Titre : Septentrional

genre : aventure, romance

pairing : Draco/Blaise

rating : T

plot : Au plein cœur de la guerre, Draco Malfoy remet en cause son éducation et décide qu'il faut en finir avec Voldemort. Mais au même moment, il découvre un arbre mystérieux sous les fondations de l'école. Ne serait-ce pas là la clef de leur survie dans une guerre funeste ?

disclaimer : les personnages et l'univers ne m'appartiennent pas. Coucou JKR

nombres de mots : 49 993

nombres de chapitre : 17 + un épilogue

Notes : C'est une histoire terminée, je vais la publier à un rythme d'un chapitre par semaine.


Septentrional

Chapitre 10

Draco se servit un grand bol de porridge sous le regard dégoûté de Blaise.

- Comment tu peux manger cette horreur ? Hoqueta-t-il.

Le blond ne prit pas la peine de lui répondre, il se contenta de lui mettre une part de gâteau de force dans la bouche pour le faire taire.

Ils étaient rentrés la veille une fois le couvre-feu passé, ce fut un miracle qu'ils ne se soient pas fait attraper, mais ce qui signifiait quand même que la sécurité de l'école était un peu bancale... Merlin les avait quittés pour son nouvel appartement, et Blaise s'était retrouvé avec Draco. Il ne pouvait pas retourner dans le dortoir de Serpentard après le couvre-feu alors qu'il commençait à être doucement haï par une partie de ses camarades qui ne prenaient pas très bien son amitié avec Draco. Ce qui fait qu'ils ont partagé la chambre et le lit du blond. Blaise a merveilleusement bien dormi, mais Draco, tout au contraire, a à peine réussi à fermer l'œil de la nuit. La présence chaude de Blaise contre lui – à l'exception de ses pieds qui étaient glacés, le serpent – l'avait perturbé. Ce qui expliquait sa légère mauvaise humeur en ce début de matinée.

Blaise repensait à la rencontre qu'ils avaient faite hier. Nemue. Elle avait l'air puissance, et elle semblait certaine que Merlin choisirait de combattre. Peut-être avait-elle un don de voyance ou était-elle vraiment rusée.

La seule chose qui fit lever les yeux de Draco de son bol fut une dispute qui éclata à la table des Gryffondor. Il semblait qu'il y ait de l'eau dans le gaz entre Finnigan et Thomas. Cela fit se soulever le coin de sa bouche, tandis qu'il portait sa cuillère à ses lèvres. Nan, mais quelle commère, pensa Blaise.

- Je sais que tu l'as regardé, ne me ment pas !

- Mais, Seamus, enfin, je...

- N'essaye même pas de te justifier, sac à merde ! Je te faisais confiance !

La voix de Thomas était peut-être un peu trop haut perché pour une heure si matinal. Mais pour rien au monde Draco aurait raté un tel spectacle. Quand Dean jeta son verre de jus de citrouille au visage de Finnigan, il ne plus retenir un ricanement. Vraiment que ferait-il sans les Gryffondors pour se divertir.

- Tu n'es pas croyable, Draco, souffla Blaise.

- N'ose pas dire que ça ne t'amuses pas, toi aussi, Zabini,

- Je n'ai jamais osé le prétendre, Malfoy, je ne fais que constater que ça t'amuse un peu trop.

- Iels pensent déjà que je suis un grand vilain qui me nourrit du sang de moldus, qui pratique le sabbat lors de la nouvelle lune et qui égorge des nouveaux nés, alors je crois que je peux me permettre de rire de leur malheur conjugaux pendant quelques instants.

Il but une longue gorgée de son thé sans quitter le brun des yeux. À ce moment, il vit Merlin entrer dans la grande salle comme s'il était le propriétaire des lieux. Draco manqua de s'étrangler avec son thé, et crachota. Blaise lui donna des grands coups dans le dos en se marrant, mais, quand Draco lui donna un coup de coude et lui fit signe de regarder, il arrêta de rire.

- Mais qu'est-ce qu'il fout cet idiot ? Grogna-t-il.

Mais personne ne le remarquait. Tout le monde continuait leurs discussions comme si tout était parfaitement normal et qu'aucun mage millénaire n'était en train de piquer des fruits à leur table. Il fit un clin d'œil à Draco avant de ressortir comme il était venu. La robe. Il avait presque oublié le sortilège qu'il avait jeté dessus. Pratique. Il avait le don pour jouer avec ses nerfs.

Par acquis de conscience, il tourna la tête rapidement vers la table des professeurs pour vérifier que personne ne l'avait remarqué. Malheureusement, il croisa le regard très sombre de son parrain qui le fixait l'air grave et légèrement furieux. Merde.

Blaise n'avait rien remarqué et lui fit signe qu'il était temps d'aller en cours. Mais comme le brun devait repasser par son dortoir pour chercher ses affaires pour le cours de rune, Draco se dirigea vers la salle de classe, seul. Il était ravi que la seule Gryffondor partageant ce cours soit Granger, elle était légèrement plus pacifique que les autres, enfin sauf quand en troisième année elle lui avait mit une baffe, bon, clairement, il l'avait mérité, et s'il avait été à sa place, il n'en aurait pas donné qu'une.

Il remontait tout doucement le couloir, quand une ombre surgit devant lui, il dégaina sa baguette d'un geste et la colla sous le menton de l'individu, qui riait. Ah mage de merde. Et en plus il le faisait devenir vulgaire.

- Bon réflexe, Draco, bon réflexe, railla Merlin, mais pas la bonne cible.

Énervé, le blond lui envoya un coup dans de genoux avant de le contourner. Il avait eu peur, il avait cru que c'était une embuscade des Gryffondors, ou pire, de Pansy. Mais Merlin contre-attaqua et le fit tomber à terre avec un croche-pattes avant de s'asseoir sur lui en guise en trophée Heureusement que le couloir était désert... Ou sinon, Salazar, il ne donnait pas chez de sa réputation.

- Bon sang, Merlin ! Dégage de là ! Grogna-t-il.

- Si c'est ce que monsieur désire, il accentua le mot désir d'une telle manière que Draco dû se retenir de rougir.

Il était insupportable. Il se leva avec légèreté, puis tendit le bras au blond pour le relever. Ce dernier épousseta sa robe avec de grands gestes en maugréant dans sa barbe. Merlin lui posa la main sur l'épaule avant de disparaître dans un couloir adjacent. Super.

Il avait un peu de mal à comprendre son comportement. Il passait tout son temps à flirter, mais d'une manière qui faisait toujours douter qu'il flirtait avec vous ou s'il se moquait de vous. Et Draco détestait ça très très fort.

Il arriva dans la salle de rune au même moment que Blaise, ce qui l'étonna. Celui-ci ce pencha vers lui.

- Je dois te raconter quelque chose en privé tout à l'heure, glissa-t-il doucement.

Un frisson traversa Draco. Il avait parlé vraiment très près de son oreille. Mais le cours commença sans tarder. Il aimait l'art des runes, s'il avait eu un choix de carrière à faire, il aurait sûrement opté pour langue de plomb, pour travailler sur toutes ces reliques magiques débordant de runes anciennes.

Il ne savait pas s'il devait éviter Severus ou au contraire aller lui parler directement. Mais il ne savait pas exactement ce qu'il avait vu ou pas. Il n'avait pas envie de dévoiler trop de choses. Alors, il attendrait qu'il vienne le trouver, ce qu'il, le connaissant, ne tarderait pas à faire.

À peine sortie du coup de rune, Blaise saisit Draco par le bras et l'entraîna vers une salle de classe abandonné sur le chemin des cachots.

- Désolé, c'est moins cosy que le placard à balais de la dernière fois, dit-il avec un geste théâtral.

C'était une salle de classe désaffectée. Il devait définitivement y avoir plus d'élève à une époque. Des toiles d'araignées recouvraient chaque coin de la pièce, des meubles en morceau étaient stockés là. Ils placèrent ensemble des sorts de silence et de verrouillage sur la porte pour ne pas être dérangé.

- Qu'est-ce que tu voulais me dire ? Demanda Draco, monté sur un bureau à demi écroulé.

- Je suis passé dans la salle commune toute à l'heure, pour chercher mes affaires. Et j'ai vu Snape. Il avait pris Pansy à part et lui demandait d'être plus discrète, que ça allait commencer à trop se voir, que si elle voulait garder le pouvoir, elle allait devoir ne pas se faire remarquer par Dumbledore qui avait justement le pouvoir de la faire envoyer à Azkaban. C'était... étrange. J'aurais presque eu l'impression qu'il la menaçait, mais après tout c'est Snape. Tu penses qu'il est de leur côté ?

Le serment inviolable brûlait légèrement Draco.

- Je ne sais pas, Blaise, j'aimerais que ça ne soit pas le cas, mais je ne sais pas... se contenta-t-il de répondre.

Il n'aimait pas à avoir à mentir à Blaise sur ce sujet. Mais il savait que c'était plus sûr, il était d'accord avec son parrain, le moins de personne serait au courant, le mieux ce serait. Il avait besoin qu'il soit en sécurité pour être le plus efficace possible comme espion.

Son parrain avait dû tenter de faire perdre du terrain à Pansy, espérons que cela fonctionne.

- Comment Pansy a réagi ? Demanda-t-il.

- Elle bouillait de rage, mais elle ne se serait permis de rien dire. Tu la connais. Elle ne supporte pas qu'on s'attaque à son ego.

Draco hocha la tête. Bien. Espérons qu'elle se tienne tranquille quelque temps. Il n'avait pas envie de voir la guerre devenir encore plus réel dans l'école. Il se plaisait à rêver de la paix.

- Ils reprirent le cours de leur journée comme si ce petit intermède n'avait pas eu lieu.

Les cours reprirent. La journée continua. Elle n'était pas calme, mais elle n'était pas non plus une journée de conflit. Il faisait beau dehors, bien que le froid s'était abattu sur eux, le soleil d'hiver brillait et se reflétait sur le lac. En sortant de la grande salle après le déjeuner, Severus fit un signe de tête à Draco : il devait l'attendre. Il le rejoint alors dans son bureau, à côté de la salle de cours de potion. Il avait le visage sombre.

- Tu m'as caché quelque chose, Draco. Qui est-ce ?

Il avait l'air en colère. Le blond dégluti. Même lui n'aimait pas quand son parrain était en colère, c'était beaucoup plus drôle quand c'était les Gryffondors qui en essuyaient les frais. Mais il prit son courage à deux mains.

- Je veux un serment inviolable. Voldemort ne doit pas être au courant. Même par la torture ou la legilimancie.

Snape hoqueta de surprise devant l'audace de son filleul. Mais il n'était pas son filleul pour rien. Alors il leva sa baguette et s'exécuta. Une fois le serment accompli, il lui jeta un regard lourd pour le pousser à parler.

- C'est Merlin l'enchanteur, oui je sais ce que tu vas me dire, mais je te jure que c'est lui, il était emprisonné dans un arbre sous l'école.

Les yeux se Severus s'écarquillèrent en silence. Bon sang, il aurait tout vu.

- Tu es sûr ?

- Certain.

- Qui est au courant ?

- Blaise, moi, et une femme, une descendant de Viviane. Et c'est lui qui est le véritable maître de Fumseck.

- Ah. Le vieux nous ferait une crise s'il l'apprenait, ricana Snape. Tu as été sage de n'en parler à personne. Je ne sais pas moi-même quoi faire de cette information. Est-il sûr ?

- Je pense. Il est contre lui. Je ne sais pas s'il prendra part aux combats.

- Bien. Je ne vais pas me révéler. Je le couvrirais si jamais Dumbledore est suspicieux. Mieux vaut rester dans l'ombre quand on a une position comme la mienne.

Draco hocha la tête. Il était bien d'accord. Et puis ce serait difficile à expliquer, toute l'histoire de l'espionnage. Mais au fond de lui, il savait qu'il avait eu raison d'en parler à Severus. Déjà parce qu'il l'aurait torturé pendant des heures pour avoir osé garder un secret aussi grand plus longtemps, mais surtout parce qu'il était un informateur important, et que s'il savait quoi écouter, c'était pour le mieux.

- Si quelqu'un le découvre, il deviendra l'enjeu de la guerre, dit simplement Severus, et Draco acquiesça à nouveau.

Ils se séparèrent après une accolade. Draco lui avait signifié qu'il avait entendu parlé de son intervention auprès de Pansy. Il avait essayé de faire au mieux, mais il ne pouvait pas risquer de compromettre sa couverture pour une gamine ambitieuse. Elle se rêvait bras droit du Seigneur des Ténèbres. Elle devra passer sur le corps de Bellatrix, pensa sournoisement Draco. Cela pourrait être assez drôle à observer – de très, très loin évidemment.

Après les cours, Blaise et Draco montaient vers les appartements de Merlin. Il leur avait fait savoir qu'il voulait leur parler. Mais dans un couloir, ils entendirent des drôles de bruits étouffés, comme un jappement de chiot. Ils se rapprochèrent de la source du bruit, et, voyant une porte entrouverte, ce fut la vision même des Enfers qui apparus à eux : Dean Thomas chevauchant de manière plutôt graphique Seamus Finnigan.

- Par tous les dieux ! Gronda Draco entre ses dents en s'éloignant vivement de la porte.

Il ne lui restait plus qu'à se laver les yeux à l'acide. Maudit soit les Gryffondors. Il n'avait vraiment pas besoin que ce genre de vision vienne hanter ces cauchemars. Blaise resta quelques secondes supplémentaires à regarder, et il se recula quand Draco lui envoya un coup dans les hanches.

- N'ose pas me dire que Finnigan est pas plus que baisable, dit le brun tandis qu'ils s'éloignaient.

- Je vais faire semblant de ne rien avoir entendu, Zabini.

- Au moins ils sont réconcilié, ironisa-t-il.

- Je ne m'intéresse pas assez aux aventures conjugales des Gryffondors pour que cela m'émeuve.

- Ce n'est pas ce que tu disais ce matin, se moqua Blaise.

Mais il se tut parce qu'il venait de recevoir un énième coup dans les côtes de la part de son camarade. Il ne résista pas à le chercher une nouvelle fois à ses risques et périls.

- Est-ce que c'est parce que tu es frustré, cher Draco, que tu...

Une baguette se figea contre la chair de sa gorge, le visage particulièrement hostile d'un dangereux sorcier blond beaucoup trop près.

- Essaye de finir cette phrase, Zabini, pour voir, gronda-t-il d'une voix effrayante.

Blaise fit une petite grimace d'excuse et Draco retira lentement sa baguette sans le quitter des yeux. Il se remit en marche vers les appartements, et son ami le rattrapa une fois qu'il eut récupéré son ego qui avait pris la fuite. Quand il arriva à sa hauteur, il en profita pour coller rapidement sa main sur ses fesses avant de s'enfuir en courant le plus vite possible, en entendant derrière lui mugir un dragon :

- ZABINI !

Il courait encore quand il percuta de plein fouet la haute stature de Merlin qui les attendait installé dans le couloir sur l'alcôve d'une fenêtre. Il ricana en voyant Malfoy arriver en maudissant de tout les noms son ami. Tous les deux étaient vraiment divertissant.

- Vous en avez mis du temps, s'amusa-t-il.

- De quoi voulais-tu nous parler ? Grogna Draco, encore de mauvaise humeur.

Le visage de Merlin s'assombrit.

- Vous vous souvenez quand j'avais dit que dans ce château il y avait une puissance étrange, qui dégageait une force maléfique ?

- Je devais pas être là, dit simplement Blaise, mais c'est bon, je suis.

Draco hocha la tête, soudain beaucoup plus attentif.

- Malheureusement, je crois avoir compris de quoi il en retournait... J'ai arpenté les couloirs du château pour la localiser. C'est une sensation que je reconnais, j'ai déjà été en contact de ce genre de puissance, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Et puis je l'ai vu en face de moi, un soir, la fenêtre du quatrième étage.

Draco grinça des dents. Il sentait qu'il n'allait pas aimer ça.

- C'est une magie profondément maléfique, issue du plus sombre de l'âme humaine, littéralement. Avez-vous déjà entendu parler des horcruxes ?

Le blond hoqueta de surprise. Il avait déjà lu quelques lignes sur la question. Oh non, c'était mauvais. Pourquoi est-ce que les choses devaient toujours être compliquées, avec de la magie noire de l'âme et des prophéties ? Blaise fit signe qu'il ignorait ce que c'était. Merlin expliqua :

- Certains sorciers ont pour volonté de vivre une éternité. Pour empêcher la mort de les prendre, ils brisent leur âme par le meurtre et place ces morceaux de leur âme dans des objets, et parfois dans des êtres vivants. Et pour tuer un sorcier ayant eu recourt à des horcruxes, il faut d'abord avoir détruit tous ses horcruxes, mais ils sont extrêmement difficile à détruire.

Le visage de Blaise s'assombrit soudainement, il commençait à comprendre où il voulait en venir.

- Donc Potter est un horcruxe ? Demanda Draco.

- Je le crains. Et de toute évidence de ce Voldemort. Est-ce que vous pouvez me rappeler les circonstances des événements de 1981 ?

Ce fut Blaise qui résuma l'attaque de la maison des Potter, le sort de mort qui rebondit sur Harry et qui tua Voldemort. Et Draco rappela rapidement la prophétie.

- Potter ne devait pas être son seul horcruxe, sinon il n'aurait pas pu revenir à la vie. Mais en tentant de le tuer, il a dû faire de lui son horcruxe. Et ajouté à cela la prophétie, seul Potter peut le tuer... Cela ne facilite pas les choses, car pour tuer Voldemort, il faudra détruire l'horcruxe en lui... Et il faudrait qu'il soit au courant... et je ne crois pas que ce soit le cas.

Les trois hommes grognèrent. Mais une voix fluette les interrompue :

- Bonjour messieurs, ce couloir est plein de Nargoles, comment respirez-vous ?

Tous trois sursautèrent brusquement. Luna Lovegood les regardait avec un grand sourire rêveur.

- Bonjour, monsieur Merlin, je suis ravi d'enfin vous rencontrer.

Un silence s'étira. Draco et Blaise échangèrent un regard, le blond n'était même pas surpris, la jeune Serdaigle était égale à elle-même, c'était peut-être même étonnant qu'ils ne l'aient pas encore croisé à ce stade-là. Mais Merlin, qui ne la connaissait pas, était abasourdi.

- Vous pouvez me voir.

Ce n'était pas une question, c'est pourquoi Luna ne prit pas la peine de répondre, elle regardait maintenant par la fenêtre derrière eux en chantonnant. Draco, ayant perçu le regard du mage, intervint. Il fallait pas non plus qu'il commence à l'attaquer en la prenant pour une mangemort.

- Merlin, je te présente Luna Lovegood, élève de Serdaigle et pas une menace, dit-il sobrement.

Il hocha la tête. Elle le mettait assez mal à l'aise sans qu'il puisse exactement mettre le doigt sur le pourquoi.

- Comment me connaissez-vous, jeune damoiselle ? Demanda-t-il, toujours légèrement méfiant.

- Je vous ai entendu chanter, depuis le jour où je suis arrivé à Poudlard. Du fond de votre arbre vous chantiez, et depuis mon dortoir, je vous entendais. Je ne pensais pas que j'aurais l'occasion de vous rencontrer un jour. Mais vous êtes là, alors je suis contente.

Elle se remit à chantonner doucement en regardant derrière lui. Blaise, qui appréciait la Serdaigle un peu plus que les autres Serpentards, choisit d'intervenir en sa faveur.

- Lovegood a, comment dire, un contact particulier à la magie, dit-il en la regardant.

Elle hocha la tête, le regard dans le vague.

- Le château va être un peu triste maintenant que je ne vais plus vous entendre chanter, ajouta-t-elle.

- J'ignorais même que je chantais, répondit doucement Merlin.

Il commençait à comprendre. Blaise devait avoir raison, elle avait un contact particulier avec Mère Magie, c'est comme si elle l'entendait. Lui aussi l'avait déjà entendu, mais dans de profondes méditations. Ce chant qu'elle avait perçu devait être la musique produit par le sortilège de Viviane et sa propre magie, enfermée. Il était épaté par cette jeune femme.

- Les Nargoles m'ont dit que vous aviez récupéré votre bâton, je suis très contente pour vous, il a dû vous manquer.

Elle monta sur le rebord de l'alcôve à côté de Merlin et demanda :

- Est-ce qu'on va pouvoir sauver Harry ? Il est en permanence entouré de Joncheruines, je suis inquiète pour lui...

- Tu es au courant de la condition de Potter ? S'interrogea Draco, surpris.

Elle leva la tête vers lui en souriant.

Draco, je ne sais pas ce qu'il a, mais c'est évident que sa magie pleure, je ne veux pas que ce soit sa plainte qui remplace le si beau chant de Merlin.

- C'est un horcruxe, Luna – vous permettez que je vous appelle Luna? - et la seule manière de le sauver est de détruire l'horcruxe à l'intérieur de lui, sans le tuer, ce serait très difficile à réaliser, expliqua Merlin. Mais comme tu es, as ce que j'ai pu comprendre, son amie, tu pourrais prendre soin de lui et surveiller que rien ne lui arrive et que les joncheruines ne prennent pas possession de son esprit.

Elle se tourna vers lui avec un sourire incroyablement lumineux. Elle sauta sur ses pieds et s'apprêta à tourner les talons.

- Il y a quelque chose que je voudrais vous montrer, Merlin, un jour quand vous aurez le temps, faite moi signe, dit-elle avec un regard énigmatique. Tu feras attention, Draco, les joncheruines volettent autour de ta tête, ne les laisses t'importuner.

Et elle disparue au détour d'un couloir, comme l'apparition qu'elle était. Ils pouvaient l'entendre encore chantonner au loin.

- J'aime cette fille, s'amusa doucement Blaise, elle a le chic pour rendre la vie plus douce.

- T'as qu'à l'épouser, Blaise, plus qu'elle est aussi géniale, grogna Draco.

- Mais ne t'en fait pas, c'est toi que je préfère, raille le brun en collant un baiser sur sa joue.

Draco fit un bond et le regarda outré, ce qui fit hurler de rire Merlin. Draco épousseta sa robe comme si Blaise l'avait sali et le regarda avec mépris, ce qui ne fit redoubler l'hilarité du mage et Blaise lui envoya un baiser avec la main et un clin d'œil pour le taquiner.

Malheureusement, ils durent retourner à leur sujet initial, ce qui ne les enchantait guère. Ils espéraient sincèrement qu'ils n'auraient pas à se mêler de ça et qu'il restait encore à Dumbledore assez de clairvoyance pour régler cette situation, parce qu'il est certain que Potter ne voudrait pas les entendre sur le sujet. Et surtout, Dumbledore était-il au courant ? Lui n'avait pas un Merlin sous la main pour sonder tous ses élèves.


A suivre...