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Disclamer : Tous les personnages (sauf certains de mon invention) et tous les lieux reviennent à J.K Rowling.

Résumé : Nom : Draco Lucius Malfoy - Motifs de l'emprisonnement : Accusé d'avoir été un partisan de Voldemort – Accusé de complicité dans le meurtre de Ginevra Molly Weasley. Six ans après la fin de la Guerre, Draco Malfoy demande sa mise en liberté conditionnelle…

Note : Bonjour les gens ! Je n'arrive pas trop à estimer si vous appréciez ou pas cette histoire... (ce n'est pas un reproche, je suis moi-même souvent une lectrice silencieuse). J'avoue qu'un petit avis, positif ou négatif serait le bienvenu ! Dans tous les cas, je vais essayer de terminer cette histoire, rassurez-vous. Je vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre 10

La famille Weasley fut réunie le soir-même pour le dîner. Comme la météo était plutôt clémente, Arthur avait sorti les tables d'extérieur, qui croulaient sous une nourriture abondante. Hermione se doutait fortement que la plupart des plats termineraient dans la poubelle. Étant donné le sujet de conversation principal, peu des personnes présentes n'auraient beaucoup d'appétit. Cependant, Molly avait certainement voulu s'occuper l'esprit et les mains durant l'après-midi et rien de mieux pour elle que la cuisine.

Hermione s'installa à une place au hasard et fut immédiatement encadrée par Ron et Harry. Elle apprécia le geste, marquant ainsi leur soutien. Molly et Arthur prirent chacun place à une extrémité de la table, entourant leur famille d'un regard qui en disait long. Le repas débuta en silence. Hermione se servit d'un peu de salade et d'un morceau de viande, plus par respect pour le travail de Molly que par réelle envie. Sa gorge nouée et son angoisse lui coupaient tout appétit. Elle picora dans son assiette, constatant que ces voisins de table faisaient de même. La main de Ron vint se poser sur sa cuisse, qu'il serra affectueusement. Pour la première fois depuis longtemps, les rôles s'inversaient. Son petit-ami serait son pilier à son tour.

De longues minutes s'écoulèrent, seuls les bruits de fourchettes rompaient le lourd silence... enfin avant que Fleur n'intervienne de cette manière si particulière qui lui appartenait.

- Bon si nous abordions le sujet qui nous réunis tous ce soir, s'exclama-t-elle d'une voix aiguë. Bill et moi devons récupérer les enfants chez notre voisine dans deux heures... Déjà que ce fut difficile de les faire garder...

- Fleur, je t'en prie, pas ce soir... Murmura Bill, entourant d'un bras apaisant les minces épaules de son épouse.

L'aîné de la famille jeta un regard gêné à son père. Arthur semblait indifférent à l'intervention de sa belle-fille. Les yeux rivés sur son assiette, il ne souffla mot. Molly, de son côté, fulminait.

- Si tu ne te sens pas concernée par ce qui se passe dans cette famille, rien ne te retient chère Fleur !

- En effet, je ne me sens pas concernée par cette histoire, rétorqua la jeune femme avec virulence. Pourquoi ne pas avoir conviée que Ron et Hermione ? Après tout, c'est elle qui s'occupe de cette affaire...

- Faut-il que je te rappelle pourquoi Draco Malfoy est emprisonné à Azkaban ?

Bill renonça à s'interposer entre Fleur et sa mère. Il savait que ses protestations seraient vaines face aux caractères explosifs des deux femmes. En réalité, personne n'osa intervenir. Selon Hermione, Fleur n'aurait pas dû riposter, par égard pour ses beaux-parents. La jeune femme n'avait pas autant souffert qu'eux de la Guerre. Ses parents et sa sœur Gabrielle étaient en parfaite santé, protégés par leurs origines françaises. Les Weasley avaient trop perdus au fil des deux Guerres. Des pertes que rien ne pourrait compenser.

- Non, inutile. Son nom et la fantôme de Ginny planent sur nous en permanence...

- Très bien, dans ce cas, tu peux comprendre pourquoi j'ai estimé que sa demande de mise en liberté conditionnelle touchait tous mes enfants, Harry et Hermione compris.

- Non, je ne comprends pas... Bon sang personne ne comprend pas votre entêtement à vivre dans le passé !

Hermione leva les yeux pour guetter la réaction de ses autres belle-sœurs. Angelina se contenta de fusiller Fleur du regard, ne se sentant visiblement pas concernée par ses propos. Elle eut cependant le bon sens de ne pas réagir ouvertement. Une fois, elle s'était confiée à Hermione sur ce sujet. Selon Angelina, Molly résistait au deuil de sa fille car accepter sa mort serait pour elle une trahison. Elle conservait également un sentiment de culpabilité parce qu'elle n'avait pas su la protéger. Mais comme l'avait souligné l'ensemble de la famille, Ginny avait fait le choix de s'engager parmi la Résistance et rien, même pas les supplications de sa mère ne l'aurait fait changer d'avis. Elle voulait être active, prouver qu'elle avait son rôle à jouer dans cette bataille.

Par contre Audrey, l'amie de Percy, n'eut aucune émotion particulière. Elle ne connaissait Ginny qu'à travers les souvenirs de la famille et les nombreuses photos présentes au cœur du Terrier. Percy avait rencontré sa petite-amie deux ans après la fin de la Guerre et n'avait été présenté à ses parents que bien plus tard. Molly l'avait intégrée sans réel soucis, heureuse pour son fils, longtemps perturbé par ses égarements après sa sortie de Poudlard. Hermione avait rapidement décelé une qualité chez elle : Audrey cernait plutôt bien le caractère des gens et compris très tôt que Moly ne supportait pas la contrariété. Ainsi, elle ne se permettait pas de juger l'affliction qui lui pesait lourd sur les épaules.

- A défaut d'avoir du respect pour nous, je te demande d'en avoir pour la mémoire de mon unique fille. Le sujet est maintenant clos. A toi de voir si tu préfères rester ou partir, retrouver ta maison et tes futilités.

A la grande surprise de la jeune femme, Fleur ne bougea pas. De toute évidence, elle avait refoulé sa fierté au fond d'elle par considération pour Bill, souvent lassé de la discorde perpétuelle avec sa mère. Il la remercia d'une petit sourire confiant et Fleur parut se détendre. Elle aimait profondément Bill, Hermione n'en doutait pas. Elle supportait cependant très mal de devoir le partager avec sa belle-mère, devenue plus que possessive. Elle endurait les repas dominicaux plus qu'elle ne les appréciait et aimerait pouvoir passer plus de temps avec son mari et ses enfants les fins de semaine. Hermione l'avait bien compris depuis toutes ces années. D'autant plus que parfois, elle partageait la lassitude de Fleur. Elles se sentaient toutes deux étouffées mais Hermione le dissimulait bien mieux. Par amour pour Ron et Harry. Fleur, elle, saturait et cela pouvait tout simplement se terminer par une séparation, malgré ses sentiments pour Bill.

- Bien maintenant que le sujet est évoqué, nous pouvons librement en discuter, intervint Arthur d'une voix forte.

Toute la famille repoussa alors son assiette à peine entamée. Hermione vida son verre de vin d'une seule gorgée et manqua de s'étouffer. Elle fut tentée de se resservir un verre avant de justifier ses choix et d'expliquer sa trop brève avancée dans les investigations. Ron dût lire dans ses pensées car il prit discrètement la bouteille et lui versa l'équivalent de quelques rasades. Son regard sembla lui dire « au cas où ».

- Hermione, ma chérie, nous ne t'accusons de rien, continua Molly. Mais nous aimerions savoir comment ce dossier a-t-il pu atterrir sur ton bureau... Je veux dire, tes supérieurs connaissent forcément tes liens avec la famille... Ginny était...

Sa voix se brisa soudainement et elle étouffa un sanglot. Son visage était devenu pâle et elle ne semblait plus réussir à contenir ses émotions. Arthur se leva et vint s'asseoir au côté de son épouse. Il tenta de la réconforter, tout en lui donnant la force nécessaire pour affronter ce mauvais moment. Hermione s'en voulut de lui causer autant de peine.

- Je crois qu'Elena a justement voulu que nous affrontions nos démons à travers cette affaire, répondit-elle doucement. Elle sentait la main de Ron, toujours posée sur sa cuisse. Elle a certainement pensé que trouver une explication rationnelle au geste de Malfoy nous aiderait à faire le deuil de sa disparition...

- Ce n'est pas simplement cela Hermione et tu le sais... Il souhaite être libéré, est-ce le but de ta manœuvre finalement ?

- Du tout Molly... Il demande une mise en liberté, en aucun cas il a été admis qu'elle lui soit accordée. C'est moi, en fonction des éléments dénichés au cours de l'enquête qui vais le déterminer. Si j'estime qu'il ne la mérite pas, cela sera noté dans l'évaluation finale. Par contre, la décision définitive sera prise par le Magenmagot.

- Et selon toi c'est négociable ? Intervint Bill.

La même inquiétude animait Ron et Harry. Ils l'avaient partagé avec la jeune femme, angoissés et surtout écœurés à l'idée que le complice de Lucius Malfoy soit une nouvelle fois libre de ses gestes. Elle le comprenait parfaitement et cela rendait son travail encore plus difficile.

- Je ne peux pas le dire pour l'instant, je n'ai pas assez d'éléments, dit-elle, prudente sur l'emploi de ses mots.

- Mais aucun fait ne peut te faire douter sur ta décision, rétorqua la matriarche. Il mérite d'être emprisonné à vie, il est complice de meurtre par Merlin ! A quoi servirait Azkaban si les prisonniers étaient libérés à la demande ?

Hermione préféra taire les conditions de détention du jeune Malfoy. Visiblement, la famille Weasley ignorait que l'argent faisait parfois le bonheur, surtout à Azkaban.

- Je dois rester impartiale Molly...

- Non, tu ne peux pas, ce n'est pas possible... Tu étais son amie, tu étais présente ce jour-là quand... cela s'est passé sous tes propres yeux...

- Oui, je le sais bien, difficile de l'oublier, répliqua la jeune femme. Pour l'instant, mon travail est de comprendre son geste, j'aviserais en temps voulu...

Sa réponse ne parut pas satisfaire ses beaux-parents. Personne autour de la table n'osait prendre la parole. Hermione se sentit seule. Elle leva un regard désespéré vers Ron. Elle souhaitait avoir son soutien, maintenant.

- Molly, je suis sur que vous comprenez que la position d'Hermione est difficile, intervint finalement Harry. Elle avait le choix de refuser ce dossier mais Ron et moi l'avons encouragé. Je ne doute pas de sa culpabilité mais j'ai également besoin de réponses...

Les parents de Ron froncèrent les sourcils et Harry se mordit les lèvres.

- Etions-nous les seuls idiots à ignorer qu'Hermione se chargeait de son cas ? Demanda froidement Molly à l'ensemble de ses enfants.

Une vague d'agitation anima les convives et tous hochèrent négativement de la tête. Hermione capta le regard des jumeaux. L'expression approbatrice de leur visage la rassura. Ils estimaient que leur choix de ne pas évoquer cette affaire à leurs parents était justifié. Tous comme Ron, ils pensaient que les préserver restait la priorité. Les frères aînés ne bronchèrent pas également.

- Non, j'en ai discuté avec Ron et il a pensé que cela serait plus judicieux de ne pas l'évoquer en famille, dans le but de vous protéger, répondit Hermione d'une voix calme.

- Nous protéger ? Mais Hermione, Ron, je travaille au Ministère,vous vous doutiez bien que cette information arriverait forcément à mes oreilles ?

- Oui et en aucun, elle n'aurait dû être divulguée. J'étais tenue à une sorte de secret professionnel. Malfoy aussi d'ailleurs. Sauf qu'il a décidé de s'entretenir avec Rita Skeeter pour faire un article sensation et manifester son mécontentement. Mais là n'est pas le sujet..

- Maman, je comprends ta colère mais je voulais vous éviter une souffrance supplémentaire..., reprit Ron. Comme l'a si maladroitement Fleur, Ginny est encore trop bien présente dans cette famille.

Molly ouvrit la bouche pour protester mais son fils l'interrompit brutalement.

- Non laisse-moi finir... Ce n'est pas un reproche, tu sais combien je suis encore bouffé par toutes ces histoires, Hermione peut te le confirmer, elle le subit au quotidien... Mais j'ai pensé que c'était inutile d'en rajouter une couche, dans l'intérêt de tout le monde...Nous avons tous besoin de vivre en dehors de Ginny, tu ne crois pas ?

Cette fois-ci, sa mère ne put retenir ses larmes. Elle sanglota silencieusement sur l'épaule de son mari, qui luttait pour ne pas se laisser submerger par ses émotions. Ron se leva à son tour, attrapa sa chaise et vint s'installer aux côtés de Molly. Il prit sa main dans la sienne et la serra fort.

- Je suis désolé pour tout ça Maman, la situation nous a échappé alors que nous pensions bien faire. Mais tu ne dois pas en vouloir à Hermione. Elle fait simplement son travail et malgré ce que tu crois, elle est la mieux placée pour le faire. Harry et moi avons confiance en son jugement et Papa et toi devriez faire de même.

Hermione sentit une bouffée d'amour l'envahir. Ron assurait, au-delà même de ses espérances. Il n'était pas beaucoup intervenu mais à bon escient. Là, à cet instant, elle aurait voulu l'embrasser, devant tout le monde, faisant fi des grimaces de certains. Elle l'aimait, par Merlin, qu'elle l'aimait. Ils n'avaient plus besoin de mots d'amour pour se le dire, leur couple était au-dessus de cela, elle en était persuadée maintenant.

- Je ne t'en veux pas ma chérie, loin de là... Tu sais qu'en aucun cas nous ne serions intervenu dans tes recherches de réponse... Simplement, j'aurais aimé être tenue informée de ton choix... C'est légitime non ?

- Tes raisons et les leurs sont tout autant légitimes Maman, intervient Fred, étonnement sérieux. Même si j'aurais aimé être tenu au jus, je soutiens la décision de Ron. Elle est raisonnable et il nous a épargné quelques semaines d'apitoiement.

Ses frères approuvèrent d'un signe de tête et cela sembla apaiser Molly. Pour une fois que ses fils s'accordaient sur quelque chose, elle ne pouvait que les croire. Elle afficha un petit sourire à travers ses larmes, qu'elle essuya promptement avec un mouchoir blanc en tissu. Cependant, Hermione se doutait que cela n'était que façade. Bientôt viendraient d'autres interrogations, d'autres inquiétudes et elle espérait pouvoir y répondre au mieux. Elle avait toutes les cartes en main mais cela ne l'aidait guère. Néanmoins, la jeune femme était certaine d'une chose : vu la réaction de chacun, elle se devait de continuer les investigations et de rendre un avis final.


Le week-end se déroula sans encombres. Le dimanche, Molly les convia tous pour manger une part de gâteau en l'honneur de l'anniversaire du petit Freddy. Fleur et Molly se comportèrent comme si leur altercation n'avait jamais eu lieu. La jeune française fut amicale et Hermione pensa que cela l'avait soulagée d'exprimer un ressenti ancré en elle depuis si longtemps.

Tous les membres de la famille composèrent normalement, chacun refusant certainement qu'un Malfoy interfère de nouveau dans leur vie. La jeune femme apprécia cette sérénité même si elle se doutait que cela ne durerait pas. Viendrait le moment où elle rendrait son évaluation et elle sentait d'avance la pression qui pèserait sur ses épaules décidément trop fragiles. Elle préféra ne pas trop y songer pour l'instant, profitant des moments que lui présentait la vie. Elle appréciait que celle-ci soit réglée comme elle le souhaitait, faisant ainsi naître les différents rituels qui jalonnaient ses journées. Mais parfois, elle aimait être surprise. Ces derniers temps, ces surprises provenaient de Ron et elle ne pouvait que plus les choyer.

Le lundi arriva trop rapidement, amenant avec lui le rendez-vous à Ste Limande prévu l'après-midi. Malgré ce qu'Hermione prévoyait, l'entretien lui avait complètement échappé durant les deux jours précédents. Elle s'était promis d'y réfléchir mais au vu des événements du vendredi, elle avait fait le choix ne plus y penser. Elle improviserait en fonction des réactions de son interlocutrice. Il se pouvait que Narcissa ne lui apporte rien, étant donné son état psychique mais elle souhaitait tout de même essayer. Si Narcissa réagissait bien au stimulus qu'était son fils, elle pourrait être une mine d'informations importante. Hermione voulait y croire et sur ce point-là, elle pouvait compter sur Elena.

Un mot de sa part et une enveloppe l'attendaient sur son bureau. La jeune femme déchiffra sans difficulté son écriture violette légèrement infantile.

Tu trouveras dans cette enveloppe quelques éléments qui pourront certainement t'aider dans ton entretien avec Narcissa. Ils proviennent du dossier Malfoy.

Hermione posa la lettre et décacheta le paquet avec curiosité. Plusieurs photos animées façon Sorcière lui tombèrent dans les mains. Elles avaient toutes un point commun : elles représentaient un Draco Malfoy enfant. Elle en prit une au hasard. A son verso était inscrit le nom du jeune homme, ainsi que l'année concernée. Des cheveux blonds tombaient sur un visage aux traits étonnement fins pour un enfant de 5 ans. Ses yeux gris rieurs la dardaient et elle fut troublée par leur expression. La photo représentait un petit garçon épanoui, loin de l'image que Draco leur avait renvoyé à leur entrée à Poudlard. Hermione eut la surprise de penser qu'elle aurait aimé connaître ce garçonnet, certainement plus intéressant que l'homme qu'il était devenu.

Elle regarda les autres photos, qui couvraient l'enfance de Malfoy. Sur certaines d'entre-elles, il posait avec Narcissa, toute aussi radieuse. Lucius n'apparaissait nul part. Quand leur vie avait-elle basculer dans l'asservissement d'un monstre et l'horreur de la Guerre ? Avant son entrée à Poudlard et les prémices du retour de Voldemort, le jeune Draco semblait heureux. Lucius était-il seul responsable de la déchéance de sa famille ? Avait-il eu connaissance de ces photos et du bonheur de ses proches ? Cela ne pouvait pas être des sourires de façade, Hermione en était persuadée. Malfoy avait certainement eu une enfance heureuse, bien plus que son adolescence et son début de vie d'adulte.

La jeune femme rangea les clichés dans leur enveloppe. Évoquer ces souvenirs avec Narcissa ne pouvait que lui apporter un second souffle. Cette fois-ci, elle y croyait vraiment.