Hello tout le monde!
Je suis en déplacement pour quelques jours, mais vous êtes mes petits lecteurs/lectrices adorés et comme je vous aime, je vous offre ce nouveau chapitre!
Je m'excuse par avance pour l'humour pourri en plein milieu de ce chapitre déprimant. Mais j'ai pas pu m'en empêcher, et on dit qu'il ne faut pas réfreiner les envies, alors... ^^"
Désolée pour ceux et celles qui suivent TVPLM, elle n'est pas abandonnée, mais j'ai eu des soucis d'écriture avec récemment et je souhaite publier quelque chose de qualité, vous me pardonnerez bien! :D D'ici la rentrée, ça devrait recommencer normalement... (on espère!)
En tout cas, je vous souhaite un bel été! Moi, j'ai fini mon mémoire, youpi! (On croise les doigts pour que ça soit accepté!)
Bon, j'arrête mon babillage, bonne lecture!
-X-
- J'ai quelque chose à te dire. Je vais t'aider à réinsérer la communauté sorcière.
Drago cligna des yeux, peu sûr d'avoir totalement compris le sens de ces paroles.
- Pardon ? dit-il en tremblant.
Il serrait contre lui son bras bandé, en essayant de capter le regard d'Hermione, même s'il savait pertinemment qu'il ne la voyait pas. Il sentit la jeune femme inspirer profondément. Peut-être même avait-elle les yeux fermés. Il l'imaginait, à genoux, les mains sur les cuisses, paupières baissées, s'apprêtant à reformuler ce qu'il avait cru entendre et qu'il ne pouvait encore croire.
- Je vais te réhabiliter. Du moins, je t'y aiderai.
Elle avait un ton déterminé, mais sa lèvre inférieure tremblotait légèrement.
- Pourquoi ? souffla Drago, encore ébahi de cette déclaration.
Hermione déglutit, et releva ses yeux noisette vers son invité. Avec cette moue décontenancée, il avait l'air on-ne-pouvait-plus pitoyable : un vrai chien des rues. Mais à la question de Drago, elle préféra ne pas répondre.
- Parce que tu le mérites, non ? éluda-t-elle en se relevant et en époussetant sa robe de sorcier.
Le jeune homme ne répondit pas tout de suite. Il sentit la main d'Hermione qui pressait son épaule et s'en empara pour l'aider à se relever à son tour. Non. Elle ne faisait pas ça pour ça. Il en était convaincu. Le ton perçu dans sa voix n'était pas sincère. Il fronça les sourcils.
Hermione s'activait devant ses plaques de cuisson. Elle avait rangé la mallette de pharmacie d'un coup de baguette magique et épluchait maladroitement des courgettes.
- J'espère que tu aimes les courgettes au four…, commenta la jeune fille d'un ton qui se voulait enjoué.
- Dis-moi la vérité, Granger, articula Drago d'une voix lente et qui ne souffrait aucun refus.
Hermione perdit son sourire et arrêta de découper ses courgettes. Elle se retourna lentement vers le jeune blond qui la toisait sans la voir. Elle déglutit difficilement.
- Dis-moi pourquoi.
Son ton était presque suppliant. Hermione baissa les yeux : pourquoi elle voulait l'aider ? Parce qu'elle se sentait coupable. Mais pouvait-elle seulement lui expliquer ça sans lui expliquer tout le reste ? Elle ne risquait pas grand-chose : il n'avait plus de baguette, et il était aveugle. Qu'est-ce qu'il pourrait bien lui faire ? Non, ce n'était parce qu'elle avait peur de lui qu'elle hésitait à lui raconter les véritables raisons. Non. C'était par honte. Elle avait honte de ce qu'elle avait demandé, et même si ça ne s'était jamais produit, elle avait quand même honte d'avoir demandé ça. Elle aurait pu se cacher derrière le fait que ce n'était pas de sa faute : après tout, il avait fini dans la rue en perdant la vue et tout ça tout seul, non ? Mais elle se sentait fautive quand même. Si personne n'était allé à sa poursuite, elle en était aussi responsable. Elle soupira gravement.
- Une aide sera toujours apportée à ceux qui la demandent.
Drago tiqua.
- C'est la devise de Poudlard.
Il ne voyait pas en quoi ça éclairait les choses.
- C'est la mienne aussi, répondit Hermione d'un ton sérieux.
Drago n'y tint plus : il commençait à comprendre. Il émit une interjection de mépris. Alors, c'était ça ? Juste ça ?
- Bien sûr…
Hermione se raidit, attendant le verdict avec appréhension.
- Sainte-Granger…, cracha-t-il avec animosité, comme un venin qu'on distille lentement dans une morsure. L'amie des démunis et des causes désespérées. En me voyant, ce n'est pas étonnant que tu veuilles m'ajouter à ta collection.
Hermione ne s'était pas attendue à ce qu'il fasse cette conclusion, mais elle était préférable à la triste vérité et elle se garda bien de répondre : après tout, c'était mieux ainsi.
- Je ne t'ai jamais demandé de m'aider… Granger, jamais !
Drago s'affala sur un fauteuil à sa portée, la tête dans les mains et sanglotant entre ses doigts. Il avait l'air profondément meurtri. Son cœur était lourd, sur le point d'éclater. Il aurait voulu ne plus penser. Il se sentait misérable. Il aurait voulu ne jamais recroiser le chemin de cette fille qu'il avait jadis aimée et qui le voyait aussi minable. Cette fille trop bien pour lui qui à présent voulait endosser son malheur comme elle l'avait fait pour les elfes de maison et comme elle le ferait avec n'importe quel animal abandonné, pourvu qu'il soit laid, infirme et délaissé.
- Mais pourquoi ? s'insurgea-t-il d'une voix brisée. Pourquoi tu t'obstines à toujours vouloir sauver des cas désespérés ? Tu ne peux pas me laisser dans mon malheur ? Je ne t'ai rien demandé. Que veux-tu de moi ? Qu'attends-tu ? Je n'ai rien à t'offrir. Je n'ai plus rien ! Plus rien, tu entends ? Ils ont tout pris. Ils m'ont tout pris ! Ils m'ont pris même jusqu'à mes yeux !
Il avait hurlé. Il se sentait profondément nul. Comment avait-il pu tomber si bas ? Lui qui n'avait jamais supplié auparavant, voilà qu'il était tombé plus bas qu'un moldu. Plus bas que terre.
Sa tristesse atteint Hermione en plein cœur. Pourquoi ? Pour sauver sa rédemption, aurait-elle voulu dire. Pour qu'elle aussi, soit libérée de ce fardeau qu'elle traînait depuis des années. Mais bien plus que ce qui lui attribuait comme motifs, la jeune fille fut attirée par les dernières phrases qu'il avait prononcées. « Ils ont tout pris ? » Qui ça, ils ? Comment ça ? Ne s'est-il pas affligé ça tout seul ? Le doute envahit l'esprit d'Hermione alors qu'elle peinait à recoller les morceaux d'un puzzle dont la moitié était manquante.
- Qui ça, ils ? demanda-t-elle d'une voix tremblante.
Drago mit un temps long et lourd avant de répondre. Il soupira profondément, avant de bouger les lèvres, comme si la simple évocation de ce souvenir lui déchirait le cœur.
- Deux hommes. Je ne sais pas qui. Ils m'ont trouvé un jour. Ils m'ont combattu. L'un d'eux m'a infligé ça, expliqua-t-il en pointant son index gauche sur ses yeux voilés.
Hermione pâlit. A ce moment-là, elle se félicita que Drago ne puisse la voir. Deux hommes ? Serait-ce… Mais impossible. Ils lui ont juré qu'ils ne l'avaient pas retrouvé. Comment… Elle allait reprendre la parole, quand la casserole sur le feu déborda, coupant court à cette conversation dérangeante.
- Tu as faim ? demanda-t-elle d'un ton dégagé.
- Oh oui, répondit Drago par politesse.
Non, il n'avait pas faim. Pas plus qu'elle. Mais les fantômes du passé venaient leur susurrer un poison doux et envoûtant, et ça n'était jamais de bon augure. Quand on côtoie trop ses démons, ils ont la fâcheuse tendance à vous emmener avec eux. Le mystère était entier, mais Hermione se jura d'aller faire de la lumière sur tout ça dès qu'elle en aurait le temps.
Un miaulement se fit entendre et Drago sursauta.
- Ton chat…
Hermione se sentit soulagée de retourner dans des eaux moins boueuses et remercia intérieurement le jeune homme.
- Il est très laid, non ?
- Hé ! s'indigna la jeune fille qui effaça aussitôt toute trace de gratitude de son cœur. Je t'interdis de parler de Pattenrond comme ça ! Il n'est pas laid, il n'a pas un physique facile.
Drago ricana sans complaisance. Autrement dit, il était affreusement moche, ce chat. Mais comme Sainte-Granger avait un penchant pour les cas sociaux, ce n'était pas vraiment une surprise.
- Il compense par d'autres choses, se défendit-elle.
Le jeune homme afficha une moue outrée et Hermione se mordit les lèvres en songeant à ce qu'elle venait de dire.
- Pas dans ce sens, espèce de pervers ! s'insurgea-t-elle en prenant dans ses bras le félin roux.
- Mais je n'ai rien dit ! riposta Drago, piqué au vif.
- Tu l'as pensé très fort ! se défendit-elle.
Elle resserra un peu plus sa prise sur Pattenrond, comme pour le protéger des remarques désobligeantes du jeune blond.
- Oh…, fit ce dernier en haussant les épaules.
Un petit silence passa entre eux et Drago se racla la gorge. Il se massa le bras bandé, et grimaça avec affliction.
- J'imagine qu'il doit être surdéveloppé… Pour plaire à Miss Je-sais-tout, on doit certainement avoir des qualités inespérées…, grommela-t-il.
- Oui, tu te rends compte, répliqua fièrement Hermione, ce chat est d'une intelligence rare et insoupçonnée ! Du moins, c'est ce que Ron disait. En troisième année, il était convaincu qu'il avait mangé son rat.
Elle rit en repensant à ce souvenir qui les avait divisés. Mais Drago ferma son visage et détourna les yeux. Même s'il ne voyait plus, le ton chaleureux et naïf qu'elle employait en parlant de Weasley était à la limite de l'indécence. Il en aurait pleuré de rage.
- S'il avait vécu, il aurait probablement…
La voix d'Hermione mourut dans sa gorge et elle enfouit son visage dans la fourrure épaisse de son chat qui ronronna un peu plus. Son sourire se figea, ses yeux se teintèrent de douleur. Drago sentit le silence lourd et dangereux s'installer à nouveau entre eux.
- J'ai beaucoup aimé le thé que tu as préparé l'autre jour, commenta-t-il soudain. C'était du Earl Grey ?
Hermione releva la tête et cligna des yeux.
- Euh… Oui, répondit-elle simplement, déboussolée.
Drago dodelina de la tête d'un air entendu.
- J'aime beaucoup ce parfum. Ça faisait longtemps.
La jeune fille ne répondit pas tout de suite. Puis, comprenant qu'il changeait de sujet, elle esquissa un sourire. Peut-être qu'il voulait lui faire passer la mélancolie qui venait de l'envelopper.
- Si tu veux, j'en ai d'autres.
Drago se satisfit : parler des morts lui donnait envie de vomir. Surtout d'un certain Ron Weasley. Hermione se mit à farfouiller dans ses placards, empoigna une boîte en fer et constata avec dépit qu'il ne restait que quelques sachets de thé au fond de la boîte.
- Tiens, il n'y en a presque plus… Je vais aller en acheter.
- Maintenant ? s'étonna Drago.
- Oui, la boutique ferme très tard.
Elle enfila son manteau et s'apprêta à sortir de la maison, quand elle se ravisa et se retourna vers lui.
- Au fait… Tu veux venir ?
La boutique de thé à laquelle était fidèle Hermione était une boutique toute petite et fort ancienne, presque miteuse, mais qui transportait dans des voyages lointains et fabuleux rien qu'en passant la petite porte vitrée. Elle était tenue par une vieille dame dont la moitié des dents manquait et qui était plus courbée qu'un rapporteur. Ce qu'Hermione aimait, c'était le parfum de feuilles de thé racornies et séchées qui emplissait l'espace. Cette odeur douce et à la fois poivrée qui contait mille merveilles à son futur dégustateur. Cette odeur qui lui donnait envie de pleurer ou de rire selon les jours, et qui lui faisait oublier par moment la triste douleur de la solitude.
- Ah, Miss Granger ! Quelle joie de vous voir ! s'exclama la vieille dame en se précipitant vers elle, les mains tendues en avant.
- Bonjour, Mrs Bubbletea, salua poliment Hermione.
- Comme d'habitude ? demanda Mrs Bubbletea. Mais… Oh, Miss Granger !
Mrs Bubbletea laissa dériver son regard sur l'homme qui l'accompagnait et ses joues perdirent les quelques couleurs qu'elle avait. Ses lèvres se mirent à trembloter et ses yeux s'agrandirent d'effroi.
- Mais enfin, Miss Granger ! Vous êtes complètement folle ! Voyons ! L'assassin de votre ami…
Hermione se tourna vers Drago qui était un peu plus loin : il semblait très accaparé par une senteur qu'elle ne sut distinguer et se retourna vers Mrs Bubbletea, un sourire aux lèvres.
- Vous confondez, Mrs. Il ne s'agit que d'un vieil ami, Drag… ibus. Dragibus Mirobolant, finit Hermione, se surprenant elle-même de telles paroles. Dragibus ? Veux-tu bien venir par ici ? Madame t'a confondu avec un grand criminel.
Drago sursauta face au ton péremptoire d'Hermione et acquiesça, se déplaçant grâce à la voix de la jeune fille. Cette dernière se tourna vers la vieille dame.
- Voyez par vous-même : est-ce que je serais assez stupide pour me promener avec le meurtrier de Ron ? Pensez-vous que je ne le veuille pas derrière les barreaux d'Azkaban ? Que ferais-je avec lui, si ce n'est le combattre et le vaincre ?
Le manège et le sourire charmeur de Drago semblèrent convaincre la commerçante qui s'en retourna à sa marchandise. Drago attendit quelques instants, avant de faire demi-tour et de s'en retourner vers l'odeur qu'il avait perçue peu auparavant. Cette odeur… Cette même odeur qu'il avait sentie il y a des années. Une odeur de camomille et de bergamote. Mais où l'avait-il sentie ? Il parvint à déterminer la provenance de la senteur et attrapa une boîte en métal qui tinta légèrement.
- Merci, Mrs Bubbletea !
- Au plaisir, Miss Granger ! A bientôt, Mr Mirobolant !
- Hé bien, Dragibus… Tu t'attardes ? sourit Hermione, la main sur la poignée.
- Cette odeur…, murmura Drago.
La jeune fille s'approcha de lui et huma à son tour la boîte métallique.
- Ah, ce thé, il est très connu. J'en ai offert une fois à un ami…
Mais elle se tut brusquement. Elle lui avait offert ce thé. Juste avant de commettre l'irréparable.
Sept ans plus tôt.
Maison des Granger. 6 mai 1998. Fin d'après-midi.
- Merci d'être là, dit Hermione avec gratitude.
- Je t'en prie, répondit l'homme avec un sourire.
Il reposa la petite tasse en porcelaine qui tinta.
- Ton thé est délicieux. Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il avec curiosité.
- Du Earl Grey mêlé de camomille et bergamote, répondit-elle machinalement.
- Délicieux, vraiment.
Il but une nouvelle gorgée avec délectation.
- Tu en veux ? s'enquit Hermione. Tiens, il doit m'en rester dans une boîte… Tiens, prends tout.
Elle lui tendit une boîte cabossée.
- Tu ne l'aimes pas ? s'étonna-t-il.
Hermione lui jeta un regard douloureux. Elle ravala ses larmes.
- Non, c'est Ron qui l'aime. Tiens, il ne m'en voudra pas si je t'en donne un peu…
Il eut une moue entendue.
- Ça va, tu tiens le coup ?
Elle acquiesça. Il glissa le paquet dans sa poche.
- Merci. J'en ferais bon usage.
- Je sais…
Ils restèrent quelques instants sans parler. Hermione renifla discrètement, tentant d'essuyer des larmes naissantes perler au coin de ses paupières. Mais il s'en aperçut bien vite.
- Hermione… Tu sais que tu peux tout me dire, hein ? dit-il en lui prenant la main. Tu es mon amie, je ferais tout pour toi.
La jeune fille soupira gravement.
- Il n'y a rien à faire, maintenant. Il a été condamné. On ne peut pas faire plus.
Elle se frotta sans vigueur les bras, essayant de réchauffer son cœur meurtri. Devant elle, l'homme fronça les sourcils.
- Il n'a pas assisté au procès. On ne sait même pas où il est. Si ça se trouve, il est planqué bien au chaud au manoir et il rit de cette mascarade.
Hermione secoua tristement la tête.
- L'état de Ron ne changera pas en fonction de ça. Il a l'air de s'être stabilisé. Les médicomages disent qu'il va s'en sortir.
- Et si… Et si j'essayais de te le ramener ? Pour que tu exerces une vengeance justifiée ? Juste pour lui faire peur. Deux trois maléfices cuisants, et rien de plus.
Hermione sanglota. Elle se prit la tête dans les mains.
- Non… Ce n'est pas la peine, mais merci.
Retour au présent.
Hermione secoua la tête, tentant d'échapper à ses souvenirs. Si seulement ça s'était arrêté là…
- Pourquoi ? demanda-t-elle. on dirait que ce thé t'inspire…
Drago cligna des yeux, une moue hésitante sur le visage.
- Oui. En effet. Je l'ai déjà senti, mais je serais incapable de dire où et avec qui. Mais il me rappelle d'étranges sensations.
Hermione frissonna, mais essaya de rester le plus impassible possible. Non, jamais Malefoy ne pourrait se souvenir de ça… Elle secoua la tête.
- Ne te fais pas embarquer par des fantômes. Allez viens, on rentre.
Pendant qu'ils rentraient, elle lui jeta un regard en biais, inquiète. Des années les avaient séparés. Des années de mépris, de dégoût et d'intolérance. Puis, des années d'indifférence. De colère, de souffrance. Des choses qu'on ne pouvait effacer d'un simple revers de manche. On n'oublie jamais. On peut essayer de pardonner, mais malheureusement, ça reste incruster dans la mémoire et dans la peau comme un tatouage au fer rouge. S'il ne restait qu'une cicatrice fine, on pouvait encore y lire beaucoup de ressentiment.
Mais dans cette nouvelle rencontre, il y avait quelque chose de nouveau. De l'intérêt, de la curiosité. Et puis, surtout, du respect. Et c'était quelque chose de fort nouveau pour eux. Ce concept-même de respect. Si seulement elle avait voulu le respecter à ce moment-là. Peut-être qu'il n'aurait jamais fini comme ça. Il n'aurait jamais fini comme ça, à l'évidence. Mais peut-être aussi qu'ils ne se seraient jamais retrouvés tous les deux sur un trottoir, marchant côte à côte dans cette rue humide de la dernière pluie.
Sept ans plus tôt.
Hôpital Ste Mangouste. 8 mai 1998.
- Hermione ! Arrête !
- Non, laisse-moi, Harry ! Il a besoin de moi !
- Non, Hermione ! Arrête ! C'est fini ! Il est… Il est parti !
- Non ! Ron !
La jeune fille se débattait violemment, essayant d'échapper à la prise du jeune homme qui tentait désespérément de lui faire entendre raison.
- Arrête, Hermione !
- Lâche-moi ! Allez-vous-en ! Tous ! Laissez-moi seule !
- Hermione…
- Partez !
Elle avait crié. Elle était tombée à genoux. Et ce qui était certain, c'est qu'elle pleurait à chaudes larmes. Elle pleurait comme elle n'avait jamais pleuré de sa vie. Elle se traîna par terre, s'agrippant avec l'énergie du désespoir à la main froide et inerte qui pendait sous le drap blanc.
Elle resta prostrée, longuement. Combien de temps ? Elle n'en savait rien. Est-ce que ça comptait seulement ? Il n'y avait plus rien. Il n'existait plus rien. Le monde n'avait-il pas arrêté de tourner ? Au loin, elle entendait les cris, les rires. Au loin, elle entendait les infirmières qui glapissaient. Plus rien ne l'atteignait. Elle avait froid. Elle avait mal. Tout son corps n'était plus que douleur et vide. Un sentiment de vide l'envahit peu à peu, comme si elle était une coquille creuse qui se remplissait lentement de souffrance.
- Hermione ?
L'interpellée se retourna vivement, le visage ruisselant de larmes. Devant elle se tenait un homme de belle allure, qui la contemplait avec un air attristé.
- Je t'ai dit de ne pas la déranger…, argua une voix en colère derrière eux.
Hermione se retourna : un autre homme courait dans leur direction. Elle cligna des yeux et son regard alla de l'un à l'autre.
- Comment vas-tu, Hermione ? reprit le premier homme.
- Je veux te parler seul à seule, dit-elle enfin en toisant l'homme qui venait d'accourir.
L'autre ne dit rien, mais il se retourna vivement, de fort méchante humeur. Il disparut dans l'encadrement de la porte en faisant virevolter sa cape. Ils étaient seuls tous les deux. Hermione essuya ses larmes d'un revers de manche.
- Est-ce que tu te sens bien ? demanda nerveusement son interlocuteur.
- Tu m'as proposé ton aide l'autre jour.
Elle releva un regard dur et déterminé vers lui. Son visage se ferma. Elle ne cilla pas et il déglutit difficilement.
- Il a tué Ron. Si seulement il pouvait connaître un dixième de ma souffrance…
L'homme s'agenouilla lentement et lui prit la main. Il semblait peiné.
- Hermione, ce n'est pas…
La porte s'ouvrit brutalement et le deuxième homme se posta devant eux, les yeux rivés dans ceux de la jeune fille.
- Permets-moi d'y aller aussi. J'ai aussi quelques comptes à régler avec ce charmant jeune homme.
Ils se toisèrent longuement du regard, ni l'un ni l'autre ne souhaitait ciller. Puis, Hermione baissa le regard.
- Fais comme tu veux.
- Et si j'utilise tu-sais-quoi ?
Elle tressaillit : utiliser ça ? Mais l'amertume la gagnait et elle haussa les épaules. Après tout, peu lui importait, à présent. Qu'était la vie quand l'être le plus cher au monde n'était plus ? L'homme accroupi devant elle la fixait d'un regard affolé, lui faisant des grands signes de négation.
- Comme bon te semble, articula-t-elle d'une voix désabusée.
L'homme parut satisfait. Il étira ses lèvres en un rictus victorieux et malsain.
- Alors, tu viens ? Prouve donc que tu es un Gryffondor et occupe-toi de ça avec moi.
Merci de votre lecture et de votre fidélité!
Merci de continuer à suivre cette fic encore maintenant!
N'hésitez pas à me laisser un petit commentaire, vos reviews me font vraiment plaisir!
Merci à Capuche: Merci de ta review, désolée du délai de réponse! Merci pour tous tes jolis compliments, ça me touche vraiment! J'espère que le chapitre prochain te plaira autant! Et pour toutes tes questions, la réponse dans les prochains épisodes :D
Merci à Hannah: Merci de ta review! Désolée du retard! J'espère que tu suis quand même et encore cette fic! Elle n'est pas abandonnée, j'espère avoir plus de temps pour la finir! En tout cas, merci de ton engouement!
Au plaisir,
Kumi
