Un petit chapitre en cadeau ! Je n'ai plus qu'un chapitre de prêt après celui-là, puis il faudra attendre, je le crains. J'ai aussi besoin de continuer ma propre fiction ;) et je travaille également sur autre chose, d'où la raison de mon peu d'investissement pour l'instant...

En attendant, bonne lecture !


Six mois plus tard, sur la planète la plus peuplée de la galaxie…

- Soyez le bienvenu, mon ami. J'espère que votre retraite vous aura été bénéfique ?

- Cela l'a effectivement été, mon Maitre.

Oh, et c'était un euphémisme. Dark Vador ne serait certainement pas revenu sur Coruscant s'il n'avait pas été absolument certain qu'aucune faiblesse due à ses blessures lors de son combat sur Corellia ne subsistait.

L'Empereur le gratifia d'un sourire empoisonné.

- Excellent.

Vador aurait laissé échapper un soupir de soulagement si son respirateur l'avait permis. Sa relation avec son maître avait toujours été ourlée d'un certain degré d'incertitude, même lorsque les circonstances étaient les meilleures possibles il avait craint que son dernier combat ne l'ai mis dans une situation difficile. Mais son maitre paraissait aussi soulagé que lui de voir que sa vulnérabilité passagère avait disparue. Les règles habituelles du jeu, que tous deux comprenaient parfaitement, avaient été rétablies. Loin d'avoir été augmentée, la tension qui régnait entre eux semblait en fait être au plus bas pour la première fois depuis ces dix dernières années.

- Eh bien, mon ami, je suis sûr que votre travail avec la flotte s'est accumulé pendant votre absence. Je ne vous retiendrai donc pas plus longtemps.

Vador s'inclina, puis quitta la salle du trône, reconnaissant que son masque cache son expression amère. Force, rien qu'à l'idée du temps qu'il allait passer à trimer pour rattraper son retard… Et comme si le travail habituel n'était pas suffisant pour occuper son temps, il devait également s'occuper du problème du garçon.

Un grondement de frustration lui échappa tandis qu'il sortait du palais impérial pour entrer dans le hangar privé où l'attendait sa navette. Six mois, et pas une seule trace de ce maudit padawan ! Même Baranne n'avait pas été capable de trouver plus d'informations utiles pour retrouver l'enfant. Il avait retourné les archives de Tatooine de fond en comble, avait passé en revue tous les certificats de naissance de toutes les maternités officielles de la galaxie… Et n'avait pas trouvé la moindre trace d'un Luke Skywalker. Le peu d'informations qu'il avait découvert depuis, il le tenait des questions posées à des habitants de la planète des sables. Grâce à eux, Vador savait ainsi que le garçon était allé à l'école primaire locale pendant cinq ans, qu'il adorait piloter… Et plus dérangeant, qu'il avait souvent discuté, avec un certain Biggs Darklighter, de son père décédé, Anakin Skywalker.

Bien que rien de tout cela n'ait aidé Vador à traquer le petit, cela avait certainement aidé à exacerber son anxiété et son trouble émotionnel.

A travers toute la galaxie, des vaisseaux impériaux arrêtaient des cargos corelliens YT, vérifiant les identités de leurs propriétaires et des membres d'équipage, arpentant les lignes d'hyperespace à la recherche d'un enfant blond de treize ans qui ressemblerait à une photo ancienne. Une douzaine d'enfants malchanceux avaient déjà été envoyés au Château Bast pour qu'il les examine… Mais aucun d'entre eux avait été sensible à la Force, et il avait ordonné à ce qu'on les ramène là où on les avait trouvé. Enfin, excepté deux d'entre eux, le premier récupéré dans un vaisseau d'esclavagistes, le second étant recherché par la sécurité d'Alderaan pour vol…

Les vaisseaux de guerre s'aventuraient même dans l'espace Hutt, mais ils rencontraient tellement de criminels à la résistance acharnée lors des processus de détention que leurs recherches n'avaient que peu de chances d'être efficaces. Sur une suggestion de Baranne, le seigneur Sith avait récemment mis une prime massive sur la tête du garçon et sur le cargo, mais il faudrait au moins un mois avant de voir les premiers résultats de cette option apparaitre. Des chasseurs de prime avaient également été engagés des mois plus tôt, le célèbre Boba Fett en tête, mais ils n'avaient toujours rien trouvé.

Que le chaos l'emporte ! était le garçon ?

OOO

- Han, on est où là, à la fin ? , soupira Luke en passant en revue la carte de la cité projetée sur le datapad.

Han se contenta de secouer la tête en se retournant lentement.

- Bah ta foutue carte nous dit qu'on est à l'avenue Aldray, non ?

- L'avenue Aldray va clairement de Métro Sud jusqu'au quartier Manarai ! , répliqua sèchement Luke, C'est pratiquement à l'autre bout du continent !

- Hey, plains-toi à Lando, pas à moi, renifla Han, C'est lui qui nous as dit comment y aller.

- Et il veut qu'on fasse quoi ? Marcher sur toute la distance jusqu'à ce qu'on trouve l'endroit ?

- Il pensait peut-être qu'on irait vérifier dans le réseau planétaire pour trouver l'adresse.

- On en a déjà parlé, grogna Luke, Il faut payer pour utiliser le réseau, ce qui veut dire qu'il faut qu'on donne nos données bancaires, ce qui veut dire qu'il vont faire le lien avec le vaisseau, ce qui veut dire qu'on se fera tous les deux chopper par des Stormtroopers avant qu'on puisse dire Faucon Millenium.

- Mais lâche-moi avec ça, gamin, gronda Han, C'est pas un si mauvais nom.

- Si, ça l'est. Ça n'a aucun sens.

- Si, ça en a un.

- Non !

- Si !

- Non !...

Mais malgré ces badinages, Luke avait parfaitement raison. Le réseau de croisement de références de l'Empire ferait immédiatement le lien entre son nom et celui du propriétaire du Faucon Millenium… Et comme ils étaient arrivés dans le système en se cachant dans l'ombre d'un vaisseau beaucoup plus grand afin d'éviter l'inspection, le réseau lancerait l'alerte en quelques secondes concernant la présence non-autorisée d'un vaisseau sur Coruscant. Ils auraient un peloton de Stormtroopers sur les talons en moins de cinq minutes. Pire, ils ne seraient jamais capables de quitter le système.

Tant qu'ils n'attiraient pas l'attention sur eux, ce n'était pas trop dangereux d'amener Luke ici, au cœur de l'Empire. Plus âgé de trois ans et demi que sur la photo la plus récente en possession de l'Empire, Luke ne ressemblait aucunement au garçon que les impériaux pourchassaient, avec ses cheveux teints de la même couleur que ceux de Han et ses lentilles de contact vertes.

Ce serait néanmoins beaucoup moins risqué de parcourir la galaxie en toute impunité si Luke possédait de faux papiers d'identité convaincants. Et c'était sur ce point-là que Lando Calrissian était intervenu : il les avait ainsi dirigés vers les meilleurs faussaires de la galaxie, qui d'après leur réputation pouvaient créer des documents médicaux, scolaires et tant d'autres pour inscrire le Luke Solo nouvellement inventé sur les bases de données impériales et corelliennes. Han espérait qu'il leur restait assez d'argent sur les comptes laissés par Kenobi pour payer le prix demandé.

Mais bien sûr, le plus gros problème, c'était que pour que ces faussaires puissent forger les meilleures fausses identités, il leur fallait un accès facile aux bases de données impériales, raison pour laquelle ils étaient sur Coruscant. Et ils étaient donc là, sachant juste que ceux qu'ils cherchaient étaient installés au dernier étage de la première tour Baer'bal, avenue Aldray. Ils avaient mis du temps pour ne serait-ce que trouver l'avenue sans qu'ils n'osent utiliser les systèmes d'informations de la planète… Mais quant à trouver un seul bâtiment dans une rue qui faisait littéralement la moitié de la planète…

Il leur fallut des heures, mais trouvèrent finalement quelqu'un qui, par chance, avait une vague idée de l'endroit où ils pourraient trouver la tour Baer'bal. Ils s'engouffrèrent dans le transport public suivant sans trop de difficultés et remontèrent les wagons vers la tête du train. Lorsqu'ils descendirent à l'arrêt indiqué par leur informateur, les deux garçons se sentirent mal-à-l'aise. A quelques kilomètres seulement, tous deux pouvaient apercevoir les lignes distinctives des deux bâtiments les plus connus de la galaxie : la Rotonde du Sénat et le Palais impérial.

Ils se trouvaient à la lisière de la Cité impériale, pierre angulaire de l'Empire galactique.

- Relax, gamin, lança Han à Luke, se sentant tout de même un peu frissonnant, lui aussi, Essayons de trouver cette tour.

Il s'avère qu'ils n'étaient pas loin – la première Tour de Baer'bal était à un pâté de maisons plus proche de la Cité impériale, de l'autre côté de la vaste avenue. Arrivés au dernier étage, Han appuya prudemment sur l'intercom et prononça le nom que Lando lui avait donné, s'attendant à ce que quelque chose de terrible leur tombe dessus à chaque instant. Mais en quelques minutes, ils furent dirigés vers l'un des appartements.

Les lieux étaient spacieux, et appartenaient à un Falleen aisé à l'air rusé. Les deux garçons se rendirent vite compte que sa fortune était due à des gens aussi désespérés qu'eux… Et effectivement, il s'empressa de les délester de 60000 crédits pour la tache consistant à créer Luke Solo.

- Revenez ce soir, déclara-t-il simplement, une fois que Han lui eut payé soixante pour cent du prix demandé avec l'argent qu'ils avaient tiré avant d'arriver sur Coruscant, J'aurai terminé vers 22 heures. Alors allez explorer les environs pendant ce temps.

Ils se retrouvèrent d'un seul coup de retour dans l'avenue Aldray, à examiner les kiosques et les panneaux d'affichage à la recherche d'une activité pour passer le temps.

- Pourquoi pas le musée galactique ? , demanda brusquement Luke, Ils viennent apparemment d'ouvrir une nouvelle galerie pour la Guerre des Clones aujourd'hui.

Han secoua la tête. Lui avait plutôt en tête de se rapprocher de la surface de la planète pour se dégoter quelques bars et cantinas. Il ne pouvait certainement pas y emmener Luke, donc son plan tombait à l'eau, mais c'était pas une raison pour qu'il aille se perdre dans ce fichu musée galactique à la place…

Quoique…

- Et si on faisait comme ça, plutôt ?, proposa finalement Han, Je te laisse au musée pour quelques heures, histoire que tu puisses voir ce que tu veux, et pendant ce temps-là, je trouverai un jeu de Sabacc ou quelque chose dans le genre. On pourra ensuite se retrouver devant le musée à… disons… vingt heures ?

Pour lui, il n'y avait pas d'endroit plus sûr dans la galaxie pour un gamin qu'un musée. Il y aurait sûrement une douzaine de sorties scolaires ou il ne savait quoi, avec des membres de la sécurité pour l'ouverture de la nouvelle galerie… Avec une telle foule, Luke se fondrait facilement dans le décor et y serait aussi en sécurité qu'un Wookie perché dans un arbre.

Luke eut l'air intéressé.

- Ça me va.

- Par contre, une fois là-bas, t'as intérêt à y rester jusqu'à ce que je revienne, le prévint Han, Vaut mieux pas pour toi que t'ailles te balader du côté de la Cité impériale.

Luke hocha gravement la tête.

- Je resterai là où il faut, promit-il.

Han le crut sur parole. Le gamin avait beau être plutôt audacieux, il était aussi plein de bon sens.

- OK. Trouvons une navette, alors.

OOO

Tandis qu'il embrassait la nouvelle galerie des yeux, Dark Vador eut un air renfrogné derrière son masque. Dans un élan de nostalgie guerrière, il avait accepté l'invitation du conservateur à être présent lors de l'ouverture de la galerie flambant neuve consacrée à la Guerre des Clones au sein du Musée galactique. Bien qu'il ait ressenti un certain amusement à visiter les lieux avant l'ouverture au public et à lire les plaques historiques relatant les évènements de batailles auxquelles il avait participé, rester poliment planté là avec les autres invités triés sur le volet lui avait fait regretter d'avoir accepté il y a déjà des heures.

Mais le mal était fait, et il était à présent condamné à rester au moins une heure supplémentaire avant de pouvoir battre en retraite. Force, il en avait plus qu'assez de subir flatteries et superficialités de la part de ces officiers auto-congratulants… Il jeta désespérément un bref regard vers la salle annexe accueillant les armes, à la recherche d'une personne plus intéressante avec qui discuter.

Aurait-il encore eu des sourcils qu'il les aurait haussé. La pièce semblait pratiquement vide, excepté pour garçon aux cheveux bruns faisant silencieusement le tour d'un présentoir. Il s'agissait de celui contenant un sabre laser, et le garçon l'étudiait du regard avec une immense curiosité. Eh bien, cela lui permettrait au moins de pouvoir discuter de quelque chose qui l'intéressait…

Il quitta a bande de mécènes tremblotants et s'approcha du petit. Pendant quelques instants, l'adolescent ne le remarqua pas tant il était concentré sur le sabre laser. Puis il se figea et, une seconde plus tard, leva la tête avec une expression d'alarme la plus pure.

- Tu sembles trouver cela plutôt intéressant, jeune homme, gronda le Seigneur noir avec une distance raisonnable.

- Euh… Je… Oui, je s…suppose, bafouilla le garçon presqu'avec incohérence en reculant d'un pas.

- Qu'en penses-tu ? , lui demanda Vador en désignant le présentoir, les yeux fixés sur le garçon d'une façon qu'il espérait amicale.

- C'est… Je… J'aime bien, réussit-il finalement à répondre, peut-être un peu plus aisément qu'avant, C'est très… Très élégant.

- C'est un bel exemple de ce type arme, déclara Vador d'un ton critique en reposant le regard sur le sabre laser.

Il avait effectivement un aspect très artistique, construit sur la base d'une courbe douce et décoré de motifs soigneusement gravés.

- Mais presque trop délicat pour être utilisé dans la plupart des formes de combat au sabre employés par les Jedis.

- Ah bon ? , demanda le petit en le regardant brièvement, la curiosité venant lentement se mêler à l'alarme qui faisait luire ses yeux vert clair.

Il hocha la tête, ramenant l'attention du garçon vers le présentoir.

- La poignée est trop fragile pour les formes Ataro ou Djem-So, qui demandent toutes deux une certaine dextérité dans les changements de main. Pas plus qu'elle ne serait pratique pour la forme Shien, qui demande à son utilisateur de porter des coups puissants.

- Alors pour quelle forme serait-elle… serait-elle plus adaptée ?

- Logiquement, son propriétaire voulait pratiquer la forme Makashi, qui repose avant tout sur les parades légères. As-tu déjà un combat d'escrime traditionnelle alderaanienne ?

Le garçon hocha la tête.

- Une fois sur… Sur holo.

- La forme Makashi ressemble à ce que tu as vu.

Peu enclin à arrêter la conversation là et à être obliger de retourner la compagnie de lèche-bottes que constituaient les honorables invités du conservateur, Vador décrocha son propre sabre laser de sa ceinture.

- Vois-tu en quoi celui-ci est différent ?

Le garçon avait sursauté lorsqu'il avait détaché son sabre, mais retrouva son état d'inquiétude contrôlée qui était le sien quelques instants plus tôt lorsqu'il vit que le Seigneur noir n'avait pas l'intention de lui couper la tête avec.

- Il est plus compact, souffla-t-il.

- Et pour la poignée ? , continua Vador en tendant l'arme, la plaque d'activation tournée vers lui-même.

Le petit s'approcha très prudemment. Il sursauta à nouveau lorsque Vador lui mit l'arme dans les mains.

- Tu peux regarder, mais ne l'active pas, le prévint-il.

Le garçon hocha la tête et tourna lentement la poignée entre ses doigts.

- Ça ne glisse pas, observa-t-il après avoir enroulé sa main beaucoup plus petite autour du cylindre.

Il releva la tête.

- C'est en quelle matière ? La poignée, je veux dire…

- En prexlyne, répondit Vador, Tu en auras vu sur les trottoirs ou les escaliers.

Le garçon hocha à nouveau la tête avec un air de compréhension.

- De quelle couleur il est ? , demanda-t-il d'un ton un peu timide en lui rendant l'arme.

- Rouge, dû au cristal utilisé. Il existe de nombreuses couleurs le bleu et le vert sont les plus communs, mais j'en ai également vu en violet et en orange.

- Et cette jauge mesure l'intensité ou la longueur ?, demanda le garçon en indiquant un réglage de contrôle à la base de l'arme.

- L'intensité.

Nouveau hochement de tête, puis le garçon passa anxieusement d'un pied à l'autre.

- Il est très bien, souffla-t-il.

Vador reprit l'arme et la remit à sa ceinture.

- As-tu vu toute la galerie ? , demanda-t-il.

- Presque, répondit le petit avec un signe de tête.

Son regard quitta Vador l'espace d'un instant pour aller se poser de l'autre côté de la galerie.

- J'ai préféré les vaisseaux.

Vador ne fut pas surpris.

- Ils ont une belle collection, acquiesça le Sith, Y-en-a-t-il un que tu as préféré ?

Le garçon hésita.

- Le… Le chasseur Jedi, admit-il enfin.

Vador comprenait qu'il puisse avoir une réticence à le reconnaitre.

- C'est également mon favori, déclara-t-il, J'en ai piloté, autrefois. Leur agilité était remarquable étant donné l'époque.

- Vous avez fait la Guerre des Clones ? , lui demanda le petit.

- Oui.

Vador estima qu'il valait mieux mettre fin à cette conversation avant qu'ils ne s'aventurent sur le sujet. Et puis, il avait suffisamment ignoré ses prestigieux accompagnateurs, et continuer à les délaisser pourrait être perçu comme une insulte. La dernière chose dont il avait envie, c'était de devoir présenter des excuses à des politiciens indignés bénéficiant de la faveur de son maitre et étant donc intouchables.

- Profite de la galerie, jeune homme.

OOO

A l'instant ou Vador se détourna de lui, un Luke profondément secoué fila hors de la galerie de la Guerre des Clones, fuyant à l'opposé du musée jusqu'à rejoindre un groupe de sortie scolaire regroupés en une masse compacte autour des objets exposés en xénobiologie. Il tenta désespérément d'éviter le contrecoup de la crise de panique, mais dut bientôt courir ventre à terre jusqu'aux toilettes pour s'enfermer dans un box, son corps commençant à se couvrir de frissons tandis qu'il hyper ventilait. Il lui fallut un quart d'heure avant qu'il n'arrive à retrouver un semblant de contrôle, qui était pendant tout ce temps-là la seule chose qui pouvait l'aider à bloquer sa présence dans la Force.

Force, Force… Il avait été à deux doigts de perdre le contrôle, là-bas, quand le Sith avait jailli de nulle part, figure imposante par rapport à la sienne… A deux doigts de faire tomber ses boucliers et de révéler sa sensibilité à la Force. A deux doigts de mourir. Parce que si jamais Dark Vador lui mettait la main dessus, Luke ne se faisait aucune illusion quant au sort qui lui était réservé. Il finirait comme tous les autres Jedis, comme Obi-Wan, fauché par un coup de sabre laser. Ou peut-être avec un tir de laser à l'arrière de la tête au fin fond d'une prison impériale.

Rien que le fait d'y penser suffit à le refaire trembler et manquer d'air. Il voulait que Han revienne maintenant, tout de suite, il voulait quitter Coruscant aussi vite que possible et filer sans demander son reste jusque dans les Régions inconnues. Mais il n'était même pas encore sept heures du soir. Il avait encore une heure à tuer avant de retrouver Han à l'entrée, ce qui voulait dire qu'il allait devoir rester ici, au musée… Dans le même bâtiment que Dark Vador, l'homme qui avait exterminé les Jedi et sûrement son père parmi eux.

S'il avait su qu'une aventure ressemblait à ça, il n'aurait jamais, jamais souhaité en vivre une.

OOO

Han avait quelques minutes de retard lorsqu'il gravit les marches du grand escalier menant au perron du Musée galactique où il devait retrouver Luke, mais s'était dit que le gamin aurait tellement été pris par cette galerie sur la Guerre des Clones qu'il serait lui aussi légèrement en retard.

Mais non. Luke l'attendait, cache derrière un pilier, réfugié dans les ombres. Dès qu'il vit Han, son visage afficha clairement son soulagement.

- On peut partir, s'il te plait ? , le supplia-t-il dans un presque murmure, Je t'en prie, il faut qu'on s'en aille.

- Calme-toi, gamin, on y va, répondit Han en fronçant les sourcils tandis qu'ils descendaient les escaliers, Dis donc, qu'est ce qui t'as mis dans cet état ?

Luke refusa de lui répondre avant qu'ils n'aient embarqué dans une navette retournant vers la Cité impériale.

- Je… Vador était dans la galerie, chuchota-t-il finalement.

Han eut un rire nerveux.

- C'est pas drôle, gamin…

- Bien sûr que ça l'est pas, nom d'un Sith ! , répliqua Luke d'un ton tranchant.

Han le regarda d'un autre œil. Ça ne ressemblait pas à Luke de jurer – il devait vraiment, vraiment être à cran pour craquer comme ça.

Ce qui signifiait qu'il devait dire la vérité.

Oh, par tous les enfers corelliens…

- Ecoute, il devait être là parce qu'ils inauguraient la nouvelle galerie, tenta de le rassurer Han, Je suis sûr qu'il t'a même pas remarqué… Attends, il ne t'a peut-être même pas vu…

- Il est venu directement jusqu'à moi et a commencé une foutue conversation, le coupa Luke en sifflant tout bas.

Han sentit son cœur rater un battement.

- Pourquoi il a fait ça ?, demanda-t-il dans un murmure rauque.

- Je ne sais pas, répondit Luke en s'adossant à la paroi de la navette, fixant la vitre du côté opposé, Je veux dire, il n'est pas juste venu dire bonjour. Il m'a parlé des formes de combat et m'a donné son sabre laser à examiner !

- Il a demandé ton nom ?

Luke secoua la tête. Han souffla alors de soulagement.

- C'est au moins ça. Alors… Il a rien soupçonné ?

- Je ne pense pas, lâcha lentement Luke en repensant à cette terrifiante rencontre, Je… Je crois pas qu'il m'a reconnu. Je veux dire, ce n'est pas comme s'il ne m'avait jamais vu, mais j'imagine qu'il a au moins vu les photos qu'ils ont récupéré.

- Crois-moi, gamin, tu ressembles pas à ce qu'il y a sur ces photos, le rassura Han, Si c'est tout ce qu'il a pour faire la comparaison, je suis sûr que tu risques rien. Franchement, je pense qu'il devait juste s'ennuyer ou un truc dans le genre…

- Peut-être…, fut la réponse de Luke avec un grand soupir.

- On a encore quelques heures devant nous avant de retourner à la tour, déclara Han en vérifiant son chrono, Si on allait chercher un truc à manger ? J'ai eu une main chanceuse au Sabacc, alors c'est ma tournée.

- Ça me va.

OOO

Le soulagement de Vador était indicible lorsqu'il fut enfin en mesure de s'extirper des célébrations au musée pour retrouver sa navette qui le ramena à son palais. Peut-être avait une montagne de travail qui l'attendait, mais au moins pourrait-il s'en occuper en paix.

Et c'est ce qu'il fit, du moins jusqu'aux alentours de vingt-deux heures quinze, lorsque son écran s'alluma pour établir la communication avec un officier de sécurité.

- « Monseigneur, vous aviez demandé à être prévenu de toute activité susceptible d'être reliée à la Rébellion sur Coruscant, n'est-ce pas ? », commença l'officier.

- En effet.

Certains jours, il avait l'impression que personne ne se souciait suffisamment de la Rébellion à part lui, ce qui voulait dire que la tâche d'être constamment vigilant, à la recherche du moindre signe de présence des rebelles sur Coruscant, lui incombait. Un fait qui, bien sûr, ne l'aidait certainement pas à calmer sa colère envers les officiers planétaires apathiques qui le forçaient à prendre les choses en main…

- « Nos agents doubles dans le quartier nord d'Aldray ont mené une opération d'infiltration et ont pris un forgeur d'identité ayant accès aux bases de données impériales la main dans le sac. Je le soupçonne même de tremper dans des affaires en lien avec la Rébellion ».

Vador étudia quelques instants la question.

- Rapatriez tous les prisonniers à mon palais, ordonna-t-il, Je les interrogerai moi-même.

Cela lui permettrait de faire une pause productive dans son travail.

OOO

- Luke, nous sommes officiellement maudits, gronda Han en se laissant tomber contre la paroi de sa cellule.

- Luke fusilla du regard le forgeur d'identité, qui arborait un air suprêmement agacé.

- Merci beaucoup ! , lança-t-il d'un ton irrité.

- Hey, répliqua le forgeur, Ce sont les risques du métier. Ce n'est pas ma faute si vous êtes revenus à temps pour vous faire arrêter.

- Ouais, acquiesça Han, Perso, c'est Lando qui va m'entendre.

- Une fois qu'on sera sortis de prison, pas vrai ? , fit Luke avec un air renfrogné.

- Au pire, qu'est-ce qu'on subira ? C'était pas nous, les forgeurs ! C'est monsieur Belle gueule là-bas.

Le forgeur leur lança un regard peu amène.

- Au pire, on en aura pour un an. Et quand je dis ça, j'exagère sûrement. En général, ça dure pas plus de six mois. En plus, t'es un gamin, ils seront probablement plus sympas avec toi.

- Je m'en rappellerai, grommela Luke d'un air sombre, Et je ne suis pas un gamin.

- Ouais, bin leur dis pas ça, d'accord ?

Le silence retomba entre eux, puis la navette prison cessa brusquement son mouvement en ralentissant… Avant qu'un coup sourd ne les secoue tous les trois brutalement lorsque la navette se posa.

- C'est parti, soupira Han.

En effet, le sas menant aux compartiments des cellules s'ouvrit pour laisser passer les gardes. Tous trois furent forcés de sortir du vaisseau, les menottes aux poignets, pour poser pied dans un hangar à l'allure indéfinissable. On les mena vers une porte que Han supposa mener vers le corridor d'une prison ou vers une sorte de bureau de traitement des informations.

C'est pourquoi il fut surpris de se retrouver dans un grand couloir ouvert, bien éclairé et perclus de portes qui menaient à des bureaux, desquels sortaient constamment des aides et des officiers en uniforme. A mesure qu'ils descendait le couloir, ils eurent droit à des regards surpris occasionnels – chose que Han trouva particulièrement étrange, vu qu'ils se trouvaient dans une prison. Qu'est-ce que ces gens s'attendaient à voir si ce n'était des prisonniers ?

Ils atteignirent finalement une série d'ascenseurs et montèrent dans les hauteurs du bâtiment, passant du troisième étage au dernier. Cela parut bizarre à Han, vu que ça ne se passait pas comme ça d'habitude. On les guida dans un nouveau couloir… Et les murs de ce dernier étaient carrément décorés ! Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule pour gratifier Luke d'un froncement de sourcils, et vit que le petit devenait de plus en plus pale. Cela ne l'incita pas davantage à voir ce qui les attendait d'un bon œil.

Finalement, les gardes les firent tourner vers la gauche et leur firent passer une porte indiquée par l'officier en charge de leur déplacement, qui venait d'être rejoint par un homme portant un insigne de colonel.

- Les salles d'interrogatoire sont de ce côté du couloir, déclara le colonel, Un par pièce, dépêchez-vous.

En quelques seconds, Han fut séparé de Luke et du forgeur et poussé dans l'une des salles d'interrogatoire malgré ses cris de protestation. L'intérieur aurait pu être pire. Han s'attendait à voir des portants bourrés d'instruments de torture comme il se l'était imaginé, mais l'endroit ne contenaient rien de plus inquiétant qu'un banc sur lequel dormir et une chaise lui faisant face, le tout entre quatre murs d'un blanc austère.

Bon, bah il ne lui restait plus qu'à attendre.

OOO

Il était presque vingt-trois heures lorsque Vador arriva au niveau d'incarcération de son palais afin d'interroger les prisonniers du raid. Il apprit en pénétrant les lieux que trois personnes avaient été arrêtées, deux d'entre eux n'étant que de simples clients du troisième. Ces deux-là n'avaient probablement aucune importance, mais il y avait quand même une chance qu'ils aient quelque chose à voir avec la Rébellion – Il s'occuperait d'eux après avoir vu le forgeur.

Il dut avouer avoir apprécié la discussion qu'il eut avec ce dernier. Le Falleen était beaucoup trop insolent pour son propre bien, et Vador prit plaisir à le lui faire comprendre plus d'une fois. Lorsqu'il sortit de la cellule, le forgeur était d'humeur beaucoup plus coopérative et avait la trachée bien malmenée. Il lui avait donné des informations sur des rebelles avec lesquels il avait déjà travaillé. Des informations utiles pour mettre à jour toute activité de la Rébellion sur Coruscant.

Quand Vador entra dans la cellule suivante, il y trouva un adolescent aux cheveux sombres, âgé de dix-sept ou dix-huit ans, plutôt débraillé, qui qui bondit au plafond lorsqu'il vit qui venait d'entrer.

- Nom d'un Sith ! , s'étrangla-t-il en se plaquant contre le mur.

Vador était déjà suffisamment agacé, aussi était-il déterminé à conduire cet interrogatoire le plus vite possible.

- Coopère et tu bénéficieras peut-être d'un meilleur traitement étant donné ta situation, déclara-t-il, Ton nom ?

- H…Han.

Vador continua à le fixer en silence jusqu'à ce qu'il ajoute :

- Solo.

Le Seigneur noir ne ressentit aucune tromperie.

- C'est un nom corellien, n'est-ce pas ?

- Ouais.

- Qu'en est-il de ton implication dans la Rébellion ?

- Je suis pas impliqué, nia Solo, Je jure que j'ai jamais rien à eu faire avec eux !

Encore une fois, Vador ne ressentit aucun mensonge de sa part. Dans ce cas-là, son seul crime tait d'avoir fait appel aux services d'un forgeur d'identité, un problème qu'il laisserait aux mains de la sécurité locale.

- Ce sera tout, Solo, déclara-t-il avant de quitter la pièce.

Seigneur Sith ou pas, Vador dut y regarder à deux fois lorsque, en entrant dans la dernière cellule, il se retrouva face au garçon avec qui il avait discuté quelques heures plus tôt, au musée. Le petit eut un halètement brusque et terrifié puis fila se réfugier dans un coin de la cellule. Mais il n'y avait aucune issue.

Vador inclina la tête et fixa du regard l'enfant terrorisé pendant quelques instants. Il était curieux de rencontrer ce garçon une fois de plus – une bien étrange coïncidence. Malheureusement, le Seigneur noir était un Sith, et un Jedi avant cela, et ne croyait donc pas aux coïncidences. Il n'y avait aucune erreur possible. Il en était sûr.

- Nous nous rencontrons à nouveau, jeune homme, gronda-t-il en s'avançant un peu plus dans la cellule.

Le garçon était particulièrement effrayé, cela se voyait clairement. Il tremblait carrément, cette fois-ci, et paraissait sur le point d'hyper ventiler sous le coup de la terreur pure.

Il ne serait pas, songea Vador, si effrayé s'il n'avait pas quelque chose à cacher. Le Seigneur noir avait tout intérêt à trouver de quoi il s'agissait.

- Coopère et il ne t'arrivera rien, lui dit Vador, Maintenant, donne-moi ton nom.

Même pour cette question simple, le garçon resta silencieux en tremblant pendant plusieurs secondes, jusqu'à ce que Vador ne fasse un mouvement d'impatience.

- Luke Solo, répondit-il finalement.

Sa première réaction fut de hausser les sourcils face au prénom familier, avant qu'il ne se rappelle qu'il existait des milliers et des milliers de Luke dans la galaxie. Sa seconde réaction fut de traverser la cellule et de tendre la main afin d'attraper la mâchoire et le menton du petit pour le forcer à croiser son regard.

- Ne me mens pas, ordonna-t-il avec colère en resserrant sa prise suffisamment pour faire broncher le garçon, Quel est ton nom ?

OOO

Luke hoqueta lorsque le Sith fondit sur lui pour l'attraper par le menton, exigeant une nouvelle fois qu'il lui donne son nom. Il pouvait sentir à travers les doigts de l'homme sa colère monter tandis qu'il tenait sa langue, pouvait sentir qu'il serait bientôt en très mauvaise posture. Mais il ne pouvait pas donner son vrai nom au Sith. Force, il mourrait s'il faisait ça ! Certainement pas le meilleur moyen de se tirer de ce guêpier…

Qu'était-il censé faire ? Obi-Wan, Obi-Wan… Que n'aurait-il pas donné pour avoir son professeur à nouveau avec lui – Obi-Wan aurait su quoi faire. Ou bien son père. Son père aurait sûrement…

Il poussa un petit cri lorsque le fil de ses pensées fut brisé par la main qui lui avait lâché le visage pour le gifler, l'envoyant valser sur le banc.

OOO

L'obstination du garçon commençait à démontrer toute son ampleur. Le Seigneur noir avait déjà eu l'occasion d'interroger des enfants avant ça, bien que ce soit peu fréquent. Leur entêtement ne persistait jamais après un coup. Celui-là avait l'air d'avoir l'âge durant lequel il devrait encore posséder une sorte de respect instinctif envers ses ainés effrayé comme il l'était, cette gifle aurait dû être plus que suffisante pour l'inciter à coopérer.

Le coup n'avait pas été très puissant, juste ce qu'il fallait pour le surprendre, peut-être faire picoter la joue. Cela aurait dû suffire pour le faire céder à la peur qu'il éprouvait à son égard.

Mais il n'en avait rien fait. Il avait récupéré à présent, et était retourné se mettre contre le mur, un bras levé afin de pouvoir parer tout nouveau coup. Vador ressentit néanmoins une peur encore davantage exacerbée chez lui. Peut-être qu'une seconde gifle serait suffisante…

… A moins qu'il ne soit pas la cause de la terreur du petit ? Il fronça les sourcils à cette pensée. Il pouvait sentir que cette peur était dirigée vers lui, mais cela ne voulait pas forcément dire qu'elle le concernait. Peut-être… Peut-être le garçon n'avait-il pas peur de lui, mais de révéler son nom au Seigneur noir ?

Craignait-il, même, pour sa vie ?

Vador regarda silencieusement le garçon en réfléchissant. S'il se pensait en danger de mort, la peur de l'enfant ne paraissait plus aussi irraisonnable. En fait, il la contrôlait même plutôt bien. Mais quel pouvait bien être son nom pour qu'il se croie en tel danger ? Le petit ne lui paraissait pas être quelqu'un d'irrationnel. Au contraire, leur rencontre au musée l'avait présenté comme un enfant très intelligent, d'après les questions qu'il avait posé et les précautions qu'il avait utilisé pour manier le sabre laser…

Soudain, un détail de leur conversation antérieure lui revint en mémoire.

Cette jauge mesure l'intensité ou la longueur ?

Ce n'était pas une question qu'un amateur aurait posé. Un amateur n'aurait sans doute même pas ne serait-ce que remarqué le réglage de contrôle, alors quant à savoir à quoi cela pouvait servir… Et il savait que la plaque du sabre au musée ne disait rien à ce sujet. Il l'avait lue.

Alors où cet enfant, qui était certainement trop jeune pour se rappeler des Jedis, avait-il pu apprendre ça ?

Il décida de changer d'angle d'attaque.

- Nous reviendrons au nom plus tard, déclara-t-il finalement.

L'enfant baissa prudemment sa garde.

- Quel âge as-tu ?

Ce fut plus productif.

- Treize ans, répondit-il sans hésiter.

Vador eut un léger coup au cœur à cette réponse. Son propre enfant aurait eu treize ans… Pourrait avoir treize ans, puisqu'il n'était plus sûr de rien.

- Et d'où viens-tu ?

Mais le garçon sentit également le piège derrière la question. Plutôt que d'essayer de mentir, cette fois-ci, il se recroquevilla sur lui-même en relevant son bras en guise de protection.

Vador commençait vraiment à s'impatienter avec cet enfant obstiné.

- Où est ta famille ?, demanda-t-il à la place.

Etonnamment, une étincelle de colère vint se mêler à la peur qui faisait luire ses yeux verts.

- Morte, fut sa seule réponse.

Il s'était visiblement passé quelque chose.

- Depuis combien de temps ?

Le garçon hésita à nouveau, mais Vador en avait assez. Il tira la chaise jusqu'au banc et attrapa le petit pour le forcer à le regarder en lui tenant le menton d'une main tandis que l'autre lui serrait les poignets.

- Depuis combien de temps ? , répéta-t-il froidement.

- Je… Je n'ai jamais connu mes parents, hoqueta-t-il finalement.

- Tu n'as pas de frères et sœurs ?

Il y eut une brève pause avant que :

- Mon frère est ici…

Mensonge. Une nouvelle gifle fut immédiatement administrée, et le garçon poussa un nouveau cri de surprise. Le coup avait été plus violent et douloureux, cette fois-ci.

- Mens-moi encore une fois, et la punition sera encore plus sévère, menaça-t-il en forçant le garçon à relever la tête, Est-ce clair ?

Il resserra sa prise sur le menton du garçon jusqu'à ce que ce dernier murmure un « oui » étranglé.

- Bien, maintenant, réponds à la question.

- Non, je n'en ai pas.

- C'est bien, approuva-t-il.

Peut-être était-il temps de revenir sur l'une des questions auxquelles il avait refusé de répondre, tant qu'il était encore intimidé.

- D'où viens-tu ?

Le garçon se mit à trembler, essayant de se dégager de sa poigne, mais la prise de Vador était immuable.

- J'aurai ma réponse, lui promit-il d'un ton sombre, J'ai plusieurs façons de te persuader, et aucune d'entre elles ne te plaira.

- Je… J'ai vécu sur Corellia.

Il disait la vérité, mais cela ne répondait pas à sa question.

- Je ne t'ai pas demandé où tu avais vécu. Je t'ai demandé d'où tu venais.

- De la Bordure extérieure, esquiva à nouveau le petit.

Il grimaça lorsque Vador lui releva davantage la tête d'un coup sec.

- Je perds patience, petit, gronda le Seigneur noir, Donne-moi un système.

Une fois de plus, le garçon tenta de se renfermer sur lui-même, mais Vador ne lui en laissa pas l'occasion. Il fit appel au Côté obscur et envoya une pique de pure douleur dégringoler le long de la colonne vertébrale du petit. Ce dernier se mit à gigoter désespérément pendant une trentaine de secondes avant que Vador ne fasse partir la douleur. Ce n'était pas beaucoup plus douloureux qu'une grosse migraine, mais ce fut suffisant pour faire comprendre à l'enfant ce qui l'attendait s'il n'obéissait pas.

Et cela fonctionna.

- Tatooine, lâcha-t-il dans un murmure sangloté, rempli de peur et de douleur.

Le Seigneur noir recula brusquement, lâchant le garçon dans sa stupeur. Il savait. Il savait que Tatooine avait une grande signification pour Vador. Et s'il avait si peur, c'était parce qu'il devait en connaitre les raisons.

Il n'y avait que trois personnes qui auraient pu prévenir ce garçon. Owen et Beru Lars, ou Obi-Wan.

Force toute puissante… Cet enfant était-il… ?

Treize ans… Terrifié à l'idée de révéler son nom… Ayant vécu sur Corellia… Et il avait posé cette question sur le sabre laser…

Il ne pouvait pas simplement tomber par pur hasard sur le garçon… Sur Coruscant, en plus ! Dans le Musée galactique !

Etait-ce vraiment possible ?

Avec beaucoup plus de douceur cette fois-ci, il tendit de nouveau la main vers le petit. Ce dernier était à présent recroquevillé sur le banc, le visage blotti contre ses genoux, tremblant comme une feuille. Il tressaillit violemment lorsque Vador le toucha.

- Regarde-moi, mon garçon, ordonna-t-il, dans une sorte de grondement qu'il espérait le plus doux possible.

L'enfant le laissa finalement lui relever la tête.

Le Seigneur noir fixa pendant un temps indéfini les traits apeurés qui lui faisaient face. Le garçon ne ressemblait en rien aux images que Vador possédait de la ferme de Krytoa. Il était plus vieux, avec ses cheveux sombres et ses yeux verts. Bien sûr, cette crinière ébouriffée et cette couleur d'yeux pouvaient très bien constituer un déguisement, mais il n'arrivait à voir au-delà.

Toutefois… Il existait un autre moyen de tester le garçon. Vador se rappelait très bien avoir été capable de sentir son bébé quand il était dans le ventre de Padmé, se souvenait encore de la présence unique en son genre de son petit dans la Force, du fait qu'il existait dans son esprit un endroit où celui de son enfant était connecté, un endroit aujourd'hui vide et toujours aussi douloureux du fait de la perte du bébé.

De façon hésitante, angoissé à l'idée de ce qu'il allait y trouver, Vador se tendit vers l'esprit du garçon et le sonda. Il ne trouva aucun signe explicite de sensibilité à la Force, mais cela pouvait être dû à Kenobi. Son astucieux ancien maitre Jedi n'aurait sûrement pas manqué d'apprendre à l'enfant comment dissimuler sa présence dans la Force. Un tel bouclier de protection serait l'évidence même des prouesses dont le garçon était capable.

Malheureusement, cela le plaçait également face à un dilemme. Il pouvait, bien sûr, forcer les défenses du petit. Si jeune et n'ayant pas le dixième de son expérience, il ne pourrait certainement pas l'arrêter. Mais une intrusion de cette sorte le terrifierait dans le meilleur des cas, et provoquerait au pire des dégâts importants et douloureux. Il était très bien placé pour savoir à quel point ça, ça pouvait être une torture, et il n'avait aucun désir d'infliger une telle douleur au petit, qu'il soit effectivement son fils ou pas.

Mais comment pouvait-il en être sûr, autrement ?

- Dis-moi comment tu t'appelles, ordonna-t-il finalement.

OOO

Une fois de plus, le Sith lui demanda son nom, et une fois de plus, la terreur de Luke atteignit un nouveau pic. Il avait déjà laissé échapper qu'il venait de Tatooine, et était terrorisé à l'idée que cela suffise à le trahir. Mais ce n'était pas sûr… Tandis qu'il savait que le fait de révéler son nom signerait son arrêt de mort.

Obi-Wan, Obi-Wan…

Luke ?

Luke se redressa brusquement, faisant lâcher la prise de Vador sur son menton. Sa peur s'estompa quelque peu tandis que ses yeux allaient et venaient d'un bout de la pièce à l'autre, perdu quant à l'origine de cette voix… Parce qu'elle ressemblait exactement à celle d'Obi-Wan, et qu'Obi-Wan n'était pas là.

Luke…

Obi-Wan ? , demanda-t-il mentalement, Mais tu es mort !

Il n'y a pas de mort, lui rappela son maitre, Il n'y a que la Force.

Bin oui …, songea Luke, mais…

Tout ira bien, mon garçon, continua la voix, fais ce qu'il te dit.

Mais il me tuera…

Fais ce qu'il te dit…

OOO

Confus, Vador vit la peur dans le regard du petit être remplacé par de la surprise. Le garçon se dégagea de sa poigne et tourna la tête, à droite et à gauche, fouillant la petite salle d'interrogatoire du regard comme s'il avait entendu quelque chose. Mais il n'y avait eu aucun bruit. Tandis qu'il le regardait faire avec perplexité, l'enfant se figea brusquement, fixant le vide. Une bonne minute passa avant que ses yeux ne se reposent à nouveau sur Vador.

Le Seigneur noir tendit à nouveau la main vers lui, mais cette fois, le petit ne sursauta ni ne tressaillit à son contact. Il avait toujours peur, mais il y avait aussi autre chose, que Vador n'arrivait pas à identifier clairement. Ils restèrent ainsi plusieurs secondes, se regardant dans les yeux. Puis enfin, le Sith prit la parole :

- Donne-moi ton nom, répéta-t-il.

Miraculeusement, il vit le garçon ouvrir la bouche après une pause… Et exactement au même instant, le sas de la cellule s'ouvrit, les distrayant tous les deux.

- Monseigneur ?

Il s'agissait d'un de ses aides personnels, un homme dont il ne pouvait se rappeler le nom à cet instant précis.

En poussant un grondement, Vador se redressa en relâchant le garçon, qui recula précipitamment.

- J'avais ordonné à ce que l'on ne me dérange pas, siffla-t-il dangereusement en s'avançant vers l'homme.

- Je… Je le sais, Monseigneur, mais l'Empereur a contacté le palais, bafouilla le colonel, Il attend sur votre ligne de conférence privée. Il a insisté pour s'entretenir avec vous immédiatement.

Vador poussa un nouveau grondement de colère. Piégé, voilà ce qu'il était. Il ne pouvait pas vraiment se permettre de faire attendre l'Empereur, pas alors que son absence prolongée était encore trop récente. Et puis, le petit n'irait nulle part.

Il se retourna pour faire face à l'enfant et le pointa du doigt.

- Je reviendrai vite, mon garçon, déclara-t-il.

Il se contenta de le fixer en silence. Furieux de l'interruption, le Seigneur noir sortit de la salle d'un pas vif.


Voilà, voilà ! La suite bientôt ! :P

Lereniel