Merci à : - Tayaress d'avoir mis l'histoire dans ses favoris
- soln96 pour le follow -^^- et pour le temps que tu as pris pour commenter chaque chapitre
- Et n'oublions pas : Angelyoru et RoronoaAgathou pour leurs commentaires ! (Je me crois à un concert.)
A être en retard, je me perds et je ne sais pas si j'ai oublié des personnes ah lala...! Bref, bonne lecture ~
Chapitre 10 : Médical intention
1 + 1 = 3. Et c'est vrai, je viens de le voir, ce n'est pas juste quelqu'un qui me l'a dit. Même mes yeux peuvent vous le confirmer. Enfin, ils ne sont pas aussi propres que la première fois où j'ai vu le visage de ma mère lorsqu'elle m'accouchait mais quand même ! Moment merveilleux dans la vie d'une femme, de même que mon papa à mon avis et que dalle pour moi. Je m'en souviens pas, mais mes yeux ont vu des choses depuis. Et aussi longtemps que je la regardais, et plus longtemps la vérité me sortait des orbites. Personne pour me contredire et c'était beaucoup mieux comme ça. Être clean, ça avait ces bons côtés. Au départ, je pensais à rien mais maintenant cette petite fille à la peau chocolat a fait fondre un truc au fond de moi.
Elle danse et se trémousse sur la scène comme si le monde a toujours tourné de cette manière. Par moments ses gestes étaient ralentis, un truc comme le slow motion qui donne un aspect poétique à la chose. J'en bave à la voir danser, pas elle mais la voir faire des mouvements délicats sujets avec émotions. Il ne faut pas non plus croire que je me promène dans un camion blanc près des écoles maternelles pour appâter des enfants avec des bonbons. L'art se trouve dans chacun de ses pas et de ses mains. Mais pour revenir à cette histoire de calcul, car je pense que vous ne me prenez pas au sérieux. Eh bien je vais vous le dire bande de lectrices j'ai toujours raison : c'est la jeune fille qui me l'a dit, je la vois se dédoubler et se réunifier pour ne former qu'un seul être. 1 + 1 = 3. Bouum. Big bang.
C'est étrange d'un côté mais fascinant de l'autre. Vous avez peut-être changé d'avis maintenant, c'est tant mieux car mon partenaire n'a pas l'air de voir la même chose que moi. Ce qui est vraiment dommage quand on sent l'essence de sa représentation.
— Wade, je n'aime pas ton regard.
— Quoi ? Il a quoi mon regard ?
— Le regard qui déshabille, mais tu t'es vu à regarder cette fille ?
— Je l'honore en la regardant.
— Bah voyons, tu m'as plutôt l'air d'un ours pervers prêt à la dévorer toute crue.
Peter est né grincheux. Il a beau être un joli garçon, mais ses mots me blessent parfois. J'ai presque envie de pleurer alors que je me sentais bien quelques secondes plus tôt.
Je renfrogne mes larmes de garçon attristé et décide de lui faire payer ses propos en lui donnant un coup d'épaule. Je me rate complètement alors que nous sommes assis côte à côte, les épaules se touchant presque. Je me retrouve à taper dans le vide, pour tomber et m'allonger sur le banc. Quand je le regarde à nouveau, Peter est plus loin que je ne l'aurais cru, bizarre. Je me relève avec le peu de dignité qui me reste.
— Tiens-toi tranquille, tu vas nous faire repérer, chuchote-t-il. Déjà que je me dois m'occuper d'un Deadpool drogué, j'ai pas besoin d'un autre problème.
— C'est celui qui le dit qui l'est ! Je suis pas drogué, monsieur !
— Alors, qu'est-ce que tu vois autour de moi ?
— Des fresques, des statuts, des bancs, des bougies…
— Non, ce qui flotte autour de moi ?
Je reste à le contempler un moment avant de tourner mon regard et d'admirer les nombreuses fleurs qui planent. Ce qu'il peut être grotesque, il doit bien les voir les licornes qui s'envolent avec leurs petites ailes. Elles dansent et s'amusent si gaiement que j'aimerais bien les rejoindre. Il y en a pour toutes les couleurs, c'est un monde coloré et magique. Je remarque même des bonbons en train de rire près de moi. L'un d'eux m'effleure et je rigole à mon tour puérilement.
— Génial, ils t'ont transformé en bisounours, ironise-t-il. Plus sérieusement Wade, qu'est-ce qu'ils t'ont fait subir là-bas ?
Plus je l'observe et plus les fleurs se regroupent vers lui alors qu'une lumière le rend plus rayonnant. Je me mets à rire de bonheur, sous son regard éperdu. Ça doit être le paradis, même avec ses blessures il est toujours craquant. Mais cette image romanesque disparaît lorsque ses sourcils se froncent face à mes ricanements. Je baisse les yeux, intimidé et remarque que mes bras sont jonchés par des trous si fins que je dois plisser des yeux pour les voir entre mes gigantesques trous volcaniques que j'ai l'habitude de voir sur ma peau.
— Est-ce que je ressemble à un Chinois, Pete ?
— Chut ! Ne dis-plus rien !
— On joue à Jacques a dit ou au roi du silence ?
— Les deux si tu te tais !
Je ne dis plus rien et lui mime que ma bouche est zippée. C'est compliqué de jouer si Peter ne respecte pas les règles du jeu. Les licornes répètent aussi mon geste, je pouffe de rire en essayant d'être discret ce qui n'est pas facile avec toutes ses beautés autour de moi. Peter se met à gigoter dans tous les sens pour s'extirper de ses menottes, il tente de ramener ses mains en avant mais la longue corde autour l'en empêche. S'il est menotté, moi je suis libre de mes mouvements. En regardant mes doigts pianotés sur mes genoux, je me rappelle ce moment où ils m'ont ramené. Ils ont été tendre mais Spidey était en colère, il s'est calmé depuis mais je ne peux pas enlever cette image de mon esprit. Lui, fou de rage alors que ces personnes avaient tout l'air d'être de bonnes personnes. Peut-être que je suis trop gentil, mais ma maman m'a toujours dit d'être gentil et respectable envers les autres. Et Peter n'est pas le genre de personne à s'énerver pour un rien, ce qui me laisse penser le contraire sur ce qui m'est arrivé par la suite.
À présent que je le regarde, il a arrêté de bouger pour analyser discrètement les lieux. Deux individus se tiennent devant la porte, le reste est rangé autour de nous. Ça en fait des hommes pour prier aujourd'hui.
— Deadpool aide-moi, murmure Peter. Il faut que tu me prennes une bougie.
D'un geste de la tête, il me montre une petite table où est située une statuette d'une vierge, illuminée par une lignée de longues bougies.
— T'as pas dit « Jacques a dit ».
— T'es lourds Deadpool….
J'insiste et il soupire, faisant valser les pétales de coquelicots pleuvant sur lui.
— Jacques a dit « va me chercher une bougie tout de suite. »
Je m'exécute en sifflotant. Ah oui il faut être silencieux, je m'exécute tout court alors. Je rampe sur ce long banc interminable afin de lui attraper cette fameuse bougie. Le jeu a pris des tournures plus drôles maintenant !
[ Pool.]
Je me retourne mais Spidey ne m'interpelle pas. Ça doit être un courant d'air. Je continue mon chemin, en suivant une petite chenille jusqu'à ce que celle-ci disparaisse tristement quand une autre voix surgit.
[ Wade ! Deadpool ! Merde ! Moi ! Répond ! ]
[Non, ne réponds pas. Utilise tes pieds, ta tête d'abord pour réfléchir et va chercher cette bougie !]
J'ai des voix dans ma tête. Quoique au final, je suis drogué. Et dire que je me croyais sain d'esprit, Peter a raison maintenant. Oh mais, la petite voix a raison aussi, pourquoi je rampe ? Je ne suis pas attaché… Hohoho, comme je peux être bête.
Je me lève du banc et traîne des pieds, les genoux pliés. J'avance tout en gardant en tête qu'il faut agir dans la discrétion je ne vois pas où je mets les pieds. Alors que j'atteins le couloir, la bougie juste en face de moi, mes pieds s'emmêlent et je tombe à la renverse. Hop, une galipette en arrière. 10/10 pour Deadpool ! Et maintenant une pirouette !
— Mais qu'est-ce qu'on a là ?
— 10 points pour Deadpool !
Je relève la tête et aperçois un homme d'une chevelure blonde si brillante et lisse. Les petits anges tout nus sont même en train de lui mettre une auréole sur la tête. C'est fou comme la religion est présente partout par ici. Le sourire de l'homme est contaminant que je me mets à sourire aussi.
[On l'a perdu.]
[Il est déjà perdu, mais il nous a retrouvés.]
[Alors il est pas perdu ?]
Un lasso vient capturer mon pied, enroulant ma cheville. Je m'arrête aussitôt de rire alors qu'on me traîne sans gêne au sol. C'est la jeune danseuse tout à l'heure si colorée, et à présent elle me semble être si terne et noire.
[Tu la sens la blague venir ?]
— Pourquoi mes licornes disparaissent ? Pourquoi j'entends des voix ?
— Ce n'est rien , répond le blondinet. Juste les effets secondaires.
Je me laisse traîner comme une vieille chaussette et entends l'écho de la voix de Peter dans cette église. Arrivée près de l'autel, la petite fille desserre son fouet et recule pour laisser place au grand blond. Sa longue veste violette me chatouille le nez alors qu'il me passe devant pour déplacer une statuette sur l'autel. Un énorme bruit se met à résonner sous mes pieds, la terre se met à trembler et je perds mes mots quand l'autel se met à bouger et à s'écarter suivant un mécanisme. Se montre alors un escalier souterrain éclairé par des lumières électriques.
— Et si on allait faire un tour, mes amis ?
Autour de moi, la dernière tulipe me dit au revoir avec un visage triste. Mon joli petit monde si coloré perd de son allure à mon grand regret. Les couleurs perdent en intensité me remettant dans un monde si fade. La mélodie des anges ne résonne plus, et la dispute dans ma tête s'intensifie quant à elle.
[Je suis ce que je suis, bordel de sa race ! Pas un toutou qui embrasse langoureusement des licornes !]
[DEPUIS QUAND J'ECRIS EN GROS ? JE SUIS DEJA BIEN ASSEZ GRAS.]
Bon. C'est pas une dispute. Je tends à m'étouffer lorsque des souvenirs me reviennent soudainement en tête. Ils m'ont déjà emmené dans ce foutu laboratoire sous l'autel pour me prélever du sang et faire leur drogue. Tout ça par…
— Où est cette SALOPE DE VAMPIRE ?!
[Oh.]
[Daddy est de retour !]
— Et je vais casser cette baraque !
Je bouscule Georges le blondinet car non, je n'ai pas oublié son nom ridicule et me réfugie derrière l'autel en prenant avec moi Peter. Les balles éclatent dans ce lieu sacré, j'espère qu'ils ont dit pardon à la vierge et au petit Jésus… Moi je passerai plus tard au confessionnal, à mon tour de faire saigner.
— Peter, prend la relève de la narration, ce sera trop gore pour les petites lectrices.
Il me dévisage mais n'a pas le temps de me répondre que je me jette sur le groupe de bras cassés.
— Non, mais…DEADPOOL ! Mais quel crétin fou.
Qui est aussi bête pour partir sans arme ni rien ? Je veux bien lui accorder le doute quant à ses compétences en combat rapproché mais pour y arriver, il faut déjà passer sous la pluie de balles. Et en fonçant tête basse, il a oublié de me détacher. Ces gars ont fait attention en m'attachant de manière à que je ne puisse pas tisser des toiles. Je dois me trouver moi-même une bougie, ce n'est pas en gesticulant simplement que je vais pouvoir me hisser. Et il y en a toute une rangée derrière Georges.
— Zut alors. Je me tiendrais à l'écart ma petite tisseuse de toile.
Un pied me coupe le souffle, ma tête frappe contre l'autel. Georges prend plaisir à m'étouffer de son pied sous la gorge. J'essaye de m'en détacher en gardant les yeux fermés, car ma vue ne fait que me montrer des étoiles. Georges serre plus fort sa prise pour m'en dissuader.
— Je sais comment pensent les gars comme toi, j'en ai côtoyé lorsque j'étais légionnaire français et ce sont les premiers à mourir.
— J-Je…suis…
— Prêt à mourir ? Différent ? Plus fort ? Au final l'araignée, tu n'es bon qu'à être le sujet de notre expérience familiale.
Il m'attrape par le sweet-shirt et me jette dans l'ouverture sous l'autel. Je chute à l'envers dans un cri de stupeur et m'affale marche après marche. Je finis ma longue descente le dos à plat sur ce qui semble être du carrelage blanc. La pièce est d'une blancheur à me rendre aveugle, les murs ne sont que des miroirs qui reflètent par milliers mon image. Je me relève tant bien que mal, derrière moi l'autel a été refermé. J'ai beau pousser mais le mécanisme ne fonctionne qu'à l'extérieur, ou alors il faut y avoir le code d'accès sur le clavier numérique. Je tourne le dos et cherche un autre moyen de sortir d'ici. Pas le choix, j'avance dans ce couloir et arrive devant une porte. Ce ne doit pas être pire ce qui m'attend derrière cette porte, je porte la main sur la poignée quand mes sens d'araignée me mettent en alerte. Je me retourne directement, sentant le danger derrière moi mais je tombe nez à nez avec …Deadpool. Calme. Bien trop calme. Son visage me fait froid dans le dos.
— Deadpool ? Comment… tout vas bien ?
Sa bouche s'ouvre mais une voix le coupe avant qu'il ne puisse me répondre. J'ai du mal à lui tourner le dos à la vue de son regard. Il manque quelque chose chez lui, comme une lueur de folie. Pourtant c'est bien Wade qui est devant moi, personne ne peut lui ressembler après tout.
— Spider-Man ? C'est toi ? répète la voix.
Le ton est légèrement différent de mes souvenirs mais je n'ai pas de mal à reconnaitre la personne derrière. Je pose ma main sur la poignée et la tourne pour ouvrir la porte. Emi se trouve au centre de la pièce, le visage triomphant. Un visage que je ne lui connaissais pas. Une autre femme se tient devant moi, je n'arrive plus à déceler la fille que j'ai rencontrée dans ce miteux motel. Il ne reste que sa coupe de cheveux et la couleur de ses yeux que je peux encore reconnaitre. Je reste là à la contempler comme si le mirage allait disparaitre d'un clignement des yeux.
Son regard dérive du mien et fait signe du doigt à quelqu'un d'autre d'approcher.
Je tourne la tête pour voir que ce n'est d'autre que Deadpool. Il avance sans dire un mot, les pieds traînant au sol. Il se laisse dicter comme un gentil toutou, oh non ça ne va pas se passer comme ça. Je le retiens car rien ne tourne rond par ici.
— Wade, je sais que tu es bizarre en général, tu l'as toujours été mais là, t'es pas juste bizarre normal mais bizarre bizarre.
D'un geste brusque, il tire sur son bras pour se détacher de ma prise. Même pas un seul regard, il continue sa route pour se joindre à ses côtés. Le sourire d'Emi s'agrandit en voyant ma stupeur. Est-ce que Deadpool a toujours été un vilain depuis le début ? Je ravale amèrement ma salive, la sensation d'être mené du bout du nez aussi bêtement m'est insupportable. Surtout quand le vautour prend un malsain plaisir à vous voir vous décomposer.
— Qu'est-ce que tu lui as fait ? C'est pas cool de me l'avoir transformé en rôdeur.
— Pour l'amour de dieu ! Réplique-t-elle. On les appelle des zombies, et je ne lui ai rien fait.
Elle passe derrière lui et effleure de ses doigts les larges épaules de Wade. J'ai vraiment du mal à croire qu'ils ne sont pas ensemble et qu'on m'a mené en bateau jusqu'ici. Il peut ne plus ressembler à un être humain mais il est toujours considéré comme tel. Je réprime une impulsion inattendue à lui faire bouffer ses griffes, mais je la laisse tourner autour de lui comme si elle cherchait à faire monter un désir mutuel.
— Je n'ai fait que lui montrer la voie à suivre, continue-t-elle.
— Aussi simple que ça ?
Enfin, elle m'accorde un de ses regards, non pas en y rajoutant sa touche personnelle. Avec Deadpool fait en chiffon, elle ramène ses mains sur elle pour les poser sur son épaule alors qu'elle se range à l'intérieur, virilement blottie comme si la possession n'était pas assez remarquée depuis. Je comprends mieux les mecs jaloux de voir leur copine traîner avec d'autres mecs, mais bon sang pourquoi je suis exactement dans cette position ? C'est surtout le fait qu'elle le gesticule avec facilité qui me déconcentre. Et il ne faut pas oublier qu'il n'est plus de mon côté maintenant. Si elle peut l'utiliser comme bon lui semble, quoi d'autre peut-elle encore faire…
— Aussi simple que ça, répète-t-elle d'un ton plus hautain.
— OK… Tu sais quoi ? Tu peux le garder de toute façon je m'en fiche complètement de lui. Je peux très bien m'occuper de vous sans.
Tête baissée, je fonce sur elle mais elle esquive aisément tandis que je bascule en arrière avec Deadpool. Nous renversons une table à côté, je suis à nouveau debout lorsque Emi me jette un objet volant qui n'est autre que deux katanas. Wade reste au sol, incapable de faire quoi que ce soit. J'aurais aimé utiliser les katanas à côté de lui mais ce n'est que trop tard que mon idée se partage pour aller chez Emi. Pas besoin de la voir pour savoir ce que Wade allait faire.
— Ne le blesse pas, et mets-le-moi sur la chaise.
Deadpool récupère ses deux katanas dans un grognement et me fait face de toute sa largeur. Le voir dans des habits de civil m'est étrangère comme l'expression sur son visage, est-ce qu'il est aussi inexpressif sans contrôle mental ? Est-ce qu'il a toujours été comme ça lorsqu'il tue ses victimes ?
Je recule appréhendant son premier geste et j'ai vu juste. Faisant tourner ses katanas dans le vent, il se met à fendre l'air pour me toucher. Même en étant contrôlé, les ordres sont mal compris de sa part. Il veut pas du tout m'arrêter, il va me tuer si je ne fais rien. Je suppose que c'est dans les gènes on n'y peut rien.
J'évite les nombreuses tentatives de Deadpool et réussis à me frayer un chemin entre sa garde relevée pour lui donner un coup de pied retourné. Mais alors que je me prépare à lui lancer mon coup, je suis tiré en arrière. Ma tête heurte sensiblement le sol dans un énorme bruit, Deadpool ne me laisse pas en paix et continue à me viser. Deux contre un, où est l'injustice ! Il rate ses attaques mais me coupe mes cordes. Enfin libre, je me décide à sortir mon pied coincé mais je suis figée en voyant non pas une sorte de corde mais un ensemble d'araignées ensevelir ma jambe. Deadpool en profite pour m'attraper par-derrière, je suis serré entre ses bras et complètement jeté sur la chaise. Les araignées grimpent sur moi pour me bloquer, Emi dicte leur geste en jouant de ses doigts.
— Impressionné ? me demande-t-elle.
— Je ne savais pas que c'était aujourd'hui pour le cirque.
— Et tu n'as encore rien vu…
Le numéro du magicien qui coupe sa femme dans des boîtes m'a toujours intrigué, même en étant plus un garçon le procédé reste à mes yeux une chose intrigante et sensationnelle. Mais ce n'était qu'un tour de passe-passe, un secret que les magiciens ne dévoilent pas aux yeux du public. Or, je ne peux pas dire à cet instant la même chose, je perds mes mots en voyant Emi se fendre littéralement en deux. Sous mes propres yeux, je la vois se couper verticalement avec le katana de Wade. Comme un caméléon changeant sa peau, elle enlève la sienne pour vivre sous une nouvelle enveloppe corporelle. Ses cheveux roses périssent tels des filaments de toiles faisant chuter avec la peau, d'innombrable minuscules araignées noires.
Je suis fier d'être nommé Spider-Man, mais face à cette situation, je préfère m'éloigner de ses bestioles qui lui sortent du corps comme un nid qui vient d'éclore en elle. Je n'ai aucune idée de leur dangerosité mais quand ça sort d'un corps c'est forcément radioactif ou maléfique. Dans cette nouvelle apparence, c'est une femme aux cheveux noirs que j'ai face à moi. Les traits asiatiques sont restés sur son visage mais sa peau est pâle, très pâle qui donne la vision que son corps n'est que la couleur de ses os. Emi porte à présent qu'un court corset noir qui laisse entrevoir son ventre. Elle se penche sur le côté pour prendre deux gants noirs et porte un collier de la même couleur obscure accroché à des filaments de perles tombant sur ses épaules dénudées.
Pensant que je tente à nouveau de m'enfuir, Deadpool me retiens fermement les épaules contre le dossier de la table.
— Enfin, moi.
— Tu t'appelles toujours Emi ou tu vas aussi enlever une couche ?
Un sourire énigmatique se dessine sur son visage tandis qu'elle redresse ses cheveux dans deux chignons opposés, quelques mèches s'en échappent. Elle se retourne et me laisse la possibilité de voir son dos où le tatouage d'une araignée a pris place. Je suis comme hypnotisé par la bête dont les finitions la rendent vivante. Emi revient vers moi avec un kit de perfusion. Et elle n'attend pas pour continuer à me prélever.
— Emi est mon vrai prénom.
— Je ne pense pas que dans le milieu tu aimes utiliser ton vrai prénom.
— Tout comme toi, réplique-t-elle en vérifiant que la poche reçoit bien le sang. Cela me permet de faire la différence entre ma vie privée et le business. On m'appelle la Mariée des neuf araignées, je n'en suis pas vraiment fière.
— C'est plutôt long. Pourtant Deadpool m'a dit que tu t'appelais salope de vampire.
Elle lui jette un œil dépourvu de sentiment.
— Il n'est qu'une brute et je ne te savais pas si grossier.
— Je suis plutôt d'accord sur ces deux points, mais le sujet n'est pas là. Comme je l'ai déjà dit au départ, c'est mon sang, je n'ai pas donné mon autorisation et c'est illégal je précise, si toi et tes copains aient oublié.
Elle se penche vers moi, je sens son souffle chaud s'écraser sur mon visage. Ces yeux d'un noir mat ne me quittent pas tandis qu'elle caresse mes cheveux avec la tendresse d'une mère.
— Je suis désolée, mais j'en ai besoin.
— Pour quoi ? Détruire des vies pour faire fonctionner ton petit marché ?
— Tu ne sais strictement rien.
— Explique-moi alors.
— Et révéler mon plan ? réplique-t-elle en haussant un sourcil. Pas mon style.
— J'aurais essayé.
Elle enlève sa main et la chaleur disparaît instantanément avec elle. Emi n'ajoute aucun mot ensuite, alors que les poches s'emplissent de mon sang. Elle est vraiment là pour mon sang et non mon identité alors qu'elle peut facilement remonter à la source. Deadpool reste avec elle tout le long aussi. Il n'est qu'un bon garde obéissant dont tout le monde aurait aimé voir agir de cette manière.
— J'ai essayé d'avoir une vie normale, mais le passé revient toujours me hanter. Mais cette fois, ce sera différent et tout ça grâce à toi.
Prélevant une petite quantité en plus, je la vois en injecter une sur une des araignées. Aussitôt celle-ci fume et fond en cendres dans sa paume. De ses deux mains, elle modèle quelque chose dont elle seule peut voir et lorsque son travail est terminé, elle montre ses paumes où se tient l'élixir tant convoité.
— Où est la caméra cachée ?
— Tu peux voir cela comme de la magie. Et celui-là sera pour toi.
— Pas vraiment envie de me droguer.
— Ce n'est pas de la drogue, c'est un antidote. Pour ton ami.
Ce n'est pas mon ami. Mais je suis trop concentré sur le liquide pour le répéter à haute voix.
— Cependant, c'est la seule et unique qui existe. Je suis la seule à pouvoir en fabriquer.
— Et tu veux me proposer un marché ?
— Non, j'ai déjà tout de toi. Un dilemme.
Elle se relève et me détache tout en tenant éloigné l'antidote. Je cherche tout de même à m'en emparer à présent libre mais mon corps est endolori. Plus possible de faire un mouvement sans se sentir épuiser immédiatement.
Emi dépose la petite fiole par terre et rejoint la porte où Georges l'attend discrètement sur le bas-côté. Elle tient avec elle une mallette contenant sûrement mon sang et celui de Wade qui me barre la route.
— Tu te rappelles de la jeune fille qui m'accompagne ?
La petite fille sort de son coin et je ne peux que la regarder avec peine.
— Comme Deadpool, elle y a déjà goûté. Chacun d'eux a reçu une quantité trop importante pour leur organisme…
— Qu'est-ce que tu as fait ?...
— Le nécessaire, j'espère que tu ne regretteras pas ton choix.
Elle claque des doigts et sort de la pièce me laissant entre deux personnes me mettant mal à l'aise. Je ne sais pas qui est le plus effrayant, Deadpool qui vient soudain de remarquer ma présence avec un regard noir ou la petite fille encore ignorante de ce qui lui arrive. Justin serait heureux de savoir sa sœur saine et sauve. Aucun doute là-dessus elle lui ressemble trait pour trait si ce n'est que l'année de naissance qui doit les différencier. Elle n'a pas l'air de porter des séquelles physiques.
— Hey ! L'interpellé-je. Tu es la sœur de Justin, je me trompe ?
Elle n'ose pas prendre la parole et hoche la tête à la place. Soit c'est la surprise, soit c'est la crainte que Wade finisse par la remarquer elle aussi alors qu'il fait jongler ses katanas sur ses mains habiles. Je réussis à me relever sur la table mais retombe à genoux à la place. Bon, un point pour l'effort.
— Comment t'appelles-tu ? Moi, c'est Peter.
Aussi distante que son frère vis-à-vis des étrangers. Merci les parents.
— Sasha.
Je me remets debout en prenant appui sur la table. Deadpool s'est rapproché de moi dangereusement, je surveille attentivement ses katanas du coin de l'œil son regard me donnait un aperçu des évènements à venir.
La fiole se trouve juste sous ses pieds, je ne peux pas l'atteindre sans qu'il ne m'attaque en premier, mais une petite fille pourrait. Mon choix est déjà fait, bien avant qu'Emi m'annonce son dilemme morbide. Je sais que Deadpool aurait compris mon choix.
— D'accord Sasha, commencé-je calmement. Je ne sais pas pourquoi tu suis cette femme, ni pourquoi tu as pris cette drogue mais je sais surtout que ton frère Justin s'inquiète pour toi.
Ses yeux chocolat s'illuminent à la pensée de son frère.
— Je lui ai dit de…
— Il a peur pour toi Sasha, il était prêt à se mettre en danger.
— Je…Je savais pas…
— Tu dois prendre ce remède, tu m'entends ? Il a besoin de toi, pense à lui et à ta famille…
Énergiquement, elle réagit et se baisse pour le prendre. Elle a fait le bon choix. Je ne connais pas les ordres de Deadpool mais il se détache et se retourne pour chercher le remède. Je me jette sur lui avant qu'il ne l'attrape. Sasha s'empare du précieux alors que Deadpool tente par tous ses moyens de m'arracher de son dos. Wade lâche ses katanas pour m'attraper sur son dos mais il n'arrive pas à m'atteindre.
— Deadpool ! Écoute-moi, c'est Peter !
Il tourne en rond, les pieds se jonchant à chaque tour et finit par m'aplatir contre un mur. Je finis par céder lorsqu'il me cogne plusieurs fois de suite sur les différents murs qui composent la pièce.
Il profite de cet enchaînement pour m'agripper à la gorge ne me laissant que très peu de temps pour comprendre ce qui se passe. J'entends Sasha crier au seuil de la porte, Wade continue à m'étrangler férocement comme si j'étais son plus vieil ennemi. Son visage si expressif d'habitude ne laisser rien entrevoir cette fois, contrairement à ses yeux où valse une haine sombre. Ses longs bras musclés portent des traces d'injections et je ne peux que supposer qu'on ne lui a pas simplement prélevé du sang. Ils ont aussi injecté la substance.
J'essaye de reprendre la situation en main, écartant ses bras de part et d'autre mais au lieu de libérer mon cou, j'ai l'effet inverse. Il me punit presque en appuyant plus fort sur ses doigts. Il les rentre plus profondément dans ma peau mettant mes cordes vocales à rude épreuve.
Sasha apparait dans mon champ de vision, elle tient un plateau entre les mains. Le regard déterminé, elle prend de l'élan et abat l'objet sur sa tête. Un son éclate et le métal du plateau se tort pour former un rond. Elle reste bouche bée en voyant Deadpool sortir indemne. Il ne bronche même pas et l'éjecte en un seul poing comme un insecte lui gênant la vue.
— S'il-te-plaît…Wade...
Je sens l'air quitter mes poumons et la panique me submerger. Je suis face à moi-même, j'ai beau connaitre cette situation des centaines de fois, quand c'est quelqu'un que vous appréciez particulièrement, l'impression est différente. Même en cherchant à écraser ses bras, il rogne placidement la souffrance. Il n'est pas immortel pour rien, et mon obstination a ses limites. Je le griffe, désemparé, comme dernier recours avant de mourir.
Sérieusement.
Mes gestes ne sont que des actes d'un animal en détresse, se tordant sans répit par le manque d'oxygène. Je ne résiste pas longs feux et sombre dans la suffocation que je tentais d'oublier. Elle m'aspire entièrement pendant que mes larmes me montent aux yeux. Mes halètements deviennent des supplices mais je trouve une force d'un autre monde pour effleurer une dernière fois sa joue.
Je ne savais pas que la mort pouvait vous serrer agréablement contre elle.
À bientot ! N'hésitez pas à commenter :) (Oh! On en parle du "petit bisou" entre Garfield & Reynold ? Le SpideyPool est là!)
