à côté et je dois aller voir s'ils ont reçu mon livre.
James esquissa une grimace. Nom pas qu'il n'aimât pas lire mais les livres de Remus étaient tous des suites de gribouillis microscopiques, dissimulés sous un nom ronflant du genre « Processus ondulatoire de la Magie Particulaire » ou bien « Phénomènes et évènements marquants des temps modernes ». Bref, il n'affectionnait pas ce type de romans.
Peter décida de les accompagner, au grand déplaisir de Senna, afin de jeter un coup d'œil à la vitrine de l'apothicaire.
Ils finirent rapidement leurs bièraubeurres et se séparèrent en deux groupes. Remus déclara qu'ils rejoindraient James, Sirius et Hayden au magasin de costumes.
Les rues de Pré-au-Lard grouillaient de monde, pour la plupart des élèves venus passer un moment tranquille dans la semaine. Remus et Peter s'arrêtèrent un instant pour discuter avec Kingsley Shackelbot qui sortait du magasin de Quidditch.
Reconnaissant Senna, il la félicita pour les sélections et s'avéra ravi de faire équipe avec elle.
Senna eut un sourire timide, sous l'œil malicieux des deux Gryffondors.
Ils se séparèrent quelques minutes plus tard, et Senna se laissa guider, bercée par la foule jusqu'à chez l'apothicaire.
Une belle soirée s'annonçait.
Les trois adolescents fendirent la foule et pénétrèrent dans une boutique chaleureuse. La vitrine multicolore proposait divers costumes, certains ensorcelés, d'autres plus simples et moins coûteux.
Le magasin vendait uniquement des déguisements masculins, comme le démontraient de nombreuses photos mouvantes où des sorciers paradaient dans leurs vêtements.
Une jeune vendeuse replète prenait les mesures et conseillait les clients. Abandonnant un Poufsouffle et son costume de détraqueur à effet flottant, elle trottina vers leur petit groupe.
- Puis-je vous aider, messieurs ? Demanda-t-elle gentiment, son regard se promenant sur les trois garçons.
- Euh… oui… je cherche un costume, répondit Harry, mal à l'aise, se sentant plus qu'idiot.
Mais la vendeuse ne sembla pas agacée et lui montra différents vêtements bigarrés allant de la tenue d'aurors à un monstrueux costume d'Acromentula.
Harry observa, bouche bée, les huit pattes cliqueter de leur propre volonté autour du ventre poilu qui constituait le bas du costume.
Finalement, après avoir fouiné pendant un quart d'heure dans les étalages, James dénicha une robe de druide, d'une blancheur éclatante ainsi qu'un bâton enchanté duquel émanait une douce lumière qui conquit Harry.
Après avoir payé le déguisement et l'épée sertie de rubis que James avait pris pour aller avec sa panoplie de Godric Gryffondor, ils sortirent et retrouvèrent Remus, Peter et Senna, transportant chacun un grand sac.
- Vous avez dévalisé la librairie ? S'enquit Sirius, étonné.
Remus et Peter secouèrent la tête avec lassitude.
- Non, ces paquets viennent de chez l'apothicaire, marmonna Peter.
Remus tendit un petit sac en papier.
- J'ai seulement acheté un livre.
James et Sirius haussèrent les sourcils, surpris, et fixèrent Senna qui semblait d'excellente humeur.
- Votre apothicaire n'est pas cher du tout ! A Wellington, c'est le triple de ce qu'on trouve ici !
Remus et Peter secouèrent tragiquement la tête.
- Vous avez trouvé un costume ? Demanda Remus.
- Oui, un costume de druide, répondit avec un sourire amusé Hayden. James a acheté une épée.
- Bon, nous allons nous occuper de la « mordue de botanique », décréta James, en désignant Senna qui regardait la liste assez longue, de ses achats, u grand sourire aux lèvres. Vous venez avec nous ?
- Pourquoi ne pas montrer à Wynne le matériel de Quidditch ? Proposa Peter d'une voix fluette.
Harry approuva intérieurement. Il avait eu sa dose de magasin de costumes. Un petit tour dans l'odeur familière du bois poli et de la cire à balai serait le bienvenu.
Il fut donc convenu qu'ils se rejoindraient aux Trois Balais à 19h, juste avant de rentrer au château.
Remus, Peter et Harry prirent donc la direction du magasin de Quidditch.
Les lumières de la vitrine semblèrent les accueillir lorsqu'ils pénétrèrent dans l'agréable fragrance de cèdre qui emplissait la boutique.
Emerveillé, comme toujours, Harry prêta à peine attention à ce que lui racontait Peter.
Tournant sur lui-même, afin de mieux apercevoir l'ensemble, il sentit son corps s'emplir d'une douce joie, enivrante.
Un rire le tira de sa béatitude.
Clignant des yeux, il posa un regard étonné sur un Remus malicieux.
- Remet toi, Hayden On a l'impression que tu viens de recevoir une centaine de cadeaux de Noël !
Harry eut un sourire maladroit.
- C'est à peu près le même effet, souffla-t-il en reposant un regard empli de joie sur les rayons.
Remus étouffa un nouvel éclat de rire. Peter, lui, semblait décidé à tout montrer à Hayden Wynne et à faire étal de ses connaissances en la matière. Il ne l'aurait jamais avoué mais il sentait une sorte d'antipathie de la part des deux néo-zélandais, particulièrement Wynne et si cela lui permettait de gagner sa confiance…
Il dirigea Hayden vers les tenues d'équipements. Harry contempla avec envie les vifs d'or d'entraînement qui tournaient dans un grand récipient de verre, puis se mordit les lèvres de frustrations en observant les accélérateurs de balais.
Remus, légèrement à l'écart, feuilletaient un album sur l'équipe des Canons de Chudley. Il se doutait que la visite risquait d'être longue. Wynne avait l'air aussi mordu que James l'était.
Sa joie égalait celle de Summers dans une boutique d'ingrédients magiques ce qui n'était pas peu dire, songea-t-il en grimaçant.
Du coin de l'œil, il le vit se diriger avec Peter vers le stand des batteurs. Summers lui avait demandé de lui acheter une batte modèle 401 légère (selon les indications de James), avec dessus en cuir de dragon.
La batte coûtait une somme rondelette mais, fort heureusement, ce n'était pas une des plus chères.
Summers avait peu semblé intéressée par le prix, elle avait tout simplement dit à Wynne de lui prendre et qu'elle s'arrangerait après.
Un jeune vendeur vint leur tendre l'article choisi immédiatement. Le rouge uniforme de son uniforme jurait horriblement avec le roux de ses cheveux ;
Après une brève observation, Remus reconnut un ancien élève de Poudlard, qui avait quitté le château il y a six ans. Le jeune gryffondor l'avait remarqué à son arrivée en première année/ C'était un « grand » toujours entouré de sa bande de copains qui se baladait main dans la main avec une jolie jeune fille dont Remus avait oublié le nom.
Il l'avait tout de suite envié, lui qui n'avait pas d'amis.
Les choses avaient changé depuis, songea-t-il en s'approchant du petit groupe.
- Lupin ? C'est ça ? Demanda le rouquin en tournant son regard vers Remus.
Ce dernier sursauta, méfiant.
- Oui…
- Je me souviens de toi ! Tu avais fait un discours à un Serpentard de 1ère année sur les moldus ! J'avais failli t'applaudir ! C'était bien envoyé ! Reprit-il d'un ton féroce.
- Oh…
- J'étais persuadé que tu connaissais le monde des moldus sur le bout des doigts ! J'aurais bien aimé te parler mais Molly m'avait prévenu que tu étais très timide. En plus j'ai finalement appris que ta famille n'était pas moldue…
Molly Prewett. C'était ça. Le nom de la jeune fille avec qui il sortait. Elle l'avait surpris hors de la tour, un soir, alors qu'il allait voir Mme Pomfresh pour rejoindre la cabane hurlante.
Remus s'en souvenait très bien. Il se dirigeait vers l'infirmerie après avoir réussi à semer James, Peter et Sirius dans le corridor.
Elle se trouvait au bout milieu du couloir d'Astronomie avec ses amies et s'esclaffait tant qu'elle pouvait.
Le petit garçon n'avait pas osé leur demander de s'écarter. Mais Molly Prewett, avec ses boucles, l'avait remarqué et, pensant qu'il était perdu, l'avait accompagné jusqu'à l'infirmerie. Il n'avait pas prononcé un mot, seulement un « merci » quand elle l'avait déposé devant le bureau de Mme Pomfresh. Elle s'était contentée de sourire. Pas étonnant qu'elle l'ait trouvé timide !
- Oui, je me souviens de cet incident, dit-il, plus pour lui-même.
Se reprenant, il continua :
- Weasley, si je me souviens bien ?
Le rouquin eut un sourire éblouissant.
- Tout à fait, Arthur Weasley.
Le dénommé Weasley semblait ravi de pouvoir discuter un peu sans craindre de représailles. Au bout d'un quart d'heure, ils connaissaient la majorité de sa vie, ses études au ministère, son boulot pour se payer ses études, son mariage avec la fameuse Molly, ses deux fils et son projet de s'installer à la campagne.
Puis il dévia la conversation à nouveau sur le quidditch et leur fit faire le tour du magasin.
Remus jeta un coup d'œil à Wynne, pour voir s'il réagissait à la magie de la boutique mais ce dernier semblait plus occupé à jeter des coups d'œil au vendeur en évitant de croiser son regard, plutôt que d'observer les derniers balais aérodynamiques et les mallettes d'accessoires.
Il échangea un regard avec Peter qui lui aussi semblait avoir remarqué l'étrange manège de leur camarade. Cependant ce dernier abandonna quand M. Weasley leur montra le dernier nimbus en préparation, dont la date de sortie était fixé à dans 9 mois.
- Nous n'en avons qu'un seul exemplaire ! Dit-il avec fierté. Il ne sera commercialisé que d'ici la fin de l'année scolaire. Regardez ce maintien !
Mais Weasley n'avait pas à le précise. La courbe du manche était élégante et nette et le bois brillait sous les spots d'exposition. Chaque brindille était coupée au millimètre près. Même Remus qui ne s'avérait pas être un grand fan de quidditch, ou du moins aimait modérément voler, s'avoua émerveillé. Le balai dégageait une sorte de puissance pure.
Ils firent un dernier tour du magasin, commandèrent les uniformes de quidditch des nouveaux membres de l'équipe (ce dont James aurait du se charger en tant que capitaine), et après avoir jeté un dernier regard envieux et chargé de regrets au balai et avoir pris congé de Mr. Weasley, ils quittèrent le magasin.
La sonnerie tinta joyeusement lorsque James et Sirius firent entrer Senna dans une vieille boutique aux vitrines profondes, noires et poussiéreuses.
Les deux garçons avaient insisté pour l'amener ici, dédaignant au passage des magasins aux devantures affriolantes, où les étalages éclataient en notes vives, exposant les étoffes aux couleurs bariolées, chinées, mélangeant la soie fine aux reflets éclatants, à la douceur de la cachemire en passant par la flanelle légère.
Ici, on apercevait à peine les empilements de tissus dans l'obscurité de l'arrière-boutique. La minuscule pièce était écrasée par un plafond trop bas et une seule lampe à huile émettait une pâle lumière glauque.
Senna fronça les sourcils. Elle n'avait pas réellement prêté attention au chemin, trop plongée dans les diverses concoctions qu'elle pourrait réaliser avec ses nouveaux ingrédients, mais elle savait qu'il existait de nombreux magasins de costumes enchantés à Pré-au-Lard. Et celui-ci ne lui semblait pas idéal.
Elle suivit avec méfiance Sirius et James qui, marchant d'un pas assuré, traversèrent rapidement la pièce et descendirent aussitôt un escalier dérobé.
La jeune fille étudia avec curiosité les marches cachées derrière un pan de mur, qui s'enfonçaient dans le sol. Une vive lumière en émanait. S'interrogeant toujours sur les intentions de ses compagnons, elle entreprit finalement de les rejoindre et s'engouffra dans l'ouverture.
Lorsqu'elle atteignit le palier inférieur, une kyrielle de couleurs explosa devant ses yeux, imprimant sa rétine de différentes nuances.
L'escalier donnait sur une immense salle en corolle brillamment éclairée par des globes illuminés, constellant de lunes intenses le plafond d'un noir total, contrastant d'autant plus avec la clarté aveuglante des items, telle la réverbération d'astre décoloré tuant l'obscurité.
Et sous cet éclairage, les monceaux de tissus jaillissaient en notes colorées : le jaune d'or se mêlait au blanc pur des boutons de nacre, s'envolant dans la blancheur enflammée d'une aurore. Vermeil, carmin, pourpre, bataillaient en un diapason de nuances ensanglantées, formant un drapeau rebelle et fier, des roses de mai, roses tendres ruisselaient en douceur sur un comptoir, relevés par des rubans lilas ; des étoffes lourdes reposaient en hauteur, couleurs sombres, crépusculaires côtoyant des satins légers aux transparences de cristal.
Les mannequins animés d'une volonté propre tournoyaient sur une estrade, légèrement en retrait faisait des démonstrations silencieuses des charmes et atouts de leur vêtements.
Le sol, pavé de verres opaques, résonnaient du cliquètement des talons des vendeuses empressées qui serpentaient les allées.
Sirius et James couvaient d'un regard narquois la jeune fille qui contemplait bouche-bée la splendeur de la salle.
- Alors ? Finit par interroger Sirius.
L'adolescente eut du mal à détacher son regard du spectacle environnant.
- Waouh ! Lança-t-elle dans un souffle.
Les deux garçons échangèrent un sourire et entrainèrent Senna vers le coin réservé aux costumes et masques.
Alors qu'elle jetait un coup d'œil aux différentes catégories, Sirius et James vinrent lui proposer divers déguisements, tous plus somptueux les uns que les autres.
Elle haussa un sourcil incrédule devant la tenue de Shéhérazade que lui désignait James set fit une grimace en voyant les pierreries qui ornaient le voile transparent de la tunique d'Isis.
Elle regarda Sirius, horrifiée :
- J'ai l'air de la déesse du foyer et de la fécondité ?
Le jeune homme haussa les épaules.
- C'était une puissante sorcière.
James eut un sourire indulgent.
- C'était une déesse, Sirius. Un mythe. Elle n'a pas réellement existé.
- Toutes les légendes ont une source, Mr. Potter, souvenez-vous en, déclama-t-il, en agitant silencieusement son index, dans une imitation du Pr. Binns.
Senna étouffa un rire, puis se détourna.
- Quoi qu'il en soit, je ne porterai pas ça, dit-elle d'un ton ferme.
Elle se dirigea vers des costumes de créatures magiques et sursauta quand un mannequin lui montra comment actionner le dard d'une Manticore. Son regard tomba sur un masque de Sphinx.
Elle lut l'étiquette qui l'accompagnait.
Poser le sur votre visage, et votre
apparence vous quitterez
Pupille fixe, traits sages, quatre
pattes, fourrure et queue vous possèderez
Enigmes et
charades, pendant l'emploi vous raconterez.
Note : La
créature mesurera entre 1m55 et 1m65
Les deux adolescents la regardaient désormais bizarrement.
- Tu ne songes pas à acheter le costume d'une créature magique, Summers ?
Elle leur jeta un bref coup d'œil.
- Pourquoi ? C'est original…
En réalité, la véritable raison qui la poussait à prendre l'apparence d'un quadrupède était… la danse.
Morgane Evans ne savait absolument pas danser et redoutait par-dessus tout le moment inévitable où les élèves seraient priés de se déhancher sur une musique endiablée.
Au moins, son costume lui fournirait une excuse valable pour rester dans son coin sans qu'on lui tende le bras dans une invitation. Car, semblait-il, chaque fille aimait danser. C'était un vieil atavisme. Le cavalier se sentait donc obligé de faire une courbette ridicule à sa compagne et de murmurer un timide « M'accordes-tu cette danse ? » ou « Tu veux danser ? » dans une version plus contemporaine.
Morgane Evans et par conséquent son nouveau soi, Senna Summers, ne demandaient qu'une chose : qu'on la laisse tranquille, éloignée de la piste de danse, siroter son jus de groseille en paix.
Mais ses deux chaperons ne semblaient pas de cet avis.
- Il est hors de question que tu portes un costume de Sphinx !
- Oh vraiment ? Et pourquoi Mr. Black ? Lança-t-elle ironiquement.
- Parce que je sais que ma mère a acheté le même à mon frère. Et je risquerais de lui parler, pensant m'adresser à toi, répondit-il avec horreur.
Elle soupira. Elle n'avait pas très envie de se transformer en Acromentula, le déguisement était trop lourd, ni en Chimère (la queue de dragon était pour le moins encombrante), ni en yéti (elle aurait beaucoup trop chaud !). Les derniers costumes de loup-garou avaient été achetés et les transformateurs de licornes atteignaient des prix astronomiques, en raison des véritables crins qui les composaient Senna envisagea une panoplie de détraqueur, sous l'œil effrayé de James et Sirius, mais y renonça en imaginant la tête de Potter. Elle se souvenait encore du Patronus qu'il avait projeté en 3ème année lorsque cet idiot de Malefoy avait voulu lui faire une mauvaise farce sur le terrain de quidditch. Et elle savait qu'il pouvait désormais produire un Patronus corporel puisqu'il avait fait fuir les détraqueurs, fin-août, qui l'avaient attaqué lui et son cousin. Elle n'avait aucune envie de se prendre un Patronus, aussi amusant serait-il de faire enrager Potter.
James et Sirius poussèrent donc un soupir de soulagement en la voyant partir vers un rayon plus modeste. Les couleurs pastel coloraient les tissus vieillis, rappelant leur couleur d'origine. On trouvait de nombreuses robes en coton simples, et les accessoires qui l'accompagnaient, caractérisant le costume.
Senna resta un moment à farfouiller dans les rayonnages, aidée par James et Sirius qui ne manquaient pas une occasion de faire les pitres.
Une petite vendeuse blonde vint les trouver pour les conseiller et indiqua à la jeune fille le chemin des cabines d'essayages.
Sirius et James lui emboîtèrent le pas.
La cabine se limitait à un simple rideau fuchsia qui s'enroulait autour de soi lorsque l'on pénétrait dans un cercle marqué sur le sol, cachant l'intégralité de la personne à l'intérieur.
Sentant un regard posé sur elle Senna se retourna brusquement, mal à l'aise.
Debout, appuyé contre le mur, son visage couvert sous un masque de mépris, Lucius Malefoy l'observait avec un rictus malsain.
La jeune fille soupira, agacée et se détourna avec appréhension. Avoir l'éclat meurtrier dans ses prunelles glacées, l'adolescent n'avait pas oublié leur affrontement.
Posant un pied dans le cercle, se dernier se mit à luire et Senna fut bientôt enveloppée par la masse fluide et protectrice du rideau.
Ses costumes se mirent à léviter doucement.
James et Sirius arrivèrent quelques minutes plus tard, s'étant attardés sur un rayon de costumes farceurs.
Deux des « cabines englobeuses » étaient occupées et ils hésitèrent un instant sur laquelle occupait leur amie.
- Senna ? Appela James, d'un ton incertain.
- Humm ?
Une tête ébouriffée écarta les plis du tissu qui s'enroulait autour d'elle, ne laissant apercevoir que sa tête.
Puis elle referma aussi rapidement les deux pans.
Les deux adolescents s'appuyaient en face contre le mur lorsqu'ils aperçurent qui se trouvait à côté d'eux. Ils n'avaient pas reconnu le Serpentard, sous la pile de vêtements qui le recouvraient désormais.
Trois tenues de walkyries s'étalaient sur son épaule et il essayait vainement de retenir les dizaines de robes avec ses mains tandis que la multitude de chapeaux qu'il avait coincés sous son aisselle semblait décidée à s'effondrer.
Un sourire moqueur se glissa sur leurs visages juvéniles.
- Dis-moi, Malefoy ? L'interpella James, narquois. A quoi tu joues ?
Le susnommé leur adressa un regard glacé, derrière la pile de vêtements.
- Au porte-manteau ! S'esclaffa Sirius, en se tenant les côtes.
Lucius Malefoy remit un peu d'ordre dans le tas de costumes qu'il portait puis rétorqua vertement.
- Et vous ?
Les deux jeune gens ouvrirent la bouche entre deux rires mais n'eurent pas le temps de répondre.
Les deux « cabines englobeuses » venaient de retomber sur le sol et deux jeunes filles en sortirent simultanément, les bras chargés de robes et accessoires.
La blonde jeta un coup d'œil à Lucius, dont la seule partie qui émergeait son front était cramoisie, et suivant la brune, se dirigea avec un grand sourire vers les deux Gryffondors.
Alors que Sirius et James les regardaient avec des yeux ronds, les deux adolescentes les ensevelirent sous une masse de satin, cachemire et dentelles, en apportant leur réponse.
- Aux porte-manteaux ! S'exclamèrent-elles.
Et sous l'œil effaré des trois garçons, elles éclatèrent de rire, après un sourire complice.
Mais leur rire se tut rapidement lorsqu'elles réalisèrent l'étrangeté de la situation.
Elle se dévisagèrent durant un instant, Senna Summers détaillant la Serpentard qui avait fait irruption la veille dans la Grande Salle, puis s'écartèrent brusquement et retournèrent dans les cercles qui les soustrayaient bientôt aux regards médusés de Sirius, James et Malefoy.
Une Gryffondor et une Serpentard sympathisant ensemble, cela n'arrivait pas tous les jours, surtout en cette période de discrimination moldue croissante.
Cependant les deux jeunes filles n'échangèrent pas un regard lorsque les Gryffondors furent les premiers à partir. Lucius Malefoy, sous sa pile de costumes ne put plus que fulminer lorsqu'il vit les deux garçons relâcher la masse de tissu qu'ils portaient.
Lorsque les trois jeunes gens furent sortis à l'air libre, rabattant au passage leurs capuchons pour éviter le crachin du soir, Sirius s'écria en ricanant :
- Malefoy me faisait presque pitié ! Le grand Lucius Malefoy ridiculisé, condamné à faire la mule durant sa soirée ! Ah la vie est belle ! Conclut-il en regardant le ciel grisâtre.
- Moi, il me faisait carrément pitié… Déclara Senna d'une voix douce.
- C'est donc pour ça que tu as fraternisé avec l'ennemi, constata James d'un ton neutre.
L'atmosphère se tendit tout d'un coup. Senna sentit une bouffée de colère l'envahir et une folle envie de répliquer mais se força au calme et se contenta de rouler des yeux.
- Quel ennemi, Potter ? Je n'ai vu que deux autres élèves, un serpent grincheux et une petite vipère amusée. Et ce n'était qu'un rire, pas la peine de dramatiser !
James et Sirius la fixèrent, étonnés.
- Je plaisantais Summers, s'excusa James devant son ton hargneux. C'est juste que c'était… surprenant.
Il lâcha le dernier mot en soupirant.
- Pour être surprenant, c'était surprenant ! S'exclama Sirius en hochant frénétiquement la tête.
En voyant l'adolescente froncer les sourcils, il se hâta d'expliquer :
- Il faut que tu comprennes Summers que les relations des autres maisons avec les Serpentards sont, ces temps-ci, très tendues. Cette maison ne s'est jamais très facilement liée avec les autres mais, autrefois, il y avait tout de même une sorte « d'entente cordiale ».
Tout en disant cela, le petit groupe était passé devant plusieurs boutiques et longeait désormais des habitations.
- Et qu'est-ce qui a changé ? S'enquit Senna avec curiosité.
James prit la relève
- Certains évènements. Autrefois les Serpentards se contentaient de quelques propos insultants, parfois blessants, mais rien de bien méchants, explicita-t-il.
- Ils n'étaient pas les seuls, objecta-t-elle.
- Bien sûr que non, s'énerva Sirius, tandis que James répondait par un claquement de langue agacée, mais la réputation des Serpentards n'est pas exactement celles de tendres agneaux aux sourires timides.
Senna haussa les sourcils, amusée par l'image.
- Non, en effet, convint-elle. Mais ce n'est pas…
- Toujours est-il, coupa James, que depuis un an, un nouveau groupe de sorciers s'est formé. Des sorciers aux idées plutôt radicales.
La jeune fille sentit une boule se nouer dans son ventre.
- …
- Ils se sont baptisés les « Mangemorts », au service d'un mystérieux personnage mégalomane se faisant appelé le « Seigneur des Ténèbres », rien que ça !
Senna ne répondit rien, se contentant de fixer un point droit devant elle, écoutant une histoire qu'elle connaissait par cœur.
- Ils ont commencé par des actions visant à intimider les gens, véhiculant des idioties concernant la supériorité des Sang-Purs, leur supériorité et leur envie de débarrasser le monde des faibles, et tout le même tissu d'âneries.
- En gros, ils souhaitent prendre le pouvoir sur le monde sorcier, ainsi si possible, chez les moldus, résuma Sirius, sombrement.
James acquiesça.
- Mais ils se concentrent sur le monde sorcier pour le moment. Ils pensent que les moldus ne pourront leur opposer aucune résistance.
Il eut un silence lourd, seulement perturbé par le claquement de leurs talons sur les pavés. Senna bénit cette pause, appréhendant la suite du discours.
- Puis, ils ont décidé de mettre en pratique leurs menaces, continua, impitoyable, James, le regard dur. Ils ont commencé à assassiner des sorciers, à en torturer d'autres, toujours en revendiquant leurs actions. Ils ont, le mois dernier, orchestré un massacre dans le centre-ville de Londres, devant
l'hôpital de Sainte Mangouste. Des dizaines de personnes ont péri, sorciers comme moldus, et on a recensé une centaine de blessés.
Senna resta impassible. « L'attaque de Sainte Mangouste ». Un des premiers carnages attribué à Voldemort. Elle l'avait lu dans Grandeur et Décadence de la Magie Noire. Ce que James avait oublié de préciser, c'était que l'hôpital avait été saccagé et que le nombre de victimes approchait plus la centaine que la dizaine. Elle serra les dents, enfonçant un peu plus ses poings dans les poches de sa cape.
- C'est étrange que tu n'en aies pas entendu parler, s'étonna Sirius, je pensais que cette bataille avait fait le tour du monde.
Senna haussa les épaules.
- Je ne m'intéresse pas trop aux informations. L a plupart du temps, elles ne véhiculent que meurtres et horreurs.
Sirius la darda d'un regard sceptique.
- Leurs « exploits » ont fait le tour de Poudlard, en a effrayé beaucoup, impressionné d'autres qui partageaient leurs idées. Certains Serpentards ont totalement adhéré aux opinions de l'étrange inconnu à la tête du groupe. Et même, s'ils ne sont pas d'accord avec les méthodes utilisées, ils sont trop terrorisés par le pouvoir du « Seigneur des Ténèbres » pour oser contredire ses actions. D'autres se réjouissent du sang qui coule, dit James avec dégoût, beaucoup de familles sont enrôlées, ne plaçant leurs enfant que devant une seule possibilité.
- Et étrangement, souligna Sirius avec ironie, les familles les plus touchées sont les ex-Serpentards.
Senna ne répliqua rien. Que pouvait-elle dire ? Elle savait parfaitement qu'il avait raison. La soif de pouvoir coulait dans les veines des Serpentards, c'était un trait de leur caractère.
- Normal, reprit-il, puisque le cinglé qui dirige les opérations se proclame l'héritier de Salazar Serpentard.
- Conclusion, les Serpentards ont tendance à être de plus en plus agressif, à provoquer des duels à tout-va, termina James.
Senna acquiesça. Malefoy Senior n'avait pas tardé à faire preuve de violence, hier. Elle déglutit, un goût amer dans la bouche. Cela ne la changeait pas réellement de l'autre Malefoy et de l'incessante guéguerre que disputaient les Gryffondors et les Serpentards à son époque. Ainsi c'était comme ça que tout avait commencé. Voldemort ne s'était pas contenté de prendre des vies, mais avait également empoisonné des générations avec ses actes.
- Ce sorcier : « le Seigneur des Ténèbres », est-il si puissant ? Demanda-t-elle doucement tout en redoutant la réponse.
Elle s'imaginait, ou plutôt espérait que Voldemort avait acquis sa puissance au fil du temps.
- Oh oui, ma détrompa Sirius, d'une voix lourde. Il était là à Sainte Mangouste. Il parait qu'il utilisait une variante de magie noire, la magie désincarnée, peu commune et très difficile à contrôler, elle demande une puissance phénoménale.
Senna le dévisagea avec étonnement. Elle ne savait pas que Sirius en connaissait autant sur les différentes formes de magies. Elle, n'avait jamais entendu parler de la « magie désincarnée ».
- De plus, s'il est réellement ce qu'il prétend être et que le sang de Salazar Serpentard coule dans ses veines, il est l'un des plus grands sorciers de notre siècle, conclut-il laconiquement.
- Sirius ! S'offusqua James.
- Je en fais qu'énoncer les faits, répondit ce dernier en haussant les épaules.
- Quel est son nom ? S'enquit soudainement Senna.
Les deux garçons la regardèrent avec surprise.
- Au cinglé qui souhaite diriger le monde ? Se décida à demander Sirius.
Senna acquiesça.
- On ne sait pas… Marmonna James. Il se caches sous un pseudonyme et on n'a jamais réussi à voir sous son capuchon ou bien, ceux qui ont pu contempler son visage ne sont plus de ce monde.
L'adolescente le fixa, interloquée.
- Personne ne connait son nom alors qu'il est l'héritier de Serpentard ? Questionna-t-elle, incrédule.
Les deux garçons eurent un regard gêné et James finit par dire en bougonnant.
- Il se dit l'héritier de Serpentard, mais c'est bien là, le problème. Il n'y en a pas. La branche est morte, il y a des années.
- Le ministère n'a pas cherché à creuser ?
- Bien sûr que si ! S'emporta James devant l'expression médusée de Senna. Mais à leur connaissance, le dernier descendant de Serpentard, un certain Morfin est mort il ya 15 ou 16 ans. Et il n'a pas laissé d'enfant.
- Les autres membres de la famille non plus, la devança Sirius. La famille de Salazar Serpentard n'était pas nombreuse : ils tenaient trop à leur sang pur, ils ne se sont donc pas mélangés.
Senna garda le silence, songeuse.
Elle s'avouait surprise. Elle était persuadée que Voldemort s'était toujours découvert afin de pouvoir revendiquer sa supériorité. A quoi rimait de se cacher sous un masque ? Puis elle réalisa. Voldemort aimait se cacher : même en dévoilant son visage, il s'était construit une autre identité, un autre visage, avait endossé un nouveau nom. Le masque perpétuel qui le recouvrait, tendait à distiller un peu de cette peur dans les veines de ces aspirants comme de ses opposants.
- Cela ne durera pas longtemps, assura James avec certitude. Il a le monde sorcier à ses trousses, le ministère essaie tant bien que mal d'éponger ses crimes et a déjà capturé trois de ses aspirants, les aurors sont en état d'alerte permanent…
- Et puis, son arrogance va finir par le perdre. Il va forcément commettre un jour une erreur.
« Et cette erreur se nomme Harry Potter et se trouve juste sous votre nez », songea la jeune fille avec cynisme.
- Ce qui est sûr, c'est qu'on va bientôt le retrouver et l'enfermer à Azkaban, déclara James. Et cette horreur ne sera plus qu'un mauvais souvenir.
Senna ne répondit rien. La seule chose qui était sûre pour elle, c'est qu'ils avaient tort et qu'ils ne savaient pas à quel point.
L'arrêt au Trois Balais dut bref. Ils rejoignirent Remus, Peter et Hayden et partirent directement en direction du château.
Peter leur apprit qu'ils avaient rencontré un ancien élève de Poudlard dans le magasin de quidditch et Hayden tendit sans un mot sa batte à Senna qui le gratifia d'un vague « merci ».
James admira les uniformes de quidditch, comme toujours, retrouvant ainsi son aire joyeux. Remus remarqua l'expression sombre de Sirius et Senna mais ne fit aucun commentaire (comme à son habitude).
Le retour ne fut pas long et ils allèrent directement manger en confiant leurs paquets aux elfes de maison.
