Bonjour ! Bon, je sais encore une fois je n'ai pas respecté le délai de publication que je m'étais fixée... Et j'espère que vous me pardonnerez ! Voici donc, l'avant dernier chapitre de cette fic. De ^plus j'essaye de publier depuis une bonne semaine et pas moyen d'éditer mes fics, j'étais d'autant plus désolée que je vous devais ce chapitre !

A ma décharge ce chapitre fait un peu plus de 14 000 mots... C'est donc le plus long chapitre que j'ai posté depuis le début de cette fic !

J'espère que ça vous plaira (et que vous ne me détesterez pas trop... de la tournure des événements) M'enfin, j'ai abandonné la fin dramatique que je vous préparais depuis le tout début de cette histoire (vos messages m'ont convaincu de vous offrir une fin "ouverte") Dans tout les cas il y aura moins de fautes dans ce chapitre que dans les précédents (je l'ai relu avec plus d'attention) mais il en restera quand même... Je vous prie donc de m'en excuser !

Sur ce bonne lecture !


Mardi 19 Mai.

Assise dans le canapé Temari s'appliquait dans l'écriture de « mémoires » comme les qualifiait son colocataire. Depuis qu'elle s'était vu interdire de séjour au cabinet Hyuga elle avait du se trouver d'autres occupations. Lors de leur emménagement puis les semaines qui avaient suivit elle avait prit en main les « travaux de réfections » : le parquet à poncer, la réfection des tapisseries, la salle de bain à nettoyer de fond en comble, elle en était même arrivée à interdire à l'Akimichi de l'aider trop régulièrement. Cependant quelques jours plus tôt elle était arrivée à bout de toutes les tâches qu'elle s'était jusqu'alors fixées. Elle avait donc tourné en rond toute une matinée jusqu'à ce que son ami la sermonne : elle le fatiguait.

Faute de mieux elle avait prit un crayon et un papier pour écrire tout ce qui lui passait par la tête et ce qui devait arriver arriva : le nom de Shikamaru vint noircir la feuille. Se prenant au jeu, elle avait continué : mettant par écrit tout les souvenirs qui lui passaient par la tête.

Leur première rencontre…

Elle sortait avec Doku depuis un peu moins de deux mois… Un soir où ses parents avaient prévus de rentrer plus tard qu'à l'accoutumé, elle avait décidé d'en profiter pour faire une surprise à son petit ami. Malgré le froid de novembre elle avait vaillamment enfourché sa mobylette et s'était rendu chez le garçon. Une fois sur place elle s'était arrêtée devant la porte ne sachant si elle devait frapper ou non : peut-être le dérangerait-elle ? Cependant, avant qu'elle ait prit sa décision, la porte du petit appartement s'était ouvert sur son occupent.

« - Tu vois je t'avais dit que j'avais entendu du bruit… » Avait annoncé une voix inconnue derrière son hôte. Fronçant les sourcils elle s'était décalé pour tenter d'apercevoir l'invité quand Doku l'avait prit dans ses bras. Dérangée de s'afficher si grossièrement elle s'était toutefois laissé embrasser par le garçon.

Le souvenir un peu flou ne lui permit pas de se rappeler comment elle s'était retrouvée coincée entre un mur et son amant, mais quand elle avait senti ses mains s'aventurer sous son t-shirt elle l'avait repoussé.

« - Je ne sais pas si tu as remarqué mais on n'est pas seul… »

Elle avait ponctué sa remontrance d'un mouvement sur le coté, échappant à l'étreinte du garçon. Son petit ami stoppé dans son élan avait grogné et jeté un regard accusateur à son invité toujours affalé sur le canapé.

La pièce baignait dans la pale lueur produite par l'écran de télévision, mais cela ne gêna pas la jeune femme. Temari s'avança vers l'inconnu toujours dans la même position il fixait l'écran de télévision comme si, seul dans le salon, il n'avait pas été interrompu.

Elle le salua poliment mais n'eu pas le droit au moindre regard, juste un hochement de tête. Doku qui avait prit la peine de fermer la porte de son habitation les rejoignit, il passa un bras propriétaire autour des hanches de la jeune femme, faisant par la même occasion les présentations :

« - Chérie, c'est Shikamaru, Shikamaru Nara, je t'en ai déjà parlé : on est dans la même classe. » L'intéressé ne lui accorda pas un regard toujours concentré par son écran.

« - Et moi c'est Temari. » Elle avait tendu sa main vers le dénommé Shikamaru espérant enfin un signe de vie. Sans bouger il lui avait jeté un coup d'œil et voyant qu'elle persistait, il avait fini par se tourner vers elle dans un soupir. Malgré l'antipathie première qu'il lui inspirait, la Sabaku lui avait adressé un sourire encourageant. Après un nouveau soupir, plein de regret, il avait délaissé son occupation pour se lever et serrer la main de la jeune femme esquissant un semblant de sourire.

Temari en avait profité pour le détailler sommairement : brun, les cheveux retenus par une couette, ils devaient lui arriver en dessous des épaules une fois lâchés. Son regard aussi sombre que ses cheveux n'exprimait aucun intérêt pour la conversation à venir et Temari se fit la réflexion qu'il avait l'air aussi peu intéressant que son propre petit ami.

Une moue ennuyée la conforta dans son idée ainsi que ses vêtements négligés : un t-shirt trop large d'au moins cinq tailles et un pantalon de jogging informe. Elle leva un sourcil mais ne dit rien, après tout elle n'avait pas à critiquer les vêtements d'un parfait inconnu !

« - Salut. » Avait-il lâché presque à regret. Alors qu'il amorçait un geste pour se rassoir et retourner à sa télévision Doku l'avait interrompu :

« - Mais ce que vous pouvez être coincés vous deux ! » Il avait presque crié dans l'appartement. Tenant toujours fermement la demoiselle par la taille, il l'avait poussé vers son ami, la faisant presque basculer sur celui-ci. Le brun l'avait rattrapé d'un geste vif, enserrant sa taille et évitant qu'elle ne les fasse tomber tout deux. Rouge de honte Temari avait remercié le brun puis sous la pression de son petit ami lui avait fait la bise.

« - Je préfère ça bébé ! C'est mon meilleur pote, c'est comme un frère pour moi ! Alors vous pouvez bien vous faire la bise ! » Tout en parlant il s'était rapproché de la Sabaku pour la reprendre dans ses bras. Il déposa un baisé dans son cou et la blonde eu du mal à réprimé un frisson de dégout. La moue narquoise du Nara laissa deviner qu'il avait vu sa réaction, cherchant une échappatoire la jeune femme le questionna :

« - Donc tu es dans la même classe que Doku… Ça ne doit pas être évident de le supporter à longueur de journée… » Le sourire du garçon s'agrandit mais il répondit :

« - Ouai… Je dois dire qu'il est plus chiant que n'importe quelle fille, mais au moins il ne se met pas à pleurer à la moindre contrariété… C'est déjà ça… » Temari fronça les sourcils et se dégagea des bras de son amant pour se rapprocher de son interlocuteur.

« - A bon… ? Parce qu'un mec selon toi ça ne pleure pas ?

- Non.

- Voyez-vous ça… Soit gentil et ne bouge pas le temps que j'aille chercher un couteau dans la cuisine, une fois que tu n'auras plus rien entre les jambes on verra si un gars ne pleure pas ! » Il grimaça mais lui adressa à nouveau son sourire moqueur :

« - C'est quand on ne trouve rien à dire qu'on utilise la violence… Pauvre petite fille. » Les deux mots avaient sonné comme une insulte dans sa bouche mais son regard rieur en supprima l'agressivité.

« - Bon vous êtes mignon, mais si c'est pour vous entretuer dans mon salon je crois que vous allez sortir. » Possessif, Doku s'était placé dans le dos de la Sabaku pour l'entourer de ses bras. Temari retint un soupire tandis que l'autre grimaça de plus belle.

Détournant son attention du brun face à elle Temari jeta un regard à la télévision toujours allumée. Les deux personnages qu'elle vit à l'écran lui rappelèrent vaguement quelque chose. Elle se concentra quelques secondes et le nom du film lui vint à la bouche :

« - Da Vinci Code ?

- Tu connais ? » Firent les deux garçons étonnés.

« - Oui je l'ai vu il y a quelques mois… » Elle tourna la tête vers son compagnon et ce qu'elle y vit la désespéra : rien. Aucun intérêt, pas la moindre lueur de curiosité : le vide. En dépit de cause elle jeta un regard à l'autre pour le voir la fixé avec un certain intérêt, elle continua donc :

« - L'histoire en elle-même m'a plus… Mis à part tout le coté mystique… » Encore le sourire moqueur, mais cette fois ce n'était pas d'elle qu'il riait elle s'enhardit. « Mais concernant le dénouement je suis resté sur ma faim : ça ce fini un peu en queue de poisson ils repartent chacun de leur coté sans se dire grand-chose, ils ne finissent même pas ensemble ces idiots… » Le Nara hocha la tête et lui adressa un sourire plus chaleureux.

« - Pfff… Mon cœur tu me fatigue avec tes truc intellectuels à la con… Il est très bien ce film… » Intervint son petit ami Temari se refrogna mais à sa grande surprise Shikamaru prit la parole :

« - T'as qu'à rester regarder la fin avec nous, on le remet au moment où t'es arrivé…

- Merci mais non. Je ne dois pas trop tarder, mes parents risquent de rentrer et de s'inquiéter s'ils ne me voient pas… Et puis je ne voulais pas vous déranger.

- Tu sais bien que tu ne me dérange jamais. » Souffla Doku à son oreille. Et alors qu'il allait à nouveau prendre son cou pour cible elle s'esquiva et se planta face au Nara :

« - J'ai été contente de te rencontrer, mais faut que j'y aille. » Il haussa les sourcils reprenant son masque d'indifférence. « Bonne fin de film et à bientôt peut-être. »

Il ne répondit pas se contentant d'hocher la tête et de se rassoir. Son petit ami l'avait raccompagné à la porte et elle s'était enfuit comme une voleuse ne lui accordant qu'un rapide baiser.

Temari sourit, ce soir là elle s'était juré de ne plus passer à l'improviste chez son petit ami afin d'éviter toute nouvelle confrontation avec le brun. Non pas qu'il lui ait fait peur, qui aurait eu peur de pareil garçon ? Mais elle s'était sentie… Troublée, plus intéressée par le brun que son petit ami, et c'était impardonnable.

Cependant à force de refuser de passer quand le Nara était chez lui son petit ami avait fini par se braquer. C'était donc pieds et poings liés qu'elle s'était rendu quelques semaines plus tard chez Doku qui la tannait pour qu'elle revoie son ami. A sa grande surprise le Nara s'était montré plus amical que lors de leur première rencontre et après deux heures passées à échanger des pics et avis sur différents sujets elle avait rendu les armes : ce garçon était tout sauf comme son petit ami.

Ainsi elle s'était prise à espérer croiser le garçon quand elle rendait visite à son amant, cherchant toutes les excuses imaginables pour provoquer de nouvelles confrontations. A sa grande surprise son désir semblait partagé car un soir où Doku devait passer la vois chez elle le Nara l'avait accompagné. Ses parents qui n'appréciaient pas son petit ami avaient trouvé le brun sympathique. Elle ne savait pas qu'à ce moment elle l'aimait déjà.

OoOoO

Concentrée sur son écriture Temari n'avait pas entendu son colocataire se lever. Et tandis qu'elle griffonnait revivant par la même occasion ses souvenir elle se prit à sourire.

« - Que me vaut cette mine joyeuse ? » La jeune femme sursauta : confortablement installé dans un fauteuil, son bol de café à la main Choji la regardait tendrement.

« - Rien d'extraordinaire… » Elle rougit sous le regard scrutateur de son ami : « En faite… Je… C'est notre première rencontre… » Il lui adressa un sourire amusé attendant qu'elle continue. « Je… Si je te raconte tu me raconte ? » Il hocha la tête en signe d'affirmation. « Tu… Tu me ferais une tasse de café avant… ? » Elle lui adressa son sourire le plus enfantin et vaincu, il parti vers la cuisine.

« - Je croyais que tu avais horreur du café… ? » Cria-t-il de l'autre pièce.

« - Ouai… Ça a un gout de chiotte et ça pu comme pas possible !

- T'es bête… » Il grommela mais revint avec une tasse fumante : après tout lui aussi détestait cette boisson mais la buvait par mélancolie plus que pour ses effets énergisants.

OoOoO

Tout à leurs souvenirs Choji et Temari n'avaient pas vu passer la fin de matinée et quand le garçon avait avisé l'heure il s'était précipité dans la cuisine pour leur préparer un repas, autre que des biscottes tartinés de nutella comme l'avait suggéré la blonde. C'était donc tout naturellement qu'elle avait été ouvrir la porte lorsque la sonnette avait retentie.

Le sourire qu'elle affichait jusqu'alors s'était effacé pour laisser place à un masque d'incrédulité mêlé d'incompréhension.

Elle ouvrit la bouche.

La referma.

Aucun son n'en sortait. Elle fronça les sourcils cherchant à se donner contenance. La personne face à elle ne bougea pas ne fit pas le moindre mouvement.

« - Temari ? C'est qui ? » Questionna l'Akimichi de la cuisine. La jeune femme voulu répondre mais elle ne trouva pas les mots : que dire ? Comment expliquer l'inexplicable ? Elle se tourna vers l'intérieur de l'appartement puis regarda à nouveau leur visiteur : toujours là, immobile. En dépit de cause, et de plus en plus déboussolée, elle referma la porte sans que l'importun fasse le moindre geste pour l'en empêcher.

Rêvé. Elle avait rêvé : une hallucination due aux souvenirs qui l'habitaient encore. Elle inspira profondément et amorça un mouvement pour rejoindre son ami… Quand la sonnette retenti à nouveau. Elle se figea. Intrigué Choji passa la tête par l'embrasure de la porte qui reliait les deux salles :

« - C'était qui Tema… ? » Elle lui jeta un regard désemparé.

« - Un fantôme… Je… Non, C'est impossible… Je ne sais pas… » Le garçon fronça les sourcils et, le visage soucieux, se dirigea à grandes enjambées vers la porte d'entrée, il l'ouvrit avec violence et resta muet devant l'apparition.

« - Ha… Choji… Je… Je suis soulagé, on m'a bien renseigné sur ton adresse… J'avoue que j'ai été déconcerté par la présence de Temari chez toi… Je… » Voyant que son interlocuteur ne réagissait pas le nouvel arrivant fit un signe de la main vers l'intérieur de la maison : « Si tu m'accorde l'hospitalité, j'ai pas mal de choses à te dire… » Trop choqué pour parlé le cuisinier se décala pour laisser le passage libre, puis referma la porte derrière son invité.

OoOoO

« Voilà… C'est aussi bizarre pour vous que pour moi… Je… Est-ce que je peux vous demander de ne pas m'interrompre ? » Sans rien dire Choji et Temari acquiescèrent d'un mouvement de tête. Leur interlocuteur soupira. « Ok.. Merci… »

Ils étaient confortablement assis dans les fauteuils du salon un thé fumant déposé sur la table entre eux. Deux ans plus tôt la scène aurait été parfaitement appropriée. Mais à cet instant les deux colocataires étaient désemparés par la présence dans leur appartement d'un présumé mort.

« - Je… Je ne sais pas vraiment par où commencer… De quand datent vos dernières nouvelles… ? » Temari hoqueta tandis que son ami se raidissait à coté d'elle. L'avocate vint se collé contre l'Akimichi et attrapa sa main. Le garçon la regarda longuement, indifférent au regard soucieux de leur invité. Quand enfin il cessa de la scruter il poussa un profond soupir : il devrait parler pour deux.

« - Nos… Dernière nouvelles comme tu le dis datent précisément du… » Il inspira profondément. « Du mercredi 16 juillet… Du jour… De… Du jour de… » Il abandonna. Énoncer ce simple fait lui était trop douloureux. Il serra dans sa main celle plus fine de sa colocataire. Il ne devait pas pleurer. Il devait tenir, pour elle et pour lui-même.

« - Le jour de votre mort. » Les mots étaient tombés aussi dur que de la pierre, coupant comme un rasoir, accusation dissimulée. Choji regarda effaré la jeune femme à coté de lui. Elle avait prononcé ce qu'il n'avait pas pu dire le menton relevé, bravant fièrement les yeux noirs de leur interlocuteur, elle faisait face.

« - On m'a appelé pour me dire que vous aviez été tués dans un attenta à la bombe. La veille j'avais eu Shikamaru au téléphone, il m'avait confirmé votre retour pour le surlendemain. » Ses mots exprimés sèchement avaient claqués dans la pièce laissant derrières eux un silence pesant.

Leur vis-à-vis qui n'avait jusqu'alors exprimé aucuns sentiments leur adressa un sourire triste : ébauche d'excuse muette. Temari pour la première fois depuis son arrivée détailla leur interlocuteur : ses cheveux autrefois long étaient coupés cours, mesurant à peine plus de cinq centimètres ils s'organisaient en mèches folles. Sa peau constellée de petites cicatrices n'avait rien à voir avec le teint de pèche qu'elle lui connaissait. Son visage blafard et émacier laissait deviner des conditions de vie déplorables. Ses traits soucieux et ses sourcils froncés avaient remplacé son sourire jovial. Seuls ses yeux restaient inchangés : noir.

« - Matsuri… Qu'est ce que tu fais ici ? » Choji avait murmuré. Les larmes aux yeux il sondait la coéquipière de son meilleur ami, cherchant à comprendre par quel miracle une femme déclarée morte pouvait se trouver face à eux.

La jeune femme les regarda aussi désemparée qu'ils l'étaient. Elle soupira passa sa main dans ses cheveux, les ébouriffant un peu plus avant d'ouvrir la bouche et de la refermer. Par où commencer ? Que dire ? Quoi taire ? Comment expliquer ce qui ne peut l'être ? Comment ne pas se laisser submerger par l'horreur du quotidien ? Elle avait pourtant eu tout le temps nécessaire pour réfléchir à la manière dont elle présenterait les choses... Mais les rares ébauches d'explications qu'elle avait tentées jusqu'alors ne l'avaient jamais satisfaite. Cependant elle n'avait pas le choix : elle devait la vérité à ces deux personnes.

« - C'est… C'est assez compliqué. Et… Et je n'ai pas beaucoup de temps devant moi. » Elle désigna son sac posé contre son fauteuil : « Il y a dedans quelques cahiers destinés à Jiraya-sempai, ce sont mes notes quotidienne. Vous pouvez les lire mais j'aimerai que vous les lui transmettiez rapidement… » Elle inspira profondément avant de se lancer : « Il y a aussi deux lettres… » Elle hésita. « Qui… Qui vous sont destinées. On me les a remises lors de mon départ. »

Elle se pencha vers la table pour attraper sa tasse de thé. Tout en la buvant à petite gorgée elle chercha une manière de formuler ce qu'elle avait à dire. Voyant qu'elle ne se décidait pas l'Akimichi qui ne l'avait pas quitté des yeux lui vint en aide :

« - Et si tu nous disais les choses simplement… Ce qu'il s'est passé depuis… Juillet dernier… » Il avait parlé doucement tentant de ne pas la brusquer comme l'avait fait Temari. La journaliste lui accorda un sourire reconnaissant et tandis qu'elle reprenait la parole son visage se durci :

« - Je… Oui. Vous le savez déjà mais si Shikamaru a été envoyé à Kiri c'est suite à ma demande j'étais sur place depuis quelques mois et la situation ne cessait d'évoluer. Au fil du temps j'avais réussi à nouer quelques contactes avec des membres de l'Association… » Temari et Choji froncèrent les sourcils : ils n'avaient jamais entendu parler de cette dernière, Matsuri s'expliqua donc : « L'association est le nom de l'organisation armée qui soutient le gouvernement indépendant.

- Je croyais que la province de l'eau était sous la tutelle de Kumo ? » Intervint la blonde.

« - Oui, c'était en effet le cas. Cependant il y a un an et demi des politiciens de Kirikagure ont réitéré leur demande d'indépendance elle n'a malheureusement pas été prise en compte par les dirigeants de Kumo. Ça c'était déjà produit il y a une cinquantaine d'année et rien ne s'était passé mais cette fois le peuple de l'eau revendiquait lui aussi son indépendance. Très vite un gouvernement indépendant a été créé, il s'est attiré la sympathie de l'Association qui menait déjà quelques actions contre l'occupant. C'est là que j'ai débarqué. Un des leaders du gouvernement a étudié à Suna en même temps que moi et on était resté en contact par la force des choses j'ai fini par rencontrer quelques amis d'amis et… Je vous laisse deviner la suite.

« Pour ce qui est de Shika… Disons qu'il y a eu un malentendu : je suppose qu'on vous a expliqué que des opposants nous ont sauvagement assassinés… C'est en fait les représentants de Kumo qui ont ordonné à ce que, les fouines qu'on était, soient exécutées. C'est des membres de l'armé qui ont fusillé notre jeep avant de la faire sauter… Je n'étais pas dans la voiture lors de la fusillade : j'avais suivit Ryuu, un médecin volontaire qui faisait sa tournée. Shikamaru avait préféré m'y attendre. Je n'ai pas pu retourner aussitôt sur les lieux de l'explosion : trop de soldats. Je l'ai pleuré des semaines, me haïssant de l'avoir entrainé avec moi.

« Faute d'alternative, j'ai suivit Ryuu : sans papier et sans mon équipier je n'avais aucune chances de rentrer. Moins d'une semaine plus tard la guerre a éclatée. Nous sommes alors partis dans les terres, rejoindre un groupe de résistant mené par un ami, Haku. Je l'avais déjà rencontré au tout début de mon séjour, sauvage au possible il n'en restait pas moins l'un des meilleurs capitaines de l'Association.

Les nouvelles recrues de l'organisation sont formées dans des camps spéciaux dont ils ne sortent pas pendant des mois c'est dans l'un de ceux-ci que j'ai retrouvé Shika à la mi octobre. Je le croyais mort et vice versa. Il est resté très évasif sur la façon dont il a survécu et je n'ai pas cherché à en savoir plus. Il était… Différent. Il me semblait plus grand, plus fort, plus dur… Son regard… Vous l'auriez vu… froid, posé, prêt à réagir au moindre mouvement… Un bon petit soldat. J'ai eu beaucoup de mal à discerner mon ami sous cet aspect de guerrier.

Dans tout les cas, il a échappé, comme moi, au massacre et qu'il s'est retrouvé embarqué dans une guerre qui n'était pas la sienne. Cependant il était… différent.

« Je l'ai présenté à mes camarades, et par la même occasion à certains gradés de l'Association. Haku l'a tout de suite remarqué, c'est vrai que pendant notre séjour à Kiri il avait développé son don pour la stratégie militaire. Alors quand Zabuza, le commandant de plusieurs sections, a présenté certaines attaques à venir il n'y a pas été par quatre chemins et à expliqué en quoi telles ou telles interventions étaient vouées à l'échec.

Bizarrement la plupart des capitaines et des commandants présents l'ont écoutés attentif à son avis. En moins de deux semaines il était passé du stade de nouvelle recrue à celui de stratège sans en paraitre étonné.

« Malgré leurs caractères renfermés, il s'est vite entendus avec Haku, accessoirement bras droit de Zabuza. Il a décidé de l'accompagné quand mon groupe est repartit avec un nouvel ordre de mission. Je ne sais pas grand-chose de ce qu'il a vécu, il a passé l'hiver avec Haku et qui sait ? Peut-être Zabuza… Il ne m'a rien dit. Nous nous somme revus au printemps, dans un des camps de base situé à Kiri, l'offensive contre Kumo ayant reprit dès les premières fontes de neiges.

Il faut savoir que l'hiver dure de mi-décembre à mars là-bas et qu'une fois enfermer dans une maison on n'en sort que pour aller chercher du bois. Pendant ce laps de temps le pays est entièrement bloqué, la neige recouvre tout, et toute activité est suspendue jusqu'au retour des beaux jours. Même les miliciens de Kumo ne mettent pas le nez dehors, et pourtant ils auraient eu beaucoup à faire…

« Toujours est-il que Shikamaru est resté aux côtés d'Haku pendant tout ce temps et ils semblaient plus proches que jamais. Avec leur petite équipe ils étaient l'un des fers de lances de la résistance. Toujours fourrés dans des coups plus risqués que les précédents, ils réussissaient à se sortir des plus mauvaises passes. Malgré tout un jour ils ont été arrêtés : délation. Je ne sais pas comment ils s'y sont pris mais ils sont ressortis à six du poste de police où ils étaient retenus, Zabuza en très mauvais état mais vivant. Après ça a continué encore et toujours plus audacieux. Ils ont même réussit à s'infiltrer dans le palais du chef du gouvernement en place ! Un véritable exploit au vu du niveau de sécurité de celui-ci ! On dit que c'est Shika qui a planifié l'attaque… un vrai coup de géni ! »

Soudain le visage de la jeune femme qui s'était au fur et à mesure éclaircie se rembrunit.

«… Malheureusement, il y a quelques semaines… Zabuza a été tué. Il a tenté une opération risqué, seul, il n'est pas revenu. Haku était anéanti il a fallu que Shikamaru parlemente des heures pour l'empêcher d'aller le venger. Moins de trois jours plus tard Ryuu a été arrêté et fusillé. »

Elle hoqueta et quelques larmes lui échappèrent. Elle se reprit toutefois :

« Kisame, un des commandants nous a confié la mission à moi et Shika de rentrer à Konoha afin de transmettre des documents aux médias. D'après le Conseil des commandants de l'Association et le gouvernement indépendant c'est le seul moyen de faire cesser la guerre. Une intervention de Suna ou Konoha marquerait la fin de l'asservissement de Kiri par Kumo… J'ai accepté sachant qu'avec mes contactes ce serait chose aisé… Shikamaru lui… A refusé. Il est resté auprès d'Haku, il n'a rien voulu entendre. Il m'a chargé de vous remettre une lettre à chacun… Je ne les ai pas ouvertes… »

A l'énonciation des lettres elle désigna son sac de la main.

« J'ai embarqué sur un des rares bateau de pêcheurs de l'ouest que la milice ne contrôle toujours pas et me voilà. La traversé est possible uniquement au printemps, et encore elle est malaisée, mais nous n'avions pas le choix… C'est l'avenir de tout un peuple qui se joue en ce moment… Et la vie de mon meilleur ami, si il est toujours parmi les vivants. »

Un long silence suivit la tirade de la jeune femme. Choji toujours assis sur le canapé fixait sa tasse sans la voir : à des kilomètres de là il tentait d'imaginer le quotidien de son ami avec le peu d'information que lui avait fourni la jeune femme. Toutefois une affirmation revenait le hanter : il vivait. Son meilleur ami était en vie quelque part à l'est des côtes de Konoha...

Temari s'était levé pendant le discours de la rescapée. Face à la baie vitrée, dos aux deux autres elle laissait les larmes couler le long de ses joues. Dépit, consternation, peur, soulagement, lassitude, espoir et angoisse se mélangeaient pour ne plus former qu'une boule dans le creux de sa gorge. Elle l'imaginait mort depuis des mois et apprenait que son amour vivait. Elle apprenait qu'il avait survécu à bien des épreuves mais qu'il avait préféré rester dans ce pays de malheur plutôt que de rentrer. Le mélange d'émotions qui la submergeaient était se muait peu à peu en une colère sourde, elle sursauta surprise quand une main se posa sur son épaule.

Elle se retourna vivement pour dévisager Matsuri qui lui adressait un regard désolé. Laissant libre cours à sa colère elle se dégagea d'un mouvement d'épaule et sans adresser un regard à la jeune femme elle monta dans sa chambre avant d'en claquer la porte. Le bouquant qu'elle fit eu le don de sortir Choji de son était second : il s'ébroua pour se rendre compte de la fuite de sa colocataire. Matsuri retourna à sa place et lui fit à nouveau face elle prit la parole : tant de choses à dire et si peu de temps devant elle...

Temari fouilla rageusement dans ses vêtements à la recherche de son poncho. Elle avait besoin d'air : de l'air frais pour pouvoir penser au calme. Elle fini par trouver l'objet de ses recherches et l'enfila son sac l'attendait au pied de son bureau elle le ramassa puis sorti de la pièce. La porte claqua à nouveau descendant les marches de l'escalier en quatrième vitesse elle ne jeta pas le moindre regard aux deux occupants de la pièce. Elle allait se saisir de ses clefs de voiture quand une petite main lui retint le poignet l'arrêtant dans son geste. Son regard se voulait agressif mais Matsuri ne cilla pas. Elle se contenta de lui fourrer un morceau de papier sous le nez :

« - Ça t'est adressé, et j'ai ordre de te le remettre en main propre. » Comme Temari ne se décidait pas à se saisir de la missive la journaliste la glissa dans le sac de la blonde. Lâchant son poignet elle lui adressa un petit salut : « Je serais parti quand tu te décideras à rentrer alors adieu. » Et tandis que Temari se dirigeait vers la porte d'entrée la femme lui fit une dernière recommandation : « Prends soin de toi, mais aussi de lui Temari No Sabaku. C'est le meilleur des amis que tu as là. » La porte claqua ramenant le silence dans la pièce.


Konoha, 21 juin. 11 mois après la disparition de Shikamaru.

Elle n'avait jamais été croyante. Bien sur comme tout le monde elle avait suivit les cours d'éducation religieuse, mais elle n'avait jamais réussit à croire en l'existence d'une entité supérieure. Le monde lui avait toujours paru trop triste, trop sombre, et toutes les guerres provoquées par les hommes l'avaient conforté dans son idée. Si Dieu il y avait il était bien caché.

Elle n'aimait pas les églises : trop grandes, trop froides… Lors des rares occasions où il fallait s'y rendre ses parents étaient toujours obliger de l'y trainer de force… Et pourtant elle se retrouvait là, assise sur un banc de bois, sous l'œil froid des saints à se recueillir en silence.

Les mains jointes et la tête toujours penchée elle glissa un regard vers son voisin. Le jeune homme se trouvait dans la même position qu'elle à la différence que ses yeux étaient clos. Avisant ses lèvres tremblantes elle posa l'une de ses mains sur le bras de son ami. Comme sous l'effet d'un électrochoc le garçon sursauta tourna la tête vers elle pour la regarder fixement. Des larmes plein les yeux elle pouvait y lire toute sa tristesse et l'acharnement qu'il mettait à contenir les petites perles d'eau qui ne demandaient qu'à rouler le long de ses joues.

La jeune femme senti son cœur se serrer, lui d'habitude si fort, était sur le point de pleurer comme un enfant. Temari fit la seule chose qu'il y avait à faire : elle entoura son ami de ses bras et le berça, le plus doucement possible, indifférente aux larmes qui s'échappaient de ses propres yeux.

OoOoO

Ils étaient seul depuis bientôt cinq minutes. Toujours enlacés ils semblaient attendre quelque chose, un signe… Mais rien ne viendrait et ils le savaient. Il se détacha un peu d'elle se redressant de toute sa hauteur, un soupir lui échappa ramenant l'attention de sa compagne sur lui. Il tenta de lui sourire, grimaça tout au plus. Elle lui répondit de la même manière, elle aussi trop fatiguée pour maintenir son masque de femme forte et souriante.

Poliment elle l'avait suivit quant il lui avait confié son besoin de venir se recueillir dans ce lieu, et ce malgré le malaise que lui avait toujours inspiré les églises. Il n'avait jamais été persuadé de quoi que ce soit concernant les divinités, la vie après la mort et toutes les choses qu'on leur prêchait à longueur de journée cependant le calme et le silence qui régnait à l'intérieur de ces murs lui permettait de ressortir plus serein qu'il n'y entrait.

Il ferma les yeux et les rouvrit, cherchant par ce geste à se donner du courage. Il adressa un remerciement muet à son amie et la guida jusqu'à la sortie. Sur les marches du perron une brise fraiche fit voler leurs cheveux finissant de les faire redescendre sur terre.

Ils descendirent les marches sans échanger la moindre parole, et se dirigèrent vers la terrasse d'un café de l'autre coté de la place face à eux. Les mots étaient devenus superflus : un regard un geste, un simple haussement de sourcil et ils savaient ce que pensait l'autre parfois ils riaient aux éclats au vue de leur dialogues muets, mais à chaque fois leur sérieux puis leur mélancolie reprenait le dessus et ils finissaient toujours par se sentir honteux.

Confus d'avoir été prit en flagrant délit de bonheur, piteux de trouver encore la force de sourire sans se forcer, embarrasser de s'être rapproché pour combler le vide laissé, honteux de simplement continuer à vivre loin de lui. Certes dans une lettre qu'il lui avait adressée Shikamaru lui demandait de reprendre le cour de sa vie sans s'enfoncer dans les regrets mais il lui était difficile d'appliquer ce précepte.

Choji leva les yeux au ciel : d'un bleu parfait quelques nuages cotonneux voguaient au gré du vent à l'horizon, une journée magnifique s'annonçait. S'il avait été là, avec eux, il se serait absorbé dans la contemplation des cumulus. Le cuisinier scruta les nuages, cherchant à distinguer une forme dans leurs allures, il crut y discerner un dragon, et amorça un sourire en imaginant ce qu'aurait vu son ami d'enfance à la place de l'animal fantastique.

Temari qui s'était rendu compte de l'immobilité de son ami et s'était arrêtée quelques mètres devant lui le regardant en fronçant légèrement les sourcils :

« - Tu viens ? »

Sortant de sa rêverie l'homme hocha la tête et rejoignit la jeune femme. Et pendant qu'ils traversaient la rue il lança un regard en coin à sa compagne : c'était pour elle qu'il tentait de faire bonne figure, pour la voir sourire et l'obliger à avancer. Il s'était fait une promesse et s'évertuait à la tenir, faire ce que voulait Shikamaru : obligé la jeune femme à aller de l'avant et se reconstruire malgré son départ.

« - On boit un verre et après je te fais gouter mon nouveau dessert. Et ce n'est PAS négociable ! »

A son grand soulagement la jeune femme lui adressa un de ses véritables sourires et lui prit la main pour l'entrainer vers une table à l'ombre de la tonnelle du bar.

OoOoO

Assise dans l'arrière coure du restaurant Akimichi Temari attendait patiemment que son ami ait rangé son matériel pour rentrer chez eux. Depuis le début de la saison estivale moins d'un mois plus tôt, et faute d'activité plus attrayante Temari s'était proposée d'aider Choji et ses parents dans leur restaurant. Elle s'était ainsi retrouvée embauchée, goutant pour la première fois aux joies et déconvenues du métier de restaurateur.

La mère de Choji assistée de sa propre mère l'avaient briffé sur l'art du service en salle elle avait du bachoter le menu que proposaient les Akimichis et apprendre tout ce qu'il fallait savoir pour répondre aux questions les plus tordues que pouvaient poser les clients : D'où provient la viande ? Et la sauce Kiwi elle est à base de quoi ? Vous ne faites pas de cuisses de grenouilles ? Quel est ce petit arrière gout délicieusement sucrée ? Il y a des pépites de chocolat dans la glace chocolat ? Dans quel sens le cuisinier roule t-il sa feuille de brick ? Quand vous dites saignant, c'est saignant ou saignant ?

Malgré son caractère emporté et son manque de patience, Temari avait su gérer sans trop de problème ses élans de colère envers les clients. Et lorsqu'elle commençait à perdre son sang-froid elle était bizarrement appelée en renfort en cuisine. Il suffisait qu'elle se retrouve à coté de son colocataire pour se calmer il avait au fil des jours, développé sa capacité à canaliser la jeune femme. Prenant activement part à la vie du restaurant, Temari se levait aux mêmes heures que son ami et le secondait dans sa cuisine, cherchant à comprendre pourquoi il fallait mettre le curry avant le lait de coco, ou de quelle manière éplucher les langoustines… Pédagogue le cuisinier prenait toujours le temps de répondre à ses questions, parfois sans fondement et inutiles, de lui montrer comment tenir son couteau, ou de lui réexpliquer la préparation d'un plat en particulier… Il se félicitait d'avoir une apprentie aussi attentive.

« - Alors, on flemmarde ? »

Temari releva la tête, dans l'embrasure de la porte l'Akimichi la jaugeait goguenard. Elle soupira : avachie sur son banc elle ne devait pas avoir l'air d'une battante, mais malgré la grosse journée qu'ils avaient eu elle se sentait encore en forme.

« - Tu rigole ? Je faisais ça pour te mettre à l'aise ! Avec tes cernes on a l'impression que tu vas tomber d'un instant à l'autre, mort de fatigue !

- Je me porte comme un charme, je te remercie ! » Ils échangèrent un regard complice. « Et puisque tu n'es pas aussi épuisée que tu en as l'air je t'embarque pour une partie de flipper !

- Une quoi ? » Demanda la jeune femme les sourcils relevés, sceptique.

« - Une partie de flipper demoiselle, tu as parfaitement entendue. Je ne te l'ai jamais dis mais gamin j'étais imbattable !

- Choji… Tu es gentil mais… » Elle jeta un regard amusé à sa montre : « Mais il est bientôt 2h du matin… Où veux-tu trouver un flipper à cette heure là ? » Il lui fit un clin d'œil.

« - Alors ça, c'est mon secret. Mais prépare-toi à te faire dé-mon-ter !

- Hum… Je suis pas convaincue… » Le garçon partit dans un rire tonitruant et la jeune femme le suivit dans sa bonne humeur. Il s'essuya les mains sur son tablier avant d'aller le déposer en cuisine son père les salua alors qu'ils quittaient la petite cour. Sans y penser Choji passa son bras autour des frêles épaules de son amie et la guida à travers les rues du centre ville.

Malgré la fatigue qu'il ressentait il n'avait aucune envie de rentrer chez eux il était sur de ne pas trouver le sommeil à moins que la juriste ne dorme à ses côtés, et pour cela il aurait du lui expliquer ce qui le tourmentait. Malheureusement il se l'était interdit.

Il avait été réveillé par la sonnerie du téléphone, il s'était levé en quatrième vitesse pour se précipiter dans le salon et répondre afin de permettre à sa colocataire de se rendormir. Leurs parents et leurs amis savaient qu'ils terminaient le service tard et qu'ils se levaient en conséquence en fin de matinée. Celui ou celle qui appelait avait donc une bonne raison pour les réveiller à 8h du matin. Il n'avait pas été déçu du voyage. La conversation avait durée moins de 3 minutes mais elle l'avait hanté toute la journée.

Soucieux il se mordit la lèvre inférieure habitude récurrente -lorsque quelque chose le tourmentait- qu'il tentait pourtant de perdre. Temari avait posé la tête sur son épaule massive et malgré l'obscurité de la nuit, le détail ne lui avait pas échappé. Elle avait passé la journée à l'observer à la dérobée et son angoisse persistante commençait à l'inquiéter.

Elle avait elle aussi été réveillée par la sonnerie du téléphone, mais comme son ami elle n'avait pas réussi à se rendormir. Depuis un bon mois elle dormait peu : la visite que leur avait rendue Matsuri l'ancienne co-équipière de Shikamaru l'avait troublée. Elle avait digéré sans trop de mal l'annonce de cette dernière : après tout il était tout à fait plausible qu'ils aient tout deux survécus à une tentative d'attentat. Non ce qui l'empêchait de dormir c'était la raison si importante aux yeux du Nara pour qu'il décide de rester dans un pays en pleine guerre civile.

Elle ne supportait pas l'idée qu'il soit resté, quitte à mourir, pour une cause qui n'était pas la sienne et un ami qui un an plus tôt n'était qu'un parfait inconnu. Surtout après ce qu'il lui avait écrit. Même si sa lettre ressemblait plus à un adieu qu'à une déclaration elle voulait espérer.

Tout les soirs, quelque soit son état de fatigue, elle tournait et retournait dans sa tête les images qu'elle s'était faite du quotidien du garçon. Le froid, la neige, le sang, la peur… Qui pouvait supporter cela ? Comment son géni flemmard avait-il survécu dans de telles conditions ? Le connaissait-elle si mal ? Ou avait-il changé à ce point ?

Tandis qu'ils avançaient dans les rue à l'éclairage limité elle se remémora la journée qui venait de s'écoulée : sachant qu'elle ne réussirait pas à se rendormir elle s'était levée. Son ami faisait chauffer de l'eau les yeux dans le vague, comme dans un état second il s'était cependant reprit quand elle l'avait questionné sur le coup de téléphone. Il avait prétendu une erreur de numéro, mais elle n'était pas dupe. Elle se demandait toutefois ce que son ami avait à lui cacher. Après avoir mangé en silence Choji avait émit le souhait d'aller se recueillir à l'église vaincu d'avance Temari avait accepté sachant que ces passages au lieu de culte calmaient toujours le cuisinier. Ils s'étaient ensuite rendu dans un bar boire une bière, puis conscience professionnelle oblige, s'étaient rendu au restaurant Akimichi pour y préparer le service du soir. Pourtant toute la journée Choji avait affiché une mine fatiguée, soucieuse…

« - Bon… Tu vas cracher le morceau… ? » Brute de décoffrage, Temari n'avait pas trouvé ni même cherché, un autre moyen d'aborder le sujet. Elle savait qu'en tournant autour du pot ils ne feraient que perdre leur temps.

Choji s'arrêta et regarda le petit visage déterminé de son amie. Il la dépassait de plus d'une tête mais elle ne semblait pas effrayée par sa corpulence. Après tout c'était compréhensible, jamais il ne l'avait menacé physiquement, et leurs rares affrontements verbaux s'étaient toujours soldés par un statut-co, souvent agrémenté de pardons et d'étreintes cordiales.

« - Qu'est ce que tu racontes… J'ai pas de chewing-gum. » Tentative d'humour, ridicule, inutile qui ne fera qu'énerver la demoiselle. Pas de réponse. Elle se contenta de se dégager de son bras.

« - Ce matin. C'était quoi ? » Choji baissa les yeux pour s'absorber dans la contemplation de ses chaussures : tout plutôt que de croiser son regard scrutateur. Les secondes s'égrainèrent : rien. Temari prit le visage du garçon à deux mains pour l'obliger à la regarder. Docile il la laissa faire : pourquoi résister, d'une manière ou d'une autre elle finirait par savoir le fin mot de l'histoire.

« - C'est… D'après Kotetsu ça ne veux rien dire mais…

- Kotetsu ? » Temari tiqua : elle connaissait ce prénom, et bien qu'elle n'arrive pas à mettre un visage dessus elle l'associait à des sentiments douloureux et sombres.

« - Oui… Il bosse au journal de Konoha… » La jeune femme eu un mouvement de recule presque imperceptible.

« - Bonjour, Kotetsu de Konoha's New Je… Je suis désolé… Mademoiselle, je… Vous devriez vous assoir… Il y avait ces médecins… Et monsieur Nara a voulu les accompagner… Et…Il y avait ces rebelles… Ils ont tiré sur la jeep. Il y a aussi eu cette bombe… La voiture avait été piégée… Ils… Ils l'ont fait sauter… Je suis désolée mademoiselle… On n'a pas pu reconnaitre les corps… Mais… Une chose est sur… Il était dans la voiture lors de l'attaque… »

Kotetsu… L'homme qui lui avait annoncé 11 mois plus tôt la mort de son amant. Rien de bon ne pouvait émaner d'une personne pareille. A cet instant elle ressentit le besoin de se boucher les oreilles pour ne pas avoir à entendre ce qui allait suivre… Mais son corps ne lui répondait pas : elle s'entendit demander d'une voix dure :

« - Que t'as-t-il annoncé ? » Le cuisinier grimaça, dire tout haut ce qu'il avait ressassé toute la journée ne changerait rien : cependant l'énoncer à haute voix lui donnerait une dimension plus réelle…

« - Il m'a appelé, à la demande de Jiraya-sama. Le gouvernement de Kumo… Venait des les informer de la mort de… » Il soupira. « De Matsuri. On n'en sait pas plus, mais un récent réfugié a corroboré leurs dires… »

Tremblante de tous ses membres Temari se laissa tomber sur le bitume. Les larmes affluèrent à ses yeux. Elle se détestait.

Comment pouvait-elle être aussi inhumaine : elle venait d'apprendre la mort d'une connaissance proche et elle était à peine triste. Elle se détestait d'être soulager de ne pas avoir entendu un autre nom. De ne pas pleurer de tristesse mais de soulagement : ce n'était pas le nom de Shikamaru qui avait été prononcé.

Choji faisant fit du lieu où ils se trouvaient s'agenouilla à coté de l'avocate et la serra dans ses bras.

« - Choji… » Guère plus qu'un murmure, elle avait pourtant prononcé le prénom avec toute la détresse dont elle était capable. Il resserra son étreinte, inconscient que la frêle silhouette qu'il enlaçait partageait ses remords. Son ami n'était peut-être pas mort. Et c'était la seule chose qui importait.


Konoha, le lendemain.

Tamaki frappa à la porte : pas de réponse. Elle frappa à nouveau un peu plus fort : toujours rien. Elle tenta en vain de baisser la poignée : rien, le verrou avait été enclenché. Face à sa défaite elle se retourna vers ses compagnons de fortunes Madame Akimichi juste derrière elle mordait furieusement sa lèvre inférieure un peu en retrait leurs deux époux échangeaient des regards anxieux.

Madame Akimichi la mère de Choji – l'ami et colocataire de sa propre fille – l'avait appelé à l'heure du repas alors qu'elle s'apprêtait à manger rapidement son sandwich du midi. Affolée elle lui avait apprit que leurs enfants ne s'étaient pas montrés comme à leur habitude au restaurant. Elle avait d'abord tenté de les joindre sur leurs portables respectifs mais ceux-ci étaient éteins elle avait ensuite appelé à leur domicile mais elle était tombée à chaque fois sur le répondeur.

La matrone lui avait alors fait par du comportement anormal des deux jeunes gens la veille : son fils n'avait pas desserré les dents de la journée morose et soucieux au possible tandis que Temari ne cessait de lui lancer des regards angoissés. Il n'en avait pas fallut plus à la gérante du restaurant pour s'inquiéter : ils avaient peut-être fait une bêtise.

Plus terre à terre Madame Sabaku avait donné rendez-vous aux Akimichis chez leurs enfants, annulé toutes se consultations en catastrophe, téléphoné à son mari pour qu'il les rejoigne et avait traversé la ville à toute allure…

Son mari avait été le premier sur les lieux, il avait eu beau frappé on ne lui avait pas répondu il avait alors fait le tour de la maison pour trouver les volets de la baie vitrée de la cuisine fermés. Tamaki venait d'arriver chez les jeunes gens et elle avait été désignée pour essayer de frapper à la porte.

Monsieur Akimichi, un homme imposant tant par sa corpulence que par son air déterminé s'avança entre les deux mères et après avoir farfouiller dans de multiples poches extirpa de l'une d'entre elles un petit trousseau de petites clefs argentés. Son épouse étouffa un petit cri de satisfaction en se saisissant de l'objet puis en introduisit une dans la serrure de la porte récalcitrante. Les quatre adultes s'engouffrèrent dans la petite maison et tandis que les deux mères montaient à l'étage en appelant leurs enfants, les deux hommes firent le tour du salon et de la cuisine. En moins d'une minute ils se retrouvèrent tous dans l'entrée à exprimer leur inquiétude quant à la disparition soudaine de leur progéniture.

Shiro le père de Temari questionna les Akimichi :

« - Choji ne vous a pas confié ce qui le perturbait ?

- Non. Il est assez secret comme garçon. » Expliqua le chef cuisinier.

« - Et vous ne savez pas où il va quand il se sent mal ?

- En général il monte sur le toit de l'immeuble mitoyen de notre restaurant mais j'ai été vérifié avant de venir : il n'y avait pas un chat. Temari ne vais a rien confié ces derniers temps ?

- Non. Elle semblait aller mieux de jours en jours… J'avais l'impression qu'il en allait de même pour Choji… Je ne comprends pas quelle mouche à pu les piquer… » Les deux pères échangèrent un regard abattu. Madame Sabaku qui n'avait rien dit jusqu'alors prit la parole :

« - En général, quand Temari a quelque chose sur le cœur, elle vient m'en parler.

- Et bien cette fois c'est différent. » La coupa rageusement La mère de Choji. Sans prendre en compte l'interruption de cette dernière Tamaki reprit :

« - Il a du se passer quelque chose… Il y a peu de temps… En général Temari se rend sur la falaise quand elle se sent mal… Mais je doute qu'elle y ait entrainé Choji… C'est… Son endroit à elle… Non… Je pense savoir où nos enfants se sont rendus… En fait, je crois que c'est plutôt logique… »

Face aux regards interrogateurs des autres parents Tamaki leur fit signe de la suivre, ils montèrent tous dans sa petite voiture avant de quitter en trombe la rue.

OoOoO

Tamaki ne prit pas la peine d'expliquer aux autres passagers de la voiture pourquoi elle était venue ici : l'instinct maternel. Elle poussa le petit portail, songeant qu'un coup de peinture ne lui aurait pas fait de mal, et rejoignit la porte d'entrée en quelques pas. Sans attendre ses compagnons elle abaissa la poignée, et comme elle s'y attendait la porte s'ouvrit.

Il faisait sombre dans la maison mais la femme connaissait parfaitement les lieux, et savait où chercher. En baisant les yeux elle aperçu deux paires de chaussure : l'une d'elle appartenait à sa fille, elle les lui avait offert deux mois plus tôt la seconde paire plus massive ne pouvait appartenir qu'à un homme. Dédaignant les escaliers menant à l'étage elle s'avança vers le salon elle eu un mouvement d'arrêt quand elle passa à l'endroit exacte où elle avait retrouvé sa fille pleurant toutes les larmes de son corps, des mois auparavant. Elle entra dans le salon suivit de près par la mère du cuistot elles se figèrent. Là au fond de l'énorme canapé de la pièce, appuyés l'un sur l'autre leurs enfants les fixaient le regard perdu et soulagé à la fois.

Et tandis que madame Akimichi se jetait littéralement sur son fils Tamaki prit le temps de contourner les meubles qui la séparaient de sa fille. La juriste ne la quittait pas des yeux et quand sa mère ne fut plus qu'à quelques pas, elle se leva pour enlacer la femme qui lui ressemblait tant. La mère entoura de ses bras la silhouette de sa fille et la berça lui murmurant des mots de réconfort tandis que la jeune femme redevenue enfant pour quelques instants pleura à chaudes larmes.

Shiro s'était joint à leur étreinte. Quelques minutes passèrent rythmées par les pleurs de la blonde et du jeune cuisinier et par les murmures apaisants de leurs parents.

Il fallut plus d'une heure pour qu'ils puissent parler à nouveau sans fondre en larmes et ainsi expliquer à demi mot ce qui les avait poussé à réinvestir la maison qu'ils avaient mis sous clefs.


Konoha, 3 juillet la même année.

Hinata, le sourire aux lèvres, regardait son amie tenter de faire renter un énième dossier dans sa sacoche. La jeune femme blonde se débattait depuis cinq bonnes minutes avec son sac pour y mettre le plus grand nombre de document en vue des deux mois qu'il lui restait avant d'enfin pouvoir réintégrer son bureau. Et depuis qu'elle était arrivée l'avocate n'avait cessé de proférer des obscénités.

En ce vendredi soir, anniversaire de la création du cabinet Hyuga, la majorité du personnel s'entassait dans le grand hall où avait lieu un verre de l'amitié. Elles s'y étaient rendu comme tous les autres, cependant après un quart d'heure à échanger des banalités avec ses collègues, Temari s'était éclipsée : elle avait bien mieux à faire ! Bannie depuis plus de deux mois du cabinet d'avocat elle s'était présentée deux jours plus tôt au maitre des lieux afin de lui faire part de sa détermination à réintégrer son équipe.

Hiashi Hyuga l'avait longuement regardé avant de lui annoncer sa décision : elle pourrait reprendre sa place au sein du cabinet après les congés annuels des employés, soit au début du mois de septembre. La jeune femme s'était fait violence pour ne pas hurler sa joie et avait rallié son bureau pour mettre son amie au courant de la bonne nouvelle. C'est ainsi qu'elle s'était retrouvée conviée au pot annuel du cabinet.

A l'arrivée de son cousin, Hinata avait cherché son amie dans la foule en vain ils étaient alors partis tout deux à sa recherche dans les luxueux couloirs du bâtiment.

« - Bordel, tu pourrais pas m'aider au lieu de te foutre de moi ? »

Temari lui avait à peine jeté un regard mais avait entraperçu son sourire amusé. Elle ne lui avait pas adressé la parole depuis qu'elle l'avait retrouvée, se bornant à pester contre son sac beaucoup trop petit et ses dossiers bien trop volumineux…

Hinata sursauta en entendant une voix juste derrière elle :

« - Je vous cherchais mais heureusement pour moi, le doux son de ta voix m'a conduit jusqu'à vous. »

La brunette se tourna vers son cousin qui se tenait juste bien droit, dans l'embrasure de la porte. Un sourire moqueur aux lèvres il fixait la blonde des ses yeux clairs. La jeune femme, telle une furie envoya valser dans la pièce le dossier qu'elle tenait toujours à la main. Elle poussa ensuite un grognement mécontent et se laissa tomber à terre.

« - Tu sais Tema, le cabinet sera toujours ouvert la semaine prochaine… Tu pourras revenir chercher quelques dossiers si tu y tiens tant…

- Non ! Ton père m'a interdit de remettre les pieds ici avant ma 'réintégration' en septembre ! » Maugréa l'avocate.

« - Et tu comptes boucler tout ces dossiers tout en travaillant d'arrache pied au restaurant de ton copain ? » Questionna le jeune homme sceptiquement.

« - Faut bien que je m'occupe !

- Temari… Tu te lève à 11h du matin et tu te couche en moyenne à 2h… Et pendant toute ta journée tu cuisine et sert en salle… Tu ne vas pas me dire que tu as du temps libre… »

L'intéressée fusilla du regard la brune qui venait de parler.

« - Mais ce n'est pas de ma faute ! J'ai pris un retard énorme dans mes dossiers, il faut que je le rattrape. Et puis, j'ai des jours de repos figurez-vous ! Choji les passe à dormir ou à faire je ne sais trop quoi, moi pendant ce temps là je m'ennuie ! »

Aux regards que lui accordaient ses deux amis Temari su qu'elle ne les avait pas convaincus, elle espérait cependant qu'ils ne chercheraient pas à en savoir plus.

« - Et bien puisque madame ne sait pas quoi faire de ses jours de repos, on va pouvoir en profiter pour te présenter Caty-nou, elle n'arrête pas de nous tanner pour te rencontrer !

- Tu sais donc ce que tu fais la semaine prochaine. » Conclu la Hyuga.

« - Nos jours de congés ne correspondent pas ! Il va falloir attendre vos vacances !

- Cesse de faire ta forte-tête ! Du moment que mon travail est fait, personne n'a à me dire quand et où bosser, je sui donc libre d'allé au domaine pendant deux jours si ça me chante. Et il en va de même pour Hinata. »

La brune approuva d'un hochement de tête et face aux regards déterminés des deux Hyuga Temari ne trouva pas la force de refuser. Elle poussa un profond soupir, avança à quatre pattes en direction de ses feuilles éparpillées sur le sol et entreprit de les remettre dans leur chemise. Une fois cela fait elle se releva, épousseta son pantalon, contempla quelques instant sa liasse de feuille et renonça à la faire entré dans son sac. Elle retourna le déposer sur son bureau et proposa à ses deux acolytes :

« - Si je vous paye le resto, vous faites l'école buissonnière avec moi ? »

Elle avait ponctué sa phrase d'un regard de chien battu. Au sourire amusé du garçon et à l'expression enthousiaste de la brune Temari su que sa soirée s'annonçait moins barbante que prévue.


Nuit du 12 juillet Domaine Hyuga, Port de Taki.

Assis à coté d'elle sur le canapé, télécommande en main Neji semblait imperméable à tout ce qui l'entourait. Ils étaient arrivés au domaine familial en fin d'après midi elle avait aussitôt eu le droit à une visite des lieux. La bâtisse semblait tout droit sortie d'un conte de fée. C'était le genre d'endroit qu'elle rêvait de posséder étant enfant.

Caché aux yeux du monde par d'imposants murs de tuffeau et un bois dense, on accédait à la propriété en passant par un portail en fer forgé, aussi frêle d'aspect que l'imposante enceinte semblait inébranlable. Une fois le portail passé, il fallait ensuite avancer sur plus de 800 mètres le long d'un chemin gravillonné à travers la petite forêt pour arriver enfin à découvert. Là on apercevait la magnifique façade du bâtiment, niché au creux d'un petit vallon.

Ancien pavillon de chasse les pierres de tuffeau blanches de la façade chauffaient toute la journée au soleil d'immenses fenêtres, constellant les façades, laissaient entrer les embruns du bord de mer le parc environnant était d'après les dires de Neji aussi vert et fleurit en été qu'en hiver.

L'intérieur était aussi somptueux que le laissait présumé l'allure de la bâtisse Temari n'eu pas le courage de compter le nombre de lustre en cristal les tapisseries et portraits tout droit sorties d'un autre temps semblaient comme neufs les meubles anciens : bureaux, voltaires, canapés n'étaient qu'invitations à la rêverie… Tel un château de contes de fées, l'édifice recelait mille et une merveilles : un escalier double aux marches en marbre menait au 1er étage les boiseries qui ornaient les différentes salles étaient d'une finesse déroutante la cuisine semblait tout droit sortie du siècle précédent, mais le four dernier cri et les plaques de cuissons en démontraient la modernité.

Neji l'avait conduit dans une chambre à l'étage, elle y avait déposé sa petite valise avant de continuer le tour du propriétaire. Elle avait rencontré la fameuse Caty nounou qui malgré ses nombreux plats sur le feu avait prit le temps de la détailler et de la questionner : Si elle aimait le civet de lièvre ? Comment s'était passé son voyage ? Si les croissants lui convenait au petit déjeuner ? Neji avait-il conduit prudemment sur la route ? Savait-elle quand Hinata comptait arriver le lendemain –petite tête de linotte, elle avait encore oublié de la prévenir alors qu'elle avait la lourde tache de nourrir toute une maisonnée– ? Vivait-elle toujours avec ce cuisinier comme le lui avait dit Neji ? Préférait-elle les framboises ou les fraise ? La chambre lui convenait-elle ?

Neji avait été obligé de l'arraché à sa nourrice.

Comme la nuit tombait, ils n'avaient pas eu l'occasion d'aller jusqu'à la mer, mais il lui en avait fait la promesse : dès le lendemain ils iraient se baigner. Ils avaient mangé dans la cuisine refusant d'investir la salle à manger trop apprêtée pour un repas qu'ils désiraient simple Caty-nou s'était installée avec les deux jeunes gens et avait mené la conversation durant tout le diner telle une mère de famille, rencontrant pour la première fois sa possible future belle-fille... Ils s'étaient retirés sur les coups de 22h et suite à la proposition de Neji, s'étaient installés dans un petit salon de l'étage pour visionner un film.

OoOoO

Temari n'avait pas bu -à peine un verre de rouge au repas, ça ne comptait donc pas- et pourtant elle se sentait enivrée par la présence de son compagnon. Il n'était pas rare qu'elle se sente attirée par le Hyuga mais l'intensité de ce qu'elle ressentait la déboussolait. Son odeur musquée emplissait ses narines, lui faisant tourner la tête. La fraicheur de la soirée semblait l'inciter à se blottir dans les bras du garçon. Elle savait depuis longtemps que le Hyuga l'attirait et que cette attirance était réciproque, cependant depuis la disparition de Shikamaru il l'avait toujours repoussé…

Shikamaru. Il continuait à hanter ses jours et ses nuits, mais depuis peu, grâce à Choji ses amis et ses parents, elle commençait à ré-envisager un futur. Elle savait pertinemment qu'une partie d'elle-même continuerait à l'aimer, mais elle devait se reconstruire et se tourner vers l'avenir. Il avait choisi un chemin qui les séparait, elle ne pouvait plus l'attendre : elle avait une vie à mener, c'était ce qu'il lui avait écrit. Et pourtant… Elle peinait à se détacher de ses souvenirs : et ce malgré le message qu'il lui avait adressé, la poussant à aller de l'avant…

A la pensée de la petite lettre elle enfouit sa main dans sa poche touchant ainsi un petit morceau de papier précieusement plié un hoquet de peine lui échappa. Aussitôt les yeux du brun furent braqués sur elle. Elle tenta d'apaiser son ami d'un geste de main mais sa tentative lui sembla ridicule à elle-même. Il l'examina quelques seconde et lâcha :

« - Tu peux pleurer si tu veux. »

Il avait dit ça sur le même ton blasé qu'il employait en temps normal, mais son regard attentif et soucieux démentait son manque d'intérêt affiché. Ennuyée de lui causer tant de problème elle se colla contre lui en murmurant :

« Tu devrais te chercher une fille à aimer au lieu de rester avec moi… »

Il l'enlaça et la serra contre lui l'encourageant à prendre ses aises. Elle passa ses jambes sur celles du garçon qui après une hésitation la souleva pour l'installer autrement, la faisant basculer entre ses jambes et l'entoura de ses bras.

« Excuse moi… »

Elle avait chuchoté mais il l'avait clairement entendu. Il poussa un soupir qu'on aurait pu croire exaspérer.

« - Ne t'excuse pas… Je serai toujours près de toi.

- Pourquoi… ?

- Parce que... Parce que c'est comme ça. »

Il coupa court à la discussion en enfouissant son nez dans la chevelure de son amie. Elle frissonna et ferma les yeux. 'Il' agissait de la même manière avant…

La main droite dans le bas du dos de la juriste, et la gauche contre la peau nue de son bras, Neji n'osait plus esquisser le moindre geste. Une alarme avait retentit dans sa tête quand il avait senti son amie frissonner, mais il ne faisait rien pour mettre fin à la situation.

A la fois heureux de la tenir ainsi contre lui et désemparer par la tournure que prenaient les choses il laissa ses doits effleurés le plus doucement possible la peau de la blonde. Restant attentif à la moindre de ses réactions, il s'enhardit quand il la senti se pelotonner un peu plus contre lui.

Elle soupira. Les yeux toujours clos un visage s'imposa peu à peu à elle : brun, les cheveux attaché dans un catogan sur le haut de la tête, de profonds yeux noirs plein d'intelligence et de douceur, un sourire à peine visible réservé à elle seule… Shikamaru… Il voulait qu'elle aime à nouveau… Et elle se sentait prête à tenter l'expérience… Elle inspira profondément, l'odeur n'était pas la même, mais la tendresse distillée dans les légères caresses était similaire.

Ses mains jusque là posées sur le torse de son compagnon vinrent doucement se refermer autour de son cou. La jeune femme, hésitante, déposa tout de même de légers baisers sur la mâchoire du brun le sentant frémir elle l'attira à elle pour embrasser sa joue le plus tendrement possible.

Comprenant qu'il ne la repousserait pas elle se positionna suffisamment près de lui pour effleurer sa bouche à chaque mot qu'elle soufflerait :

« Fais-moi l'amour s'il te plait… »

Neji n'avait pas pu réprimer un sursaut de surprise. Il avait espéré ces mots tellement longtemps, et c'était aujourd'hui qu'ils sortaient, alors qu'il perdait peu à peu espoir. Il l'embrassa sur le haut du font et tenta de se défaire de l'étreinte qui les liaient dans l'espoir de reprendre ses esprits.

« - Je ne suis pas sur que… » Elle effleura ses lèvres tandis qu'il tentait de finir sa phrase : « Que tu le veuille vraiment… Enfin… Mas avec moi… » Temari l'embrassa légèrement avant de lui répondre dans un souffle :

« - Neji Hyuga… C'est toi que je désir… Je…

- Tu l'aime encore… Je te l'ai déjà dit… Je suis ton ami… » Il se contorsionna légèrement cherchant à contrecœur, à se défaire de l'étreinte de l'avocate mais elle ne le laissa pas faire.

Changeant rapidement de position elle s'assît à califourchon sur ses genoux, pressant con corps contre celui de l'homme et enserra son visage de ses mains pour l'embrasser avec le plus de passion possible. A cet instant le brun sut qu'il avait perdu : il ferait tout ce qu'elle lui demanderait.

Vaincu, il laissa alors vagabonder ses mains sur le corps tant chéri en secret, goutant pour la première fois l'arôme des lèvres de la blonde. L'excitation l'enivrant, il recouvrit chaque parcelle de peau qui passait à portée de ses lèvres de baisers affamés. La jeune femme lui répondait avec la même fièvre une de ses mains s'était glissée sur son torse cherchant une façon de défaire sa chemise sans pour autant en arracher les boutons la seconde vagabondait sous le vêtement caressant sensuellement le bas ventre du garçon. Avide de sentir sa peau contre la sienne le brun passa ses mains sous le débardeur de la jeune femme la plaquant encore plus contre lui.

Comme en transe ils se déshabillèrent mutuellement petit à petit Neji fit allonger la jeune femme sur le canapé pour la dominer et l'admirer à sa guise, il l'avait tant désiré, sans jamais rien tenter et alors qu'il n'y croyait plus elle s'offrait à lui.

Alors qu'il déposait des baisés sur son ventre il l'entendit murmurer un « Je t'aime Neji… » Son cœur sembla rater un battement et une douce chaleur l'envahit tandis qu'il réalisait ce qu'elle venait de dire. Remontant le long de son corps pour aller chercher ses lèvres il l'embrassa avec toute l'amour dont il était capable, il se recula pour lui répondre quand, les yeux clos elle finit sa phrase « …Adieu… Shikamaru… ».

Le garçon se tendit, elle lui avait dit qu'elle l'aimait mais à peine quelques secondes plus tard elle parlait à l'autre… Que penser ? Que faire ? Temari ne lui laissa pas le temps de réfléchir plus longuement : elle l'attira à elle pour l'embrasser passionnément.

OoOoO

Le lendemain matin Temari se réveilla dans un lit qui n'était pas le sien. La chape de fatigue qui pesait sur elle l'empêcha de penser clairement : elle n'était pas chez elle… ni chez ses parents… Elle avait donc découché… Un grognement à ses coté lui fit tourner la tête : un homme dormait encore à coté d'elle. Fronçant les sourcils elle le détailla : ses cheveux longs et bruns formaient une auréole autour de son visage pâle, un sourire flottait sur ses lèvres. Il fallut quelques secondes à la blonde pour mettre un nom sur le visage : Neji. S'asseyant à moitié elle se rendit compte qu'elle était nue… Elle avait don couché avec Neji… Les souvenirs affluèrent. Non. Ils n'avaient pas couché ensemble… Ils n'avaient pas non plus baisé… Non : Neji lui avait fait l'amour…

A cette pensée Temari un sourire vint illuminer le visage de la blonde et elle se rallongea dans le lit après une brève hésitation elle se rapprocha du brun. Elle s'apprêtait à fermer les yeux en quête de sommeil quand un bras glissa le long de sa taille pour venir la coller contre le torse du garçon. Celui-ci entrouvrit les paupières et murmura :

« - Content que tu sois resté. » Il ferma les yeux et sembla se rendormir. Temari esquissa un sourire attendri : oui il lui plaisait.

« - Moi aussi j'en suis contente… » Le Hyuga rouvrit les yeux et déposa un chaste baiser sur la bouche de la demoiselle :

« - Maintenant on dort. » annonça t-il.

Bizarrement il ne fallut que quelques minutes à la blonde pour trouver le sommeil.


Konoha. 23 aout

Elle marchait tranquillement dans les rues de la ville, flânant comme elle le faisait rarement. Les parents de Choji lui avaient annoncé la veille au soir qu'ils n'auraient plus besoin d'aide au restaurant, et qu'elle pouvait donc disposer des derniers jours d'aout pour souffler. La blonde soupçonnait son ami cuisinier d'avoir plaidé sa cause auprès des deux adultes, en effet le cabinet Hyuga rouvrait ses portes dès le 1er septembre et elle pourrait enfin réintégrer son poste.

Depuis plus d'un mois elle entretenait une « relation » avec son ancien ami Neji Hyuga il l'attendait parfois le soir à la fin de son service et l'emmenait se promener au clair de lune ils finissaient invariablement par faire l'amour chez le garçon. Son colocataire, d'abord surpris lui avait donné tacitement son accord une semaine plus tôt :

Un éclaire de folie les avait entrainé dans une boite de nuit miteuse entourés par de jeunes ados à peine pubères, ils avaient dansés, collés l'un contre l'autre, oubliant le reste du monde s'enivrant de la seule présence de l'autre. A la fermeture de l'établissement ils s'étaient tout naturellement dirigés vers chez la demoiselle, celle-ci habitant plus près du lieu de leur batifolage.

Les lendemains matins de leurs ébats commençaient toujours de la même façon : une tasse remplie de café fumant. Ce jour ne faisait pas exception : Temari s'était extirpée de sa couette avant de se trainer jusqu'à la cuisine de sa petite maison. Elle avait tout juste lancé la cafetière que Neji la rejoignait. Ils attendirent en silence que le liquide salvateur se matérialise dans les deux tasses une fois celles-ci remplies ils s'étaient installés de part et d'autre de la table de la cuisine pour boire tranquillement leur breuvage. Et tandis qu'ils sortaient peu à peu de leur léthargie, un cri d'effroi, suivit d'un chapelet de jurons, avait retenti dans la maison :

« - AAAAAAAAA ! Mais bordel de dieu ! Merde ! C'est dégueu ! Putain ! C'est horrible ! Vous devriez avoir honte ! » Les deux jeunes gens avaient sursauté au hurlement poussé par l'autre occupant de la maison : Choji dans le salon affichait un air dégouté en les fixant par l'entrebâillement de la porte.

« - NON DE DIEU ! Ça va pas de te promener comme ça ! C'est pas la fête du slip ! »

Temari avait froncé les sourcils : elle avait pourtant enfilé un débardeur et une culotte avant de sortir de sa chambre : son ami l'avait déjà vu ainsi.

« - Mais j'ai mis un t-shirt... » Se défendit-elle. Choji grogna et pointa un doigt accusateur vers leur 'invité' de fortune :

« - MAIS PAS TOI ! LUI ! »

Le cuisinier porta ses mains à son visage pour se cacher derrière celles-ci.

« Ho ! Merde ! Merde ! Merde ! C'est dégueulasse ! »

Tout en jurant il piétinait le tapis du salon cherchant un exutoire à son dégout.

Abasourdi le Hyuga était resté assis sur sa chaise à contempler l'autre garçon. Temari avait rapidement examiné son compagnon espérant trouver la raison du trouble de son ami.

Rien. Elle ne vit rien. Rien ne la choquait dans l'apparence du brun, si ce n'était que même à 8h le matin, les yeux dans le vague et l'air totalement ahuri il était d'une beauté à couper le souffle.

L'Akimichi tenta un regard par-dessus ses mains : voyant que les deux autres occupants de la pièce ne réagissaient pas il reprit de plus belle :

« - Je veux bien que vous baisiez chez moi, vous faites pas de bruit c'est bien. MAIS ! Je refuse d'avoir à supporter la vue de CE MEC EN CALBUT DANS MA CUISINE ! Un peu de décence bordel ! »

A cet instant et comprenant la signification des paroles de son ami, l'avocate était partie dans un fou-rire monumental qui redoubla quand son amant se leva, le rose aux joues, pour rejoindre sa chambre.

Au souvenir de l'embarra de son petit ami Temari pouffa : il était extrêmement rare de voir Neji Hyuga exprimer autre chose que de l'indifférence alors le voir rougir de honte ! Bien sur le procureur abandonnait son masque de froideur quand ils se retrouvaient seuls, là il souriait, la regardait avec douceur et cessait de cacher ses émotions.

Pour la première fois depuis longtemps elle se sentait vivre : animée d'un nouveau feu, prête à soulever des montagnes : elle aimait. Evidemment un coin de son cœur restait dédié à son amant perdu, mais encouragée par tous elle avait décidé de se laisser aller.

Elle profitait des derniers rayons de soleil de la journée avant de rentrée chez elle : elle devait y retrouver Choji pour ensuite se rendre chez ses parents afin de fêter ses 26 ans.

Choji. Oui, lui aussi elle l'aimait : infiniment. Un amour plein de tendresse et teinté de reconnaissance, fraternel, devenu au fil des mois vital.

Rien à voir avec ce qu'elle ressentait pour son nouveau petit ami : un feu ardent s'était logé au creux de son ventre depuis qu'elle le fréquentait, augmentant chaque jour en intensité. La passion des premiers temps la dévorait et elle en était comblée.

A bien y réfléchir, cet amour là n'avait rien à voir avec celui qu'elle ressentait pour le Nara : le garçon était nécessaire à sa survie, indispensable, essentielle ce sentiment viscéral, elle doutait de pouvoir un jour s'en défaire, mais loin de s'en préoccuper elle y voyait un appui sur lequel se reconstruire.

Un moteur rugit non loin d'elle la tirant de ses pensées, en quelques secondes une voiture s'arrêta à son niveau. La vitre conducteur se baissa légèrement :

« - Grimpe. »

Ni une ni deux, Temari fit le tour du véhicule et s'y engouffra. Elle n'avait pas eu besoin de jeter un regard au conducteur, le simple son de sa voix mêlé au ronronnement du moteur avait suffit à l'identifier.

A peine avait-elle bouclée sa ceinture qu'il démarrait sur les chapeaux de roue, elle s'enfonça dans le cuir du fauteuil et soupira d'aise. Quelques minutes passèrent sans que l'un d'entre eux ne brise le silence, les prunelles opalescentes du conducteur ne cessait de faire des allés et retours entre la route et sa passagère. Enfin il fini par lâcher :

« - Tu est magnifique aujourd'hui. »

La jeune femme esquissa un sourire pendant que ses joues prenaient feu bien que le fréquentant depuis quelques temps elle ne s'habituait pas à ses compliments.

« - Merci pour les fleurs…

- Les fleurs ?

- Oui. TES fleurs. »

Le brun grimaça.

« - Ha… Ces fleurs là… Elles t'ont fait plaisir ?

- Très. »

Elle avait reçu le matin même un énorme bouquet de rose chez elle, l'absence de petit mot l'avait renseigné sur l'identité de son expéditeur. Attentif au moindre de ses désir il semblait vouloir la combler.

Elle jeta un regard à son compagnon, les yeux fixés sur la voiture qui les précédait il était vêtu comme chaque jour d'un costume trois pièces, et affichait un de ses rares sourires.

« - Pourquoi tu souris ? »

Il prit son temps pour répondre, comme si sa déclaration était vitale :

« - Je suis juste content qu'elles t'aient plus. »

Elle haussa un sourcil dubitative ce qui eu pour effet d'agrandir encore plus le sourire de l'homme. Elle reporta son attention sur la route et soupira : c'était toujours ainsi avec lui.

Ils roulèrent à vive allure avant de s'arrêter devant la maison qu'elle partageait avec le cuisinier. Tandis qu'il coupait le moteur il lui expliqua :

« - Je te laisse ici. Tes vêtements t'attendent sur le lit. »

La blonde grinça des dents : rares étaient les vêtements qui trouvaient grâce aux yeux du Hyuga, et il était encore plus exceptionnel que leurs gouts coïncident. Elle trouverait vraisemblablement une robe de cocktail sur son lit… Elle, en robe de soirée pour son anniversaire !

« - c'est Hinata qui les a choisi. » Le Hyuga grimaça et Temari se sentit quelque peu soulagée, son amie connaissait ses gouts, jamais elle ne l'aurait obligé à porter une de ces horribles robes !

Cependant son soulagement fut de courte durée, si Neji et Hinata avaient préparé quelque chose, cela ne pouvait signifier qu'une chose : elle ne passerait pas une soirée de tout repos. Elle se refrogna.

Elle avait pourtant été très claire : elle ne souhaitait PAS qu'on fête son anniversaire, la preuve elle avait prévu de passer la soirée avec Choji et ses seuls parents.

Après avoir un peu grommelé elle était sortie du coupé sous le regard rieur de son conducteur, il avait démarré sur les chapeaux de roue, égal à lui-même.

Pleine d'appréhension Temari se dirigea vers la porte de sa maison : toute cette mise en scène sentait l'embrouille à plein nez… Mais si Hinata et Neji étaient dans la combine il y avait de fortes chances que ses parents, et plus particulièrement sa mère, soient eux aussi dans le coup.

OoOoO

Son pressentiment s'était avéré juste : vêtu d'un T-shirt noir et d'un de ses jeans préférés –Dieu sauve Hinata Hyuga– elle s'était retrouvée entrainée par son colocataire jusqu'à la maison de ses parents. Jusque-là rien d'anormal, mis à part la présence des voitures de Neji et d'Hinata garées devant la maison et d'autres voitures plus ou moins connues garées dans les rues adjacentes.

Une fois devant la porte d'entrée Choji lui céda le pas l'invitant à passer devant lui. Temari soupira profondément et ouvrit la porte.

« C'est moi » cria-t-elle.

Elle déposa sa veste sur le porte manteau en se refrognant : l'absence de réponse de sa mère la conforta encore plus dans son idée : elle s'était faite avoir. Elle lança un regard accusateur à son ami qui haussa les épaules un silence de mort régnait dans la maison : pesant, simulé, retenu.

La blonde soupira bruyamment et l'idée de prendre ses jambes à son coup l'effleura. Elle ne la mit pas en application : on aurait vite fait de la retrouver et elle ne pouvait pas décemment laisser en plan ses proches.

Voyant qu'elle avait renoncé à toutes velléités de fuite, le cuisinier lui tapoter l'épaule et s'engouffra dans le salon plongé dans la pénombre. Les lumières éteintes et les volets fermés lui donnèrent le dernier indice dont elle avait besoin : on l'attendait de pied ferme dans la salle.

Elle soupira bruyamment et passa la porte à son tour. Les murmures étouffés la firent sourire malgré elle. Invisible à ses yeux, les invités devaient la distinguer : silhouette sombre dans l'embrasure de la porte. La tension augmenta sensiblement dans la pièce et la lumière s'alluma brusquement.

Alors qu'elle clignait des yeux, une furie brune se jeta sur elle tandis que les autres convives crièrent plus ou moins en même temps un « Joyeux anniversaire » retentissant. Temari cru entendre la voix de Naruto enchainer « Et rendez-vous au cimetière » mais les éclats de rire étouffèrent le cri du blond.

L'avocate compressée contre la poitrine de sa meilleure amie jeta un coup d'œil à la 'foule' réunie pour elle : Choji lui adressait un sourire contrit juste à côté de lui Gaara fronçait les sourcils à la vue de l'effusion de joie dont faisait preuve Tenten qui ne lâchait plus la No Sabaku.

Hinata et Naruto, enlacés riaient aux éclats et rayonnaient de bonheur Neji, droit comme un I légèrement en retrait par rapport à sa cousine affichait un sourire poli Asuma, Kurenai et Suru applaudissaient un large sourire sur leurs trois visages à côté d'eux ses parents la couvaient du regard, remplis d'amour.

Temari sentit les larmes affluées, à la fois touchée et heureuse de voir tous ses proches réunis. Tenten desserra enfin son étreinte pour déposer deux bises sonores sur les joues de son amie. Se souvenant qu'elle devait être en colère, la blonde grogna :

« - J'avais dit pas de fête ! »

La brunette ne se démonta pas et adressa un grand sourire à l'avocate :

« - Une fête ? Qu'est-ce que tu me chante ? Ce sont des retrouvailles, certes organisées le jour de ton anniversaire, mais ce n'est qu'une coïncidence de calendrier ! Et puis ça n'a rien d'une fête, regarde autour de toi » : elle désigna la salle de la main « Y'a pas de ballons !

- Et une fête sans ballons ça n'existe pas ! » Renchéri l'Uzumaki qui s'était avancé vers elle.

Aux regards plein de malice de ses amis Temari ne résista plus et éclata de rire. Elle fit le tour des convives pour embrasser et remercier tous les invités, après avoir fait tourner Suru dans ses bras elle s'était dirigée vers ses parents.

Heureuse, fière, reconnaissante, elle n'avait jamais trouvé les mots pour leur dire combien ils comptaient pour elle et à quel point elle leur était reconnaissante. Elle ouvrit la bouche mais sa mère ne lui laissa pas le temps de parler et l'enlaça.

« - Je suis fière de toi ma princesse. » Cachée dans le creux du cou maternelle Temari laissa couler quelques larmes.

OoOoO

Attablés dehors, sur la terrasse face aux jardins, les convives se régalaient d'un assortiment de grillades réalisées par le père de Temari, proclamé 'grand maitre du feu' par un Naruto hilare, quand celui-ci l'avait vu se débattre avec la viande pour l'empêcher de bruler.

Alors que les amis riaient des histoires amoureuses de Tenten, brillamment racontés par celle-ci, une sonnerie de portable retenti. Tous portèrent la main à leur poche, pour savoir qui était l'appelé. Gaara sorti son téléphone de son pantalon et après s'être excusé auprès de la maitresse de maison, quitta la table pour décrocher. Suite à une rapide conversation où il n'avait cessé de froncer les sourcils, il raccrocha pour demander aux Sabakus s'il pouvait emprunter leur téléviseur.

Les adultes acquiescèrent d'un hochement de tête. Le roux se précipita dans le salon. Le son de la télé résonna dans la maison alors qu'à table tous les convives retenaient leur souffle. Suru étonné du soudain silence tenta de questionner sa mère qui lui fit signe de se taire. A peine une minute plus tard la voix du garçon raisonna :

« - Vous devriez venir voir ça… »

Tenten et Temari furent les plus promptes à se lever, le roux augmenta le son pour que tous puissent entendre les propos du journaliste à l'écran :

« … La nouvelle est tombée il y a moins de trois heure : les hostilités ont définitivement cessées entre les forces de Kumo et les révoltés de Kiri. Les deux gouvernements se sont entendus pour signer une trêve en vue de négociations de paix. »

Temari tourna la tête vers Choji, lui aussi sous le choc. Quand leurs regards se croisèrent ils ne purent retenir leurs cris :

« - Bon dieu...

- Tu crois que...

- Evidemment, pour qui tu le prends ?!

- Alors c'est fini...

- Oui. Maintenant ils sont libres ! »

Sans prêter la moindre attention aux autres convives Temari s'était levée du canapé où elle était assise et, sans plus se retenir, sauta au coup du cuisinier qui la fit virevolter autour de lui. Pleurant et riant à la fois ils continuèrent leur dialogue sans queue ni tête. Alors qu'Asuma commençait à comprendre la raison du comportement des deux amis, Hinata lança un regard soucieux à son cousin : les sourcils froncés il fixait sans comprendre sa petite amie.

Quand enfin les deux amis cessèrent de s'exclamer en dansant dans le salon, ils firent face à un mur d'incompréhension : à part Asuma et Kurenai, ils n'avaient mit personne au courant des révélations de Matsuri.

Ils devaient une explication à leurs proches. Les yeux brillants de larmes et les jambes tremblantes les deux jeunes gens s'installèrent dans le canapé, et tandis que Choji commençait son récit, Temari porta inconsciemment la main à sa poche. Elle y serra un morceau de papier, usé d'avoir été lu et relu, ouvert puis méticuleusement replié, transporté partout avec elle. Et sur ce morceau de papier, tracé d'une fine écriture quelques phrases qu'elle connaissait maintenant par cœur :

« Jamais je n'ai vécu meilleurs moments qu'à tes cotés. Prends soin de toi. Ne m'attend plus pour vivre, je m'en voudrais éternellement si tu abandonnais le présent pour te plonger dans notre passé. Et surtout n'oublie pas : vis ta vie et aimes comme tu m'as aimé.

Faute d'occasion je n'ai jamais pris le temps de te le dire, voila qui chose est fait : je t'aime.

Shikamaru. »


Non, non, non, ne me haissez pas s'il vous plait ! Je sais que vous n'aimez pas l'idée d'un Neji/Temari, mais il me fallait un homme, et il était hors de question que je touche à Choji et Gaara ! Quand à Naruto ou un autre... Bin non ! En fait je voulais depuis le début les mettre ensemble, alors bon dans tout les cas vous n'y auriez pas coupé ! Kitchen20, j'espère que tu ne m'en voudras pas pour ce coup en traitre ! lol

Je ne suis pas très contente de la scène de fin (l'anniversaire) mais j'ai eu beau me retourner l'esprit dans tout les sens je n'ai rien trouvé de mieux ! Et que pensez vous du mot de Shikamaru...? (je suis en gros stress, comme d'hab !)

J'espère avoir rendu justice à l'amitié entre Choji et Temari, c'est une relation qui me tiens énormément à coeur... Pour ce qui est de la non-mort de Shikamaru... Avoué que vous vous êtes posé la question de qui était l'inconnu ! Cette scène était censée être la dernière du chapitre précédent (mais vous n'auriez pas su jusqu'à maintenant qui était le nouvel arrivant) vous comprennez donc peut-être pourquoi je l'ai mise dans ce chapitre-ci... ?

Dans tout les cas, vous aurez un peu plus d'éclairage sur le quotidien de Shikamaru dans le prochain chapitre, et vous assisterez aux dernières "retrouvailles"... Si elles ont bien lieu... lol. J'espère ne pas mettre trop longtemps à vous publier la suite... On verra bien !

Sur ce, une petite review, un avis ne serait pas de refus car je suis assez septique !

Tchao !