Tada ! Un nouveau chapitre. On s'approche de la fin, petit à petit, mine de rien. Alors, précisons que si vous n'avez pas lu L'Idée du siècle, ça pourrait être une bonne idée parce que ce chapitre est complémentaire des chapitres 4 et 5 de cette fic. On comprend quand même sinon, mais c'est plus sympa d'avoir les deux côtés je trouve.
Ensuite. Comme il y a deux jours c'était mon anniversaire, j'ai été gâtée. Uathann et Archea ont été suffisamment gentille pour m'écrire un petit quelque chose délicieux chacune, alors filez voir dans leur profil ça vaut le détour. J'ai réussi à faire faire du sirry à Archea, je suis fière de moi sur ce coup là. Et d'elle aussi, mais c'est pas pareil.
Bon, je la boucle et je vous laisse lire, à la prochaine !
DES REVELATIONS POSTALES ET DE LA VERVEINE TIÈDE
Lorsqu'un hibou lâcha sur la table de la cuisine du Terrier une enveloppe rouge et fumante avant de s'enfuir à tire d'ailes, Fred et George se tassèrent instinctivement dans leur chaise pendant que leur mère ouvrait la missive d'un air étonné.
La voix amplifiée cinquante fois d'un Harry très en pétard secoua soudain toute la maison.
« WEASLEY ! »
Fred et George échangèrent un coup d'oeil apeuré et eurent à peine le temps de croiser le regard accusateur de leur mère qu'ils étaient déjà informés qu'ils allaient être pères entre deux insultes. Ou trois. Ou une collection qui aurait fait honte à Fol Oeil à la fois par sa hargne et par sa créativité. Fort heureusement, Harry n'utilisait ni prénoms ni pluriel.
Pour tout dire, il l'avait fait exprès. Il avait beau être suffisamment cruel pour envoyer la Beuglante alors qu'ils étaient encore chez leur mère pour le 'petit-déjeuner en tête à tête avec Môman' que les enfants Weasley étaient tenus de prendre chaque semaine à tour de rôle, il n'était pas non plus stupide. S'il citait un des jumeaux et pas l'autre, Molly les aurait mariés le temps de cligner des yeux; et il n'avait pas particulièrement envie de lui faire faire une attaque en lui apprenant qu'il couchait régulièrement avec les deux depuis plus de deux ans. Sans parler que dans le doute, elle allait probablement les bombarder de questions sur lequel des deux avait été assez irresponsable pour profiter de ce pauvre petit Harry.
Harry, de son côté, une fois sa lettre partie, n'eut plus rien pour détourner son attention de ce qu'il venait d'apprendre. Il y avait tellement de pensée apocalyptiques qui passaient à toute vitesse à travers sa tête qu'il en avait envie de hurler. Il ne voulait pas avoir d'enfants ! Pas maintenant, pas comme ça ! Il était trop jeune, trop irresponsable, il n'était pas prêt, pour l'amour de Merlin ! Et ce guérisseur qui débarque avec son grand sourire plein de dents et qui lui annonce qu'il attend des jumeaux comme si c'était absolument merveilleux !
Ce n'était pas merveilleux, c'était une catastrophe ! Ce n'était même pas censé être possible, enfin ! Un homme qui portait des bébés, c'était une idée ridicule ! Et pourtant, Harry ne pouvait pas nier que ses pantalons étaient plus ou moins tous devenus serrés à la taille. Et comment allait-il s'occuper de deux enfants tout seul ? Oh, bien sûr, il y avait Fred et George, évidemment. Eux. Mais pour le moment, ils étaient très haut sur la liste des gens que Harry n'avait pas envie de voir. Ils avaient été élevés dans le monde sorcier, ils savaient forcément que ça risquait de se produire, et pourtant ils n'avaient rien fait ! Ils étaient encore plus inconscients que Harry ne l'aurait cru !
Et maintenant, il se retrouvait tout seul dans son appartement, à arpenter le salon sous l'oeil perplexe de Le Chat, cherchant désespérément un moyen d'empêcher sa tête d'exploser. Brusquement, il partit à grands pas dans sa chambre, attrapa un sac et y balança toutes les affaires qui lui tombaient sous la main. Il devait partir d'ici, le temps de se calmer. Dans l'état actuel des choses, il était susceptible de mettre le feu au lit qu'il avait partagé avec les jumeaux. Et c'était un lit très confortable, alors il jugea préférable de l'épargner.
Sa cheminée était en maintenance, et des employés du ministère travaillaient à améliorer son accès de Cheminette, alors il prit le Magicobus. La conduite énergique du chauffeur le laissa vaguement nauséeux et d'encore plus mauvaise humeur, et lorsqu'il arriva chez Sirius il prit à peine le temps de lui dire quelques mots avant de monter s'enfermer dans la chambre d'amis. Alternativement, il se laissait tomber sur le lit et regardait fixement le mur, avant de se lever de faire les cent pas à toute vitesse.
En passant devant la fenêtre, l'une des photos accrochées au mur attira son attention. On y voyait un Rémus et une Tonks tout sourire, avec bébé Teddy dans les bras de sa mère. Harry se rappelait de cette photo, elle avait été prise juste après la chute de Voldemort, et Teddy avait donc un peu plus d'un mois dessus. Harry fut choqué de voir à quel point il était minuscule. Ses bébés n'allaient pas être aussi petits, si ?
S'ensuivit une mini dépression nerveuse: il n'allait jamais pouvoir s'occuper d'enfants aussi jeunes, aussi fragiles. Il allait les faire tomber, ou mal leur tenir la tête et leur causer des dommages irréparables, il allait mal les nourrir et après ils auraient des allergies horribles ! Il ne pouvait pas prendre l'entière responsabilité de deux vies comme ça, il ne pouvait pas ! Alors que la panique commençait à le saisir sérieusement, Sirius frappa à la porte.
« Je peux entrer ? » demanda t-il à travers le panneau de bois. Harry émit un vague grognement et s'assit lentement sur le matelas. Sirius vint s'installer à côté de lui avec un air inquiet qu'il dissimulait très mal. Au bout d'une minute de silence, il finit par dire: « J'ai eu un coup de cheminée de Rémus. Les jumeaux sont passés chez lui, ils te cherchaient. Apparemment ils ont un peu paniqué quand ils sont passés chez toi et qu'ils ont trouvé personne. »
Harry hocha la tête en silence.
« Rémus leur a conseillé de te laisser un peu tranquille, mais je leur dit quoi s'ils passent ici quand même ? »
« J'ai pas envie de les voir maintenant. » dit Harry d'une voix blanche. « Même si je risque de pas trop avoir le choix. »
« Oui, Rémus m'a raconté. Apparemment les jumeaux avaient besoin d'en parler à quelqu'un, et bon, ben c'est Rémus quoi. » Sirius se mordit la lèvre. « T'as envie d'en parler ? »
Harry contemplait intensément ses genoux. « J'en sais rien. Je sais pas du tout. » répondit-il dans un soupir. Sirius le fixa quelques instants, puis il s'adossa à la tête du lit et croisa les bras derrière sa tête.
« Tu sais, quand j'avais dix-neuf ans, j'ai eu une fausse alerte. J'étais terrorisé, parce que j'étais persuadé que je ne saurais jamais prendre soin d'un bébé, et parce que tout le monde me disais que j'allais gâcher ma vie. Tout le monde sauf ta mère. J'étais tout seul chez moi en train de contempler une bouteille de whisky et de me demander si je devais la boire, et je me demandais comment j'allais faire pour payer un avortement sans l'argent de mes parents. »
« Un avortement ? » Etonnament, Harry n'y avait même pas pensé. Mais pour tout dire, c'était difficile de s'imaginer interrompre une grossesse dont il avait du mal à se persuader qu'elle existait.
« Ouais, ça paraissait être la seule chose à faire. C'était deux ans avant que le ministère ne rende ça illégal. »
« L'avortement est illégal chez les sorciers ? » demanda Harry, choqué et vaguement scandalisé.
« Ouais, il y a eu un trou démographique tellement énorme après la guerre qu'il a fallu employer les grands moyens pour s'assurer qu'on s'éteindrait pas. Encore aujourd'hui on a pas rattrapé la population des années soixante. Enfin bref, ta mère m'a trouvé tout seul dans mon canapé, elle s'est assise à côté de moi, et elle a commencé à me parler. Je saurais plus te répéter ce qu'elle m'a dit aujourd'hui, mais elle s'y est tellement bien prise que quand on m'a diagnostiqué une intoxication alimentaire deux jours plus tard j'étais presque déçu. »
« Vraiment ? » demanda Harry d'une voix faible. Sirius hocha la tête. « Et maintenant ? »
« Quoi ? Faire un bébé avec Sév ? » Harry acquiesça. « Nan. On est... pas le genre à être parents. On est bien tous les deux, on a pas besoin de plus. Tu sais, je me rappelle d'un autre truc que Lily m'avait dit ce soir là. Elle m'a raconté que ce serait chouette si j'attendais un bébé, comme ça on en aurait un tous les deux en même temps. » dit-il avec un sourire. « James aussi a pété un câble quand il a appris qu'il allait être père. Trois mois plus tard il lâchait plus jamais Lily d'une semelle, elle lui a jeté des sorts plusieurs fois pour qu'il enlève un peu les mains de son ventre. »
Harry resta silencieux un long moment. « Alors tu crois que ça va bien se passer ? » demanda t-il d'une petite voix. Soudain, il n'avait plus vingt et un ans, il en avait quinze, et il avait besoin qu'on le rassure. Peut-être qu'un petit crochet par le Terrier pour un gros câlin de Molly lui ferait du bien ?
Sirius prit son temps pour répondre. « Je crois... je crois que ça va pas être facile, au début, mais qu'une fois que tu auras accepté l'idée ça ira tout de suite mieux. Ensuite on ne peut pas nier que ça va apporter toute une série de changements énormes dans ta vie, mais je pense que ce serait bien que tu discutes avec les jumeaux. Pas forcément tout de suite, mais bientôt. Tu vas avoir besoin d'eux, faut pas se faire d'illusion là dessus. Probablement que ça aiderait d'en parler avec quelqu'un qui a des enfants... » dit-il d'un ton pensif.
« Si tu crois que je vais discuter de ça avec Molly, tu rêves. Elle passerait son temps à me plaindre, à essayer de m'engraisser et à me filer des remèdes de bonne femme contre les hémorroïdes. »
« Je pensais plutôt à Tonks, en fait. Pour elle non plus c'était pas facile, tu sais. C'est pas exactement tombé dans un contexte rêvé, entre la guerre, Rémus qui se chiait dessus à l'idée de transmettre la lycanthropie au petit, et en plus il était toujours parti à droite à gauche avec l'Ordre... Sans sa mère elle aurait probablement craqué méchamment. »
« J'y avais jamais vraiment pensé... » dit Harry. Amusant comme on se sentait plus concerné quand c'était à soi que ça arrivait... « Elle avait l'air tellement heureuse quand Teddy est né, j'aurais jamais cru que ça avait été aussi dur. »
« Comme quoi ça doit valoir le coup, même si c'est pas facile. Doit bien y avoir une raison s'il y a tellement peu de mecs qui portent leurs enfants. En dehors du fait que ça arrive très rarement par accident, psychologiquement on est carrément pas préparés. »
« Évidemment, il y a un pourcent de chances d'accident et ça doit tomber sur moi... Le guérisseur m'a dit que c'était plus rare que chez les femmes parce que la plomberie était pas faite pareil, à l'intérieur. » Sirius hocha la tête.
« Si on part dans le technique, c'est ce qu'on appelle une aberration thaumique. C'est la magie qui modifie le corps de façon complètement artificielle, alors forcément ça marche un peu moins bien que pour le femmes. Elles, elles sont conçues pour. »
Harry hocha la tête d'un air absent. « Pour une fois que j'avais rien envie de changer à ma vie, il faut que ça m'arrive à moi. Je suis maudit. »
« T'en parles comme si c'était une maladie. Ca te rebute vraiment à ce point ? »
« Oui. Non. J'en sais rien... C'est pas que je voulais pas d'enfants ou que je les aime pas, mais j'arrive pas à m'imaginer en chef de famille responsable. A tous les coups je vais me planter, c'est sûr. Et j'avais espéré rester jeune encore un peu plus longtemps, c'est tout. »
Sirius passa un bras autour de ses épaules. « Moi je parie que tu seras le meilleur papa du monde. Bien meilleur que moi, y'a qu'à te voir avec Teddy, ses parents se battent tout le temps pour le faire obéir, mais quand c'est toi c'est un angelot. »
« C'est normal, les gamins sont toujours plus infects avec leurs parents, c'est une loi naturelle. »
« Moi, je persiste à dire que tu seras génial. Attends un peu, et tu verras. Je suis prêt à parier ma moto. » Harry releva la tête et arqua un sourcil.
« Carrément ? » Sirius hocha solennellement la tête, et Harry eut un petit sourire.
« Ca va mieux ? » demanda t-il.
« Un peu. J'ai plus l'impression que je vais exploser, c'est déjà ça. »
« Chouette, ça me fait plaisir de voir que je sers à quelque chose au moins. Dis, au fait, je me suis toujours demandé un truc. »
« Ouais ? »
« Tu confonds jamais Fred et George, comment tu fais ? »
Harry répondit sans même se demander si Sirius avait envie d'entendre la vérité. Apparemment, ce n'était pas le cas.
Deux jours plus tard, Harry regagna son appartement, au soulagement visible de Le Chat, qui s'était probablement senti très seul. Le bref temps qu'il s'était accordé aux bons soin de son parrain lui avait donné l'opportunité de mettre un peu d'ordre dans ses idées.
Oui, il l'avait toujours mauvaise envers les jumeaux, et oui il était toujours terrifié par l'idée que deux vies dépendaient totalement de lui, mais il avait aussi compris qu'il ne pourrait pas y échapper et qu'en pleurant sur son sort il ne se ferait que du mal. Il allait tenter d'affronter ça comme un grand, et commencer à chercher un appartement plus spacieux. Il allait également prendre son courage à deux mains et avoir une vraie discussion avec les futurs papas. Et enfin, il allait retourner chez le guérisseur afin de se renseigner plus avant, vu qu'il avait plus ou moins fui son premier rendez-vous en courant. Il avait un certain nombre de questions peu plaisantes qui lui tournaient dans la tête, du genre comment exactement les bébés allaient faire pour sortir.
Et puis, il n'y connaissait peut-être pas grand chose, mais il avait entendu Molly en parler suffisamment pour savoir que porter des jumeaux n'allait pas être une ballade au parc.
Sa vie était un cauchemar. Même Sirius l'avait dit, on avait inventé une nouvelle loi pour lui, basée sur la loi de Murphy: Toutes les choses les plus horribles ou improbables du monde qu'on puisse imaginer arriveront... à Harry.
Harry poussa un soupir résigné et envoya une lettre aux jumeaux pour leur demander de passer. Il n'avait pas envie d'aller au magasin, il se sentait plus en sécurité chez lui pour le moment. Il prit Le Chat dans ses bras, s'assit dans le canapé et le serra contre lui. Etonnament, ce dernier se laissa faire sans broncher.
Environ vingt minutes plus tard, deux jumeaux à moitié paniqués se poussèrent l'un l'autre hors de la cheminée et se précipitèrent sur Harry en le bombardant de question sur comment il se sentait, est-ce qu'il voulait un chocolat, est-ce qu'il voulait prendre des congés, le tout accompagné d'un torrent continu d'excuses plus que sincères. Au bout de quelques minutes, ils durent reprendre leur souffle et furent un peu inquiets de se rendre compte que Harry n'avait pas ouvert le bouche depuis leur arrivée. Il était resté là à les regarder, le visage pâle et l'expression fermée, avec Le Chat serré contre sa poitrine qui leur lançait des regards mauvais.
Plus le silence s'étirait, et plus Fred et George s'agitaient et prenaient l'air coupable. Le temps que Harry ne se décide à parler, ils avaient l'air prêts à se jeter à genoux.
« Je vous en veux. » déclara t-il d'une voix qu'il fut fier d'entendre calme et ferme. Fred se mordit la lèvre, et George baissa les yeux. « Vraiment. Mais je sais aussi que ça ne servira à rien que je m'en prenne à vous, et je sais aussi que bientôt j'aurai besoin d'aide. Vu que c'est entièrement de votre faute c'est à vous que je demanderai de le faire, et si vous vous faites tirer l'oreille je vous prie de croire que je n'hésiterai pas une seconde à lâcher votre mère sur vous. » Les jumeaux déglutirent tous deux de manière très audible et hochèrent la tête avec vigueur.
« Évidemment qu'on va t'aider ! »
« Ca nous serait même pas venu à l'idée de pas le faire. On est quand même des Weasley. »
« On s'occupe toujours de la famille. »
Harry leva un sourcil. « La famille ? La dernière fois que j'ai vérifié on était pas mariés. »
« Arrête, t'es assimilé depuis que t'as douze ans. Et puis comme t'es enceint de nous t'es un Weasley aux deux tiers. » Harry eut un pâle sourire, pui se rappela qu'il était censé être furax. « Sans rire, on va pas te laisser traverser ça tout seul. Après tout, c'est nos bébés à nous aussi, c'est que justice. »
« D'ailleurs » dit Fred. « en parlant de mariage... »
« Alors là tu rêves. » le coupa fermement Harry. « J'ai pas envie d'épouser un de vous, encore moins les deux, alors tu peux oublier tout de suite. » Les deux jumeaux parurent très soulagés.
« J'étais obligé de demander, question d'honneur. Mais je suis content que tu veuilles pas, ça avait pas l'air d'être une bonne raison de se marier. » répondit Fred, pendant que George hochait la tête. « Mais maman nous a toujours dit que c'était ça qu'il fallait faire, au cas où, alors on se serait sentis coupables de pas le faire. » Harry n'était pas du tout étonné, ça ressemblait tout à fait au caractère de Molly.
« Je comprends bien, mais c'est non. Cela dit, je pense qu'à terme ce serait mieux qu'on emménage au même endroit. » dit Harry d'un ton pensif. Fred et George eurent un grand sourire, et George tenta de poser une main sur l'épaule de Harry, seulement pour la voir repoussée aussitôt. « Ca veut pas dire que je suis plus en colère. Je fais juste ce qu'il faut pour les bébés. Allez pas voir faire d'illusions, vous êtes sur la corde raide tous les deux. » Leur sourire retomba aussitôt.
« On va chercher une jolie maison. » dit précipitamment Fred.
« Oui, un joli endroit tranquille pour élever des enfants, avec un jardin. » répliqua George. « T'en fais pas, on s'occupe de tout. »
« Je trouve que c'est une très bonne raison de m'en faire. » dit sèchement Harry en serrant Le Chat un peu plus fort.
« Sans rire, on sait qu'on a merdé, mais on va se rattraper, tu vas voir. » répondit George en le regardant d'un air suppliant.
« Juré, on va s'occuper de toi bien comme il faut, tu seras comme un coq en pâte ! » renchérit Fred. Harry trouvait l'idée plaisante, mais se garda de le montrer. Ils se proposaient d'être aux petits soins ? Parfait, il n'allait pas se priver d'en profiter. A lui les pizzas en plein milieu de la nuit et les melons en hiver, ils allaient apprendre la prudence à la manière forte, les zozos.
« Bien. » dit Harry en poussant un soupir. « Je retourne à l'hôpital demain en fin d'après-midi, j'imagine que vous voulez venir ? » Les jumeaux hochèrent la tête avec enthousiasme. « On fermera le magasin un peu plus tôt en on partira de là-bas directement. »
« Alors t'es d'accord pour continuer à travailler avec nous ? » Harry s'était longuement demandé s'il voulait vraiment continuer à passer ses journées avec deux ados mal grandis, et s'était étonné de constater que oui.
« Ouais. Je deviendrais chèvre à rester là toute la journée de toute façon, alors autant faire un truc utile. » Fred et George, à leur décharge, essayaient vaillamment de continuer à avoir l'air coupables malgré leurs grands sourires. Malheureusement, ce n'était tout simplement pas une expression qui leur venait facilement de manière naturelle. Bof, ça faisait partie de leur charme.
Le silence s'installa, et il dut se plaire où il était parce qu'il commença à s'étirer sérieusement. Finalement, Fred n'y tint plus et déclara en fanfare qu'il allait faire du thé. Puis il se frappa le front et se rappelant que Harry n'avait probablement pas le droit à la caféine (oui, il y en a aussi dans le thé), avant de se rabattre sur le grand paquet de verveine spéciale récoltée à la main dans le Jura, cadeau de Rémus à Noël dernier.
Fred lui ramena une tasse, dont il avait eu bien soin de vérifier qu'elle n'était ni ébréchée ni trop chaude, pendant que George lui fabriquait une espèce de nid de coussins et insistait pour lui masser les pieds, ce qui était gentil mais totalement inutile pour le moment. Etrangement, Harry avait bien moins de mal à se laisser bichonner par les jumeaux que par qui que ce soit d'autre. Probablement parce que cette fois il estimait le mériter.
Les prochains mois allaient être intéressants...
