Bonjour tout le monde, me voilà avec le nouveau chapitre de Teenage Love, le dixième !
Je tenais d'ailleurs à vous préciser que nous sommes à 2 pages de la 100ème sur mon fichier Word ! Bientôt, cette fiction atteindra la taille d'un petit roman !

Aujourd'hui, chapitre sur la Perfect Pair ! Oishi va-t-il enfin recevoir des explications dignes de ce nom ? À voir dans ce chapitre !

Je vais à présent répondre aux commentaire :

Youki Minaco:

Hello sweetie! Thank you for the review!

Je suis contente de savoir que tu as apprécié le précédent chapitre ! Je sais, comme tu l'as précisé, les scènes tristes se multiplient, mais malheureusement je suis obligée de les écrire pour faire avancer cette histoire ! D'ailleurs, je suis vraiment heureuse de voir que tu as souligné les passages qui me semblaient les plus important dans ce chapitre ! Même si ils étaient tristes, le fait que tu puisses ressentir quelque chose en les lisant me fait plaisir, ça me motive à travailler de plus belles l'expression des sentiments des personnages !
Je te laisse à présent lire le chapitre sur la Perfect Pair!

Thank you to be there since the beginning. Take care Youki!

Akadream :

Déjà merci énormément pour ton avis, et pour avoir aimé ce chapitre !

Je vois que tu as bien cerner le caractère de Seiichi dans cette histoire et ça me fait super plaisir !: Oui, ça le tue de devoir retourner chez lui mais sa petite soeur compte beaucoup ; il n'a jamais eu l'affection de sa mère et comme cette dernière semble être attachée à sa petite soeur il veut que la jeune fille vive une vie de famille normale. Cependant comme tu l'as constaté, il déteste son quartier, il hait les démonstrations de richesse (d'où la petite scène du restaurant avec Atobe dans les chapitres précédents) et plus que tout, il déteste vivre avec sa mère. Oui, tu t'en inquiètes mais effectivement, il ne peut empêcher le Syndrôme de se manifester. L'angoisse a en quelques sortes accélérer le destin. Sa mère... est cruelle, mais du genre, un gouffre sans fond. Elle ne ressent aucune affection pour Seiichi et même pire, elle le hait. Ça se voit avec ce qu'elle a fait à sa chambre, mais enfin, son comportement sera mieux expliqué dans les chapitres à venir, c'est une femme compliquée de compréhension. (mais sinon, oui elle a vraiment tout jeté.)

Merci pour la description de Seiichi qui se remémore ses objets ! Je ne savais pas trop comment présenter ça pour que ça soit fort sans tomber dans l'exagération non plus (sinon ce n'est pas crédible haha)3

Sanada s'est beaucoup retenu dans ce chapitre. Si je l'avais écrit de son point de vu, je peux t'assurer qu'il aurait été en train de bouillir de l'intérieur. Cependant c'est un garçon censé (un peu comme Tezuka) il ne va pas frapper une adulte, surtout qu'elle semble dangereuse et prête à tout pour faire du mal. Seulement comme tu l'as bien vu, il n'a pas pu s'empêcher de lui dire quelque chose en partant (Le côté protecteur de Sanada.) Le "Chez nous" est en effet hyper impotant, je suis contente que ça t'ais fais de l'effet ! :'(

Et sinon, La mère de Sanada c'est mon héroïne ah ah ! Dans ma tête je l'imagine profondément aimante mais pas pour autant couveuse ; dans le sens où elle demeure tout de même juste. Si il faut punir, elle punit, et si il faut bousculer les gens pour les faire redescendre sur Terre, elle le fera sans problème. Aaah je suis contente pour Renji, merci de penser qu'il réagirait ainsi ça me fait plaisir ! Et sinon, yup' tu verras dans les prochains chapitres ce qu'il en est face à la perspicacité de Yanagi ou la décision de Yukimura quant à arrêter de parler à Atobe. Encore merci !

À très vite Aka' !

KaminariYuuki (Je suppose que c'est toi, le "guest" ?) :

Coucou ! Ne t'inquiètes pas pour le chapitre de retard, ah, ah! Je suis contente de voir que tu as commenté ! Merci beaucoup pour ton avis !

Je te remercie pour le passage Atobe/Oshitari ! Je suis super contente de savoir qu'il peut plaire, et tu sembles cerner la complexité d'Atobe dans cette histoire, ce qui me réjouit beaucoup !

(Tant de haine envers la mère de Yukimura ahahhaha! Tu auras encore beaucoup de choses à dire sur elle par la suite !)

Pour ce qui est de Tezuka et Fuji, effectivement leur relation évolue ! Oishi est très présent dans ce chapitre, tu vas avoir certaines explication ci-dessous !

Merci beaucoup pour la relation Akaya/Renji ! Tu verras effectivement leur relation se développer dans la suite de cette histoire, sois un peu patiente d'ici-là !

Ahahaha, tu verras bien si Seiichi se détâche d'Atobe :p

Sinon, pour le chapitre 9, malheureusement, la mère de Yukimura peut s'avérer être encore plus cruelle que ça... J'espère que tu trouveras intéressantes les prochaines informations la concernant, et que l'intrigue Alpha Pair va continuer à te plaire !

J'espère te revoir très vite ! Prends soin de toi d'ici là !

Et voilà, je vous laisse à présent avec ce dixième chapitre. Il y a beaucoup de point de vu Fuji, celui de Tezuka ne sert qu'à apporter de petits détails (importants, tout de même.) On se retrouve donc plus bas ! Bonne lecture !


Je passe mes mains dans mes cheveux afin de réorganiser leur position, mais lorsque mes paumes retombent lourdement contre mes hanches et que le reflet de mon miroir rencontre mon regard, je lâche un soupir incontrôlé.
Les mèches caramelles semblent être dotées d'une volonté propre ce matin, se tortillant dans des angles inédits autour de mon crâne, rejetant l'image d'une coupe négligée.
Avisant l'heure, je décide d'abandonner l'idée de me coiffer, sortant de la salle de bain en trombe avant de dévaler les escaliers. Je débouche par la suite dans le hall, où j'enfile un large blouson après avoir mis mes chaussures.

C'est à ce moment précis que ma soeur m'interpelle :

- Syusuke…? Tu pars déjà à l'école ?
- Hm ? Oui, j'y vais, là.

Elle se présente alors face à moi, me rejoignant près de la porte d'entrée. Ses yeux m'intiment une certaine suspicion, et l'idée se confirme lorsqu'elle demande :

- Dis-moi, depuis plusieurs jours tu pars beaucoup plus tôt, tu es sûr que tu vas directement à l'école, Syusuke..?

Evidemment, je m'attendais à ce que ma famille s'inquiète. Si ma soeur avait posé la question une semaine auparavant, j'aurais sûrement paniqué. Mais ce n'est plus le cas à présent. J'ai décidé d'assumer mes choix, d'arrêter de toujours vouloir cacher la moindre de mes actions à qui que ce soit. Évidemment, à l'école, je resterais le même, mais au moins à la maison, j'aimerais pouvoir me sentir parfaitement à l'aise.
Alors, c'est dans un calme olympien que je réponds :

- C'est parce que je rejoins Tezuka chez lui.

Yumiko semble perplexe un instant, sûrement en train de s'imaginer des tas de raisons pour lesquelles je ferais ce trajet tous les matins. Puis, fatalement, elle finit par me dire :

- Ce n'était pas lui qui venait d'habitude ?
- Oui, mais je voulais changer un peu le quotidien. Et puis me lever plus tôt me fait du bien. Bon, je te laisse à ce soir !

Elle semble vouloir continuer notre conversation mais je suis déjà partie, l'air matinal décoiffant mes cheveux de plus belles.
Je m'enfonce alors dans les rues de la ville, appréciant les premiers reflets du soleil contre les pierres des édifices et le goudron des routes…
Depuis le procès, j'ai l'impression d'avoir franchi une nouvelle étape dans ma relation avec Tezuka, comme si j'avais abattu l'un de ses nombreux murs de protection.
C'est étrange, mais me savoir utile me rend heureux ; quand je le vois chercher mon regard pendant la pratique, préférer ma compagnie durant le déjeuner plutôt que celle d'Oishi, ou encore lorsqu'il m'offre l'un de ses sourires presque imperceptibles… Oui, dans ces moments-là, mon coeur se serre jusqu'à en couper mon souffle. Je ne veux pas me bercer d'illusions, mais petit à petit, je crois que Tezuka se rapproche de moi, fait un pas de plus vers ma personne. Il serait stupide de crier victoire trop tôt, d'assurer que la nature de ses sentiments à mon égard est en train de changer, mais en tout cas, le penser me rend euphorique, et je tente de maintenir une contenance en gardant les pieds sur Terre ; pour l'instant, Tezuka n'est pas dans son état normal, il a été fragilisé par l'accident, je dois donc d'abord m'assurer qu'il s'en remette avant de souhaiter qu'il m'aime en retour.

En réalité, je sais que je ne veux pas penser comme ça, que j'ai envie d'être égoïste… Mais ce n'est pas raisonnable. Je me suis juré que je serai entièrement disponible pour lui, alors je dois agir ainsi.

De ce fait, comme tous les matins depuis le jour où je me suis rendu compte de ses blessures, je bifurque au bout de la rue, m'enfonce encore un peu dans une autre, avant d'arriver d'un pas tranquille dans le quartier où habite la famille Tezuka.

Cependant ce jour-là, je ne suis pas seul.

Devant le portail clos, j'aperçois la silhouette du gentil vice-capitaine de Seigaku. Sur son épaule, je distingue son sac de tennis, et dans ses émeraudes, une lueur inquiète.
À pas de loups, je me rapproche, une certaine appréhension me saisissant à la gorge. Tout en continuant ma marche, je tente de déglutir pour détendre mes muscles, mais rapidement, Oishi remarque ma présence.

Ses yeux se font alors beaucoup plus colériques.

- Yo. Tentais-je d'une voix calme et sympathique.
- Je peux savoir ce que tu fais ici Fuji ? Questionne aussitôt le vice-capitaine d'un ton méfiant.

Tout en me plantant devant le portail, je jette d'abord un coup d'oeil furtif jusqu'à la fenêtre de la chambre de Tezuka, puis fixe mes iris dans les émeraudes en face de moi.

- J'attends notre capitaine afin de marcher jusqu'au collège en sa compagnie.
- Oh, et d'où te viens cette nouvelle passion ?

Décidément, le côté maternant d'Oishi peut parfois s'avérer très gênant. Cependant, je comprends sa réaction ; connaissant Tezuka, il a dû refuser, inlassablement, de lui céder la nature de son mal être, ravivant toujours un peu plus la curiosité du vice-capitaine, qui s'est aperçu de notre soudaine proximité, à Tezuka et moi-même…

- Tu peux répondre s'il-te-plaît ? Reprend soudainement le vice-capitaine d'un ton piqué.

Un soupir s'échappe de mes lèvres, et il fronce les sourcils. Toujours aussi calmement je réponds alors :

- Ça fait deux ans maintenant que nous allons jusqu'au collège ensemble, ne sois pas aussi choqué.

J'aperçois ses poings se serrer, retenant un accès de colère que je ne comprends pas. Sa voix est sifflante lorsqu'il déclare :

- Tu sais très bien de quoi je veux parler Fuji.

Mes yeux s'ouvrent complètement, l'océan attaquant rageusement l'éclat des émeraudes me faisant face. Je voulais garder une contenance, mais je n'arrive plus à comprendre ses accusations. Je ne sais pas ce qu'il pense de moi actuellement, toutefois je suis certain que cela doit être de très mauvaises choses. Je ne supporterai pas un instant de plus le fait qu'il croit que je sois coupable du malaise de Tezuka.

- Non, Oishi, je ne vois absolument pas de quoi tu parles, et j'aimerais bien comprendre, ton comportement est étrange depuis quelques jours.

Ses poignets tremblent à présent, il est sûrement en train de retenir au maximum l'étendue de sa fureur.

- Je suis étrange ? Moi ? Ne dis pas n'importe quoi, je ne suis pas stupide ! Tezuka m'évite ! Il ne mange plus avec moi, esquive ma main lorsque je tente de serrer ses épaules, et quand j'essaie de me rapprocher de nouveau de lui, qui vois-je à ses côtés ? Toi.

C'est à mon tour de serrer les poings. Malgré ma décision, celle de me consacrer entièrement à Tezuka, je constate avec amertume que des répercussions ont lieu tout autour de moi. Malencontreusement, je ne suis pas le seul à observer le capitaine de Seigaku, d'autres se rendent compte de son changement d'attitude, et croire que je serais le seul à vouloir l'aider et le comprendre était une énorme erreur de ma part. Maintenant, je dois certainement passer pour un manipulateur, pire encore, pour la cause du trouble de Tezuka.
En essayant de reprendre mon calme, coupable, je réponds :

- Ecoute Oishi, je suis désolé de son comportement, mais je ne peux pas te dire pourquoi il agit ainsi. Tezuka est mon ami ; si il veut passer du temps avec moi, je ne vais pas le refuser.

La phrase semble détruire le dernier rempart jusqu'à sa rage, et c'est d'une main forte qu'il empoigne le col de ma veste, tirant dessus avec assez de puissance pour que je me retrouve sur la pointe des pieds.
Aussitôt, une détresse s'empare de moi. Je déteste la violence. Je hais ça du plus profond de mon être, moi qui évite toujours les conflits, sourit pour fuir les problèmes.
Alors qu'il agisse d'une façon aussi agressive, ça me fait perdre tous mes moyens.
Fermement, mes yeux se clos, rejetant la réalité. J'essaie de me préparer à la douleur d'une gifle, d'un coup de pied, d'un coup de poing… Mais soudain je sens un bras étranger entourer ma taille. Surpris, je papillonne des yeux, puis bascule légèrement en arrière, contre un torse fort.

Oishi devant moi relâche sa prise, éberlué.

- T-Tezuka..?! S'exclame-t-il
- Qu'est-ce que tu tentais de faire, Oishi ? Questionne la voix grave derrière moi, glaciale.

Suis-je réellement dans les bras de Tezuka ?
Comme si la pensée était parvenue jusqu'à lui, sa main se resserre contre mon estomac dans un geste protecteur, rapprochant de plus belles mon dos contre son torse. La surprise m'habite soudain. Est-il à présent capable de contact physique …? Comment se fait-il qu'il se soit interposé entre nous sans aucune hésitation ?
Mais la voix d'Oishi, balbutiante, coupe le flot de mes pensées :

- J-je… Il…

Un court silence s'installe, rapidement brisé par le ton piquant du capitaine de Seigaku, qui assène :

- Qu'est-ce qui peut justifier un acte de violence, Oishi ?

Sa main se crispe à présent, et je comprends soudain sa froideur à l'égard du vice-capitaine.
Tezuka, comme moi, a toujours rejeté la violence, il l'exècre. Car, tout au long de son enfance et de sa pré-adolescence, il a dû vivre cette violence, que ça soit par rapport à sa blessure au coude, ou plus récemment, à cause de l'accident brisant sa famille. C'est pourquoi il ressent ce besoin incontrôlable d'arrêter Oishi, de me protéger, moi qui suis actuellement victime.

Le vice-capitaine, toujours face à moi, secoue sa tête de droite à gauche dans un geste désespéré. J'ai l'impression qu'il cherche ses mots, qu'il souhaite avouer une pensé pesante. Puis soudain, ses émeraudes s'orientent au-dessus de ma tête, sûrement à la recherche des prunelles de Tezuka. Il y a un silence, électrique, avant qu'enfin la voix admet avec détresse :

- T-Tu… Depuis quelques temps tu es vraiment bizarre Tezuka ! J'ai essayé de te parler pour comprendre ce qu'il se passe, mais tu as toujours évité le sujet ! Pire encore tu m'as évité, moi ! Nous sommes amis depuis trois ans maintenant, pourquoi tu me caches tes problèmes ?! Pourquoi tu m'évites et te retourne toujours vers lui ! (Son doigt me pointe dans une accusation) En quoi est-il concerné lui et pas moi ?! ( Ses épaules tremblent légèrement, ses pupilles se voilent de larmes) Ne me fais pas passer pour le méchant dans toute cette histoire, Tezuka ! Sois honnête envers tes amis !

Sa tête s'abaisse, cachant ses pleurs. Une culpabilité me tiraille à cet instant… Il y a presque deux semaines, j'étais dans la même situation, quémandant une explication, suppliant Tezuka de me faire confiance.
Il y a quelques jours à peine, je voulais également connaître dans mon tourment les secrets qu'il cachait à son équipe.

J'étais si pitoyable que je me suis oublié, sous la neige.

Mes doigts se posent avec douceur contre la main de Tezuka. Aussitôt, ses muscles se détendent, et j'en profite pour me détacher de sa prise, faisant volte-face afin de croiser son regard.
Les noisettes semblent fermées à toute discussion, toutefois, je tire gentiment sur son blouson afin qu'il baisse sa tête en direction de la mienne. Contre toute attente, il s'exécute, et je profite de notre intimité pour raisonner paisiblement :

- Tezuka… Ne sois pas aussi rude envers Oishi, il se fait énormément de souci pour toi.

Les pleurs derrière moi semblent s'étouffer brusquement ; je devine la surprise du vice-capitaine face à mon parti pris.

- Fuji… Souffle Tezuka avec incompréhension.

Je tente de lui offrir le plus rassurant de mes sourires, lorsque je continue :

- Tu as fini par comprendre pourquoi j'étais inquiet, fais de même avec lui je te prie.

Le reflet de ses lunettes ne m'atteint pas. Tout ce dont je suis capable de voir, ce sont les nuances d'ambre tourbillonnantes dans la couleur noisette de ses iris. Notre contact visuel semble durer une éternité, durant laquelle j'ai l'impression d'enfin comprendre ses pensées, ses sentiments, ses doutes et ses peurs… Comme si j'avais finalement trouvé le tunnel menant jusqu'au vrai Tezuka, sa nature cachée se révélant sans aucune pudeur dans son regard. Je me sens ému par l'instant, et alors que je m'apprête à le raisonner de nouveau, il s'éloigne soudain de moi.
Ses pieds l'amènent jusqu'à la silhouette tremblante d'Oishi, qui continue de pleurer. Alors, d'un geste apaisant, il pose sa large paume contre l'épaule du vice-capitaine, qui finit par relever la tête, surpris.

Parmis ses larmes, il semble saisir le calme des prunelles de Tezuka, qui se consente à lui accorder d'un ton assuré :

- Oishi, marchons jusqu'au collège tous les trois. J'ai quelque chose à te dire.

Encore un peu sonné, le gentil vice-capitaine essuie lentement ses pleurs, avant de s'élancer en direction Seigaku, entre mes pas et ceux de Tezuka.

Tout au long de notre marche, je suis resté silencieux. J'ai observé le capitaine de Seigaku s'ouvrir à son ami, dévoilant l'accident et mon rôle après que cette péripétie ait eu lieu. Lorsqu'il avoua à Oishi que j'étais "très important" pour lui, je sentis le regard interrogateur de ce dernier sur moi, et je dus détourner les yeux de gêne. Cependant, par la suite, plus le flot de paroles fuyaient jusqu'à mes oreilles, plus je sentais une fierté naître dans mon coeur. Tezuka assume les événements passés. Il se reconstruit avec rapidité, redevient le capitaine imperturbable de Seigaku.

En faisant confiance à Oishi, il retrouve ses repères, remonte à la surface alors qu'il semblait être noyé dans sa douleur.

Puis, sans que je m'en rende compte, nous pénétrons sur les terrains de Seigaku. La conversation entre Tezuka et son vice-capitaine se termine, et rapidement le capitaine reprend de ses fonctions.
Impassible, il ordonne :

- Que tout le monde ici présent se dépêche de se changer ; nous commençons la pratique dans cinq minutes !

Et lorsque je pénètre dans les vestiaires, obéissant, je ressens le poids du regard d'Oishi dans mon dos.

Je comprends qu'il a encore beaucoup de choses à me dire.

OoO

Aux yeux des titulaires et des membres du club de tennis, je suis sûrement le même capitaine que les jours précédents, surveillant le dos droit et les bras croisés le déroulement de la pratique.
Cependant, ils ont tort. Malgré toute la concentration que je tente d'employer, je ne parviens pas à m'intéresser aux prouesses sportives des joueurs. Mon regard ne quitte pas les déplacements de Fuji, sa façon de se mouvoir pendant l'entraînement paraissant captiver instinctivement mes prunelles.

Je ne comprends pas très bien ce qu'il se passe à l'intérieur de moi depuis le procès, mais parfois, dans des situations où je suis habituellement maître de moi-même, où ma concentration est telle qu'elle me coupe du reste du monde... je me retrouve à observer Fuji, à penser à lui. Impossible alors de combattre mes émotions, de redevenir sérieux, et ce lâcher prise inédit me trouble intensément.
Jamais encore je n'avais rêvassé en classe jusqu'à me perdre dans les paroles de mes professeurs. Jamais encore je n'avais autant apprécié observer quelqu'un en silence.

Jamais encore je n'étais aussi distrait durant la pratique.

Fuji frappe la balle avec nonchalance et ses cheveux déjà décoiffés s'ébouriffent dans une bourrasque de vent. Le mouvement gracile des mèches caramelles m'envoûte par surprise, et je sens mon coeur se serrer à la réalisation. Depuis quand exactement trouvais-je sa silhouette énigmatique aussi fascinante ?

Essayant de lutter contre la direction de mon regard, je papillonne alors rapidement des yeux, tournant la tête à l'opposé du génie afin d'observer quelqu'un d'autre.
Mes iris se dirigent alors vers Oishi, perfectionnant son double en compagnie de Kikumaru, toujours aussi gaie.

Mes pensées se mettent soudain à divaguer, repensant à la conversation que nous avons eu sur le chemin. Une nouvelle fois, ma fierté et la honte que je ressentais face à ma faiblesse m'empêchaient de me dévoiler, et fatalement, si Fuji ne m'avait pas poussé à lui parler, je sais que j'aurai continué à éviter la confrontation. Cependant, en m'ouvrant à Oishi, j'ai enfin compris que ce que j'éprouve n'est pas de la faiblesse, et que, manifestement, se mettre à nu devant ses amis peut devenir une source de puissance. Aussi, actuellement, je me sens apaisé. J'ai la sincère impression d'avoir bien agi, comme si à présent, maintenant que mes deux amis les plus proches sont au courant de mon malaise, je peux de nouveau remonter la pente.

Kikumaru se courbe dans une acrobatie, renvoyant dans un angle incroyable la balle tourbillonnante, marquant le point. L'action me remet aussitôt les pieds sur Terre, et je m'attèle de nouveau à suivre la pratique assidûment du regard, observant les différents coups de raquette des titulaires.

Le reste de l'entraînement se déroule alors sans embûche, bien qu'Inui, après le relâchement de Momoshiro, a souhaité lui faire avaler l'une de ses nombreuses boissons...douteuses. Malgré cet incident, je suis satisfait, l'équipe progresse à l'approche des nouvelles compétitions, dont la première débutera dans quelques semaines environ.

À présent, je distingue les derniers premières années déposer l'équipement de notre club aux vestiaires, tandis qu'au loin deux silhouettes saisissent mon attention. Elles marchent l'une à côté de l'autre, sans pour autant sembler en proximité physique. Si j'en crois mon regard, une discussion a lieu, apparemment très importante.

Ces deux silhouettes sont celles de Fuji et Oishi.

OoO

Ses iris se posent mille et une question, je le sais, je le vois.
Il doit certainement se demander comment j'ai réussi à franchir la façade de Tezuka, et surtout, pourquoi je l'ai fais. Honnêtement, j'ai peur de la conversation à venir ; je ne veux pas avouer à Oishi que je suis amoureux de mon capitaine et ami, mais décidément, nous devons nous entretenir sur ce qu'il s'est passé plus tôt ce matin.

À la pensée, je croise alors le regard d'émeraudes. Tout en continuant sa marche, j'aperçois alors l'air résolu d'Oishi, qui finit par commencer d'une voix calme :

- Tu sais, je ne voulais pas agir de cette façon tout à l'heure.
- Je sais, Souris-je tendrement, Ce n'est pas grave.

Ses lèvres s'étirent dans une grimace approximative, mais je ne fais aucun commentaire. Pénétrant tous les deux dans l'établissement d'études, Oishi reprend alors :

- Toutefois, même si je suis désolé, et que je te remercie d'avoir influencé Tezuka à me parler… Il y a certaines choses que je ne comprends toujours pas.

Je garde le silence, attendant le développement de sa pensée avec une certaine anxiété.
Malgré ce que les gens peuvent penser d'Oishi, il est un jeune garçon très perspicace. Sa grande sensibilité et son affection profonde envers ses amis l'aident souvent à découvrir des secrets inavouables, et actuellement, j'ai peur de devenir la prochaine victime de son instinct à toute épreuve.

Escaladant un escalier d'un pas lent, il continue alors :

- Je connais très bien Tezuka. Je le connais aussi bien que toi. Il est très fier, et il a beaucoup de mal à s'ouvrir aux autres. Evidemment, quand je dis ça, je parle du fait de dévoiler ses sentiments, pas forcément d'entamer une discussion avec autrui. (Il soupire, las) J'en suis conscient Fuji, lorsqu'il est avec toi, il est différent. Quand il te regarde, il y a quelque chose d'inhabituel qui s'anime dans ses yeux…

Je déglutis discrètement. Là, c'est certain, je retiens férocement ma panique. La conversation s'oriente sur une voie qui est très dangereuse pour moi. Je garde le silence, comme pour laisser à Oishi le temps de bien organiser sa pensée, ses futures paroles, mais en réalité, c'est moi qui ai besoin de temps. J'essaie d'en gagner en gardant le silence, car ainsi, je suis capable de mieux appréhender mes réactions et mes réponses. Néanmoins, le vice-capitaine reprend déjà de sa voix calme :

- … Je ne veux pas paraître intrusif, mais comprends-moi Fuji ; Tezuka me cache beaucoup de choses depuis plusieurs semaines, j'aimerais être au courant de tout ce qu'il se passe entre vous pour être parfaitement soulagé…

Nous nous enfonçons dans un couloir, avant d'arrêter notre marche dans un endroit reculé de l'école, à l'abri de toute oreille attentive. Lentement, je laisse mon dos basculer vers l'arrière, s'appuyant contre un mur, tandis qu'Oishi lui, garde une stature droite, assurée. Se plantant devant moi, il sonde mon regard un instant, comme pour y vérifier un détail, avant de terminer sa déclaration posément :

- … Je t'avoue que l'idée me semble saugrenue, mais maintenant qu'il m'a dévoilé la raison de son malaise, ce que je pense de votre relation a soudainement changé. (Il marque une pause, s'assurant ainsi que je n'ai rien à ajouter) Oui, Fuji… C'est un peu étrange ce que je vais t'annoncer, d'ailleurs, je ne pensais pas un jour penser ça de Tezuka mais… Dis-moi, Fuji…

Ses yeux se verrouillent avec force dans les miens lorsqu'il conclut :

- … Tezuka ne serait-il pas amoureux de toi ?


Tadadam! Fin de ce chapitre que je surnomme "Sherlock Oishi" ah, ah, ah !

J'espère qu'il vous plaît... Actuellement en parallèle, je travaille sur un OS Kinky Pair (Renji/Akaya), il risque d'être plus long que mes écrits habituels, mais j'espère que ça vous intéressera ! Aussi, si vous aimez l'Alpha Pair, j'ai publié cette semaine un OS ; "Le Retour de l'Empereur". Si ça vous intéresse, jetez un oeil à mon profil !

Quant à ce chapitre, n'hésitez pas à me donner votre avis en commentaire. Je suis contente de continuer cette aventure avec vous, et si vous êtes nouveaux et que vous voulez dire quelque chose à propos de cette histoire, n'ayez crainte, je suis toujours contente de lire les avis de tout le monde !

On se retrouve la semaine prochaine avec l'intrigue Atobe/Trio. D'ici là, prenez soin de vous et à très vite !