Guest : C'est vrai qu'il était temps qu'Esmé trouve son Lorenzo. Tu as raison, l'encouragement d'Esmé envers Jasper était cute! Tout va s'arranger pour Jasper, il faut être un peu patiente;). Je te remercie pour ta review, c'est fort apprécié et ça me fait toujours plaisir d'y répondre. Bonne lecture et bonne semaine.
Chapitre neuf
Publié & séparation
POV Isabella
Assise derrière mon bureau dans mon aquarium, c'est comme ça que je nomme mon espace de travail. Vous voyez, l'espace des bureaux pour nous, recherchiste est consisté en des rangées de bureaux séparés par trois faux murs, un devant et un de chaque côté. Quand je suis debout je peux voir ce que mes voisine d' à côté font.
Enfin bref, assise à mon bureau, j'essaie de trouver le courage d'aller faire lire mon histoire à Sam. Ça fait une semaine que je la traîne dans mon sac de travail, si je souhaite la faire paraître dans le prochain numéro, il faut que ça se fasse aujourd'hui si non, ça va aller au numéro suivant. J'ai mis deux semaines à terminer «Lettre à Juliette», je ne l'ai pas fait juste pour moi, je l'ai fait aussi pour une promesse que j'ai dite. Je regarde l'heure, il ne me reste que trente minutes pour me décider, je soupire, doutant de moi, de mes écrits, de mon talent. « Écoutez, vous n'avez aucune raison d'avoir peur. Vous n'êtes pas recherchiste, vous êtes écrivaine.». Les paroles de Jasper me revienne en mémoire et me donne le courage qui me manquait pour aller voir Sam. Le pire qu'il puisse m'arriver c'est qu'il refuse de publier mon papier. Qu'il me dise que ce n'est pas bon, que ce n'est vraiment pas un métier à considérer, mais au moins j'en aurai le cœur net. Je me lève et marche d'un pas convaincu et confiant vers l'étage de la rédaction. J'arrive devant la porte de Sam et prends une grande respiration avant de frapper à la porte. J'attends qu'il me donne l'autorisation d'entrer.
Maintenant devant lui, je pourrais me dégonfler, mais je ne le fais pas. Avec les paroles de Jasper toujours en tête ainsi que la promesse que je lui ai faite avant de partir, je dis à Sam que j'ai écrit quelque chose et que j'aimerais son opinion, ne précisant pas que mon but ultime dans cette situation, est d'être publiée. Il soupire et me tend la main, je lui donne le dossier, m'assoie et l'observe pendant sa lecture. Ses sourcils sont froncés, est-ce un bon signe ? Je ne le sais pas. Son corps n'a pas l'air tendu, c'est un bon signe n'est-ce pas ? L'expression de son visage change, il sourit à certain moment, à d'autre il reprend son air sérieux. Il n'a encore rien dit, j'imagine que c'est bon pour moi. Quand une personne ne dit rien sur notre texte c'est qu'il apprécie ce qu'il lit. Il lève la tête et me regarde, regarde ensuite la feuille qu'il a en main et me regarde encore. Là je suis nerveuse.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Me demande-t-il, me prenant au dépourvue.
- La, la fin vous dérange ? Demandais-je, car à vrai dire, je ne suis pas certaine de comprendre sa question.
- Non, la fin est bonne, c'est vraiment très émouvant. Mais mais mais, bégaie-t-il, les personnages principaux, est-ce qu'ils sont toujours ensemble ? Comment ça s'est passé pour le p'tit, pour Jasper ? Où est-il ? Je souris un peu.
- Je n'en sais rien. Je ne suis pas restée en contact, avouais-je. Sam soupire, c'est pas bon... Vous avez un conseil à me donner ?
- Vous devriez prendre des actions chez «À l'Italia». Hein ? Parce que toutes les femmes vont prendre l'avion pour Vérone. C'est bon signe ça hein ?
- Vous comptez publier ça ? Demandais-je surprise par ce qui se passe.
- Oui je vais le publier ! C'est une belle histoire. Je lui souris, je vais être publiée, chantais-je dans ma tête. Vous avez d'autres choses pour moiv? Me demande-t-il, me sortant de ma jubilation mentale.
- Non, pas pour le moment !
Je vais être publiée, je vais être publiée, chantais-je dans ma tête, ayant même une petite danse qui accompagne cette chanson. Oh, il faut que je le dise à Edward. Je sors de la tour à bureau et m'arrête sur le bord du trottoir, je me pince fortement le bras. Ouch, si je me suis fait mal, ça veut dire que je ne rêve pas. Je me laisse flotter vers le restaurant d' Edward, les travaux sont presque terminés, il fera l'ouverture dans deux semaines. J'arrive rapidement, plus rapidement que d'habitude au restaurant, ça doit être mon état d'euphorie qui m'a fait gagné quelques minutes. Bref, j'arrive au restaurant et Edward est dehors, il discute avec les livreurs et le concepteur de l'affiche. Il doit y avoir quelque chose qui n'est pas à son goût car les hommes repartent avec. Je suis tellement heureuse que je m'en fout un peu.
J'essaie de prendre un air sérieux, je ne veux pas gâcher ma surprise par mon trop grand sourire, qui n'a pas quitté mon visage, j'en suis certaine. Edward me salue et me demande comment je vais. Il ne me serre pas, ni ne me fait la bise. Pas grave, ce n'est pas une petite chose comme celle là qui va détruire mon humeur. Je lui dis que j'ai finalement fait lire mon histoire à Sam. Il a l'air surpris.
- Et qu'est-ce qu'il a dit ? Demande-t-il, je ne peux pas retenir mon sourire.
- Il a dit qu'il allait la publier. J'ai envie de le crier.
- Le publier ! Oh c'est bon ça non ? Edward sourit lui aussi.
- Oui je sais. Et toi tu l'as lu ? Son sourire disparaît. Hier soir, je l'ai laissé traîner pour que tu la lises. Il fait des petits signes négatifs avec sa tê sourire disparaît.
- Ah euh je... Je n'ai pas besoin. Pas besoin... Non parce que, parce que je sais très bien que c'est génial. Et puis je préfère l'acheter. Je préfère l'acheter quand se sera publié tu vois. Je préfère le payer comme ça je serai surpris. Je ferai Ah ! Tu vois se sera... Un bruit de verre qui se casse se fait entendre et Edward me laisse là.
Il y a quelques minutes je jubilais et maintenant... Maintenant je ne sais plus quoi penser ni quoi ressentir. Il y a quelque chose qui vient de se briser à l'intérieur de moi. Je me demande si Edward a toujours été comme ça ? Un être un peu égoïste, qui ne pense qu'à lui. Un être qui demande sans cesse sans jamais donner en retour. Un être qui fait ce qu'il lui plaît en se foutant de l'autre, l'autre étant moi. Un être qui me déçoit de plus en plus à chaque jour qui passe. Je secoue la tête pour m'éclaircir l'esprit et je retourne chez moi, déçu par l'homme que je vais épouser. Je téléphone à mon père et je lui annonce ma nouvelle, il en a été fou de joie, ce qui a réussi à me redonner ma bonne humeur.
Passage du temps
Mon histoire est maintenant publiée et je suis la femme la plus heureuse sur terre. Je reçois des félicitations par mes collègues de travail, même par Rosalie. Je vais continuer d'être recherchiste, pour l'instant, je ne laisserai pas tomber Rosalie tant qu'elle n'aura pas trouvé quelqu'un en qui elle a confiance. Je sais que ça prendre quelques semaines, ce n'est pas les recherchistes qui manquent dans ce bureau. Mon amie Léah m'a dit qu'elle veut être ma recherchiste personnelle, ce qui me fait sourire. Je pourrais travailler avec elle. Elle est une femme fiable, discrète et surtout elle est mon amie, donc oui, je vais en faire ma recherchiste personnelle.
Le restaurant d' Edward ouvrira dans une semaine précisément et il est totalement insupportable. Il n'a pas fait ce qu'il a dit, non, il n'a pas acheté le magazine quand il est sorti en kiosque. Il n'a même pas lu la copie que j'ai acheté. Mon père est parti de sa banlieue pour venir me faire signer sa copie. Le plus dur dans tout ça, c'est que je n'arrive pas à oublier Jasper, son souvenir me hante. Il est la première personne à laquelle je pense le matin et il est la dernière le soir. Et il est présent entre les deux. Je me demande ce qu'il fait. Si il est heureux ? Si il est retourné en Angleterre ? Je me demande si lui aurait lu mon histoire avant d'aller la montrer à Sam. Sûrement, il avait commencé à la lire. Je me demande si il aurait été heureux pour moi. Sûrement. Est-ce qu'il aurait acheter le magazine ? Certainement. Peu importe la question que je me pose envers Jasper, la réponse est toujours positive, contrairement à Edward. Au début je me sentais coupable de repenser au baiser que nous avons échangé, à ce que je ressens pour lui. Mais aujourd'hui, je n'arrive même pas à me sentir coupable et ça m'embête un peu.
Une semaine et demi plus tard
À mon arrivée au bureau, la réceptionniste m'a remis mes messages ainsi qu'un enveloppe. Je fronce les sourcils, je me demande qui peut bien m'écrire au bureau. Je tourne l'enveloppe et découvre que ça vient d' Esmé. Mon cœur se serre une peu, je ne l'ai pas contacté comme je lui avais dit. Je mets l'enveloppe dans mon sac et commence ma journée de travail. À l'heure du déjeuner je vais m'installer à Central Park, comme à chaque jour. Je tourne l'enveloppe dans mes mains et je me décide à l'ouvrir.
Esmé Platt et Lorenzo Bartolini
Ont la joie de vous inviter à leur mariage
Qui sera célébré
samedi le 28 août
à une heure de l' après-midi
Montecarelli-Firenze
Avec l'invitation il y a la lettre d' Esmé, celle qu'elle a écrite à Juliette, il y a cinquante ans. Je la déplie lentement et relis ce qu'elle avait écrit à l'époque, réalisant que j'ai fait sensiblement la même chose. Je me suis enfuit laissant Jasper derrière moi. Je sais maintenant, après un mois que mes sentiments pour Jasper sont profond. Je sais que ça paraît stupide mais c'est comme ça. Est-ce que je vais faire comme Esmé et attendre cinquante ans avant de le retrouver ? J'ai besoin de réfléchir à tout ça. Maintenant que le restaurant est ouvert, peut-être qu' Edward sera un peu moins stressé, peut-être que je pourrais nous donner une petite chance. Peut-être deviendra-t-il un peu plus attentionné, un peu plus comme Jasper. Je regarde autour de moi et vois un vieux couple marchant main dans la main, je regarde ailleurs. Je me pose tellement de question... J'ai aussi une grande décision à prendre, j'ai besoin de réfléchir sérieusement à ce que je vais faire, à ce que je vais choisir. Je prends le reste de ma journée, je n'ai pas le cœur ni l'envie d'aller travailler cet après-midi.
POV Edward
Je ne sais pas ce qui se passe avec Isabella mais j'ai hâte qu'elle redevienne la femme que j'ai connu. Elle a énormément changé depuis que nous sommes allés en Italie. Elle est impatiente et rêveuse, elle ne vient presque plus au restaurant. Il a fallu que j'insiste et que je lui fasse je ne sais plus quelle promesse pour qu'elle soit présente lors de la soirée d'ouverture. J'ai l'impression qu'elle est en colère contre moi sans que je n'en sache la raison. J'ai beau y penser, je ne trouve pas. Tout allait bien entre nous avant notre voyage.
J'ai essayé de discuter avec elle, sans grand succès, elle ne m'écoutait même pas. Je crois que j'aurais pu lui dire que j'ai eu une aventure le temps que nous étions en Italie et elle ne m'aurait pas compris où elle fait un son comme «hum-hum». Je ne dis pas que j'ai eu une aventure, non, je n'ai pas eu de relation sexuelle avec personne, j'ai simplement flirté un peu. Rien de bien méchant et rien de bien sérieux non plus. C'était lors d'un *cinq à sept(apéro) après une vente aux enchères, elle était et est toujours, propriétaire d'un restaurant, un point que nous avions en commun. Enfin bref, comme j'ai dit, rien ne s'est passé entre nous.
Le restaurant est ouvert depuis un peu plus de trois semaines et je suis très satisfait. J'ai eu de très bonnes critiques, ce qui a eu un très bon effet sur les réservations. Je suis en cuisine et je me demande qui a eu l'idée de me faire engager cet assistant-cuisinier. Il ne sait même pas faire la différence entre faire tomber l'oignon et le caraméliser. Je me demande si je vais le garder encore longtemps, je ne peux pas me permettre de garder un incompétent comme ça dans ma cuisine. J'entends une serveuse et le barman saluer Isabella, c'est la première fois qu'elle vient au restaurant d'elle même en deux semaines. Je la salue et lui demande comment elle va. Elle ne me répond pas. Étrange.
- Lorenzo et Esmé se marient, m'annonce-t-elle. Qui sont-ils ? Ah oui la vieille femme qu'elle a rencontré en Italie.
- C'est vrai ! C'est bien. Quand ? Demandais-je travaillant sur la préparation d'un plat.
- Ce samedi. Est-ce qu'elle a dit...
- Samedi ? Ce samedi ? On ne pourra pas y aller, le samedi est une grosse soirée et je ne peux pas partir avec moins une semaine d'avis.
- Oui et j'y vais. Je me tourne vers elle. Toute seule, ajoute-t-elle.
Je fais sortir tout le monde de la cuisine, certains avec plus d'insistance que d'autres. Je veux discuter avec elle sans que personne ne soit présent. Je vais lui faire changer d'idée, elle ne peut aller là bas seule, sans moi, peut-elle ? On leur enverra un cadeau, oui, un cadeau dispendieux, ça devrais faire l'affaire.
- Attend, non non non. Isabella... Commençais-je
- Non. Non. NON tu vas me laisser parler s'il te plaît, d'accord ? Je ne dis rien, lui prouvant que j'écoute. Je ne sais vraiment pas où l'on va comme ça. Je fronce un peu les sourcils. Je ne sais pas ce qu'on fait ensemble. Tu vois, on est parti en vacances et on n'a pas pris de temps pour nous, explique-t-elle, mais je ne comprends pas.
- Non parce que tu étais occupée à écrire. Ça ne me dérangeait pas. C'est vrai que ça ne m'a pas dérangé.
- Oui Edward... Commence-t-elle.
- Ça ne me dérangeait pas, insistais-je en lui coupant la parole.
- Je sais que ça ne te dérangeait pas et tu étais occupé toi aussi. Elle lève la voix, elle lève jamais la voix. Est-ce qu'elle...
- Oh je t'en pris. Je lève les bras en disant ça. Comme si j'avais été tellement occupé.
- T'es allé à Livorno et ça ne m'a pas dérangé. Ça y est elle parle de ça, encore...
- Non non non Isabella, non non non, dis-je exaspéré en lui tournant le dos et croisant les bras.
- Mais c'est justement ce que je te dis. Edward, on est parti comme en lune de miel. Sur ce dernier mot, je me tourne sur le côté et la regarde. Et, et ça ne nous a pas gêné de ne pas passer du temps tous les deux. Ce n'était pas supposé se passer comme ça. Elle a les larmes aux yeux et parle plus doucement. On était censés passer tout notre temps ensemble. Je me tourne pour lui faire face et m'approche d'elle.
- Et bien, j'aimerais pouvoir te dire que les choses vont être différentes. Et que je vais moi-même être différent. Elle fait des petits signes de tête. Et mais je... Je suis comme ça, dis-je, défait.
- Je sais mais... Je t'aime comme tu es. OUI, elle m'aime. Moi j'ai changé. On se regarde un moment en silence, le temps que je réalise ce qu'elle vient de dire. Elle me... Non, elle ne peut pas. Ça ne peut pas marcher, termine-t-elle. Les yeux me chauffent car les larmes y montent, j'ai une boule dans la gorge que j'essaie d'avaler mais ça ne marche pas. Je la serre très fort dans mes bras, essayant de mettre tout mon amour dans cette embrassade. J'en profite pour m'imprégner de son odeur que j'aime. Il faut que je parte Edward.
On se sépare et je la regarde s'éloigner de moi. Je comprends mieux maintenant la raison de tous les changements d' Isabella, elle a changé, elle veut ce que je ne peux lui offrir. Je ne suis pas un con, je sais que je suis une personne passionnée, trop passionnée et égoïste. Deux choses qui sont incompatibles avec la nouvelle Isabella. Où est-ce que je vais aller vivre ? Question étrange pour un gars qui vient de se faire laisser par sa copine mais nous vivons ensemble, dans son appartement à elle. Je vais aller chez un ami pour quelques jours et quand elle partira en Italie, j'irai chercher mes affaires. J'espère que dans quelques temps, nous pourrons être amis. Oui je sais, ça fait cliché mais elle est vraiment une femme bien.
POV Isabella
Après deux semaines et demi de réflexion, j'ai enfin parlé à Edward. Ça n'a pas été facile mais ce fut plus simple que je le croyais. Je me sens bien, je me sens plus légère. C'est comme si on m'avait enlevé un poids des épaules. Il faut que je fasse les choses par étapes, la première étant de prendre congé, la seconde, laisser Edward et la troisième, pour l'instant, avouer à Jasper que je l'aime. Après ça, ça va dépendre, de ce que Jasper va dire, de ce qu'il ressent.
Mon vol est bouclé, la voiture de location est réservée, il me manque une robe pour le mariage. Je téléphone à Léah et lui demande si elle veut m'aider dans ma recherche de la robe parfaite. Elle accepte avec joie. Nous nous retrouvons au centre commercial et Léah me demande pour quelle occasion j'ai besoin d'une robe. Je lui dit alors que c'est pour le mariage d' Esmé et que le mariage se déroule en Italie. Elle ne dit rien mais fronce les sourcils. Autant tout lui dire alors je me lance dans une explication simple mais longue de tout ce qui s'est passé entre Jasper et moi. Je termine mon récit par ma rupture, très récente avec Edward, elle m'a écouté sans jamais me couper la parole. Elle me regarde très sérieusement et me demande si Jasper embrasse bien. Je suis stupéfaite par sa question mais j'y réponds tout de même.
La robe est trouvée, les souliers achetés, ma valise est prête. Il ne reste que quelques jours avant mon départ et je suis fébrile.
