CHAPITRE DIX: NICOLAS ZAKHAROV

Quand Harry rentra de nouveau dans la maison, il fut heureux de constater que l'atmosphère n'était plus aussi pesante. Il croisa quelques sorciers, des Aurors qui avaient passé la matinée dans une autre partie de la maison – jusqu'à quel point la demeure était-elle grande ? – mais ils ne semblèrent pas lui donner plus d'importance que cela. Visiblement, le petit groupe avec qui il avait discuté la veille au soir était resté plutôt discret sur sa condition et sur cette histoire de réalité alternative.

Il se dirigea vers la cuisine, surpris de voir Nicolas, le sorcier qu'il avait rencontré la veille dans les rues de Londres, assis sur une chaise en train de se balancer, les pieds posés sur la table dans un coin. Il avait un grand couteau dans la main droite, et une pomme qu'il découpait avec précaution dans l'autre. Quand Harry entra dans la pièce, le sorcier se tourna vers lui et le dévisagea pendant un moment.

Harry ne savait pas trop quoi penser de lui. Il ne l'avait jamais rencontré dans sa réalité, et jusqu'à maintenant, l'homme était resté plutôt silencieux face à tout ce qui s'était passé, et sur ce que Harry avait révélé à l'Ordre. Il ignorait s'il avait cru tout ce qu'il avait dit, ni même ce qu'il pensait de cette histoire de réalité alternative, mais il s'en fichait un petit peu. Harry le dévisagea à son tour en contournant la table pour aller se servir une tasse de thé. Il avait des cheveux blonds coupés très courts, un bouc très bien taillé et des yeux gris, perçants, qui lui donnait un air très sévère. Il avait également une forte carrure comme Harry avait pu s'en rendre compte la première fois qu'il l'avait vu.

D'autres sorciers apparurent dans l'encadrement de la porte, ne jetant même pas un seul regard vers Harry.

-Zakharov. Nous on y va, on doit se rendre dans le nord du pays pour la tractation avec les loups-garous.

C'était donc comme cela qu'il s'appelait, Nicolas Zakharov.

-Est ce que le bureau a été prévenu ?

-Oui bien sûr ! Pour qui tu nous prends ?!

-Entendu ! Bon courage, ajouta-t il en se recoupant un autre morceau de pomme.

Les Aurors s'éloignèrent dans le couloir et ils entendirent tous les deux la porte de l'entrée se refermer derrière le groupe. Zakharov continuait de regarder Harry en mangeant sa pomme, ce dernier s'était appuyé contre le plan de travail et buvait son thé.

-Alors, commença Harry pour rompre le silence. Vous êtes un Auror ?

L'homme eut un petit rire amusé.

-Non. J'ai toujours été très mauvais en Potions. J'ai raté mon examen de BUSE et du coup j'ai pas pu passé mon ASPIC qui est indispensable pour pouvoir entrer dans le bureau.

-Et ça fait longtemps que vous faites partie de l'Ordre ?

-Tu poses beaucoup de questions je trouve.

-C'est normal que je me renseigne sur les gens que j'ai autour de moi. Surtout les gens que je ne connais pas.

-Mais d'après ce que tu dis, tu viens d'une autre réalité donc théoriquement, tu ne connais personne ici.

-Mes amis ne m'ont pas semblé si différents ici. Ils sont à peu près comme je les ai connu.

-Tu as tord ! On ne peut pas être pareil en étant ici, à lutter sans cesse avec acharnement, et dans un autre monde où il n'y a eu aucune menace pendant des années.

-Je vous dis qu'ils sont pareils !

-Et moi je te dis que tu te trompes. Tu verras. Tôt ou tard tu t'en rendras compte.

-Qu'est ce que vous y connaissez au juste aux voyages temporels et aux changements de réalité ?

L'homme rigola de nouveau mais ne répondit pas tout de suite. Il fixa Harry de ses grands yeux gris, il avait l'air un peu menaçant avec son couteau dans la main.

-Je n'y connais pas grand chose mais toi non plus. Tu ne sais pas plus que moi ce qui s'est passé. Tu n'es qu'un gamin de quinze ans, un peu trop paumé si tu veux mon avis, qui se retrouve au milieu d'un conflit qu'il ne connaît pas, dans un univers qu'il ne pourra jamais comprendre.

-Qu'est ce que vous en savez ? Vous ne savez pas ce que j'ai traversé jusqu'à maintenant.

-Ça n'a rien de comparable avec ce qui se passe ici. Ça j'en suis persuadé. Quand tu mettras le nez dehors, tu t'en rendras compte. En attendant tu devrais te tenir tranquille, on n'a pas besoin d'un gamin pleurnichard et capricieux ici !

Il faisait clairement référence à la façon dont Harry avait réagit la veille, quand il avait appris au début qu'il n'allait pas pouvoir récupérer sa baguette, et aux larmes qu'il avait versé lors de sa discussion avec Dumbledore. Harry fronça les sourcils, énervé de voir que le sorcier parlait ainsi de sa vulnérabilité et surtout des conditions qu'il avait exigées. Pourquoi est ce que personne ne voulait-il comprendre à quel point il était primordial qu'il récupère cette baguette ?

C'était sa baguette. Celle qui lui avait permis de revoir ses parents dans le cimetière chez les Jedusor, celle qui lui avait permis de fuir ce soir là et pouvoir revenir à Poudlard pour prévenir tout le monde que Voldemort était de retour. Après avoir vu la façon dont le Mage Noir et Dumbledore s'étaient déchainés lors de leur duel au Ministère, il savait pertinemment que s'il avait eu une autre baguette en main le soir de la Troisième Tâche, il aurait été exterminé par son ennemi. Il n'avait clairement pas le niveau pour l'affronter en combat singulier.

Harry allait rétorquer quelque chose mais Zakharov se leva de sa chaise quand d'autres sorciers entrèrent dans la pièce, visiblement pour lui parler d'une affaire urgente, et il renonça à s'expliquer avec lui. Il remonta en quatrième vitesse dans la chambre qu'il partageait avec Ron, il n'avait envie de voir personne. Il passa le reste de la journée à s'exercer avec la baguette qu'il avait emprunté. Le seul avantage à vivre sous le règne de Voldemort, c'était le fait de pouvoir utiliser la magie en dehors de Poudlard sans se priver. Il n'y avait plus aucune restriction pour les sorciers de premier cycle.

En début de soirée, il commença à avoir faim, mais il savait pertinemment que personne ne se mettrait à table avant que le petit groupe ne soit rentré du cimetière. À vrai dire, il avait entendu des bruits dans les couloirs, des portes s'ouvrir et se fermer pendant toute l'après-midi et il en était arrivé à la conclusion que tous les membres de l'Ordre ne pouvaient pas passer tous leur repas tous ensemble, il y avait beaucoup trop de monde avec des emplois du temps trop diversifiés. Chacun devait gérer son temps comme bon lui semblait, ou comme c'était possible en fonction des missions et des temps de repos.

Incapable de rester enfermé dans sa chambre plus longtemps, il décida de sortir pour aller faire le tour du propriétaire. Comme il l'avait déjà remarqué, la maison était beaucoup plus grande que ce que pouvait laisser penser la demeure vue de l'extérieure. La plupart des pièces avaient leurs portes fermées, Harry n'avait pas osé y entrer de peur de déranger mais pour les quelques unes qui étaient libres d'accès, il avait surtout pu voir des bureaux où étaient entassés un nombre incalculable de parchemins et de grimoires, ainsi que des objets en tout genre que Harry n'avait jamais vu et dont il ignorait quel pouvait en être l'usage.

En continuant à déambuler dans les couloirs, il tomba finalement sur une salle dont la double porte d'accès était grande ouverte. La pièce était très grande, la plus grande qu'il avait vu depuis qu'il était arrivé – si on ne comptait pas le salon qui était la pièce à vivre principale – et l'atmosphère qui s'en dégageait était très agréable. Au milieu de la pièce, il y avait une grande table rectangulaire, autour de laquelle avait été installées des dizaines de chaises et Harry pensa tout de suite que l'endroit devait servir à réunir le maximum de membres de l'Ordre lors des tenues des réunions importantes. Il y avait également une grande cheminée, qui était éteinte ce jour là bien évidemment, et de nombreux canapés et fauteuils moelleux.

Mais ce qui attira l'attention de Harry, ce fût l'immense mur tout au fond. Jusque là, il avait remarqué que la plupart des pièces avaient des murs bruts en brique mais ce mûr ci était recouvert d'un étrange papier peint, du moins c'est ce qu'il pensa en le voyant car en s'approchant un peu plus, il constata qu'il s'agissait en fait d'une grande tapisserie. Dessus, il y avait des dizaines de visages, comme si des photos avaient été collées par dessus la tapisserie, des visages dont la plupart étaient familiers à Harry, il s'agissait de l'ensemble des membres de l'Ordre du Phénix.

En regardant avec plus d'attention, il compris aussitôt que les photos étaient organisées hiérarchiquement, en fonction de la date d'entrée de chaque sorcier et sorcière dans l'organisation. Tout en haut de la tapisserie, il y avait bien évidemment le fondateur du groupe, Albus Dumbledore. Il reconnu ensuite juste en dessous de nombreux visages, qu'il avait déjà vu sur la photo que Sirius lui avait donné au début de l'année : le premier groupe qui avait combattu Voldemort il y a de nombreuses années, au début du règne du mage noir. Il y avait Sirius, Remus, les parents de Neville, Mr. et Mrs. Weasley ainsi que ses parents bien évidemment. Il s'attarda un peu plus sur eux, son regard plongé dans le leur. Les photos n'étaient pas des photos que l'on trouvait ordinairement dans le monde des sorciers, elles ne bougeaient pas, mais Harry était quand même heureux de pouvoir voir le visage de son père et de sa mère. Leurs photos, contrairement à la plupart des autres, n'étaient pas en couleur mais en noir et blanc, certainement dû au fait qu'ils étaient morts.

Après quelques minutes de contemplation, il continua à descendre pour voir les photos suivantes, et il fut surpris de voir le visage de Rogue. Il savait qu'il n'y avait plus de doute quand à sa loyauté envers Dumbledore, mais il avait également appris qu'il avait travaillé pour le compte de ce dernier, comme espion, en faisant croire à Voldemort et aux Mangemorts qu'il était toujours de leur côté dans le but de récupérer des informations sur eux. Le fait d'apparaître sur un mur comme celui-ci pour Rogue ne pouvait dire qu'une seule chose, il avait perdu sa condition d'espion et était maintenant entièrement dévolu à l'Ordre du Phénix. Il s'attarda également un moment sur sa photo, comme toujours il avait un regard très sérieux et très froid. Mais il avait également l'air particulièrement épuisé et affaiblit, la photo avait dû être prise suite à la perte de sa condition d'espion. Comment Voldemort et les Mangemorts avaient-ils appris que Rogue les avait berné pendant des années ? Il n'en savait rien mais il pouvait bien imaginer leur colère au moment où ils s'en étaient rendu compte, surtout celle de Voldemort. Rogue avait dû affronter beaucoup d'épreuves, et cela ne faisait aucun doute qu'il était l'une des cibles principales du Mage Noir et de ses serviteurs aujourd'hui, l'un des sorciers à abattre absolument.

Les autres visages, il les connaissait beaucoup moins, bon nombre de membres lui étaient totalement inconnu, de visage et de nom, mais après tout c'était logique. Cela faisait une vingtaine d'année que Voldemort était apparu, les rangs de l'Ordre avait largement grandit depuis cette date, bien plus que dans la réalité d'où il venait où le groupe était resté en suspend, n'ayant aucune lutte à effectuer. Parmi les dernières recrues il y avait Zakharov, qui avait visiblement rejoint l'Ordre quelques mois auparavant, et Elizabeth qui était une toute nouvelle recrue. En descendant son regard, son visage s'assombrit en voyant la photo de Bill, également en noir et blanc. La contemplation de ce mur allait certainement être impossible pour la famille Weasley, les prochains jours du moins. Il sourit ensuite en voyant le visage de Fred et George un peu plus bas, l'un à côté de l'autre, particulièrement souriants. Ils étaient fiers d'entrer dans l'Ordre, ça se voyait. Il fut également surpris de voir le visage souriant de Cédric Diggory, ici il était toujours en vie et donc membre de l'Ordre.

Perdu dans ses pensées en repensant à la soirée de la Troisième Tâche, il n'entendit pas quelqu'un s'avancer dans son dos, et se rendit compte qu'il n'était pas seul une fois que la personne était arrivée à son niveau, c'était Sirius.

-Sirius ! Vous êtes tous rentrés !

-Oui on vient juste d'arriver. Plutôt impressionnant ce mur hein ?

-Oui. Il ressemble un peu à l'arbre généalogique qu'il y a chez toi, Square Grimmaurd.

-Tu connais ma maison ?

-Oui. J'y ai passé une bonne partie de l'été l'année dernière.

-Je vois. À vrai dire ce n'est plus ma maison, Bellatrix a trouvé le moyen d'y entrer, on était plus en sécurité.

-Je vois.

-Mais ce mur n'a rien à voir ! Il est beaucoup plus beau, et beaucoup plus complet. Tu as vu les numéros qu'il y a en dessous de chaque personne, ceux qui bougent légèrement ?

-Oui. Ça correspond à quoi ?

-À des codes. Chaque Quartier Général et chaque endroit clé à un code à cinq chiffre, et pour chaque membre de l'Ordre, un code apparaît en dessous de leur nom pour savoir où il se trouve. Ça permet de suivre tout le monde.

-C'est génial !

-Oui, et vraiment très utile. On répertorie au fur et à mesure les nouveaux quartiers généraux que l'on trouve, et les endroits que l'on fréquente régulièrement aussi comme le Chemin de Traverse, Gringotts, Poudlard, St Mangouste…

-Ça fonctionne un peu comme l'horloge de Mr. et Mrs. Weasley, qui indique où sont les membres de la famille.

-Oui c'est vrai, je me souviens avoir vu cette horloge à l'époque où ils vivaient au Terrier. Ils ne l'ont plus maintenant. Le mur est beaucoup plus utile, surtout que presque tous les membres de la famille sont dans l'Ordre.

-À part Ron.

-Oui. Et…et Bill maintenant.

-Oui, souffla Harry en baissant les yeux. Comment ça s'est passé au cimetière ?

-Il n'y a eu aucun incident, pas d'attaque heureusement. C'est pour cela qu'on organise les funérailles le plus vite possible dès qu'il y a un mort. Comme ça, on diminue le risque de se faire attaquer par les Mangemorts, ils n'ont pas le temps d'apprendre qui est mort et où il sera enterré.

-Oui je comprends.

-Nicolas m'a dit qu'il ne t'avait pas vu depuis ce matin.

-Oui j'avais envie d'être un peu seul, je me suis exercé avec ma baguette.

-Tu n'as rien mangé alors ce midi ?

-Non.

-Allez viens ! Tu dois mourir de faim !

Ils arrivèrent rapidement dans la salle à manger, Sirius connaissait visiblement les lieux comme sa poche. Dans la salle il y avait tout le petit groupe qui avait assisté aux funérailles de Bill, sauf Mr. et Mrs. Weasley qui étaient dans le salon, en train de remercier et faire leur au revoir aux derniers membres de leur famille qui n'allaient pas tarder à quitter les lieux. Tout avait déjà été dressé pour le repas, alors Harry décida d'aller s'asseoir dans un coin, près de Ron. Tonks et Elizabeth étaient en train de finir de préparer les victuailles, alors que Kingsley et Rogue étaient en grande conversation. Remus lisait la gazette du sorcier, mais il leva les yeux de son journal quand Sirius s'approcha de lui.

-Je suis désolé on est rentré plus tard que prévu, on ne va pas pouvoir s'entraîner au Quidditch aujourd'hui! lança Ron quand il s'approcha.

-C'est pas grave on fera ça une autre fois.

-Ça te dit une partie d'échecs avant le dîner ?

-Je veux bien mais je préfère te prévenir, je suis vraiment trop nul.

-Je suis pas un expert non plus.

-Tu es trop modeste, je sais très bien que tu es un joueur excellent. Tu nous as fait gagner la partie sur l'échiquier géant il y a quatre ans, ajouta Harry en attrapant une carafe remplit de jus de citrouille.

Tout le monde se tourna vers lui, et il soupira en tenant toujours la carafe dans les mains.

-Pardon. J'ai pas encore l'habitude. J'oublis que tout ça ne s'est jamais passé pour vous.

-Une partie d'échec géante ! s'exclama Ron. Mais quand ? Comment ?

Voyant que Ron voulait absolument en savoir plus, et qu'il avait attiré l'attention des autres membres du groupe, il raconta les événements qui s'était passés lors de leur première année à Poudlard, et comment ils avaient empêché le retour de Voldemort.

-J'aurais adoré vivre ça, lança finalement Ron une fois que Harry eut terminé son récit. Ma première année à Poudlard a été des plus ennuyante, je ne brillais pas en cours et je n'arrêtais pas de me faire chambrer par Fred et George. Sans parler du Préfet Percy qui était tout le temps sur mon dos.

Harry fronça les sourcils. Il avait vraiment du mal à imaginer un seul instant qu'une année à Poudlard puisse être tranquille mais après tout, c'était principalement les tentatives répétées de Voldemort pour réapparaître qui avaient apportés le plus d'action dans la réalité d'où il venait.

Mr. et Mrs. Weasley firent ensuite leur apparition dans la pièce, tous les deux particulièrement accablés, même si c'était Mrs. Weasley qui étaient dans le pire état, le teint pâle et les yeux rougis à force d'avoir pleuré. Elle insista auprès d'Elizabeth et Tonks pour les aider à finir de préparer le repas, en bonne femme d'intérieur qu'elle était mais pour les deux femmes s'étaient hors de question, et elles la firent asseoir pour qu'elle se repose après cette journée épuisante. Harry remarqua que Mr. Weasley était particulièrement agité, il avait tenu à serrer la main et remercier chacune des personnes présentes qui avaient aidé pour la sécurité du groupe lors des funérailles. Visiblement, il ne pouvait pas se contenter de rester assis, il avait besoin d'occuper son esprit, pour ne pas se laisser envahir par l'émotion. Tous semblaient l'avoir compris aussi, et chacun à leur tour, ils prirent un moment pour échanger quelques mots avec lui. Harry fut surpris de voir qu'il était particulièrement apprécié, et par tout le monde. Il avait toujours vu Mr. Weasley comme un homme assez banal, un sorcier doué puisqu'il travaillait tout de même au Ministère, sans être exceptionnellement puissant non plus. Sans parler de son amour et de son intérêt pour les moldus qui le rendait un peu excentrique. Mais à cet instant précis, il remarqua beaucoup d'affection et de respect pour lui dans les yeux de chacun. Même Rogue lui avait serré la main de façon franche, sans le prendre de haut, sans mépris ni dédain alors qu'il l'avait toujours imaginé bien plus proche des personnes comme les Malefoy que les Weasley. Il l'avait d'ailleurs probablement été dans sa jeunesse, mais aujourd'hui tout était différent.

Après avoir fais le tour de la pièce, Mr. Weasley se posta finalement devant Ron et Harry.

-Ah Harry, je ne t'avais pas vu. On s'est inquiété en apprenant par Nicolas que tu avais disparu depuis un petit moment.

-Pardon. J'en ai profité pour faire un petit tour dans la maison et je n'ai pas vu le temps passer.

-Il a trouvé la pièce du bureau principal, lança Sirius. Il a beaucoup aimé la tapisserie, ajouta-t-il en rigolant.

-Cette chose est vraiment atroce ! s'exclama Tonks. Je ne supporte pas ma tête dessus !

-Mais non tu es magnifique ma chérie, s'empressa de dire Remus.

-Je suis bien d'accord avec Tonks. On devrait vraiment refaire les photos, ajouta Elizabeth.

-Moi je vous trouve très bien dessus Elizabeth, lança Sirius avec un sourire charmeur.

Harry la vit sourire à la remarque de son parrain, Rogue un peu plus loin ne semblait en revanche pas du tout apprécier. Il avait le visage tendu, la mâchoire serrée.

-Qu'est ce que tu en penses toi Harry des photos ? demanda finalement Sirius en se tournant vers lui.

-Je trouve ça très bien ce que vous avez fait. Et…et j'étais plutôt content de voir le visage de mes parents, j'en ai pas souvent l'occasion.

Le lourd silence qui suivit sa dernière phrase n'échappa pas à Harry, et il s'en voulu aussitôt de les mettre dans une situation qu'ils vivaient tous de façon très embarrassante.

-Tu n'as pas de photo de tes parents ? demanda Ron, alors que les autres étaient incapable de parler.

-Si. Hagrid m'en a donné quelques unes à la fin de ma première année, je pense qu'il les a récupéré auprès de vous, dit-il en se tournant vers Sirius et Remus. Mais à force de les regarder, je les connais par cœur.

Voyant que l'ambiance était toujours aussi pesante, il poursuivit.

-Mais j'ai pu parler avec ma mère une fois. C'était l'avantage d'avoir une baguette jumelle de celle de Vol…de Jedusor. Toutes les personnes qu'il avait assassinées sont réapparues devant moi, et quand ça a été le tour de mes parents, ils m'ont parlé, avant de m'aider à m'échapper en aveuglant quelques secondes Jedusor.

-C'est pour ça que tu veux absolument récupérer ta baguette, lança Sirius, plus comme une affirmation qu'une véritable question.

-Oui il y a un peu de cela. J'ignore si le Priori Incantatum se fera si on s'affronte de nouveau, mais je reste convaincu que c'est cette baguette que je dois avoir.

Le reste de la soirée se passa sans encombre, tout le monde appréciant le repas qui avait été préparé, et appréciant surtout de passer un moment tous ensemble après la journée difficile qu'ils venaient de vivre. À la fin du repas, alors que certains commençaient à somnoler, un petit bruit sec se fit entendre dans le couloir. La seconde d'après, un elfe de maison, tenant un grand paquet dans les mains, entra dans la pièce en s'inclinant devant tout le monde. Juste après, un hibou entra dans la maison par la fenêtre de la cuisine et alla se poser sur le dossier d'une des chaises autour de la table de la salle à manger, sous le regard de tout le petit groupe. Il lâcha l'enveloppe qu'il tenait à la patte, laquelle se mit à bouger toute seule, rappelant étrangement à Harry la lettre du Ministère qu'il avait reçu au début de l'année lui annonçant son renvoi de Poudlard. À la différence près que le papier de celle ci avait une étrange couleur bleutée.

La voix qui s'en échappa pour délivrer son message n'était pas étrangère à Harry mais il ne reconnu l'expéditeur de la lettre qu'en entendant son nom prononcé.

« Veuillez prendre note qu'en ce jour du 18 Juin 1996, à 21h45, le Gobelin Gripsec, chargé des questions relatives aux transferts de niveau 3 et des héritages sous protections renforcées, a procédé au transfert d'un objet du coffre 913 à destinataire classé confidentiel.»

-Le coffre 913, c'est celui d'Albus, lança Rogue.

-Pourquoi n'est-il pas allé à Gringotts lui même pour aller chercher ce qu'il voulait envoyer à Harry ? demanda Remus.

-Ca fait des semaines qu'il n'a plus mit les pieds dans la banque. Il soupçonne les Gobelins de faire des arrangements avec les Mangemorts.

« Notez également qu'une bourse, contenant la valeur de 7 Galions a été ajoutée au transfert, sur demande express du propriétaire du coffre 913. Merci de procéder à la récupération des biens concernant ce transfert dans les plus brefs délais pour autoriser le retour de l'elfe numéro 13792. »

-L'elfe 13792 ? demanda Harry en fronçant les sourcils.

-Tout le monde a peur de sortir de chez soi, les gens ne veulent même plus aller à Gringotts alors la banque utilise des elfes maintenant ! lança Ron. Ils en ont tellement qu'ils ne se donnent même plus la peine de leur donner des noms.

-Quoi ? Mais c'est ignoble ! Ils n'ont pas le droit de faire ça !

-Ce sont des Gobelins, et des Gobelins qui travaillent à Gringotts. Ils font ce qu'ils veulent.

-Mais c'est horrible !

-Je suis d'accord avec toi, mais c'est comme ça.

L'elfe en question avait regardé tour à tour les personnes présentes dans la salle, jusqu'à ce que son regard se pose sur Harry, et il commença à s'approcher de lui. Visiblement, on lui avait donné une description physique de la personne à qui il devait remettre le paquet et la bourse pleine de Galions. Quand il le vit arriver à sa hauteur, Harry se baissa et ramassa ce qu'il avait pour lui en lui faisant un sourire.

-Merci beaucoup.

L'elfe ouvrit de grands yeux et commença à tortiller ses doigts, apparemment très mal à l'aise de voir un sorcier le remercier alors qu'il n'avait rien fait d'autre que son travail. Pendant un instant, Harry crut que l'elfe allait faire un malaise, là, dans la salle à manger, ou bien qu'il allait commencer à se taper la tête partout comme l'avait fait à l'époque Dobby, mais finalement dans un nouveau petit bruit sec, il disparu, sa tâche était accomplie. Harry ressentit tout de suite énormément de tristesse pour lui, et pour tous les elfes qui travaillaient à Gringotts. Il n'osait même pas imaginer la tête que ferait Hermione si elle apprenait qu'une telle chose existait.

-Et les 7 Galions c'est pour quoi ? demanda Ron.

-Pour la baguette, répondit Harry avant tous les autres. Le fait de me faufiler chez Ollivander ne me donne pas le droit de voler une baguette. Dumbledore veut que je la paye.

-Je vois.

-Normalement j'ai reçu un héritage assez conséquent de mes parents, mis vu qu'ici je suis mort, je suppose qu'il n'y a plus rien dans mon coffre.

-Non, lança Sirius un peu tendu après avoir regardé Remus. C'est nous qui avons tout récupéré.

Il baissa les yeux, comme s'il avait honte mais il n'y avait rien de honteux là-dedans pour Harry, c'était tout à fait compréhensible.

-Tu n'as pas à ressentir de honte ou de gêne Sirius. C'est normal que vous en ayez hérité, vous étiez les meilleurs amis de mes parents. Je comprends tout à fait leur choix.

-Oui mais…heu…normalement c'est ta famille qui aurait dû tout récupérer.

-Ma famille ? Et bien du côté de mon père je n'en ai jamais entendu parler, je suppose qu'ils n'étaient pas très proches d'eux. Et du côté de ma mère, ma tante et mon oncle n'auraient rien mérité. Ils détestent les sorciers et n'auraient probablement même pas accepté une seule noise venant de mes parents.

-Peu importe Harry, lança Sirius d'un air grave tout à coup. Ton oncle et ta tante sont des moldus, on ne peut pas leur en vouloir de ne pas comprendre notre monde. Ce ne sont pas les premiers à ne pas apprécier les sorciers à cause de leur différence.

Visiblement il se sentait vraiment mal, comme s'il avait récupéré quelque chose qu'il ne lui revenait pas de droit. Depuis la mort de ses parents, il ne s'était certainement jamais inquiété d'avoir récupéré l'héritage de James et Lily mais le fait d'avoir Harry, là, devant ses yeux, semblait le faire énormément culpabiliser. Harry regarda le reste du groupe, personne ne disait rien. Remus aussi semblait accablé, et il n'aimait pas les voir comme ça. Lentement il s'approcha de son parrain et déposa une main sur son épaule. Quand ce dernier releva la tête vers lui, il lui sourit.

-Tu n'as pas à t'en vouloir Sirius. Je suis content que vous ayez récupéré cet argent. Mon oncle et ma tante ne font pas que dénigrer les sorciers. Pendant 10 ans, suite à la mort de mes parents, j'ai vécu chez eux, dans un placard miteux et poussiéreux sous l'escalier. Ils m'ont à peine nourrit, ne m'ont jamais rien acheté, ne m'ont jamais fait de cadeaux. C'était à peine s'ils me traitaient mieux qu'un chien. Ils m'ont même fais croire que mes parents étaient morts dans un accident de voiture.

-Quoi ?

Sirius était scandalisé, tout comme les autres personnes présentes. Mrs. Weasley venait de se plaquer la main sur la bouche, visiblement le fait d'apprendre que des gens pouvaient se comporter ainsi avec un membre de leur propre famille était quelque chose qu'elle n'arrivait pas à envisager. Rogue fronçait les sourcils, mais Harry le voyait mal ressentir une quelconque forme de compassion pour lui. Les autres étaient tout aussi surpris et scandalisés que Sirius.

-Toute ma vie ils m'ont caché ma condition de sorcier. Je n'ai appris l'existence de notre monde que le jour où j'ai reçu ma lettre pour Poudlard. Alors sincèrement, je suis content qu'il n'ait rien reçu à la mort de mes parents.

-Attends, attends ! s'exclama alors Ron. Tu veux dire, que de là où tu viens, tu as sauvé le monde des sorciers, tu as presque détruit Tu-Sais-Qui alors que tu étais un bébé, et pourtant on t'a laissé croupir pendant 10 ans chez des moldus aussi horribles que ça ?

-Oui.

-Mais c'est pas juste ! Pourquoi est ce qu'on t'a envoyé là-bas ?

-Je me pose la même question depuis des années. C'était la volonté de Dumbledore, j'ignore pourquoi.

-Si c'est Albus qui a décidé ça c'est qu'il y a une bonne raison, dit Rogue froidement.

Harry lui lança un regard noir, mais n'ajouta rien.

-En tout cas, sache que tu peux aller dans mon compte pour te servir quand tu le voudras Harry. Ca fait des années de toute façon que les comptes des membres de l'Ordre servent en partie pour notre petit groupe. Donc si tu as besoin de quoi que ce soit tu peux y aller. Mon coffre c'est le coffre 711.

-Merci, c'est gentil Sirius.

-L'accès y est protégé par un mot de passe qu'il te suffit de donner au Gobelin quand tu arrives.

Il s'approcha de Harry et se pencha pour lui chuchoter le mot de passe à l'oreille, et le mot qu'il avait choisi fit sourire Harry.

-Tu aurais pu le donner à haute voix, lança Remus. Tout le monde le connaît ici.

-Non Severus ne le connaît pas. Et je ne veux pas qu'il aille fouiner dans mon coffre !

-Je ne vois pas ce que j'irais y faire ! Ma fortune est bien plus importante que la tienne.

-C'est parce que tu te fais jamais plaisir ! Tu ne t'offres jamais rien, t'as aucune déco chez toi, et tu portes toujours les même fringues sinistres !

-La ferme Black ! s'exclama Rogue en se levant de sa chaise.

La tension était palpable dans la salle, mais personne ne semblait vraiment s'en inquiéter. Harry soupçonna que ce genre de petits échanges entre Rogue et Sirius devaient arriver fréquemment, surtout si ça faisait plus de 15 ans qu'ils devaient se supporter comme cela tous les étés. Mr. Weasley et Remus tentaient de calmer le jeu, mais Elizabeth et Tonks, elles, étaient mortes de rire.

-Reconnais le ! Le simple fric que tu claques c'est pour t'acheter des ingrédients qui te servent à jouer au parfait alchimiste !

Rogue avait un regard qui laissait transparaître toute sa rage, et il avait la mâchoire et les poings serrés comme s'il se retenait de se jeter sur Sirius pour débuter un duel de moldu, comme Harry avait entendu McGonagall le dire une fois, après son altercation avec Malefoy lors d'un match de Quidditch. Le Maître des Potions se tourna ensuite vers Elizabeth, qui riait toujours avec Tonks, sans pouvoir reprendre son souffle et il croisa les bras avant de regarder Sirius de nouveau, un rictus mauvais au coin des lèvres.

-Au moins mes dépenses sont utiles, pour mon travail et pour l'Ordre. C'est pas comme certains qui dilapident tous dans l'alcool et les filles de joies de l'Auberge de la Velane Pimpante.

-Quoi ? Comment est ce que tu…Remus !

-Hey j'ai rien fait moi. Tu sais très bien qu'on ne peut rien lui cacher. Tu n'avais qu'à pas m'en parler alors que tu savais très bien qu'ensuite je partais en mission avec lui.

-Severus a pris la très mauvaise habitude de s'introduire dans l'esprit des gens régulièrement pour savoir ce qu'ils ont en tête, expliqua Tonks à Elizabeth.

-Ah vraiment ?! s'exclama cette dernière en regardant Rogue qui venait de se tourner de nouveau vers elle. Dans ce cas il va falloir que je fasse attention à ce à quoi je pense, ajouta-t-elle en souriant.

Ce dernier fronça les sourcils, ne sachant pas où elle voulait en venir et il fut légèrement déstabilisé de voir les deux jeunes femmes repartir de plus belle dans leur fou rire.

-Et sinon Harry, on peut savoir ce que Dumbledore t'as envoyé ? demanda Tonks après plusieurs minutes une fois qu'elle avait retrouvé son calme.

Tous se tournèrent vers lui à ce moment là, curieux de découvrir ce que le paquet contenait. Sauf Sirius et Remus, qui s'étaient échangés un petit regard complice, et Harry savait très bien pourquoi.

-Vous n'êtes pas au courant ? demanda-t-il. Dumbledore ne vous en a jamais parlé ?

-Non.

-C'est bizarre qu'il ne l'ai pas fait durant toute ces années. Il l'a partagé avec moi peu de temps après mon arrivée à Poudlard.

-Ne vous donnez pas plus d'importance que vous n'en avez Potter, lança Rogue froidement.

-Allez ne te fait pas prier Harry !

-Non. Après tout, ajouta-t-il en se tournant vers Rogue et en reprenant les mots qu'il avait lui-même utilisé un peu plus tôt, si c'est Dumbledore qui a décidé ça c'est qu'il y a une bonne raison.

Sa phrase eut l'effet escompté, Rogue était fou de rage, alors que Sirius, lui, était à son tour mort de rire, à côté d'un Remus qui ne pouvait s'empêchait de sourire également, même s'il se retenait de ne pas se moquer de Rogue ouvertement.

-En tout cas ça me sera très utile pour récupérer ma baguette, je peux vous l'assurer.

-Il faudra attendre de voir cela avec Dumbledore, lança Remus en reprenant un air sérieux.

-Quoi ? Mais dans combien de temps il sera là ?

-Je ne sais pas, des jours, des semaines.

-Des semaines ? Mais je vais pas attendre aussi longtemps pour récupérer ma baguette ! Il faut que j'aille chez Ollivander le plus tôt possible. Pourquoi pas demain ?

Mr. Weasley s'étrangla avec la gorgée de jus de citrouille qu'il venait de prendre, et toussa longuement avant de prendre la parole.

-Non Harry, tu ne peux pas y aller comme ça c'est beaucoup trop dangereux. Il faut qu'on organise comment on va s'y prendre, en détail, et le mieux c'est encore d'attendre l'avis d'Albus. En attendant tu vas rester caché ici.

-Mais…

-Il n'y a pas de mais, trancha Sirius, ayant lui aussi également retrouvé son sérieux. Et maintenant vous devriez aller vous coucher tous les deux. Je vous signale que demain vous êtes réquisitionnés pour faire un peu de rangement dans la maison, c'est un vrai foutoir ici !

Encore du rangement ? Encore des journées à devoir nettoyer, dépoussiérer et ordonner ? Cela lui rappelait l'été qu'il avait passé au Square Grimmaurd l'année précédente, et Harry n'aimait pas du tout ça. Il fronça les sourcils et ouvrit la bouche pour rétorquer quelque chose, mais Ron le tira par la manche de sa chemise.

-Viens Harry, lança Ron. On ferait mieux de remonter dans notre chambre.

Harry hésita un instant, puis ferma la bouche et acquiesça avant de le suivre dans le couloir, sans un dernier regard pour les autres. En arrivant dans la chambre, Harry fut surpris de voir que Ron était toujours aussi calme, alors que lui bouillonnait intérieurement, commençant à faire les cents pas.

-Ça ne te dérange pas toi ça ? Qu'il te prenne pour une espèce de femme de ménage, une bonne à tout faire ?

-Si bien sûr. Mais qu'est ce que tu veux y faire ? Ça fait des années que je passe mes étés à nettoyer les quartiers généraux, à classer leurs rapports et leurs dossiers, ce genre de chose. J'y suis habitué maintenant.

-Et ça t'est égal qu'ils te traitaient comme ça ?

-Non, mais ils ne me laissent pas le choix. Il me dise que c'est le seul moyen que j'ai de me rendre utile.

-C'est n'importe quoi !

-Je ne me prends pas la tête pour ça, et tu ne devrais pas non plus. Je me dis que j'aurais bientôt l'opportunité de prouver ma valeur. Et en mars l'année prochain je pourrais faire partie de l'Ordre, il me reste que quelques mois à attendre.

Harry soupira, ne sachant pas quoi dire face à cela.

-Et sinon, moi je peux savoir ce que c'est, ce fameux objet que Dumbledore t'as envoyé ? demanda Ron pour changer de sujet.

-Oui bien sûr !

Comme lors de son premier Noel à Poudlard, il déballa sa cape et l'enfila en la posant sur ses épaules, le rendant parfaitement invisible de la nuque jusqu'aux pieds.

-Wouahh ! C'est ça que Dumbledore t'as donné !? Une cape d'invisibilité !

-Oui. Elle appartenait à mon père.

-Mais c'est dément ! C'est un objet super rare.

-Je sais. Je m'en suis souviens servie depuis que je l'ai, elle est très utile, même si pas toujours pratique.

-Et tu es vraiment invisible aux yeux de tous ?

-De presque tous. Je sais par exemple que Fol Œil peut me voir avec son œil magique. Et ça ne marche pas non plus avec les Détraqueurs.

-Mais c'est génial Harry ! Tu as tellement de chance d'avoir un tel objet.

Il lui sourit et enleva sa cape de ses épaules pour la déposa sur son lit, avant d'aller s'asseoir en face de Ron pour commencer à jouer. Au bout de trois heures de temps, et après que Harry ait raconté en détail ses cinq années passées à Poudlard devant un Ron totalement ébahit parce tout ce qu'il venait d'apprendre, ils mirent finalement fin à leurs parties d'échecs, devant une victoire écrasante du jeune Weasley comme Harry s'y attendait.

La maison était très calme maintenant, et même quand Harry alla ouvrir la porte de leur chambre et passa sa tête dans le couloir, il n'entendit rien du tout.

-Est ce que c'est toujours aussi tranquille le soir ? demanda-t-il en refermant la porte. Tout le monde dort si tôt, alors qu'il est à peine une heure ?

-Non bien sûr que non ! La plupart des membres restent éveillés bien plus tard que cela, ils doivent parfois partir en mission en plein milieu de la nuit et ils ont également des rapports à écrire. Mais ils le font le plus souvent dans des bureaux ou des salles qui leur servent de chambre pour certain.

-Alors il n'y a personne dans le salon ou la salle à manger ?

-Normalement non. Enfin ça arrive que Sirius et Remus restent dans les fauteuils à discuter quand ils n'ont pas de travail, mais ça n'arrive pas souvent. Pourquoi ?

-Est ce que tu aurais un sac à dos à me prêter ? demanda Harry sans répondre à la question de son ami.

-Heu…oui mais…commença-t-il alors qu'il allait chercher un sac dans son armoire et qu'il le tendit à Harry.

-Merci.

-Et qu'est ce que tu comptes en faire exactement ?

-C'est pour mettre ma cape dedans une fois que je serai sorti du quartier général.

-QUOI ?

Ron venait de crier, mais Harry lui fit signe rapidement de se taire. Seulement c'était trop tard, quelqu'un les avait déjà entendu, et la seconde d'après, dans un petit bruit sec, Fred et George firent leur apparition dans leur chambre. Ils venaient de transplaner.

-Encore une fois petit frère, on a eu la chance d'entendre ta voix douce et mélodieuse.

-On peut savoir ce qui nous vaut ce plaisir ?

-Rien du tout, rétorqua Ron. Qu'est ce que vous fichez ici ? Vous n'êtes pas en train de travailler sur vos farces et attrapes ?

-Si bien sûr.

-Tu veux jouer les cobayes ?

-Non merci, dit Ron en faisait la grimace, se souvenait certainement de ce qui s'était passé une des dernières fois qu'il avait essayé un produit Weasley.

-Harry ? demanda Fred en se tournant vers lui.

-Non plus merci.

-Qu'est ce que vous étiez en train de préparer vous deux ?

-Rien du tout, lança Harry un peu trop précipitamment peut-être.

-Harry veut quitter le Quartier Général pour se rendre chez Ollivander.

-Ron !

-Ah ouais, rien que ça, dit George amusé en se tournant à son tour vers lui.

-Quoi ? Tu crois vraiment que j'allais te laisser sortir comme ça sans rien faire ?

-Oui ! Écoutez, poursuivit Harry. Je sais très bien que ça n'a pas de sens pour vous, mais il faut vraiment que je récupère cette baguette. C'est primordial.

-Tu as promis à Dumbledore que tu resterais ici sagement !

-J'ai promis que je resterais ici jusqu'à ce que je reçoive la cape, nuance. Il me l'a envoyé, ça veut dire qu'il me donner l'autorisation d'y aller.

-Et où c'est écrit ça ?

-C'est Dumbledore ! Il fonctionne de cette façon. Et puis d'ailleurs, je n'ai pas d'ordre à recevoir. De personne ici !

-Houlà ! Ca va calme toi Harry, lança Fred !

-C'est vrai, faut pas te mettre dans des états pareil, ajouta George.

Ils le firent asseoir sur son lit, en se mettant l'un à sa droite, et le deuxième à sa gauche.

-Est ce que tu as un plan pour arriver à tes fins ?

-Ou au moins une vague idée de comment tu vas t'y prendre ?

-Heu…Et bien…Déjà il faut que je me rende à Londres. Je pourrais utiliser la poudre de cheminette, ou peut-être le Magicobus, ajouta Harry en les voyant sourire à l'allusion du premier moyen de transport.

Cette fois les jumeaux éclatèrent de rire, chacun en posant une main sur son épaule.

-Harry, Harry, Harry…Heureusement que tu vis dans un monde où la tranquillité régnait jusqu'à il y a encore pas longtemps. Parce que sinon, tu n'aurais pas fait long feu…

Il croisa les bras et fronça les sourcils, mécontent, il n'était tout de même pas aussi empoté ! Il était juste dans un monde qui n'était pas régit par les mêmes règles, il fallait qu'il s'habitue !

-T'en fais pas va ! On va t'aider à la récupérer ta fameuse baguette !

-Quoi vous allez l'aider ? Vous avez perdu la tête ! Maman va vous tuer !

Un grand sourire apparu sur le visage de Fred et George alors qu'ils s'échangeaient un petit regard complice. Visiblement, la possibilité de mettre leur mère hors d'elle ne semblait pas les déranger ou les effrayer. Bien au contraire.