Bonjour à tous !
Je suis de retour avec un nouveau chapitre de "Special Angel". Le titre vient d'une chanson de The Butterbeer Experience qui est un groupe de Wizard Rock (oui, oui, comme les Bizarr's Sisters). J'admets avoir un peu détourné les paroles.
Merci beaucoup aux revieweurs, ce que vous me dites me fait tellement plaisir, et vos retours sont toujours très enrichissants. Merci donc à Lady Rose Delacour, KeanaB (trop de compliments, je rougis ^^), Zeugma412, Elwenn Snape et Destrange.
Maintenant, place à la lecture !
Confessions of a twice broken heart
Je n'ai pas la moindre idée de la raison pour laquelle j'ai fait cela. Je me demande si le plus navrant dans mon comportement a été de m'enfuir de ces célébrations, de l'attendre comme un idiot toute la journée ou de lui mentir. Mon comportement a été ridicule de bout en bout, et je ne peux même pas expliquer ce qui m'a pris.
Je regarde les flammes danser devant mes yeux en repensant à ce qu'il s'est passé hier. Je me suis parfaitement rendu compte de la gêne que ma présence occasionnait, et lorsque Longdubat est arrivé, j'ai saisi la première opportunité pour m'éloigner et quitter cette foule qui me faisait à nouveau me sentir comme un indésirable. J'ai passé la journée à me terrer dans mon laboratoire à faire semblant de travailler. Je crois que j'espérais qu'elle viendrait me rejoindre, qu'elle s'apercevrait de mon absence, mais elle est restée là-bas. Elle a eu raison, car je m'en serais voulu de l'empêcher de revoir ses amis, mais une petite pointe de jalousie se faisait tout de même sentir. Ce que je ressens pour elle est inattendu, elle est plus qu'une amie, mais il est évident que je ne suis pas amoureux. J'ai vu certains regards étonnés parmi ses amis, ils se demandaient quelle était la nature de notre relation. Comment peuvent-ils penser cela d'elle ? Elle aime Rolf, et je peux le voir à chaque fois qu'elle me parle de lui. Le fait de m'accompagner pour cette stupide fête risque de faire jaser, mais elle n'y a certainement pas pensé car il n'y a rien d'ambiguë entre nous. Et puis, elle pourrait être ma fille, par Merlin !
Je n'ai jamais eu de relation de cette nature avec qui que ce soit auparavant, et je ne saurais la qualifier. J'ai une totale confiance en elle, ce qui n'est pas peu dire, au vu du nombre de fois où j'ai été trahi dans le passé. Je sais qu'elle ne me fera jamais de mal intentionnellement, mais je ne sais toujours pas percé son mystère et ce qui la pousse à m'aider comme ça.
Des pas dans son dos me font sursauter, j'ai décidément perdu de trop nombreux réflexes.
« La place est libre ?
– Je pense que vous n'avez pas besoin de mon aide pour voir cela. »
Je l'entends soupirer pendant qu'elle s'installe à mes côtés.
« Je vous ai encore cherché toute la journée. Où donc vous cachez vous comme ça ?
– Une fois encore, vous n'avez pas cherché partout, sinon vous m'auriez trouvé. J'étais dans mes serres, à essayer de sauver ce qui peut l'être. Pourquoi me cherchiez-vous ?
– Je voudrais m'excuser pour hier.
– Vous excuser ? Mais de quoi ? » C'est moi qui ai agis comme un idiot, et c'est elle qui s'excuse. Décidément, elle n'en finit pas de m'étonner.
– De vous avoir demandé de venir. C'était stupide de ma part. J'aurais dû savoir que votre venue ne serait pas unanimement appréciée.
– Vous ne pouviez pas comprendre. J'ai souvent suscité ce genre de réactions, j'y suis habitué.
– Non, c'est injuste ! Et j'espère que vous le savez. Je ne les comprends pas, ils savent quel a été votre rôle, pourquoi ne l'acceptent-ils pas ?
– Il est bien plus facile de pardonner à un mort qu'à un vivant. Et puis, je n'ai rien fait pour me faire apprécier. Vous-même en avez été la cible. Je vous ai punie, torturée, blessée et vous faites tout pour me réhabiliter. Avouez que c'est étonnant, même de votre part.
– Mais je sais que vous ne le faisiez pas par conviction. Vous avez été une victime de tout cela, comme moi, et comme tous ceux qui étaient là hier. Et puis, c'est moi que vous avez torturée, pas eux, donc si quelqu'un doit vous en vouloir, c'est moi. Si je vous ai pardonné alors ils n'ont de plus à dire. »
Ses mots me touchent plus que je ne le laisse paraitre. Je n'ai pas été tendre avec elle, mais elle continue à me défendre. Cette jeune femme est vraiment une énigme.
« Beaucoup d'entre eux ne voient que le mangemort. Certains l'espion, et les autres l'acariâtre professeur de potions. Dans les trois cas, ce n'est pas une image très positive. Il leur est difficile de voir au-delà de leurs préjugés. Je ne les blâme pas, car j'ai moi-même agi de cette manière avec certaines personnes. Votre ami Potter, par exemple. Vous me côtoyez depuis quelques temps, dans un cadre complètement diffèrent, ce qui vous permet de voir une autre facette de ma personnalité.
– Vous semblez accepter cela avec une facilité… étonnante.
– Comme je vous le disais, je suis habitué à être la cible d'une méfiance générale. Ça ne me fait plus vraiment d'effet. »
Elle ne dit rien, mais je vois que mes paroles la contrarient. Un silence s'installe, chacun laissant libre cours à ses pensées. Sa sollicitude me touche, et sa révolte me fait chaud au cœur. Elle semble sincèrement attristée de la réaction de ses amis.
« Pourquoi avez-vous accepté de venir alors, si vous saviez déjà quelle serait la réaction des autres ? »
Je ne sais pas vraiment que répondre, mais je sais à présent que lorsqu'elle pose une question, elle souhaite toujours une réponse.
« Vous aviez l'air d'y tenir.
– Vous êtes venu pour me faire plaisir ? Vous saviez que vous seriez mal accueilli, et vous êtes venu quand même ?
– On peut dire ça, oui. » Elle se tourne brusquement vers moi, elle semble stupéfaite. Visiblement, elle ne s'attendait pas à cette réponse. « Je pense que j'espérais me tromper. Plusieurs années sont passées, beaucoup de secrets ont été dévoilés, peut-être que les réactions auraient été plus modérées. Mais en voyant la tournure des évènements, j'ai compris que je n'avais pas ma place parmi eux. J'ai préféré partir, pour ne pas gâcher cette journée.
– Je ne peux pas le croire.
– De quoi ? Que j'ai fait quelque chose pour quelqu'un, sans espérer le moindre retour ?
– Si, je sais que vous avez déjà fait ça. Mais je parle plutôt de faire quelque chose pour me faire plaisir. » Un nouveau silence s'installe. Moins pesant que le précèdent, je sens qu'elle veut dire quelque chose, mais qu'elle hésite. Je m'attends au pire. « Je suis certaine que ce n'est pas la vraie raison. »
Cette fille est décidément beaucoup trop clairvoyante. Et si elle avait raison ? Je me suis persuadé que je voulais seulement lui faire plaisir, mais...
« Peut être que… Oui, vous avez raison. Je crois que je ne supporte plus de me cacher. Toute ma vie, j'ai mis des masques, tous plus repoussants les uns que les autres. Ils me permettaient de me cacher et de me protéger. Je voulais peut-être apparaitre sans eux.
– Vous protéger de quoi ?
– Du rejet, je suppose. En paraissant infréquentable, j'étais rejeté par tout le monde, mais je savais que c'étaient à cause de cette façade, ce n'était pas réellement moi qu'ils détestaient, mais mes masques. Vous comprenez ?
– Mais peut-être qu'en montrant votre vrai visage, les gens vous auraient accepté, tel que vous étiez ?
– Miss, ce n'est pas à vous que je vais expliquer à quel point les enfants, puis les adolescents peuvent être cruels si on ne leur ressemble pas. En agitant un épouvantail devant eux, ils s'acharnaient sur lui, et ne voyaient pas qui j'étais vraiment. Je ne sais pas si cette stratégie vraiment été efficace, mais elle a été la mienne pendant de nombreuses années. Le mangemort, la chauve-souris des cachots ou Servilus ont toujours protégés le vrai Severus Snape.
– Et qui est le vrai Severus Snape ? »
Cette question me laisse sans voix. Elle a fusé comme une flèche. Je ne m'étais jamais posé la question dans ces termes-là, mais elle a quelque chose de dérangeant. Elle me laisse réfléchir quelques minutes, avant de reprendre d'une voix douce.
« Vous savez, je pense que je connais le vrai Severus Snape. Je crois qu'il est assis dans ce fauteuil à côté de moi. Il n'est pas méchant, ni sarcastique. Il a une conversation intéressante et surtout, il ne se cache pas derrière des déguisements. Je l'ai parfois aperçu lorsque j'étais élève, alors que vous pensiez que personne ne vous voyait. Quelques fois aussi, plus rarement, lorsque vous étiez directeur. Je me souviens d'une fois où je n'arrivais pas à dormir, et je regardais par la fenêtre de mon dortoir. Il neigeait et vous étiez assis dehors, au pied d'un arbre. Vous étiez loin, mais la lune vous éclairait suffisamment pour que je vous reconnaisse distinctement. Un sombral s'est approché de vous et vous a tenu compagnie. Je ne sais pas si vous vous souvenez de cette nuit.
– Non, pas de celle-ci en particulier. J'ai toujours eu une affinité avec les sombral. Ironique, n'est-ce pas ? Pour quelqu'un qui est mort pendant cinq ans, avant de revenir parmi les vivants.
– C'est vrai. Mais ce qui m'a marquée cette nuit-là, est que je vous voyais… je crois que vous pleuriez. Je ne sais pas si c'est le cas, mais c'est à ce moment-là que j'ai réalisé que les apparences étaient peut être fausses. »
Je viens de lui mentir, je me souviens parfaitement de cette nuit-là, mais il est hors de question de l'admettre. Je proteste donc.
« Non, je ne pleurais pas, je grelottais. Le froid m'aidait à tenir. J'avais tellement de responsabilités et de problèmes que chaque jour s'écoulait comme le précèdent. Aller dehors et ressentir le froid m'aidaient à me sentir vivant, je crois. »
C'était la nuit du 9 janvier, je fêtais mon trente-septième anniversaire. Ca n'avait jamais été une fête pour moi, mais celui-ci a été particulièrement éprouvant. J'étais seul et haï de tous, magiciens de la lumière, mangemorts, élèves, professeurs. Je n'avais aucun moyen de m'en sortir, et ma seule compagnie était un sombral à qui je faisais vraisemblablement pitié.
« Enfin, je crois surtout que j'ai appris à connaitre le vrai Severus Snape sous les traits de Mr Bishop, un potionniste américain, arrivé de nulle part et qui se fait progressivement une solide réputation. Lorsque j'ai essayé d'en savoir plus sur lui, et que j'ai parlé à certaines de ses connaissances, j'ai découvert une personne peu causante, mais agréable, prévenante et surtout très talentueuse. Qu'en pensez-vous ?
– Que les connaissances en questions sont très bavardes, et qu'elles parlent de moi à des inconnues, ce qui me déplait.
– Vous savez très bien ce que je veux dire.
– Ils ont peut-être raison, dans une certaine mesure. Personne ne me connaissait là-bas. Je n'avais terrorisé personne en cours, je n'ai assassiné aucun proche. Ils ne m'ont pas connu adolescent. Je crois que c'est pour ça que j'ai pu être moi-même. Ils n'avaient pas d'a-prioris, et ne me jugeaient pas. »
Elle ne me répond pas. C'est une sensation très étrange, j'ai l'impression de découvrir des choses que je savais déjà, sans les avoir réalisées. Sa voix brise à nouveau le silence.
« J'ai vu l'autre jour votre marque.
– Quand ? Je fais attention de ne jamais la montrer.
– Vous étiez dans la serre, et il faisait chaud. Vous avez remonté votre manche, mais vous ne saviez pas que j'étais là.
– Hm, je vois. Et donc, qu'y a-t-il à propos de cette marque ?
– Je pensais qu'elle avait disparu, après la mort de Vous-Savez-Qui.
– Non, je pensais aussi qu'il allait se passer quelque chose, mais elle s'est seulement éclaircie.
– Vous avez déjà essayé de la faire retirer ?
– Il ne s'agit pas d'un tatouage fait avec de l'encre et qui peut être effacé par des moyens classiques. C'est la marque d'un sort de magie noire, très ancien et inaltérable.
– Et le camoufler ? Peut-être en en faisant un autre par-dessus ?
– J'y ai pensé au début. Mais je crois que je préfère le garder. Il me sert de rappel.
– De rappel ?
– Comme vous le savez certainement, j'ai fait un certain nombre de choix malheureux au cours de mon existence. Cette marque me permet de m'en souvenir et de m'empêcher de refaire les mêmes erreurs.
– Avez-vous réellement besoin de ça pour vous en souvenir ? Sans elles, vous risqueriez de refaire les mêmes erreurs ?
– Non, mais je préfère ne pas prendre de risques.
— Encore une fois, ce n'est pas la seule raison, n'est-ce pas ?
— Peut-être... Elle me rappelle chaque jour les deux actes dont j'ai le plus honte.
— Que voulez-vous dire ?
— Mes deux plus grands regrets. Je crois que Potter s'est fait un plaisir de divulguer la totalité des informations me concernant à la face du monde sorcier, donc je pense qu'il est inutile de vous dire à quoi je fais référence.
— Je vous assure que je ne sais pas.
— J'ai aimé Lily Potter de tout mon cœur lorsque j'étais adolescent. Après une dispute plus forte que les autres, elle a décidé de ne plus me parler. Suite à cela, ma vie est devenue un authentique cauchemar.
— C'est pour cela que vous êtes devenu Mangemort ?
— En partie. J'étais isolé, et mon seul garde-fou venait de me laisser tomber. Je l'avais bien mérité alors qu'elle s'était montrée d'une patience incroyable envers moi. Puis, le Seigneur des Ténèbres a désigné son fils comme cible, et j'ai voulu la protéger. Malgré tout, elle a été trahie. Et elle est morte par ma faute.
— Vous aviez fait votre possible pour la protéger.
— MAIS CE N'ETAIT PAS ASSEZ !"
Je ne sais pas ce qui m'a pris. L'entendre essayer de me défendre alors que je sais parfaitement que tout cela est de ma faute me rend fou. Mais elle n'y est pour rien, alors je tente de la rassurer.
"Excusez-moi. Vous ne pouvez pas comprendre. J'ai passé ma vie à tenter d'expier cette faute, et tout ce que je faisais tournait invariablement au drame.
— Et votre deuxième regret ?
— La mort de Dumbledore. Vous n'imaginez pas à quel point cela a été difficile pour moi. Cent fois j'ai voulu renoncer, mais à chaque fois il était là pour me remettre sur le droit chemin.
— Mais c'est lui qui vous l'a demandé. Et puis, il était condamné à courte échéance, n'est-ce pas ?
— Oui, c'est ce qu'il ne cessait de me rappeler. Mais me tenir devant lui, le pointer avec ma baguette et le tuer en le regardant dans les yeux... Ce regard me hante encore souvent, vous savez ?
— Vous avez fait ce qu'il fallait.
— Non, je reste persuadé qu'il pouvait faire autrement. Que je pouvais prendre le pouvoir à Poudlard sans avoir besoin de le tuer. Lorsqu'il a basculé... J'ai senti quelque chose se briser en moi. Tout ce que j'avais fait pour me racheter auprès du monde sorcier depuis plus de quinze ans était réduit à néant. En faisant cela, je venais de briser mon dernier lien avec le bien, ma dernière possibilité de revenir du côté de la lumière. Ce soir-là, j'ai commencé à m'enfoncer dans les ténèbres, sans la moindre chance de m'en sortir un jour. Vous n'avez pas idée de la terreur que j'ai éprouvé en le voyant tomber.
— Je suis désolée.
— Vous n'avez pas à l'être. J'ai fait mes choix, et le temps m'a finalement donné raison, n'est-ce pas ?
— Avez-vous des séquelles ?
— Quelques une. Pourquoi ?
— Avec une telle histoire, il serait normal d'en avoir plus que 'quelques une'.
— Je crois que ma mort m'a permis d'oublier, ou du moins, de réussir à gérer la plupart de ces souvenirs. Il m'arrive donc encore de faire quelques cauchemars. Depuis cette fameuse nuit, j'ai aussi une peur irraisonné du vide. Mais à part cela, je pense que je m'en sors relativement bien.
— Et maintenant ?
— Quoi maintenant ?
— Pourquoi êtes-vous ici ?
— Je suis fatigué de me cacher. Au début de mon exil, je ne sortais quasiment pas de chez moi. Je ne faisais que dormir et réfléchir à tout ce qu'il s'était passé. J'ai décortiqué chaque évènement pour savoir comment j'aurais pu faire autrement. J'ai passé des journées entières à ne rien faire que de me lamenter sur mon sort.
— Comment vous en êtes-vous sorti ?
— Miss. Je ne sais pas si vous réalisez ce que je suis en train de vous dire. Ma vie a été un échec d'un bout à l'autre. J'ai mal commencé, mal continué, et je n'ai même pas réussi à bien la terminer. J'étais encore en vie alors que tous ceux à qui je tenais étaient morts, bien souvent par ma faute. Je n'avais plus le moindre but, le moindre objectif.
— Lorsque je vous ai vu, vous ne ressembliez pas à ce que vous êtes en train de me décrire.
— Et bien, soit. C'est la faim.
— Pardon ?
— Je suis parti précipitamment de Grande Bretagne, et je n'avais pas un sou en poche. Il a bien fallu que je trouve un moyen de subsistance, et j'ai fait ce que je savais faire de mieux. Des potions. Les potions m'ont encore une fois tiré d'une situation très difficile. J'ai brassé des potions, parfois à la limite de la légalité, pour pouvoir me nourrir et survivre. Et je suppose que les connaissances trop bavardes qui vous ont parlé de moi vous ont déjà raconté la suite. »
TBC
Ce chapitre est maintenant terminé. J'espère qu'il vous a plu, malgré sa fin un peu abrupte, vous aurez la fin de cette scène très bavarde dans quinze jours :)
N'hésitez pas à vous servir du petit cadre en dessous pour me laisser vos impressions. J'adore discuter avec les lecteurs !
A bientôt !
